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A quoi s’attendre après la démission du chef du gouvernement en Italie ?

italieL’Italie se retrouve sans gouvernement et dans l’incertitude après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte, ce mardi. La coalition populiste de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles vole en éclat après 14 mois de cohabitation.

En annonçant son intention d’aller « voir le président de la République pour lui présenter sa démission ce mardi, Giuseppe Conte a fait éclater le 65e gouvernement de la République italienne, né en juin 2018. L’Italie se retrouve ainsi sans gouvernement, ce qui ouvre la voie à plusieurs jours de consultations afin de former un nouveau gouvernement.

Lors de cette annonce, Giuseppe Conte a lancé un virulent réquisitoire contre Matteo Salvini. Dans son discours à charge, Giuseppe Conte a qualifié le vice-président du conseil italien et ministre de l’Intérieur d' »irresponsable », et l’a accusé de faire « courir de graves risques au pays ». Conte a enfin dénoncé l’appel Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant le régime fasciste de Mussolini, se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Sergio Mattarella aux manettes
Plusieurs hypothèses se dessinent désormais. Des pourparlers vont devoir débuter entre les différentes positions politiques parmi lesquelles le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, en vue de former une nouvelle coalition.

Le président de la République, Sergio Mattarella, est désormais l’homme de la situation. C’est lui qui va devoir lancer des consultations pour explorer la possibilité d’une nouvelle majorité, puisqu’il est chargé de vérifier la viabilité de toute nouvelle coalition gouvernementale. S’il juge qu’aucune majorité solide n’existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives.

Vers un second gouvernement Conte ?
L’un des scénarios envisageables est que le chef de l’État demande à Giuseppe Conte de rester à la tête du pays pour piloter un gouvernement de transition. D’autant que dans la presse italienne, beaucoup d’observateurs estiment que le président du Conseil sort grandi de cette crise. Mardi, celui-ci a été accueilli au Sénat par une banderole : « Conte l’Italie t’aime ». Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, le chef du M5S Luigi di Maio, l’a même qualifié de « serviteur de la Nation dont l’Italie ne peut pas se passer ».

Si cela venait à se concrétiser, Giuseppe Conte pourrait mener un gouvernement « Conte bis », et ainsi avancer dans l’élaboration du budget pour 2020. Cela pourrait permettre d’éviter une hausse automatique de la TVA prévue l’an prochain si rien n’est fait avant pour combler un trou de 23 milliards dans les caisses de l’État. Cela donnerait le temps au Parti démocrate et au Mouvement 5 Étoiles (M5S) de s’entendre sur un pacte pour « un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme », selon les termes du chef du Parti Démocrate Nicola Zingaretti.

L’idée d’une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l’ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD, qui a proposé à ses anciens ennemis du M5S une réconciliation et un gouvernement « institutionnel ». Pour amadouer certains dirigeants Cinq Étoiles encore réticents, Matteo Renzi a assuré lors du débat parlementaire qu’il « ne ferait pas partie » d’une telle majorité, laissant entendre que le Parti Démocrate pourrait appuyer au parlement un gouvernement entièrement formé de ministres M5S, sans exiger de fauteuils.

L’avènement d’une coalition pro-européenne ?
L’autre piste que pourrait emprunter Sergio Mattarella lui a été soufflée par l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Celui-ci a proposé un gouvernement pro-européen baptisé « Ursula », du nom de la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Romano Prodi, toujours très écouté, imagine une alliance gauche-droite pour que l’Italie revienne au premier plan en Europe.

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Le randonneur français Simon Gautier, disparu en Italie, a été retrouvé mort

Simon GautierUn sauveteur alpin a repéré un sac à dos au loin grâce à ses jumelles, aux alentours de 19h30 ce dimanche. L’une des équipes, qui s’est rendue au fond du ravin, a retrouvé puis identifié le corps de l’étudiant âgé de 27 ans.

Le randonneur français Simon Gautier, qui avait lancé un appel au secours après s’être blessé le 9 août en Italie et resté introuvable depuis, a été retrouvé mort au fond d’un ravin ce dimanche. L’information a été révélée par des médias italiens, notamment le Corriere della Sera et La Repubblica, qui ont contacté la police. Elle a été confirmée auprès de BFMTV.

Un sauveteur alpin a repéré un sac à dos au loin grâce à ses jumelles, aux alentours de 19h30, sur la commune de Belvedere di Ciolandre. À 20h45, l’une des équipes, qui s’est rendue au fond du ravin, a retrouvé puis identifié le corps de l’étudiant âgé de 27 ans.

Plus tôt dans l’après-midi, les Carabinieri de Salerne ont retrouvé des traces de sang sur l’un des sentiers situés dans le périmètre des recherches. Simon Gautier est tombé dans un canyon, dans une zone très escarpée et à haut risque, selon les secours.

Deux jambes cassées
Des dizaines de bénévoles, des bergers et des habitants mais aussi une vingtaine de proches du jeune homme et ses parents, étaient présents autour de Policastro Bussentino, à près de 200 km au sud de Naples, pour participer aux recherches.

Vendredi 9 août, peu après 9 heures, Simon Gautier a appelé les secours avec son téléphone portable. Selon l’enregistrement de l’appel, il a déclaré être tombé d’une falaise et s’être cassé les deux jambes, mais sans pouvoir dire où il se trouvait, « au milieu de nulle part, sur la côte ».

Randonnée en solitaire
Des équipes de pompiers spécialisés, des équipes cynophiles, des membres des secours alpins, un hélicoptère mais aussi des drones cherchaient dans chaque recoin de cette côte escarpée où la montagne et les falaises se jettent dans la mer.

Simon Gautier, qui vivait depuis deux ans à Rome pour rédiger une thèse en histoire de l’art, avait prévu une randonnée en solitaire de Policastro Bussentino à Naples. Il avait d’ailleurs envoyé à ses proches une photo de son sac à dos : de l’eau et des vivres.

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Pas de solution à la crise politique avant le 20 août

crise italieLe Sénat italien a repoussé au 20 août une solution à la crise politique déclenchée par le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, lui infligeant un camouflet en rejetant mardi tout projet de motion de censure contre le gouvernement de Giuseppe Conte.

Le ministre de l’Intérieur, qui a fait exploser la majorité formée avec le Mouvement 5 Étoiles le 8 août, avait réclamé le vote dès cette semaine d’une résolution de défiance contre l’exécutif, en place depuis seulement 14 mois.

Convoqués en urgence en plein été, une majorité des sénateurs se sont prononcés contre la motion de M. Salvini qui, pour l’occasion, avait renoué avec ses vieux alliés de la droite traditionnelle, Forza Italia (FI, droite) et Frères d’Italie (FdI, post-fasciste). En parallèle, ils ont demandé, dans une autre motion, à M. Conte de venir s’exprimer au parlement le 20 août, pour tenter de dénouer la crise. Les spécialistes ont immédiatement interprété le scrutin au Sénat, qui a vu le M5S voter aux côtés du Parti démocrate (PD, centre-gauche), comme ouvrant la voie à une majorité alternative à celle qui a gouverné le pays jusqu’à présent.

Risque de récession
L’ancien Premier ministre déchu Matteo Renzi (2014-2016), toujours poids-lourd du PD, a fait un retour au premier plan, en proposant au M5S, d’unir leurs forces derrière un «gouvernement institutionnel» et «no tax» (anti-impôts), qui taillerait drastiquement dans le nombre de parlementaires (345 de moins sur un total de 950) et adopterait le budget 2020. Des élections anticipées dès l’automne comme l’exige M. Salvini depuis sa rupture avec le M5S «seraient une catastrophe» car elles rendraient impossible l’adoption de mesures budgétaires pour éviter la hausse de la TVA, a argué M. Renzi lors d’une conférence de presse au Sénat, juste avant le vote.

Selon lui, dans ce cas, la TVA très pénalisante pour les consommateurs, pourrait «monter à 25%» et «il est certain que l’Italie tombera en récession». «Nous avons la possibilité de tourner la page», a commenté M. Renzi, en tendant la main aux Cinq Étoiles, tout en reconnaissant que «cela lui en coûte sur le plan humain», car il a subi son lot «d’insultes, accusations» de leur part.

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Des risques de pénurie d’eau au Luxembourg ?

Des risques de pénurie d'eau au LuxembourgPrès d’un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave, proche du «jour zéro» lors duquel plus aucune eau ne sortira du robinet, selon un rapport rendu public mardi.

La carte établie par l’Institut World resources (WRI) mesure les risques de pénurie en eau, de sécheresse et d’inondations fluviales. «L’agriculture, l’industrie et les municipalités absorbent 80% de la surface disponible et des eaux souterraines lors d’une année moyenne» dans les 17 pays concernés, principalement situés au Moyen-Orient et dans le nord de l’Afrique, a écrit l’institut.

Ceux-ci sont le Qatar, Israël, le Liban, l’Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l’Arabie saoudite, l’Érythrée, les Émirats arabes unis, Saint-Marin, Bahreïn, le Pakistan, le Turkménistan, Oman, le Botswana et l’Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde.

Risque «moyennement» élevé au Luxembourg
«La pénurie en eau est la plus grande crise, dont personne ne parle. Ses conséquences prennent la forme d’insécurité alimentaire, de conflit, de migration et d’instabilité financière», a indiqué le PDG de l’institut, Andrew Steer.

«Lorsque la demande rivalise avec les réserves, même de petits épisodes de sécheresse qui vont augmenter avec le changement climatique  peuvent provoquer de terribles conséquences», comme les récentes crises au Cap, Sao Paulo ou Chennai, détaille l’institut.

Vingt-sept autres pays figurent sur la liste des pays présentant une «pénurie hydrique élevée». Parmi eux figurent plusieurs pays européens comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce, mais aussi la Belgique.

Quant au Luxembourg, il figure dans la catégorie juste en dessous avec un risque «moyennement élevé». Pas de quoi être totalement à l’abri non-plus.

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Décès de George Hilton, cowboy des westerns spaghetti

George HiltonL’acteur George Hilton, héros de nombreux westerns spaghetti dans les années 60 à 80, vient de mourir à l’âge de 85 ans.

L’acteur George Hilton, vedette de nombreux westerns spaghetti qui fit carrière en Italie, décédé dimanche à l’âge de 85 ans, a été enterré mardi à Rome, selon des médias italiens.

Sa compagne avait annoncé son décès sur les réseaux sociaux
Britannique né en Uruguay en 1934 sous le nom de Jorge Hill Acosta y Lara, il part d’abord en Argentine à 21 ans pour y démarrer une carrière au cinéma sous le nom de Jorge Hilton, puis arrive en Italie en 1963 attiré par la florissante industrie cinématographique romaine.

Beau ténébreux au physique athlétique
Le beau ténébreux au physique athlétique deviendra très populaire en enchaînant les tournages de plus de 70 films, surtout des westerns, puis des films à suspense ou d’épouvante.

Il acquiert la célébrité avec Temps du massacre (1966) de Lucio Fulci qui fait de lui une célébrité du western spaghetti. Il obtient dès l’année suivant des premiers rôles, en particulier dans « Trois salopards, une poignée d’or » de Mauricio Lucidi, Les vautours attaquent de Nando Cicero ou encore dans Je vais, je tire et je reviens d’Enzo Castellari.

Icône du genre
Il devient véritablement une icône du genre dans la peau du pistolero Alleluja, immortalisé dans des films de Giuliano Carnimeo.  Son nom fut associé à ce genre cinématographique aux côtés d’autres acteurs comme Terrence Hill, Franco Nero ou Giuliano Gemma.

Il avait toutefois fait ses premiers pas en Italie en interprétant un pirate, puis un agent secret dans un registre comique. Il jouera aussi des rôles de séducteurs dans les années 70, avant de se tourner davantage vers des films pour la télévision dans les années 80.

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Les clubs français de football cherchent des solutions pour rivaliser au niveau européen

footballPour améliorer la compétitivité française, le syndicat de clubs Première Ligue cherche à réduire l’écart au niveau des charges sociales et de la fiscalité avec les autres championnats européens.

L’Italie a fait passer le 28 juin un décret étendant aux footballeurs les avantages fiscaux jusque-là réservés aux « cerveaux » pour éviter leur fuite et favoriser leur retour. En clair, un joueur étranger arrivant dans le championnat italien pour au moins deux ans peut soustraire 50% de son impôt sur le revenu.

Un avantage énorme dont peuvent aussi bénéficier les Italiens partis depuis plus de deux ans et qui souhaitent revenir. Cet avantage colossal vise à permettre à l’Italie de se repositionner comme une place forte sur le marché des transferts. Et surtout à redevenir compétitif par rapport aux championnats allemand, espagnol ou anglais, particulièrement attractifs sur le plan fiscal.

Angers paye treize fois plus de charges que le Real
La France du football, elle, regarde ça avec envie  Le championnat hexagonal est le plus chargé des cinq grands championnats, et très largement. Quelques exemples effarants, selon le syndicat des clubs Première Ligue : à lui seul, le PSG paye plus de charges sociales que la Bundesliga, la Série A et la Liga réunis, le SCO d’Angers paye treize fois plus de charges que le Real Madrid,  à taille et à budget équivalent, un club du top 10 français paye 10 millions d’euros de charges en plus par an qu’un club de Bundesliga … Dans ces conditions, comment rester concurrentiel en terme d’attractivité mais aussi sur le plan sportif  ?

Les ratios parlent d’eux-mêmes. L’équipe de France a participé à 45% des finales des compétitions internationales depuis 98. Sur la même période, les clubs français ont participé à moins de 10% des finales européennes (C1 et C3). La preuve que malgré un football qui se porte bien, les clubs français, eux, ne peuvent concurrencer leurs homologues européens.

Bernard Caiazzo :  « On ne peut pas parler d’alléger la fiscalité du football »
Dans un contexte social lourd, marqué par la mobilisation des Gilets Jaunes, le syndicat Première Ligue sait qu’il est impossible d’alléger la fiscalité dans le football, comme l’explique son président Bernard Caiazzo : « Le football et le footballeur ont une image liée à de grosse sommes d’argent, c’est pourtant souvent faux. Un joueur de Ligue 2 gagne en moyenne 15 à 20.000 euros, c’est une somme, mais faut-il rappeler qu’il ne gagnera cette somme que pendant 10 ou 15 ans au mieux. Aujourd’hui, il y a des gens en souffrance dans la rue et l’image du footballeur est celle de Neymar …  On ne peut pas parler d’alléger la fiscalité du football ».

Certains pays comme l’Espagne ou l’Allemagne ont un système de charges qui fait que si un joueur gagne 5.000 ou 800.000 euros, le plafond est atteint et les charges patronales n’augmentent pas en conséquence. De quoi permettre aux clubs de ces pays des promesses salariales sur lesquelles ne peuvent s’aligner les équipes hexagonales. Un tel plafond reste un vœu pieux pour le foot français, qui se heurte au droit commun français établi sur un autre modèle.

Alors pour tenter de rester concurrentiel, Première Ligue multiplie les rendez-vous en région avec les députés et avec les conseillers de l’Élysée qui leur prêtent une oreille attentive. L’un des objectifs affichés du président Emmanuel Macron est d’améliorer la compétitivité de la France et le football est un secteur concurrentiel comme un autre.

Un plan d’épargne pour les sportifs pros ?
Le dernier cheval de bataille en date pour le syndicat Première Ligue, qui regroupe 18 clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 (et le SC Bastia) : un plan d’épargne pour les sportifs professionnels. L’idée est simple : pousser les sportifs à percevoir et être imposé sur 50 % de leurs revenus, et épargner le reste, somme sur laquelle ils ne seront imposés qu’au déblocage de leur épargne.

En clair, c’est une façon comme une autre de lisser les émoluments d’un joueur qui aurait une carrière de 15 ans sur 30 ans. Cela permettrait aussi un taux d’imposition moindre sur l’ensemble de ces 30 années. Bernard Caïazzo y croit : « Cette option concerne nos footballeurs qui ne se mettent pas à l’abri pour la vie en 15 ans de carrière. Du coup, elle est particulièrement intéressante pour les basketteurs, les handballeurs, les champions olympiques en France qui, à ce jour, se retrouvent parfois dans un certain dénuement 10, 15, 20 ans après la fin de leur carrière. »

Ce dispositif permettrait aux clubs français de présenter eux aussi aux joueurs des avantages fiscaux à la signature en France. Et donc de contrecarrer partiellement les énormes avantages qu’ils ont à ce jour en signant en Espagne, en Angleterre ou en Allemagne.

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Comment s’est déroulée la destruction du pont Morandi à Gênes

pont morandiLe pont Morandi a été entièrement détruit ce vendredi, près d’un an après le drame qui a coûté la vie à 43 personnes.

Il aura fallu seulement sept secondes pour finir de détruire le pont Morandi. L’ouvrage a été dynamité ce vendredi après des semaines de travaux et de préparation, devant les yeux des Gênois et des deux vice-Premiers ministres italien, Matteo Salvini et Luigi Di Maio.

La destruction avait commencé au mois de février. Plusieurs tronçons du pont, qui s’était écroulé en août 2018 tuant 43 personnes, avaient été démontés. Ce vendredi, il ne restait plus que les deux immenses piles à haubans n°10 et 11 de cet ouvrage construit en 1963.

Une tonne et demie de dynamite
La démolition de ces éléments était cependant rendue particulièrement compliquée par la présence d’habitations à proximité. Près de 4000 riverains ont dû être évacués, tandis que les occupants des immeubles situés sous le pont ont été forcés d’abandonner leur logement condamné depuis le jour du drame. Il a également fallu veiller à la solidité des habitations proches de ce pont et renforcer, le cas échéant, les fondations de ces bâtiments.

Une fois la population mise en sécurité, les autorités ont pu procéder à la démolition. Environ une tonne et demi de dynamite répartie sur l’ensemble du tablier restant et des piles à haubans a été nécessaire pour détruire les 4500 tonnes d’acier et de béton. Cet explosif est « particulièrement adapté à l’abattage des structures massives et très dures en béton ou maçonnerie », fait remarquer un document édité par le syndicat des entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage.

Réglé à la micro-seconde
L’ensemble des charges a explosé dans un enchaînement réglé à la micro-seconde près pour maîtriser la chute de l’ouvrage et éviter que des débris ne tombent de manière incontrôlée.

« C’est une technologie qui fait appel au génie militaire », rappelle Gérard Feldzer, notre consultant transports, qui compare la destruction du pont au procédé utilisé pour un feu d’artifices. « Ça se déclenche à la suite des uns des autres. Là c’est pareil, on prévoit qu’une charge explose, puis la deuxième arrive une micro-seconde après, puis une troisième. A l’œil nu, ça parait instantanée pour tout mais ce n’est pas tout à fait vrai. Il faut fragiliser un pilier pour faire en sorte que ce qui est à côté puisse s’écrouler en même temps ».

Sur les images, on s’aperçoit que le tablier a d’abord été morcelé par une série de plusieurs dizaines de charges avant une explosion des piles à haubans. L’objectif est de faire s’effondrer le pont sur lui-même. Cette technique dite de « foudroyage » est particulièrement adaptée « aux ouvrages de grande hauteur ou à structures non-courantes situées en site contraints (à proximité d’une autoroute ou d’une ligne de transport en commun) », note sur son blog le groupe Ginger, spécialisé en ingénierie. Elle permet aussi de limiter la zone d’impact des matériaux sur un périmètre restreint.

Un nouveau pont en 2020
Une fois à terre, la priorité a été de faire retomber l’immense nuage de poussière provoqué par la démolition du pont. Depuis ce vendredi matin, des réservoirs et des canons d’irrigation avaient été disposés afin de faire retomber ces poussières fines. L’air avait été humidifié au préalable juste avant l’explosion puis les canons à eau ont continué à asperger les débris.

Maintenant que le pont est détruit, le travail n’est pas fini pour autant. Les ouvriers vont devoir s’activer pour évacuer les tonnes de débris au sol, et permettre la construction du nouveau pont. Le premier élément de ce pont doit arriver ce vendredi au port de Gênes. Le gouvernement a promis que ce nouveau viaduc autoroutier en acier et en béton, dessiné par l’architecte italien Renzo Piano, serait ouvert à la circulation en avril 2020.