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Ce que vous humez quand la pluie tombe

pluis gifVous pensiez que l’eau tombée du ciel n’avait pas de senteur ?

Quand les premières grosses gouttes d’une  pluie d’été tombent sur le sol chaud et sec, n’avez-vous jamais reniflé une odeur particulière ?  Dans mes souvenirs d’enfance, des parents agriculteurs décrivaient comment ils pouvaient toujours «sentir la pluie» juste avant une tempête.

Bien sûr, la pluie en elle-même ne contient aucune odeur. Pourtant, juste au début d’une bonne averse, une senteur appelée pétrichor imprègne l’air. Issue du sol, elle semble agréable à celles et ceux qui la distinguent car musquée et fraîche.

Cette odeur résulte de l’humidité du sol. En 1964, des scientifiques australiens ont étudié pour la première fois ce phénomène. Ils l’ont baptisé pétrichor. Mais il a fallu attendre les années 2010 pour que son mécanisme soit décortiqué par des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

Décelable à des niveaux faibles
Le pétrichor est une combinaison de composés chimiques odorants issue d’huiles fabriquées par des plantes. Des micro-organismes, les actinobactéries, constituent la base du pétrichor. Ils prolifèrent dans les zones rurales et urbaines ainsi que dans les environnements marins. Minuscules, ils transforment la matière organique morte ou en décomposition en composés chimiques simples pour fabriquer les nutriments nécessaires au développement des plantes et d’autres organismes.

Sous-produit de cette activité, un composé organique appelé géosmine se combine au pétrichor et lui donne son odeur. Similaires à l’alcool dénaturé, ses molécules ont tendance à dégager une forte odeur. De plus, sa structure chimique complexe le rend particulièrement décelable à des niveaux extrêmement faibles: nos nez peuvent détecter quelques parties de géosmine par mille milliards de molécules d’air.

Pendant une période de sécheresse, le taux d’activité de décomposition des actinobactéries ralentit. Mais juste avant un événement pluvieux, l’air s’humidifie de même que le sol. L’activité des actinobactéries s’accélère et forme davantage de géosmine.

Ce qui fait que lorsque les gouttes de pluie tombent sur le sol en particulier sur des surfaces poreuses telles que des sols meubles ou du béton brut, elles éclaboussent et éjectent de minuscules particules appelées aérosols.

La géosmine et les autres composés d’un pétrichor présents sur le sol ou dissous dans la goutte de pluie sont libérés sous forme d’aérosol et transportés par le vent vers les zones environnantes. Si la pluviométrie est assez forte, l’odeur de pétrichor se diffuse rapidement grâce au vent et alerte ainsi les gens que la pluie est imminente.

L’orage passé, le parfum disparaît, et le sol commence à sécher. Les actinobactéries redeviennent inactives. Elles sont prêtes pour la prochaine perturbation, et à nous envoyer un nouveau signal odoriférant quand la pluie menacera.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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Sept signes qui doivent vous alerter sur le burn out parental

Burn-outD’après une étude menée par l’UCLouvain, 5 à 8 % des parents belges seraient en situation de burn out parental. C’est la première étude sur la prise en charge de cet épuisement, encore trop méconnu.

Les trajets maison-école, les repas à préparer, la bataille du coucher, les lessives et le ménage, les activités périscolaires … La routine d’une vie de famille peut vite se transformer en machine infernale. À tel point que certains parents n’arrivent plus à supporter leurs enfants, épuisés rien qu’à l’idée de passer une journée avec eux.

Un phénomène qui porte un nom : le burn out parental. Ce syndrome, qui touche les parents exposés à un stress chronique, sans parvenir à en compenser les effets, a fait l’objet d’une étude menée par la Mutualité chrétienne et l’UCLouvain. Environ 20 % des parents seraient « en difficulté dans leur parentalité » à un moment de leur vie de parents. Franceinfo a listé sept signes qui peuvent précéder un burn out parental et qui doivent vous alerter.

1) L’épuisement physique
L’arrivée d’un enfant apporte évidemment de la fatigue, liée aux nuits raccourcies et à la multiplication des tâches. En juin dernier, une étude britannique (en anglais) pour une marque de literie, a relevé que les jeunes parents dorment en moyenne 4h44 par nuit, pendant l’année qui suit l’arrivée de l’enfant. Soit 59 % de temps de sommeil en moins que les 8 heures préconisées par les spécialistes.

Dès 2013, une enquête du réseau de mères actives soulignait que 63 % d’entre elles se disaient « épuisées ». Un épuisement qui survient quand les parents ne parviennent plus à se libérer du temps pour récupérer : « Tous les parents vivent des périodes de grande fatigue, comme lorsqu’un enfant tombe malade pendant 15 jours », estime Stéphanie Allenou, maman de quatre enfants qui a raconté son burn out parental dans Mère épuisée.

mere epuiséeLa différence avec l’épuisement parental, c’est que ça dure des mois ou des années. Stéphanie Allenou, auteure de « Mère épuisée »

Quand la fatigue cloue au lit dès le réveil, qu’elle limite l’attention accordée à ses enfants, ce sont les premiers symptômes de l’épuisement parental. Ce vide émotionnel et physique empêche de réfléchir. « Si on se sent très fatigué depuis deux semaines et qu’on commence à être fortement irritable, c’est un signal d’alarme », alerte la docteure Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn out parental à l’UCLouvain.

2) Le désir de vouloir tout contrôler
Les experts interrogés par franceinfo sont unanimes : les parents touchés par l’épuisement parental sont souvent ceux qui se sont faits une haute estime de leur rôle, avant la naissance de leur enfant. En clair, ils veulent être parfaits et se mettent la pression : « C’est ce qui les épuise en fait, pointe la docteure Mikolajczak. Et c’est ce qui est paradoxal : car en voulant être parfaits, ils se retournent contre leurs enfants. »

Burn-out parentaleMême au bord de l’épuisement, les mères continuent de s’agiter et de vouloir tout gérer comme des chefs d’entreprise du CAC40 mais un jour, le corps dit ‘stop’ et elles ne peuvent plus se lever, elles ne peuvent plus rien faire.  « Depuis les années 1980-1990, la place de l’enfant a profondément changé, elle est devenue primordiale », estime la docteure Liliane Holstein, psychanalyste et auteure de Burn out parental.

Il est au centre de toutes les préoccupations de la famille : il ne doit manquer de rien pour bien grandir et le parent doit être aimant, disponible, attentif à tous les instants. « Les parents sont dans une course à la perfection pour être aimés par leurs enfants, souligne Liliane Holstein. Ce qui fait qu’il n’y a jamais de détente du matin jusqu’au soir, que les parents sont épuisés. »

3) Une tendance à l’isolement
Cette volonté de toujours faire mieux peut également entraîner un repli sur soi jusqu’à l’isolement. Les parents en proie à l’épuisement ont l’impression que leurs amis et leur famille font mieux qu’eux. Que leur enfant est le plus difficile, qu’ils sont les plus débordés, les plus en retard.  La docteure Moïra Mikolajczak donne l’exemple de l’attente à la sortie de l’école quand les parents s’observent : « On est tous des mini-juges, on se juge les uns les autres en permanence ».

Face aux autres parents qui leur semblent parfaits, les parents en burn out ont l’impression de ne plus savoir gérer le quotidien et souffrent de la comparaison, ce qui est un autre facteur de stress. « Quand on arrive à dire qu’on leur donne des fessées, qu’on ne les supporte plus, soit on nous juge, soit on nous dit ‘c’est pas grave, toutes les mères passent par là et ça ira mieux ensuite' », raconte Stéphanie Allenou.

Claire, maman à 39 ans d’une petite fille d’un an, a pourtant essayé d’en parler avec ses collègues : « Tous les matins, on arrive à la machine à café avec des cernes, en n’ayant pas dormi de la nuit, tout le monde nous dit ‘ça ira mieux’, ‘c’est normal’ et nous taquine, mais non, ça n’a ira pas mieux demain. » L’incompréhension que les parents en burn out ressentent les pousse ainsi à ne plus parler de leur mal-être et à s’enfermer.

4) Le sentiment de culpabilité
Les parents épuisés ont souvent l’impression de ne plus contrôler leur vie, qui ne ressemble en rien à ce qu’ils avaient imaginé, avant la naissance de leur enfant. Un contraste qui peut donner le sentiment d’être de « mauvais » parents et/ou d’avoir de « mauvais » enfants.

Selon Stéphanie Allenou, désormais à la tête d’une association de soutien à la parentalité, l’Îlôt Familles, et d’un lieu d’accueil parents-enfants à Nantes, c’est « une histoire de reconnaissance qui est le troisième pilier de l’épuisement. » Les mères actives qu’elle rencontre lui font part de leur culpabilité permanente : elles culpabilisent devant leurs collègues quand elles quittent le travail trop tôt et font de même quand elles viennent chercher leur enfant trop tard à la crèche. De quoi faire naître une « impression qu’ils n’en font jamais assez », ou jamais assez bien, qui entraîne une dévalorisation personnelle et une perte de confiance en soi.

5) Des troubles du sommeil, de l’appétit et du désir
Des heures à tourner dans le lit, à compter les moutons et à regarder les minutes défiler sur le réveil. Pourtant épuisés, les parents à bout parviennent difficilement, voire pas du tout, à trouver le sommeil, le soir venu.

Enfin au lit, ils égrènent dans leur tête la liste des tâches qu’ils vont devoir accomplir dès le réveil et angoissent d’avance. L’accumulation d’autres symptômes peut être un signal d’alarme comme un amaigrissement ou une prise de poids importante et l’éloignement avec le conjoint.

6) Un épuisement émotionnel intense
L’épuisement s’accumule face à la répétition quotidienne des mêmes crises : pour se laver, pour manger, pour s’habiller …  Pour que la colère n’éclate pas à la moindre bêtise, les parents prennent sur eux et refoulent leurs propres émotions. « J’essaie de faire des activités avec les enfants, qu’ils soient propres et bien habillés, que la maison soit tenue correctement, le frigo rempli, souffle une mère qui préfère rester anonyme. Mais dans tout ça, je me suis abandonnée. »

Cet épuisement émotionnel doit être un signal d’alarme avant le burn out parental. Les parents qui en sont victimes ne sont plus en mesure de réguler leurs émotions. « Ils peuvent dire qu’ils adorent leurs enfants et en même temps, dire juste après, pourquoi je les ai faits ?   Si je pouvais les tuer, je le ferais », assure la docteure Liliane Holstein. Ils gèrent les tâches de la vie quotidienne de manière automatique, presque robotisée.

7) Une distanciation affective avec les enfants
Les parents contactés décrivent une absence d’émotions qui génère une véritable distance avec leurs enfants. Marie, 27 ans et maman d’un petit garçon d’un an et demi, a vécu cette situation au moins d’août. « J’ai expliqué à mon médecin que je ne supportais plus mon fils, que j’avais envie de le taper. Des fois, je le regardais et je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras. Je le regrette, c’est quelque chose d’horrible. »

Selon la docteure Mikolajczak, cette distanciation affective, synonyme de burn out parental, multiplie par vingt le risque de violenter ses enfants : « Dès qu’on a une parole ou un geste qui tranche totalement avec ce qu’on fait habituellement, c’est un signe qu’il faut aller consulter : si je suis une personne attentive et que d’un coup, je dis à mon enfant : ‘ma vie était tellement plus belle quand tu n’étais pas là’, je dois absolument aller consulter. » C’est l’accumulation de ces symptômes au quotidien qui doit vous alerter.

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Après le travail au noir, le phénomène du travail «au gris» de plus en plus répandu

oui care etudeD’après une étude de la société Oui Care, le travail en partie dissimulé, notamment dans le secteur des services à la personne, est en forte expansion en France.

Vous avez l’habitude de déclarer votre baby-sitter mais samedi dernier, il est resté deux heures de plus que d’ordinaire. Vous n’avez pas pris la peine de déclarer ce travail supplémentaire, d’ailleurs, vous l’avez payé en liquide. Cette pratique de plus en plus répandue, que ce soit du côté des particuliers employeurs comme des salariés, porte un nom : le travail au gris. Une activité professionnelle ni entièrement illégale comme le travail au noir, ni totalement déclarée, pour être dans les clous.

Ainsi 31 % des personnes qui font appel à une nounou à la sortie de l’école ne déclarent qu’une partie des heures réalisées, contre 18 % en 2013 et 3 % en 2008, d’après une étude de la société Oui Care. « En 2018, on constate que le travail au noir a plutôt tendance à baisser alors que le travail au gris augmente sur toutes les activités », souligne l’étude. Cette tendance est marquée dans les services à la personne, en particulier l’accompagnement des seniors à domicile : 41 % des employeurs ne déclarent pas toutes les heures (18 % n’en déclarent aucune).

Les Urssaf ne font pas la différence
Pour les caisses publiques, le manque à gagner, difficile à calculer, est estimé entre 3 et 6 milliards d’euros en 2016. Pourtant, les Urssaf (qui collectent les cotisations sociales) ne font pas la différence entre travail au gris et travail au noir. Parmi les 1500 inspecteurs répartis sur l’ensemble du territoire, 15 à 20 % sont spécialisés dans la lutte contre le travail illégal. « Les contrôles sont aléatoires, dans toute la France et ils touchent tous les secteurs : le gardiennage, le déménagement, les tâches ménagères … », explique Emmanuel Dellacherie, directeur réglementation et contrôle de l’Acoss, l’agence qui pilote le recouvrement des cotisations.

« Travailler au gris entraîne une prise de risque tant du côté de l’employeur que du salarié et ne permet pas au travailleur de cotiser et d’acquérir des droits sociaux comme la retraite ou la sécurité sociale », détaille Guillaume Richard, le PDG de Oui Care. D’ailleurs, « il est devenu moins intéressant de travailler au noir. Les employeurs peuvent aujourd’hui bénéficier d’exonérations fiscales intéressantes, mais ils ne le savent pas » explique le dirigeant.

D’autant que ces réductions ou crédits d’impôt peuvent s’accompagner de différentes aides. Finalement, le coût d’un service peut être inférieur quand il est déclaré par rapport au noir. Résultat, faute d’être informés, les particuliers employeurs prennent plus de risque et paient souvent plus cher.

Le rôle clé des plates-formes
« L’essor des plates-formes qui fonctionnent avec des autoentrepreneurs entraîne une modification du monde du travail et favorise la multiplication des fraudes », prétend Guillaume Richard. Grâce aux sites comme AlloVoisins, Hellocasa, NeedHelp ou encore Frizbiz, il est facile de savoir que son voisin peut bricoler une étagère et le payer au noir de la main à la main la fois prochaine.

Pourtant, les plates-formes pourraient être de bonnes alliées des percepteurs de cotisations. C’est en tout cas ce qu’assure Benjamin Suchar, le fondateur de Yoopies, un site pour trouver ou proposer un baby-sitting. « Sur notre plate-forme, tout est automatisé : nous déclarons pour vous les cotisations dues et nous pré-remplissons les demandes d’aides et de crédits d’impôts auxquelles les particuliers employeurs peuvent prétendre », explique-t-il.

Une démarche qui tend à être de plus en plus poussée. À la demande des plates-formes, un système informatique leur permettra l’année prochaine d’automatiser totalement les démarches administratives des particuliers-employeurs avec les différents services de l’État. « En clair, nous ferons directement et automatiquement les demandes de crédit d’impôts et d’aides. La déclaration sera non seulement plus rentable, mais plus sécurisante et automatique. » une petite révolution.

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Les professionnels s’interrogent sur l’intérêt des soldes

soldesLa Fédération nationale de l’habillement constate une baisse de fréquentation dans les magasins de 10% par rapport à l’année dernière.

Le président de la Fédération nationale de l’habillement, Eric Mertz, a assuré sur franceinfo, lundi 28 janvier, que les soldes d’hiver 2019, débutés le 9 janvier et qui s’arrêteront le 19 février, sont décevants.« Ils ne marchent pour personne : pourquoi ne pas les arrêter ?« , s’interroge-t-il. Eric Mertz représente la voix de petits commerçants indépendants, qui pèsent environ 20% du marché du textile en France. Selon lui, « on est dans un phénomène d’atonie de la consommation ».

franceinfo : Quel est le bilan de ces soldes d’hiver, à mi-parcours ?
Eric Mertz : Il est décevant, une fréquentation et une activité en berne. On est sur une baisse de fréquentation de 10% par rapport à l’année dernière et entre 7 et 10% de baisse d’activité. C’est un décrochage. On peut y voir la conséquence du mouvement des « gilets jaunes ». Et puis il y a eu le prélèvement à la source. Je pense que ça a un effet significatif.

Les gens consomment moins tout simplement. Je pense qu’on est dans un phénomène d’atonie de la consommation. Après, il y a aussi une prise de conscience collective, une recherche de la confiance dans le commerçant et une recherche de valeur. je crois qu’il va falloir trouver des solutions beaucoup plus originales, des modèles économiques nouveaux, des modèles sociaux aussi plus durables, plus profitables et surtout, qui soient en harmonie avec la prise de conscience collective.

On entend trop de consommateurs nous dire « on n’a plus confiance », parce que les prix sont complètement déconnectés de la valeur produit, « on voit des promotions toute l’année ». Moi je me bats pour dire que le commerçant indépendant est un garant de confiance.

Vous réclamez donc tout simplement la fin des soldes ?
Tous les acteurs sont dans le rouge et les soldes, ça ne marche pour personne. Donc soit entretient cette spirale mortifère et je pense qu’on va encore voir des conséquences d’ordre social, soit on arrête. Pourquoi ne pas les arrêter ?   Nous avons des produits de valeur. La plupart de nos clients sont enchantés de venir dans nos boutiques car ils vivent une véritable expérience.

Or ces soldes ne sont pas, pour nous, l’occasion de réenchanter cette expérience-client. Alors restons dans l’enchantement. Allons jusqu’au bout, avec des prix sincères, honnêtes, fondés sur la valeur, le service, etc …  jamais bradés. Essayons aussi de rester un peu plus dans la temporalité. On a trop de clients qui sont déconnectés de l’effet de saison. Retrouvons un peu de saison.

Avec des prix un peu plus élevés du coup ?
Pas forcément, vous êtes sur des justes prix, sincères et honnêtes. Cela permet aux commerçants d’avoir une vraie politique sociale et de replacer son salarié au centre de l’entreprise, pourquoi pas d’avoir des apprentis, faire de la formation en alternance ?

Le client ne sera pas perdant, parce qu’aujourd’hui il n’est pas gagnant. A travers toutes ces promotions, où on fait miroiter des remises de plus en plus fantastiques, est-ce que le client croit une seule seconde qu’il est gagnant ?   Chez nous, c’est gagnant-gagnant.

Après, un client qui fait vivre une enseigne tout au long de l’année pourra peut-être profiter d’une opération particulière sur un article qui reste en rayon. Mais arrêtons cette banalisation de la promotion du 1er janvier au 31 décembre.

Publié dans Texte Sexualité

L’essentiel sur le fétichisme

fetichisteLongtemps considéré comme une perversion, une déviance pathologique voire même une maladie, le fétichisme est désormais devenu un phénomène de mode.

Mais qui sont réellement ses adeptes ?   Que signifie réellement ce mot souvent utilisé à tort et à travers ?   Où trouve-t-il son origine ?

A l’origine, le terme  » fétichisme  » (du portugais  » feitiço « , artificiel, sortilège, mot dérivé du latin  » facticius « , destin) désigne une pratique religieuse consistant à adorer un fétiche, un objet de culte. Mais en sexologie et dans le langage courant, ce mot a pris un tout autre sens …

Petite histoire du fétichisme
C’est entre le XIXe et le XXe siècle que la sexologie reprend le mot qui désigne alors le fait d’être sexuellement excité par un objet, une matière ou une situation en particulier. Le terme est employé pour la première fois par un psychologue français, Alfred Binet, en 1887. A l’époque considéré comme une perversion pathologique, le fétichisme a, selon lui, pour origine une association faite entre un objet inanimé et un traumatisme survenu dans l’enfance.

C’est ensuite Magnus Hirschfeld, sexologue, qui mettra le premier en évidence le fait que nous possédons tous, à des degrés divers, des fétichismes en tant que préférences, même si ceux-ci ne peuvent être systématiquement rangés dans la catégorie des perversions.

En 1927, Freud publie son célèbre Fetichismus, et introduit ainsi le terme dans le langage courant. Pour lui, le fétichisme est intimement lié à l’angoisse de la castration et ainsi au moment où l’enfant découvre que sa mère ne possède pas de pénis. A noter que Freud exclut ici totalement les femmes de sa théorie

Viendra ensuite la publication du rapport Kinsey, point de départ de la libération sexuelle, dans lequel le sexologue éponyme différencie fétichisme et paraphilie (ou perversion sexuelle).

Définition du fétichisme
Le fétichisme n’est désormais plus considéré comme une déviance dangereuse et pathologique. Ce n’est plus l’excitation provoquée par le fétiche qui se révèle problématique, mais la souffrance et les difficultés dans la vie quotidienne qu’elle peut engendrer.

Alors pour résumer, comment définir le fétichisme ?  La psychiatrie utilise, pour le diagnostiquer, deux axes principaux. Est ainsi dit fétichiste celui ou celle qui : Fantasme sur un objet inhabituel depuis au moins 6 mois, voit sa vie sociale et/ou professionnelle perturbée par cette attirance.

Attention cependant : le traitement n’a rien d’obligatoire, sauf si la personne concernée en souffre. Le thérapeute pourra ainsi lui proposer deux alternatives : une thérapie cognitive qui influera sur le comportement du patient, ou une psychothérapie qui tentera de mettre en évidence le traumatisme originel.

Les rendez-vous fétichistes
Aujourd’hui, le milieu fétichiste et le milieu sadomasochiste (SM) tendent à se recouper et nombreuses sont les soirées au cours desquelles les adeptes se retrouvent et rivalisent d’originalité dans le choix de leurs tenues. Les habitués de la scène dite « fetish » connaissent ainsi bien la fameuse Nuit Elastique, organisée une fois par mois aux Caves Lechapelais à Paris, la Nuit Demonia, rendez-vous incontournable des fétichistes les plus débridés ou encore le Fetish Week-end qui rassemble chaque année, à Montréal, artistes renommés et anonymes passionnés.

Publié dans Texte Actualité divers

Prélèvement à la source : gare aux faux emails de remboursement

prelevement a la sourceProfitant de l’entrée en vigueur du prélèvement à la source, des arnaqueurs envoient des emails aux couleurs des services fiscaux promettant le remboursement d’un trop-perçu.

Leur unique intention : dérober des informations personnelles. Le phishing ou hameçonnage est une pratique veille comme le web. Cette technique consiste à prendre l’identité d’une administration ou d’un prestataire de services pour dérober les données bancaires d’internautes un peu trop crédules. La mise en place du prélèvement à la source, qui entraîne tout un lot de changements et de nombreuses communications de la part de l’administration fiscale, est une opportunité trop belle pour ces escrocs.

Des messages avec l’entête du ministère de l’Économe ou de la direction des finances publiques (DGFIP) promettant le remboursement d’un trop perçu circulent, selon 20 Minutes. Pour recevoir la somme, il faut cliquer sur un lien et fournir ses données personnelles et bancaires. Ces mails sont des faux, l’administration fiscale ne procédant jamais ainsi.

Certains arnaqueurs œuvrent aussi par téléphone, selon des informations de France Bleu. Ils proposent à leur victime de fixer un rendez-vous qui servira à explique le fonctionnement de la réforme du prélèvement à la source. Là encore, ce n’est pas dans les manières de procéder de Bercy.

Face à ce phénomène l’administration a rappelé dans un tweet « qu’elle ne procède à aucun remboursement par mail ni ne demande d’informations personnelles par téléphone ». La conduite à tenir : ne pas répondre à ces demandes.

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Les tortues marines se féminisent avec la hausse des températures

tortueMâle ou femelle ?   Pour nombre d’espèces, le sexe est déterminé par la température ambiante.

Entre autres bouleversements, les changements climatiques et la hausse prévues des températures ont et auront  donc un fort impact sur l’évolution de la biodiversité. Intéressons-nous ici à la situation de tortues marines confrontées à une planète qui se réchauffe, à l’occasion d’une récente publication sur le sujet dans le journal Global Change Biology.

Si, chez l’humain, le sexe est déterminé génétiquement, c’est loin d’être le cas pour l’ensemble des espèces. Chez certaines d’entre elles, la détermination du sexe se fonde sur la température que les jeunes subissent au cours de leur développement. Pour un certain nombre d’espèces de tortues, par exemple, un œuf incubé dans un environnement chaud donnera plutôt une femelle.

Ce facteur est source d’inquiétude : qu’arrivera-t-il à ces espèces avec les hausses de température prévues pour les années à venir ?   Le prédire n’est pas si simple. Plusieurs éléments doivent être pris en compte, ce qui rend toute conclusion délicate à formuler.

Prenons le cas des tortues marines vertes dont parle l’article scientifique . On y lit que le sex ratio des tortues est actuellement de 52 % en faveur des femelles. Et que, en suivant les prédictions climatiques du GIEC, la hausse de la part des femelles dans les naissances globales s’échelonnerait de 76 à 93 %.

Pour commencer, soulignons l’hétérogénéité des chiffres, très différents selon les sites de pontes, les lieux, l’âge des tortues étudiées (éclosion, jeunes adultes, adultes reproducteurs …). Mais globalement, il semble se dégager une tendance : le sex ratio serait biaisé en faveur des femelles, voire très fortement pour certaines populations aux stades les plus jeunes.

Est-ce là un effet du changement climatique déjà visible ?   A priori non : cela serait plutôt lié au comportement de reproduction et de ponte des tortues marines : une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles et vice-versa, et pondre plusieurs fois dans la même année. Si l’on s’interroge sur l’impact réel d’un fort taux de femelles au sein d’une population de tortues, une proportion plus importante n’est donc pas forcément une catastrophe, au contraire.

D’autres éléments du comportement de ponte sont à prendre en compte : choix des sites de ponte, profondeur des nids, température locale du nid due à l’ombrage ou le relief local, etc …   Dans un contexte global où les températures augmentent, les choix locaux et individuels des femelles lors de la ponte peuvent donc grandement modifier la température réellement subie par les œufs.

Un autre phénomène observé chez les tortues marines a une grande importance et doit aussi être prise en compte : la philopatrie. Là-encore, les recherches sont en cours, mais il est communément admis que les tortues ont plutôt tendance à pondre ou à s’accoupler avec des femelles qui pondent sur la plage où ils sont nés. Si nous simplifions un peu, un site produisant un sex ratio trop déséquilibré et qui ne permettrait plus une reproduction suffisante verrait donc le nombre de pontes qu’il accueille diminuer du fait de la philopatrie, jusqu’à l’abandon du site de ponte. Au contraire, un site dont les conditions locales conduiraient à un sex ratio plus équilibré verrait le nombre de pontes accueillies se maintenir ou augmenter.

Enfin, la température à partir de laquelle un œuf produit une femelle n’est pas la même selon les espèces, et au sein d’une espèce selon les populations et les individus. Cette température « pivot » peut donc elle aussi évoluer, par sélection naturelle, et permettre aux populations de s’adapter aux hausses de températures.  En somme, plusieurs éléments peuvent venir atténuer voire contrecarrer les effets a priori négatifs du réchauffement climatique. Mais si ces éléments d’atténuation disparaissaient ?  Ou s’ils devenaient inefficaces du fait de changements trop importants ?

Il y a lieu de s’inquiéter, selon certaines études. Ainsi, si un sex ratio déséquilibré en faveur des femelles n’avait pas forcément d’effet négatif sur la population de tortues marines, cela n’est évidemment plus vrai s’il devient beaucoup trop déséquilibré et pendant longtemps. De même, l’ensemble des comportements décrits ci-dessus peuvent être totalement remis en cause si le nombre potentiel de sites de ponte diminue.

Or, à cause de la hausse du niveau des mers ou encore de l’urbanisation des littoraux, les sites de ponte potentiels ont tendance à diminuer en nombre ou en qualité. Et pour finir, l’évolution des températures pivots que l’on pourrait imaginer n’est pas un phénomène rapide, et pourrait donc ne pas permettre une adaptation suffisante au regard de la vitesse du changement climatique.

La situation est complexe : il est bien difficile de prévoir ce qui peut se passer dans les prochaines années. Dans l’article cité, les chercheurs ont proposé un modèle prédictif concluant que les tortues marines se maintiendraient malgré le changement climatique jusqu’en 2100. Rien n’empêche cependant, et dès maintenant, de prendre des mesures en faveur des tortues marines : préservation des sites de ponte, lutte contre les causes de mortalité en mer (filets de pêche, déchets plastiques en mer …). Une action nécessaire si l’on veut protéger ces magnifiques reptiles marins vieux de millions d’années.