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Mort de Claude Goretta, le réalisateur de La Dentellière

Mort de Claude Goretta, le réalisateur de La DentellièreLe cinéaste suisse est décédé le 20 février à l’âge de 89 ans.

Scénariste, documentariste, cet artiste de la caméra a reçu deux récompenses prestigieuses à Cannes : le prix du jury, en 1973, pour l’Invitation avec Jean-Luc Bideau et le prix du jury œcuménique, en 1977, pour La Dentellière avec Isabelle Huppert.

En 2011 le jeune cinéaste Lionel Baier avait déjà rendu un bel hommage au talent de Claude Goretta dans le documentaire intitulé Bon Vent. L’annonce de sa disparition le 20 février à l’âge de 89 ans, vient d’être confirmée par son fils Lucas. Ce réalisateur aussi passionné que méticuleux avait notamment reçu dans sa carrière deux prix prestigieux à Cannes pour L’Invitation et La Dentellière.

Né en Suisse le 23 juin 1929, Claude Goretta a montré très tôt une véritable fascination pour le septième art. Après des études de droit, il fonde avec son ami Alain Tanner le ciné-club de l’université de sa ville natale, Genève. Cinéaste parmi les plus doués des années 1960 et 1970, il réalisera essentiellement des documentaires et des adaptations d’œuvres classiques et de pièce de théâtre pour la télévision.

Avec deux œuvres majeurs, L’Invitation en 1973 puis La Dentellière en 1977, Claude Goretta recevra l’adoubement définitif de ses pairs à Cannes. Il obtiendra pour le premier film le prix du jury dufFestival et pour le second, le prix du jury œcuménique. Son héroïne, Isabelle Huppert, sera elle aussi consacrée, en étant couronnée par un Bafta et un David Donatello en 1978 au titre de la meilleure actrice étrangère.

Avec la disparition de Claude Goretta, la Suisse vient de perdre l’un de ses plus grands réalisateurs, un homme qui possédait, à travers son art, un étonnant pouvoir d’évocation.

En guise d’hommage au talent de Claude Goretta, Le Figaro présente les résumés de ses deux plus remarquables œuvres cinématographiques, L’Invitation et La Dentellière.

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La chatte Choupette de Karl Lagarfeld héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?

choupetteLe couturier allemand vouait une admiration sans limite à son animal de compagnie. Au point de vouloir tout lui léguer.

Alors que le Kaiser de la mode vient de s’éteindre, la question de son héritage refait surface. D’autant qu’en 2015 dans l’émission « Le Divan » de Marc-Olivier Fogiel, Karl Lagerfeld avait fait cette étonnante confidence à propos de Choupette, son chat Sacré de Birmanie : « Elle a sa propre petite fortune, c’est une héritière : s’il m’arrive quelque chose, la personne qui s’en occupera ne sera pas dans la misère ». Avant d’ajouter que « l’argent des pubs où elle apparaît » avait été « mis de côté pour elle. Choupette est une fille riche ».

choupette-lagerfeld.jpgIl avait donné des détails supplémentaires quelques semaines plus tard dans un entretien au New York Magazine. Il indiquait alors que son chat, qui compte aujourd’hui 126.000 abonnés sur Instagram, avait gagné 3 millions de dollars rien qu’en 2014 grâce à de juteux contrats publicitaires. La chatte dispose d’ailleurs d’un train de vie particulièrement luxueux, avec deux dames de compagnie et un garde du corps. L’animal ne mangeait par ailleurs que dans des plats en argent, d’après le livre « Choupette, la vie enchantée d’un chat fashion », sorti chez Flammarion en 2014.

Malgré tout l’amour que Karl Lagerfeld portait à son animal domestique, Choupette héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?   Certes, le directeur artistique de la maison Chanel n’avait pas de descendants et n’était pas marié. De ce fait, le couturier était libre de léguer sa fortune à qui il le souhaitait. En droit français, ce qu’on appelle la réserve héréditaire implique de transmettre une part minimale de l’héritage aux descendants du défunt. Il est en effet impossible en France de déshériter ces derniers. « Mais si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez léguer vos biens à qui vous voulez », résume Maître David Ambrosiano, vice-président du Conseil supérieur du notariat. Karl Lagerfeld n’avait donc pas de contrainte sur ce point.

Passer par un tiers de confiance
En revanche, un héritage ne peut être transmis qu’à une personne physique ou à une personne morale. Or, si les animaux sont considérés depuis 2015 comme « des êtres vivants doués de sensibilité », ils « sont soumis au régime des biens » (article 515-14 du Code civil). Dit autrement, ils n’ont donc pas de personnalité juridique et ne peuvent ni avoir de compte bancaire à leur nom ni hériter d’un patrimoine en France. « L’animal est considéré par le droit français comme un bien meuble, une chose. Or vous ne pouvez pas léguer votre patrimoine à une commode. D’ailleurs, en l’occurrence, le chat fait ici partie du patrimoine », décrypte David Ambrosiano.

En revanche, il est possible de procéder à ce qu’on appelle un legs avec charges. Karl Lagerfeld avait la possibilité de léguer à une personne morale (soit une association, soit une fondation reconnue d’utilité publique) ou à une personne physique sa fortune, à condition que celle-ci suive les obligations inscrites dans le testament, comme le fait de prendre soin d’un animal jusqu’au décès de ce dernier. Il faut néanmoins prévoir dans ce cas ce qui arrivera une fois que l’animal décédera à son tour.

Mais à qui faire confiance ?  Il existe aussi une question fiscale. En désignant une personne physique non-parente, elle sera imposée jusqu’à 60% sur le montant de l’héritage. En revanche, une association ou une fondation d’utilité publique n’aura à verser d’impôt que sur la part de l’héritage revenant effectivement aux ayants droits (ici l’animal de compagnie). Rappelons ici que le couturier avait aussi la possibilité de transmettre son patrimoine à plusieurs héritiers différents.

Enfin, dernier élément particulier dans le cas de Karl Lagerfeld, ce dernier avait le choix pour sa succession entre le droit allemand et le droit français. En effet, par défaut, c’est la loi du pays où résidait le défunt qui s’applique dans ce domaine dans l’Union européenne.

Toutefois depuis 2015, « avant leur décès, les personnes peuvent choisir que la loi applicable sera la loi du pays dont elles possèdent la nationalité », en raison du règlement (UE) n 650/2012 en matière de successions et de certificat successoral européen. Or, Karl Lagerfeld était de nationalité allemande. Il aurait eu cependant les mêmes problèmes qu’avec le droit français, puisqu’en Allemagne les animaux ne peuvent pas non plus hériter directement. Là encore, car ils n’ont pas de capacité légale. Il existe quoi qu’il en soit des montages relativement similaires au legs avec charges français, les fiducies, pour s’assurer du bien-être de son animal après sa mort.

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Décès de Karl Lagerfeld

Karl LagerfeldAmbassadeur de l’élégance à la française, le créateur de mode et photographe Karl Lagerfeld est mort ce mardi 19 février, à l’âge de 85 ans.

Le couturier Karl Lagerfeld, surnommé « le Kaiser de la mode », est mort ce mardi 19 février à l’âge de 85 ans. Il était depuis 1983 le directeur artistique de la maison Chanel.

Le 22 janvier dernier, il était absent du traditionnel défilé Chanel au Grand Palais, en pleine Fashion Week parisienne. Invoquant la « fatigue », il n’était pas venu saluer le public, comme il avait coutume de le faire.

Celui dont l’année de naissance est un mystère (1933, 1935 et 1938 ont été tour à tour évoquées au cours de différentes interviews) est né à Hambourg dans le nord de l’Allemagne. « Je ne le dirai jamais, et puis il y a des choses que je ne sais pas moi-même », avait-il expliqué au Monde, qui lui a consacré une série l’été dernier. Il grandit dans une famille à l’ombre de sa mère, Elisabeth Lagerfeld, dont il est le portrait craché. Il l’a souvent décrite comme assez cruelle et castratrice, évoquant par exemple cette anecdote : « Je voulais à tout prix apprendre le piano. Au bout d’un an de cours, ma mère m’a foutu le couvercle sur les doigts et elle m’a dit : ‘Dessine, ça fera moins de bruit ». Elle avait raison », livrait-il ainsi à Libération en 2017.

C’est avec elle qu’il s’installe à Paris, en 1952. Après ses études, il décroche le premier prix du « Secrétariat international de la laine – en dessinant un manteau jaune jonquille, décolleté dans le dos, ex aequo avec un certain Yves Saint Laurent. Il devient dans la foulée l’assistant de Pierre Balmain, avant d’être affecté à la direction artistique de Jean Patou en 1957, puis de Chloé de 1963 à 1984, mais aussi de la ligne prêt-à-porter Fendi, où il exerce depuis 1965.

Dépoussiérer Chanel
Nommé directeur artistique des collections Haute couture, prêt-à-porter et accessoires de Chanel en 1983, il sauve la luxueuse marque qui risquait pourtant de fermer. Il œuvre à dépoussiérer la marque, fait signer un contrat d’exclusivité au mannequin Inès de La Fressange pour représenter la maison, remet au goût du jour les codes du style Coco Chanel (le tweed, le noir et blanc…). « J’ai gardé l’esprit Chanel, mais je lui ai donné un petit côté up to date », explique-t-il à l’époque de son premier défilé. Stakhanoviste jusqu’au bout de ses ongles manucurés, il lance en parallèle, sa propre marque éponyme, en 1984. Les auteurs du livre Le monde selon Karl, compilation de ses meilleures citations, lui prêtent cette phrase : « Mon fond de commerce a toujours été de travailler plus que les autres pour leur montrer leur inutilité ».

Karl Lagerfeld tire de sa rencontre avec Andy Warhol dans les années 1960, de précieux enseignements : construire un personnage et une légende. Il accessoirise ainsi son look, adopte l’éventail, les lunettes fumées, le catogan, plus tard les cheveux poudrés, qui le rendent si reconnaissable. Son humour, sa culture, son sens de la répartie lui inspirent de savoureux et cruels aphorismes, qu’il lâche de son débit de mitraillette et qui deviennent aussi sa marque de fabrique (« Je pense que les tatouages sont horribles, c’est comme porter une robe Pucci à vie », « Le régime est le seul jeu où l’on gagne quand perd »…).

Saint Laurent, son fragile contemporain, sera longtemps son grand rival. En mode, mais aussi en amour : il partageront une passion commune pour Jacques de Bascher jet-setteur oisif, compagnon de Lagerfeld et amant de Saint Laurent. De Bascher meurt du sida en 1989.

A l’aise derrière l’objectif, passionné par l’art et l’image, il réalise la plupart des campagnes publicitaires des collections qu’il créé. Plusieurs ouvrages documentent les diverses séries photo qu’il a réalisées pour des magazines ou des marques. A partir de 2012, il s’amuse à mettre en scène son chat Choupette, source d’inspiration, dans des publicités Shu Uemura ou Opel.

Équipe de France et gilet jaune
Fin businessman, il a su avant capter l’évolution du secteur de la mode, qui s’industrialise au tournant des années 1990. Karl Lagerfeld est aussi le premier couturier à créer une collection capsule pour le géant suédois H&M, en 2004. Les boutiques de la marque sont prises d’assaut, les trente pièces exclusives se vendent en quelques minutes.

Au cours de sa carrière, le couturier touche-à-tout s’amusera également à relooker des bouteilles de Coca-Cola Light ou les timbres de La Poste, collaborera avec Optic 2000 ou encore la marque de chaussures Melissa et imaginera les costumes de scène de l’opéra de la Scala à Milan et de celui de Florence, du film Talons aiguilles de Pedro Almodovar ou encore les tenues de Madonna et Kylie Minogue.

On lui doit aussi le maillot de France de l’équipe de France de football de 2011. Sans oublier le désormais célèbre gilet jaune, qu’il promeut dans une campagne pour la sécurité routière en 2008 sans avoir jamais voulu l’enfiler, l’accessoire a été photoshopé sur lui.

Insubmersible, il survit à toutes les modes, s’adapte à tout. En 2010, il publie un livre sur le régime entrepris au début des années 2000, grâce auquel il a pu perdre 42 kilos. Il affiche désormais une silhouette étique, qui lui permet de se glisser dans les costumes dessinés par Hedi Slimane pour Dior Hommes. En 2010, Nicolas Sarkozy le fait commandeur de la Légion d’honneur. Devenu une icône planétaire, il a même une poupée Barbie à son effigie depuis 2014.

Chaque année, lors de la Fashion Week à Paris, Chanel investit le Grand Palais pour un défilé plus spectaculaire à chaque fois. Une tour Eiffel gigantesque, une fusée, ou un casino, chaque décor est un événement. Cette année, la verrière du Grand Palais accueillait une plage, mais il manquait l’essentiel.

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Henry Chapier : Décès de l’homme qui confessait les stars sur « le divan »

henry charpierHenry Chapier, critique de cinéma et célèbre animateur à la télévision de l’émission « Le Divan » est décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

C’est un grand homme de culture qui s’est éteint. Le journaliste Henry Chapier est décédé à l’âge de 85 ans, annonce dimanche 27 janvier dans un communiqué la Maison européenne de la photographie, qu’il avait présidée de 1996 à 2017.  « Quelle tristesse de perdre un si grand Parisien », a réagi sur Twitter la maire de Paris, Anne Hidalgo, peu après l’annonce de sa mort.

Henry Chapier était connu du grand public comme l’animateur de la célèbre émission « Le Divan », diffusée sur FR3 de 1987 à 1994, dans laquelle il interviewait des personnalités culturelles et politiques. Dans cette émission devenue culte, Henry Chapier a reçu plus de 300 personnalités parmi lesquelles Serge Gainsbourg, Jean-Marie Le Pen, Spike Lee, Jeanne Moreau, le mime Marceau ou encore Simone Veil. A noter que cette émission a fait son retour à la télévision ces dernières années, avec Marc-Olivier Fogiel dans le rôle du confesseur.

Ce journaliste est né en Roumanie le 14 novembre 1933, d’un père français avocat et d’une actrice autrichienne, avant de fuir son pays natal avec sa famille en 1947. Il arrive en France à l’âge de 15 ans et s’illustre d’abord comme un critique de cinéma reconnu, notamment à Combat, puis au Quotidien de Paris.

Ce passionné de photo et d’art, qui parlait pas moins de sept langues, a co-fondé en 1978 « Paris Audiovisuel » qui deviendra la Maison européenne de la photographie et permettant à la capitale de devenir l’une des métropoles phares de la création photographique contemporaine.