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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).

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Qui veut goûter une bière à base de sel marin ?

biere sel marinDes canadiens ont mutualisé leur savoir-faire pour créer un breuvage aux accents marins, qui se marie avec le goût du homard.

Un couple de Canadiens vendant du sel de l’océan Atlantique s’est associé avec un ami brasseur pour créer une bière à base de sel marin, dont la distribution commerciale va bientôt débuter.

Chaque jour, Colin Duggan plonge son seau dans les froides eaux de la côte est du Canada puis remplit d’imposantes marmites dans sa maison du centre-ville de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, où son épouse Audrey fait bouillir l’eau et filtre le sel. Le couple a démarré Tidal Salts, sa petite entreprise, il y a trois ans, et vend ses contenants de sel marin en ligne et dans des épiceries spécialisées partout au Canada. «J’ai grandi au bord de l’océan, ce premier goût du sel évoque des souvenirs de plage», raconte M. Duggan à l’AFP.

Se marie avec le goût du homard
Son ami Stefan Gagliardi, qui travaille dans une des plus vieilles brasseries du continent, Alexandre Keith’s, était à la recherche d’une bière qui se marie avec le goût du homard, fer de lance de la Nouvelle-Écosse qui en est le premier exportateur mondial.

«D’habitude, on marie le homard avec du champagne, mais cela est coûteux et je voulais une alternative moins chère», explique M. Gagliardi. Après avoir essayé une Gose allemande pour accompagner un plat de homard, il a décidé d’utiliser le sel de l’entreprise de son ami pour créer Le Passage, bière d’inspiration allemande aux accents marins. Les bières Gose, amères et salées, ont été brassées pendant environ mille ans en Allemagne avant de disparaître temporairement pendant la Seconde Guerre mondiale.

«J’ai grandi au bord de l’océan»
Récemment, cette sorte de bière a fait un retour sur le devant de la scène avec l’essor des microbrasseries en Amérique du Nord, mais aussi en Jordanie, où la première microbrasserie du pays, Carakale Brewing Company, utilise du sel de la Mer morte pour confectionner sa Gose maison.

«Les saveurs que vous obtenez de ce sel sont uniques, et ils rendent la bière unique», avec «une acidité citronnée, un côté sec accentué par la salinité» selon M. Gagliardi. La première livraison de la bière, pour l’instant confinée aux provinces atlantiques, aura lieu début mai. «Si c’est un succès, nous pourrions étendre sa distribution au reste du Canada et aux États-Unis», estime M. Gagliardi.

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Lancement d’une campagne contre les violences éducatives

stop-veo.jpgL’association Stop Veo lance une campagne afin de sensibiliser les parents à la non-violence éducative. 3 parents sur 4 reconnaissent pratiquer la gifle dans l’éducation de leurs enfants.

Une campagne d’information est lancée ce lundi dans tous les cabinets médicaux, à l’initiative de l’association Stop Veo pour sensibiliser les parents à la non-violence éducative, alors que près de neuf parents sur dix pratiquent la violence ordinaire avec leurs enfants.

La gifle pratiquée par 3 parents sur 4
Selon une enquête réalisée par l’Union des Familles en Europe en 2006-2007, 85% des parents reconnaissent pratiquer la violence ordinaire. Comme Isabelle, qui nous explique : « J’ai dû donner une ou deux gifles dans des moments de grandes colères où je ne pouvais pas me contrôler », concède cette mère de quatre enfants à notre antenne.

L’enquête estime que 71,5% ont recours à la gifle, la plupart du temps occasionnellement. Une pratique, qui ne pose pas de problème pour de nombreux parents : « Une petite tacle sur la main ou une légère fessée, moi ça ne m’a jamais fait de mal. Je suis certain que quand c’est fait avec parcimonie et justice, il y a aucun problème », estime de son côté Xavier, père de trois enfants.

Un effet sur le QI de l’enfant ?
Pourtant, l’association Stop Veo estime que ces violences ordinaires peuvent avoir un effet sur le développement de l’enfant : « Même une petite claque, c’est un coup, c’est une violence, cela va induire une sidération, du stress. L’enfant ne va pas comprendre et va arrêter de penser. On a un grand nombre d’études qui montrent que si on utilise ces moyens, l’enfant va moins bien apprendre et il aura un QI qui peut baisser », nous explique Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne d’information.

À partir de ce lundi, un kit « C’est grave docteur ? » est donc proposé par l’association aux pédiatres, médecins généralistes et médecins de PMI. Il comporte une affiche et des brochures, avec au recto, un cœur et au verso un bonnet d’âne.  « Choisir l’amour et la tendresse, plutôt que l’humiliation et la peur », est-il écrit sur l’une des affiches.

Seuls 6 pays européens n’interdisent pas la fessée
Cette campagne est lancée à l’approche de la Journée de la non-violence éducative qui a lieu le 30 avril et alors que les fessées et autres punitions devraient bientôt bannies par la loi. Le texte voté par l’Assemblée qui vise à ce que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques » doit bientôt être validé par le Sénat.

La France fait partie des six pays de l’Union européenne n’ayant pas encore voté de loi bannissant toute forme de violence vis-à-vis des enfants, avec la Belgique, l’Italie, la République Tchèque et le Royaume-Uni.

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Thé : les alternatives sans théine

théConnaissez-vous le rooibos, le chai, ou encore le sobacha ?

Ces boissons sont couramment assimilées à des thés. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement parlé. Ce sont des boissons sans théine et originaires des quatre coins du monde.

« Thé rouge », « thé de sarrasin », « thé chai »… Ils ont l’apparence du thé et en portent même parfois le nom. Comme le thé, ils se consomment sous forme d’infusion, peuvent être cueillis et transformés selon les mêmes procédés et leur goût en est parfois proche. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement dit.

Les thés, qu’ils soient verts, blancs ou noirs, sont issus des feuilles d’une même plante, le Camellia Sinensis, couramment appelée le théier. Une plante qui contient naturellement de la théine, un alcaloïde aux vertus dynamisantes et stimulantes. Théine ou caféine, il s’agit en réalité de la même molécule.

De plus en plus de consommateurs sont à la recherche de boissons alternatives, dépourvues de théine ou caféine. Il existe bien évidemment les tisanes que l’on consomme le plus souvent après diner, mais quelles sont les autres alternatives ?

En Afrique du Sud, au Japon ou en Inde, les populations locales ont adopté des boissons chaudes qu’elles assimilent volontiers à des thés, mais sans théine. On prête à ces boissons des vertus dynamisantes, antioxydantes et même diurétiques, comme le thé.

En Afrique du Sud avec le rooibos
Le rooibos est surnommé le « thé rouge ». Mais ne vous fiez pas à cette appellation : il ne contient pas de théine. Il est élaboré à partir de feuilles et fleurs d’un arbuste sud-africain séchées, fermentées puis infusées. « Rooibos » signifie « buisson rougeâtre » en afrikaans. Vous le remarquerez au cours de son infusion, le rooibos dégagera une légère couleur rouge, brune.  À la clé : une boisson au goût épicé, proche du thé noir.

Quelles sont ses vertus ?  Le rooibos est riche en flavonoïdes qui facilitent la digestion. Il contient également de nombreux minéraux : cuivre, fer, potassium, calcium, fluorure, zinc …  Riche en zinc, le rooibos aiderait également à traiter les maladies de peau comme l’eczéma.

Comment le consommer ?   Le rooibos peut être consommé tout au long de la journée, chaud, froid ou même glacé. Vous pouvez y ajouter de fines rondelles de gingembre frais ou encore une rondelle de citron. Aromatisé ou nature.

Où le trouver ?  Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Au Japon avec le sobacha
Le sobacha est une boisson traditionnelle japonaise. En japonais « soba » signifie « sarrasin », et « cha » signifie « thé ». Un « thé de sarrasin », pourtant, cette boisson ne contient pas de théine. Le sobacha est obtenu à partir de graines de sarrasin, aussi appelées graines de kasha, torréfiées puis infusées dans de l’eau chaude.

Quelles sont ses vertus ?  Le sarrasin est une céréale sans gluten et très digeste, riche en protéines végétales et en nutriments. C’est une excellente source de magnésium et de cuivre.

Comment le consommer ?  Le sobacha peut être bu chaud ou froid.
Où le trouver ?   Certaines boutiques et sites spécialisés proposent à la vente des grains de sarrasin concassés grillés, prêts à être infusées directement dans de l’eau chaude. Vous pouvez également faire torréfier à la poêle des graines de sarrasin décortiquées.

En Inde avec le chai
Le chai est une véritable boisson nationale en Inde. En hindi, « chai » signifie « thé ». Ce thé indien est traditionnellement élaboré à partir d’un mélange de thé noir, de lait et d’épices : de la cannelle, de la cardamome, du gingembre, des clous de girofle, du poivre noir… Mais il se décline également sans thé, donc sans théine.

Quelles sont ses vertus ?   Sa forte teneur en épices en fait une boisson riche en antioxydants, qui boostera votre énergie ainsi que votre système immunitaire.

Où le trouver ?   Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Comment le consommer ?  Avec ou sans thé, avec ou sans lait, à chacun sa recette de « chai ».

Des infusions dynamisantes
Certaines plantes ou racines ont des vertus dynamisantes. Misez sur l’ortie, le romarin, le thym, le gingembre fraichement râpé, la menthe poivrée, ou encore les racines de pissenlit ou de réglisse. Pour une combinaison réussie, associez-les à du citron ou à des épices.  Faites infuser dans de l’eau chaude. Vous obtiendrez une boisson réconfortante qui boostera votre énergie.

Où les trouver ?  Vous pouvez également acheter dans le grand commerce et dans les boutiques bio des synergies de plantes aux vertus dynamisantes, en sachet ou en vrac, et de préférence bio.

Un thé « déthéiné »?
Petite astuce : vous pouvez facilement « déthéiner » votre thé traditionnel. Il suffit de le laisser infuser environ 30 secondes, de jeter cette eau puis de le faire infuser de nouveau. En effet, plus l’infusion est longue plus le thé sera riche en théine. Ce procédé devrait ainsi éliminer plus de la moitié de la théine, tout en conservant les saveurs de votre thé.

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Parlement, Commission, Conseil européen …

union europenne europe drapeau europenSouvent perçues comme lointaines et absconses, les institutions européennes ont chacune un rôle spécifique et des ramifications diverses, qui se sont complexifiées avec le temps.

Tous les cinq ans, les projecteurs se tournent vers elles. Sans doute à tort, mais leur complexité en dissuade beaucoup d’y jeter un œil. Les institutions européennes, multiples, vont pour partie être renouvelées après mai 2019, à commencer par le Parlement.

BFMTV.com vous fait un rapide tour d’horizon des différents étages de cette fusée qui, depuis sa construction initiale dans les années 1950, s’est diversifiée et souvent,  c’est ce que lui reprochent de nombreux citoyens européens, complexifiée.

Commission européenne
C’est la branche exécutive de l’UE. Présidée depuis 2014 par l’ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, la Commission européenne est « chargée d’élaborer des propositions législatives et met en œuvre les décisions du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne ». Gardienne des traités (TUE et TFUE), elle s’appuie sur ces derniers pour établir les budgets annuels de l’UE, qui doivent être approuvés par le Parlement et le Conseil de l’UE.

Son président est proposé par les chefs d’État et de gouvernement réunis au sein du Conseil européen, en tenant compte des résultats des élections du Parlement européen. Pour être élu, le candidat doit être approuvé par la majorité des députés européens. Les commissaires et vice-présidents de la nouvelle équipe sont, eux, sélectionnés par le président élu, sur la base des propositions des États membres.

En coordination avec la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), la célèbre instance bruxelloise veille à l’application correcte de la législation européenne dans tous les États membres. Elle peut décider d’en sanctionner certains pour non-respect de principes « fondamentaux » de l’UE. Ce qu’elle a fait pour la première fois contre la Pologne, fin 2017, via une procédure de l’article 7.

La Commission européenne vérifie par ailleurs l’application correcte des traités et des décisions à l’échelle européenne, ainsi que l’attribution des subventions publiques. Elle peut saisir la CJUE dans le cas où un État membre manque à ses devoirs. Elle veille aussi à l’application,  cette fonction fait d’ailleurs l’objet de beaucoup de critiques au niveau des populations,  des règles de concurrence et sanctionne les entreprises ne les respectant pas.

Parlement européen
Il s’agit d’un des organes les plus visibles de l’UE et c’est par son truchement que l’Europe revient au cœur des actualités politiques nationales en 2019. Ses 751 membres, qui remettent leur siège en jeu lors des élections européennes (du 23 au 26 mai prochain), adoptent la législation de l’Union conjointement avec le Conseil de l’UE.

Le Parlement européen se prononce aussi sur les accords internationaux et sur les potentiels élargissements de la zone. Il établit le budget de l’UE, conjointement avec le Conseil, et approuve le « cadre financier pluriannuel », budget de long terme.

Ses travaux s’articulent, de manière semblable au fonctionnement de l’Assemblée nationale française, autour de séances en commission (il y en a vingt, auxquelles s’ajoutent deux sous-commissions) à Bruxelles et de sessions plénières, où ont lieu les votes définitifs. Elles se déroulent normalement à Strasbourg quatre jours par mois, mais des sessions supplémentaires ont parfois lieu à Bruxelles.

Conseil européen
Il se tient plusieurs fois par an, souvent à Bruxelles, et est toujours agrémenté du même rituel: les chefs d’États membres de l’UE arrivent un à un, se succèdent devant les micros avant de retrouver Jean-Claude Juncker, lui serrer la main, prendre la pose pour les caméras, puis rentrer dans une enceinte. À la sortie, les participants prennent le temps de s’adresser aux médias pour faire leur bilan du sommet, entre « avancées », « délibérations » et « progrès ». C’est cela, un Conseil européen.

Réunissant l’ensemble des dirigeants des pays de l’UE afin de définir les priorités politiques de celle-ci, cette instance représente le plus haut niveau de coopération entre États membres. S’y côtoient Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May, Alexis Tsipras ou Viktor Orban, pour citer des exemples connus.

Le Conseil européen (à ne pas confondre avec le Conseil de l’UE, encore moins avec le Conseil de l’Europe) se réunit généralement de façon trimestrielle, sous la houlette d’un président permanent, en l’occurrence le Polonais Donald Tusk. Des réunions extraordinaires peuvent être convoquées, comme ce fut le cas tout au long de la crise grecque.

Du Conseil européen émanent les « grandes orientations » et priorités politiques de l’UE. Il n’adopte aucun acte législatif, mais s’occupe plutôt des questions complexes qui nécessite le plus élevé niveau de coopération intergouvernementale. Il définit la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et désigne les candidats à certaines hautes fonctions européennes, comme la présidence de la BCE ou de la Commission. Sur chaque question, le Conseil européen peut demander à ladite Commission d’élaborer une proposition ou se tourner vers le Conseil de l’UE.

Conseil de l’Union européenne
En apparence, c’est le grade inférieur au Conseil européen. Mais c’est ici que beaucoup de politiques européennes se déterminent. Le Conseil de l’UE réunit régulièrement, une fois par mois selon les cas, les ministres nationaux de chaque pays dans des domaines spécifiques. Il se décline en dix « formations »: Agriculture & pêche,  Compétitivité, Affaires économiques & financières, Environnement,  Affaires étrangères,  Affaires générales, etc …

Habilités à engager l’action de leur gouvernement sur les points convenus lors des réunions, les ministres examinent, modifient, adoptent des lois et coordonnent ensemble les politiques européennes. Ils délibèrent, au même titre que le Parlement européen, en proposant des amendements à des textes soumis par la Commission. En cas de désaccord, une deuxième et une troisième lectures sont possibles.

En outre et plus fondamentalement, le Conseil de l’UE coordonne les politiques des États membres; développe la politique étrangère et de sécurité émanant du Conseil européen, conclut des accords entre l’UE et les pays extérieurs ou les organisations internationales et adopte le budget annuel de l’UE de concert avec le Parlement européen. À l’issue des débats, qui sont publics, les décisions sont généralement prises à la majorité qualifiée (soit 55% des pays, soit des pays qui, ensemble, représentent au moins 65% de la population totale de l’UE).

Cour de justice de l’Union européenne
La CJUE interprète la législation européenne afin d’en garantir l’application uniforme dans tous les pays de l’UE. Elle statue sur les différends juridiques opposant les gouvernements des États membres et les institutions européennes.

Elle peut également, dans certaines circonstances, être saisie par des particuliers, des entreprises ou des organisations souhaitant intenter une action contre une institution de l’UE lorsqu’ils estiment qu’elle a porté atteinte à leurs droits. Notamment ceux ayant trait à la concurrence libre et non faussée.

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L’UE et le Royaume-Uni s’accordent sur un nouveau délai de six mois

brexitLa Première ministre britannique et les 27 dirigeants européens se sont mis d’accord sur un report du Brexit au 31 octobre au plus tard.

Objectif : éviter les dégâts d’un divorce brutal, sans accord. Les dirigeants européens ont proposé un report de la date du Brexit au 31 octobre, avec un point d’étape « en juin » après plusieurs heures de difficiles tractations. La Première ministre britannique a accepté cette proposition, même si elle avait plaidé plus tôt pour un report jusqu’au 30 juin seulement. La dirigeante conservatrice a annoncé qu’elle allait s’adresser aux députés britanniques jeudi et la poursuite des discussions avec l’opposition travailliste pour tenter de trouver un compromis à même de rassembler une majorité parlementaire.

La date du 31 octobre se situe juste avant la prise de fonction en novembre de la nouvelle Commission européenne. Le point d’étape en juin interviendrait, lui, au cours d’un sommet européen régulier déjà programmé les 20 et 21 juin, a indiqué une source européenne.

Un Brexit au 31 octobre impliquerait que les Britanniques aient participé aux élections européennes fin mai. Mais l’offre d’une longue extension n’empêchera pas le Royaume-Uni de quitter l’UE avant cette date, et donc d’éviter d’avoir à organiser ce scrutin.

« Si nous arrivons à trouver un accord maintenant (…) nous pouvons encore sortir le 22 mai », a déclaré Theresa May, qui veut croire à un miracle au sein du parlement britannique, qui jusqu’ici a rejeté à trois reprises l’accord de divorce qu’elle a conclu avec Bruxelles sans se mettre d’accord sur une proposition alternative.

Malgré leur lassitude face aux tergiversations de Londres, les responsables européens s’étaient tous montrés disposés à donner plus de temps aux Britanniques. Mais Paris menait le camp des pays exigeant des conditions « strictes ». « Pour moi, rien n’est acquis », avait averti Emmanuel Macron à son arrivée, jugeant « indispensable que rien ne compromette le projet européen ». « Rien n’est acquis, et en particulier quand j’entends les rumeurs, aucune extension longue », avait-il insisté, faisant allusion au scénario considéré comme le plus probable.

Mettre la pression sur les Britanniques pour qu’ils approuvent enfin l’accord
« Je veux que nous puissions partir d’une façon ordonnée et sans heurts le plus tôt possible », avait de son côté déclaré Theresa May, toujours sans majorité parlementaire pour soutenir son traité de retrait et engagée depuis peu dans des discussions avec l’opposition travailliste pour sortir de l’impasse.

Les dirigeants des pays européens ont cherché le meilleur moyen de mettre la pression sur les Britanniques pour qu’ils approuvent enfin l’accord de retrait, tout en évitant que cela ne finisse par conduire à un « no deal » redouté de part et d’autre. Une rencontre entre la chancelière allemande et Emmanuel Macron a eu lieu juste avant le début du sommet pour « accorder » les positions des deux poids lourds du Conseil européen.

« Plus la période (de la prolongation) sera longue, plus les garanties devront être sérieuses » afin de « ne pas mettre en danger le fonctionnement de l’UE », avait souligné la présidence française, notamment appuyée par la Belgique et le Luxembourg. Ces pays s’inquiètent de la capacité de nuisance que pourrait avoir un Royaume-Uni qui garderait un pied dans l’UE et l’autre dehors pendant une durée indéterminée.

« Tout n’est pas préférable à un ‘no deal’, a fait valoir la présidence française, jugeant qu’il « n’est pas question d’importer dans l’UE la crise politique britannique » à force de vouloir éviter à tout prix un divorce sans accord. D’autant que les prochains mois seront délicats, avec l’installation d’une nouvelle Commission européenne début novembre et des discussions difficiles sur le futur budget à long terme de l’UE.

« Il peut y avoir des engagements sur la façon dont le Royaume-Uni se comporte », a observé un diplomate européen, suggérant notamment que Londres puisse renoncer à son droit de veto ou à la possibilité d’avoir un membre au sein de la prochaine Commission.

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Salaire minimum : le grand écart européen

salaireNathalie Loiseau souhaite que les pays européens les plus pauvres augmentent leur salaire minimum. En 2017, le « smic » était six fois plus élevé au Luxembourg qu’en Roumanie selon l’OCDE.

La tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau, souhaite que le salaire minimum augmente dans l’Union Européenne, notamment dans les pays les plus pauvres.

Pour atteindre cet objectif, il faudrait déjà que le principe du salaire minimum soit appliqué dans les 28 États membres. Or ce n’est pas le cas actuellement pour six d’entre eux : Italie, Autriche, Danemark, Finlande, Suède et Chypre. Nous avons donc analysé l’écart entre les pays européens qui en possèdent un.

Selon l’OCDE, dans deux États sur trois, le salaire minimum était inférieur à 850 euros en 2017. Sur la carte ci-dessous, on remarque immédiatement un véritable clivage entre l’Europe du nord-ouest et le reste du continent.

salaire minimun ue

L’objectif de Nathalie Loiseau n’est cependant pas d’instaurer un Smic commun à tous les pays de l’UE. La tête de liste LREM pour les élections souhaite plutôt que le salaire minimum atteigne au moins la moitié du salaire médian dans tous les États membres. Et sur ce plan, les Français sont champions d’Europe.

Le salaire médian français très inférieur au belge
D’après l’OCDE, le salaire minimum équivalait à 62% du revenu médian national en 2017. Un score bien supérieur à celui affiché par nos voisins allemands (48%) ou belges (47%) mais qui n’est en fait pas très flatteur pour la France car il illustre avant tout la part importante des salariés français qui touchent de bas salaires.

En Belgique, plus de la moitié des salariés gagnent plus de 3276 euros par mois. En France, le salaire médian est seulement de 2396 euros,  un chiffre bien inférieur à nos voisins, mais trois fois plus important que celui des Hongrois (784 €).

salaire médian ue

Dans ses données les plus récentes (2017), l’OCDE disposait d’informations sur uniquement 19 des 22 pays de l’UE ayant mis en place un salaire minimum.