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En Sicile, un village offre des maisons en espérant se repeupler

En Sicile, un village offre des maisons en espérant se repeuplerLa municipalité italienne de Cammarata, confrontée à une désertification massive, espère ainsi voir ses rues redevenir peu à peu animées.

Lutter contre la désertification, notamment dans les petits villages ruraux, peut s’avérer compliqué. Comment redonner envie à des citoyens de s’installer loin des grands axes et de l’attractivité des villes pour repeupler des contrées esseulées depuis des décennies ?  Comme en France, l’Italie cherche des solutions.

La municipalité sicilienne de Cammarata pense avoir trouvé un dénouement à sa crise de l’abandon : offrir certaines de ses maisons désertées à de futurs habitants. C’est la chaîne américaine CNN qui a révélé cet audacieux projet, dans un reportage repéré par Le Figaro.

Douze maisons à saisir en échange d’un projet de vie
Ce village, érigé à plus de 1500 m d’altitude dans les montagnes et éloigné par 60 km d’une route sinueuse de Palerme, la capitale de l’île italienne, avait dans un premier temps espéré offrir ces bâtisses en pierre pour la modique somme d’un euro. Mais les candidats ne s’étaient pas bousculés au portillon.

Le maire, Vincenzo Giambrone, espère que la gratuité pourra faire changer d’avis les plus hésitants. Et donner un coup de projecteur à son initiative. C’est ainsi qu’il met pour le moment 12 maisons sur le marché et espère en rajouter une centaine d’autres, si l’initiative porte ses fruits.

« Je ne supporte pas voir ce magnifique vieux centre historique se vider »
D’autres villages italiens, tels que Zungoli, près de Naples, et Sambuca, en Sicile, ont effectué des démarches similaires, souligne la chaîne.

« Je ne supporte pas de voir ce magnifique vieux centre historique se vider et se transformer en ruine », s’attriste l’édile de Cammarata auprès de CNN. Inquiet des risques d’effondrement, il fustige la fuite de propriétaires « inconscients », qui « ne se rendent pas compte des dommages qu’ils causent en abandonnant leurs habitations et en refusant de restaurer leurs vieilles maisons. »

Les nouveaux arrivants privilégiés
Certaines conditions entourent ce don. Il faudra tout d’abord investir quand même un peu : lors de la transaction, les intéressés doivent s’engager à rénover la maison tout entière dans les trois ans. Cet engagement sera assuré par le versement de 5000 euros, en guise de dépôt de garantie, que les investisseurs pourront récupérer une fois les travaux terminés.

Une prime de 1000 euros en cas de naissance
La mairie possède par ailleurs un droit de regard sur le projet de réfection et le validera, ou non. Mais tous type de projet, commerces, hôtel, habitation, lieu de spectacle, salle d’exposition … est encouragé. Les nouveaux arrivants et les jeunes couples seront favorisés parmi les porteurs de projet. Si un enfant naît dans la bâtisse, la famille pourra même se voir offrir une prime de 1000 euros.

Jose Augusto Manetta Ramos, un homme d’affaires italo-brésilien établi au Royaume-Uni se dit déjà intéressé par une maison, dans laquelle il se verrait passer le week-end, assure la CNN.

« Du gagnant-gagnant entre la mairie et les nouveaux habitants »
« Qu’est-ce que l’on a à perdre, puisque ces maisons sont abandonnées et tombent en ruine ?  C’est du gagnant-gagnant entre la mairie et les nouveaux habitants », commente auprès du Figaro Éric Allouche, directeur exécutif du réseau d’agences immobilières Era France. Mais il met en avant « la question de l’aménagement du territoire » : « C’est déjà méritant d’essayer d’attirer du monde en étant créatif, mais il faut que cela crée un tissu local pour pérenniser cette nouvelle dynamique territoriale ».

Les villages ruraux ne sont pas les seuls à souffrir de la désertification. En France, à Roubaix (Nord), c’est l’insalubrité des logements qui a suscité de nombreux départs.

Des maisons à 1 euro à Roubaix
En 2018, la municipalité, qui s’est inspirée de projets similaires entrepris à Liverpool, a proposé d’offrir certains de ces bâtiments pour un euro symbolique à ceux qui s’engageraient à les réhabiliter. L’opération n’avait eu qu’un succès relatif. Seuls 9 % de ceux qui avaient retiré un dossier à la mairie se sont portés candidats.

Ce dispositif pourrait néanmoins essaimer : la ville dit avoir été contactée par plusieurs municipalités intéressées.

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Instagram teste les «likes» masqués

InstagramAprès le Canada et six autres pays, une partie des utilisateurs américains ne pourront plus voir combien de «j’aime» reçoivent les posts des autres.

Instagram va masquer pour une petite partie de ses utilisateurs américains le nombre de «likes» recueillis par les contenus postés à partir de la semaine prochaine, dans la foulée de plusieurs tests similaires dans d’autres pays, pour diminuer la pression sociale sur le réseau.

«Nous avons testé la possibilité de rendre les likes privés dans plusieurs pays. Nous étendons ces tests à une petite portion des gens aux États-Unis la semaine prochaine. Nous avons hâte de voir les retours d’expérience», a tweeté vendredi Adam Mosseri, patron de la plateforme mobile propriété de Facebook, centrée sur le partage de photos et vidéos.

Instagram, très populaire chez les jeunes, avait commencé à masquer les «likes» en mai au Canada, puis dans six pays (Australie, Italie, Irlande, Japon, Brésil, Nouvelle-Zélande) en juillet, assurant vouloir diminuer le stress chez ses utilisateurs après des critiques sur les risques de l’application pour la santé mentale.

Pas une compétition
Les utilisateurs concernés ne pourront plus voir combien de «j’aime» reçoivent les posts des autres. Ils pourront toujours voir le nombre de «likes» sur leurs propres posts mais en cliquant sur une page différente. Pendant les tests, le réseau appartenant au géant américain Facebook avait précisé que les outils de mesure des entreprises utilisant la plateforme pour promouvoir leurs produits n’étaient pas affectés. Instagram compte plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde.

«Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de j’aime qu’ils recueillent», avait déclaré un porte-parole d’Instagram en juillet. «Nous ne voulons pas qu’Instagram donne l’impression d’être une compétition.»

Une étude conduite en 2018 aux États-Unis par le Pew Research Center a montré que 72% des adolescents du pays utilisaient Instagram et que près de 40% d’entre eux se sentaient obligés de ne partager que les contenus ayant rassemblé beaucoup de «likes» ou de commentaires. Facebook envisage également de ne plus afficher publiquement le nombre de mentions «likes» ou «j’aime» récoltés par les contenus.

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Paris, Rome et Berlin préparent une riposte pour interdire la cryptomonnaie de Facebook

cryptomonnaie de FacebookEn marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington, Bruno Le Maire a déclaré qu’un ensemble de mesures était à l’étude pour interdire le déploiement du Libra, la cryptomonnaie de Facebook, sur le sol européen.

Après les paroles, les actes. La France, l’Italie et l’Allemagne préparent ensemble des mesures pour interdire la cryptomonnaie de Facebook, la Libra, sur le sol européen, a annoncé ce vendredi Bruno Le Maire en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Mi-septembre, le ministre français de l’Économie avait déclarée que cette cryptomonnaie ne serait pas la bienvenue en Europe, en raison des menaces qu’elle représente pour la souveraineté numérique des pays de l’UE.

Dans une interview parue dans La Croix le 6 septembre, et avant de prendre position pleinement contre le projet de Facebook, Bruno Le Maire avait esquissé une première riposte au Libra. Il avançait alors la possibilité de lancer une cryptomonnaie « publique », émise par les banques centrales.

« La Libra n’est pas la bienvenue sur le territoire européen », a cette fois-ci renchéri Bruno Le Maire. « Nous prendrons des mesures avec les Italiens et les Allemands parce que c’est notre souveraineté qui est en jeu », a-t-il poursuivi, sans toutefois détailler ces mesures.

Pour rappel, Facebook envisage de lancer son Libra dès 2020. Le projet est néanmoins de plus en plus décrié. Tout récemment, plusieurs partenaires majeurs de l’entreprise, dont Visa, Mastercard et PayPal ont annoncé quitter le navire. Ils étaient pourtant gage de grande crédibilité pour Libra.

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La France est la championne du monde des lancements de nouveaux produits bio

alimentation bioPlus d’un nouveau produit alimentaire sur cinq lancé en France est un produit bio. Le pays est champion en la matière.

La France est-elle en train de devenir le pays du bio en Europe et dans le monde ?  Une étude réalisée par le cabinet Mintel révèle que c’est en France que la part du bio est la plus importante dans les lancements de nouveautés de produits alimentaires. Entre août 2018 et juillet 2019, ce sont 22% des nouveaux produits étaient étiquetés bio dans l’Hexagone. Ce qui fait de la France le principal innovateur en la matière, devant l’Allemagne (20%) et loin devant l’Espagne (9%).

La France est ainsi au-dessus de la moyenne européenne (17% de produits bio lancés sur la période) et largement au-dessus de la moyenne mondiale (10%). L’Europe étant par ailleurs à la pointe au niveau global puis qu’avec 17% de nouveautés en bio, elle fait mieux que les États-Unis qui sont à 15%. Dans les autres régions du monde comme l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient, l’Amérique latine ou l’Afrique, le bio ne représente pas plus de 4% des nouveautés alimentaires mises sur le marché.

Jusqu’où peut aller le bio en France ?
Très sensibles aux questions de l’alimentation, les Français se convertissent massivement au bio depuis quelques années. Même si son poids reste en retrait par rapport à ce qu’il représente en Allemagne. En France, le bio représente 4% des achats en grande distribution contre 5,7% en Allemagne.

Le bio va donc continuer à progresser en France même si selon Nielsen il n’a pas vocation à devenir la norme. Le panéliste estime son potentiel à 11% du marché au global dans le pays, soit tout de même près du triple de ce qu’il représente aujourd’hui.

« Les catégories où le bio est fort sont avant tout des catégories de matières premières, produits non transformés, oeufs, lait, farine, miel, jus de fruit, indique Isabelle Kaiffer, directrice consumer chez Nielsen. Et même sur ces catégories fortes en bio, le niveau de part de marché du bio dépasse rarement 12%. Sachant que le bio atteindra plus rarement le même niveau sur des produits transformés, la moyenne de toutes les catégories des produits de grande consommation dépassera difficilement 11%. »

Au-delà du bio, l’étude montre aussi une montée en puissance de l’ensemble des produits responsables ou meilleurs pour la santé. « Les allégations relatives aux produits biologiques font de plus en plus partie d’un positionnement plus large sur les produits éthiques et de santé, relève Katya Witham, analyste des marchés alimentaires chez Mintel. Le végétarisme est l’une des tendances les plus en vogue actuellement dans les aliments et les boissons. Il semble donc naturel que les producteurs biologiques lient les deux. »

Les nouveautés produits qui ont des allégations santé (« sans sucre », « sans gluten », « moins de sels »…) ou environnementaux et éthiques sont passées de 20% en 2009 à plus de 40% aujourd’hui. S’il y a une attente de « moralisation » de la part des consommateurs, l’industrie de l’agroalimentaire a bien saisi l’intérêt marketing de telles démarches.

Les jeunes plus sensibles au bio
Surtout auprès des plus jeunes consommateurs plus sensibles à ces questions-là. Selon Mintel, les millenials (25-34 ans) ainsi que la génération Z (16-24 ans) sont les plus susceptibles d’acheter des produits biologiques. 81% des jeunes Français sont susceptibles d’acheter de tels produits et même 85% des Espagnols, 86% des Allemands et 87% des Italiens. « La génération Z a grandi à une époque où la santé et le bien-être occupent une place de choix, conclut Katya Witham. Pour les jeunes générations, l’impact social et environnemental de la consommation revêt une grande importance, ce qui devrait contribuer à alimenter la croissance future du secteur des produits biologiques. »

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Quelle langue faut-il apprendre pour décrocher les meilleurs postes ?

Quelle langue faut-il apprendre pour décrocher les meilleurs postesLa maîtrise de l’anglais est un minimum pour les cadres qui veulent faire carrière, et ne permet plus de faire la différence.

Les recruteurs sont de plus en plus à la recherche de profils maîtrisant une ou deux langues supplémentaires, selon un sondage Babbel.

Peu de Français font le choix d’apprendre l’italien ou encore le portugais, estimant que cette langue sert surtout pour aller faire du tourisme. Aujourd’hui, ils peuvent se féliciter d’avoir fait le bon choix. Selon l’enquête réalisée par Opinion/Way Babbel, ces langues deviennent de plus en plus utiles dans le monde professionnel. Car la seule maîtrise de l’anglais n’est plus suffisante pour se distinguer des autres candidats. Les recruteurs misent sur des profils sachant parler deux ou trois langues.

Ainsi 70% des cadres parlant italien déclarent avoir décrocher un poste grâce à cette compétence. Ils sont 74% parmi ceux qui parlent le portugais. Mieux encore le russe a permis de faire la différence pour 89% des cadres qui le parlent. Pour comparaison, seulement 41% des cadres ont été choisi pour leur maîtrise de l’anglais.

Un tiers de sondés à obtenu une augmentation
Ces compétences servent aussi pour progresser dans sa carrière: 60% des cadres parlant italien déclarent que cela leur a permis d’obtenir des responsabilités, ils sont 70% pour ceux qui parlent le portugais et 82% pour le russe. L’anglais a permis de décrocher une promotion que pour 37% des cadres.

La maîtrise des langues est aussi un argument à faire valoir lors de la négociation du salaire : 33% des sondés ont ainsi décroché une augmentation. Mais c’est le russe, au vu de sa rareté, qui est le plus monnayable (73%) suivi du portugais (71%) et de l’italien (48%). L’anglais lui n’a été valorisé que dans 24% des cas.

Mais l’étude met aussi en avant que l’allemand est la langue (hormis l’anglais) qui est la plus parlée parmi les hauts salaires : elle est maîtrisée par 52% des cadres gagnant plus de 60.000 euros brut par an.

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Giuseppe Conte présentera son nouveau gouvernement d’ici mercredi

Giuseppe ConteGiuseppe Conte a été chargé par le président de la République de constituer le nouveau gouvernement après trois semaines de tempête politique. À l’origine, l’éclatement de la coalition de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles.

Le Premier ministre désigné Giuseppe Conte a déclaré ce dimanche qu’il avait l’intention de présenter son nouveau gouvernement de coalition d’ici mercredi, afin de mettre fin à la crise politique que connaît l’Italie.

« Au début de la semaine prochaine,  pas lundi mais mardi ou mercredi au plus tard, nous devons être en mesure de conclure » les négociations entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (PD, centre-gauche), a-t-il déclaré par vidéoconférence au quotidien Il Fatto Quotidiano.

A cette date, Giuseppe Conte présentera son cabinet et son programme gouvernemental au président Sergio Mattarella. Giuseppe Conte et sa nouvelle équipe devraient ensuite prêter serment jeudi avant de se présenter devant le parlement pour un vote de confiance vendredi.

Giuseppe Conte a été désigné jeudi par le président Sergio Mattarella pour essayer de construire une nouvelle équipe gouvernementale M5S-PD, après la chute le 8 août de la coalition populiste qui dirigeait l’Italie.

« Une bonne ambiance de travail »
Après quelques altercations publiques entre les deux partis,  autrefois ennemis mais qui ont décidé de gouverner ensemble pour éviter des élections anticipées, il y a désormais « une bonne ambiance de travail », a estimé Giuseppe Conte.

En ce qui concerne les postes gouvernementaux, il a indiqué qu’il demanderait au PD et au M5S de lui présenter des suggestions  plutôt que des exigences  « de façon à pouvoir composer la meilleure équipe ». La nouvelle coalition aura « un seul et même programme », a-t-il affirmé.

Giuseppe Conte a aussi nié être membre du Mouvement 5 Etoiles, insistant sur sa neutralité. « Je ne suis pas membre du Mouvement 5 Etoiles, je ne participe pas aux réunions de la direction (du Mouvement), je n’ai jamais rencontré les groupes parlementaires, donc m’appeler M5S est à mon sens déplacé ». Il a cependant reconnu « être proche d’eux ». « Je les connais depuis longtemps et je m’entends bien avec le M5S », a-t-il noté.

Le Parti démocrate insiste pour obtenir un poste de vice-Premier ministre en arguant de la proximité entre Conte et le M5S.  Dans la soirée, il s’est dit plus préoccupé par les mesures polmiotiques que par la distribution des maroquin, tandis que le PD suggérait de supprimer le poste de vice-Premier ministre afin que couper court au débat.

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A quoi s’attendre après la démission du chef du gouvernement en Italie ?

italieL’Italie se retrouve sans gouvernement et dans l’incertitude après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte, ce mardi. La coalition populiste de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles vole en éclat après 14 mois de cohabitation.

En annonçant son intention d’aller « voir le président de la République pour lui présenter sa démission ce mardi, Giuseppe Conte a fait éclater le 65e gouvernement de la République italienne, né en juin 2018. L’Italie se retrouve ainsi sans gouvernement, ce qui ouvre la voie à plusieurs jours de consultations afin de former un nouveau gouvernement.

Lors de cette annonce, Giuseppe Conte a lancé un virulent réquisitoire contre Matteo Salvini. Dans son discours à charge, Giuseppe Conte a qualifié le vice-président du conseil italien et ministre de l’Intérieur d' »irresponsable », et l’a accusé de faire « courir de graves risques au pays ». Conte a enfin dénoncé l’appel Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant le régime fasciste de Mussolini, se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Sergio Mattarella aux manettes
Plusieurs hypothèses se dessinent désormais. Des pourparlers vont devoir débuter entre les différentes positions politiques parmi lesquelles le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, en vue de former une nouvelle coalition.

Le président de la République, Sergio Mattarella, est désormais l’homme de la situation. C’est lui qui va devoir lancer des consultations pour explorer la possibilité d’une nouvelle majorité, puisqu’il est chargé de vérifier la viabilité de toute nouvelle coalition gouvernementale. S’il juge qu’aucune majorité solide n’existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives.

Vers un second gouvernement Conte ?
L’un des scénarios envisageables est que le chef de l’État demande à Giuseppe Conte de rester à la tête du pays pour piloter un gouvernement de transition. D’autant que dans la presse italienne, beaucoup d’observateurs estiment que le président du Conseil sort grandi de cette crise. Mardi, celui-ci a été accueilli au Sénat par une banderole : « Conte l’Italie t’aime ». Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, le chef du M5S Luigi di Maio, l’a même qualifié de « serviteur de la Nation dont l’Italie ne peut pas se passer ».

Si cela venait à se concrétiser, Giuseppe Conte pourrait mener un gouvernement « Conte bis », et ainsi avancer dans l’élaboration du budget pour 2020. Cela pourrait permettre d’éviter une hausse automatique de la TVA prévue l’an prochain si rien n’est fait avant pour combler un trou de 23 milliards dans les caisses de l’État. Cela donnerait le temps au Parti démocrate et au Mouvement 5 Étoiles (M5S) de s’entendre sur un pacte pour « un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme », selon les termes du chef du Parti Démocrate Nicola Zingaretti.

L’idée d’une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l’ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD, qui a proposé à ses anciens ennemis du M5S une réconciliation et un gouvernement « institutionnel ». Pour amadouer certains dirigeants Cinq Étoiles encore réticents, Matteo Renzi a assuré lors du débat parlementaire qu’il « ne ferait pas partie » d’une telle majorité, laissant entendre que le Parti Démocrate pourrait appuyer au parlement un gouvernement entièrement formé de ministres M5S, sans exiger de fauteuils.

L’avènement d’une coalition pro-européenne ?
L’autre piste que pourrait emprunter Sergio Mattarella lui a été soufflée par l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Celui-ci a proposé un gouvernement pro-européen baptisé « Ursula », du nom de la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Romano Prodi, toujours très écouté, imagine une alliance gauche-droite pour que l’Italie revienne au premier plan en Europe.