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Lancement d’une campagne contre les violences éducatives

stop-veo.jpgL’association Stop Veo lance une campagne afin de sensibiliser les parents à la non-violence éducative. 3 parents sur 4 reconnaissent pratiquer la gifle dans l’éducation de leurs enfants.

Une campagne d’information est lancée ce lundi dans tous les cabinets médicaux, à l’initiative de l’association Stop Veo pour sensibiliser les parents à la non-violence éducative, alors que près de neuf parents sur dix pratiquent la violence ordinaire avec leurs enfants.

La gifle pratiquée par 3 parents sur 4
Selon une enquête réalisée par l’Union des Familles en Europe en 2006-2007, 85% des parents reconnaissent pratiquer la violence ordinaire. Comme Isabelle, qui nous explique : « J’ai dû donner une ou deux gifles dans des moments de grandes colères où je ne pouvais pas me contrôler », concède cette mère de quatre enfants à notre antenne.

L’enquête estime que 71,5% ont recours à la gifle, la plupart du temps occasionnellement. Une pratique, qui ne pose pas de problème pour de nombreux parents : « Une petite tacle sur la main ou une légère fessée, moi ça ne m’a jamais fait de mal. Je suis certain que quand c’est fait avec parcimonie et justice, il y a aucun problème », estime de son côté Xavier, père de trois enfants.

Un effet sur le QI de l’enfant ?
Pourtant, l’association Stop Veo estime que ces violences ordinaires peuvent avoir un effet sur le développement de l’enfant : « Même une petite claque, c’est un coup, c’est une violence, cela va induire une sidération, du stress. L’enfant ne va pas comprendre et va arrêter de penser. On a un grand nombre d’études qui montrent que si on utilise ces moyens, l’enfant va moins bien apprendre et il aura un QI qui peut baisser », nous explique Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne d’information.

À partir de ce lundi, un kit « C’est grave docteur ? » est donc proposé par l’association aux pédiatres, médecins généralistes et médecins de PMI. Il comporte une affiche et des brochures, avec au recto, un cœur et au verso un bonnet d’âne.  « Choisir l’amour et la tendresse, plutôt que l’humiliation et la peur », est-il écrit sur l’une des affiches.

Seuls 6 pays européens n’interdisent pas la fessée
Cette campagne est lancée à l’approche de la Journée de la non-violence éducative qui a lieu le 30 avril et alors que les fessées et autres punitions devraient bientôt bannies par la loi. Le texte voté par l’Assemblée qui vise à ce que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques » doit bientôt être validé par le Sénat.

La France fait partie des six pays de l’Union européenne n’ayant pas encore voté de loi bannissant toute forme de violence vis-à-vis des enfants, avec la Belgique, l’Italie, la République Tchèque et le Royaume-Uni.

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Salaire minimum : le grand écart européen

salaireNathalie Loiseau souhaite que les pays européens les plus pauvres augmentent leur salaire minimum. En 2017, le « smic » était six fois plus élevé au Luxembourg qu’en Roumanie selon l’OCDE.

La tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau, souhaite que le salaire minimum augmente dans l’Union Européenne, notamment dans les pays les plus pauvres.

Pour atteindre cet objectif, il faudrait déjà que le principe du salaire minimum soit appliqué dans les 28 États membres. Or ce n’est pas le cas actuellement pour six d’entre eux : Italie, Autriche, Danemark, Finlande, Suède et Chypre. Nous avons donc analysé l’écart entre les pays européens qui en possèdent un.

Selon l’OCDE, dans deux États sur trois, le salaire minimum était inférieur à 850 euros en 2017. Sur la carte ci-dessous, on remarque immédiatement un véritable clivage entre l’Europe du nord-ouest et le reste du continent.

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L’objectif de Nathalie Loiseau n’est cependant pas d’instaurer un Smic commun à tous les pays de l’UE. La tête de liste LREM pour les élections souhaite plutôt que le salaire minimum atteigne au moins la moitié du salaire médian dans tous les États membres. Et sur ce plan, les Français sont champions d’Europe.

Le salaire médian français très inférieur au belge
D’après l’OCDE, le salaire minimum équivalait à 62% du revenu médian national en 2017. Un score bien supérieur à celui affiché par nos voisins allemands (48%) ou belges (47%) mais qui n’est en fait pas très flatteur pour la France car il illustre avant tout la part importante des salariés français qui touchent de bas salaires.

En Belgique, plus de la moitié des salariés gagnent plus de 3276 euros par mois. En France, le salaire médian est seulement de 2396 euros,  un chiffre bien inférieur à nos voisins, mais trois fois plus important que celui des Hongrois (784 €).

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Dans ses données les plus récentes (2017), l’OCDE disposait d’informations sur uniquement 19 des 22 pays de l’UE ayant mis en place un salaire minimum.

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Européennes 2019 : les élections de la dernière chance ?

Européennes 2019Cohésion menacée, percée des eurosceptiques …

Le 26 mai se tient un scrutin particulièrement chargé en incertitudes et périls pour l’Union européenne. France 24 est au rendez-vous pour vous intéresser à tous ses enjeux.

L’année 2019 sera-t-elle un bon cru pour les élections européennes ?  Intronisé en 2014, le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déclaré diriger la « Commission de la dernière chance » : un exécutif censé obtenir des résultats concrets avec une direction plus « politique ». Cinq ans plus tard, le 26 mai, d’aucuns prédisent des « élections de la dernière chance ».

L’Europe serait ainsi au pied du mur et sa cohésion menacée par la percée de partis nationalistes, populistes ou eurosceptiques. On a constaté, ces dernières années, leur progression dans les scrutins nationaux : l’extrême droite a accédé au pouvoir dans au moins six pays. En Italie, où le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini éclipse ses partenaires de coalition repoussant les navires de réfugiés en Méditerranée. En Autriche, où le FPÖ impose son agenda anti-migrants aux conservateurs.

Ces partis sont également en soutien du gouvernement en Bulgarie, en Finlande, en Grèce, et en Slovaquie … Tous d’accord pour repousser les étrangers plus loin et empêcher toute solution solidaire de la crise migratoire.

Atmosphère de fin de règne ?
Que dire des deux pays suivis à la loupe par Bruxelles pour leurs infractions répétées à l’État de droit ?   La Pologne et la Hongrie, où des partis conservateurs-nationalistes tiennent le haut de l’affiche, avec une rhétorique qui rejoint la droite la plus extrême. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, « suspendu » de son parti de centre-droit, le PPE, s’est déclaré favorable à une « démocratie illibérale » et se veut chef de file des rebelles de l’Est.

Du côté de l’extrême-gauche, la cible n’est pas la solidarité mais les accords commerciaux et les politiques européennes jugés ultra-libéraux : et pour cause, mathématiquement, les deux tiers des leaders européens sont classés au centre ou à droite.

Eurosceptiques au cœur des institutions ?
Alors oui, si on fait les comptes, sur les 705 sièges attribués aux eurodéputés de 27 pays (suite du départ du Royaume-Uni), beaucoup risquent d’être occupés par des eurosceptiques : un quart au moins. Est-ce assez pour bloquer la machine communautaire ?   Le Parlement européen devra composer une majorité non plus seulement avec les deux grands partis traditionnels (Parti Populaire européen à droite, socialistes et démocrates à gauche), mais sans doute avec un troisième soutien, voire des majorités à la carte.

Sauf que la Commission européenne va, elle aussi, changer de visage, les pays étant censés nommer de nouveaux commissaires à leur goût,  y compris bon nombre de populistes de plus en plus décomplexés : la méthode « consensuelle », de mise pour faire avancer les dossiers, risque d’en prendre un coup.

Les extrêmes ne cherchent plus la sortie
Ce vote est surtout marqué par des incertitudes sans précédents. Les europhiles se sont réjouis un peu trop tôt du mauvais exemple du Brexit, qui dissuade désormais les souverainistes de se réclamer de l’ »exit » : finie la revendication du ‘Frexit’, ‘Öxit’, ‘Italexit’ et autre ‘Hongrexit’, sauf pour une poignée de marginaux dans le paysage politique.

La mode est de tenter de détricoter le projet européen de l’intérieur. Sauf qu’il y a aujourd’hui un gros point d’interrogation sur le départ programmé des Britanniques : et s’ils restaient ?

Si la date du Brexit est repoussée bien au delà du 12 avril, les Britanniques devront participer au vote : et l’on devrait regonfler les rangs des élus de Strasbourg à 751, dont beaucoup d’élus britanniques pro-Brexit.  L’histoire du serpent qui se mord la queue. Les électeurs vont-ils une fois encore bouder ce scrutin pourtant crucial pour leur avenir ?   À la dernière consultation, ils étaient à peine 42 % à se déplacer. Hâtons-nous de rendre l’élection européenne populaire.

Sur France 24, chaîne internationale de reportages et de débats, nous vous proposons une couverture aussi riche que variée : notre « bus de l’Europe » avec quatre reporters embarqués allant à la rencontre des Européens, deux débats avec des têtes de listes françaises et européennes mais aussi des émissions spéciales en co-production France 24, Deutsche Welle, ou encore France 24, Public Sénat et enfin, dès le 13 mai, un « Journal de l’Europe » tous les jours.

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Dans quels pays du monde est-on en meilleure santé ?

santéCette année, l’Espagne se place en tête du classement Bloomberg des pays où l’on est en meilleure santé. Derrière les pays méditerranéens et scandinaves, la France se hisse péniblement en 12e position.

L’Espagne détrône désormais l’Italie au rang de pays où la population est en meilleure santé au monde, selon l’édition 2019 de l’index de Bloomberg. Outre la première place, six pays européens se trouvent parmi le top 10.

Le groupe financier américain Bloomberg a passé au crible 169 pays du monde grâce aux données recueillies par les Nations Unies. Ce classement, publié ce dimanche, se base sur l’espérance de vie, les causes de décès, l’accès à une eau de qualité ou encore la pratique d’une activité physique par les habitants de chaque pays. Elle prend également en considération le tabagisme, l’obésité ou les services de santé publique.

La France, 12e au classement
L’Italie est donc cette année en deuxième position derrière l’Espagne qui s’est hissée à la tête du classement, en gagnant pas moins de 5 places par rapport au précédent classement, de 2017. Vient ensuite l’Islande en troisième position, juste avant la Suisse et le Japon. La France, elle, n’arrive qu’en 12e position, bien qu’elle gagne deux places par rapport à 2017.

La Suède se place elle en 6e position du classement, après l’Australie (7e), qui est suivie de Singapour (8e), de la Norvège (9e) et enfin en dixième position, d’Israël. Le Royaume-Uni est pour sa part 19e de la liste, le Portugal 22e et l’Allemagne en 23e position.

bloomberg

De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada (16e place) se situe bien avant les États-Unis et le Mexique, qui eux, ont dégringolé aux 35e et la 53e place du classement. Aux États-Unis, l’espérance de vie est réduite notamment en raison du nombre élevé d’overdoses de drogue et de suicides.

En bas du classement, parmi les 30 pays du classement les moins bien notés, se trouvent 27 pays d’Afrique subsaharienne. Les trois autres sont Haïti, l’Afghanistan et le Yémen.

Comment expliquer ces résultats ?
L’Espagne détient le record d’espérance de vie de l’Union européenne et la longévité devrait atteindre les 86 ans d’ici 2040, juste devant Singapour et la Suisse, selon l’Institut d’études de la Santé de l’université de Washington.

Les chercheurs américains expliquent que les habitudes alimentaires peuvent aider à comprendre l’état de santé des populations. Le régime méditerranéen des Espagnols et des Italiens, riche en fruits et légumes, fruits secs, herbes aromatiques et huile d’olive, pourrait ainsi expliquer leur longévité. Ce régime est connu pour diminuer les risques d’accidents cardiovasculaires et de maladies d’Alzheimer et Parkinson.

L’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé, quant à lui, a noté une nette baisse du nombre de personnes atteintes de maladies cardiovasculaires et de morts des suites de cancers, ces dix dernières années en Espagne.

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Le président du Parlement européen accusé de « révisionnisme historique »

Le président du Parlement européen accusé de « révisionnisme historique »L’Italien Antonio Tajani a déclenché la colère de la Croatie et de la Slovénie en proclamant « vive l’Istrie italienne, vive la Dalmatie italienne » lors d’une commémoration.

Bras droit de Silvio Berlusconi à Rome et président du Parlement européen à Strasbourg, l’italien Antonio Tajani est coutumier des contorsions. D’ordinaire, il veille à ce que ses déclarations sur le terrain politique italien restent fidèles à la ligne de son parti (Forza Italia, droite), tout en étant suffisamment vagues pour ne pas être mal interprétées au niveau européen. Mais dimanche 10 février, à Basovizza, un quartier périphérique de Trieste tout proche de la frontière slovène, lors du « Jour du souvenir », cet équilibre a volé en éclats.

Lors d’une cérémonie organisée pour cette journée de la mémoire aux victimes des « massacres des Foibe », le président du Parlement européen a en effet conclu son allocution par un « Vive Trieste, vive l’Istrie italienne, vive la Dalmatie italienne, vive les exilés et vive les enfants de ces exilés » qui a aussitôt provoqué la colère de ses voisins croates et slovènes, réveillant le souvenir d’un épisode de la seconde guerre mondiale qui reste d’autant plus vif qu’il a longtemps été passé sous silence.

Un épisode occulté
Devenues italiennes au sortir de la première guerre mondiale, après l’éclatement de l’empire austro-hongrois, la région de Trieste, l’Istrie et la Dalmatie étaient peuplées d’Italiens (surtout dans les villes), mais aussi de Slaves, principalement des Croates et des Slovènes. A partir des années 1920, durant le fascisme, celles-ci ont été victimes d’une politique d’italianisation forcée, particulièrement violente, dont Croates et Slovènes gardent un souvenir très vif.

Puis avec l’avancée des partisans yougoslaves dans la région, à partir de l’automne 1943, les grottes naturelles (« foibe ») du secteur ont commencé à devenir le théâtre de représailles, dont le bilan réel reste l’objet de vives controverses. Après avoir été dans un premier temps purement politiques, visant des militaires ou des membres du Parti fasciste, les exécutions sommaires ont pris, en 1945, un caractère d’épuration ethnique.

Par la suite, le souvenir de ce drame a été refoulé pendant un demi-siècle, en raison de l’importance du Parti communiste italien, pour qui les victimes étaient toutes des fascistes, et de la volonté italienne de ne pas contrarier la Yougoslavie communiste voisine. Jusqu’aux années 1990, seuls les nostalgiques du ventennio fasciste évoquaient le drame des « foibe ». Et ce n’est qu’en 2004, sur décision du gouvernement Berlusconi (auquel participaient d’ailleurs les post-fascistes d’Alliance nationale), que le « Jour du souvenir » a été instauré.

Ainsi donc, en célébrant « l’Istrie italienne » et la « Dalmatie italienne », le président du Parlement européen reprenait un des chevaux de bataille de la droite berlusconienne : la lutte contre l’hégémonie culturelle des communistes dans l’Italie de l’après-guerre, dont l’occultation du drame des « foibe » est, selon lui, l’une des preuves les plus criantes.

Problème : de l’autre côté de la frontière, ces déclarations ne peuvent être ressenties autrement que comme des provocations. Ainsi, les gouvernements croate et slovène ont exprimé leur colère lundi. Le premier ministre conservateur croate, Andrej Plenkovic, pourtant allié de M. Tajani au Parlement européen, s’est ainsi dit « extrêmement mécontent » de ses propos et a immédiatement demandé des éclaircissements. Son homologue slovène a lui parlé « d’un révisionnisme historique sans précédent ».

Pas de « revendication territoriale »
« De telles déclarations ne facilitent pas la réconciliation, la coexistence et les valeurs de civilisation sur lesquelles l’Union européenne a été construite », a abondé la présidente croate, Kolinda Grabar-Kitarovic, elle aussi membre du Parti populaire européen comme M. Tajani.

De retour lundi à Strasbourg pour la session plénière du Parlement, M. Tajani a été forcé de s’expliquer. Sans s’excuser, l’allié de Silvio Berlusconi a dit être « désolé si [ses] paroles ont été mal comprises ».« J’ai fait référence à l’histoire et à la Dalmatie italienne mais cette référence n’est pas du tout une revendication territoriale. J’ai voulu rappeler les milliers de victimes italiennes qui ont été jetées dans les fosses communes », a-t-il affirmé.

Pas de quoi éteindre vraiment la colère des eurodéputés croates et des Slovènes présents dans l’hémicycle. « Vous savez que la Dalmatie et l’Istrie sont des régions croates qui ont beaucoup souffert de l’occupation italienne et du régime impérialiste. Il est scandaleux que le président du Parlement européen tienne des propos impérialistes », a notamment fustigé l’eurodéputée nationaliste Ruza Tomasic.

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France-Italie : « La crise la plus grave depuis 1945 »

Emmanuel Macron et Giuseppe ConteParis a rappelé son ambassadeur après une ultime « provocation » d’un ministre. Analyse d’une décision inédite depuis 1940.

Cette fois, le gouvernement italien a franchi une ligne rouge. La France a rappelé ce jeudi son ambassadeur en Italie pour « des consultations » après une série de « déclarations outrancières » et « d’attaques » sans « précédent » de responsables italiens, a annoncé jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles (antisystème), et Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême droite), tous deux vice-Premiers ministres italiens, multiplient les attaques frontales contre Emmanuel Macron et contre la France depuis plusieurs semaines. Dernière « provocation » en date pour Paris, mardi, Luigi Di Maio s’est rendu sur le sol français pour rencontrer des gilets jaunes et réitérer son soutien au mouvement.

Après avoir jugé les propos « excessif » et déclaré qu’il ne voulait pas lancer dans un « concours du plus bête », le gouvernement français a donc décidé de taper du poing sur la table en rappelant son ambassadeur. Une décision inédite depuis 1940 et qui, selon Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, spécialiste de la vie politique italienne, constitue une crise « gravissime », « la plus grave entre la France et l’Italie depuis la seconde guerre mondiale ».

L’EXPRESS : La France a évoqué des attaques « sans précédent » de la part de l’Italie. Peut-on parler de crise inédite ?
Marc Lazar : Dans les relations franco-italiennes, et même entre les six pays fondateurs de l’Europe en 1957, oui, c’est totalement inédit depuis 1945. Nous avons connu d’autres crises, comme en 1945 quand le général de Gaulle avait voulu s’emparer du Val d’Aoste et envoyé des troupes dans l’Italie libérée, ou encore en 1995 lorsque la France avait repris ses essais nucléaires et que l’Italie avait voté une motion de condamnation à l’ONU.

Mais tout cela se résolvait assez vite, rappeler un ambassadeur de France, cela a été fait pour la dernière fois en 1940 lorsque Mussolini a déclaré la guerre à la France. Une étape très importante a été franchie ce jeudi. C’est totalement inédit depuis et c’est gravissime. C’est la crise politique la plus grave entre la France et l’Italie depuis la seconde guerre mondiale.

Comment expliquer que la France ait pris cette décision ?
Pour le Quai d’Orsay, l’Italie a manifestement franchi une ligne rouge. La crise couvait depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel, en juin 2018. Les attaques sont d’abord venues de la France, dès juin 2018, quand Emmanuel Macron avait dénoncé les populistes en visant, notamment, Luigi Di Maio et Matteo Salvini. Plusieurs ministres français avaient aussi eu des déclarations assez rudes à l’égard de l’Italie, qui ne s’était d’ailleurs pas privée de répondre.

Puis, depuis quelques mois, la France avait décidé de faire le dos rond, de ne pas répondre aux polémiques. Plusieurs ministres, et Emmanuel Macron lui-même, ont récemment déclaré qu’ils laissaient passer les provocations des ministres italiens.

Mais là, c’était difficile pour le gouvernement français de laisser passer ce qu’a fait Luigi Di Maio mardi. Un ministre d’un gouvernement de l’Union européenne, vice-Premier ministre de son gouvernement, est venu sur le sol français sans même prévenir les autorités françaises, ce qui est contraire à toutes les traditions, et s’est affiché sur les réseaux sociaux avec des gilets jaunes qui appellent à se soulever contre Emmanuel Macron. C’était un acte diplomatique particulièrement violent.

Pourquoi Luigi Di Maio et Matteo Salvini ciblent-ils autant la France dans leurs déclarations ?
Il y a bien sûr le contexte des élections européennes qui joue. Pour Di Maio et Salvini, les gilets jaunes sont un levier pour accentuer la pression du peuple contre l’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Les dissensions au sein du gouvernement italien jouent aussi : le gouvernement de coalition se heurte à plusieurs motifs de discordes internes, et rien n’est plus facile que de désigner un adversaire commun, qu’Emmanuel Macron incarne parfaitement.

Les motifs de discorde entre la France et l’Italie sont également nombreux, comme la situation en Libye  considérée comme une zone d’influence italienne depuis l’intervention de la France en 2011, ou encore la crise des migrants. Les ministres italiens n’ont de cesse de dénoncer l’intrusion des gendarmes français sur le territoire italien pour contrôler les papiers dans les trains.

Sans oublier, et c’est un fait relativement nouveau, que le sentiment anti-Français grandit considérablement en Italie. Historiquement, l’Italie a un rapport d’affection, d’empathie, voire d’admiration à l’égard de la France, mais aussi d’exaspération, d’énervement, et d’arrogance. Toutes les enquêtes d’opinion montrent aujourd’hui que la personnalité étrangère la plus rejetée par les Italiens, c’est Emmanuel Macron. Les Italiens ont beaucoup l’impression que la France « fait son marché » en Italie, et fait preuve d’impérialisme économique. Di Maio et Salvini soufflent sur ce sentiment anti-Français, là encore dans la perspective des européennes.

Que peut-il se passer après le rappel de l’ambassadeur français ? Quelle forme peut prendre cette crise ?
Rappeler l’ambassadeur est à la fois, pour le gouvernement français, un moyen de se montrer comme un rempart aux populistes, et un moyen d’envoyer un message au président du conseil italien, Giuseppe Conte, silencieux jusqu’ici, pour lui demander de jouer les intermédiaires et de faire prendre conscience à Luigi Di Maio et Matteo Salvini qu’il faut baisser le ton.

La balle est dans le camp de l’Italie mais, quelle que soit sa réaction, il ne faudra pas que les responsables politiques oublient que la relation franco-italienne n’est pas que politique et diplomatique. Ils sont aussi le 2e partenaire économique et commercial l’un de l’autre et il existe d’énormes collaborations culturelles, éducatives, etc … entre Rome et Paris. Il ne faudrait pas que cette crise diplomatique ait des répercussions sur cette relation.

La marge de manœuvre du gouvernement français sera assez limitée désormais. Il voudra sans doute éviter de durcir encore sa position et risquer de créer une solidarité entre la Hongrie, la Pologne et l’Italie. Ces pays ont des désaccords très importants qui bloquent pour l’instant la consolidation d’un mouvement populiste européen. Le sentiment anti-Français pourrait bien devenir un ciment entre ces gouvernements, ce qui rend la manœuvre diplomatique très risquée pour Emmanuel Macron.

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L’incroyable offre d’Airbnb pour profiter de trois mois de vacances gratuites en Italie

vacance italieLa société Airbnb a lancé un appel à candidatures insolite : elle recherche quatre volontaires pour passer trois mois tous frais payés à Grottole, un petit village dans le sud de l’Italie.

Vivre la dolce vita sans débourser un euro, c’est le cadeau que vous offre Airbnb. Selon le site 7sur7.be, la plateforme communautaire de location de logements entre particuliers propose de vous payer vos vacances en Italie. La seule condition ?  Vivre comme un habitant local dans le petit village italien de Grottole. Le site a créé un partenariat avec l’ONG Wonder Grottole pour son projet « The Italian Sabbatical », comprenez « congé sabbatique italien ».

Son objectif est de revitaliser le centre historique de la petite commune du sud du pays qui s’est peu à peu vidée de ses habitants, en choisissant quatre personnes logées gratuitement durant trois mois. En pratique, pendant ce trimestre de farniente et de découverte sous le soleil de l’Italie, les quatre heureux touristes doivent à leur tour faire partager leur connaissance de la ville à de nouveaux arrivés.

« En tant que co-hôtes sur Airbnb, ils accueilleront les invités dans une belle chambre à coucher au centre communautaire local ou dans une maison traditionnelle au centre du village […] Ils montreront également aux visiteurs les savoir-faire traditionnels comme la culture maraîchère, la récolte du miel, la fabrication de pâtes et la production d’huile d’olive », détaille Airbnb, parrain du projet, dans un communiqué. Les quatre nouveaux chanceux aux vacances sponsorisées Airbnb vont devoir apprendre les us et coutumes de leur nouveau lieu de villégiature.

Plus que 300 habitants pour 600 maisons vides
Le village situé dans la province de Matera, en Italie méridionale, ne compte plus que 300 habitants pour 600 maisons vides. « Notre rêve est de repeupler le centre historique. Dans dix ans, nous aimerions voir un village plein de gens de cultures différentes parfaitement intégrés à la communauté locale », ajoute Silvio Donadio, fondateur de Wonder Grottole. Il espère que les vacanciers tomberont amoureux de la qualité de vie du village et finiront par s’y installer.

« Il n’y a pas de circulation, pas de chaos, pas de pollution, de la bonne nourriture, et surtout, des gens accueillants », assure un producteur local. Pour attirer les vacanciers et les inviter à postuler, Airbnb a confectionné une petite vidéo les invitant à apprendre à parler et à cuisiner italien et à faire du bénévolat pour la communauté dans le potager en tant qu’hôte d’Airbnb. Pour tenter de faire partie des heureux élus, un formulaire en ligne est à remplir, en détaillant vos motivations pour profiter du « congé sabbatique italien » et peut-être aider à terme la communauté locale à insuffler une nouvelle vie dans son centre historique.

L’escapade des quatre volontaires aura lieu entre juin et août 2019
L’escapade des quatre volontaires aura lieu entre juin et août 2019.  Geo.fr précise que le projet « The Italian Sabbatical » s’inscrit dans un partenariat plus large établi entre Airbnb et la fondation Matera Basilicata 2019 pour promouvoir l’engagement des voyageurs qui visitent Matera reconnue capitale européenne de la culture pour cette année.