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Affaire Grégory : l’avocat de la famille appelle les « gens qui savent la vérité à briser le silence »

affaire gregoryAprès l’annulation, la semaine dernière, de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, l’avocat des parents de Grégory Villemin demande aux habitants de la vallée de la Vologne de faire « éclore la vérité ».

Saura-t-on un jour la vérité sur l’affaire Grégory, l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France ?  L’avocat de ses parents, en tout cas, ne désespère pas. Invité lundi soir de l’émission L’heure du crime sur RTL, Thierry Moser, a lancé un appel à témoin aux Vosgiens pour faire « éclore la vérité ».

« C’est moralement monstrueux de se taire »
Thierry Moser, qui représente Christine et Jean-Marie Villemin s’est dit « convaincu que dans cette région de Lépanges, il y a des gens qui savent la vérité ». L’avocat a donc lancé un « appel à témoin » : « J’invite ces gens à briser le silence, à sortir du silence et à nous aider à faire éclore la vérité. Parce que je rappelle quand même qu’il s’agit de l’assassinat d’un petit enfant de quatre ans et je dis que c’est moralement monstrueux de se taire alors que peut-être on a des révélations à faire ».

« Crime collectif »
Il a par ailleurs indiqué que ses clients sont persuadés que la mort de leur fils est une œuvre collective: « Nous sommes convaincus, mes confrères et moi, ainsi que Christine et Jean-Marie, que Bernard Laroche a enlevé l’enfant, que Murielle Bolle se trouvait dans le véhicule avec sa belle-sœur au moment de l’enlèvement. » Et d’ajouter : « Nous pensons que nous sommes en présence d’un crime collectif [dont] Bernard Laroche est l’un des rouages ».

L’enquête se poursuit désormais à Dijon. Également interrogé mardi par France info, le représentant des époux Villemin estime que la « combativité » de ses clients doit finir par payer : « Je voudrais que la tragédie de la Vologne fasse partie de ces dossiers dont on dira dans quelques temps que la persévérance a payé, et que la combativité des époux Villemin a été récompensée. »

35 ans d’errements judiciaires
Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt un appel téléphonique anonyme revendiquant l’assassinat. Le lendemain, les parents du petit garçon, Jean-Marie et Christine Villemin, reçoivent la lettre d’un « corbeau » : « J’espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con. »

35 ans plus tard, le nom du ou des assassins n’est toujours pas connu. L’affaire a connu de multiples rebondissements, dont le dernier en date, celui de l’annulation de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, fragilise encore un peu plus une procédure entachée d’errements judiciaires.

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Six ans après, Hayange condamnée pour avoir peint une œuvre en bleu

La commune d’Hayange, en Moselle, a été condamnée à payer 4.000€ pour avoir repeint l’œuf de l’artiste Alain Mila en bleu, en 2014.

L’affaire avait fait scandale en Moselle et était remontée jusqu’à Paris : quelques mois à peine après son élection en 2014, le maire FN d’Hayange, Fabien Engelmann, avait fait repeindre en bleu ciel « l’œuf » de l’artiste Alain Mila, une sculpture en fer et granit qui trônait à deux pas de l’église Saint-Martin depuis 2001. Le but : égayer la ville.

Offusqué par ce qu’il considérait être des provocations de la part du maire (l’œuvre avait ensuite été déplacée sans son autorisation pour être décapée au sein de l’atelier municipal), l’artiste avait réclamé 10.000€ pour préjudice moral. Il s’était d’ailleurs livré dans une tribune, intitulée « Une mairie FN repeint mon oeuvre : ma fontaine est devenue un vulgaire oeuf Kinder. »

Six ans plus tard, la justice a livré son verdict : le tribunal de Nancy a condamné la ville à une amende de 4.000€ pour violation du droit moral de l’auteur et du droit au respect et à l’intégrité d’une œuvre, rapporte le Républicain Lorrain.

Acquis par l’ancienne municipalité socialiste, « l’œuf bleu » avait été déclassé du domaine public par la commune et remplacé par une fontaine d’occasion. Il n’a jamais quitté l’atelier.

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Affaire Gregory : «Nous sommes convaincus que Bernard Laroche l’a enlevé»

L’avocat des parents du petit Grégory, tué en octobre 1984 dans l’est de la France, lance un appel à témoins. «Il y a des gens qui savent la vérité», estime-t-il.

Un nouvel épisode est venu s’ajouter la semaine dernière à l’interminable affaire Grégory, cet enfant de 4 ans retrouvé mort dans la Vologne en octobre 1984. Jeudi dernier, la cour d’appel de Paris annulait la garde à vue de Murielle Bolle, qui avait été entendue alors qu’elle n’avait que 15 ans. Il était notamment reproché aux gendarmes de l’avoir interrogée sans la présence d’un avocat et de ne pas lui avoir notifié son droit au silence. La chambre de l’instruction de la cour d’appel n’a en revanche pas annulé les déclarations de l’adolescente.

murielle bolleLors de ce fameux interrogatoire, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d’avoir kidnappé le garçonnet en sa présence. Elle avait ensuite répété ses propos devant le juge d’instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. La rumeur continue cependant d’affirmer qu’en réalité, la jeune fille avait été violentée par sa famille après ses aveux. Et que c’était par peur qu’elle aurait finalement décidé de se rétracter. Depuis ce spectaculaire revirement, Murielle Bolle ne cesse de clamer l’innocence de Bernard Laroche, abattu par le père de Grégory en 1985.

«Moralement monstrueux de se taire»
La décision de la cour d’appel de Paris n’a pas entamé la persévérance des époux Villemin, Jean-Marie et Christine, les parents du petit garçon. Au contraire, ils sont satisfaits que l’enquête ne soit pas bloquée et qu’elle puisse suivre son cours. Interrogé par RTL, leur avocat s’en remet aux personnes susceptibles de pouvoir les aider : «Je lance un appel à témoin. Je suis convaincu que dans cette région de Lépanges, il y a des gens qui savent la vérité et j’invite ces gens à briser le silence», indique Me Thierry Moser. L’avocat ajoute estime qu’il est «moralement monstrueux de se taire alors que peut-être on a des révélations à faire».

Le représentant des Villemin ne s’en cache pas : ses clients et lui-même sont persuadés que Murielle Bolle avait dit la vérité lors de sa garde à vue. «Nous sommes convaincus que Bernard Laroche a enlevé l’enfant et que Murielle Bolle se trouvait dans le véhicule au moment de l’enlèvement», affirme-t-il, évoquant un «crime collectif». L’avocat indique cependant qu’il ne compte pas insister pour que Murielle Bolle soit à nouveau mise en examen. «Nous pensons que (cette) gamine de 15 ans a pu ne pas réaliser que Laroche participait à la commission d’un crime», estime Me Moser.

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Les Américains profondément divisés sur la question de la destitution de Donald Trump

Donald TrumpLundi, CNN a publié un sondage montrant qu’alors que le procès en destitution de Donald Trump débute ce mardi au Sénat, l’opinion américaine est très partagée, parcourue de nombreuses fractures.

L’événement, solennel et compassé, apparaît pourtant comme le point d’orgue d’un mandat et d’une législature empreints d’une certaine extravagance. Ce mardi, le procès en destitution de Donald Trump débute au Sénat des États-Unis. A dix mois de l’élection présidentielle, il est accusé par la chambre haute, qui récupère le dossier des mains de la Chambre des Représentants, d’avoir fait pression sur l’État ukrainien, moyennant un chantage autour d’une aide militaire, pour qu’il ouvre une enquête sur Joe Biden, possible obstacle démocrate sur la route de sa réélection. A cet abus de pouvoir supposé s’ajoute le chef d’entrave à la bonne marche du Congrès, l’opposition reprochant à Donald Trump d’avoir empêché la venue de témoins devant la chambre basse.

Électorat contre électorat
L’aventure présidentielle de Donald Trump a toutefois fort peu de chances, pour ne pas dire aucune, de tourner court au sein d’un Sénat dominé par « ses » Républicains. L’enjeu est ailleurs et réside dans la bataille de l’opinion. Le sondage de SSRS commandé par la chaîne CNN a cherché à explorer cette dernière et il en ressort l’image d’un électorat très partagé autour des questions soulevées par cette procédure, qui connaît ici sa troisième édition dans l’histoire américaine.

51% des Américains souhaitent que le Sénat condamne le président des États-Unis et l’expulse de fait de la Maison Blanche, tandis que 45% rejettent une telle éventualité. Ces 51% de détracteurs se composent bien sûr d’ensembles très dissemblables. Quand les sympathisants démocrates plébiscitent la première option à hauteur de 89% d’entre eux, seuls 8% des partisans des Républicains les rejoignent en canon. Les non-alignés, ou « indépendants » dans la langue politique américaine, sont bien embêtés : 48% verraient d’un bon œil le départ de Donald Trump et 46% s’opposent à une condamnation.

Césures
Les césures sont nombreuses. Elles ressemblent parfois à des fractures, notamment lorsqu’on considère l’aspect social et scolaire de l’affaire. A titre d’exemple, lorsque 44% des Américains blancs diplômés soutiennent une fin anticipée du mandat de Donald Trump, ils ne sont plus que 27% à appuyer cette perspective parmi leurs pareils dépourvus d’un diplôme universitaire.

Comme le montre la mention de la couleur de peau du personnel considéré ci-dessus, le clivage est aussi fonction de l’appartenance ethnique. Ainsi, 86% des Américains noirs ont donné de la voix pour pousser Donald Trump vers la sortie, comme 65% des hispaniques mais le score passe à 42% au sein des Américains blancs. Femmes et hommes rendent aussi un avis différent. 59% des premières approuvent l’idée d’une condamnation contre 42% de ces derniers.

La turbulence est accueillie diversement suivant les âges également. 56% des individus évoluant sous une barre fixée à 45 ans prônent aussi une défaite de Donald Trump devant le Sénat, alors que 50% des personnes se situant au-dessus de ce seuil veulent écarter cette possibilité.

La question des témoins
Plusieurs consensus se dégagent en revanche sur le fond. Ainsi, 58% des Américains jugent que leur président a bien abusé de son pouvoir pour obtenir un bénéfice politique personnel dans ses échanges avec le président ukrainien et ils sont encore 57% à l’accuser d’avoir entravé les travaux des Représentants. Se pose alors la question de la réception de nouveaux témoins au Sénat. Pour 69% des sondés, oui, le Sénat devrait pouvoir auditionner des personnalités n’ayant pour le moment pas été sommées de livrer leurs explications devant les institutions. Les sénateurs démocrates ont besoin de faire basculer quatre de leurs homologues républicains pour lancer les convocations.

Or, c’est là que ça se gâte. Interrogé à ce propos, l’électorat républicain rétorque, à hauteur de 48%, qu’il veut voir de nouveaux témoins, et à 44% qu’il ne veut pas en entendre parler. Enfin, y a-t-il lieu de tirer de cette enquête d’opinion des enseignements quant à la température des citoyens dans les États qui s’annoncent les plus disputés dans dix mois ?  Si on prend les 15 États où l’écart séparant Donald Trump d’Hillary Clinton en 2016 était de huit points ou moins, on constate que deux blocs d’égale force se font face: 49% contre 49%.

Sondage conduit pour CNN par SSRS, du 16 au 19 janvier, au sein d’un panel national de 1156 adultes contactés sur leur ligne fixe ou leur portable par un intervieweur. Les résultats comportent une marge d’erreur de plus ou moins 3,4 points.

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Bernard Tapie : les matchs de sa vie

BFMTV a diffusé ce lundi soir son nouveau long reportage intitulé « Bernard Tapie : les matchs de sa vie » dans l’émission « Ligne Rouge ». Un reportage qui retrace la ou plutôt les vies de l’homme d’affaires, de vendeur de télé à ministre.

Bernard Tapie

« Il n’y a pas un scénariste au monde qui oserait écrire un scénario aussi fou que tout ce qui est arrivé à Bernard. » Le réalisateur Claude Lelouch est bien placé pour livrer un aperçu de la vie de Bernard Tapie, lui qui l’a fait tourner dans son premier film et qui le retrouvera une nouvelle fois au cinéma, dans ce qui pourrait être sa dernière œuvre. L’homme d’affaires lutte depuis des années contre un double cancer de l’œsophage et de l’estomac, le dernier combat d’une vie, ou plutôt de ses vies.

En 1966, Bernard Tapie a 23 ans, et se fait surnommer Bernard Tapy (prononcer Tapaille). Le jeune homme s’essaie à la musique, trois 45 tours plus tard, il abandonne. Loin de déprimer, il se lance dans une nouvelle aventure : la vente de télévision. Le commerce, une vocation pour Bernard Tapie, originaire d’un milieu ouvrier, qui rencontre ses premiers succès en faisant du porte-à-porte. Rapidement, il ouvre un magasin près de la Gare de l’Est. L’entrepreneur Tapie est lancé.

« Ce sont des origines modestes. J’ai connu le père et la mère. La maman c’est un personnage formidable et très important. Elle était en admiration devant son fils. Quand vous êtes aimé comme il a été aimé par sa maman, il n’y a rien qui vous arrête, confie Benoît Bartherotte, ancien ami de Bernard Tapie. Il vendrait une bouse à une vache. »

Le « chasseur »
La première bataille de Bernard Tapie est celle de l’argent. « Avec un avocat, qui n’est autre Jean-Louis Borloo, ils mettent au point un système par lequel ils rachètent les sociétés décrépites ou en presque faillite » détaille Denis Demonpion, journaliste, auteur de « Tapie-Sarkozy : les clefs du scandale« . L’homme d’affaires a également des contacts au tribunal de commerce qui lui fournissent les bonnes informations. La Vie Claire, Teraillon, Testut, plus qu’un entrepreneur ou un manager, Bernard Tapie se fond en « chasseur », à la recherche de la bonne affaire.

« Ce qu’il a compris dans la vie c’est qu’il fallait racheter une marque et que le potentiel et la notoriété de la marque étaient plus importants que tout le reste », note Christophe Bouchet, auteur de « L’aventure Tapie ».

Une recherche de notoriété qu’il pousse jusqu’à lui-même pour imposer la marque Tapie. Car à travers ses activités, Bernard Tapie recherche la lumière. Une nouvelle expérience musicale, des apparitions dans les émissions-phare des années 80, puis une tentative de battre le record de la traversée de l’Atlantique à la voile. Au cœur de ces activités, si diverses qu’elles soient, un point commun: la rage de réussir. Il y parviendra en 1985 avec son équipe de cyclisme La Vie Claire. Cette année-là, sous les couleurs de cette équipe, Bernard Hinault remporte son cinquième Tour de France.

« Le fait que le patron vienne manger à la même table, et qu’il n’était pas trois tables plus loin en train de manger du caviar ou du foie gras, pour nous c’était très bien. Il n’y avait pas la différence entre les champions et les équipiers », raconte le champion.

La réussite au cœur de la méthode
La méthode Tapie fonctionne également avec l’Olympique de Marseille qu’il rachète en 1986. « Cet homme aurait pu être un gourou, tellement il était fort dans tout ce qui est relation humaine et tirer le maximum des gens, se souvient Eric Di Meco, ancien joueur de l’OM. (…) Il nous mettait une telle pression, il était tellement malin dans ce qu’il nous disait avant le match qu’on était motivé. Quand il n’était pas là, c’était le Club Med. » Preuve de cette réussite qu’il met en scène : la victoire de son club en Ligue des Champions, le seul club français encore détenteur de ce trophée à ce jour.

A Marseille, l’homme d’affaires est adulé, mais regarde plus haut. Et le pouvoir lui fait du pied. « Il y a une forme de respect de l’animal chez Tapie, et réciproquement chez François Mitterrand séduit par le fauve, l’animalité », décrypte Christophe Bouchet. En 1988, Bernard Tapie est candidat aux Législatives à Marseille. Une nouvelle aventure loin de l’effrayer. « J’étais pas surprise, j’étais horrifiée, se souvient Noëlle Bellone. Horrifiée parce que déjà je n’avais pas été embauchée pour ça, et puis je lui dis ‘Bernard, pourquoi moi ? J e n’ai pas l’habitude des campagnes électorales.’ Lui d’ailleurs non plus. »  « Il me dit ‘mais Noëlle c’est comme gagner une entreprise, un business plan, il faut qu’on gagne' », ajoute la secrétaire générale du groupe Bernard Tapie.

L’affaire VA-OM : le début de la chute
En politique aussi, le businessman prend le dessus, sa méthode fonctionne encore. Après l’Assemblée nationale en 1989, Bernard Tapie fait son entrée au gouvernement en 1992 lorsqu’il est nommé ministre de la Ville. Dans le même temps, une enquête est ouverte pour des soupçons de truquage du match Valenciennes-OM. Pas de quoi ébranler le « fauve » dont les combats vont glisser sur le terrain de la justice.

« Il a fait irruption dans mon bureau, en m’expliquant qu’il était un peu en retard, qu’il venait de quitter le président de la République, se souvient Eric De Montgolfier, ancien procureur de Valenciennes. Il a brossé le décor. Il y a quelques phrases qui me reviennent encore parce que c’était un peu grossier comme procédé. ‘Un homme comme vous, dans un si petit poste, vous méritez mieux’. Il cherchait manifestement à m’impressionner. »

La tentative de pression ne fonctionne pas et Bernard Tapie sera finalement condamné à 8 mois de prison ferme. Incarcéré, il ne perd pas de son aura, comme se rappelle Jacques Séguéla. Le publicitaire entend encore les « Allez l’OM, Allez Tapie », scandés par les autres détenus quand il venait voir Bernard Tapie au parloir. Mais les ennuis s’accumulent et il est également condamné pour abus de biens sociaux, fraude fiscale, faux et usage de faux. Au point que depuis cette époque, le nom de Bernard Tapie réapparaît régulièrement dans les pages « justice » des journaux.

Il s’agit du plus long combat de sa vie. En 2008, après une procédure d’arbitrage controversée pour trancher le dossier de la vente d’Adidas au Crédit Lyonnais, Bernard Tapie touche 403 millions d’euros dont 45 millions d’euros au titre de préjudice moral. Loin de se faire discret, Bernard Tapie rachète le quotidien La Provence, dépense beaucoup d’argent : un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, une villa à Saint-Tropez ou encore un yacht de luxe. « Il est irrécupérable, il est trop grave », se dit alors Benoît Bartherotte, son ancien ami.

Sa bataille contre le cancer
Pour gagner cette bataille, Bernard Tapie est soupçonné d’avoir manœuvré au plus haut niveau de l’Etat. Cette année encore, l’affaire a fait reparler d’elle. En mars dernier, Bernard Tapie était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris. Accusé « d’escroquerie » et de « détournement de fonds publics », il a été relaxé en juillet dernier. Une décision qui clôt une nouvelle étape car le parquet a fait appel. Le prochain round, Bernard Tapie promet de l’aborder avec autant de combativité.

« C’est un bagarreur, rappelle Pierre Arditi, qui a tourné avec lui dans Hommes, femmes : mode d’emploi. La faucheuse elle va avoir fort à faire j’espère même qu’elle va s’en prendre plein la guerre et que mon petit camarade lui fera un pied de nez l’heure venue. » Car Bernard Tapie lutte depuis 2017 contre un double cancer. Soigné à Marseille, il est traité par MRIdian, une machine à la pointe de la technologie. « Ce qui m’a frappé chez lui, c’est son élan vital qu’on voit chez tous les patients qui sont atteints d’une grave maladie. Il a décidé que la maladie ne l’abattrait pas », juge le professeur Patrick Bacqué, doyen de la faculté de médecine de Nice.

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Carlos Ghosn réclame de l’argent à Renault

Carlos GhosnLe patron déchu a lancé une procédure pour réclamer une indemnité de départ, une retraite chapeau et 15 millions d’euros d’actions à son ancien employeur.

L’ancien patron de Renault Carlos Ghosn, qui a fui le Japon où il est poursuivi pour malversations, a saisi en référé les prud’hommes pour réclamer le paiement de son indemnité de départ en retraite, selon des sources concordantes confirmant lundi une information du Figaro. Une audience est prévue «fin février». Le litige porte sur le versement d’une indemnité de départ en retraite de 249 999,99 euros. Cette somme ne lui a pas été versée par Renault au motif que Carlos Ghosn aurait démissionné de l’entreprise fin janvier 2019, alors qu’il était encore en prison au Japon.

Mais l’ancien patron, actuellement au Liban, assure avoir quitté l’entreprise sans démissionner, afin justement de faire valoir ses droits à la retraite, alors qu’il était de fait empêché de diriger le groupe. «Compte tenu notamment de son arrestation au Japon en novembre 2018, Carlos Ghosn, s’est vu contraint, le 23 janvier 2019, d’informer Renault de sa décision de quitter définitivement l’entreprise, afin de prendre sa retraite», affirme sa défense.

Au printemps 2019, il a d’ailleurs fait les démarches pour liquider ses droits. «Il bénéficie du versement de cette pension depuis le 1er juin 2019», a-t-on précisé de même source. «Or, en dépit de ses demandes répétées auprès de Renault, son indemnité de départ en retraite ne lui a toujours pas été versée, plus de 10 mois après» son départ.

«J’ai des droits vis-à-vis de Nissan, vis-à-vis de Renault, qui n’ont pas été respectés, et je compte bien les réclamer en justice», avait prévenu Carlos Ghosn mercredi dernier. Dans son entourage, on précise qu’une autre procédure, cette fois auprès du tribunal de commerce, est envisagée pour obtenir sa «retraite chapeau» d’un montant brut de 774 774 euros par an, ainsi que 380 000 actions de performances. Ces titres, attribués de 2015 à 2018 sous condition de présence dans l’entreprise quatre ans plus tard, sont évaluées à environ 15,5 millions d’euros au cours actuel de l’action Renault.

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L’artiste Alain Mila obtient gain de cause sur sa sculpture repeinte en bleu à Hayange

Affaire de la sculpture d’Hayange, repeinte sans le consentement de l’artiste: Alain Mila obtient gain de cause

En 2001, réalisation de l’oeuvre.
L’artiste Alain Mila, aujourd’hui installé à Léojac (82), vivait dans les années 2000 à Hayange, en Moselle. La ville souhaite installer une sculpture dans le cadre d’un réaménagement du centre ville. Alain Mila propose de réaliser une fontaine qui reflète à la fois l’identité industrielle de la commune (la métallurgie, les mines) et ses espoirs d’avenir qui repose en partie sur une eau de source de qualité.

L’artiste réalise l’œuvre, la Source de vie qui comprend une partie faite d’acier et de pierre grise et foncée. La partie métallique puise l’eau, la canalise et la projette hors de terre, où elle se déverse sur un œuf pour le féconder.

En 2014, la mairie FN repeint l’oeuvre
Alors que l’artiste est à présent installé en Tarn-et-Garonne, la nouvelle municipalité Front National fait repeindre l’œuvre en bleu sans en parler à l’artiste. Le maire se justifie en affirmant que cette action entre dans le cadre d’une opération générale visant à égayer la commune (plus de couleurs, des fleurs, etc).

« Avec mon avocat, on a simplement demandé qu’il remette cette sculpture en son état originel. Face à son refus, nous avons porté plainte », explique Alain Mila qui saisit le tribunal administratif et lance une pétition en ligne qui reçoit très vite plusieurs milliers de signatures.

2019 : le TGI de Nancy donne raison à l’artiste
Il faut encore attendre cinq ans : le 6 décembre 2019, la procédure juridique est enfin arrivée à une délibération sur le fond de l’affaire. Le Tribunal de Grande Instance de Nancy reconnait le droit moral et intellectuel de l’artiste. La commune d’Hayange et son maire FN (RN) a été condamné pour l’atteinte à ce droit moral ainsi qu’aux entiers dépens.

La suite?
« Mon œuvre, explique Alain Mila, suite à leur décision de déclassement, ‘réside’ encore et toujours dans un container des ateliers municipaux. En défendant cette œuvre, j’ai défendu l’art en général. Je ne comprends pas qu’une sculpture puisse ainsi être dévalorisée. L’article de loi L2112-1 permettrait peut-être de rappeler qu’une œuvre d’art ne peut être déclassée aussi facilement de bien public en bien privé ?  Mais à ma connaissance aucune jurisprudence n’existe à ce sujet. ?!«

« Mon souhait est évidemment que cette œuvre redevienne au plus vite un bien public visible de tous », précise l’artiste.