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Procédure de destitution contre Donald Trump : la Maison Blanche confirme qu’elle ne coopérera pas

Donald TrumpLa Maison Blanche avait déjà informé le Congrès qu’elle ne coopérerait pas à l’enquête en cours en vue d’une éventuelle procédure de destitution visant Donald Trump, estimant qu’elle n’avait pas de légitimité.

La Maison Blanche a confirmé vendredi qu’elle n’entendait pas participer aux travaux de la Chambre des représentants en vue de la mise en accusation de Donald Trump, qualifiant le processus de « simulacre ».

« Comme vous le savez, votre enquête sur la mise en accusation est absolument sans fondement », écrit l’avocat de la présidence, Pat Cipollone, dans un courrier adressé à l’élu démocrate Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre.

Un « simulacre » pour la Maison Blanche
La Maison Blanche, qui a refusé jusqu’ici de coopérer avec l’enquête des démocrates, avait jusqu’à vendredi soir pour dire si elle assisterait, par l’intermédiaire d’un avocat, à la rédaction des chefs d’accusation en commission judiciaire.

Les démocrates ont annoncé jeudi que la Chambre des représentants, au sein de laquelle ils détiennent la majorité, allait se lancer dans la rédaction de l’acte d’accusation du président américain. Le chef d’entrave à la bonne marche du Congrès devrait notamment être retenu contre lui.

Un vote sera ensuite organisé sur cette mise en accusation (« impeachment » en anglais): d’abord en commission judiciaire, peut-être dès la semaine prochaine, puis en séance plénière, vraisemblablement avant Noël. Mais le président américain devrait ensuite être acquitté au Sénat, contrôlé par les républicains.

Plusieurs témoins auditionnés
De leur côté, les élus républicains de la Chambre ont transmis à Jerry Nadler la liste des témoins dont ils réclament l’audition. On trouve en particulier dans cette liste l’élu Adam Schiff, qui préside la commission du Renseignement, mais aussi Hunter Biden, fils cadet de Joe Biden, qui espère porter les couleurs démocrates lors de la présidentielle 2020.

Le nom de Hunter Biden est apparu dans l’affaire ukrainienne en raison de ses activités au sein du groupe ukrainien Burisma alors que son père était vice-président de Barack Obama.

Donald Trump accuse Joe Biden d’avoir demandé le limogeage d’un procureur ukrainien pour protéger son fils, une accusation qui n’est corroborée par aucun élément concret.

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La justice valide la transmission de documents financiers de Donald Trump au Congrès

Donald TrumpDans le cadre d’une enquête des démocrates visant Trump pour « entrave à la justice, corruption et abus de pouvoir », la justice a tranché et autorise le Congrès à exiger des documents sur les finances du président américain. La Maison Blanche avait refusé de les transmettre en mai dernier.

Le Congrès américain va pouvoir exiger des documents sur les finances de Donald Trump, selon la confirmation d’une cour d’appel. L’enquête en vue d’une procédure de destitution n’est pas l’unique épée de Damoclès au-dessus de la tête du président américain, puisque les démocrates lançaient déjà une enquête il y a quelques mois.

« Entrave à la justice, corruption et abus de pouvoir »‘
En mars, une commission parlementaire américaine dirigée par les démocrates avaient lancé une vaste enquête sur des soupçons d' »entrave à la justice, corruption et abus de pouvoir ». À l’époque, le ministre des Finances avait refusé de transmettre les déclarations d’impôts du président, jugeant la demande illégitime.

La décision de la cour d’appel permettant la transmission des documents sur les finances de Donald Trump peut toujours faire l’objet d’un recours devant la Cour suprême, plus haute juridiction des États-Unis.

L’enquête porte sur les affaires du président avant et depuis son arrivée à la Maison Blanche. Les démocrates soupçonnent notamment l’ancien magnat de l’immobilier d’avoir gonflé la valeur de ses avoirs pour obtenir des prêts. Pour en savoir plus, ils avaient ordonné en avril à son ancienne entreprise comptable, la firme Mazar, de leur transmettre toute une série de documents financiers.

Entre contestations de la Maison Blanche et soutien des juges
La Maison Blanche, qui dénonce un « harcèlement », avait saisi la justice pour bloquer cette injonction, comme elle l’a fait face à d’autres requêtes du Congrès. Dans son argumentaire, elle avait plaidé que le Congrès n’avait pas besoin de ces informations pour assurer son rôle de législateur. En mai, un juge de Washington avait rejeté cette lecture et estimé que ces documents pouvaient entrer dans le cadre d’une « enquête fondée ».

« Nous confirmons cette décision. Contrairement aux arguments du président, la commission est compétente en vertu des règles de la Chambre mais aussi de la Constitution pour émettre ces injonctions et Mazar doit s’y plier », a écrit le juge David Tatel.

Après avoir pris le contrôle de la Chambre des représentants en janvier, les démocrates ont lancé une série d’enquêtes sur les impôts de Donald Trump, ses finances ou les suites à donner à l’enquête russe. Leurs investigations se sont heurtées à un mur dressé par la Maison Blanche au nom de la défense des « prérogatives présidentielles ».

La procédure de destitution amplifie l’enquête
Le 7 octobre, un juge de New York avait, lui aussi, donné tort à Donald Trump en autorisant la transmission de ses déclarations d’impôts. Le président avait immédiatement fait appel, ce qui a suspendu l’application de la décision. Mais la bataille a pris une autre dimension depuis que les démocrates ont décidé, le 24 septembre, d’ouvrir une procédure pour destitution contre le milliardaire, qu’ils soupçonnent d’avoir fait pression sur l’Ukraine pour l’aider à salir un rival.

Depuis, les élus démocrates multiplient les injonctions contre le Département d’État, le ministre de l’Énergie, l’avocat personnel de Donald Trump.  La Maison Blanche a refusé mardi toute coopération, dénonçant une procédure « partisane et anticonstitutionnelle ».

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Plus de dix millions de signatures pour demander la destitution de Donald Trump

donald trumpDepuis plusieurs semaines, la situation s’est tendue entre les démocrates et la Maison Blanche, qui refuse de coopérer avec plusieurs enquêtes parlementaires.

Des parlementaires démocrates et plusieurs organisations progressistes ont présenté jeudi à Washington des pétitions rassemblant, au total, plus de dix millions de signatures pour demander au Congrès qu’il lance une procédure de destitution contre le président républicain Donald Trump.

Devant le Capitole, siège du Congrès, et un panneau proclamant « Trump doit partir », deux élus de la Chambre des représentants, Rashida Tlaib et Al Green, et plusieurs représentants d’associations comme MoveOn et Women’s March ont présenté une clé USB rassemblant les signatures.

« Nous tenons dans nos mains dix millions de raisons d’être ici aujourd’hui », a lancé Al Green. « Face à notre époque, à cette époque remarquablement sombre pour notre pays, il est temps, selon moi, de se battre », a renchéri Rashida Tlaib, qui appelle à la destitution de Donald Trump depuis des mois.

Siégeant à la chambre basse depuis janvier, elle avait introduit dès mars une résolution appelant la commission judiciaire à enquêter pour déterminer si le président avait commis des faits justifiant l’ouverture d’une procédure de destitution.

Une situation tendue
Face à l’aile progressiste du parti, les chefs démocrates tempèrent toutefois, en martelant qu’une procédure de destitution, impopulaire dans les sondages, pourrait profondément diviser le pays de quelque 325 millions d’habitants, alors que les élections de 2020 approchent.

D’autant que face à la Chambre, à majorité démocrate, le Sénat, chargé du « procès » dans une procédure de destitution, reste contrôlé par les républicains et acquitterait certainement Donald Trump.

Mais depuis plusieurs semaines, la situation s’est tendue entre les démocrates et la Maison Blanche, qui refuse de coopérer avec plusieurs enquêtes parlementaires car elle estime que leurs demandes sont injustifiées et motivées par des intérêts politiques.

« La décision de Trump et de son administration d’ignorer leur serment » en ne coopérant pas avec le Congrès « a déclenché une crise constitutionnelle », a ainsi affirmé jeudi la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi. Mais elle a du même souffle encore écarté la perspective d’une procédure de destitution, tant que les enquêtes parlementaires ne seraient pas bouclées.

« On ne peut pas dire qu’on a une crise constitutionnelle et puis ne rien faire », a déclaré Al Green, dans une réponse évidente à Mme Pelosi. « Nous devons destituer. Laissons le Sénat faire ce qu’il veut, nous devons faire ce que nous avons à faire »

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Donald Trump rejoint Kim Jong-un à Hanoï pour un sommet entouré de mystère

Donald Trump et Kim Jong-un.jpgDonald Trump est arrivé mardi soir au Vietnam pour une deuxième rencontre avec Kim Jong-un, censée donner de la substance à la déclaration largement symbolique sur la « dénucléarisation de la péninsule » coréenne issue de leur précédent sommet.

La capitale vietnamienne accueille ce mercredi et ce jeudi le nouveau rendez-vous entre le dirigeant nord-coréen et le président américain, dont le lieu exact et le déroulement ont été soigneusement tenus secrets. L’avion présidentiel Air Force One s’est posé dans la soirée de mardi à l’aéroport international Noi Bai après un voyage de plus de 20 heures.

Quelques heures plus tôt, portant son traditionnel costume de type Mao, Kim Jong-un était quant à lui descendu, après une odyssée ferroviaire de 4000 kilomètres, de son fameux train blindé vert olive en gare de Dong Dang, une localité vietnamienne frontalière d’ordinaire tranquille où des écoliers brandissant des drapeaux l’attendaient.

Avant son arrivée, Donald Trump s’est voulu optimiste, assurant sur Twitter attendre avec impatience « un sommet très productif ». Très peu de détails ont filtré sur la rencontre. Les deux dirigeants doivent dîner ensemble ce mercredi en compagnie de certains de leurs conseillers avant de se retrouver jeudi pour un tête-à-tête, a simplement fait savoir la Maison-Blanche.

Donald Trump « pas pressé »
En juin, à Singapour, Kim Jong-un s’était engagé à « travailler vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Mais, depuis, le manque d’avancées concrètes a rendu sceptiques nombre d’observateurs. Stephen Biegun, l’émissaire des États-Unis pour le Nord, a récemment reconnu que Pyongyang et Washington ne s’étaient « pas mis d’accord sur la signification » de la dénucléarisation.

Les États-Unis ont maintes fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de manière complète, « vérifiable et irréversible » de son arsenal nucléaire – qui lui a valu une une impressionnante série de sanctions de l’ONU au fil des ans. La Corée du Nord dénonce de son côté ce qu’elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Donald Trump répète qu’il n’est pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à son arsenal nucléaire, tant que celui-ci s’abstient, comme il le fait depuis plus d’un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires. « Je ne veux brusquer personne », a-t-il encore lancé avant son départ de Washington, semblant vouloir tempérer par avance les espoirs suscités par le sommet vietnamien.

« Dénucléarisation complète »
Depuis des mois, le président américain manie la carotte et le bâton dans ce dossier, faisant miroiter le potentiel économique de la Corée du Nord tout en refusant l’allègement des sanctions. « Avec une dénucléarisation complète, la Corée du Nord deviendra rapidement une puissance économique. Sans cela, on en reste juste au même point », a-t-il tweeté. « Le président Kim prendra une sage décision ». De son côté, Pyongyang martèle avoir déjà fait des gestes, avec le gel des essais militaires et en faisant sauter les accès à son site d’essais nucléaires.

À l’issue de cette rencontre, Washington pourrait promettre des garanties de sécurité sous la forme d’une déclaration officielle sur la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui s’est achevée sur un armistice ou ouvrir un bureau de liaison.

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Tout le mal que Donald Trump et Theresa May font à la démocratie

Donald Trump et Theresa MayLa célèbre déclaration de Winston Churchill selon laquelle «la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont déjà été essayées» est souvent citée comme une évidence dans de nombreux milieux.

Pourtant, cette idée se voit aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde. Désormais, le modèle économique autoritaire chinois est devenu une source d’inspiration majeure (ou comme l’a décrit le président Xi Jinping, une «nouvelle option») pour les autocrates en herbe qui ne croient plus aujourd’hui que le respect des droits et des libertés fondamentales soit une condition sine qua non à la prospérité, et encore moins à la longévité de leur pouvoir.

L’incroyable tempête qui a fait rage ces derniers temps à Washington (en raison du plus long shutdown gouvernemental de toute l’histoire américaine) et à Londres (à cause de l’impasse du Brexit) met à nu les fissures et les fragilités de deux des démocraties les plus stables et les plus encensées au monde. L’enjeu est de taille pour les États-Unis et encore plus pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne tout entière.

Naturellement, les experts et les électorats se polarisent sur le moment et la manière dont ces situations peu stables, presque incontrôlables, vont finalement se calmer. Mais le fait que ces deux événements chaotiques se produisent simultanément peut pousser à remettre en question l’affirmation (vue dans certains milieux comme de moins en moins vraisemblable) selon laquelle la démocratie est le système politique le plus fiable et le plus efficace de tous.

Si les populations américaine et britannique ont fini par s’habituer, ou presque, au chaos qui secoue leur capitale, le reste du monde assiste au désastre, abasourdi par les dysfonctionnements. Les autocrates séduisent depuis longtemps les électeurs et électrices en affirmant qu’ils vont «ramener l’ordre» après avoir mis fin au chaos, ce qui explique la légende persistante selon laquelle les trains étaient toujours à l’heure sous le règne de Benito Mussolini.

Du pain béni pour les critiques
Les crises simultanées de Washington et de Londres offrent des arguments rhétoriques aux gouvernements qui martèlent le discours sur la dégénérescence occidentale et le déclin de la démocratie. Les dirigeants chinois n’ont pas caché leur jubilation, persuadés que le monde verra d’un œil défavorable ce régime en comparaison avec leur style très structuré de gouvernance. Xinhua, l’agence de presse gérée par l’État chinois, l’a clairement énoncé dans un éditorial au sujet du shutdown, moins long, de l’année dernière : «Le système démocratique occidental est acclamé par tous les pays développés comme étant un régime politique presque parfait et le système qui convient le mieux pour diriger un pays. Toutefois, ce qui se produit actuellement aux États-Unis risque de faire réfléchir un certain nombre de gens à travers le monde quant à la viabilité et la légitimité d’un système politique aussi chaotique».

Cette année, les médias chinois se réjouissent des conséquences potentiellement catastrophiques sur l’économie américaine d’un shutdown qui s’est éternisé, et qui se traduit par une dégradation des cotes de crédits américaines et une hausse des coûts d’emprunt. Le titre de cet article, «Posséder des obligations du gouvernement américain revient à avoir une bombe à retardement entre les mains», est très représentatif de cette tendance.

La Russie tient un discours similaire. Un article d’opinion publié par RT, média financé par le Kremlin, a décrit la débâcle du Brexit comme l’effondrement inévitable d’un «État né dans le mercantilisme et soutenu par des siècles de domination et de colonialisme», concluant que «le Royaume-Uni tel que nous le connaissons a dépassé sa date limite de péremption».

Dans les autres démocraties, les observateurs se contentent d’assister au désastre, embarrassés. En Inde, un éditorial du Hindustan Times a affirmé : «Cela nous en dit beaucoup sur l’utilité d’organiser des référendums proposant des choix binaires pour traiter des problèmes d’une grande complexité. Le monde entier devrait tirer une leçon de ce que traverse le Royaume-Uni». À Hong Kong, où les défenseurs de la démocratie luttent pour repousser une Chine de plus en plus intrusive, Richard Harris, chroniqueur au South China Morning Post, a critiqué les «attaques personnelles agressives» contre les législateurs pris dans la bataille du Brexit, soutenant que «Churchill devait se retourner dans sa tombe».

Dans les pages du Daily Maverick, quotidien d’Afrique du Sud, l’expert en sécurité David Africa a observé qu’un «conflit entre la politique rationnelle, la politique fondée sur des “vérités alternatives”, et la nostalgie impériale ancrée dans le nationalisme blanc» était à l’œuvre à la fois en Grande-Bretagne et aux États-Unis, compromettant les perspectives d’alliance «à un moment où un partenariat euro-africain dans les domaines du commerce et de la sécurité» pour créer un contrepoids à l’intervention économique chinoise «serait non seulement une véritable nécessité, mais se révèlerait parfaitement possible».

Les impasses de la démocratie
Si les impasses que l’on rencontre de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas identiques, elles révèlent toutes deux les dessous de la démocratie contemporaine. Le shutdown américain est le résultat de profonds clivages politiques et sociaux qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’un président narcissique, dont les positions politiques sont motivées non par la raison, mais par les attentes d’une base politique endurcie et par les conseillers qui ont sa faveur. Alimenté par l’envie de se tenir informé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et par les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont une soif insatiable pour les polémiques qu’ils peuvent liker et partager, le débat privilégie la stratégie de la corde raide à la résolution individuelle des problèmes.

Si les shutdowns précédents, qui se sont produits périodiquement, ont toujours fini par être résolus, celui-ci se distingue des autres : non seulement il a été le plus long de l’histoire américaine, mais il s’est inscrit dans un contexte de désordre de l’administration Trump, qui fait fi des conventions, des problèmes juridiques croissants du président et des questions de plus en plus nombreuses sur la véritable nature de sa loyauté (autre que celle qu’il a envers lui-même). Conférence du 7 février 2019 donnée à l’École des hautes études en sciences sociales sur la crise de la démocratie

En Grande-Bretagne, les enjeux sont encore plus élevés. La décision fatidique de l’ancien Premier ministre David Cameron de risquer un référendum public pour déterminer l’avenir du pays a coïncidé avec une crise sans précédent révélant les frustrations quant au sort des classes moyenne et ouvrière dans un contexte d’immigration croissante, d’automatisation, d’inégalités des salaires et de stagnation salariale. Les organisateurs du référendum sur le Brexit ont fait profil bas dès que la mesure a été adoptée, laissant à la Première ministre Theresa May la mission impossible de convaincre à la fois l’Union européenne et le Parlement britannique de soutenir un accord qui, aussi astucieux soit-il, causerait un préjudice irréparable aux deux parties.

Guerre insidieuse
Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, la démocratie est ébranlée non seulement par son poids naturel, mais aussi par les efforts calculés de l’extérieur pour exploiter ses vulnérabilités et saper sa confiance. Les interférences russes dans l’élection américaine et dans le référendum sur le Brexit, ainsi que dans les élections d’autres pays, sont désormais prouvées. Tant que des technologies beaucoup plus sophistiquées ne seront pas mises au point, protéger les élections à venir contre ce genre de guerre insidieuse de l’information perpétrée par le Kremlin et ses mandataires nécessiterait des efforts actifs et intrusifs pour réglementer les réseaux sociaux et l’information en ligne, qui risquerait de remodeler les débats publics. À l’heure actuelle, ce genre de méthodes constitue une menace permanente pour la démocratie. Et elle ne peut être écartée sans un contrôle beaucoup plus rigoureux de ce qui circule sur Internet, une voie qui comporte des risques évidents et élevés.

Parmi les préoccupations actuelles, aucun des deux pays n’a trouvé comment se protéger, à l’avenir, contre d’autres intrusions du même type, et encore moins comment équilibrer les intérêts concurrents dans un monde où le numérique est en rapide évolution.

Tout cela soulève des questions fondamentales sur la viabilité et l’attrait de la démocratie. Francis Fukuyama a reconnu il y a longtemps que sa théorie de 1992 selon laquelle nous avions atteint la «fin de l’histoire», aboutissant au triomphe mondial de la démocratie libérale, était, au mieux, prématurée. Pourtant, la croyance selon laquelle, toutes choses étant égales par ailleurs, la démocratie est à la fois un système plus juste et plus fonctionnel que n’importe quel autre, reste très répandue. Ce qui signifie que si les pays et les peuples étaient en position de reprendre leur destin en main, la démocratie serait la voie la plus évidente.

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Les États-Unis pourraient taxer les importations de voitures pour une raison « effrayante » selon Angela Merkel

angela merkel et donald trumpLe ministère du Commerce américain estime que les importations de voitures sont une menace pour la sécurité nationale.

La chancelière allemande juge cet argument « effrayant ». L’industrie germanique serait la première touchée par des taxes sur les importations américaines de voitures.

La chancelière allemande a jugé samedi « effrayant » que les États-Unis considèrent les automobiles européennes importées comme une menace pour la sécurité nationale, une mesure qui aggraverait encore les tensions americano-européennes.

« Si ces voitures […] deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors on trouve cela effrayant. Et je ne peux que souligner qu’il serait bon qu’on en arrive à de vrais pourparlers », a affirmé Angela Merkel. L’industrie automobile allemande serait la première concernée par des mesures douanières américaines.

S’exprimant à la conférence sur la sécurité de Munich, où le vice-président américain Mike Pence doit prendre la parole aussi, Angela Merkel a souligné que les voitures fabriquées en Bavière n’étaient pas plus une menace que les mêmes véhicules produits en Caroline du Sud où se « trouve la plus grande usine BMW au monde ».

Le ministère américain du Commerce a conclu que les voitures et les équipements automobiles importés menaçaient la sécurité nationale des États-Unis en affaiblissant leur industrie automobile, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP. Le rapport du ministère devrait être remis au président Donald Trump d’ici la date butoir de dimanche soir. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières et intensifier les tensions avec l’Europe pour laquelle l’automobile est un point sensible.

Les groupes automobiles allemands, dont les géants Volkswagen, Daimler (Mercedes Benz), et BMW ont exporté 470.000 voitures de l’Allemagne vers les États-Unis en 2018, selon les chiffres de la fédération des constructeurs VDA, ce qui représente près d’un tiers de la valeur totale des exportations allemandes vers le pays.

Menace de nouvelles taxes sur les importations
En toile de fond, Washington agite la menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25% sur les importations de voitures et d’équipements automobiles, un épouvantail pour cette industrie en Europe et notamment en Allemagne.

Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l’acier et l’aluminium importés, Donald Trump s’était servi d’une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine : l’article 232, qui s’appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l’importation de produits et de biens aux États-Unis.

Après avoir exempté l’Union européenne et le Canada, la Maison Blanche avait finalement imposé en juin des taxes sur l’acier de ses alliés, suscitant leur indignation et leur incompréhension face à un argumentaire jugé irrecevable et « absurde ».

Le porte-parole de la Commission européenne Daniel Rosario a rappelé jeudi que Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’étaient mis d’accord fin juillet 2018 pour ne pas imposer de taxes douanières supplémentaires tant que les deux parties étaient en discussions.

« L’UE riposterait si les États-Unis décidaient d’adopter une quelconque mesure », a dit Daniel Rosario. Bruxelles a d’ores et déjà préparé une liste de produits qui pourraient être taxés en représailles, à hauteur de 20 milliards d’euros.

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L’ombre d’un nouveau «shutdown» menace les États-Unis

President Trump Delivers State Of The Union Address To Joint Session Of CongressLa Maison-Blanche n’a pas écarté dimanche l’hypothèse d’une paralysie partielle des administrations américaines alors que les négociations entre républicains et démocrates se retrouvent dans l’impasse.

Les négociations entre démocrates et républicains sont dans l’impasse. La Maison-Blanche n’écarte pas l’éventualité d’un nouveau «shutdown» si aucun accord n’était trouvé d’ici le 15 février sur le financement du mur que le président républicain Donald Trump souhaite ériger à la frontière avec le Mexique. «Le “shutdown” du gouvernement est théoriquement toujours sur la table. Nous ne voulons pas en arriver là, mais cette option est toujours ouverte pour le président et le restera», a ainsi menacé dimanche le secrétaire général de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, interrogé sur Fox News.

Fin décembre, Donald Trump avait déjà refusé de signer une loi de finances qui n’inclurait pas un budget de 5,7 milliards de dollars pour le mur qu’il veut faire construire à la frontière avec le Mexique. Un accord avait finalement été trouvé le 25 janvier pour mettre fin à la paralysie partielle des administrations américaines au terme de 35 jours de blocage, un record dans l’histoire des États-Unis. Celui-ci prévoyait un financement des services fédéraux concernés pendant trois semaines, soit jusqu’au 15 février, date à laquelle un nouveau «shutdown» pourrait donc débuter, faute de consensus.

«L’horloge tourne»
Le groupe d’élus chargés de mener les négociations s’était dit optimiste vendredi sur les chances de parvenir à un compromis avant cette échéance. Mais l’un des principaux négociateurs républicains, le sénateur Richard Shelby, a avancé dimanche sur Fox News que «les discussions étaient au point mort». Et de prévenir : «J’espère que nous parviendrons à débloquer la situation (…) car l’horloge tourne». Les négociations butent en raison de désaccords sur la politique de détention des migrants à la frontière avec le Mexique. Les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent de financer autant de lits que le veulent les républicains dans les centres de détention pour migrants.

«Les démocrates ne proposent que très peu d’argent pour le mur dont nous avons désespérément besoin à la frontière», accuse Donald Trump sur Twitter. Son nouveau chef de cabinet par intérim, Mick Mulvaney, a par ailleurs brandi la menace d’un recours à une procédure d’urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires à la construction du mur. «Nous prendrons autant d’argent que l’on pourra nous donner, et nous irons ensuite chercher l’argent ailleurs légalement afin de sécuriser cette frontière sud, mais ce sera construit, avec ou sans le Congrès», a-t-il affirmé. Une telle manœuvre ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s’est gardé jusque-là de franchir le pas.