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Tout le mal que Donald Trump et Theresa May font à la démocratie

Donald Trump et Theresa MayLa célèbre déclaration de Winston Churchill selon laquelle «la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont déjà été essayées» est souvent citée comme une évidence dans de nombreux milieux.

Pourtant, cette idée se voit aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde. Désormais, le modèle économique autoritaire chinois est devenu une source d’inspiration majeure (ou comme l’a décrit le président Xi Jinping, une «nouvelle option») pour les autocrates en herbe qui ne croient plus aujourd’hui que le respect des droits et des libertés fondamentales soit une condition sine qua non à la prospérité, et encore moins à la longévité de leur pouvoir.

L’incroyable tempête qui a fait rage ces derniers temps à Washington (en raison du plus long shutdown gouvernemental de toute l’histoire américaine) et à Londres (à cause de l’impasse du Brexit) met à nu les fissures et les fragilités de deux des démocraties les plus stables et les plus encensées au monde. L’enjeu est de taille pour les États-Unis et encore plus pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne tout entière.

Naturellement, les experts et les électorats se polarisent sur le moment et la manière dont ces situations peu stables, presque incontrôlables, vont finalement se calmer. Mais le fait que ces deux événements chaotiques se produisent simultanément peut pousser à remettre en question l’affirmation (vue dans certains milieux comme de moins en moins vraisemblable) selon laquelle la démocratie est le système politique le plus fiable et le plus efficace de tous.

Si les populations américaine et britannique ont fini par s’habituer, ou presque, au chaos qui secoue leur capitale, le reste du monde assiste au désastre, abasourdi par les dysfonctionnements. Les autocrates séduisent depuis longtemps les électeurs et électrices en affirmant qu’ils vont «ramener l’ordre» après avoir mis fin au chaos, ce qui explique la légende persistante selon laquelle les trains étaient toujours à l’heure sous le règne de Benito Mussolini.

Du pain béni pour les critiques
Les crises simultanées de Washington et de Londres offrent des arguments rhétoriques aux gouvernements qui martèlent le discours sur la dégénérescence occidentale et le déclin de la démocratie. Les dirigeants chinois n’ont pas caché leur jubilation, persuadés que le monde verra d’un œil défavorable ce régime en comparaison avec leur style très structuré de gouvernance. Xinhua, l’agence de presse gérée par l’État chinois, l’a clairement énoncé dans un éditorial au sujet du shutdown, moins long, de l’année dernière : «Le système démocratique occidental est acclamé par tous les pays développés comme étant un régime politique presque parfait et le système qui convient le mieux pour diriger un pays. Toutefois, ce qui se produit actuellement aux États-Unis risque de faire réfléchir un certain nombre de gens à travers le monde quant à la viabilité et la légitimité d’un système politique aussi chaotique».

Cette année, les médias chinois se réjouissent des conséquences potentiellement catastrophiques sur l’économie américaine d’un shutdown qui s’est éternisé, et qui se traduit par une dégradation des cotes de crédits américaines et une hausse des coûts d’emprunt. Le titre de cet article, «Posséder des obligations du gouvernement américain revient à avoir une bombe à retardement entre les mains», est très représentatif de cette tendance.

La Russie tient un discours similaire. Un article d’opinion publié par RT, média financé par le Kremlin, a décrit la débâcle du Brexit comme l’effondrement inévitable d’un «État né dans le mercantilisme et soutenu par des siècles de domination et de colonialisme», concluant que «le Royaume-Uni tel que nous le connaissons a dépassé sa date limite de péremption».

Dans les autres démocraties, les observateurs se contentent d’assister au désastre, embarrassés. En Inde, un éditorial du Hindustan Times a affirmé : «Cela nous en dit beaucoup sur l’utilité d’organiser des référendums proposant des choix binaires pour traiter des problèmes d’une grande complexité. Le monde entier devrait tirer une leçon de ce que traverse le Royaume-Uni». À Hong Kong, où les défenseurs de la démocratie luttent pour repousser une Chine de plus en plus intrusive, Richard Harris, chroniqueur au South China Morning Post, a critiqué les «attaques personnelles agressives» contre les législateurs pris dans la bataille du Brexit, soutenant que «Churchill devait se retourner dans sa tombe».

Dans les pages du Daily Maverick, quotidien d’Afrique du Sud, l’expert en sécurité David Africa a observé qu’un «conflit entre la politique rationnelle, la politique fondée sur des “vérités alternatives”, et la nostalgie impériale ancrée dans le nationalisme blanc» était à l’œuvre à la fois en Grande-Bretagne et aux États-Unis, compromettant les perspectives d’alliance «à un moment où un partenariat euro-africain dans les domaines du commerce et de la sécurité» pour créer un contrepoids à l’intervention économique chinoise «serait non seulement une véritable nécessité, mais se révèlerait parfaitement possible».

Les impasses de la démocratie
Si les impasses que l’on rencontre de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas identiques, elles révèlent toutes deux les dessous de la démocratie contemporaine. Le shutdown américain est le résultat de profonds clivages politiques et sociaux qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’un président narcissique, dont les positions politiques sont motivées non par la raison, mais par les attentes d’une base politique endurcie et par les conseillers qui ont sa faveur. Alimenté par l’envie de se tenir informé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et par les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont une soif insatiable pour les polémiques qu’ils peuvent liker et partager, le débat privilégie la stratégie de la corde raide à la résolution individuelle des problèmes.

Si les shutdowns précédents, qui se sont produits périodiquement, ont toujours fini par être résolus, celui-ci se distingue des autres : non seulement il a été le plus long de l’histoire américaine, mais il s’est inscrit dans un contexte de désordre de l’administration Trump, qui fait fi des conventions, des problèmes juridiques croissants du président et des questions de plus en plus nombreuses sur la véritable nature de sa loyauté (autre que celle qu’il a envers lui-même). Conférence du 7 février 2019 donnée à l’École des hautes études en sciences sociales sur la crise de la démocratie

En Grande-Bretagne, les enjeux sont encore plus élevés. La décision fatidique de l’ancien Premier ministre David Cameron de risquer un référendum public pour déterminer l’avenir du pays a coïncidé avec une crise sans précédent révélant les frustrations quant au sort des classes moyenne et ouvrière dans un contexte d’immigration croissante, d’automatisation, d’inégalités des salaires et de stagnation salariale. Les organisateurs du référendum sur le Brexit ont fait profil bas dès que la mesure a été adoptée, laissant à la Première ministre Theresa May la mission impossible de convaincre à la fois l’Union européenne et le Parlement britannique de soutenir un accord qui, aussi astucieux soit-il, causerait un préjudice irréparable aux deux parties.

Guerre insidieuse
Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, la démocratie est ébranlée non seulement par son poids naturel, mais aussi par les efforts calculés de l’extérieur pour exploiter ses vulnérabilités et saper sa confiance. Les interférences russes dans l’élection américaine et dans le référendum sur le Brexit, ainsi que dans les élections d’autres pays, sont désormais prouvées. Tant que des technologies beaucoup plus sophistiquées ne seront pas mises au point, protéger les élections à venir contre ce genre de guerre insidieuse de l’information perpétrée par le Kremlin et ses mandataires nécessiterait des efforts actifs et intrusifs pour réglementer les réseaux sociaux et l’information en ligne, qui risquerait de remodeler les débats publics. À l’heure actuelle, ce genre de méthodes constitue une menace permanente pour la démocratie. Et elle ne peut être écartée sans un contrôle beaucoup plus rigoureux de ce qui circule sur Internet, une voie qui comporte des risques évidents et élevés.

Parmi les préoccupations actuelles, aucun des deux pays n’a trouvé comment se protéger, à l’avenir, contre d’autres intrusions du même type, et encore moins comment équilibrer les intérêts concurrents dans un monde où le numérique est en rapide évolution.

Tout cela soulève des questions fondamentales sur la viabilité et l’attrait de la démocratie. Francis Fukuyama a reconnu il y a longtemps que sa théorie de 1992 selon laquelle nous avions atteint la «fin de l’histoire», aboutissant au triomphe mondial de la démocratie libérale, était, au mieux, prématurée. Pourtant, la croyance selon laquelle, toutes choses étant égales par ailleurs, la démocratie est à la fois un système plus juste et plus fonctionnel que n’importe quel autre, reste très répandue. Ce qui signifie que si les pays et les peuples étaient en position de reprendre leur destin en main, la démocratie serait la voie la plus évidente.

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Les États-Unis pourraient taxer les importations de voitures pour une raison « effrayante » selon Angela Merkel

angela merkel et donald trumpLe ministère du Commerce américain estime que les importations de voitures sont une menace pour la sécurité nationale.

La chancelière allemande juge cet argument « effrayant ». L’industrie germanique serait la première touchée par des taxes sur les importations américaines de voitures.

La chancelière allemande a jugé samedi « effrayant » que les États-Unis considèrent les automobiles européennes importées comme une menace pour la sécurité nationale, une mesure qui aggraverait encore les tensions americano-européennes.

« Si ces voitures […] deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors on trouve cela effrayant. Et je ne peux que souligner qu’il serait bon qu’on en arrive à de vrais pourparlers », a affirmé Angela Merkel. L’industrie automobile allemande serait la première concernée par des mesures douanières américaines.

S’exprimant à la conférence sur la sécurité de Munich, où le vice-président américain Mike Pence doit prendre la parole aussi, Angela Merkel a souligné que les voitures fabriquées en Bavière n’étaient pas plus une menace que les mêmes véhicules produits en Caroline du Sud où se « trouve la plus grande usine BMW au monde ».

Le ministère américain du Commerce a conclu que les voitures et les équipements automobiles importés menaçaient la sécurité nationale des États-Unis en affaiblissant leur industrie automobile, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP. Le rapport du ministère devrait être remis au président Donald Trump d’ici la date butoir de dimanche soir. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières et intensifier les tensions avec l’Europe pour laquelle l’automobile est un point sensible.

Les groupes automobiles allemands, dont les géants Volkswagen, Daimler (Mercedes Benz), et BMW ont exporté 470.000 voitures de l’Allemagne vers les États-Unis en 2018, selon les chiffres de la fédération des constructeurs VDA, ce qui représente près d’un tiers de la valeur totale des exportations allemandes vers le pays.

Menace de nouvelles taxes sur les importations
En toile de fond, Washington agite la menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25% sur les importations de voitures et d’équipements automobiles, un épouvantail pour cette industrie en Europe et notamment en Allemagne.

Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l’acier et l’aluminium importés, Donald Trump s’était servi d’une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine : l’article 232, qui s’appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l’importation de produits et de biens aux États-Unis.

Après avoir exempté l’Union européenne et le Canada, la Maison Blanche avait finalement imposé en juin des taxes sur l’acier de ses alliés, suscitant leur indignation et leur incompréhension face à un argumentaire jugé irrecevable et « absurde ».

Le porte-parole de la Commission européenne Daniel Rosario a rappelé jeudi que Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’étaient mis d’accord fin juillet 2018 pour ne pas imposer de taxes douanières supplémentaires tant que les deux parties étaient en discussions.

« L’UE riposterait si les États-Unis décidaient d’adopter une quelconque mesure », a dit Daniel Rosario. Bruxelles a d’ores et déjà préparé une liste de produits qui pourraient être taxés en représailles, à hauteur de 20 milliards d’euros.

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L’ombre d’un nouveau «shutdown» menace les États-Unis

President Trump Delivers State Of The Union Address To Joint Session Of CongressLa Maison-Blanche n’a pas écarté dimanche l’hypothèse d’une paralysie partielle des administrations américaines alors que les négociations entre républicains et démocrates se retrouvent dans l’impasse.

Les négociations entre démocrates et républicains sont dans l’impasse. La Maison-Blanche n’écarte pas l’éventualité d’un nouveau «shutdown» si aucun accord n’était trouvé d’ici le 15 février sur le financement du mur que le président républicain Donald Trump souhaite ériger à la frontière avec le Mexique. «Le “shutdown” du gouvernement est théoriquement toujours sur la table. Nous ne voulons pas en arriver là, mais cette option est toujours ouverte pour le président et le restera», a ainsi menacé dimanche le secrétaire général de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, interrogé sur Fox News.

Fin décembre, Donald Trump avait déjà refusé de signer une loi de finances qui n’inclurait pas un budget de 5,7 milliards de dollars pour le mur qu’il veut faire construire à la frontière avec le Mexique. Un accord avait finalement été trouvé le 25 janvier pour mettre fin à la paralysie partielle des administrations américaines au terme de 35 jours de blocage, un record dans l’histoire des États-Unis. Celui-ci prévoyait un financement des services fédéraux concernés pendant trois semaines, soit jusqu’au 15 février, date à laquelle un nouveau «shutdown» pourrait donc débuter, faute de consensus.

«L’horloge tourne»
Le groupe d’élus chargés de mener les négociations s’était dit optimiste vendredi sur les chances de parvenir à un compromis avant cette échéance. Mais l’un des principaux négociateurs républicains, le sénateur Richard Shelby, a avancé dimanche sur Fox News que «les discussions étaient au point mort». Et de prévenir : «J’espère que nous parviendrons à débloquer la situation (…) car l’horloge tourne». Les négociations butent en raison de désaccords sur la politique de détention des migrants à la frontière avec le Mexique. Les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent de financer autant de lits que le veulent les républicains dans les centres de détention pour migrants.

«Les démocrates ne proposent que très peu d’argent pour le mur dont nous avons désespérément besoin à la frontière», accuse Donald Trump sur Twitter. Son nouveau chef de cabinet par intérim, Mick Mulvaney, a par ailleurs brandi la menace d’un recours à une procédure d’urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires à la construction du mur. «Nous prendrons autant d’argent que l’on pourra nous donner, et nous irons ensuite chercher l’argent ailleurs légalement afin de sécuriser cette frontière sud, mais ce sera construit, avec ou sans le Congrès», a-t-il affirmé. Une telle manœuvre ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s’est gardé jusque-là de franchir le pas.

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Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.

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En 2050, votre garde-robe n’aura rien à voir avec celle d’aujourd’hui

neige.gifVos vêtements peuvent vous aider à saisir la différence entre climat et météo

Alors que le mois de janvier touche à sa fin, la neige a recouvert de larges étendues en Europe et aux États-Unis, où des avis de tempêtes hivernales ont été lancés dans plusieurs États. Le président nord-américain Donald Trump, qui affiche allègrement son climatoscepticisme, a suggéré sur Twitter qu’«une petite dose de ce bon vieux réchauffement climatique» serait bienvenue.

Donald Trump tombe ici dans le même piège que beaucoup d’entre nous : confondre «climat» et «météo». Les tempêtes de neige et la vague de froid qui s’abattent en ce moment sur les États-Unis relèvent de la météo, elles vont durer de quelques jours à quelques semaines au maximum, mais finiront par s’arrêter pour laisser le champ aux ciels bleus et plus tard à un été chaud.

Cette confusion est récurrente, où se situe donc la différence entre «météo» et «climat» ?
De manière très simple, la «météo» fait référence aux conditions quotidiennes de l’atmosphère, la température maximale, la quantité de couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations. Le «climat», quant à lui, décrit les conditions atmosphériques moyennes sur plusieurs années, la quantité annuelle moyenne de pluie, la direction du vent prédominante, ou la saison au cours de laquelle la pluie est susceptible de tomber. Calculer un record «climatique» requiert au minimum trente ans de données, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Cela signifie-t-il que la pluie, le soleil, le vent, les jours chauds et les nuits froides des vingt-neuf dernières années se réduisent à de la «météo» ?  Pas vraiment, notre garde-robe fournit une analogie utile pour bien comprendre cette distinction.

Comment vais-je m’habiller?
Dans cette comparaison, la météo peut être comparée aux vêtements que l’on choisit de porter un jour donné. J’écris cet article d’Afrique du Sud, où janvier et février constituent les mois de l’été les plus chauds de l’année. À cette période, les Sud-Africaines et Sud-Africains portent des shorts, des t-shirts, des robes d’été, des sandales, des tongs ou encore des chapeaux. Il apparaît très peu probable que je porte aujourd’hui un chaud manteau d’hiver, des bottes, une écharpe ou un bonnet.

De tels vêtements conviendront en revanche à l’hiver sud-africain, j’y ajouterai un pantalon chaud, un t-shirt à manches longues et peut-être même un Damart à la mi-juillet. Si le temps s’adoucit demain, avec un risque de pluie, je porterai des chaussures fermées et un léger chandail. S’il fait plus chaud, je pourrai aller à la plage ou à la piscine vêtue d’un maillot de bain et d’une serviette. Bref, ce que nous portons varie d’un jour à l’autre.

Le climat, pour sa part, peut être envisagé comme le contenu de notre garde-robe. Celle-ci est formée d’une multiplicité de vêtements, certains adaptés à l’été, d’autres à l’hiver. Elle représente ainsi l’ensemble des conditions météorologiques que l’on est susceptible de rencontrer dans l’année, et ce pour chaque année que nous vivons dans un lieu donné.

Ce lieu est de première importance: la garde-robe d’une personne vivant à Johannesburg, en Afrique du Sud, diffère considérablement de la collection de vêtements d’une autre habitant à Helsinki, en Finlande. Les Sud-Africains n’auront certainement pas besoin de vêtements thermiques pour des températures inférieures à -20°C, quand les Finlandaises n’auront que faire de robes d’été et de shorts si ce n’est pour partir en vacances. C’est la même chose pour la météo et le climat. Les conditions expérimentées à un endroit diffèrent nécessairement de celles expérimentées à une autre distance des pôles.

Prévisions et projections climatiques
Que cela implique-t-il pour notre compréhension des projections et prévisions climatiques ?  Une prévision correspond à ce que le bulletin météo nous raconte tous les soirs à la télévision ou sur notre application mobile. Elle donne les températures minimales et maximales probables, ainsi que les risques de précipitations et inclut également des alertes en cas d’événements extrêmes susceptibles de se produire dans les vingt-quatre à soixante-douze prochaines heures. La prévision météorologique nous aide ainsi à prévoir ce que nous allons porter le lendemain.

Les projections climatiques, qu’elles proviennent de modèles climatiques régionaux ou globaux ou encore d’une analyse de tendance statistique des fluctuations sur les dernières décennies, nous permettent d’anticiper le climat, des prochaines décennies aux cent prochaines années. Elles nous aident à déterminer bien à l’avance comment faire évoluer le contenu de notre garde-robe, pour aller peut-être vers moins de manteaux épais et davantage de shorts étant donné le contexte de réchauffement global en cours.

Selon l’endroit où nous vivons, certains auront besoin d’un parapluie plus robuste ou d’un vêtement de pluie plus résistant, tandis que d’autres installeront un réservoir d’eau dans leur jardin. Il ne s’agit pas de dépenser notre dernier salaire pour renouveler intégralement notre garde-robe et jeter du jour au lendemain tout ce que nous avons, mais progressivement, au cours des années, des décennies, de se préparer et s’adapter à un monde que les changements en cours risquent de transformer profondément.

Cet article est republié à partir de The Conversation
sous licence Creative Commons

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Donald Trump annonce un accord temporaire de fin du shutdown

donald trumpLe président états-unien a fait savoir qu’il allait signer une loi garantissant le financement de l’administration fédérale pendant trois semaines, jusqu’au 15 février.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé, vendredi 25 janvier, avoir finalement conclu un accord avec le Congrès (le Sénat et la Chambre des représentants) pour mettre fin au shutdown (fermeture) qui paralyse un quart des administrations fédérales et touche 800 000 fonctionnaires depuis plus d’un mois.

Depuis les jardins de la Maison Blanche, Donald Trump a fait savoir qu’il allait signer une loi garantissant le financement de l’administration fédérale pendant trois semaines, jusqu’au 15 février.

Commission bipartisane sur la sécurité à la frontière mexicaine
« Je veux remercier les fonctionnaires et leur famille qui ont montré une dévotion extraordinaire. Vous êtes de vrais patriotes », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : Je vais m’assurer que tous les fonctionnaires vont recevoir leur retard de paie très rapidement.

Cette proposition de loi, qui ne prévoit pas le financement du mur voulu par Donald Trump le long de la frontière mexicaine, sera soumise au vote du Congrès dans la journée. M. Trump a ajouté qu’une commission bipartisane allait se pencher sur la question de la sécurité à la frontière avec le Mexique, pierre d’achoppement qui a empêché républicains et démocrates de trouver un accord depuis le 22 décembre.

Faute d’accord sur son mur, le président états-unien a menacé d’un nouveau shutdown à partir du 15 février, voire de décréter l’état d’urgence nationale. Cette mesure lui permettrait de contourner l’aval de la Chambre des représentants, dominé depuis le début de l’année par les démocrates.

Donald Trump fragilisé par le shutdown
Un nouveau shutdown risquerait cependant de faire perdre à Donald Trump certains de ses soutiens. Vendredi matin, avant l’annonce de l’accord temporaire, le patron des patrons états-uniens et président-directeur général de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a demandé un arrêt « immédiat » du shutdown.

La matinée de vendredi a d’ailleurs été particulièrement marquée par des dysfonctionnement liés au shutdown. A l’aéroport new-yorkais de LaGuardia, de nombreux vols enregistraient des retards. Une part non négligeable (7 %) des effectifs de l’Agence fédérale chargée de la sécurité dans les transports (TSA) s’étaient en effet mis en arrêt maladie, n’ayant pas la possibilité de protester autrement.

D’autant que les effets du shutdown sont déjà bien réels pour les employés fédéraux au chômage forcé ou poussés à travailler sans solde, comme dans le cas des agents de la TSA. Travail d’appoint, économies sacrifiées, recours aux dons …   Beaucoup ont dû s’organiser pour faire face à l’absence de paie, qu’ils reçoivent d’ordinaire toutes les deux semaines. Les sous-traitants aussi ont aussi souffert mais, à la différence des employés fédéraux, ils ne seront pas payés rétroactivement.

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Le prochain sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un aura lieu fin février

donald trump et kim jongLa Maison Blanche a annoncé la tenue du prochain sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un « fin février ». Le président américain s’est dit « impatient » de rencontrer son homologue.

Le prochain sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un aura lieu « vers la fin février », a annoncé vendredi la Maison Blanche, sans préciser le lieu de la rencontre.

« Le président est impatient de rencontrer le président Kim dans un lieu qui sera annoncé ultérieurement », a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif, à l’issue d’une rencontre de 90 minutes dans le Bureau ovale entre Donald Trump et le bras droit de Kim Jong Un, Kim Yong Chol. Donald Trump, 72 ans, et Kim Jong Un, de plus de 30 ans son cadet, se sont rencontrés pour la première fois en juin 2018 à Singapour.

Lors de ce tête-à-tête historique, le premier entre un président américain et un héritier de la dynastie des Kim, l’homme fort de Pyongyang s’était engagé en faveur d’une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », sans détails ni calendrier. Depuis, les négociations patinent.

Dénucléarisation de la Corée du Nord
Washington exige une dénucléarisation « totalement vérifiée » du Nord avant toute levée des sanctions, alors que Pyongyang accuse les États-Unis d’exiger son désarmement unilatéral sans faire de concessions.

Lors de son adresse du Nouvel An, le leader nord-coréen a déclaré qu’il était disposé à rencontrer Donald Trump à tout moment mais a aussi averti que Pyongyang pourrait changer d’attitude si Washington maintenait, malgré le rapprochement diplomatique opéré depuis juin, ses sanctions économiques contre la Corée du Nord.

L’arsenal nucléaire nord-coréen a valu à Pyongyang une impressionnante série de sanctions de l’ONU au fil des ans. Pyongyang a effectué six essais nucléaires et développé et testé des missiles balistiques qui, selon des experts, seraient capables d’atteindre le territoire continental des États-Unis.