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La nanocellulose aiguise les appétits de l’industrie

nanocelluloseExtraite de plantes ou de papier, la nanocellulose est biodégradable, renouvelable, compostable et très résistante.

Elle s’impose comme un matériau d’avenir en application de surface ou dans des mélanges pour fabriquer papiers, carton, panneaux de bois, cosmétiques …

La nanocellulose constitue un matériau prometteur aux applications industrielles variées, même si les recherches se poursuivent pour préciser ses débouchés et améliorer sa rentabilité, selon des spécialistes du secteur. « Un énorme potentiel : c’est le futur de l’emballage et de la cosmétique (…) Vous en aurez partout d’ici moins de dix ans », affirme Karim Missoum, PDG d’Inofib, une start-up issue du pôle de recherche Grenoble INP étudiant les applications possibles.

En avril, une étude du cabinet de conseil EY pour le ministère de l’Économie, menée avec les fédérations industrielles du papier et de la chimie, plaçait la nanocellulose parmi les solutions les plus encourageantes pour l’avenir de ces filières. Son atout clé : « La nanofibre de cellulose est cinq fois plus légère que l’acier et cinq fois plus résistante », indiquait ce rapport, publié par le pôle de prospective du ministère, vantant « l’ouverture vers de nouveaux marchés » pour les industriels du secteur. De fait, les recherches s’intensifient depuis plusieurs années sur ce matériau de taille nanométrique (milliardième de mètre).

Pour renforcer l’imperméabilité du carton
Ainsi, à Grenoble, le Centre technique du papier (CTP) et l’institut technologique FCBA travaillent depuis 2006 sur la production, puis sur les applications, en testant différentes matières de base (pâte à papier, poussières de découpe, résidus de l’industrie papetière), explique Michel Petit-Conil, qui dirige une équipe sur le sujet. Le processus consiste à libérer des fibrilles de cellulose de la paroi de la fibre papetière, qui s’agglomèrent sous forme de gel. « La nanocellulose, c’est de la cellulose pure, c’est biodégradable, renouvelable, compostable, durable », souligne Michel Petit-Conil.

Les débouchés potentiels sont nombreux, en application de surface ou dans des mélanges (papiers et carton, panneaux de bois, vernis, encres, cosmétiques). Le laboratoire du CTP a ainsi développé une application de « lamination humide » pour les emballages, avec « un film 100% nanocellulose qu’on dépose à la surface d’un papier ou d’un carton » pour en renforcer l’imperméabilité, explique Michel Petit-Conil.

Réduire la consommation énergétique lors de la fabrication
Mais l’objectif est maintenant de produire des nanocelluloses à très haute concentration, et de réduire la consommation énergétique liée à la fabrication, qui reste un enjeu majeur même si elle été « réduite de façon drastique », ajoute-t-il. La nanocellulose existe aussi sous une deuxième forme, les nanocristaux de cellulose, qui ont des propriétés différentes des fibrilles et se dispersent bien dans l’eau sans former de gel.

« Il y a des propriétés optiques qui ne sont possibles qu’avec les nanocristaux, qui forment des cristaux liquides » ou permettent d’obtenir « une couleur sans aucun colorant », explique Isabelle Capron, qui anime une équipe de recherche sur les nanostructures à l’Inra de Nantes.

Un marché estimé à 661 millions de dollars en 2023
Reste la difficulté liée aux autorisations pour les nanomatériaux, notamment en France. « Mais pour tous les pays asiatiques, qui n’ont jamais eu de réglementation sur les nanocelluloses (…) ça se fait très bien », observe Isabelle Capron. « Il y a un vrai boom, tant au niveau des brevets que des articles et de la production », ajoute-t-elle.

Le marché mondial de la nanocellulose est estimé à 285 millions de dollars et devrait plus que doubler pour atteindre 661 millions de dollars en 2023, selon le groupe canadien CelluForce, en pointe dans la production de cristaux de nanocellulose, qui se réfère à une étude indépendante.

« Le produit est vraiment encore récent », mais « il y a un vrai engouement », confirme Karim Missoum, le PDG d’Inofib. « En 2012, on était trois à vouloir essayer d’industrialiser ce produit. Fin 2018, ils étaient 63 producteurs à travers le monde, ça a pris un vrai essor », note-t-il. Pour lui, « il y a vraiment une filière à créer, à industrialiser, et les acteurs français ont encore leur place sur le marché s’ils se motivent. Il y a encore du marché à prendre ».

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Un virus enregistre l’écran des adeptes français de sites pornographiques

virusLe logiciel malveillant, baptisé Varenyky par la société de cybersécurité ESET, se propage par e-mail et cible essentiellement les internautes français.

Mauvaise surprise pour les adeptes de sites pornographiques. Un virus, repéré par la société de cybersécurité ESET, a spécifiquement été développé pour les repérer et enregistrer leurs visites sur de tels sites. Le programme malveillant se transmet par e-mail et s’adresse en particulier aux internautes français.

L’équipe d’ESET a en effet pu constater que le virus en question ne s’exécutait que sur des ordinateurs disposant de Windows en français, fonctionnant avec des claviers azerty, sans pourtant situer des utilisateurs francophones situés en Belgique ou au Canada. Les victimes voient apparaître dans leur boîte mail un message faisant valoir le paiement d’une commande. Leur ordinateur est infecté par ouverture de la pièce-jointe.

Des enregistrements insidieux
Une fois installé sur l’ordinateur, le virus s’avère capable de mener à bien plusieurs missions. Dès lors que le propriétaire de la machine effectue des recherches liées à de la pornographie, un logiciel enregistre ce qui se passe à l’écran et peut l’envoyer à un serveur distant. La manœuvre fonctionne également avec d’autres termes, tels que « bitcoin ».

Le virus peut par ailleurs mettre à profit la boîte mail infectée pour envoyer des messages de phishing à d’autres contacts. Cette technique, également appelée hameçonnage,  consiste en l’envoi de mails invitant un internaute à confier des données personnelles, qu’il s’agisse d’un mot de passe, d’un numéro de téléphone ou, bien souvent, de coordonnées bancaires.

En l’occurrence, les mails envoyés incitent leur destinataire à cliquer sur un lien menant à une page de jeu-concours. Cette dernière fait croire à la possibilité de gagner un smartphone, à condition de confier des informations comme son nom, son adresse, son e-mail ou encore son numéro de téléphone. Les coordonnées bancaires peuvent elles aussi être réclamées.

Pour le moment, ESET n’a pu repérer que le mode opératoire d’un tel virus. La société n’est pas en mesure de déterminer si des enregistrements écran ont été mis à profit pour exiger une rançon de la part des victimes prises sur le vif. « On ignore si ces vidéos ont été enregistrées pour satisfaire la curiosité des auteurs (de Varenyky ndlr.) ou si ces derniers avaient l’intention de les monétiser en pratiquant la “sextorsion” », note l’entreprise.

Cette pratique consiste à faire chanter des internautes, photos ou vidéos explicites à l’appui. Elle fait partie de l’une des principales escroqueries en ligne auxquelles accorder une vigilance accrue, relevait le ministère de l’intérieur dans son rapport annuel de 2019.

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Pas de solution à la crise politique avant le 20 août

crise italieLe Sénat italien a repoussé au 20 août une solution à la crise politique déclenchée par le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, lui infligeant un camouflet en rejetant mardi tout projet de motion de censure contre le gouvernement de Giuseppe Conte.

Le ministre de l’Intérieur, qui a fait exploser la majorité formée avec le Mouvement 5 Étoiles le 8 août, avait réclamé le vote dès cette semaine d’une résolution de défiance contre l’exécutif, en place depuis seulement 14 mois.

Convoqués en urgence en plein été, une majorité des sénateurs se sont prononcés contre la motion de M. Salvini qui, pour l’occasion, avait renoué avec ses vieux alliés de la droite traditionnelle, Forza Italia (FI, droite) et Frères d’Italie (FdI, post-fasciste). En parallèle, ils ont demandé, dans une autre motion, à M. Conte de venir s’exprimer au parlement le 20 août, pour tenter de dénouer la crise. Les spécialistes ont immédiatement interprété le scrutin au Sénat, qui a vu le M5S voter aux côtés du Parti démocrate (PD, centre-gauche), comme ouvrant la voie à une majorité alternative à celle qui a gouverné le pays jusqu’à présent.

Risque de récession
L’ancien Premier ministre déchu Matteo Renzi (2014-2016), toujours poids-lourd du PD, a fait un retour au premier plan, en proposant au M5S, d’unir leurs forces derrière un «gouvernement institutionnel» et «no tax» (anti-impôts), qui taillerait drastiquement dans le nombre de parlementaires (345 de moins sur un total de 950) et adopterait le budget 2020. Des élections anticipées dès l’automne comme l’exige M. Salvini depuis sa rupture avec le M5S «seraient une catastrophe» car elles rendraient impossible l’adoption de mesures budgétaires pour éviter la hausse de la TVA, a argué M. Renzi lors d’une conférence de presse au Sénat, juste avant le vote.

Selon lui, dans ce cas, la TVA très pénalisante pour les consommateurs, pourrait «monter à 25%» et «il est certain que l’Italie tombera en récession». «Nous avons la possibilité de tourner la page», a commenté M. Renzi, en tendant la main aux Cinq Étoiles, tout en reconnaissant que «cela lui en coûte sur le plan humain», car il a subi son lot «d’insultes, accusations» de leur part.

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Dès octobre, épargner pour sa retraite deviendra plus facile et fiscalement avantageux

Dès octobre, épargner pour sa retraite deviendra plus facile et fiscalement avantageuxDans le sillage de la loi PACTE adoptée en mai dernier, le gouvernement vient de publier l’ordonnance concernant la réforme de l’épargne retraite, aujourd’hui articulée notamment autour du Perco.

L’objectif ambitieux est de faire des nouveaux dispositifs, plus souples, des produits phares d’épargne pour les Français. Mais face à l’immense popularité de l’assurance vie, la tâche est colossale.

La possibilité d’épargner volontairement pour améliorer ses revenus à la retraite représente un complément utile aux régimes obligatoires de plus en plus menacés par le déséquilibre démographique, mais l’épargne retraite demeure très peu développée en France. Les produits d’épargne facultatifs représente environ 230 milliards d’euros d’encours, contre plus de 1.700 milliards d’euros pour l’assurance vie (un placement non affecté à un usage précis, même si de facto une partie des montants bénéficient à des personnes retraitées).

Même le livret A et le LDDS, les deux principales enveloppes réglementées, regroupent davantage d’épargne (400 milliards d’euros à eux deux) en dépit d’un rendement insignifiant ! À l’heure où les Français épargnent davantage, l’objectif du gouvernement est donc de faire de l’épargne retraite un produit phare de l’épargne des Français.

Aux yeux du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, l’épargne retraite « est un complément utile de la retraite des Français ». « Nous avons simplifié tous les dispositifs et nous permettons à chaque salarié de garder le même produit durant toute sa vie professionnelle, quels que soient ses changements de carrière. Nous lui laissons une liberté totale de sortir en rente ou en capital au moment de sa retraite. Cette simplicité et cette liberté doivent permettre de faire décoller l’épargne retraite en France », a indiqué le ministre.

Cette réforme, qui vient accompagner la réforme des retraites en cours de préparation, crée des produits d’épargne retraite plus attractifs pour les épargnants, car voulus « plus simples, plus flexibles et plus avantageux fiscalement ».

Concrètement, l’ordonnance créé trois nouveaux dispositifs : un produit collectif ouvert à l’ensemble des salariés, remplaçant le Perco (Plan d’épargne pour la retraite collectif), un produit réservé à certaines catégories de salariés remplaçant les contrats du régime « article 83 » et enfin un produit d’épargne retraite individuel tout simplement appelé PER (Plan épargne retraite) remplaçant les actuels Perp et contrats Madelin.

Ces produits seront ouverts à la commercialisation dès octobre 2019, tandis que les anciens contrats seront fermés à la commercialisation un an plus tard. Les versements sur les contrats déjà ouverts resteront bien sûr possibles si l’épargnant tient à les conserver, mais l’ambition est d’inciter une majorité à les abandonner puisque les transferts depuis les PERP, Madelin, PERCO et contrats 1983 vers les nouveaux produits seront gratuits.

Par ailleurs, le gouvernement a prévu une grosse carotte fiscale pour les personnes souhaitant transférer des fonds aujourd’hui détenus en assurance vie, en doublant l’abattement fiscal consenti.

Fiscalement, le principe est simple: tous les versements sur ces nouvelles enveloppes seront déductibles de l’assiette des revenus déclarés, ce pour tous les produits (dans la limite des plafonds existants).

Par ailleurs les épargnants bénéficieront d’une liberté accrue dans l’utilisation de leur épargne : au moment du départ en retraite, les retraits pourront être effectués librement en rente ou en capital, en une fois ou de manière fractionnée. De plus au-delà des cas de déblocage liés à des accidents de la vie déjà prévus dans certains contrats actuels, le retrait sera systématiquement possible pour l’achat de la résidence principale.

L’épargne accumulée sera en outre intégralement portable d’un produit à l’autre. « L’épargne retraite sera ainsi mieux adaptée aux parcours professionnels et il sera plus facile de faire jouer la concurrence entre les prestataires », espère Bercy. Le transfert sera même gratuit si le produit a été détenu pendant au moins cinq ans (en-deçà des frais de transfert d’un maximum de 1% pourront être pratiqués).

« L’épargne retraite, c’est avant tout une épargne vertueuse qui permet de préparer l’avenir,  elle est bonne pour les entreprises car elle favorise des investissements de long terme, permettant de financer l’investissement et l’innovation », a détaillé Bruno Le Maire. « C’est une excellente nouvelle pour tous les Français, et pour les entreprises qui bénéficieront ainsi d’une source de financement stable ».

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Au Brésil, le président Jair Bolsonaro défend le travail des enfants

jair BolsonaroLe président brésilien Jair Bolsonaro a défendu à deux reprises le travail des enfants, expliquant qu’il a travaillé dès l’âge de 8 ans.

Nouvelle polémique au Brésil pour Jair Bolsonaro. Le président brésilien a défendu le travail des enfants en mettant en avant son exemple personnel, lors d’un acte officiel, vendredi : « J’ai travaillé depuis l’âge de 8 ans en plantant du maïs, en cueillant des bananes (…) tandis que j’étudiais, en parallèle. Et aujourd’hui, je suis qui je suis. Ce n’est pas de la démagogie, c’est la vérité ».

« Regardez, en travaillant à la ferme à 9 ou 10 ans, cela ne m’a pas du tout desservi. Quand un enfant âgé de 9 ou 10 ans travaille quelque part, il y a plein de monde pour dénoncer le ‘travail forcé’ ou le ‘travail des enfants’. Mais s’il est en train de fumer du crack, personne ne dit rien », a déclaré jeudi le président d’extrême droite. « Le travail donne de la dignité aux hommes et aux femmes, peu importe l’âge », a-t-il poursuivi lors de son émission hebdomadaire en direct sur Facebook.

Ces déclarations ont déclenché de nombreux commentaires outrés sur les réseaux sociaux. « C’est le meilleur exemple pour inciter un enfant à ne pas travailler, cela l’empêchera de devenir un adulte comme lui (Bolsonaro): avec autant de haine et d’incompétence. La place des enfants est à l’école », a notamment réagi sur Twitter le député du parti de gauche PSOL Marcelo Freixo.

Le travail interdit aux moins de 16 ans
La législation brésilienne interdit le travail des moins de 16 ans, excepté pour les apprentis, qui peuvent commencer à 14 ans. Selon les données de l’Institut national de statistiques (IBGE), près de 2,5 millions de mineurs âgés de 5 à 17 ans travaillent au Brésil.

« La gauche est en train de m’attaquer parce que je défends la culture du travail pour nos enfants dès le plus jeune âge. Si j’avais défendu la sexualisation précoce ou l’usage des drogues, ils (les partisans de gauche) seraient en train de m’encenser. Voilà la vérité », s’est défendu vendredi sur Twitter Jair Bolsonaro.

Vendredi matin, sa ministre de la Femme et des Droits de l’Homme, l’ancienne pasteur évangélique Damares Alves, a tenté de mettre un terme à la polémique.  « Regardez, notre génération a travaillé tôt, j’ai travaillé très tôt, nos parents ont travaillé très tôt, mais cela ne signifie pas que nous allons décriminaliser (le travail des enfants) (…) Nous sommes certains que le travail des enfants est une violation des droits, qu’il ne peut pas être autorisé « , a-t-elle déclaré.

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Homéopathie : la Haute autorité de santé prône le déremboursement

homeopathirLa ministre de la Santé a affirmé à plusieurs reprises qu’elle suivrait l’avis de la Haute autorité de santé.

La Haute autorité de santé (HAS) estime que l’homéopathie ne doit plus être remboursée par la Sécu car son efficacité n’est pas prouvée, selon la teneur de son avis définitif révélée par Libération mercredi soir.

Adopté ce mercredi par la commission de la transparence de la HAS, cet avis définitif ne doit être rendu public que vendredi par l’organisme, qui n’était pas joignable mercredi soir.

Cette conclusion très attendue, qui confirme un avis provisoire rendu mi-mai, marque la fin du processus d’évaluation scientifique de l’homéopathie. En revanche, elle ne marque pas celle du débat sur son déremboursement, puisqu’il revient maintenant au gouvernement de prendre la décision.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a affirmé à plusieurs reprises qu’elle suivrait l’avis de la Commission de la transparence de la HAS. Selon Libération, la « Commission de la transparence de la Haute autorité de santé a voté ce mercredi à la très grande majorité (une seule voix contre) le déremboursement des produits homéopathiques ». Le quotidien avait déjà révélé mi-mai la teneur du projet d’avis de l’organisme, pourtant censé demeurer confidentiel.

Au-delà des arguments scientifiques, les pro-homéopathie veulent déplacer le débat sur le terrain politique en tentant de mobiliser leurs troupes. Labos, homéopathes et usagers ont lancé une campagne médiatique soutenue par des élus, « Mon homéo, mon choix », avec une pétition qui revendique pour l’heure plus d’un million de signatures.

Des manifestations à Paris et Lyon vendredi
Ils ont appelé à des manifestations, à Paris sur l’esplanade des Invalides et à Lyon Place de la Comédie, vendredi à 10h30. La HAS doit rendre son avis public juste avant, lors d’une conférence de presse à deux pas des Invalides. Elle avait été saisie par Agnès Buzyn en août 2018, pour évaluer le bien-fondé du remboursement de l’homéopathie.

Controversée au sein du corps médical, cette technique consiste à administrer au patient des substances en quantité infinitésimale, diluées à l’extrême dans de l’eau. Certains médicaments sont remboursés à 30% par la Sécurité sociale à la faveur d’un régime dérogatoire, leur efficacité n’ayant pas été évaluée scientifiquement jusqu’à présent.

L’an dernier, le remboursement de l’homéopathie a représenté 126,8 millions d’euros sur un total d’environ 20 milliards pour l’ensemble des médicaments remboursés, selon l’Assurance maladie.

Le débat sur le déremboursement est revenu à plusieurs reprises sur le devant de la scène ces dernières années. Il a été relancé de façon spectaculaire en mars 2018, avec la publication d’une tribune véhémente contre l’homéopathie et d’autres « médecines alternatives » signée par 124 médecins. Depuis, ces médecins ont créé un collectif nommé Fakemed.

« La vraie question, c’est : est-ce que la décision politique suivra l’avis scientifique ? », avait déclaré à l’AFP son président, le cardiologue Jérémy Descoux, avant la publication de l’avis définitif de la HAS.

« La décision sera politique », estiment les homéopathes
« La décision sera politique. Elle sera peut-être prise par Mme Buzyn mais nous pensons qu’elle peut être prise en plus haut lieu, par le Premier ministre ou le président de la République », avait de son côté indiqué Charles Bentz, président du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF).

Un déremboursement serait un coup dur pour les trois laboratoires fabricants, le Français Boiron (leader mondial), le Suisse Weleda et l’Allemand Lehning. Boiron réalise 60% de ses ventes en France sur des produits homéopathiques remboursables, soit 215 millions d’euros. Sur ce total, les produits dont les patients demandent effectivement le remboursement à l’Assurance maladie rapportent 150 à 160 millions d’euros au labo.

En cas de déremboursement, le groupe lyonnais anticipe une baisse de 50% des ventes sur ses produits remboursables la première année, puis de nouveau 50% la deuxième. Les labos assurent que cela menacerait 1000 emplois chez Boiron en France (sur près de 2500) et 300 chez Weleda et Lehning.

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La suppression de la taxe d’habitation pour les ménages aisés encore reportée d’un an

taxe d'habitationPour 80% des Français, la suppression de la taxe d’habitation interviendra toujours en 2020. Mais pour les 20% de ménages les plus aisés, ce ne sera pas 2022, comme annoncé précédemment, mais en 2023.

Petit changement de programme, dans son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a rappelé que la taxe d’habitation sur les résidences principales serait supprimée pour l’ensemble des Français, mais avec un nouveau calendrier. Pour 80% des « Français les plus modestes (…) leur taxe sera intégralement supprimée en 2020. Pour les 20% restants, la suppression se déploiera sur trois années », a indiqué le Premier ministre.

La suppression intégrale de la taxe d’habitation pour les 20% de ménages les plus aisés interviendra en 2023. Le gouvernement, après avoir un temps promis de supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des Français « au plus tard d’ici 2021 », évoquait depuis plusieurs mois comme date butoir la fin du quinquennat, soit 2022. Mais les contraintes pesant sur les finances publiques, en raison notamment des mesures annoncées face au mouvement des gilets jaunes, ont obligé l’exécutif à revoir sa copie, pour éviter une envolée du déficit public.

Ce jeudi 13 juin, Bruno Le Maire, ministre des Finances, s’est voulu rassurant au micro de Franceinfo : « La taxe d’habitation sera intégralement supprimée en 2023, et ce sera inscrit dans la loi. Nous faisons les choses progressivement ». Et il s’est justifié : « Qu’est ce qu’on n’aurait pas dit si on s’était précipité pour faire ça vite, avec un impact sur les finances publiques qui aurait été un impact très fort ».

Une mesure qui sera inscrite dans la loi
« L’engagement figurera dans le projet de loi de finances », a par ailleurs insisté le ministre, disant y voir une garantie pour le maintien de cette mesure en cas de changement de majorité présidentielle en 2022. Pour abandonner la suppression totale de la taxe d’habitation, il faudrait « défaire une loi ». « Ce n’est jamais très simple, vous savez, de revenir sur une baisse d’impôts qui a été accordée aux Français », a-t-il assuré.

Concrètement, la taxe d’habitation est déjà en cours de suppression pour 80% des ménages : 30% de la note a été effacée (même si c’est en réalité plus compliqué que cela) en 2018, 65% en 2019 et 100% en 2020. Pour les 20% les plus aisés, elle sera supprimée de la même manière en trois fois de 2021 à 2023. Pour un ménage appartenant aux 20% les plus aisés payant par exemple 1.200 euros de taxe d’habitation actuellement, si on prend l’hypothèse d’une suppression par tiers (et pour simplifier que le montant de la taxe ne bouge pas sur la période), cela signifie que ce foyer ne paiera plus que 800 euros en 2021, 400 euros en 2022 puis 0 euro en 2023.