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Une accusatrice attaque en justice Tariq Ramadan pour empêcher la sortie de son livre

tariq-ramadan.jpgL’une des femmes qui accuse Tariq Ramadan de l’avoir violée lance une procédure judiciaire pour empêcher la sortie du livre de Tariq Ramadan prévue mercredi. Une audience va avoir lieu mardi matin.

Tariq Ramadan pourra-t-il faire son Devoir de vérité, du nom de son livre dont la sortie est prévue mercredi ?  Selon nos informations, l’une des femmes qui accuse l’islamologue de l’avoir violée attaque en justice Tariq Ramadan, la maison d’édition, les Presses du Châtelet, et le site internet Tariqramadan.com pour empêcher la publication du livre tel quel. L’assignation en référé déposée porte sur le fait que Tariq Ramadan révèle l’identité de cette femme qui est connue du grand public sous le nom de Christelle. Sa défense y voit une tentative d' »intimidation ».

devoir de verité« Nous ne demandons pas l’empêchement de la sortie du livre de Tariq ramadan, nous demandons simplement l’anonymisation des passages qui donnent l’identité (de ma client, NDLR), a détaille Me Basile Ader, l’un des avocats de la plaignante. (…) C’est une obligation légale en cette matière, ça permet aux femmes de porter plainte sans craindre que leur identité soit révélée publiquement, ce que Tariq Ramadan veut faire. »

Tariq Ramadan est visé par six plaintes, quatre en France, une en Suisse et une autre aux États-Unis. La première a été déposée en octobre 2017. Après ce témoignage, Christelle avait elle aussi porté plainte pour viol contre l’islamologue en novembre 2017. Selon le récit de cette femme handicapée de 45 ans, les faits se sont produits dans une chambre d’hôtel à Lyon en 2009. Tariq Ramadan a été mis en examen pour ces deux premières plainte pour « viol » et « viol sur personne vulnérable ». L’instruction se poursuit pour les autres.

Audience mardi
Mis en examen en février 2018 et incarcéré, Tariq Ramadan a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire en novembre dernier avec notamment l’interdiction de quitter le territoire. Silencieux depuis, il a pris la parole une première fois vendredi lors d’une interview sur BFMTV et RMC. Dans son livre Devoir de vérité, il revient sur les accusations qui pèsent sur lui et cite à 84 reprises la véritable identité de Christelle. Face à la justice, il a reconnu des relations sexuelles avec cette femme, relations parfaitement consenties selon lui.

« Que Tariq Ramadan veuille raconter son histoire à sa façon, c’est sa défense, s’il veut le faire publiquement avant de le faire devant le juge, c’est une autre question (…), mais qu’il tente d’intimider en révélant publiquement l’identité des plaignantes alors que c’est interdit par la loi, ça c’est absolument scandaleux », poursuit Me Basile Ader.

Une audience en référé est prévu mardi à 9 heures au tribunal de grande instance de Paris. Les avocats de la plaignante vont plaider l’article 39 du droit de la presse qui prévoit que « le fait de diffuser (…) des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelles ou l’image de cette victime lorsqu’elle est identifiable ». Une infraction qui peut être punie de 15.000 euros d’amende. Ils demandent que cette véritable identité soit retirée et remplacée par le nom de Christelle.

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L’intelligence artificielle va-t-elle dépasser l’intelligence humaine ?

L'intelligence artificielleL’intelligence artificielle (IA) accomplit des progrès fulgurants

Elle change en profondeur le monde de la justice, avec l’émergence d’une «justice prédictive». Les robots chirurgicaux font des prodiges, qui pourraient conduire à des ruptures majeures dans les techniques médicales. L’IA serait-elle sur le point de surpasser l’intelligence humaine ou biologique (IB) ?

La-guerre-des-intelligencesC’est la thèse que défendait, dès 2017, le Dr Laurent Alexandre dans son ouvrage La guerre des intelligences, à qui son succès vient de valoir une nouvelle édition en livre de poche. Sa lecture nous offre l’opportunité de réfléchir, à travers la question de l’intelligence, à la spécificité et à l’avenir de l’humanité. Celle-ci est-elle à un tournant décisif qui pourrait la voir disparaître ?

Un face-à-face mortifère ?
Pour Laurent Alexandre, la «révolution NBIC» (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) se traduit par l’émergence d’une IA qui, ouvrant «des perspectives extraordinaires», se trouve d’ores et déjà en position de surpasser l’IB, voire de la réduire en esclavage. La machine pourrait triompher de l’être humain.

Mais pourquoi imaginer et craindre un conflit, qui plus est meurtrier ?   IA et IB sont-elles concurrentes, et ont-elles des intérêts contraires ?  L’IA ne pourrait avoir la velléité d’entrer en guerre contre l’IB que si deux conditions sont remplies : qu’elle se révèle plus performante que l’IB et qu’elle ait conscience de sa supériorité. Autrement dit : qu’elle soit dotée d’un pouvoir de décision, qui serait la marque d’une réelle autonomie, et d’une véritable conscience.

La première condition paraît remplie. «Le tsunami de l’IA» va déjà «trop vite et trop haut», estime Laurent Alexandre. «Le neurone perd chaque jour plus de points devant le transistor.» Dans la course à la productivité et à l’efficacité, «la rapidité et l’infaillibilité d’exécution des machines intelligentes» sont de nature à rendre «absolument non compétitif le travail humain». Le combat est ici inégal. L’IA «galope», tandis que l’IB piétine, dans l’attente d’une hypothétique mutation génétique. Une diligence ne peut lutter contre le TGV.

Une «singularité» bien hypothétique
Mais qu’en est-il de la seconde condition ?  Alexandre écrit que «l’IA pourrait devenir supérieure à l’humanité», pour qui elle prend «des allures de crépuscule». Ce qui fait la supériorité actuelle (bien qu’en grand péril ?) de l’humanité est l’existence d’une volonté consciente. Même s’ils ne sont pas toujours bons, l’être humain est capable de faire des choix, de se doter de buts, et de se poser la question de la valeur de ceux-ci.

L’IA peut-elle être dotée (pire : se doter ?) d’une telle capacité ?  Peut-elle devenir capable de réflexion, éthique et politique ?  C’est toute la question de la «singularité», «ce moment où l’intelligence des machines dépassera celle des hommes». Un tel moment est-il inéluctable ?  Est-il autre chose qu’une simple vue de l’esprit ?  Peut-on vraiment faire l’hypothèse d’une «IA forte», qui «aurait la capacité de cacher ses propres buts», et donc, déjà, d’en avoir ?

Si l’intelligence biologique est limitée et faillible, du moins s’accompagne-t-elle de cette conscience de soi et de cette capacité de réflexion critique, que l’on ne pourrait attribuer à l’IA que par un tour de magie, semblable à celui qui fait du pantin Pinocchio un véritable être humain.

La croyance en un possible «basculement dans un monde où les robots seraient aussi intelligents que l’homme» témoigne d’une conception réductrice de l’intelligence, limitée à la «puissance de calcul» et manifeste une crédulité enfantine devant une fable digne de Carlo Collodi. Comment croire sérieusement que l’IB puisse être le Geppetto donnant naissance à une IA dotée de «volonté libre» et de «conscience artificielle» ?

Le vrai défi
Il n’empêche que le développement «galopant» de l’IA pose question. Sans aller jusqu’à penser que, trop faibles devant les machines, nous allons devenir leurs esclaves, voire être exterminé·es par elles, nous devons reconnaître que la perspective d’une automatisation croissante de tâches humaines de plus en plus complexes, et d’une prise en charge, envahissante, d’activités cognitives de haut niveau par des algorithmes, nous conduit au-devant d’une triple crise : sociale, éthique et existentielle.

Si même les médecins sont menacé·es de disparition, que reste-t-il pour le travail humain ?  Si l’intégrité de notre cerveau est en danger, comment protéger notre liberté de penser ? Si l’IA nous défie dans ce que nous sommes en tant qu’êtres humains, comment préserver notre humanité ?

Mais tel est alors sans doute, précisément, le véritable enjeu. L’IA nous met au défi de faire nos preuves en humanité.  Où est l’essentiel, qu’il nous faudrait préserver de toutes nos forces ?  À travers la question de l’intelligence, c’est bien celle de la spécificité humaine qui est posée. «Que voulons-nous en tant qu’êtres humains ? Avons-nous une spécificité à faire valoir ? »

Finalement, où est l’ennemi ?
Laurent Alexandre suggère de «sanctuariser quelques lignes rouges qui fondent notre humanité». Il voit pour celle-ci trois piliers : le corps physique, l’esprit individuel et le hasard. Ce qui lui permet de conclure, de façon optimiste : «Non, l’intelligence biologique ne mourra pas avec l’IA.»

Pour cela, nous ajouterions volontiers une condition: qu’elle sache quel est son véritable ennemi, et où il se cache. Car la crainte des méfaits d’une «IA forte» est le fruit d’une externalisation de nos terreurs. Nous craignons un ennemi extérieur, alors que, comme Paul Valéry nous en avait prévenus, le véritable ennemi est en nous.

«Le vrai rongeur, le ver irréfutable N’est point pour vous qui dormez sous la table, Il vit de vie, il ne me quitte pas». Le plus grand ennemi de l’intelligence humaine, et donc, finalement, de l’humanité, est tapi en l’être humain. Il porte un nom : la bêtise. Ou, pour le dire encore plus clairement, sauf le respect que l’on doit au lectorat : la connerie …

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Dans un nouveau livre, Valérie Trierweiler écrit que François Hollande rêve de « revanche »

Merci pour ce momentCinq ans après la sortie de son best-seller Merci pour ce moment, la journaliste de Paris Match publie On se donne des nouvelles, qui rassemble quelques-uns de ses reportages, mais aussi des souvenirs personnels.

François Hollande « veut prendre sa revanche sur Emmanuel Macron et sur son quinquennat impopulaire », affirme son ex-compagne Valérie Trierweiler dans un livre à paraître le 25 septembre.

On se donne des nouvellesCinq ans après la sortie de son best-seller Merci pour ce moment (750.000 exemplaires tous formats confondus), la journaliste de Paris Match publie On se donne des nouvelles (Les Arênes) qui rassemble quelques-uns de ses reportages parus dans l’hebdomadaire, mais aussi des souvenirs personnels.

« Il n’aime pas être mal-aimé »
Dans un chapitre intitulé « Merci pour ces lendemains », Valérie Trierweiler revient sur ses relations avec l’ex-chef de l’État. « Hollande. Je dis Hollande quand je parle de lui. Sans mépris ni déni », écrit-elle.

« Il veut de nouveau se placer dans la course à la présidentielle, c’est certain. C’est sa nature, son obsession, sa raison de vivre », estime la journaliste. « Il sème ses petits cailloux, en lance d’autres sur celui qui lui a succédé et qu’il honnit », poursuit-elle.

« Il veut prendre sa revanche sur Emmanuel Macron et sur son quinquennat impopulaire. Il n’aime pas être mal-aimé », insiste la chroniqueuse. « Il regrette de ne pas s’être présenté en 2017. Quand cessera-t-il de toujours tout regretter, les grandes comme les petites décisions ? »

Derniers contacts
De façon plus personnelle, la journaliste avoue avoir revu son ex-compagnon « à plusieurs reprises, discrètement et sans casque » après leur séparation. « Nous avions encore des choses à nous dire, des fils à démêler après la brutalité de mon départ », explique-t-elle.

Elle indique notamment que François Hollande lui a rendu visite à son domicile après la publication de son best-seller et lui a dit « comprendre l’écriture de ce livre ». « Et puis le temps a fait son œuvre, le lien s’est distendu jusqu’à se briser irrémédiablement », dit-elle.

Tacle à Gérard Davet et Fabrice Lhomme
La journaliste se montre par ailleurs très sévère à l’égard de ses confrères du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs de Un président ne devrait pas dire ça. Un ouvrage que beaucoup perçoivent comme le coup de grâce de la fin du quinquennat, qui a empêché le chef de l’État de se représenter en 2017.

« Lorsque nous vivions ensemble (avec François Hollande), j’avais assisté à un dîner organisé par ces deux journalistes. Je trouvais leur jeu grossier ». Elle dénonce le « double jeu » de ceux qui « ne rechignaient à aucune courbette ».

« Après la publication de ce livre, François Hollande, dans un accès de lucidité, a immédiatement compris qu’il ne s’en relèverait pas. Il était terrassé », écrit-elle.

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Une BD poétique sur l’apprentissage de la différence

Les Fleurs de grand frèreLa bande dessinée «Les Fleurs de grand frère» de Gaëlle Geniller conte avec poésie les états d’âme d’un enfant qui grandit et qui n’est pas comme les autres.

L’acceptation de soi, la différence, le délicat passage de l’enfance à l’adolescence, autant de thèmes sensibles que Gaëlle Genillier aborde avec justesse, délicatesse et bienveillance dans sa première bande dessinée « Les Fleurs de grand frère ».

Quand l’aîné de la fratrie, un jeune adolescent, se réveille un matin avec des fleurs sur la tête, il s’angoisse. « Ce n’est pas normal », se révolte-t-il en voulant les couper. Comment va-t-il pouvoir retourner au collège sans subir moqueries et blessures ?  « Les fleurs ne tuent pas, elles rendent belles les choses qu’elles touchent », « Vois ça comme un cadeau », lui répondent tendrement son père et sa mère. Car de toutes les façons, l’enfant n’a pas d’autre choix que de vivre avec.

bd Les Fleurs de grand frère

Délicate entrée dans l’adolescence, handicap ou encore différence physique, les fleurs ne sont qu’un prétexte pour exprimer les états d’âme d’un enfant qui grandit ou qui n’est pas comme les autres. Cette étape de la vie si intime, mais aussi tellement banale, nous la suivons sous le regard bienveillant du petit frère qui cherche à comprendre ce qui se passe.

Quelle poésie dans les textes et les dessins de l’autrice. Au fil des pages, on devine l’enfance de Gaëlle Genillier, qui a grandi au milieu de forêts et de nature. On perçoit tout de suite qu’elle a travaillé dans des studios d’animation. Portée par un style graphique épuré, efficace et très doux, des magnifiques dessins aux couleurs pastel, des textes simples mais forts, cette bande dessinée est une très belle découverte.

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Le dessinateur français Jérôme Alquié offre une seconde vie au Capitaine Albator

Capitaine Albator, Mémoires de l’Arcadia, Jérôme Alquié, Kana, 56 pagesL’auteur français Jérôme Alquié offre au célèbre corsaire de l’espace imaginé par Leiji Matsumoto une seconde vie en lui consacrant Mémoires de l’Arcadia, une série de BD franco-belges loin des codes du manga.

Jérôme Alquié a beau tuer, dans Mémoires de l’Arcadia, un personnage ressemblant à Leiji Matsumoto, le créateur d’Albator, le dessinateur français n’en demeure pas moins fidèle à l’univers créé dans les années 1970 par le maître japonais.

Réalisée en couleur et avec les codes de la BD franco-belge, cette histoire divisée en trois tomes est le premier album des aventures du Capitaine Albator a avoir été entièrement conçu par un Français, depuis la sortie, il y a presque quarante ans, d’une série de huit BD signées par Claude Moliterni et le Studio Five Stars.

« On a défendu le format franco-belge, parce que c’est un projet fait par un Français pour un public francophone. Ça ne veut pas dire qu’on oublie Matsumoto. On se fonde totalement sur son univers. On est le plus respectueux possible. J’essaie juste de glisser aussi quelques références à l’histoire d’Albator en France. Je voudrais que les gens qui ont connu l’arrivée du dessin animé en France puissent s’y retrouver, que ce soit une vraie madeleine de Proust », explique le dessinateur qui a fait appel à Richard Darbois, le doubleur d’Albator, pour la bande-annonce de la série.

Né en 1975, Jérôme Alquié a découvert « sur le tard » l’œuvre phare de Leiji Matsumoto. Trop jeune en 1980 lors de la première diffusion française d’Albator 78, il a plutôt été bercé par Ulysse 31, Capitaine Flam et Goldorak. C’est en 1994, « après le Club Dorothée et la déferlante des blockbusters Dragon Ball et Saint Seiya », qu’il a découvert dans l’émission Télévisator 2 de Cyril Drevet le film Albator 84 : L’Atlantis de ma jeunesse, découpé alors en cinq parties : « J’ai trouvé ça fabuleux en terme de narration, de dessin, d’ambiance – et quant à la musique, n’en parlons pas. Elle me tirait les larmes … J’aime bien les histoires mélancoliques, même si je ne le suis pas moi-même. En découvrant ce film, j’ai eu terriblement envie de découvrir ce qu’était Albator. »

Une œuvre intemporelle
Sous le choc, il se lance donc à la recherche de tout ce qu’il peut trouver « comme petite pièce du puzzle du Leijiverse [nom donné à l’ensemble des œuvres de Matsumoto, qui se déroulent dans le même univers fictif, NDLR] pour essayer de le remonter et d’en comprendre la totalité. » Rapidement, il découvre l’ampleur de la tâche : « C’est une œuvre tellement vaste, tellement riche… » Depuis, Jérôme Alquié a exploré en détail cet univers. Il a dévoré le manga original en japonais en 1995. Particulièrement marqué par l’ambiance d’Albator 78, il loue la distribution des rôles  très inhabituelle pour l’époque de la série : « La série n’oppose pas des gentils contre des méchants.

C’est plus complexe, les Terriens sont décrits comme des gens paresseux qui ont bousillé leur planète. Albator est là pour réveiller les consciences, mais il reste un pirate, un hors-la-loi. Il est presque censé être notre ennemi … Et puis il y a ce peuple extraterrestre [les Sylvidres, NDLR] qui est l’image de la nature qui vient se venger des Terriens pour reconquérir la planète. C’est pour cette raison que la série reste aussi importante et intemporelle. »

Subjugué par la découverte de l’œuvre de Matsumoto, Jérôme Alquié a réalisé au milieu des années 1990 une petite BD située dans l’univers d’Albator: « Je me disais que ce serait génial de pouvoir travailler sur le personnage », se souvient-il. Des années de travail plus tard, passées à apprendre à maîtriser le style épuré du maître Matsumoto, il a pu réaliser son rêve.

Pour convaincre le dessinateur, il lui a assuré que son but n’était « pas de tirer la couverture [à lui], mais de faire en sorte que son personnage continue de traverser les âges, peut-être en ayant un public différent du sien. » Il ajoute : « La première des choses a été de montrer qu’on n’allait pas faire n’importe quoi avec la licence sous prétexte qu’elle a du succès : On ne peut pas d’un coup faire d’Albator un cocaïnomane » Quand Matsumoto a vu les premières planches, ses doutes ont été dissipés et il a conseillé au Français de s’amuser. Le mangaka a aussi été surpris de se découvrir sous les traits d’un personnage qui meurt gelé : « Quand j’ai créé ce personnage-là, il a été très amusé », raconte Jérôme Alquié. « Il m’a seulement demandé de laisser planer le doute sur sa mort – parce qu’il aime de moins en moins faire mourir ses personnages. Je l’ai rassuré et évidemment, au début du tome 2, son personnage n’est pas mort : il va être dégelé par la voyageuse du Galaxy Express 999 [Meitel]. C’est l’auteur sauvé par sa création. Il en a été aussi touché. »

albatore

Matsumoto ne corrige pas le storyboard de Jérôme Alquié, mais s’autorise quelques remarques: « J’ai tendance à faire mes mentons un peu pointus de profil », indique-t-il. « Il m’a demandé qu’ils soient un peu plus arrondis. » Par l’intermédiaire de Kouiti Shimaboshi, qui réalise la série Capitaine Albator : Dimension Voyage, Jérôme Alquié a aussi appris que Leiji Matsumoto ‘appréciait dans les histoires des décors abondants et s’y est donné à cœur joie.

Contrairement à Kouiti Shimaboshi, qui livre une interprétation libre du personnage, Jérôme Alquié a voulu être le plus fidèle possible aux travaux de Shingo Araki et Kazuo Komatsubara, les animateurs des séries d’origine. Malgré ces modèles, Albator reste difficile à dessiner : « Je rate très souvent le personnage », concède Jérôme Alquié. « J’ai un niveau d’exigence assez élevé. Il faut réussir à reproduire son côté hyper charismatique. » Et sa capacité à être à la fois l’incarnation du courage et de la mélancolie.

Ce premier tome d’Albator, contrairement aux histoires de Matsumoto, se déroule principalement sur Terre et non dans l’espace. Autre différence : il est davantage tourné vers l’action et laisse de côté la mélancolie propre aux histoires du maître japonais. Jérôme Alquié en a conscience et se rattrapera dans le tome 2. Intitulé Les Ténèbres abyssales de l’âme, il plongera les personnages « à l’intérieur de leur propre esprit » et les confrontera à leur plus grande peur et à leur plus grand désespoir : « Là, on va retrouver la mélancolie et la tristesse de l’œuvre de Matsumoto », promet Jérôme Alquié. « Je me suis beaucoup amusé à faire le tome 2. » Sortie prévue en novembre 2019, en attendant le tome 3 en 2020.

Publié dans Texte Santé

Misophonie : quand les bruits rendent fou

MisophonieBruits de bouche, tapotement de clavier ou tic-tac d’une horloge, la misophonie se traduit par la haine de certains sons. Des techniques existent pour lutter contre ce trouble.

C’est un trouble dont souffriraient 3 à 5% des Français. La « misophonie » se traduit par la haine de certains sons. Bruits de respiration, de mastication ou encore tic-tac d’une horloge, ces sons sont vécus comme un agacement, voire une souffrance pour certains.

Misophonie« Je bloque dessus »
L’acteur Bruno Salomone souffre de ce trouble. Celui qui a récemment publié le livre Les Misophones, explique sur notre antenne l’irritabilité liée à certains sons : « C’est le principe de la goutte d’eau, qui revient tout le temps. A priori c’est un bruit joli mais si ça dure un certain temps, je ne peux pas, je bloque dessus et je vais chercher où est cette goutte d’eau. C’est plein de petits bruits qui sont anodins pour la plupart des gens mais qui sont sournois », confie l’acteur.

Stratégies d’exclusion
La misophonie n’est pas reconnue comme une maladie mais comme un trouble psychique pouvant entraîner des comportements asociaux : agacement, agressivité verbale, ou isolement, dans les cas les plus extrêmes, explique à BFMTV, Philippe Metzger, audioprothésiste : « Si la misophonie n’est pas très accentuée, la personne vivra très bien. Elle sera simplement un peu gênée par certains bruits qui vont lui paraître pénibles. Pour d’autres qui sont vraiment gênés, cela va aller jusqu’à des stratégies dites d’exclusion. Ils vont fuir tous les lieux où il pourrait y avoir ce bruit, par exemple, les repas entre amis ou en famille ».

Une étude publiée en 2017 des chercheurs de l’université de Newcastle avait fait remarquer que l’imagerie cérébrale des personnes atteintes de misophonie présente une anomalie dans le mécanisme de contrôle émotionnel, ce qui amène leur cerveau à réagir excessivement à l’écoute de ces sons.

Solutions thérapeutiques
Cette activité cérébrale serait liée à des connexions neurologiques différentes à partir du lobe frontal, ce qui entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque et de la sudation.

Pour vivre avec ce trouble, cette même étude proposait des solutions thérapeutiques qui consistent à identifier la signature cérébrale de ces sons déclencheurs puis tenter un traitement tel que le neuro-feedback. Cette technique consiste à utiliser un processus d’apprentissage pour entraîner le cerveau à modifier et à réguler son activité cérébrale.

Publié dans Texte Réflexion

La légende personnelle

alchimisteLa légende personnelle : c’est ce que tu as toujours souhaité faire. Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa légende personnelle. Accomplir sa légende personnelle est la seule et unique obligation des hommes.

Le principe favorable : quand la chance est de notre côté, il faut en profiter et tout faire pour l’aider de la même façon qu’elle nous aide.

Le cœur a peur : Les cœurs des hommes sont ainsi, ils ont peur de réaliser leurs plus grands rêves, parce qu’ils croient ne pas mériter d’y arriver, ou ne pas pouvoir y parvenir. Nous mourons de peur à la seule pensée d’amours enfuis, d’instants qui auraient pu être merveilleux de trésors introuvables.

Le cœur craint de souffrir et cette crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Aucun cœur n’a jamais souffert, alors qu’il était à la poursuite de ses rêves, parce que chaque quête est un instant d’Éternité.

Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir, c’est toujours une force positive. Souviens-toi de toujours savoir ce que tu veux. Ton trésor doit absolument être trouvé pour que tout ce que tu as découvert en chemin puisse avoir un sens.

Sois attentif aux signes, n’oublie pas que tout n’est qu’une seule chose. N’oublie pas le langage des signes et surtout, n’oublie pas d’aller jusqu’au bout de ton destin. Le cœur avertit toujours lorsque l’on s’éloigne de son rêve, du chemin qui nous est tracé.

Celui qui vit sa légende connaît ses besoins. Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer. La plus grande imposture du monde, c’est lorsqu’à un moment donné de notre existence, nous perdons la maîtrise de notre vie, qui se trouve dès lors gouvernée par le destin.

Chaque jour porte en lui l’Éternité, toute bénédiction qui n’est pas acceptée
risque de se transformer en malédiction. Lorsque nous cherchons à être meilleurs que nous le sommes, tout devient meilleur aussi autour de nous.

Ne t’abandonne pas au désespoir, souviens-toi d’un vieux proverbe qui dit
que l’heure la plus sombre est celle qui vient juste avant le lever du soleil. Une quête commence toujours par la chance du débutant et s’achève toujours par l’épreuve du conquérant.