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Comment sera-t-on soigné dans 10 ans ?

Comment sera-t-on soigné dans 10 ansÀ l’horizon 2030, notre expérience de patients n’aura plus grand-chose à voir avec celle que l’on expérimente actuellement. Technologies, approches thérapeutiques, relations avec le corps médical … tout va changer.

Préparez-vous à regarder la médecine d’un autre œil. Car tout ce que vous connaissez déjà va évoluer : aussi bien d’un point de vue technique que d’un point de vue humain. Avec, à coup sûr, une vraie transformation de la relation soignant-patient.

L’hôpital s’installera à la maison
Qui se souvient du temps où une opération de la cataracte nous clouait une semaine au lit dans un service hospitalier ?  Aujourd’hui, on rentre à la maison le jour même, outre le boom de la chirurgie ambulatoire, de plus en plus de traitements sortent des couloirs de l’hôpital. « Demain, le domicile sera le lieu principal d’organisation des soins », prédit François Bourse, directeur d’études au think tank Futuribles, qui a publié avec le Leem (Les Entreprises du médicament) l’analyse prospective Santé 2030.

Aux hôpitaux, les urgences et les pathologies qui nécessitent des équipements de pointe, à la maison, la prise en charge des maladies chroniques. Question de pragmatisme, puisque nos établissements ne peuvent plus accueillir tout le monde et de confort aussi, puisque l’on se sent souvent mieux chez soi. D’ailleurs, 8 Français sur 10 se disent prêts à tenter l’expérience de l’hospitalisation à domicile. Un virage entamé il y a dix ans avec l’arrivée des premiers traitements oraux pour le cancer : on peut par exemple prendre certaines chimiothérapies à domicile, d’autant que leur toxicité est désormais mieux contrôlée, avec moins d’effets indésirables.

La dialyse chez soi pourrait également concerner 20 % des patients d’ici à 2 030 (contre 7 % aujourd’hui). Les intervenants de l’équipe médicale (aides-soignants, infirmiers …) se relaient auprès du patient, dans son cadre de vie, et des professionnels assurent une permanence téléphonique 24 heures/24 en cas de problème.

La voix des patients va compter
Bonne nouvelle, les patients auront (enfin) voix au chapitre  « Il y a un changement de paradigme : on passe d’une relation très hiérarchisée à un véritable partenariat. Dans les pathologies chroniques comme le diabète ou les maladies rhumatismales, les médecins possèdent le savoir théorique mais les patients vivent la maladie au quotidien : l’objectif est de mettre ces expériences en commun », explique la docteure Christelle Sordet, rhumatologue au CHU de Strasbourg.

Cela passe par la formation de « patients experts », qui accumulent des connaissances et des compétences, pas uniquement pour apporter leur témoignage mais aussi pour aider les autres patients à mieux prendre en charge leur maladie, par exemple en intervenant dans des ateliers d’éducation thérapeutique. Ces « nouveaux profils » côtoient désormais les soignants sur les bancs de la fac dans le cadre de diplômes universitaires ouverts aux patients à Paris (Université des patients de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie), Grenoble ou Aix-Marseille.

« À l’avenir, les patients experts seront de plus en plus nombreux à être intégrés dans les équipes médicales et pourront également intervenir dans la formation des étudiants en médecine », note le médecin.

Davantage de médicaments sur mesure
Il y a fort à parier que dans dix ans, si l’on souffre de la même maladie que celle qui affecte une amie aujourd’hui, notre prise en charge différera totalement de la sienne. On s’éloigne en effet du vieux principe « une pathologie, un traitement ». « Aujourd’hui, on ne traite plus “un” cancer du sein ou du poumon. Pour une bonne partie des médicaments anticancéreux, on teste des caractérisations génétiques ou cellulaires de la tumeur, très spécifiques au patient, et cet effort pour développer des thérapies ciblées va encore s’accentuer », assure Thomas Borel, directeur scientifique du Leem.

Plutôt que d’administrer ou d’injecter un seul produit, on développera des combinaisons de traitements uniques. Une évolution rendue possible grâce à l’intelligence artificielle qui affine les diagnostics, mais aussi aux marqueurs biologiques et génétiques que l’on décode de mieux en mieux. À partir d’une prise de sang ou d’une biopsie, on peut établir la carte d’identité de 20 % des tumeurs  d’ici à dix ans, ce sera plus de la moitié d’entre elles.

Même tendance avec les biothérapies (qui utilisent des anticorps spécifiques) dans la polyarthrite rhumatoïde, les maladies chroniques de l’intestin ou les maladies neurodégénératives du type Parkinson et sclérose en plaques. Bienvenue dans l’ère de la médecine ultra-personnalisée.

Un jumeau numérique en guise de cobaye
La prochaine mutation médicale se passe « in silico », autrement dit sur ordinateur. Imaginez une copie très fidèle de vous-même, avec les mêmes facteurs de risques, les mêmes problèmes de santé ou les mêmes artères tortueuses : c’est ce que l’on appelle un jumeau numérique. « Pour l’instant, il est encore trop compliqué de reproduire le corps entier d’un patient. Mais on sait copier un organe ou une petite partie, comme l’aorte, grâce aux scanners qu’il a passés.

On obtient une image en 3D avec la forme et le volume exacts, mais aussi les mêmes propriétés mécaniques, par exemple la rigidité de la paroi artérielle, la présence de calcifications.  Ce modèle nous permet de simuler le déploiement d’une endoprothèse pour traiter un anévrisme de l’aorte », détaille le Pr Jean-Noël Albertini, chirurgien cardio-vasculaire au CHU de Saint-Étienne, cofondateur de la start-up PrediSurge. Donc de fabriquer une prothèse parfaitement adaptée et d’anticiper d’éventuelles complications au moment de la pose.

« En permettant aux chirurgiens de s’entraîner virtuellement avant une chirurgie ou de visualiser l’organe pendant l’opération au lieu d’opérer à l’aveugle, cette technologie va rendre les interventions plus sûres », s’enthousiasme le Pr Albertini. D’autres start-up travaillent sur les jumeaux numériques avec des prothèses d’épaules ou de genoux parfaitement adaptées à la façon dont on bouge, ou encore un programme qui permet de simuler une opération de la cataracte. Il sera bien pratique de disposer d’un cobaye virtuel qui ne risque rien  pour mieux nous soigner en vrai.

Des mini-organes pour tester nos traitements
Révolution aussi dans les labos : sur une petite puce en plastique de la taille d’un ongle, les chercheurs font « pousser » un mini-cœur, un foie ou des poumons à partir de nos cellules souches (le plus souvent grâce à des cellules de peau). Développées dans un liquide de culture proche du sang, les cellules cardiaques battent en rythme, les cellules pulmonaires respirent … « Ces organes sur puce ont deux intérêts majeurs.

En premier lieu, la réduction du coût et de la durée des tests cliniques pour développer de nouveaux médicaments, en évitant notamment les expérimentations sur animaux. Des traitements contre Alzheimer pourront ainsi être testés sur puce afin d’évaluer leur effet réel sur les neurones des patients. En second lieu, ils permettent de pousser encore plus loin la médecine personnalisée : on pourra par exemple tester différentes chimiothérapies (en fabriquant des tumeurs et des organes sur puce avec les propres cellules du patient) pour trouver la molécule à laquelle le patient répond le mieux », détaille Guilhem Velve Casquillas, ancien chercheur en biologie cellulaire, président de la société Elvesys, laboratoire de recherche et « accélérateur d’entreprises innovantes ». «

Ces technologies vont commencer à être utilisées de façon courante d’ici une dizaine d’années », estime le spécialiste. Aucun doute, la révolution des blouses blanches est en marche.

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La nanocellulose aiguise les appétits de l’industrie

nanocelluloseExtraite de plantes ou de papier, la nanocellulose est biodégradable, renouvelable, compostable et très résistante.

Elle s’impose comme un matériau d’avenir en application de surface ou dans des mélanges pour fabriquer papiers, carton, panneaux de bois, cosmétiques …

La nanocellulose constitue un matériau prometteur aux applications industrielles variées, même si les recherches se poursuivent pour préciser ses débouchés et améliorer sa rentabilité, selon des spécialistes du secteur. « Un énorme potentiel : c’est le futur de l’emballage et de la cosmétique (…) Vous en aurez partout d’ici moins de dix ans », affirme Karim Missoum, PDG d’Inofib, une start-up issue du pôle de recherche Grenoble INP étudiant les applications possibles.

En avril, une étude du cabinet de conseil EY pour le ministère de l’Économie, menée avec les fédérations industrielles du papier et de la chimie, plaçait la nanocellulose parmi les solutions les plus encourageantes pour l’avenir de ces filières. Son atout clé : « La nanofibre de cellulose est cinq fois plus légère que l’acier et cinq fois plus résistante », indiquait ce rapport, publié par le pôle de prospective du ministère, vantant « l’ouverture vers de nouveaux marchés » pour les industriels du secteur. De fait, les recherches s’intensifient depuis plusieurs années sur ce matériau de taille nanométrique (milliardième de mètre).

Pour renforcer l’imperméabilité du carton
Ainsi, à Grenoble, le Centre technique du papier (CTP) et l’institut technologique FCBA travaillent depuis 2006 sur la production, puis sur les applications, en testant différentes matières de base (pâte à papier, poussières de découpe, résidus de l’industrie papetière), explique Michel Petit-Conil, qui dirige une équipe sur le sujet. Le processus consiste à libérer des fibrilles de cellulose de la paroi de la fibre papetière, qui s’agglomèrent sous forme de gel. « La nanocellulose, c’est de la cellulose pure, c’est biodégradable, renouvelable, compostable, durable », souligne Michel Petit-Conil.

Les débouchés potentiels sont nombreux, en application de surface ou dans des mélanges (papiers et carton, panneaux de bois, vernis, encres, cosmétiques). Le laboratoire du CTP a ainsi développé une application de « lamination humide » pour les emballages, avec « un film 100% nanocellulose qu’on dépose à la surface d’un papier ou d’un carton » pour en renforcer l’imperméabilité, explique Michel Petit-Conil.

Réduire la consommation énergétique lors de la fabrication
Mais l’objectif est maintenant de produire des nanocelluloses à très haute concentration, et de réduire la consommation énergétique liée à la fabrication, qui reste un enjeu majeur même si elle été « réduite de façon drastique », ajoute-t-il. La nanocellulose existe aussi sous une deuxième forme, les nanocristaux de cellulose, qui ont des propriétés différentes des fibrilles et se dispersent bien dans l’eau sans former de gel.

« Il y a des propriétés optiques qui ne sont possibles qu’avec les nanocristaux, qui forment des cristaux liquides » ou permettent d’obtenir « une couleur sans aucun colorant », explique Isabelle Capron, qui anime une équipe de recherche sur les nanostructures à l’Inra de Nantes.

Un marché estimé à 661 millions de dollars en 2023
Reste la difficulté liée aux autorisations pour les nanomatériaux, notamment en France. « Mais pour tous les pays asiatiques, qui n’ont jamais eu de réglementation sur les nanocelluloses (…) ça se fait très bien », observe Isabelle Capron. « Il y a un vrai boom, tant au niveau des brevets que des articles et de la production », ajoute-t-elle.

Le marché mondial de la nanocellulose est estimé à 285 millions de dollars et devrait plus que doubler pour atteindre 661 millions de dollars en 2023, selon le groupe canadien CelluForce, en pointe dans la production de cristaux de nanocellulose, qui se réfère à une étude indépendante.

« Le produit est vraiment encore récent », mais « il y a un vrai engouement », confirme Karim Missoum, le PDG d’Inofib. « En 2012, on était trois à vouloir essayer d’industrialiser ce produit. Fin 2018, ils étaient 63 producteurs à travers le monde, ça a pris un vrai essor », note-t-il. Pour lui, « il y a vraiment une filière à créer, à industrialiser, et les acteurs français ont encore leur place sur le marché s’ils se motivent. Il y a encore du marché à prendre ».

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Les fabricants et distributeurs de boissons veulent une mise en place de consignes

plastiqueDans une tribune, les industriels de la boisson prônent la mise en place de la consigne des bouteilles plastique et canettes. « La consigne pour le recyclage des emballages de boissons est nécessaire à une économie vraiment circulaire », affirment-ils.

Les représentants des fabricants et distributeurs de boissons se déclarent favorables à la mise en place de la consigne des bouteilles plastique et canettes aux fins de recyclage, dans une tribune parue samedi 6 juillet sur le jdd.

Le projet de loi contre le gaspillage et pour l’économie circulaire doit être présenté mercredi au conseil des ministres par la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson, qui soutient un système de consigne. « La consigne pour le recyclage des emballages de boissons est nécessaire à une économie vraiment circulaire », estiment les signataires de la tribune.

« Le dispositif actuel ne permet pas de faire progresser assez vite le tri et le recyclage de nos déchets ménagers. Il ne permet pas d’atteindre les objectifs nationaux et européens de 90% de collecte pour recyclage des bouteilles en plastique et de 30% d’intégration de matière recyclée », écrivent-ils.

Les signataires représentent Boissons énergisantes France (BEF), Boissons rafraîchissantes de France (BRF), la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), la Fédération nationale des boissons (FNB), la Confédération nationale du commerce de gros et international (CGI), le Syndicat des eaux de sources (SES), le Syndicat national du lait de consommation, l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruit, et enfin Citeo.

« Seuls les pays ayant adopté un système de consigne pour recyclage atteignent, voire dépassent, l’objectif de 90% de collecte. En Finlande, 91% des bouteilles en plastique PET consignées sont retournées , 90% au Danemark et 97% en Allemagne. Cette réalité oblige à étudier sérieusement cette solution pour la France », expliquent-ils.

Des réserves quant aux consignes
« La mise en place de la consigne pour recyclage s’inscrirait dans un contexte plus large d’évolutions du modèle de collecte sélective et de tri », disent-ils, évoquant la généralisation de la collecte des biodéchets d’ici à 2025, « l’harmonisation nationale des couleurs des bacs ou la généralisation d’un tri séparé du papier-carton ». Ce « saut de performance » cependant « ne sera possible que si tous les acteurs engagent des discussions ».

Des fédérations professionnelles du recyclage ont de fait exprimé des réserves sur la consigne. La Fnade, la fédération des entreprises du recyclage et du traitement des déchets, se préoccupe du « coût associé » à sa mise en place. La fédération Federec préconise plutôt un nouveau mode de tri « clarifié et simplifié ». À propos de la consigne, « je ne crois pas à une solution à la va-vite », a déclaré Mme Poirson au JDD. « Le principe est arrêté car c’est le seul qui garantit des niveaux de collecte très élevés, mais il reste à déterminer le comment. Est-ce qu’il faut une consigne pour le recyclage, pour le réemploi, uniquement pour les emballages plastiques ou aussi pour le verre ?« .

Pour elle, « cette loi marquera un vrai tournant écologique » et constituera « une réponse au débat stérile entre croissance et décroissance ». Le projet de loi veut notamment renforcer le principe du pollueur-payeur. « Des pans entiers de notre économie ne prennent pas en charge le traitement de leurs déchets, supporté par les collectivités, donc par les impôts locaux : les articles de bricolage, de jardinage, de sport, les jouets, les mégots… Ça va changer », dit-elle. « On produit l’équivalent de 5 T de déchets par an et par personne (…) Un des secteurs qui doivent réagir, c’est la construction », ajoute-t-elle, relevant que « 600 kilos sont des déchets ménagers, 700 kilos des déchets d’entreprise. Tout le reste vient du BTP. »

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Service national universel

service-national-universel.jpg2000 volontaires, des jeunes filles et garçons âgés de 16 ans, participeront dès juin 2019 au Service national universel.

A quelques semaines seulement du lancement du Service national universel (SNU), l’uniforme porté par les volontaires a été officiellement présenté ce mercredi par Gabriel Attal, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, en compagnie des premiers appelés.

Si quelques réglages sont encore à prévoir, notamment au niveau de l’ourlet et de la taille, l’habit est, de l’avis de tous, une réussite. « Je ne m’attendais pas à une tenue comme ça, je voyais plus du kaki », explique Manon, ambassadrice du SNU de Haute-Savoie.

De couleur bleu marine, l’uniforme est accompagné d’une cocarde tricolore siglée « SNU ». « Très confortable, il est très beau et les couleurs représentent bien la France », détaille de son côté Angélique, venue du Vaucluse. Pour Gabriel Attal, l’uniforme aura une fonction multiple.

« C’est une tenue qui sera à la fois utilisée pendant le service national, mais qui pourra aussi être porté par les jeunes pour toutes les cérémonies patriotiques qui sont organisées pour commémorer les grandes dates de l’Histoire. »

2000 volontaires pour 2019
Pour cette année 2019, 2000 jeunes volontaires, des jeunes filles et garçons âgés de 16 ans, feront leur Service national universel. Ce dernier sera divisé en deux phases : 15 jours de cohésion en juin organisés dans 13 départements, puis 15 jours de service, plus tard dans l’année, auprès d’associations ou de services de secours.

Les volontaires bénéficieront de formation, notamment de self-défense, une demande en nette augmentation auprès des jeunes filles. « Les gens pensent que les filles sont plus faibles que les garçons, il y a aussi les agressions sexuelles, alors ce sera très utile de savoir se défendre face à quelqu’un qui nous agresse », souligne Bertille, une ambassadrice venue de Guyane.

L’objectif du SNU est, au dire de certains jeunes, de construire une société plus solidaire. « Je pense que le SNU peut servir à essayer de refaire une cohésion, de la citoyenneté, que l’on veille les uns sur les autres. » L’objectif pour 2020 est d’accueillir 40.000 volontaires.

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Le combat d’Agnès Buzyn contre la cigarette

Agnès BuzynAprès sa 8ème hausse en deux ans, le prix du paquet de cigarettes frôle désormais les 9 euros. Une étape de plus dans la voie choisie par Agnès Buzyn, qui dès son arrivée au ministère de la Santé a affiché sa fermeté face au tabagisme.

L’objectif se voulait ambitieux mais atteignable. Il y a moins d’un an, le 28 mai 2018 sur RTL, Agnès Buzyn réitérait ce chiffre : « 5 millions de fumeurs en moins » d’ici 2027, soit à l’issue d’un éventuel second quinquennat d’Emmanuel Macron. Simple, mais ferme. Ce vendredi, avec sa 8e hausse en deux ans, le prix du paquet de cigarettes frôle dorénavant les 9 euros. Le résultat d’une volonté de la ministre des Solidarités et de la Santé d’agir avant tout sur le coût.

Entre la ministre, les hostilités ont été ouvertes très tôt. Pour cela, l’intéressée a pu s’appuyer sur l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron : faire passer le prix du paquet de cigarettes à 10 euros. Dès le mois de juin 2017, Agnès Buzyn affirmait dans Le Parisien ne pas être « contre cette hausse ». Dès lors, le bras de fer a pu s’engager.

Agnès Buzyn cible le cinéma français
Quelques mois plus tard, c’est sur Europe 1 qu’Agnès Buzyn annonce une augmentation en six étapes du prix du tabac sur une période de trois ans, afin que le seuil des 10 euros soit atteint en 2020. L’objectif est alors inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018, deux mois plus tard.

Durant les discussions qui précèdent l’adoption du texte au Parlement, l’ex-patronne de la Haute Autorité de Santé affiche sa fermeté sur le tabagisme. Une phrase de la ministre marque particulièrement les esprits, le 16 novembre 2017 au Sénat. Une sénatrice socialiste exhorte le gouvernement à « aller au-delà du porte-monnaie (…) en s’intéressant notamment aux incitations culturelles à fumer ».

Réponse d’Agnès Buzyn, qui provoque un petit tollé: « Je rejoins totalement ce qu’a dit Madame (…) je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français. »

Tollé chez les artistes
Très vite, la ministre de la Santé est accusée de vouloir brider la liberté de création artistique. Dans un tweet, elle assure n’avoir « jamais envisagé ni évoqué l’interdiction de la cigarette au cinéma ».

Il n’empêche que dans sa déclaration à la Haute assemblée, Agnès Buzyn affirmait avoir abordé le sujet avec la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nyssen, ajoutant qu’il y aurait « des mesures » à prendre dans ce domaine.

Au Figaro, un membre de son cabinet précise que « la ministre souhaite prendre des mesures sur le sujet, mais de façon imminente« . Le couac ressemble d’ailleurs au différend qui oppose Agnès Buzyn à son collègue du ministère de l’Agriculture, Didier Guillaume, au sujet du vin.

« Prise de conscience »
Qu’importe, l’essentiel, à ce moment-là, se fait via les augmentations successives des prix, au grand dam des buralistes qu’Emmanuel Macron avait incités, durant la présidentielle, à « diversifier » leurs activités. Début février 2018, le gouvernement dégage 100 millions d’euros pour leur donner un coup de pouce dans ce sens.

Un mois plus tard, le paquet de cigarettes passe à 8 euros. Sur CNews, Agnès Buzyn fait le service après-vente. Elle affirme vouloir provoquer « une prise de conscience de ceux qui fument que ça représente un budget non négligeable ». « À une période où tout le monde a envie d’augmenter son pouvoir d’achat, peut-être que cette somme-là » pourrait être dépensée autrement, ajoute-t-elle.

Un million de fumeurs en moins en un an
Quelques mois plus tard, le ministère de la Santé annonce que le nombre de fumeurs en France a baissé d’un million en l’espace d’un an. Une nouvelle dont Agnès Buzyn s’empresse de se féliciter sur Europe 1 le 1er juin 2018. Et l’ex-cancérologue de promouvoir le recours à la cigarette électronique : « Chacun doit trouver son bon outil de sevrage. Il n’y a pas une recette unique: certains ont besoin de patchs, d’autres de chewing-gums, d’autres s’arrêtent du jour au lendemain, d’autres ont besoin de la cigarette électronique car ils sont attachés au geste ».

« Nous ne connaissons pas très bien la toxicité de la cigarette électronique à long terme, mais c’est clairement moins toxique que le tabac », martèle-t-elle alors. À l’aube du « Mois sans tabac », édition novembre 2018, le constat est établi que le taux de fumeurs est en baisse dans toutes les catégories, sauf celle des femmes de 45 à 64 ans. Un phénomène, là aussi, décrié dans des termes assez forts par Agnès Buzyn, qui souligne à ce moment-là que « les femmes ont souvent peur de grossir si elles arrêtent de fumer ».

Crise des gilets jaunes
Pas à pas, la ministre s’approche de son objectif. Problème : la crise des gilets jaunes rend beaucoup plus compliqué le discours anti-tabac du gouvernement. Toutes les mesures rognant le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires deviennent potentiellement incendiaires. On l’a vu avec l’imbroglio autour de hausses de taxes sur les carburants. Les propos attribués au porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur Laurent Wauquiez « candidat des gars qui fument des clopes et roulent au diesel », n’ont pas arrangé les choses.

Conséquence logique, Agnès Buzyn s’est faite beaucoup plus discrète sur le sujet de l’augmentation du prix du tabac. En témoigne le fait que l’arrêté gouvernemental portant la dernière hausse, daté du 30 janvier, n’a été publié au Journal officiel que jeudi. L’annonce ministérielle aurait dû intervenir, théoriquement, dans la foulée de l’arrêté. Comme l’a relevé LCI, le ministère de la Santé a attendu le 27 février pour annoncer une augmentation entrée en vigueur ce 1er mars.

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Vous pouvez maintenant faire de votre chat ou de votre chien un animal connecté

chien chatAprès avoir connecté des humains, l’industrie du mobile s’intéresse à leurs animaux de compagnie, en développant des objets connectés spécialement dédiés à leurs besoins.

Votre chien fait-il assez d’exercice ?  Qui s’occupera de la litière pendant vos vacances ?  Pas d’inquiétude. L’industrie mobile s’est emparée du sujet avec des objets connectés spécialement pensés pour les animaux de compagnie.

Dans les allées du Mobile World Congress de Barcelone, ils sont partout : de la litière pour chat qui se nettoie toute seule aux traqueurs d’activités en passant par des colliers bardés de capteurs en tout genre.

Ces appareils doivent permettre aux propriétaires de suivre en temps réel non seulement les déplacements de leurs animaux préférés mais également de s’assurer de leur santé, de vérifier qu’ils font suffisamment de sport ou si leur sommeil est bon. Le tout depuis leur smartphone.

Les ventes de smartphones déclinent
Certains vont même plus loin, en donnant la possibilité aux propriétaires de définir une zone de sécurité autour de leur habitation, afin d’être prévenus si leur compagnon à poils en sort. Le deuxième opérateur mondial Vodafone a ainsi présenté Kippy, qui sera disponible sur l’ensemble de ses marchés européens. Cet appareil résistant à l’eau, en métal et avec une autonomie de 10 jours, est équipé d’une carte SIM pour un abonnement mensuel de 4 à 6 euros. « L’objectif premier est d’améliorer encore la relation avec votre animal », souligne Steve Shepperson-Smith, un porte-parole de l’opérateur.

L’intérêt croissant pour ces appareils branchés pour les animaux intervient alors que les ventes de smartphones ont décliné de 4,1% dans le monde en 2018, selon le cabinet de conseil IDC. « Si l’on part du principe que la quasi totalité des humains souhaitant avoir un smartphone en a déjà un en Europe, Vodafone a raison de commencer à réfléchir à comment connecter les animaux », estime Ben Wood, analyste pour le cabinet de conseil spécialisé CCS Insight. « Le marché pour animaux est un segment incroyablement lucratif qui progresse d’année en année », assure-t-il.

Et cela devrait se poursuivre dans les prochaines années, Global Market Insight estimant que ce marché devrait passer de 1,85 milliard de dollars en 2017 à 8 milliards en 2024. « Quasiment tout ce qui bouge peut potentiellement être connecté. Les appareils connectés pour les humains sont très populaires et il est assez logique que les entreprises s’intéressent aussi aux produits pensés pour les animaux », selon Neil Mawston, directeur exécutif pour le cabinet de recherche Strategy Analytics.

Des millions de chiens et chats dans le monde
Selon lui, plus de 300 millions de chiens et chats sont présents dans les foyers dans le monde. « C’est une base de vente relativement large. Dans les faits ces entreprises ne font qu’adapter aux animaux la technologie utilisée pour les humains », ajoute Neil Mawston.

Pour ceux qui sont en manque de leur animal de compagnie lorsqu’ils sont loin, un certain nombre d’entreprises proposent désormais des caméras équipées d’une connexion wifi permettant de regarder son animal favori sur son smartphone.

L’un des modèles les plus populaires, Furbo, peut même contenir des friandises, que le propriétaire peut débloquer pour son animal en appuyant sur un bouton depuis son smartphone. L’appareil peut également vous envoyer un SMS si votre chien aboie et réalise une vidéo de 60 secondes des meilleurs moments de la journée de l’animal.

Plus besoin d’annuler un voyage
La start-up sud-coréenne PurrSong s’est, elle, concentrée sur les chats, avec sa LavvieBot, une litière automatique, capable de se nettoyer et se remplir seule. Lorsque le chat y a fait ses besoins, la machine met en mouvement, silencieusement, un petit râteau avant d’ajouter quelques poignées de litière, si besoin.

L’appareil peut, là encore, envoyer une notification sur le smartphone du propriétaire quand l’animal vient l’utiliser. Il surveille aussi son poids, le nombre et la durée de chaque passage afin de détecter d’éventuels problèmes de santé.

« S’il y a quoi que ce soit d’anormal, vous en serez informés sur votre smartphone », assure Heaven Nam, la directrice marketing de PurrSong, « les propriétaires n’ont plus besoin d’annuler un voyage et pourront désormais économiser sur la garde de leur animal en leur absence ».

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« Uberisation » ou route vers la gratuité : à quoi va ressembler le futur permis de conduire ?

auto ecoleLe gouvernement souhaite réformer le permis de conduire pour le rendre plus accessible, en l’intégrant au cursus scolaire ou en encourageant la dématérialisation. Les professionnels du secteur sont vent debout, pour défendre la proximité et la qualité.

Pour passer son permis de conduire, il en coûte actuellement 1.800 euros en moyenne, selon un calcul de l’UFC-Que choisir datant de 2016. Une sacrée somme, qui contraint parfois les aspirants à la conduite à renoncer. Partant de ce constat, le gouvernement a fait part, en novembre dernier, de sa volonté de réformer cette quête du permis pour faire baisser les coûts. Une volonté répétée le 7 février par Emmanuel Macron.

Mardi, la députée LREM Françoise Dumas va remettre un rapport parlementaire sur le sujet, mais de premières propositions ont fuité. Et elles ont provoqué la colère des professionnels du secteur, qui ont engagé une journée de mobilisation lundi, avec notamment des opérations escargot sur le périphérique parisien. Dans leur viseur : la crainte d’une uberisation de l’offre et au final, d’une baisse de la qualité du permis.

Quelles sont les pistes envisagées par le gouvernement ?
L’objectif, édicté par Emmanuel Macron le 9 novembre dernier, c’est une « baisse drastique » du coût du permis de conduire. Pour cela, plusieurs pistes ont été avancées ou ont déjà fuité, avant la présentation du rapport mardi.

Intégrer le permis au Service national universel. Pour le coup, cela pourrait rendre le premier totalement gratuit pour certains. Le gouvernement songe à intégrer le passage du permis de conduite au futur Service national universel (SNU), dont l’expérimentation doit débuter en juin prochain. C’est Emmanuel Macron qui l’a annoncé lui-même le 7 février face à des milliers de jeunes à Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire. Concrètement, la partie théorique serait passée lors de la phase obligatoire du SNU, décomposée en deux parties, 15 jours en internat et 15 jours dans une collectivité locale ou une association.

S’agissant de la partie pratique du permis de conduite, elle concernerait ceux qui choisissent de suivre la phase facultative du Service national, censée durer de 3 à 12 mois. Le ministère de l’Éducation avait toutefois précisé que l’hypothèse était « sur la table » mais « pas encore arbitrée ». La mesure est donc loin d’être officielle, mais si elle était adoptée, elle pourrait permettre à des milliers de jeunes, comme au temps de feu le service militaire, de passer le permis sans débourser un centime.

Intégrer le Code de la route au cursus scolaire. L’idée a été lancée par Emmanuel Macronen novembre. « Déjà, le code on va l’intégrer à la partie scolaire, de manière systématique », avait lancé le président de la République lors d’un déplacement à Lens. Les contours d’une telle mesure restent flous : quelles classes seraient concernées ?  Qui financeraient ces leçons ?  Et qui les dispenseraient ?  Réponse, si l’idée est retenue, dans les prochains jours.

Le développement des plateformes en ligne. Le gouvernement envisagerait également de favoriser l’essor des plateformes en ligne, qui mettent en relation élèves et moniteurs, telles que En voiture Simone ou Ornikar. Ces sites permettent aux élèves de réviser le code depuis leur ordinateur et d’organiser plus facilement leurs heures de cours, de choisir leurs moniteurs, notés par les utilisateurs.

Pour favoriser ce nouveau mode d’apprentissage, le gouvernement songe à lever deux freins. D’abord, l’obligation de disposer d’un local commercial pour dispenser des cours. Ensuite en délivrant un agrément au niveau national et non plus départemental. L’idée est de favoriser la concurrence, pour ainsi faire baisser les prix. C’est surtout ce point qui soulève la colère des professionnels.

Pourquoi les professionnels sont en colère
Dans la bouche des professionnels en colère, un mot revient souvent : « uberisation ». Ce néologisme né de l’application de VTC Uber est synonyme bien souvent de baisse des coûts pour les consommateurs, mais aussi de dégradations des conditions de travail et de rémunération pour les professionnels.

« Nous ne sommes pas des auto-écoles de l’ancien monde, comme on nous présente parfois, mais des auto-écoles de proximité. Et l’exécutif voudrait désormais créer un système hors-sol », s’indignait lundi matin Patrice Bessone, président du CNPA-Education routière, syndicat majoritaire parmi les 10.000 auto-écoles (40.000 salariés). « Tuer la proximité, c’est tuer la qualité. Et quand la qualité de l’enseignement du permis de conduire est bradée, ça devient un permis de tuer », prévient-il.

Pour financer un « permis à zéro euro », les syndicats suggèrent de leur côté « d’affecter la recette des radars au permis de conduire ». Ils proposent également une baisse de la TVA, le développement de cours collectifs et des simulateurs de conduite, ou une meilleure orientation vers les dispositifs d’aide existants, tels que le compte personnel de formation ou le permis à un euro.