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Thé : les alternatives sans théine

théConnaissez-vous le rooibos, le chai, ou encore le sobacha ?

Ces boissons sont couramment assimilées à des thés. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement parlé. Ce sont des boissons sans théine et originaires des quatre coins du monde.

« Thé rouge », « thé de sarrasin », « thé chai »… Ils ont l’apparence du thé et en portent même parfois le nom. Comme le thé, ils se consomment sous forme d’infusion, peuvent être cueillis et transformés selon les mêmes procédés et leur goût en est parfois proche. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement dit.

Les thés, qu’ils soient verts, blancs ou noirs, sont issus des feuilles d’une même plante, le Camellia Sinensis, couramment appelée le théier. Une plante qui contient naturellement de la théine, un alcaloïde aux vertus dynamisantes et stimulantes. Théine ou caféine, il s’agit en réalité de la même molécule.

De plus en plus de consommateurs sont à la recherche de boissons alternatives, dépourvues de théine ou caféine. Il existe bien évidemment les tisanes que l’on consomme le plus souvent après diner, mais quelles sont les autres alternatives ?

En Afrique du Sud, au Japon ou en Inde, les populations locales ont adopté des boissons chaudes qu’elles assimilent volontiers à des thés, mais sans théine. On prête à ces boissons des vertus dynamisantes, antioxydantes et même diurétiques, comme le thé.

En Afrique du Sud avec le rooibos
Le rooibos est surnommé le « thé rouge ». Mais ne vous fiez pas à cette appellation : il ne contient pas de théine. Il est élaboré à partir de feuilles et fleurs d’un arbuste sud-africain séchées, fermentées puis infusées. « Rooibos » signifie « buisson rougeâtre » en afrikaans. Vous le remarquerez au cours de son infusion, le rooibos dégagera une légère couleur rouge, brune.  À la clé : une boisson au goût épicé, proche du thé noir.

Quelles sont ses vertus ?  Le rooibos est riche en flavonoïdes qui facilitent la digestion. Il contient également de nombreux minéraux : cuivre, fer, potassium, calcium, fluorure, zinc …  Riche en zinc, le rooibos aiderait également à traiter les maladies de peau comme l’eczéma.

Comment le consommer ?   Le rooibos peut être consommé tout au long de la journée, chaud, froid ou même glacé. Vous pouvez y ajouter de fines rondelles de gingembre frais ou encore une rondelle de citron. Aromatisé ou nature.

Où le trouver ?  Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Au Japon avec le sobacha
Le sobacha est une boisson traditionnelle japonaise. En japonais « soba » signifie « sarrasin », et « cha » signifie « thé ». Un « thé de sarrasin », pourtant, cette boisson ne contient pas de théine. Le sobacha est obtenu à partir de graines de sarrasin, aussi appelées graines de kasha, torréfiées puis infusées dans de l’eau chaude.

Quelles sont ses vertus ?  Le sarrasin est une céréale sans gluten et très digeste, riche en protéines végétales et en nutriments. C’est une excellente source de magnésium et de cuivre.

Comment le consommer ?  Le sobacha peut être bu chaud ou froid.
Où le trouver ?   Certaines boutiques et sites spécialisés proposent à la vente des grains de sarrasin concassés grillés, prêts à être infusées directement dans de l’eau chaude. Vous pouvez également faire torréfier à la poêle des graines de sarrasin décortiquées.

En Inde avec le chai
Le chai est une véritable boisson nationale en Inde. En hindi, « chai » signifie « thé ». Ce thé indien est traditionnellement élaboré à partir d’un mélange de thé noir, de lait et d’épices : de la cannelle, de la cardamome, du gingembre, des clous de girofle, du poivre noir… Mais il se décline également sans thé, donc sans théine.

Quelles sont ses vertus ?   Sa forte teneur en épices en fait une boisson riche en antioxydants, qui boostera votre énergie ainsi que votre système immunitaire.

Où le trouver ?   Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Comment le consommer ?  Avec ou sans thé, avec ou sans lait, à chacun sa recette de « chai ».

Des infusions dynamisantes
Certaines plantes ou racines ont des vertus dynamisantes. Misez sur l’ortie, le romarin, le thym, le gingembre fraichement râpé, la menthe poivrée, ou encore les racines de pissenlit ou de réglisse. Pour une combinaison réussie, associez-les à du citron ou à des épices.  Faites infuser dans de l’eau chaude. Vous obtiendrez une boisson réconfortante qui boostera votre énergie.

Où les trouver ?  Vous pouvez également acheter dans le grand commerce et dans les boutiques bio des synergies de plantes aux vertus dynamisantes, en sachet ou en vrac, et de préférence bio.

Un thé « déthéiné »?
Petite astuce : vous pouvez facilement « déthéiner » votre thé traditionnel. Il suffit de le laisser infuser environ 30 secondes, de jeter cette eau puis de le faire infuser de nouveau. En effet, plus l’infusion est longue plus le thé sera riche en théine. Ce procédé devrait ainsi éliminer plus de la moitié de la théine, tout en conservant les saveurs de votre thé.

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A quel âge les Européens partent-ils en retraite ?

retraiteDepuis quelques jours, la question de l’âge de départ en retraite est de nouveau au centre du débat politique, suite à des propos tenus par la ministre Agnès Buzyn. L’occasion de comparer la France à ses voisins européens.

Le 17 mars, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn expliquait ne « pas » être « hostile » à l’idée de retarder l’âge de départ en retraite, n’excluant pas de « proposer un allongement de la durée de travail ». Elle a été, entre temps, démentie par le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

Et a elle-même retropédalé affirmant qu' »aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée ». Au final, cette cacophonie aura probablement conduit les Français à en conclure que la future réforme, même si elle maintient l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans, visera à les faire travailler au-delà en rendant financièrement attractif leur maintien dans la vie active.

Il est vrai que, sur le seul plan de l’âge légal, la France fait partie des pays les plus généreux de l’Union Européenne. Elle fait quasiment jeu égal avec Malte (entre 62 et 63 ans) et la Slovaquie (62 ans et 4 mois). Et n’est devancée que par la Suède, où l’âge légal a été maintenu à 61 ans.

ue retraite

Sauf que le cas de la Suède illustre bien la façon dont l’incitation à travailler plus longtemps peut conduire les salariés à faire valoir leurs droits à la retraite bien après l’âge légal. Quand on regarde l’âge effectif moyen de départ à la retraite des hommes (qui représentent la majorité des travailleurs) au sein de l’Union Européenne, les Suédois apparaissent comme ceux qui jouent le plus les prolongations. En moyenne, ils prennent leur retraite à 66 ans, cinq années donc après l’âge légal. Ce qui les classent aussi parmi les trois pays européens où les salariés prennent leur retraite le plus tard. Ils arrivent juste derrière les Roumains (68 ans) et les Portugais (69 ans).

La France, l’un des pays où l’on part le plus tôt en retraite ?
Même si l’âge légal de départ à la retraite est à 62 ans, la France n’est pas le pays où les salariés terminent le plus tôt leur carrière professionnelle. En 2018, selon les données de la CNAV, l’âge moyen de départ effectif est passé à 62 et 8 mois. Plus tardivement donc qu’en Espagne (62 ans) ou qu’en Grèce (61 ans). Le record étant détenu par le Luxembourg (un peu moins de 60 ans).

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A l’échelle mondiale, l’Europe est loin d’être le continent où l’ont part le plus tard en retraite..

La Corée du Sud, championne des retraites tardives
Voici le top 5 des pays où les hommes travaillent le plus longtemps dans le monde :
– Corée du Sud : 72,9 ans
– Colombie : 72,5 ans
– Mexique : 71,8 ans
– Japon : 70,6 ans
– Chili : 70,4 ans

Bien que minoritaires dans la population actives, les femmes coréennes travaillent encore plus que les hommes : elles prennent en moyenne leur retraite à 73,1 ans, bien plus tard que les Japonaises (69,3 ans) et les Roumaines (67,4 ans).

Ces données se basent sur celles fournies par le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS), datant de juillet 2018.

Ces données se basent sur celles de l’OCDE, datant de 2017 et portant sur la moyenne observée depuis 2011.

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Dans quels pays du monde est-on en meilleure santé ?

santéCette année, l’Espagne se place en tête du classement Bloomberg des pays où l’on est en meilleure santé. Derrière les pays méditerranéens et scandinaves, la France se hisse péniblement en 12e position.

L’Espagne détrône désormais l’Italie au rang de pays où la population est en meilleure santé au monde, selon l’édition 2019 de l’index de Bloomberg. Outre la première place, six pays européens se trouvent parmi le top 10.

Le groupe financier américain Bloomberg a passé au crible 169 pays du monde grâce aux données recueillies par les Nations Unies. Ce classement, publié ce dimanche, se base sur l’espérance de vie, les causes de décès, l’accès à une eau de qualité ou encore la pratique d’une activité physique par les habitants de chaque pays. Elle prend également en considération le tabagisme, l’obésité ou les services de santé publique.

La France, 12e au classement
L’Italie est donc cette année en deuxième position derrière l’Espagne qui s’est hissée à la tête du classement, en gagnant pas moins de 5 places par rapport au précédent classement, de 2017. Vient ensuite l’Islande en troisième position, juste avant la Suisse et le Japon. La France, elle, n’arrive qu’en 12e position, bien qu’elle gagne deux places par rapport à 2017.

La Suède se place elle en 6e position du classement, après l’Australie (7e), qui est suivie de Singapour (8e), de la Norvège (9e) et enfin en dixième position, d’Israël. Le Royaume-Uni est pour sa part 19e de la liste, le Portugal 22e et l’Allemagne en 23e position.

bloomberg

De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada (16e place) se situe bien avant les États-Unis et le Mexique, qui eux, ont dégringolé aux 35e et la 53e place du classement. Aux États-Unis, l’espérance de vie est réduite notamment en raison du nombre élevé d’overdoses de drogue et de suicides.

En bas du classement, parmi les 30 pays du classement les moins bien notés, se trouvent 27 pays d’Afrique subsaharienne. Les trois autres sont Haïti, l’Afghanistan et le Yémen.

Comment expliquer ces résultats ?
L’Espagne détient le record d’espérance de vie de l’Union européenne et la longévité devrait atteindre les 86 ans d’ici 2040, juste devant Singapour et la Suisse, selon l’Institut d’études de la Santé de l’université de Washington.

Les chercheurs américains expliquent que les habitudes alimentaires peuvent aider à comprendre l’état de santé des populations. Le régime méditerranéen des Espagnols et des Italiens, riche en fruits et légumes, fruits secs, herbes aromatiques et huile d’olive, pourrait ainsi expliquer leur longévité. Ce régime est connu pour diminuer les risques d’accidents cardiovasculaires et de maladies d’Alzheimer et Parkinson.

L’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé, quant à lui, a noté une nette baisse du nombre de personnes atteintes de maladies cardiovasculaires et de morts des suites de cancers, ces dix dernières années en Espagne.

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La France n’est pas le plus gros producteur de fromage en Europe

plateau fromageContrairement à ce qu’on pourrait penser, la France n’est pas le plus gros producteur de fromage dans l’Union Européenne. C’est un pays voisin qui trône en tête du classement depuis plusieurs années.

La France n’est pas le plus gros producteur de fromage d’Europe. Et cela n’est pas nouveau : ça fait cinq ans que ça dure selon Eurostat, l’office de statistiques de l’Union Européenne. Malgré l’importance des fromages dans la gastronomie française, nous ne sommes que le deuxième plus important producteur du vieux continent derrière l’Allemagne, qui produisait presque un quart du fromage européen (22%) en 2017.

L’hexagone (18%) se trouve tout de même largement devant l’Italie (12%) et les Pays-Bas (8%).
infographie union europenne

Selon Les Echos, qui s’étaient intéressés à la question dès 2013, de nombreux causes peuvent expliquer cette première place a priori surprenante :

L’Allemagne favorise davantage les grandes exploitations que la France grâce à sa législation, assure le quotidien économique : « les normes pesant sur les installations deviennent très lourdes et donc coûteuses dès que la ferme compte plus de 100 vaches en France, contre 300 en Allemagne ».

La France est dans une logique de la demande, expliquent aussi Les Echos. Elle propose des « petites séries de fromages certes à haute valeur ajoutée mais qui poussent à la hausse les coûts de production et de marketing ».

Contrairement à l’Allemagne, dont l’offre est très peu diversifiée, peu de références, peu de valeur ajoutée mais des bas prix, ce qui faciliterait les exportations. En clair, l’Allemagne privilégie la quantité à la qualité. Une stratégie payante pour vendre plus de produits, à moindre prix.
pays union europenneProduction ne rime pas forcément avec exportation. A ce jeu-là, ce sont toujours nos voisins d’Outre-Rhin qui sont en tête. Selon Eurostat, l’Allemagne exporte presque deux fois plus (1,2 million de tonnes par an) que la France (0,7 million de t.)

Les Pays-Bas dépassent également la France, d’une courte tête (0,9 million de t.). Les Hollandais, célèbres pour leur gouda ou leur édam, sont spécialisés dans les fromages à pâte mi-dure.

L’Italie, quatrième producteur européen, est elle en tête des fromages à pâte dure, comme le parmesan. Mais le pays est également connue pour la mozzarella et le mascarpone.

Les États-Unis : le plus grand amateur de fromages européens
Près de 13% des exportations ont été réalisées en dehors de l’Union Européenne. Les principaux clients sont les États-Unis (17% des exportations), le Japon (11%), la Suisse (7%), la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite (5%).

importateur union europenne

On notera que la Suisse exporte quasiment autant de fromage dans l’UE (52.000 tonnes par an) qu’elle en importe (60.000 t.). Gruyère, fromage à raclette, Tête de Moine : les Helvètes offrent une variété que peu de pays sont capables de proposer.

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Comprendre l’affaire Carlos Ghosn, de son arrestation aux soupçons d’emploi fictif

carlos ghosnLe patron de Renault a été mis en examen au Japon pour trois chefs d’inculpation. Ses demandes de remise en liberté n’ont, pour l’instant, pas abouti.

Dans la soirée du 19 novembre, sur le tarmac de l’aéroport japonais Haneda, l’homme qui se fait arrêter par les agents du procureur de Tokyo n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Carlos Ghosn, le puissant patron du numéro un mondial de l’automobile, Renault-Nissan-Mitsubishi. Son arrestation constitue le point de départ d’un scandale aux lourdes répercussions économiques.

Malgré ses multiples demandes de libération sous caution et l’appel de sa femme à l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch dénonçant ses « rudes » conditions de détention, Carlos Ghosn devrait rester en détention préventive au moins jusqu’au 10 mars, voire jusqu’à la première audience de son procès, qui ne devrait pas se tenir avant six mois.

De quoi est-il accusé ?   Que risque-t-il ?

1) Que lui reproche la justice japonaise ?
Plus de 60 millions d’euros de rémunération sous-évalués. M. Ghosn a été mis en examen une première fois le 10 décembre, au terme d’une première garde à vue de vingt-deux jours, pour avoir minoré ses revenus dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières entre 2011 et 2015. Au total, sur cette première période, le président de Nissan aurait sous-évalué de 5 milliards de yens (37,7 millions d’euros) sa rémunération, qui s’élevait à près de 10 milliards.

Il l’a été de nouveau le 11 janvier pour des faits similaires entre 2015 et 2018 avec un préjudice avoisinant les 4 milliards de yens (30,1 millions d’euros) et pour abus de confiance aggravé.

Le parquet lui reproche d’avoir transféré à Nissan « des pertes sur des investissements personnels » à l’automne 2008. C’était l’époque de la crise financière et de la chute brutale du dollar face au yen. Ghosn, qui avait contracté de manière personnelle des contrats de « swap » de devises  qui permettent de se protéger ou, plus souvent, de spéculer sur la fluctuation des monnaies  auprès de la banque Shinsei, se retrouve alors dans une position périlleuse : ces contrats affichent une perte potentielle de 1,85 milliard de yens (13,9 millions d’euros) et sa banque veut l’obliger à vendre ses actions pour éviter que les pertes ne soient encore plus importantes. Sauf s’il trouve un garant, capable de mobiliser une somme pouvant couvrir les potentielles pertes faramineuses.

Ce qu’il aurait trouvé en la personne de Khaled al-Juffali, un homme d’affaires saoudien, qui aurait débloqué des fonds et se serait porté garant pour le patron de Renault-Nissan. Par la suite, entre 2009 et 2012, 14,7 millions de dollars (12,8 millions d’euros) sont prélevés sur une « réserve du PDG » établie par Nissan et sont transférés en trois fois sur un compte bancaire de Nissan Gulf, que M. Al-Juffali possède en partie.

Devant le juge, le 8 janvier, le dirigeant de 64 ans s’est défendu, assurant être « accusé à tort et détenu de manière injuste ». Concernant toutes les accusations portées, Carlos Ghosn dit avoir agi « avec l’approbation des dirigeants de la compagnie ». Il nie toute dissimulation de revenus et assure que l’argent transféré au milliardaire saoudien n’a aucun rapport avec ses pertes au moment de la crise financière, mais était lié à une rémunération contre services.

2) Que risque Carlos Ghosn pour ces faits ?
Selon le parquet de Tokyo, M. Ghosn risque jusqu’à quinze ans de prison pour ces trois chefs d’inculpation. Nissan est mis en examen en tant que personne morale, aux côtés de Carlos Ghosn et de l’ancien administrateur délégué Greg Kelly, pour la dissimulation d’une partie des revenus de Ghosn aux autorités boursières entre 2010 et 2015.

Mais l’entreprise japonaise pourra obtenir des sanctions réduites, car elle est à l’origine de l’enquête. C’est elle qui avait alerté le parquet en recourant à la nouvelle procédure dite « du plaider-coupable », entrée en vigueur à l’été 2018. Cette dernière permet d’être puni de manière plus clémente, lorsque l’accusé reconnaît les faits.

3) Pourrait-il y avoir d’autres poursuites ?
Les ennuis de Carlos Ghosn pourraient ne pas s’arrêter là. Depuis l’annonce de son arrestation, la presse japonaise fait état d’autres comportements illégaux, listés par Nissan au court d’une enquête interne sur son ancien numéro un.

Soupçons d’emploi fictif
M. Ghosn aurait ainsi fictivement employé Claudine Oliveira, l’une de ses sœurs, pour des activités de conseil d’un montant de 755 000 dollars (660 000 euros) de 2003 à 2016. Dans une lettre en date de mars 2003, ne mentionnant pas leur lien de parenté, le PDG de l’Alliance Renault-Nissan l’informe de son nouveau titre de « conseillère » au sein d’un « global donation advisory council » qui, selon une source proche du constructeur, n’a jamais existé.

Le dossier de Nissan mentionne aussi des donations à des universités libanaises, ou encore une demande de paiement, en 2014, d’un abonnement de yacht-club au Brésil d’une valeur de quelque 63 000 dollars (environ 55 000 euros).

Enfin, mi-janvier, une source proche du dossier révélait que le Franco-Libano-Brésilien aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise codétenue par Nissan et Mitsubishi Motors (NMBV), sans approbation des patrons des constructeurs Nissan (Hiroto Saikawa) et Mitsubishi Motors (Osamu Masuko). A l’origine, ces trois directeurs ne devaient pas recevoir de bonus de la nouvelle entité. Mais, en février 2018, Carlos Ghosn aurait réussi, sans en informer les autres, à se faire engager en tant que salarié de NMBV, ce qui lui permettait de solliciter un bonus d’embauche de 1,46 million d’euros, ainsi qu’un salaire annuel de 5,82 millions d’euros, rapportent Les Echos. Vendredi 18 janvier, les groupes automobiles japonais Nissan et Mitsubishi (NMBV) ont annoncé vouloir récupérer la somme indûment versée, peut-être par le dépôt d’une plainte, a précisé à l’AFP une personne au fait des investigations.

4) Quelles sont les conséquences immédiates de ce scandale ?
Cette arrestation surprise a ébranlé l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, dont M. Ghosn constituait l’un des principaux ciments. Les marchés ont d’ailleurs fortement accusé le coup, l’action de Renault perdant jusqu’à 8 % le jour de l’arrestation de son patron.

Les réactions officielles n’ont pas tardé pour tenter de circonscrire l’incendie. Chez Nissan, le Franco-Libano-Brésilien a été limogé dès le mois de novembre de la présidence du conseil d’administration. Les deux anciens de Renault, Jean-Baptiste Duzan et Bernard Rey, désormais à la retraite, nommés pour représenter les intérêts du groupe français, ont également voté pour la révocation de l’ancien homme fort de la compagnie japonaise.

Idem chez Mitsubishi Motors, le plus petit groupe du trio, avec 1,2 million de voitures vendues par an. Le limogeage de Ghosn a été voté à l’unanimité des sept administrateurs, dont le patron exécutif de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko, qui va prendre la présidence.

De son côté, Renault, qui avait dans un premier temps argué de la présomption d’innocence, s’est officiellement mis en quête d’un successeur le 17 janvier, au lendemain d’un appel de l’État français, premier actionnaire de Renault avec 15,01 % du capital, pour une nouvelle gouvernance. « J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sur LCI.

5) Quelles sont les conséquences à moyen terme ?
L’arrestation de Carlos Ghosn est intervenue alors qu’il devait présenter, dans les mois qui viennent, un projet de rapprochement plus étroit entre Renault et Nissan. Le scandale marque un coup d’arrêt à ce processus. Et redessine, de fait, l’avenir du groupe automobile.

Si l’alliance automobile franco-japonaise résiste au départ de son créateur, de nombreuses questions se posent sur l’équilibre actuel entre les deux sociétés. De longue date, certains au sein du groupe japonais, et notamment le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, déplorent le « déséquilibre » historique au sein de l’alliance entre Nissan et Renault. Le groupe japonais, sauvé en 1999, ne détient que 15 % de Renault, sans droit de vote, tandis que Renault détient 43 % de Nissan.

Certains n’hésitent pas à voir dans la chute de Carlos Ghosn une manière pour le groupe nippon d’accélérer sa montée en puissance au sein de Renault. Mais M. Le Maire a rejeté l’hypothèse que la crise soit un coup monté de dirigeants de Nissan ou d’autres acteurs pour faire éclater l’alliance ou pour provoquer un rééquilibrage en faveur du constructeur japonais. Malgré la crise, le ministre de l’économie français a ainsi assuré que la présidence du géant, fort de 450 000 salariés, allait rester à un Français.

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L’avocat de Carlos Ghosn va demander une libération conditionnelle devant la cour suprême

carlos ghosnSa demande de libération conditionnelle en appel a une nouvelle fois été rejetée par le tribunal de Tokyo ce jeudi

Le PDG de Renault reste derrière les barreaux. La requête de libération sous caution déposée par les avocats de Carlos Ghosn a été rejetée par le tribunal de Tokyo ce jeudi. Son principal avocat a indiqué qu’il allait porter l’affaire devant la Cour suprême.

Carlos Ghosn, incarcéré depuis le mois de novembre pour abus de confiance et autres malversations financières, est actuellement en détention provisoire jusqu’au 10 mars au moins. Une demande de libération sous caution avait déjà été rejetée mardi. Le principal avocat du dirigeant de 64 ans, Motonari Otsuru, avait déposé un recours, mais un deuxième juge a donné raison à son collègue de première instance et au procureur en maintenant le refus d’une libération sous caution.

Carlos Ghosn lâché par la France
« Demain au plus tôt, je déposerai un appel spécial devant la Cour suprême », a réagi dans un courriel adressé à la presse l’avocat. Le tribunal a justifié la détention de Carlos Ghosn par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite. Les procureurs ont argué auprès du juge qu’étant le plus souvent basé à l’étranger, Carlos Ghosn pourrait également être tenté de se soustraire à la justice japonaise.

Le procès de l’ex-magnat de l’automobile, qui risque en théorie jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois. Le tribunal a autorisé les visites de sa famille, en plus de celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, les trois pays dont il est citoyen.

L’État français a officiellement lâché Carlos Ghosn mercredi, en demandant la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile. Il va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président de leurs conseils d’administration dès la fin novembre.

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Renault : l’État demande un successeur à Carlos Ghosn

carlos ghosnLe ministre de l’Économie Bruno Le Maire a demandé ce mercredi 16 janvier la convocation « dans les prochains jours » d’un conseil d’administration de Renault pour désigner un successeur à son PDG Carlos Ghosn, incarcéré au Japon.

« L’État, comme actionnaire de référence, souhaite la convocation du conseil d’administration de Renault dans les prochains jours » pour désigner « une nouvelle gouvernance pérenne », a affirmé le ministre sur LCI.

Mardi, le tribunal de Tokyo a rejeté la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn, dernière tentative infructueuse en date des avocats du PDG de Renault, détenu au Japon pour des malversations financières présumées.

Le tribunal a estimé qu’il y avait un risque de destruction de preuves, a précisé la chaîne de TV publique NHK. Le dirigeant de 64 ans, arrêté le 19 novembre à Tokyo, a fait l’objet vendredi de deux nouvelles inculpations, pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. Dans ce contexte, Carlos Ghosn pourrait rester des mois en prison.