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La famille de Carlos Ghosn dépose une requête à l’ONU pour dénoncer une « persécution judiciaire »

Carlos Ghosn,L’ex-patron de Renault a été libéré fin avril, mais ses avocats estiment qu’au regard des restrictions imposées par la justice japonaise, il est en réalité « assigné à résidence » et donc toujours privé de liberté. Au nom de la famille de Carlos Ghosn, ils ont rédigé une requête à l’ONU pour faire pression sur l’État nippon.

La famille de Carlos Ghosn a déposé vendredi une nouvelle requête auprès d’un groupe de travail de l’ONU à Genève pour dénoncer la « persécution judiciaire » subie par le magnat de l’automobile déchu, a-t-on appris dimanche auprès de l’avocate Jessica Finelle, confirmant une information du Journal du dimanche (JDD).

Cette requête a été déposée auprès du groupe de travail sur la détention arbitraire, qui dépend du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, a indiqué Me Finelle, qui l’a rédigée avec Me François Zimeray.

Les conseils, qui avaient déposé deux précédentes requêtes les 4 mars et 12 avril, dénoncent dans cette « communication complémentaire » les nouvelles obligations imposées à Carlos Ghosn depuis sa dernière libération.

« Toujours soumis à une privation de liberté »
L’ancien PDG de Renault-Nissan, soupçonné de malversations financières, a été libéré sous caution le 25 avril à l’issue de trois semaines de détention, mais en échange de conditions plus drastiques que lors de sa première sortie de prison début mars, après 108 jours derrière les barreaux.

Dans cette requête, dont l’AFP a eu connaissance, les avocats estiment qu’au regard du « nombre » et de l' »ampleur » de ces restrictions, Carlos Ghosn est en réalité « assigné à résidence et donc, dans la continuité de sa détention provisoire, toujours soumis à une privation de liberté ».

Or, ces restrictions « et en particulier l’interdiction de contact direct avec son épouse, apparaissent comme un nouvel abus destiné à l’épuiser psychologiquement et à le placer dans une position de faiblesse vis-à-vis de l’accusation, en violation du droit au procès équitable ».

Une forme de persécution judiciaire
« Il s’agit là, réellement, d’une forme de persécution judiciaire à l’encontre de Monsieur Carlos Ghosn, qui n’est ainsi pas autorisé à rencontrer son épouse, même une heure en présence de ses avocats ! », s’indignent les avocats.

Considérant l’ancien grand patron comme « otage » de la justice japonaise, les avocats demandent au groupe de travail de déclarer ses conditions de détention et d’assignation à résidence « arbitraires » et d' »enjoindre l’État du Japon de remettre en pleine liberté, sans délai » Carlos Ghosn.

Même si l’avis du groupe de travail n’est pas contraignant, s’il juge « que la détention est arbitraire, ça a quand même un poids important, c’est une question d’image pour les Japonais », a déclaré à l’AFP Me Finelle, qui a dit espérer une décision du comité avant le procès de Carlos Ghosn. Celui-ci pourrait ne s’ouvrir qu’en 2020.

Arrêté le 19 novembre à Tokyo, Carlos Ghosn fait l’objet de quatre inculpations par la justice japonaise : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d’abus de confiance aggravé, dont détournement présumé de fonds de Nissan.

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La Norvège promet 100 millions d’euros pour la lutte contre les violences sexuelles

norvegeDans le monde, une femme sur trois subit au cours de son existence des violences sexuelles ou sexistes, selon les estimations de l’ONU, un phénomène exacerbé en période de crises humanitaires.

La Norvège s’est engagée ce vendredi à verser un peu plus de 100 millions d’euros sur trois ans à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les crises humanitaires, un fléau qui affecte des millions de victimes à travers le monde.

« La violence à caractère sexuel et sexiste détruit les personnes, elle détruit les communautés locales et il est extrêmement difficile de réparer les dégâts », a déclaré la cheffe de la diplomatie norvégienne, Ine Eriksen Søreide.

« C’est pour cela qu’il faut faire plus en matière de prévention », a plaidé la ministre à l’ouverture d’une conférence internationale sur ce thème à Oslo. Le riche pays scandinave a promis de consacrer 1 milliard de couronnes (102,5 millions d’euros) à la lutte contre ce fléau entre 2019 et 2021, dont 350 millions dès cette année. Les Emirats arabes unis se sont aussi engagés à hauteur de 10 millions de dollars.

Éveiller les consciences
Coorganisée par la Norvège, l’Irak, la Somalie et les Emirats arabes unis, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en présence du gynécologue congolais Denis Mukwege, colauréat du prix Nobel de la paix 2018, la conférence vise à éveiller les consciences et à lever des fonds.

Plusieurs participants ont insisté sur l’importance de la prévention et de la lutte contre l’impunité.  « Quand j’ai commencé à travailler dans les crises humanitaires à travers le monde il y a plus de 35 ans, personne ne parlait de la violence à caractère sexuel et sexiste. Ce n’est pas parce qu’il n’y en avait pas. Il y en avait. Mais c’était une horreur cachée », a confié secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock.

« Une des choses les plus importantes qu’on puisse faire (…) est de braquer une lumière éclatante sur ce problème », a-t-il affirmé. Selon Mark Lowcock, quelque 660 millions de dollars sont nécessaires cette année pour financer les programmes de lutte contre les violences sexuelles.

Une femme sur trois
Dans le monde, une femme sur trois subit au cours de son existence des violences sexuelles ou sexistes, selon les estimations de l’ONU, un phénomène exacerbé en période de crises humanitaires. Celles-ci touchent aujourd’hui 140 millions de personnes, dont environ 35 millions de femmes et filles en âge de procréer.

Fin avril, le Conseil de sécurité avait approuvé une résolution en faveur des victimes sexuelles largement amputée de sa substance par les États-Unis, la Russie et la Chine.

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Affaire Vincent Lambert : le médecin annonce l’arrêt des traitements la semaine du 20 mai

affaire vincent lambertVincent Lambert 42 ans, est dans un état végétatif depuis septembre 2008 suite à un accident de la route.

Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé à la famille l’interruption des traitements de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans et dont le cas est devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, ont annoncé samedi à l’AFP les avocats des parents.

« Le docteur Sanchez du CHU de Reims vient d’annoncer », vendredi, « à la famille de Vincent Lambert qu’il mettrait sa décision du 9 avril 2018 à exécution la semaine du 20 mai 2019, sans autre précision », ont indiqué les avocats Jean Paillot et Jérôme Triomphe dans un communiqué transmis à l’AFP.

Arrêt des traitements et de la sédation
Le 24 avril, le Conseil d’État a conclu qu’étaient « réunies les différentes conditions pour que la décision d’arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert puisse être mise en œuvre », a écrit le Dr Sanchez dans un courrier adressé à la famille Lambert et dont l’AFP a obtenu copie.

« Je vous informe que l’arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai », a-t-il ajouté.

Feuilleton judiciaire
Suite à la décision du Conseil d’État, les parents de Vincent Lambert avaient déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH).

La CEDH a rejeté cette requête, mais le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l’attente d’une instruction sur le fond. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a souligné que la France n’était « pas tenue » de respecter cette demande.

Un accident de la route en 2008
« Il n’y a aucune urgence médicale à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l’ONU », affirment les avocats des parents.

Depuis septembre 2008 et un accident de la route, Vincent Lambert, 42 ans, est dans un « état végétatif chronique irréversible ». Alité, il ne peut s’exprimer ni bouger et est nourri artificiellement.

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Journée mondiale de l’eau : les chiffres forts à connaître

Journée mondiale de l’eau« Ne laisser personne de côté », tel est le thème de la Journée mondiale de l’eau 2019, qui s’est tenu aujourd’hui, le 22 mars.

En 2010, les Nations Unies ont reconnu que « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme ». Mais où en est-on aujourd’hui de ce droit fondamental ?   Maxisciences fait le point

2,1 milliards de personnes
Actuellement, plus de 2 milliards de personnes ne disposent pas d’eau potable chez elles. Selon l’ONU, plusieurs motifs discriminatoires peuvent expliquer cette difficulté d’accès à cette ressource indispensable.

– des facteurs identitaires (sexe, genre, appartenance ethnique, religion, caste, nationalité …)
– des facteurs physiques (handicap, âge, santé)
– des facteurs économiques (régime d’occupation, lieu de résidence, situation économique et sociale)
– des facteurs géo-politiques (dégradation de l’environnement, changement climatique, croissance démographique, conflits, déplacements forcés et flux migratoires).

700 enfants par jour et 2 millions de personnes par an
Chaque jour, plus de 700 enfants de moins de 5 ans meurent des suites de diarrhées provoquées par de l’eau insalubre ou le manque d’assainissement. Et chaque année, deux millions de personnes décèdent pour les mêmes raisons.

Des chiffres dramatiques qui s’expliquent aussi par le fait que près de 159 millions de personnes puisent de l’eau de boisson dans des eaux de surface (comme des mares ou des cours d’eau) qui peuvent être contaminées par des organismes bactériens, viraux et parasitaires.

7000 m3 disponibles par personne et par an en France
Selon Consoglobe, un pays risque de faire face à un risque de pénurie lorsqu’il atteint le seuil du « stress hydrique » qui est fixé à 1.700 m3 par habitant/par an.

Pour l’instant, les Français sont plutôt bien lotis puisque 7.000 m3 d’eau sont disponibles par habitant et par an. Un bon chiffre qu’il convient, cependant, de nuancer. En effet, en 2017, une étude menée par UFC-Que Choisir révélait que si 96% des consommateurs français avaient accès à une eau de très bonne qualité, 2,8 millions de personnes, notamment vivant en zone rurale ou montagnarde, buvaient une eau contaminée.

Face à ce fléau, de nombreux chercheurs se sont penchés sur la question pour trouver des moyens innovants de trouver de nouvelles sources potentielles d’eau. Ces dernières années, les inventions n’ont pas manqué : un dispositif capable d’extraire l’eau de l’air et sans émission de CO², une passoire pour désaliniser l’eau de mer.

De belles avancées mais il reste encore du chemin à parcourir et des décisions globales à prendre. Selon les Nations Unies, d’ici 2030, 700 millions de personnes dans le monde pourraient être déplacées en raison d’une aggravation de la pénurie d’eau.

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Quelle est l’origine de la journée du 8 mars, dédiée à la lutte pour les droits des femmes ?

droit femmeSi l’idée de cette journée internationale remonte aux mouvements féministes du début du XXe siècle, le choix de la date reste, lui, l’objet de débats historiques.

« Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement » : l’agence des Nations unies pour l’égalité des sexes a décidé de dédier, pour l’année 2019, la journée du 8 mars à la recherche de solutions pour l’autonomisation des femmes. Depuis l’instauration par l’ONU d’une journée internationale consacrée aux droits des femmes en 1977, l’agence donne chaque année le ton des centaines d’événements organisés dans le monde en leur faveur.

Parfois critiqué pour ses nombreuses récupérations marketing ou pour son aspect plus symbolique que politique, le 8 mars reste un rendez-vous annuel important pour faire le bilan des progrès et des régressions sur la question de l’égalité des sexes dans de nombreux pays. Mais quels sont les fondements historiques de cette journée ?   Si son origine est bien antérieure à sa proclamation officielle par l’ONU, son événement de référence et le choix de la date du 8 mars font encore l’objet de discussions chez les historiens.

Une journée internationale évoquée dès 1910
La première occurrence de cette idée remonte au début du XXe siècle. Marqué par la mobilisation des suffragettes, présentes au Royaume-Uni dès 1903, le mouvement de lutte pour les droits des femmes connaît en 1909 un autre temps fort lors d’une manifestation nationale aux États-Unis : le Parti socialiste d’Amérique évoque alors le dernier dimanche de février pour mobiliser, chaque année, tout le pays autour de cette thématique.

En 1910, la Conférence internationale des femmes socialistes, constituée d’une centaine de femmes de dix-sept pays rassemblées à Copenhague (Danemark), vote à l’unanimité une motion soulignant la nécessité d’une « journée internationale des femmes ». Il s’agirait de la première déclaration appelant à un mouvement rassemblant plusieurs pays, menée par l’Allemande Clara Zetkin, journaliste et femme politique devenue une figure historique du féminisme.

La déclaration de Copenhague n’a cependant pas été inscrite dans le compte-rendu du congrès socialiste en raison, selon l’universitaire Simone Bonnafous, « des réticences d’une grande partie des dirigeants de la Deuxième Internationale pour toute action autonome publique des femmes socialistes ». Désavoué politiquement, cet appel reste pourtant fondateur dans la construction de la journée internationale telle qu’elle est organisée aujourd’hui.

Une origine communiste ?
Quant au choix de la date du 8 mars, il a, dès 1955 et pendant plus de trente ans, fait l’objet d’un mythe, largement relayé dans les médias, par plusieurs historiennes américaines ou même dans la documentation officielle de l’ONU. « L’origine de cette journée remonte au 8 mars 1857, où à New York, pour la première fois, des femmes travailleuses, des ouvrières de l’habillement manifestèrent pour leurs revendications », raconte ainsi le 26 février 1955 le journal France Nouvelle, cité par l’historienne Françoise Picq dans un texte sur l’origine du 8 mars. Problème : aucun document historique ne fait mention de cet événement, qui n’est d’ailleurs jamais mentionné par Clara Zetkin comme référence pour la journée internationale qu’elle appelle de ses vœux.

L’origine historique du 8 mars fait toujours l’objet de spéculations, mais une hypothèse se dégage : celle du 8 mars 1917, date d’une grève d’ouvrières à Saint-Pétersbourg (alors appelée Pétrograd), qui serait un des événements déclencheurs de la révolution russe. Afin de détacher les idéaux féministes de tout arrière-plan communiste en pleine guerre froide, le « mythe » des ouvrières américaines de mars 1857 aurait ainsi été mis en avant après la seconde guerre mondiale, explique Françoise Picq dans son article.

Une date adoptée en France en 1982
Quelle que soit son origine historique exacte, la date du 8 mars sera ensuite utilisée, notamment en France, en 1975, quand le Mouvement de libération des femmes (MLF) s’en sert pour manifester contre l’Année internationale de la femme, organisée par l’ONU et considérée comme une « récupération » de la lutte par de nombreuses militantes.

L’institution prend deux ans plus tard une résolution dans laquelle elle invite « tous les États à proclamer (…) un jour de l’année “Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale” » : le MLF demande au président François Mitterrand de choisir le 8 mars, adopté en France en 1982. Les États-Unis avaient fait de même en 1980.

« Signalons pour finir qu’on peut très bien aujourd’hui “célébrer” le 8 mars sans référence aucune au passé, ce qui en soi est déjà significatif », tient à rappeler la chercheuse Simone Bonnafous.

Cette année, en France, un collectif d’associations reprend l’imaginaire de la grève à l’origine de la journée internationale en encourageant toutes les femmes à quitter leur travail dès 15 h 40, vendredi. Une action intitulée « l’heure des comptes » pour dénoncer, en l’adaptant au temps de travail, l’écart de 26 % de rémunération moyenne entre les femmes et les hommes – 15 % en équivalent temps plein.

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France-Italie : « La crise la plus grave depuis 1945 »

Emmanuel Macron et Giuseppe ConteParis a rappelé son ambassadeur après une ultime « provocation » d’un ministre. Analyse d’une décision inédite depuis 1940.

Cette fois, le gouvernement italien a franchi une ligne rouge. La France a rappelé ce jeudi son ambassadeur en Italie pour « des consultations » après une série de « déclarations outrancières » et « d’attaques » sans « précédent » de responsables italiens, a annoncé jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles (antisystème), et Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême droite), tous deux vice-Premiers ministres italiens, multiplient les attaques frontales contre Emmanuel Macron et contre la France depuis plusieurs semaines. Dernière « provocation » en date pour Paris, mardi, Luigi Di Maio s’est rendu sur le sol français pour rencontrer des gilets jaunes et réitérer son soutien au mouvement.

Après avoir jugé les propos « excessif » et déclaré qu’il ne voulait pas lancer dans un « concours du plus bête », le gouvernement français a donc décidé de taper du poing sur la table en rappelant son ambassadeur. Une décision inédite depuis 1940 et qui, selon Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, spécialiste de la vie politique italienne, constitue une crise « gravissime », « la plus grave entre la France et l’Italie depuis la seconde guerre mondiale ».

L’EXPRESS : La France a évoqué des attaques « sans précédent » de la part de l’Italie. Peut-on parler de crise inédite ?
Marc Lazar : Dans les relations franco-italiennes, et même entre les six pays fondateurs de l’Europe en 1957, oui, c’est totalement inédit depuis 1945. Nous avons connu d’autres crises, comme en 1945 quand le général de Gaulle avait voulu s’emparer du Val d’Aoste et envoyé des troupes dans l’Italie libérée, ou encore en 1995 lorsque la France avait repris ses essais nucléaires et que l’Italie avait voté une motion de condamnation à l’ONU.

Mais tout cela se résolvait assez vite, rappeler un ambassadeur de France, cela a été fait pour la dernière fois en 1940 lorsque Mussolini a déclaré la guerre à la France. Une étape très importante a été franchie ce jeudi. C’est totalement inédit depuis et c’est gravissime. C’est la crise politique la plus grave entre la France et l’Italie depuis la seconde guerre mondiale.

Comment expliquer que la France ait pris cette décision ?
Pour le Quai d’Orsay, l’Italie a manifestement franchi une ligne rouge. La crise couvait depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel, en juin 2018. Les attaques sont d’abord venues de la France, dès juin 2018, quand Emmanuel Macron avait dénoncé les populistes en visant, notamment, Luigi Di Maio et Matteo Salvini. Plusieurs ministres français avaient aussi eu des déclarations assez rudes à l’égard de l’Italie, qui ne s’était d’ailleurs pas privée de répondre.

Puis, depuis quelques mois, la France avait décidé de faire le dos rond, de ne pas répondre aux polémiques. Plusieurs ministres, et Emmanuel Macron lui-même, ont récemment déclaré qu’ils laissaient passer les provocations des ministres italiens.

Mais là, c’était difficile pour le gouvernement français de laisser passer ce qu’a fait Luigi Di Maio mardi. Un ministre d’un gouvernement de l’Union européenne, vice-Premier ministre de son gouvernement, est venu sur le sol français sans même prévenir les autorités françaises, ce qui est contraire à toutes les traditions, et s’est affiché sur les réseaux sociaux avec des gilets jaunes qui appellent à se soulever contre Emmanuel Macron. C’était un acte diplomatique particulièrement violent.

Pourquoi Luigi Di Maio et Matteo Salvini ciblent-ils autant la France dans leurs déclarations ?
Il y a bien sûr le contexte des élections européennes qui joue. Pour Di Maio et Salvini, les gilets jaunes sont un levier pour accentuer la pression du peuple contre l’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Les dissensions au sein du gouvernement italien jouent aussi : le gouvernement de coalition se heurte à plusieurs motifs de discordes internes, et rien n’est plus facile que de désigner un adversaire commun, qu’Emmanuel Macron incarne parfaitement.

Les motifs de discorde entre la France et l’Italie sont également nombreux, comme la situation en Libye  considérée comme une zone d’influence italienne depuis l’intervention de la France en 2011, ou encore la crise des migrants. Les ministres italiens n’ont de cesse de dénoncer l’intrusion des gendarmes français sur le territoire italien pour contrôler les papiers dans les trains.

Sans oublier, et c’est un fait relativement nouveau, que le sentiment anti-Français grandit considérablement en Italie. Historiquement, l’Italie a un rapport d’affection, d’empathie, voire d’admiration à l’égard de la France, mais aussi d’exaspération, d’énervement, et d’arrogance. Toutes les enquêtes d’opinion montrent aujourd’hui que la personnalité étrangère la plus rejetée par les Italiens, c’est Emmanuel Macron. Les Italiens ont beaucoup l’impression que la France « fait son marché » en Italie, et fait preuve d’impérialisme économique. Di Maio et Salvini soufflent sur ce sentiment anti-Français, là encore dans la perspective des européennes.

Que peut-il se passer après le rappel de l’ambassadeur français ? Quelle forme peut prendre cette crise ?
Rappeler l’ambassadeur est à la fois, pour le gouvernement français, un moyen de se montrer comme un rempart aux populistes, et un moyen d’envoyer un message au président du conseil italien, Giuseppe Conte, silencieux jusqu’ici, pour lui demander de jouer les intermédiaires et de faire prendre conscience à Luigi Di Maio et Matteo Salvini qu’il faut baisser le ton.

La balle est dans le camp de l’Italie mais, quelle que soit sa réaction, il ne faudra pas que les responsables politiques oublient que la relation franco-italienne n’est pas que politique et diplomatique. Ils sont aussi le 2e partenaire économique et commercial l’un de l’autre et il existe d’énormes collaborations culturelles, éducatives, etc … entre Rome et Paris. Il ne faudrait pas que cette crise diplomatique ait des répercussions sur cette relation.

La marge de manœuvre du gouvernement français sera assez limitée désormais. Il voudra sans doute éviter de durcir encore sa position et risquer de créer une solidarité entre la Hongrie, la Pologne et l’Italie. Ces pays ont des désaccords très importants qui bloquent pour l’instant la consolidation d’un mouvement populiste européen. Le sentiment anti-Français pourrait bien devenir un ciment entre ces gouvernements, ce qui rend la manœuvre diplomatique très risquée pour Emmanuel Macron.

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Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.