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Facebook : dans la tourmente, une figure historique quitte le navire

facebook utilisateurFacebook a annoncé le départ de Chris Cox, l’un de ses membres historiques, au moment où le réseau social est confronté à une cascade d’ennuis, liés notamment à l’exploitation des données privées de ses utilisateurs.

Facebook a annoncé jeudi le départ de Chris Cox, l’un de ses membres historiques, au moment où le réseau social est confronté à une cascade d’ennuis, liés notamment à l’exploitation des données privées de ses utilisateurs.

Chris Cox, chef de la division produits de Facebook, a lui-même relayé cette annonce sur sa page Facebook, affirmant qu’il avait décidé de quitter l’entreprise « avec une grande tristesse » après treize ans de carrière au sein du réseau social créé en 2004.

Départ d’un cadre de WhatsApp
La raison de son départ n’a pas été précisée. Mais dans un communiqué diffusé au nom de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook précise que « ces dernières années, Chris m’a fait part de son désir de faire quelque chose d’autre ».

« Mais après 2016, nous avons réalisé tous les deux que nous avions encore beaucoup de choses importantes à réaliser dans l’optique d’améliorer nos produits pour la société, et il a décidé de rester », écrit encore M. Zuckerberg, qui affirme que M. Cox ne sera pas remplacé dans l’immédiat.

Outre Chris Cox, Facebook a également annoncé le départ de Chris Daniels du service de téléphonie par internet WhatsApp, propriété de Facebook.

Au rang des nominations, le réseau social a annoncé l’arrivée de Will Cathcart à la tête de WhatsApp, et celle de Fidji Simo aux manettes de l’application Facebook, après avoir jusqu’à présent été en charge de la vidéo, des jeux vidéos, et de la monétisation au sein du réseau.

Contexte difficile
Cette réorganisation au sein des instances dirigeantes du groupe intervient dans un contexte difficile pour la société de Mark Zuckerberg aux 2,3 milliards d’usagers.

Depuis plusieurs mois, les scandales sur l’utilisation des données privées des utilisateurs du réseau social se sont multipliés, affaiblissant la crédibilité de Facebook aux yeux du public et des autorités.

Une enquête pénale, lancée par des procureurs à New York, autour de ses partages de données personnelles avec d’autres groupes technologiques a été ouverte, selon le New York Times mercredi soir.

Au même moment, une énorme panne a affecté les services de Facebook de diverses manières un peu partout dans le monde, avant de se résorber progressivement jeudi.

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Quelle est l’origine de la journée du 8 mars, dédiée à la lutte pour les droits des femmes ?

droit femmeSi l’idée de cette journée internationale remonte aux mouvements féministes du début du XXe siècle, le choix de la date reste, lui, l’objet de débats historiques.

« Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement » : l’agence des Nations unies pour l’égalité des sexes a décidé de dédier, pour l’année 2019, la journée du 8 mars à la recherche de solutions pour l’autonomisation des femmes. Depuis l’instauration par l’ONU d’une journée internationale consacrée aux droits des femmes en 1977, l’agence donne chaque année le ton des centaines d’événements organisés dans le monde en leur faveur.

Parfois critiqué pour ses nombreuses récupérations marketing ou pour son aspect plus symbolique que politique, le 8 mars reste un rendez-vous annuel important pour faire le bilan des progrès et des régressions sur la question de l’égalité des sexes dans de nombreux pays. Mais quels sont les fondements historiques de cette journée ?   Si son origine est bien antérieure à sa proclamation officielle par l’ONU, son événement de référence et le choix de la date du 8 mars font encore l’objet de discussions chez les historiens.

Une journée internationale évoquée dès 1910
La première occurrence de cette idée remonte au début du XXe siècle. Marqué par la mobilisation des suffragettes, présentes au Royaume-Uni dès 1903, le mouvement de lutte pour les droits des femmes connaît en 1909 un autre temps fort lors d’une manifestation nationale aux États-Unis : le Parti socialiste d’Amérique évoque alors le dernier dimanche de février pour mobiliser, chaque année, tout le pays autour de cette thématique.

En 1910, la Conférence internationale des femmes socialistes, constituée d’une centaine de femmes de dix-sept pays rassemblées à Copenhague (Danemark), vote à l’unanimité une motion soulignant la nécessité d’une « journée internationale des femmes ». Il s’agirait de la première déclaration appelant à un mouvement rassemblant plusieurs pays, menée par l’Allemande Clara Zetkin, journaliste et femme politique devenue une figure historique du féminisme.

La déclaration de Copenhague n’a cependant pas été inscrite dans le compte-rendu du congrès socialiste en raison, selon l’universitaire Simone Bonnafous, « des réticences d’une grande partie des dirigeants de la Deuxième Internationale pour toute action autonome publique des femmes socialistes ». Désavoué politiquement, cet appel reste pourtant fondateur dans la construction de la journée internationale telle qu’elle est organisée aujourd’hui.

Une origine communiste ?
Quant au choix de la date du 8 mars, il a, dès 1955 et pendant plus de trente ans, fait l’objet d’un mythe, largement relayé dans les médias, par plusieurs historiennes américaines ou même dans la documentation officielle de l’ONU. « L’origine de cette journée remonte au 8 mars 1857, où à New York, pour la première fois, des femmes travailleuses, des ouvrières de l’habillement manifestèrent pour leurs revendications », raconte ainsi le 26 février 1955 le journal France Nouvelle, cité par l’historienne Françoise Picq dans un texte sur l’origine du 8 mars. Problème : aucun document historique ne fait mention de cet événement, qui n’est d’ailleurs jamais mentionné par Clara Zetkin comme référence pour la journée internationale qu’elle appelle de ses vœux.

L’origine historique du 8 mars fait toujours l’objet de spéculations, mais une hypothèse se dégage : celle du 8 mars 1917, date d’une grève d’ouvrières à Saint-Pétersbourg (alors appelée Pétrograd), qui serait un des événements déclencheurs de la révolution russe. Afin de détacher les idéaux féministes de tout arrière-plan communiste en pleine guerre froide, le « mythe » des ouvrières américaines de mars 1857 aurait ainsi été mis en avant après la seconde guerre mondiale, explique Françoise Picq dans son article.

Une date adoptée en France en 1982
Quelle que soit son origine historique exacte, la date du 8 mars sera ensuite utilisée, notamment en France, en 1975, quand le Mouvement de libération des femmes (MLF) s’en sert pour manifester contre l’Année internationale de la femme, organisée par l’ONU et considérée comme une « récupération » de la lutte par de nombreuses militantes.

L’institution prend deux ans plus tard une résolution dans laquelle elle invite « tous les États à proclamer (…) un jour de l’année “Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale” » : le MLF demande au président François Mitterrand de choisir le 8 mars, adopté en France en 1982. Les États-Unis avaient fait de même en 1980.

« Signalons pour finir qu’on peut très bien aujourd’hui “célébrer” le 8 mars sans référence aucune au passé, ce qui en soi est déjà significatif », tient à rappeler la chercheuse Simone Bonnafous.

Cette année, en France, un collectif d’associations reprend l’imaginaire de la grève à l’origine de la journée internationale en encourageant toutes les femmes à quitter leur travail dès 15 h 40, vendredi. Une action intitulée « l’heure des comptes » pour dénoncer, en l’adaptant au temps de travail, l’écart de 26 % de rémunération moyenne entre les femmes et les hommes – 15 % en équivalent temps plein.

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Facebook : les leçons manquées de Cambridge Analytica

facebook utilisateurLe plus grand réseau social au monde est de nouveau critiqué pour son usage laxiste des données. Par le biais d’applications tierces, Facebook capterait en toute opacité une quantité de données sensibles, telles que la période des règles et d’ovulation des femmes, en passant par le poids et le rythme cardiaque.

Facebook de nouveau pris la main dans le sac. Il y a bientôt un an, le plus grand réseau social au monde voyait son image ternie par le retentissant scandale de Cambridge Analytica. Ce cabinet d’analyse britannique est parvenu à mettre la main de façon détournée sur 87 millions de données personnelles d’utilisateurs Facebook. Après une année de mea culpa,ponctuée de nouvelles fuites massives de données, le fleuron de la Silicon Valley est de nouveau dans le viseur des autorités pour son usage laxiste des données personnelles.

Une enquête du Wall Street Journal, publiée vendredi dernier, a révélé que Facebook, utilisé par 2,3 milliards d’utilisateurs dans le monde, récupérerait en toute opacité une quantité de données sensibles par le biais des applications tierces. Des données très intimes, allant de la période des règles et d’ovulation des femmes, en passant par le poids ou encore le rythme cardiaque. Selon le WSJ, « au moins 11 applications populaires, totalisant des dizaines de millions de téléchargements, ont partagé des données sensibles de leurs utilisateurs ». Parmi les applications, figurent notamment Instant Heart Rate : HR Monitor, l’application de mesure de fréquence cardiaque la plus populaire dans l’App Store , ou encore Flo Period & Ovulation Tracker  qui revendique plus de 25 millions d’utilisateurs actifs.

Capter les données des non-usagers de Facebook
Concrètement, certaines applications tierces recourent à un outil d’analyse, baptisé « App Events » et développé par Facebook. Conséquence : à partir de cet outil, le géant américain peut récolter une masse de données provenant d’applications indépendantes, et ce, sans que les utilisateurs ne soient nécessairement au courant. Le groupe de Mark Zuckerberg est en capacité de capter des données sans que l’usager ne soit connecté à son compte Facebook et même, plus ahurissant, sans qu’il ne possède de compte.

« Lorsque vous visitez un site ou une application qui utilise nos services, nous recevons des informations même si vous êtes déconnecté ou n’avez pas de compte Facebook », affirmait déjà en avril dernier David Baser, responsable produit du groupe, dans une note de blog publiée à la suite de Cambridge Analytica.

Facebook dispose de plusieurs cordes à son arc pour capter des données. Il peut utiliser l’un de ses nombreux « outils » marketing : il collecte ainsi les informations à partir des boutons « like » ou « partager » intégrés sur les sites, comme ceux que l’on peut voir accolés aux articles de presse en ligne. Le réseau social engrange aussi des données lorsqu’un internaute se connecte à un compte, comme Deezer ou Airbnb, avec son identifiant Facebook.

Le géant américain profite aussi de sa plateforme Facebook Analytics, qui permet aux sites ou aux applications de mesurer leur audience. Enfin, il amasse des données par le biais de sa régie publicitaire. Les annonceurs présents sur Facebook peuvent aussi diffuser leurs pubs en dehors du réseau social  sur un autre site ou application. Lorsqu’un internaute clique sur cette publicité d’un annonceur gravitant dans l’écosystème Facebook, alors ce dernier met la main sur certaines infos.

« Un système hors de contrôle »
Au cours du week-end, au moins 4 applications ont rompu leur relation avec Facebook, toujours selon le WSJ. De son côté, Facebook a déclaré par communiqué de presse : « Nous exigeons des développeurs d’applications qu’ils soient clairs avec leurs usagers quant aux informations qu’ils partagent avec nous, et nous interdisons les développeurs d’applications de nous envoyer des données sensibles. Nous souhaitons également détecter et supprimer les données qui ne sont pas censées nous être partagées. »

Car tout le monde se rejette la faute : est-ce à cause des développeurs d’applications que les données fuitent ou de Facebook, qui récolte généreusement les précieuses informations ?  Pour se faire une idée, le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a demandé vendredi à des agences fédérales une enquête. Il a également appelé les régulateurs à Washington à se pencher sur le sujet. Au Royaume-Uni, Damian Collins, membre du Parlement en charge du comité numérique, a écrit sur Twitter que cette affaire démontrait « à quel point le système est hors de contrôle ».

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De grandes marques remettent la consigne au goût du jour

consigneEn collaboration avec une vingtaine de géants de la grande distribution, une plateforme de commerce en ligne, Loop, va proposer des produits dans des emballages consignés, réutilisables ou recyclables. Ce service sera d’abord testé à Paris et New-York, dès le printemps.

La consigne ne sera bientôt plus uniquement l’apanage d’une poignée d’épiceries solidaires. Pressés de trouver des alternatives au plastique, les industriels se lancent eux aussi dans le zéro déchet. Vingt-cinq multinationales de la grande distribution, dont Procter&Gamble, Nestlé, PepsiCo, Unilever, Coca-Cola, Mondelez, Danone, ou encore le français Carrefour, vont commercialiser des produits vendus dans des emballages consignés, réutilisables ou recyclables via un site de commerce en ligne baptisé Loop (boucle).

Cette plateforme, présentée officiellement jeudi dernier lors du Forum économique de Davos, a été lancée par l’entreprise américaine Terracycle, présente dans une vingtaine de pays et spécialisée dans le traitement de déchets difficiles à recycler. Elle propose de «collecter les produits usagés sur le pas-de-porte des consommateurs en vue d’un recyclage et d’une réutilisation», précise un communiqué.

D’abord testé à Paris et New-York
L’opération sera testée à partir du mois de mai à Paris et New-York, avant d’être élargie à d’autres grandes villes comme Londres, Toronto, Tokyo, San Francisco. Tom Szaky, PDG de TerraCycle, ambitionne de «créer une nouvelle façon de consommer des produits de manière plus responsable», dans des «emballages durables, réutilisables ou entièrement recyclables».

Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?   Il s’agit d’un site de commerce en ligne sur lequel vous trouverez des produits de consommation courante : pâtes, huiles, biscuits, jus de fruit, produits de beauté et d’entretien. Lors du lancement, une centaine de références sera disponible. La particularité est que vous n’achetez que le produit et non son emballage, fabriqué dans un matériau réutilisable ou recyclable : acier pour les céréales, aluminium pour le shampoing, manche durable pour les brosse à dents (seule la tête se remplace) …

Une fois le contenu consommé, un transporteur partenaire vient récupérer les contenants à domicile. Ces derniers seront ensuite «nettoyés et réutilisés pour une future commande, ou recyclés», précise Loop dans un communiqué. «S’il y a des produits usagés récupérables, comme des couches, des tampons, des rasoirs ou des parties de brosse à dents, ils seront récupérés en vue d’une réutilisation ou d’un recyclage», précise encore la plateforme.

Les allers-retours se feront dans un sac spécifique destiné à éliminer les cartons et autres emballages. Il sera aussi possible de souscrire un abonnement pour recevoir le même produit une fois le contenant vide renvoyé. «Le montant de la consigne sera remboursé graduellement à chaque restitution» précise Carrefour qui va expérimenter le «système»

Loop en région parisienne à partir de l’été 2019, les produits coûteront environ le même prix que les mêmes produits avec emballage à usage unique. Mais il faudra régler une caution de quelques euros pour la consigne et les frais de transport :  25 euros de livraison à la première commande, gratuit à partir de 12 produits.

Pour les industriels, ce projet n’est pas forcément immédiatement rentable, mais c’est une façon de répondre à cette tendance de consommation du zéro déchet à laquelle les consommateurs sont de plus en plus sensibles. Et ce trente ans après la disparition des bouteilles consignées, délaissées au profit des emballages plastiques et les bouteilles en verre à usage unique.

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Y a-t-il une recrudescence des punaises de lit en France ?

punaise de litEn juin 2017, 200 000 lieux étaient infectés en France par des punaises de lit, ces petits insectes qui causent des piqûres semblables à celles des moustiques (mais disposées en ligne sur la peau).

Les professionnels de la désinsectisation, qui avancent ce chiffre, jugent la situation «alarmante». Ils estiment ainsi que leurs interventions ont augmenté de 165 % entre 2014 et 2016. «Si l’ampleur du phénomène reste encore difficile à établir, la recrudescence de ces insectes en différents points du territoire national est une réalité», notait également le député des Bouches-du-Rhône Jean-Marc Zulesi lors d’une question écrite à l’Assemblée , en janvier 2018.

Le ministère de la Santé avait alors répondu que «ces dernières années, les infestations de maisons et d’hôtels augmentent», en citant comme causes probables les «voyages internationaux et apparition de résistances aux insecticides». Si «les manifestations cutanées liées aux piqûres peuvent constituer une réelle gêne pour les personnes atteintes», notait toutefois le ministère, «il apparaît, en l’état des connaissances actuelles, que les piqûres de punaises de lit ne présentent pas de risque de transmission vectorielle d’agents infectieux».

Le phénomène n’est par ailleurs pas cantonné à la France : un rapport réalisé sous la tutelle des ministères de la Santé et de l’Agriculture indique que l’on observe «une recrudescence mondiale», notamment dans les pays développés, depuis les années 90. Avec parfois des «flambées épidémiques dans une ville», comme à New York en 2009 et 2010.

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La poupée Barbie fête ses 60 ans en 2019

Poupee barbieParfois critiquée, souvent imitée, la poupée la plus célèbre du monde va souffler ses 60 bougies cette année. Et l’entreprise Mattel lui applique une cure de jouvence perpétuelle.

Elle va fêter en 2019 son 60e anniversaire mais n’a pas une ride : blonde ou brune, longiligne ou ronde, princesse ou pompier, la poupée Barbie continue de séduire les enfants et se démène pour rester au goût du jour, jusque sur les réseaux sociaux.

« 60 ans, c’est énorme dans une industrie du jouet où, aujourd’hui, un succès dure entre trois et cinq ans », lance fièrement Nathan Baynard, directeur mondial du marketing pour la poupée Barbie.

1 milliard de poupées vendues depuis 1959
Malgré la concurrence de plus en plus rude, il s’en vend chaque année 58 millions d’exemplaires dans plus de 150 pays. Et la marque est aussi connue que Coca-Cola ou McDonald’s, expliquait le responsable en décembre, lors d’une visite privée du centre de design du groupe Mattel à El Segundo, dans la banlieue de Los Angeles, en Californie. Au total, plus d’un milliard de Barbie se sont vendues depuis sa présentation au Salon du jouet de New York, le 9 mars 1959.

Sa « maman » n’est autre que la co-fondatrice de Mattel, Ruth Handler, qui eut l’idée de cette poupée en regardant ses propres enfants. « Sa fille Barbara n’avait qu’un choix limité de jouets : des poupons. Le seul rôle dans lequel elle pouvait se projeter était celui de maman, alors que son fils s’imaginait astronaute, cowboy ou pilote », explique Nathan Baynard.

C’est ainsi qu’elle a créé « Barbie » (diminutif du prénom de sa fille), poupée adulte aux formes très féminines, pour « montrer aux petites filles qu’elles pouvaient devenir qui elles voulaient. En 1959, c’était une idée choc » qui remportera un succès immédiat avec 300.000 poupées vendues la première année, souligne Nathan Baynard.

Caricature ?
Avec ses allures de pin-up, la première Barbie n’avait à première vue rien d’une féministe. « Elle correspondait aux canons de beauté de son temps » et ses mensurations irréalistes, qui ont depuis lors été revues par Mattel, étaient « adaptées aux tissus disponibles à l’époque », plaide Carlyle Nuera, l’un des designers de Barbie. Archétype de la blonde californienne, Barbie a d’ailleurs longtemps été poursuivie par cette image de femme superficielle, riche et oisive, qui lui a valu d’incessantes critiques.

livre barbieUne caricature injustifiée, juge M. G. Lord, auteur du livre référence « Forever Barbie ». « En réalité, Barbie est ce que l’enfant qui joue avec veut qu’elle soit. Le problème n’est pas un bout de plastique haut de 28 cm. Le problème est dans notre culture et l’idée que nous avons de la féminité », affirme-t-elle à l’AFP.

Barbie est devenue astronaute dès 1965,  quatre ans avant que Neil Armstrong ne pose le pied sur la Lune  et sa première version à la peau noire a été commercialisée en 1968.

Actuellement « 55% des poupées que nous vendons dans le monde n’ont ni les cheveux blonds ni les yeux bleus », insiste Lisa McKnight, directrice générale de la marque Barbie.

Une marque qui ne lésine pas pour développer de nouveaux prototypes : plus d’une centaine de personnes y travaillent dans son centre d’El Segundo, gigantesque hangar bien peu glamour coincé entre l’aéroport de Los Angeles et une autoroute.

A partir d’une simple esquisse tracée par les designers, tout est fait à la main par une armée de virtuoses : sculpture via un logiciel de pointe, impression 3D, peinture des traits du visage, couture des cheveux, choix des tissus et découpe des patrons pour les vêtements. Le processus peut durer 12 à 18 mois avant qu’une nouvelle Barbie ne sorte enfin des ateliers californiens pour être envoyée vers les usines asiatiques du groupe Mattel, en Chine et en Indonésie. « Parfois, on la voit sur une étagère et on se souvient d’un seul coup : ah oui, celle-là c’est moi qui l’ai conçue », sourit Carlyle Nuera.

Séances photo sur Instagram
Barbie ne mène pas seulement la bataille du succès dans les rayons des magasins de jouets. Elle a investi massivement internet et les réseaux sociaux pour devenir « une influenceuse » suivie par des millions d’abonnés, expliquent les responsables de la marque.

Pour nourrir l’imaginaire des enfants et sa gamme de produits, Barbie avait déjà depuis longtemps une identité et une famille : Barbie Millicent Roberts, originaire de la ville fictive de Willows, dans les plaines du Midwest. Depuis quelques années, elle s’adresse « directement aux enfants pour leur parler de ce qui se passe dans sa vie, des sujets qu’elles trouvent importants pour les filles d’aujourd’hui … », explique Nathan Baynard.

Barbie dispose aussi de sa propre équipe, avec coiffeuse, maquilleuse et photographe qui la font voyager « pour de vrai » aux États-Unis et dans le monde entier pour des séances photos sur son compte Instagram (@barbiestyle), « numéro un pour la mode » avec près de deux millions d’abonnés.

Barbie aurait donc tout pour être heureuse ?  La sexagénaire n’a en tout cas pas besoin d’enfants, ni de mari : « Son histoire est celle d’une jeune femme qui est indépendante et se consacre à différentes carrières », tranche Lisa McKnight