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Jeûner, est-ce bon pour la santé ?

jec3bbner-est-ce-bon-pour-la-santc3a9.jpgDangereux, bénéfique, inconscient : on en dit tout, et son contraire.

Qu’en penser et qu’en attendre ?  Le point sur une pratique simple et ancienne pas si farfelue,  ni extrême.

Dans notre société de surabondance, où les troubles liés aux excès ou erreurs alimentaires explosent, le jeûne participe d’une démarche inverse qui, bien que ne faisant pas l’unanimité dans le milieu médical, compte de plus en plus de pratiquants convaincus, qui revendiquent meilleure énergie et réduction de certains troubles.

Arrêter de s’alimenter peut sembler paradoxal car nous croyons nos trois repas quotidiens impératifs à notre vitalité. Pourtant, le corps humain saurait gérer les périodes de jeûne grâce à ses réserves graisseuses : une femme « normale » (ou « sans excès de poids ») peut tenir 40 jours et certains grévistes de la faim ont atteint les 70 voire 80 jours. Non nourri, le corps met en place des stratégies pour se fournir en énergie : il puise dans ses réserves en glycogène, puis dans les acides aminés avant d’utiliser ses graisses, transformées par le foie en corps cétoniques aux effets coupe-faim.

Pourquoi jeûner ?
Pour la majorité de pratiquants, le jeûne est avant tout une parenthèse de complet repos digestif, dont le corps va profiter pour entreprendre un auto-nettoyage de ses déchets métaboliques et toxines. En cela, il participe d’une démarche globale engagée non pour maigrir, mais pour ralentir,  car on en profite pour se reposer et pratiquer des activités douces, retrouver sa vitalité et appréhender différemment l’acte de se nourrir. On distingue le jeûne complet, lors duquel on ne boit que de l’eau, du jeûne partiel pendant lequel on peut consommer un minimum de calories (de 250 à 300) apportées par des jus de légumes ou des bouillons.

Des jeûnes thérapeutiques encadrés
Le jeûne dit « thérapeutique » est ancien en Russie ou en Allemagne, et proposé dans des cliniques avec suivi médical, pour soulager des pathologies chroniques contre lesquelles la médecine classique reste démunie : allergies, arthrose, polyarthrite, problèmes de sommeil.  Des travaux menés sur des malades atteints notamment de polyarthrite montrent que le jeûne réduirait l’inflammation impliquée dans ces maladies.

Des études d’observance, parfois basées sur des diagnostics cliniques, montrent aussi une réduction du risque cardio-vasculaire, une régularisation des constantes biologiques (cholestérol LDL, triglycérides), et de la tension artérielle, ainsi que des effets sur la digestion, le sommeil ou la dermatite atopique. Elles restent souvent à petite échelle car difficiles à mener pour des raisons pratiques.

Enfin, d’après quatre études, dont les travaux de Professeur Valter D. Longo, le jeûne présenterait des effets positifs chez les patients cancéreux, car privées de carburant, les cellules tumorales sont plus sensibles au traitement. La publication de cas de malades ayant jeûné (en accord avec leur oncologue) la veille, le jour et le lendemain des séances de chimiothérapie note une baisse des effets secondaires indésirables (nausées, diarrhées, fatigue, perte de poids). Le jeûne n’est toutefois pas recommandé à tous. il faut être prudent, car certains patients sont dénutris. Par ailleurs, aucune étude n’a montré un effet préventif anti-cancer du jeûne.

Quelles précautions ?
Une récente étude américaine, publiée en 2018 par John S. Finnel, a suivi 768 patients ayant jeûné (sous contrôle médical) et a montré que certains troubles peuvent survenir pendant le jeûne, surtout les trois premiers jours, qui sont aussi les plus difficiles : fatigue, nausées, insomnies, maux de tête, douleurs dorsales. Dans la majorité des cas, ils restent légers et ne remettent en cause ni la santé, ni la suite du jeûne.

Toutefois, on peut conseiller d’effectuer un bilan médical avant son premier jeûne, et de consulter si les troubles ne s’estompent pas ou s’aggravent. La pratique est bien sûr interdite aux femmes enceintes ou allaitantes, ados, personnes âgées, sportifs.  Le ministère de la Santé recommande prudemment de l’effectuer dans une structure médicalisée mais il n’en existe pas en France. Certains lieux proposent un accompagnement non médicalisé par des pratiquants réguliers et naturopathes pour aider à gérer la pratique.

Pour s’initier moins de 36 heures : Une journée de jeûne hebdomadaire permet de se familiariser avec la pratique. On dîne le soir, on jeûne toute la journée du lendemain pour ne remanger que le soir (24 heures) ou même le lendemain matin suivant (36 heures).

Pour s’y mettre vraiment de 4 à 10 jours : Idéalement, on se prépare quelques jours avant, en réduisant progressivement ses apports et supprimant certains aliments.
J-5 : viandes, poissons et excitants (thé, café, alcool, chocolat).
J-4 : produits laitiers, légumineuses et oeufs.
J-3 : céréales et blé. Jusqu’au jeûne: on consomme des fruits et légumes, crus et cuits, avec des huiles végétales.
Après : on recommence à s’alimenter progressivement en réintégrant les aliments en sens inverse de leur suppression.

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Comment devenir journaliste malgré la crise ?

journalisteDans un contexte de crise de confiance envers les journalistes, et surtout de crise que traversent les grands médias, ce métier continue de séduire les jeunes.

Mais comment peut-on devenir journaliste ?  En quoi consiste le métier ?  Quel est le salaire des débutants ?  Quelles sont les meilleures écoles ?  Comment trouver son premier poste ?   Le Figaro Étudiant vous donne les pistes à suivre.

Si journaliste fait partie des métiers les plus détestés des Français, et des professions qui recrutent le moins, ce métier attire paradoxalement toujours autant les jeunes. La preuve, le dernier concours de l’IJBA Bordeaux a attiré 913 candidats pour seulement 36 places, soit 3,9 % de réussite seulement. Élise Lucet, la célèbre présentatrice de «Cash Investigation» et d’«Envoyé Spécial» ou David Pujadas, aujourd’hui présentateur sur LCI font toujours rêver. En 2018, selon l’Observatoire des métiers de la presse, on comptait 35 297 journalistes en France. 57,7% des journalistes travaillent en presse écrite, 16,7 % en télévision, 9,7% en radio et 9,1% en agence de presse.

La création de newsrooms a provoqué un appel d’air
La presse écrite reste le secteur dominant parmi les cartes de presse. Mais la crise qui sévit dans de nombreux journaux a des conséquences. Le nombre de cartes de presse est, en 2018, en baisse de 0,4 % par rapport à 2017. «On a connu beaucoup de regroupements de titres de presse ainsi que des plans sociaux parmi les gros titres, donc, oui, forcément, la crise a un impact sur le nombre de journalistes», affirme Claude Cordier, vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. «Toutefois, la création de newsrooms (salles de presse web) a provoqué un appel d’air», souligne Julie Joly, directrice du CFJ, qui souligne que ses diplômés trouvent tous du travail à l’issue de leurs études.

Quel métier ?
«La plus belle définition du métier de journaliste est celle d’Albert Londres : «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Le journaliste a pour principale mission d’informer le public. Le reporter recueille une nouvelle et la vérifie. Doté d’une grande réactivité, il est à l’affût de l’actualité. Une fois la nouvelle récoltée, il croise ses sources afin de mettre à la disposition de son public une information fiable. Il cisèle ensuite son écriture pour rendre le message accessible au lecteur et choisit un angle d’attaque original, susceptible de l’attirer. «Mais comme l’explique Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro, être journaliste, c’est aller plus loin que la «petite phrase», et expliquer le sens des petits et des grands silences, c’est aller auprès des gens, raconter leur vie non pas comme nous l’imaginons mais comme ils la vivent. C’est douter à chaque instant de ce qu’on nous dit, en n’oubliant jamais que rien n’est pire que de se faire instrumentaliser sans s’en rendre compte».

«Le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses clairs et ses obscurs»
Pour Charles Haquet, grand reporter au service étranger de L’Express, «un journaliste décrit la réalité, telle qu’il la perçoit. Il apporte à ses lecteurs des clés de compréhension du monde, en essayant d’être le plus objectif possible, et de donner la parole à toutes les parties. Affranchi des pouvoirs, le journaliste donne un éclairage indépendant, c’est le garant de sa crédibilité. En reportage, le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses contrastes, ses clairs et ses obscurs. Le journaliste joue aussi un rôle de contre-pouvoir».

Le journaliste peut travailler pour la télévision, la radio, une agence de presse, un journal papier ou un site web. Ce métier recouvre un large panel de fonctions, allant du journaliste reporter d’images (JRI), au journaliste radio, en passant par le secrétaire de rédaction et par l’agencier. Le JRI (journaliste reporte d’image) réalise des reportages pour la télévision ou le web. Le journaliste radio doit avant tout avoir une bonne voix, une bonne diction. Quant au secrétaire de rédaction (SR), il relit et corrige les papiers des rédacteurs, destinés au print, c’est-à-dire à la presse papier. Il est un maillon essentiel de la chaîne. L’agencier, lui, travaille au service d’une agence de presse. Autrement dit, il travaille dans un organisme qui recueille des informations et les vend aux médias. Ainsi, ces derniers obtiennent des informations sur des pays dans lesquels ils n’ont pas assez ou pas du tout de journalistes et peuvent informer leurs lecteurs en temps réel.

Internet a transformé le métier de journaliste
L’arrivée d’Internet dans les années 2000 a bouleversé le métier de journaliste. Les journalistes d’aujourd’hui doivent être plus réactifs, écrire rapidement avec des titres plus accrocheurs. Les médias usent des réseaux sociaux afin de partager leur contenu et d’augmenter leur audience. Jean Bernard Litzler, journaliste au Figaro Immobilier, est témoin de cette évolution. «Le web offre plus de liberté, de souplesse que le papier mais j’avais choisi la presse écrite pour avoir un temps de recul. Maintenant, c’est fini. Le web c’est la tyrannie du temps réel», assène-t-il. Un journaliste peut se spécialiser dans divers domaines dont le sport, l’économie, la culture ou encore la politique. «Dans mon cas, être journaliste c’est expliquer de manière pédagogique la fabrique de la loi et ses conséquences sur le quotidien des Français», explique Delphine Girard, journaliste à Public Sénat, chaîne de télévision politique et parlementaire.

La carte de presse permet d’entrer dans les tribunaux
Le statut de journaliste donne droit à une carte de presse, renouvelée tous les ans et attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Elle certifie que l’individu exerce en tant que journaliste. «La carte de presse est un outil de travail, qui permet d’entrer dans les tribunaux, le palais de justice ou les ministères, par exemple. Elle donne des accréditations pour couvrir des manifestations officielles. C’est aussi un outil de protection qui permet aux journalistes de passer les checkpoints (frontières), en temps de guerre. En tant qu’outil social, elle permet de voir son ancienneté professionnelle reconnue au sein de son entreprise. Cet outil professionnel établit également que l’on est journaliste», définit Claude Cordier vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. La carte de presse permet aussi au journaliste d’obtenir une entrée gratuite dans les musées nationaux. Elle offre enfin à son bénéficiaire des avantages fiscaux. Chaque journaliste peut ainsi déduire de ses revenus imposables une somme plafonnée à 7650 euros.

60 ans de journalismeLa profession a toutefois perdu de son prestige, et avec le web, les conditions d’exercice sont beaucoup plus rudes que par le passé, comme le souligne le plus vieux journaliste de France, Philippe Bouvard, qui a connu la presse des années 50. «Seuls les détenteurs d’une véritable vocation ne cherchent pas plus loin que la fonction qui consiste à servir d’intermédiaire entre l’actualité et le consommateur d’informations. Pour le statut social, ils repasseront car il y a belle lurette que, même en province, les journalistes ont cessé d’être considérés comme des notables», écrit-il dans son ouvrage Je crois me souvenir… , 60 ans de journalisme (Flammarion).

Les plus du métier : Cette profession est véritablement exaltante. Exit le quotidien morose et répétitif. Le journaliste découvre sans cesse de nouveaux visages et des paysages inconnus. «J’aime m’intéresser au quotidien des autres», explique Johan, tout juste sorti du CUEJ Strasbourg. Marguerite, étudiante en dernière année à l’EjT, rejoint Johan sur cette impression de découverte permanente. Elle apprécie de faire de nouvelles rencontres. «L’avantage de ce métier pour moi, qui suis surtout intéressée par la culture, c’est qu’on a accès aux coulisses et à un nombre insensé de choses auxquelles le grand public n’aura jamais accès», s’extasie-t-elle. C’est également un métier stimulant d’un point de vue intellectuel. Le journaliste ne cesse d’apprendre des nouvelles choses. Il peut aussi retirer la satisfaction d’apprendre quelque chose à son public, qu’il soit auditeur, téléspectateur ou lecteur.

Les moins du métier : Ce métier est prenant, voire chronophage. Charles Haquet, de L’Express, reconnaît que son métier est difficilement compatible avec une vie de famille : «Dans mon cas, je voyage fréquemment, ce qui implique une charge de travail plus importante pour ma femme qui doit s’occuper des enfants lorsque je suis parti. Et puis, les dîners annulés en cas de départ précipité, les week-ends passés à l’étranger, le décalage horaire au retour : toutes ces contraintes demandent beaucoup de compréhension de sa part», avoue-t-il.

En effet, le journaliste ne compte pas ses heures. Il doit être prêt à travailler le week-end et les soirs de semaine. En radio, les matinaliers doivent être prêts à se lever à 4 heures du matin. De même, comme le souligne Marguerite, élève de l’EJT, l’actualité est imprévisible. Il n’est donc pas aisé de s’organiser. Enfin, autre inconvénient, c’est un travail qui peut être précaire. À la sortie de l’école, les jeunes diplômés trouvent rarement un CDD ou un CDI et ont souvent le statut de pigiste.

Quel profil ?
Il n’y a pas un seul profil type pour devenir journaliste. «À partir du moment où la personne est curieuse, passionnée, désireuse d’apprendre et de transmettre, ce métier est ouvert dans l’absolu», constate Pierre Ginabat, directeur de l’EJT. «Nous avons dans l’école aussi bien des «geeks» (passionnés d’informatique NDLR), que des littéraires, des passionnés d’actu. Mais ils ont un point commun, la curiosité et la volonté de transmettre l’information», complète Julie Joly, directrice du CFJ. Cette profession nécessite toutefois certaines qualités: une solide culture générale, un esprit critique prononcé, une certaine «originalité», selon Johan, et un goût pour le contact humain. Il est également préférable de maîtriser plusieurs techniques de réalisation : l’écriture, la photo et la vidéo. C’est un métier ouvert aux femmes. D’ailleurs, la profession se féminise de plus en plus. En effet, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels relève 47% de femmes et 53% d’hommes parmi les détenteurs de la carte de presse en 2018.

Quel âge ?
Il n’y a pas d’âge pour être journaliste. Toutefois, en ce qui concerne les études de journalisme, c’est différent. Certaines écoles imposent une limite d’âge aux candidats. Pour postuler au CFJ Paris, par exemple, il faut être âgé de moins de 26 ans au 31 décembre de l’année du concours, sauf si la direction accorde une dérogation.

Quel bac ?
Si les étudiants qui se destinent à des études de journalisme suivent un bac général, il n’est pas obligatoire de faire un bac littéraire. Certains cursus sont accessibles dès le bac mais la plupart exigent un bac+3 minimum ainsi que des stages dans des médias.

Quelles études ?
Aucune formation spécifique n’est obligatoire pour devenir journaliste. Toutefois, le fait de faire une école de journalisme permet de trouver plus facilement du travail. «L’étudiant va découvrir ses atouts, apprendre aux côtés de journalistes confirmés, occupera tous les postes d’une rédaction, participera à des concours organisés par de grands médias. Ce qui lui permettra de se faire repérer, et de faciliter son insertion professionnelle», expose Julie Joly du CFJ.

Il existe deux types d’écoles de journalisme. Les plus convoitées sont les 14 écoles reconnues par la profession, ce sont les écoles qui répondent aux critères de la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes).

Les écoles publiques reconnues : Parmi les écoles, certaines sont publiques: l’école de journalisme de Sciences Po, l’IUT de Lannion, l’IUT de Nice, l’EPJT de Tours, le CUEJ de Strasbourg, le Celsa de Paris, l’EJDG de Grenoble, l’IFP Paris, l’IJBA de Bordeaux et l’EJCAM de Marseille.

Les écoles privées reconnues : D’autres formations, à l’instar du CFJ Paris, de l’EJT Toulouse, de l’ESJ Lille ou de l’IPJ Paris sont privées. L’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille est considérée comme la meilleure école, à l’échelle nationale, selon le classement des meilleures écoles de journalisme du Figaro Etudiant réalisé en 2018.

Ces écoles sont le plus souvent accessibles sur concours après un bac +3. Aucune licence n’est privilégiée. Certains font une classe préparatoire (littéraire, économique voire scientifiques), ou une licence d’histoire de sciences politiques ou un IEP (Institut d’études politiques). «La base, c’est de s’intéresser énormément à l’actualité et aux autres. Pour cela, on peut faire de la littérature, des maths, des sciences, de l’histoire, du droit, de l’économie», insiste Pierre Ginabat, directeur de l’École de journalisme de Toulouse. À titre d’exemple, Jean-Bernard Litzler, journaliste au Figaro immobilier, a suivi des études à l’IEP Strasbourg avant d’entrer au CFJ Paris.

Des prépas en journalisme existent pour se préparer aux concours (moins de 5 % de réussite). L’ESJ Lille propose, par exemple, la prépa égalité des chances. Il s’agit d’une préparation aux concours des écoles de journalisme ouverte à de jeunes boursiers. Ipésup propose une formation spécialisée aux sept meilleures écoles de journalisme, à raison d’une demi-journée hebdomadaire de cours pendant quatre mois. Depuis 2017, le CFJ s’associe à l’école W pour proposer une préparation aux concours de journalisme.

Toutefois, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues restent minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Que valent les écoles non reconnues ?
Beaucoup sortent d’écoles non reconnues. On peut citer, de manière non exhaustive le CFPJ, l’ESJ Pro, l’IEJ Paris, l’ISCPA, l’ISFJ, Studio école de France, HEJ, EFJ à Levallois. D’autres sortent de l’université lesquelles proposent des formations professionnelles comme le master 2 métiers du journalisme de l’Université de Montpellier par exemple, ou le master journalisme de l’Université de Cergy-Pontoise. Moins sélectives que les écoles reconnues, elles permettent néanmoins aux meilleurs éléments d’intégrer des rédactions nationales. À titre d’exemple, Adrien Renouard vient de signer un CDI à l’édition premium du Figaro, à 26 ans, après avoir fait une licence d’histoire puis un master de journalisme à l’Université Catholique de Lille, cursus non reconnu par la profession. Il enrichit des articles et les met en valeur.

Toutefois, encore aujourd’hui, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues sont minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Combien coûtent les études ?
Lorsque l’école est publique, les élèves paient des droits universitaires. Il faudra compter 4 500 euros par an pour l’ESJ Lille, une école privée, par exemple. Les frais de scolarité de l’EJT Toulouse, école privée elle aussi, s’élèvent à 4 250 euros par an, en première et en deuxième année, et à 3 000 euros en dernière année. Pour l’IJBA Bordeaux,école publique, les frais d’inscription universitaires sont appliqués, soit environ 256 €. Pour l’ESJ Paris, cursus non reconnu, il faut payer 6 000 euros par an environ.

Comment trouver son premier job ?
Il n’est pas aisé pour les journalistes débutants de s’assurer une situation stable. Pour se faire remarquer positivement, Pierre Ginabat recommande vivement de se montrer appliqué et rigoureux. «Un journaliste impliqué, sur qui on peut s’appuyer et avoir confiance se démarquera du lot», assure-t-il.

Delphine Girard, de Public Sénat, conseille de «tout lire, les journaux, les hebdos, des romans. S’informer tout le temps. Il faut s’accrocher car le métier n’est pas facile et la précarité reste la règle avec beaucoup de CDD ou de piges mais c’est un métier formidable avec une actualité toujours surprenante».

Charles Haquet, grand reporter à L’Express, recommande de s’entraîner à la manière d’un sportif. «C’est un métier «artisanal», qui demande de la répétition. Il faut travailler ses gestes: apprendre à poser des questions, à mettre à l’aise ses interlocuteurs, à bien préparer ses interviews, à travailler son plan, à bien travailler ses «accroches», à voir comment font les autres, à enrichir son vocabulaire et à réfléchir en permanence à sa pratique», affirme-t-il. Il encourage les jeunes journalistes à ne jamais cesser d’y croire.
Faire jouer son réseau

Le jeune diplômé peut également envoyer des idées de sujets à des rédacteurs en chef afin que ceux-ci puissent leur proposer de piger pour leur média. Si un journaliste souhaite postuler à une offre ou bien soumettre une candidature spontanée, il doit envoyer un CV, bien sûr, mais il ne doit pas hésiter à insérer des liens vers ses publications. Le recruteur sera ainsi à même d’évaluer les productions du candidat.

Faire jouer son réseau, construit lors de l’école de journalisme, est aussi indispensable. Outre les groupes réservés aux étudiants des écoles, des groupes Facebook, comme «Réseau journalistes et médias: offres d’emploi, de piges, de collaborations» ou «Emplois dans la presse.com» ou encore «Entre2piges.com» permettent de publier des offres d’emploi.

Difficile de le nier : le métier se précarise. D’après l’Observatoire des métiers de la presse, il y a 10 ans, les CDI représentaient la plus grande part du total des premières demandes de cartes de presse, élément servant à prouver l’activité de journaliste. Aujourd’hui, ce sont les pigistes rémunérés à l’article, au reportage ou à la photo qui sont en tête (37,2%). Les CDD représentent 34,1% des nouvelles demandes de cartes et les CDI, 28,3%. Paradoxalement, le chômage est faible. Et seulement 1350 cartes chômeurs ont été attribuées en 2018 (3,82 % des journalistes). Elles sont accordées à des journalistes titulaires de la carte de presse mais qui sont au chômage. La particularité de ce métier est qu’un journaliste qui perd son travail peut toujours travailler comme pigiste.

Quel salaire ?
Selon l’Observatoire des métiers de la presse, le revenu médian brut mensuel des journalistes en CDI, en 2017, était de 3 591 euros brut. Les CDD gagnaient 1 954 euros. En ce qui concerne les pigistes, ils avaient un revenu médian de 2 000 euros.

Selon la grille des salaires publiée par le SNJ (syndicat national des journalistes), dans un quotidien parisien, la pige est payée 66,98 € le feuillet (1500 signes), un rédacteur stagiaire (diplômé d’une école agréé par la profession, embauché mais pas encore titulaire de la carte de presse) 2162, 62 € brut, un chef de service 3541,32 € par mois, un rédacteur en chef adjoint 4517,25 €, un rédacteur en chef 5430 , 49 €.

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Avec «Fluo», la région du Grand Est donne un nouveau nom à son réseau pour simplifier la vie des voyageurs

transport fluo grans est« Fluo Grand Est » est le nouveau nom du réseau régional de transport, dévoilé ce jeudi à Metz. Le but : unifier et simplifier l’offre pour les voyageurs de la région.

Sous cette marque, on retrouve les lignes du TER Grand Est mais aussi les dix réseaux routiers, interurbains et scolaires que gère le conseil régional.

« Fluo » est aussi le nom d’un portail unique en ligne, qui calcule les itinéraires dans la région et le meilleur trajet en temps réel.

Ne dites plus « TER Grand Est », mais « Fluo Grand Est ». Non pas que les trains s’apprêtent à se transformer en rames fluorescentes, sauf quelques petites touches de couleur ici et là. « Fluo Grand Est » est le nouveau nom du réseau régional de transport, dévoilé ce jeudi à Metz.

Une appellation sous laquelle on retrouve donc les lignes de trains régionaux en Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne mais aussi les dix réseaux interurbains et scolaires hérités des trois anciennes régions et dont la gestion est revenue au Grand Est : Livo, Marne Mobilité, TED, TIM, Réseau des Transports de la Meuse, Les lignes de Haute Alsace, Réseau 67, les réseaux des interurbains et scolaires de l’Aube, de la Haute-Marne et le réseau des Ardennes. Tous ne forment désormais plus qu’un réseau unique.

« Est-ce que c’était franchement nécessaire ? »
Cette nouvelle marque sera progressivement visible sur les différents matériels roulants (trains, autocars et navettes), indique la région Grand Est, ainsi que sur les différents supports du réseau. « Est-ce que c’était franchement nécessaire ? », demande un voyageur, Marc. Oui, selon la région qui l’a décidé dans un souci d’unifier, simplifier ce vaste réseau (lire encadré) et donc le parcours des clients.

Plusieurs usagers du réseau de transport régional s’interrogent sur la somme déboursée pour mettre en place cette nouvelle marque et la communication autour d’elle : « On aurait pu mettre cet argent ailleurs », suggère l’un d’eux. « Dans l’accessibilité au train, les conditions de voyage, la ponctualité … », poursuit son voisin. Le montant de cette opération (naming, mise en place sur le terrain et création du portail unique) s’élève à 20.000 euros, a indiqué le conseil régional en fin de journée jeudi.

Un portail complet pour simplifier les trajets
Outre les véhicules sur ce réseau routier et ferroviaire, «Fluo» est aussi un calculateur d’itinéraire régional. Un portail unique, mix d’un Google Maps, Mappy et application SNCF  capable de proposer le meilleur trajet en temps réel, combinant tous les modes de déplacement : le nouveau système d’information multimodale remplace ceux des anciennes régions, à savoir SimpliCIM en Lorraine, Vitici en Champagne-Ardenne et Vialsace en Alsace.

« C’est plutôt une bonne chose d’avoir unifié tout ça sous une seule et même identité. Et ça donne du boulot aux graphistes et imprimeurs, résume la Bas-Rhinoise Tatiana. Après, en tant que passagère du train, un nouveau nom ne va pas changer grand-chose s’il n’y a pas de nouveautés au niveau des prestations. J’utilise déjà l’appli de la SNCF pour mes horaires, je ne compte pas en changer. Je pense que les gens sont plus intéressés par l’ouverture à la concurrence parce que cela peut influer sur le niveau de service ou le tarif des billets et abonnements. »

Le transport ferroviaire dans le Grand Est est le premier réseau hors région parisienne en nombre de trains par jour. Soit 1.700 trains par jour sur 2.727 kilomètres de voies ferrées, dans 396 gares et transportant 170.000 voyageurs par jour.  Ce à quoi il faut ajouter les 326 lignes routières du réseau interurbain et les 3.500 circuits de transport scolaire (235.000 élèves transportés par jour).

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Accord HLM / gouvernement sur un « cadre financier » 2020-2022

hlmLe secteur du logement social, l’un des principaux pourvoyeurs d’économies depuis le début du quinquennat, a signé jeudi avec le gouvernement un accord de compromis réduisant l’effort demandé aux bailleurs sociaux sur la période 2020-2022.

Un deuxième accord, formalisant un plan d’investissement de neuf milliards d’euros d’Action Logement pour soutenir le logement social et financer d’autres mesures en faveur du logement, a été signé en parallèle.

Ces deux accords, fruits de plusieurs mois de négociations menées sous la houlette du Premier ministre, « permettent au secteur du logement social de poursuivre ses missions », est-il précisé dans un communiqué diffusé par Matignon, qui salue « l’effort significatif réalisé par l’ensemble des signataires. »

Le « pacte d’investissement pour le logement social » formalise un « cadre financier de trois ans » visant à « donner de la visibilité » aux bailleurs sociaux tout en « favorisant les efforts de construction et de rénovation du logement social »,

Le gouvernement comptait initialement économiser 1,5 milliard d’euros par an à partir de 2020 par le biais de la baisse des aides personnalisées au logement pour locataires du parc social, que les organismes HLM ont dû compenser en réduisant d’autant leurs loyers, et donc leurs recettes.

Moins d’économies imposées aux HLM
Dans un contexte de ralentissement de la production de logements sociaux et de tassement généralisé dans le secteur du logement, cet objectif, qui avait été régulièrement dénoncé par les organismes HLM, a finalement été revu à la baisse.

Cet accord ramène à 1,3 milliard d’euros par an l’économie réalisée par l’État grâce à ce mécanisme, tout en limitant à 950 millions d’euros par an l’impact sur les comptes des bailleurs sociaux grâce à des mesures complémentaires.

Au-delà des 900 millions d’euros de baisse des loyers,  un montant déjà atteint cette année, après 800 millions en 2018,  il est prévu que les organismes HLM réalisent des économies de gestion à hauteur de 50 millions d’euros sur 2020-2022.

Parallèlement, la contribution des bailleurs sociaux au Fonds national des aides à la pierre (FNAP), un établissement public qui contribue à l’entretien du parc social  sera réduite de 300 millions d’euros par an, une mesure intégralement compensée par Action Logement, l’ex-« 1% logement ».

Ils bénéficieront également de 50 millions d’euros de remises commerciales sur les intérêts de leur dette de la part de la Caisse des dépôts (CDC).  Au-delà de ces principes financiers, diverses dispositions de soutien à l’investissement sont prévues, avec notamment la participation de la CDC, qui compte déployer cinq milliards de nouveaux prêts et 800 millions d’euros de fonds propres.

Les HLM contestent toujours la baisse des APL
Le taux de TVA, qui avait été relevé de 5,5% à 10% pour la construction et la réhabilitation dans le logement social (avec un coût d’environ 800 millions d’euros pour le secteur) sera par ailleurs ramené à 5,5% mais seulement pour les opérations réalisées dans certains types de logements sociaux.

En contrepartie, les organismes HLM se sont engagés à construire 110.000 logements sociaux par an et à accélérer les rénovations thermiques dans le parc social, avec un objectif de 125.000 logements par an.

L’Union sociale pour l’habitant (USH), qui a validé les clauses de cet accord mercredi soir, le décrit comme un « signal positif », alors que deux millions de ménages attendent de pouvoir bénéficier d’un logement social.

Son président Jean-Louis Dumont a précisé dans un communiqué que la ratification de cet accord ne « va(lait) pas acceptation de la compensation par les organismes de la baisse des APL sur les locataires du parc social (…), une mesure injuste ».

L’organisme Action Logement, qui gère de façon paritaire la participation des employeurs à l’effort de construction, a revu les modalités de son plan d’investissement volontaire de neuf milliards d’euros présenté en janvier pour l’articuler avec l’accord conclu entre L’État et les acteurs du logement social.

Également signé jeudi, ce plan programme un renforcement du soutien d’Action Logement au secteur de logement social, au-delà de la seule compensation de la baisse de la contribution des organismes HLM au FNAP. Il prévoit également des financements pour la rénovation énergétique de logements de ménages modestes, pour la réhabilitation de copropriétés dégradées et pour des aides à la mobilité des salariés.

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Microsoft passe la barre des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière

MicrosoftCet exploit du géant de l’informatique est la récompense de plusieurs années d’une transformation en profondeur menée par son PDG, Satya Nadella.

Le duo s’est transformé en trio, Jeudi, Microsoft a brièvement dépassé la barre symbolique des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière. L’exploit s’est déroulé lors de l’ouverture du Nasdaq, où est cotée l’entreprise, et fait suite à la publication, quelques heures plus tôt, des bons résultats financiers du géant de l’informatique pour les trois premiers mois de l’année 2019.

Microsoft est la troisième société américaine à dépasser ce fameux cap, après Apple et Amazon. Le fabricant de l’iPhone et le géant de l’e-commerce avaient respectivement atteint ce niveau en août et en septembre 2018. Ils sont depuis repassés en dessous. À titre de comparaison, le PIB de la France en 2017 était de 2582 milliards de dollars. Jeudi après-midi, l’addition des capitalisations boursières d’Apple, Amazon et Microsoft s’élevait à 2910 milliards de dollars.

Pour Microsoft, cet événement est la récompense de plusieurs années d’une transformation en profondeur menée par son PDG, Satya Nadella. Le géant de l’informatique, d’abord connu pour son système d’exploitation Windows et ses différents logiciels, a largement investi dans le cloud, proposant aux entreprises d’utiliser des versions dématérialisées de ses services et même d’héberger et d’analyser leurs données à leur place.

Microsoft est désormais un concurrent direct d’Amazon et de sa division cloud, la très lucrative Amazon Web Services. Ces différents investissements ont permis à Microsoft de répondre aux besoins des entreprises et de construire un nouveau modèle économique fondé sur l’abonnement, particulièrement apprécié des investisseurs.

En 2018, le chiffre d’affaires annuel de Microsoft s’est établi à 110,4 milliards de dollars, en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente.

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Carlos Ghosn retrouve la liberté, mais sous strictes conditions

Carlos GhosnL’ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn est sorti de prison dans la soirée de jeudi à Tokyo, libéré sous caution mais dans des conditions strictes, avec notamment l’interdiction de voir son épouse sans l’autorisation préalable du tribunal.

« Restreindre les communications et le contact entre ma femme et moi est cruel et inutile », a à cet égard réagi vendredi M. Ghosn dans un communiqué en anglais diffusé par ses avocats.

Le tribunal de Tokyo chargé de l’affaire avait à la mi-journée accepté sa requête en vue de sa libération, mais le bureau des procureurs avait aussitôt fait appel, jugeant « regrettable » que le juge ait donné son feu vert « en dépit de craintes de destruction de preuves ».

Ce recours a été rejeté quelques heures plus tard et sa libération est devenue effective peu après.  L’ex-PDG de Renault-Nissan est sorti à 22H22 (13H22 GMT) d’un pas assuré, encadré par des gardiens, portant un costume sans cravate, sous les flashes des appareils photo, avant de monter dans un véhicule noir, selon des journalistes de l’AFP sur place.

L’image tranchait avec celle de sa première libération sous caution le 6 mars : il était alors apparu déguisé, coiffé d’une casquette bleue, dans un uniforme d’ouvrier de voirie, le visage barré de lunettes et d’un masque de protection blanc, un accoutrement qui avait fait de lui la risée des médias alors même qu’il visait à duper les journalistes massés devant la prison. L’avocat à l’origine de ce scénario avait dû ensuite présenter ses excuses pour cet « échec » qui avait terni la réputation de son illustre client.

Strictes conditions
Le magnat de l’automobile déchu de 65 ans, qui était retourné dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) début avril après une nouvelle arrestation surprise, a dû payer une deuxième caution, cette fois de 500 millions de yens (quatre millions d’euros).

Carlos Ghosn s’était déjà acquitté d’une grosse somme (un milliard de yens) pour obtenir le droit de quitter le 6 mars la prison, où il avait passé 108 jours dans la foulée de son interpellation initiale le 19 novembre dernier pour des malversations financières présumées.

L’ancien grand patron est désormais à l’air libre mais soumis à de strictes conditions : « assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite », a précisé le tribunal.

Surtout, il n’a le droit de voir son épouse que « si le tribunal approuve une requête » en ce sens, a expliqué son avocat, Me Junichiro Hironaka, à la presse. Carole Ghosn, dans le viseur des procureurs pour son rôle supposé dans un des volets de l’affaire, est en outre soupçonnée par le parquet d’avoir contacté des protagonistes du dossier.

Au cours de sa précédente remise en liberté, Carlos Ghosn avait pu retrouver sa famille dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n’avait pas le droit de s’absenter plus de trois jours. Il retournera dans le même logement, selon Me Hironaka.

Si un nouveau rebondissement n’est pas à exclure dans cette affaire hors normes, qui a vu la chute d’un des plus puissants PDG de la planète au moment où il s’apprêtait à tirer sa révérence, la dernière mise en examen de Carlos Ghosn semble clore les investigations du parquet.

La justice critiquée
Ce dirigeant franco-libanais-brésilien est sous le coup de quatre inculpations : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d’abus de confiance aggravé.

La dernière affaire, la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, d’un montant de cinq millions de dollars, selon le bureau des procureurs.

Face à ce qu’il qualifie d' »acharnement judiciaire », M. Ghosn a usé de plusieurs moyens – entretien avec quelques médias dont l’AFP, communiqués, comparution à sa demande devant un tribunal  pour clamer son innocence et dénoncer un « complot » ourdi par Nissan à son encontre.

Dans une récente vidéo, enregistrée la veille de sa ré-arrestation le 4 avril mais rendue publique quelques jours plus tard, il a encore insisté sur la thèse du piège tendu par les dirigeants du groupe japonais afin de le faire tomber et de stopper ainsi le processus de fusion Renault-Nissan qu’il préparait.

Sa épouse Carole se mobilise depuis des semaines pour dénoncer le traitement dont fait l’objet son mari. Sa campagne est soutenue par plusieurs avocats étrangers comme japonais et des organismes internationaux, qui estiment que le système judiciaire nippon ne respecte pas les droits de la défense, dénonçant des interrogatoires répétés, sans avocat, pendant la garde à vue.

Maintenant qu’il a la possibilité de passer autant de temps qu’il le souhaite avec ses avocats, Carlos Ghosn va pouvoir se consacrer activement à la préparation de son procès qui n’est pas attendu avant plusieurs mois.

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Hommage du cinéma français à son dernier « grand duc » Jean-Pierre Marielle

Jean-Pierre MarielleLe monde du cinéma français a rendu hommage jeudi à l’acteur Jean-Pierre Marielle, décédé la veille à l’âge de 87 ans, louant son élégance et sa voix caverneuse.

Inoubliable interprète de Monsieur de Sainte-Colombe dans « Tous les matins du monde » (1991), le comédien est mort d’une longue maladie, a annoncé son épouse, l’actrice Agathe Natanson, à l’AFP.

« Quel coup dur, je suis effondré « , a réagi Jean-Paul Belmondo, son ami du conservatoire avec qui il a fait les « 400 coups ». « C’était plus qu’un ami », a souligné « Bébel », saluant la mémoire d' »un grand comédien, une forte personnalité sachant tout à la fois manier l’humour de façon redoutable et travailler avec le plus grand sérieux ».

« Jean-Pierre est parti rejoindre Jean, Philippe et les autres … C’est tout un cinéma qui part avec lui », écrit le réalisateur et comédien Guillaume Canet sur les réseaux sociaux. Avec Jean Rochefort et Philippe Noiret, ses acolytes des « Grands Ducs » déjà disparus, Jean-Pierre Marielle incarnait toute une époque.

« Qu’est-ce qu’un acteur ?  Une voix, un phrasé. Il avait une voix, il avait un phrasé, une grande originalité, il détestait les modes, les ambiances, les doxas », relève le comédien Fabrice Luchini sur RTL.

« Les César ?  Rien à foutre »
Pour le cinéaste Jean-Pierre Mocky qui a travaillé avec lui, Jean-Pierre Marielle « avait beaucoup de prestance ». « Il jouait des rôles de fanfaron. Même dans la vie, c’était un grand gars, il était très drôle, il passait son temps à faire des plaisanteries », a-t-il dit sur Franceinfo.

Le cinéaste Bertrand Blier, qui a fait trois films avec l’acteur, a souligné sur RTL que Jean-Pierre Marielle était « très particulier ». « C’était un garçon secret, mystérieux, souvent angoissé, (…) mais « j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui », a-t-il ajouté.

Christian Clavier a également fait part de son « émotion ». « Que de plaisir de tourner avec un si Grand acteur et avec lui le souvenir de mémorables tournages. Merci pour ces grands moments inoubliables »

Avec la disparition de Jean-Pierre Marielle, s’éteint une des dernières figures de « la bande du conservatoire », formée au début des années 50 par Jean-Paul Belmondo, Claude Rich ou Jean Rochefort, l' »ami de toute une vie », décédé en octobre 2017.

Le comédien a joué dans plus d’une centaine de films (sous la direction notamment d’Audiard, Blier, Molinaro, Mocky, Sautet, Tavernier, Miller) et d’innombrables pièces et téléfilms.

S’il a été nommé sept fois aux César notamment pour son rôle dans « Tous les matins du monde », il n’a jamais reçu de statuette. « Les César, j’en ai rien à foutre », répondait-il. Ce qui n’a pas empêché l’Académie de lui rendre hommage jeudi et de saluer en lui « un formidable interprète, qui incarnait ses rôles avec cet humour piquant et un certain cynisme qui lui étaient si propres ».

Répliques fleuries
Il « avait cette gouaille imprévisible, ce grain de folie qui transcendent un immense acteur. Sa voix si reconnaissable par son moelleux et la justesse de sa diction nous entraînait aux frontières d?un génie irremplaçable, à la Serrault, à la Piccoli.  Lui », s’est souvenu l’ancien président du festival de Cannes, Gilles Jacob.

D’abord acteur de théâtre et de boulevard, Jean-Pierre Marielle sera ignoré de la Nouvelle vague et connaîtra des débuts timides au cinéma avant d’exploser à la fin des années 60, autant dans des films comiques que tragiques, d’auteur que grand public.

S’ensuit dans les années 70 une période prolifique devant les caméras et des répliques fleuries dans les films devenus culte de Joël Séria (« Les galettes de Pont-Aven », « Comme la lune »). Parmi ses autres rôles marquants, figurent « Que la Fête commence » de Bertrand Tavernier, « Dupont Lajoie » d’Yves Boisset, mais aussi « Coup de Torchon » de Tavernier, « Tenue de soirée » de Blier, « Uranus » de Claude Berri, « La Petite Lili » de Claude Miller et « Les âmes grises » d’Yves Angelo.

En guise d’hommage, France 3 va diffuser jeudi soir « Pièce montée » de Denys Granier-Deferre, où il incarne un prêtre et Paris Première « Les galettes de Pont-Aven ». Arte diffusera de son côté lundi soir « Tous les matins du monde ».