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Alexandre Benalla est placé en détention provisoire après la révocation de son contrôle judiciaire

alexandre benallaL’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a été entendu par les juges chargés du dossier des violences du 1er mai.

Il dormira en prison, Alexandre Benalla a été placé en détention provisoire, après la révocation de son contrôle judiciaire. L’avocate de l’ancien chargé de mission de l’Élysée l’a annoncé, mardi 19 février au soir. Une information confirmée par une source judiciaire à franceinfo.

L’ex-chargé de mission de l’Élysée et son ami, Vincent Crase, ex-employé de la République en marche et chef d’escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, ont été entendus mardi après-midi par les juges d’instruction chargés d’enquêter sur les violences du 1er mai.

Ils avaient interdiction d’entrer en contact
Le placement en détention provisoire avait été requis mardi matin par le parquet à l’encontre d’Alexandre Benalla et de son ami Vincent Crase pour n’avoir pas respecté leur contrôle judiciaire. Les juges leur reprochent d’avoir communiqué ensemble, alors que cela leur était interdit par leur contrôle judiciaire. Le cas de Vincent Crase n’a pas encore été tranché, selon les informations de franceinfo de source judiciaire.

Le 31 janvier, Mediapart a publié des enregistrements clandestins de conversations entre les deux hommes, datant du 26 juillet, alors qu’ils avaient pour interdiction d’entrer en contact. Quatre jours auparavant, ils avaient en effet été mis en examen pour des violences commises en marge du traditionnel défilé du 1er mai à Paris et placés sous contrôle judiciaire.

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Le drame secret de Nordahl Lelandais

Nordahl LelandaisL’homme au passé énigmatique assure aux experts psy qu’un événement l’a fait basculer en 2017.

« Un regard noir, intense, soutenu, fixe, vide de sentiment ». Un regard qui met « au défi » celui qui lui fait face. C’est par ces mots qu’un expert psychologue décrit Nordahl Lelandais dans un rapport inédit, versé à ce dossier criminel labyrinthique, en décembre 2018. Un an après les premiers aveux de l’ancien militaire pour l’affaire Maëlys, la noirceur de ce regard dissimule encore son lot de secrets.

Quatre affaires mettent aujourd’hui en cause le maître-chien. D’abord le meurtre en avril 2017, vers Chambéry, du caporal Arthur Noyer, que Nordahl Lelandais aurait pris en stop avant de lui asséner un coup mortel lors d’une bagarre, selon ses propres aveux. Ensuite, en juillet, l’agression sexuelle, filmée, d’une petite-cousine âgée de quatre ans. Puis en août, l’agression d’une autre petite cousine âgée de six ans, selon un mode opératoire identique. Et enfin, une semaine plus tard, le meurtre de la petite Maëlys, enlevée au cours d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère).

Il y a plus d’un an, l’écho médiatique de l’affaire avait permis de relancer plusieurs dossiers de disparitions non élucidées dans sa région, en Rhône Alpes, avec une lancinante question en toile de fond : Nordahl Lelandais, combien de victimes ?  La gendarmerie a même mis en place une cellule spéciale baptisée Ariane pour, d’une part, retracer « le parcours de vie » du suspect, et, d’autre part tenter de rapprocher ou d’éliminer pas moins de 900 cas de disparitions, de cold case ou d’enterrés sous X au regard de ce parcours. Un an après, les conclusions de cette cellule sont toujours attendues.

« Un litre de rhum et un gramme de cocaïne par jour »
Une évidence s’impose pour l’instant : si l’on excepte l’incendie criminel d’un snack à Paladru (Isère) commis avec des complices en 2008, tous les faits pour lesquels il est mis en cause se concentrent sur l’année 2017. Deux hypothèses demeurent : soit le jeune homme n’avait pas basculé dans le crime avant cette année-là. Soit des victimes plus anciennes restent introuvables à ce stade.

Face aux différents experts psy qui l’ont interrogé à plusieurs reprises l’année dernière, Nordahl Lelandais a accrédité la première théorie. Il a même identifié un épisode précis, en février 2017, qui lui aurait fait perdre pied : l’avortement de son ex-compagne A. qui attendait un enfant de lui. « C’est très dur à vivre sans (…) Je pourrais avoir un bébé et j’ai ôté la vie d’un enfant », s’est-il lamenté face à l’expert psychologue. A le croire, cette paternité impossible l’aurait plongé dans une profonde dépression : « J’étais no limit, un litre de rhum et un gramme de cocaïne par jour » Il aurait aussi développé des troubles de la personnalité : par exemple, « l’impression que tout le monde savait tout sur moi ».

Dans le rapport d’un expert psychiatre daté de 2018, Nordahl Lelandais avait déjà décrit cette sensation étrange mais en la datant cette fois de son enfance : celle d’être le héros du film Truman Show, dans lequel l’acteur Jim Carrey incarne un homme dont la vie est retransmise 24 heures sur 24 à la télévision, sans qu’il ne le sache.

Quand Nordhal Lelandais se fait passer pour un policier
« Depuis février, mars, j’étais plus moi du tout » répète Nordhal Lelandais. De fait, plusieurs événements troublants surviennent dans son quotidien à cette période. En février 2017, il se retrouve au cœur d’une altercation avec une automobiliste. Pour mettre fin au conflit, il brandit un insigne de police qu’il conservait dans sa voiture. Il sera condamné à quatre mois de prison avec sursis pour cette détention illégale.

En mars, c’est-à-dire quelques semaines avant la mort d’Arthur Noyer, le jeune homme occupe un poste d’intérimaire dans une usine de sirop mais obtient un arrêt de travail. « J’ai fait un faux mouvement en portant des cartons », raconte-t-il. Un détail qui n’en est pas un : sa vie professionnelle est jalonnée de congés maladie (une vingtaine rien qu’entre septembre 2001 et décembre 2005). Comme si « la désorganisation mentale de Nordhal Lelandais s’exprim[ait] au travers de son corps », selon les mots d’un expert psychologue.

Il « a pu s’identifier à ses chiens »
Ce même expert dresse un portrait glaçant du personnage, dépeint en dissimulateur hors pair. Selon lui, la personnalité du trentenaire comporte des troubles « déjà retrouvés chez les criminels en série » avec « un triptyque psychopathique, pervers narcissique et psychotique ». Le rapport souligne également que le meurtre de Maëlys est un « crime soigné, méthodique et ce n’est que grâce au développement des techniques d’investigation criminelle qu’il sera démasqué. Nul doute qu’il ne l’aurait jamais été sinon ».

L’expert développe d’ailleurs une analogie surprenante entre le comportement de Nordahl Lelandais et celui d’un chien, dont le suspect apprécie tant la compagnie (il avait deux malinois avant son interpellation) :  » Il partage (…) avec ces animaux des points communs qui lui ont notamment permis de retrouver la trace puis les restes de Maëlys ». Le tueur présumé explique lui-même être doté d’un « très bon sens de l’orientation » et d’un « très très bon odorat » : « vous me mettez à un endroit et dix ans après, j’y retourne comme ça « . Le psy note une similitude entre le comportement de Nordahl Lelandais et celui d’un « animal qui ramène sa proie morte au domicile de ses maîtres « . Avant d’ajouter : « cet homme a pu s’identifier, au cours d’expériences de dissociations pathologiques, à ses chiens, incorporant leur animalité, leurs instincts, perdant ainsi une part de son humanité.  »

« Je peux pas en avouer d’autres « 
D’autres corps sont-ils cachés dans la nature ?  Nordhal Lelandais le nie : « Je peux pas en avouer d’autres, il n’y en a pas d’autres. » Pour mieux dissiper l’ombre d’un serial killer qui lui colle à la peau, il cite d’ailleurs plusieurs affaires médiatisées pour lesquelles il a été mis hors de cause : celle d’Estelle Mouzin disparue en 2003 à Guermantes (il se trouvait en Guyane), celle de Lucas Tronche évaporé dans le Gard en 2014 (selon l’exploitation de ses données téléphoniques, Nordahl Lelandais se trouvait ailleurs) et celle d’Antoine Zoia, également dans le Gard en 2016 (l’adolescent a depuis été retrouvé pendu dans un bois).

Selon une source proche du dossier, « c’est davantage le profil de prédateur sexuel de Nordahl Lelandais qui devrait être creusé plutôt que celui de tueur en série ». Cette même source s’interroge sur d’éventuelles autres agressions commises sur des enfants de son cercle familial, cercle très large puisque sa mère compte 11 frères et sœurs. Après avoir nié ses penchants pédophiles dans un premier temps, le mis en examen a finalement avoué, en décembre dernier face à la juge d’instruction les agressions de deux petites-cousines.

Des penchants qui ne seraient pas récents (« ça m’est déjà arrivé quand j’étais plus jeune » a-t-il expliqué lors ses aveux) mais qui se seraient transformés en passage à l’acte en 2017. Toujours sous l’effet de la drogue et de l’alcool, selon lui. Stratégie de défense ou aveux sincères ?  Pour les enquêteurs, le « défi » consiste désormais à trouver la vérité derrière son « regard noir ».

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Meurtre d’Alexia : les « aveux circonstanciés » de Jonathann Daval

jonathan daval« Mais le seul point sur lequel Jonathann Daval ne s’est pas exprimé et qu’il ne reconnaît pas, c’est la crémation du corps d’Alexia », explique une source judiciaire.

Jonathann Daval, meurtrier présumé de son épouse Alexia, a livré des « aveux circonstanciés » le 30 janvier devant le nouveau juge d’instruction chargé du dossier, dans l’attente de la reconstitution du meurtre, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Entendu dans la plus grande discrétion au tribunal de grande instance de Besançon, l’informaticien de 35 ans, entouré de ses avocats, a confirmé devant le magistrat, Marjolaine Poinsard, sa version des faits.

alexia davalAprès avoir avoué une première fois le meurtre commis fin octobre 2017, Jonathann Daval était revenu sur ses aveux en juin pour accuser son beau-frère d’en être l’auteur et sa belle-famille d’avoir conclu un « pacte secret » visant à lui faire porter le chapeau.

Mais il avait de nouveau reconnu début décembre être le meurtrier d’Alexia le 7 décembre, craquant lors d’une confrontation avec la mère de la victime au tribunal de grande instance de Besançon.

« Il s’est expliqué très précisément »
« Pour la première fois, il a fait, par déclaration devant le juge d’instruction, des aveux circonstanciés sur les conditions de la mort d’Alexia », a-t-on indiqué de source proche du dossier à propos de son audition du 30 janvier.

« Il s’est expliqué très précisément sur le déroulé des faits mais le seul point sur lequel Jonathann Daval ne s’est pas exprimé et qu’il ne reconnaît pas, c’est la crémation du corps d’Alexia », a-t-on précisé de même source.

« La date de la reconstitution du meurtre d’Alexia n’est pas encore fixée », a ajouté cette source. Le corps de l’employée de banque de 29 ans avait été découvert le 30 octobre 2017, en partie brûlé, dans un bois, non loin de leur maison de Gray-la-Ville (Haute-Saône).

Jonathann Daval, mis en examen en janvier pour « meurtre sur conjoint » et qui encourt la prison à perpétuité, est détenu à la maison d’arrêt de Dijon. En 2017, 130 femmes sont mortes en France sous les coups de leur compagnon, ex-conjoint ou petit ami, contre 123 en 2016, selon des données communiquées par le ministère de l’Intérieur.

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Alexandre Benalla a déclaré la perte d’un passeport de service dans l’Eure

alexandre benallaL’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a également déclaré la perte d’une carte de service d’accès à l’Élysée. Il disposait de deux passeports diplomatiques et deux passeports de service qui lui auraient été restitués en octobre 2018 par un membre du palais présidentiel.

Alexandre Benalla a déclaré mercredi avoir perdu un «passeport de service» cette semaine dans une gendarmerie de l’Eure, a indiqué ce vendredi de source proche du dossier, confirmant une information de RTL. Cette source a confirmé que l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a déclaré la perte d’un «passeport de service» mais aussi d’une carte de service d’accès à l’Élysée. Alexandre Benalla a déclaré la perte des deux documents dans une gendarmerie de l’Eure, celle de Verneuil d’Avre et d’Iton, précise RTL.

L’ex-collaborateur du président de la République, qui a disposé de deux passeports diplomatiques et deux de service, a été interrogé lundi par le Sénat, se refusant obstinément à donner suite aux principales questions sur ses passeports. Lundi il avait déclaré : «J’ai restitué mes passeports, les clés de mon bureau, le badge d’accès à l’Élysée» fin août 2018. «Ces passeports m’ont été rendus à nouveau alors que j’avais été contacté par un membre de l’Élysée, un personnel salarié de l’Élysée, début octobre 2018», avec «un certain nombre d’éléments personnels, un chéquier, une paire de clés».

L’ex-chargé de mission est mis en examen pour des violences sur des manifestants à Paris, le 1er mai et, depuis vendredi, pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement. Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, entendu mercredi au Sénat, avait chargé Alexandre Benalla en révélant notamment qu’il avait utilisé «presque une vingtaine de fois» ses passeports après son licenciement de l’Élysée, entre le 1er août et le 31 décembre.

Concernant ses passeports diplomatiques, Alexandre Benalla a affirmé les avoir restitués «à la demande de la présidence de la République et du ministère des Affaires étrangères (…) dans le courant du mois d’août 2018».

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Ce qu’il faut retenir de l’audition de d’Alexandre Benalla au Sénat

alexandre benallaL’ex-chef de cabinet à l’Élysée a été réentendu une deuxième fois par les sénateurs ce lundi. Dans un climat tendu, il n’a pas répondu à toutes les questions ni levé toutes les interrogations.

Plus de deux heures d’audition, mais toujours des zones d’ombre. Alexandre Benalla a de nouveau été entendu ce lundi après-midi par la commission des lois du Sénat, chargée d’enquêter sur le rôle et le comportement de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, doublement mis en examen pour les événements du 1er mai dernier, à Paris, et pour son usage de passeports diplomatiques.

Accompagné de son avocate, l’air sûr de lui et adoptant un ton posé, comme lors de sa première audition du 19 septembre dernier, l’ancien conseiller de l’Élysée n’a pas levé tous les mystères pour autant. Et le climat s’est plusieurs fois tendu avec les sénateurs, Benalla refusant de répondre à de nombreuses questions, du fait de l’information judiciaire en cours.

Il n’a pas hésité non plus à s’en prendre au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda. Auditionné par les mêmes sénateurs mercredi dernier, ce dernier avait révélé que Alexandre Benalla allait être prochainement entendu par des juges.

Ce qu’on a appris

Les passeports diplomatiques
Alexandre Benalla reconnaît s’être servi de ses passeports diplomatiques « début août », puis il assure les avoir rendus « dans le courant du mois d’août » (ou plutôt « fin août », a-t-il ensuite précisé), après avoir reçu deux courriers du ministère des Affaires étrangères. Le 19 septembre, face aux sénateurs, il avait assuré sous serment que ces passeports se trouvaient alors « dans (son) bureau, à l’Élysée ». Ce lundi, il a maintenu sa version, affirmant que ces passeports lui « ont été rendus à nouveau par un salarié de l’Élysée début octobre ». À l’en croire, il n’a donc pas menti lors de sa première audition.

23 utilisations depuis juillet 2018
L’Élysée avait révélé que Alexandre Benalla s’était servi « une vingtaine de fois » de ses passeports diplomatiques après son licenciement de l’Élysée. Alexandre Benalla a précisé s’en être servi « 23 fois », « uniquement pour donner mon identité ». « Ils ne m’ont fait bénéficier d’aucun avantage, sauf à deux reprises du fast-track (NDLR : un accès plus facile et plus rapide au moment de l’embarquement) », a-t-il aussi garanti.

L’utilisation du téléphone Teorem
En plus de ses passeports, Alexandre Benalla disposait également d’un téléphone chiffré Teorem, qu’il a conservé jusqu’à début janvier. « Je n’ai pas connaissance que je l’avais gardé. Je m’en suis rendu compte lors d’un nouveau déménagement le 20 novembre, en faisant un inventaire complet », s’est-il défendu. Il n’explique donc n’en avoir fait « aucun usage depuis juillet 2018 », car il « n’avait pas connaissance de l’avoir encore en (sa) possession ».

Les zones de flou qui demeurent

Qui lui a rendu les passeports diplomatiques ?
Relancé à de très nombreuses reprises par plusieurs sénateurs, Alexandre Benalla a refusé de dire qui, précisément, à l’Élysée, lui a rendu ses deux passeports diplomatiques en octobre. Le mystère reste donc entier sur ce point. Alexandre Benalla reconnaît en tout cas « une connerie » et une « bêtise » : s’être servi de ses passeports en novembre et décembre. Il savait en effet très bien qu’il n’était pas censé en avoir le droit.

Qui a été prévenu de ses voyages au Tchad ?
Concernant son voyage au Tchad début décembre, quelques jours avant la venue d’Emmanuel Macron dans le pays africain, Alexandre Benalla explique en avoir informé, « par courtoisie », des membres de la présidence de la République. Mais seulement « a posteriori » de son voyage, a-t-il concédé, soucieux qu’il n’y ait « pas de confusions » et que l’Élysée soit « un minimum au courant » de ses nouvelles activités. Mais il refuse d’en dire davantage, notamment sur les personnes qu’il a informées.

Comment a-t-il obtenu un passeport de service ?
Dans « des conditions d’obtention normales », a assuré Alexandre Benalla. Entendu par cette même commission des lois mercredi dernier, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, l’avait pourtant accusé de « faux » pour se le procurer. La commission n’a toutefois pas pu insister sur ce sujet, empiétant sur le travail de la justice.

Saisie de la commission de déontologie
En tant qu’ancien conseiller à l’Élysée, Alexandre Benalla avait l’obligation de saisir la commission de déontologie avant de retourner travailler dans le privé, ce qu’il a fait depuis cet automne. Il reconnaît pourtant ne pas avoir effectué une telle démarche, plaidant le fait que ce n’était pas l’usage pour des membres de la chefferie de cabinet de l’Élysée. À l’en croire, son avocate est en train de s’en occuper.

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Comprendre l’affaire Carlos Ghosn, de son arrestation aux soupçons d’emploi fictif

carlos ghosnLe patron de Renault a été mis en examen au Japon pour trois chefs d’inculpation. Ses demandes de remise en liberté n’ont, pour l’instant, pas abouti.

Dans la soirée du 19 novembre, sur le tarmac de l’aéroport japonais Haneda, l’homme qui se fait arrêter par les agents du procureur de Tokyo n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Carlos Ghosn, le puissant patron du numéro un mondial de l’automobile, Renault-Nissan-Mitsubishi. Son arrestation constitue le point de départ d’un scandale aux lourdes répercussions économiques.

Malgré ses multiples demandes de libération sous caution et l’appel de sa femme à l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch dénonçant ses « rudes » conditions de détention, Carlos Ghosn devrait rester en détention préventive au moins jusqu’au 10 mars, voire jusqu’à la première audience de son procès, qui ne devrait pas se tenir avant six mois.

De quoi est-il accusé ?   Que risque-t-il ?

1) Que lui reproche la justice japonaise ?
Plus de 60 millions d’euros de rémunération sous-évalués. M. Ghosn a été mis en examen une première fois le 10 décembre, au terme d’une première garde à vue de vingt-deux jours, pour avoir minoré ses revenus dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières entre 2011 et 2015. Au total, sur cette première période, le président de Nissan aurait sous-évalué de 5 milliards de yens (37,7 millions d’euros) sa rémunération, qui s’élevait à près de 10 milliards.

Il l’a été de nouveau le 11 janvier pour des faits similaires entre 2015 et 2018 avec un préjudice avoisinant les 4 milliards de yens (30,1 millions d’euros) et pour abus de confiance aggravé.

Le parquet lui reproche d’avoir transféré à Nissan « des pertes sur des investissements personnels » à l’automne 2008. C’était l’époque de la crise financière et de la chute brutale du dollar face au yen. Ghosn, qui avait contracté de manière personnelle des contrats de « swap » de devises  qui permettent de se protéger ou, plus souvent, de spéculer sur la fluctuation des monnaies  auprès de la banque Shinsei, se retrouve alors dans une position périlleuse : ces contrats affichent une perte potentielle de 1,85 milliard de yens (13,9 millions d’euros) et sa banque veut l’obliger à vendre ses actions pour éviter que les pertes ne soient encore plus importantes. Sauf s’il trouve un garant, capable de mobiliser une somme pouvant couvrir les potentielles pertes faramineuses.

Ce qu’il aurait trouvé en la personne de Khaled al-Juffali, un homme d’affaires saoudien, qui aurait débloqué des fonds et se serait porté garant pour le patron de Renault-Nissan. Par la suite, entre 2009 et 2012, 14,7 millions de dollars (12,8 millions d’euros) sont prélevés sur une « réserve du PDG » établie par Nissan et sont transférés en trois fois sur un compte bancaire de Nissan Gulf, que M. Al-Juffali possède en partie.

Devant le juge, le 8 janvier, le dirigeant de 64 ans s’est défendu, assurant être « accusé à tort et détenu de manière injuste ». Concernant toutes les accusations portées, Carlos Ghosn dit avoir agi « avec l’approbation des dirigeants de la compagnie ». Il nie toute dissimulation de revenus et assure que l’argent transféré au milliardaire saoudien n’a aucun rapport avec ses pertes au moment de la crise financière, mais était lié à une rémunération contre services.

2) Que risque Carlos Ghosn pour ces faits ?
Selon le parquet de Tokyo, M. Ghosn risque jusqu’à quinze ans de prison pour ces trois chefs d’inculpation. Nissan est mis en examen en tant que personne morale, aux côtés de Carlos Ghosn et de l’ancien administrateur délégué Greg Kelly, pour la dissimulation d’une partie des revenus de Ghosn aux autorités boursières entre 2010 et 2015.

Mais l’entreprise japonaise pourra obtenir des sanctions réduites, car elle est à l’origine de l’enquête. C’est elle qui avait alerté le parquet en recourant à la nouvelle procédure dite « du plaider-coupable », entrée en vigueur à l’été 2018. Cette dernière permet d’être puni de manière plus clémente, lorsque l’accusé reconnaît les faits.

3) Pourrait-il y avoir d’autres poursuites ?
Les ennuis de Carlos Ghosn pourraient ne pas s’arrêter là. Depuis l’annonce de son arrestation, la presse japonaise fait état d’autres comportements illégaux, listés par Nissan au court d’une enquête interne sur son ancien numéro un.

Soupçons d’emploi fictif
M. Ghosn aurait ainsi fictivement employé Claudine Oliveira, l’une de ses sœurs, pour des activités de conseil d’un montant de 755 000 dollars (660 000 euros) de 2003 à 2016. Dans une lettre en date de mars 2003, ne mentionnant pas leur lien de parenté, le PDG de l’Alliance Renault-Nissan l’informe de son nouveau titre de « conseillère » au sein d’un « global donation advisory council » qui, selon une source proche du constructeur, n’a jamais existé.

Le dossier de Nissan mentionne aussi des donations à des universités libanaises, ou encore une demande de paiement, en 2014, d’un abonnement de yacht-club au Brésil d’une valeur de quelque 63 000 dollars (environ 55 000 euros).

Enfin, mi-janvier, une source proche du dossier révélait que le Franco-Libano-Brésilien aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise codétenue par Nissan et Mitsubishi Motors (NMBV), sans approbation des patrons des constructeurs Nissan (Hiroto Saikawa) et Mitsubishi Motors (Osamu Masuko). A l’origine, ces trois directeurs ne devaient pas recevoir de bonus de la nouvelle entité. Mais, en février 2018, Carlos Ghosn aurait réussi, sans en informer les autres, à se faire engager en tant que salarié de NMBV, ce qui lui permettait de solliciter un bonus d’embauche de 1,46 million d’euros, ainsi qu’un salaire annuel de 5,82 millions d’euros, rapportent Les Echos. Vendredi 18 janvier, les groupes automobiles japonais Nissan et Mitsubishi (NMBV) ont annoncé vouloir récupérer la somme indûment versée, peut-être par le dépôt d’une plainte, a précisé à l’AFP une personne au fait des investigations.

4) Quelles sont les conséquences immédiates de ce scandale ?
Cette arrestation surprise a ébranlé l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, dont M. Ghosn constituait l’un des principaux ciments. Les marchés ont d’ailleurs fortement accusé le coup, l’action de Renault perdant jusqu’à 8 % le jour de l’arrestation de son patron.

Les réactions officielles n’ont pas tardé pour tenter de circonscrire l’incendie. Chez Nissan, le Franco-Libano-Brésilien a été limogé dès le mois de novembre de la présidence du conseil d’administration. Les deux anciens de Renault, Jean-Baptiste Duzan et Bernard Rey, désormais à la retraite, nommés pour représenter les intérêts du groupe français, ont également voté pour la révocation de l’ancien homme fort de la compagnie japonaise.

Idem chez Mitsubishi Motors, le plus petit groupe du trio, avec 1,2 million de voitures vendues par an. Le limogeage de Ghosn a été voté à l’unanimité des sept administrateurs, dont le patron exécutif de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko, qui va prendre la présidence.

De son côté, Renault, qui avait dans un premier temps argué de la présomption d’innocence, s’est officiellement mis en quête d’un successeur le 17 janvier, au lendemain d’un appel de l’État français, premier actionnaire de Renault avec 15,01 % du capital, pour une nouvelle gouvernance. « J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sur LCI.

5) Quelles sont les conséquences à moyen terme ?
L’arrestation de Carlos Ghosn est intervenue alors qu’il devait présenter, dans les mois qui viennent, un projet de rapprochement plus étroit entre Renault et Nissan. Le scandale marque un coup d’arrêt à ce processus. Et redessine, de fait, l’avenir du groupe automobile.

Si l’alliance automobile franco-japonaise résiste au départ de son créateur, de nombreuses questions se posent sur l’équilibre actuel entre les deux sociétés. De longue date, certains au sein du groupe japonais, et notamment le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, déplorent le « déséquilibre » historique au sein de l’alliance entre Nissan et Renault. Le groupe japonais, sauvé en 1999, ne détient que 15 % de Renault, sans droit de vote, tandis que Renault détient 43 % de Nissan.

Certains n’hésitent pas à voir dans la chute de Carlos Ghosn une manière pour le groupe nippon d’accélérer sa montée en puissance au sein de Renault. Mais M. Le Maire a rejeté l’hypothèse que la crise soit un coup monté de dirigeants de Nissan ou d’autres acteurs pour faire éclater l’alliance ou pour provoquer un rééquilibrage en faveur du constructeur japonais. Malgré la crise, le ministre de l’économie français a ainsi assuré que la présidence du géant, fort de 450 000 salariés, allait rester à un Français.

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L’avocat de Carlos Ghosn va demander une libération conditionnelle devant la cour suprême

carlos ghosnSa demande de libération conditionnelle en appel a une nouvelle fois été rejetée par le tribunal de Tokyo ce jeudi

Le PDG de Renault reste derrière les barreaux. La requête de libération sous caution déposée par les avocats de Carlos Ghosn a été rejetée par le tribunal de Tokyo ce jeudi. Son principal avocat a indiqué qu’il allait porter l’affaire devant la Cour suprême.

Carlos Ghosn, incarcéré depuis le mois de novembre pour abus de confiance et autres malversations financières, est actuellement en détention provisoire jusqu’au 10 mars au moins. Une demande de libération sous caution avait déjà été rejetée mardi. Le principal avocat du dirigeant de 64 ans, Motonari Otsuru, avait déposé un recours, mais un deuxième juge a donné raison à son collègue de première instance et au procureur en maintenant le refus d’une libération sous caution.

Carlos Ghosn lâché par la France
« Demain au plus tôt, je déposerai un appel spécial devant la Cour suprême », a réagi dans un courriel adressé à la presse l’avocat. Le tribunal a justifié la détention de Carlos Ghosn par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite. Les procureurs ont argué auprès du juge qu’étant le plus souvent basé à l’étranger, Carlos Ghosn pourrait également être tenté de se soustraire à la justice japonaise.

Le procès de l’ex-magnat de l’automobile, qui risque en théorie jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois. Le tribunal a autorisé les visites de sa famille, en plus de celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, les trois pays dont il est citoyen.

L’État français a officiellement lâché Carlos Ghosn mercredi, en demandant la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile. Il va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président de leurs conseils d’administration dès la fin novembre.