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Brexit : l’économie britannique en zone de turbulences

Brexit l'économie britannique en zone de turbulencesPlongée dans l’incertitude, l’économie britannique montre de sérieux signes d’essoufflement à quatre mois et demi du Brexit. Les entreprises espèrent toujours une sortie de l’Union européenne avec accord pour limiter la casse.

Le roseau plie mais ne rompt pas, du moins pas encore. À quelques mois du Brexit, les derniers signaux envoyés par l’économie britannique ne sont pas vraiment rassurants. Il faut dire que le Royaume-Uni vit depuis le référendum de 2016 avec son lot d’incertitudes, les députés étant incapables de s’accorder sur les modalités de sortie. Or c’est bien connu : incertitudes et prospérité économique vont rarement de pair.

Certes l’annonce du Brexit n’a pas conduit au désastre annoncé. L’économie britannique s’est même montrée plutôt résistante au lendemain des résultats du référendum. Mais sa capacité de résilience n’est pas infinie alors que la dégradation entamée dès 2018 se poursuit à un rythme lent et progressif. Il faut surtout rappeler que le Brexit n’a pas encore lieu, celui-ci étant programmé au 31 octobre. Autrement dit, les effets les plus dévastateurs qui pourraient survenir, surtout en cas de no deal, ne se sont pas encore manifestés.

Une croissance qui ralentit
Les derniers indicateurs témoignent en tout cas d’un essoufflement. Après une baisse de 0,1% en mars, l’activité économique du Royaume s’est contractée de 0,4% en avril, a annoncé lundi l’Office des statistiques nationales (ONS). Une baisse plus sévère que celle anticipée par le consensus d’analystes établi par Bloomberg qui tablaient sur -0,1%. Si l’on ne peut pas parler de récession -laquelle correspond à deux trimestres consécutifs de baisse du PIB- difficile de dire que ce recul relève d’un simple accident.

Pas de quoi se montrer trop alarmiste pour autant. Grâce à une consommation toujours aussi solide, la Trésor britannique prévoit une croissance du PIB de 1,4% sur 2019, soit 0,1 point de plus que les prévisions de la Banque de France pour la croissance de l’Hexagone. « Nous sommes rétifs à conclure que l’économie a fondamentalement perdu de l’élan, compte tenu des perspectives encore solides pour le revenu des ménages », souligne auprès de l’AFP Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.

En effet, le Royaume-Uni, malgré le Brexit, est paradoxalement en situation de quasi plein emploi avec un chômage de 3,8%, au plus bas depuis les années 1970. En tension, le marché du travail encourage les hausses de salaires qui augmentent plus vite l’inflation et stimulent donc la consommation des ménages. Autre point rassurant : le pays, et notamment sa capitale, continue d’attirer les investissements étrangers à quatre mois et demi du Brexit.

Le problème, c’est que le Royaume-Uni affichait la croissance la plus forte des pays du G7 avant le référendum et qu’il se retrouve désormais plutôt dans la deuxième partie du classement des économies européennes. Le Figaro rappelle à ce titre que la Banque d’Angleterre estime à 1,5% la perte de PIB depuis 2016. Goldman Sachs parle même d’une perte de 2,5%.

Les entreprises fragilisées
Si elles ne viennent pas de la demande, les raisons de la perte de vitesse de l’économie britannique sont donc plutôt à chercher du côté l’offre. Rien d’étonnant puisque les entreprises sont les plus exposées aux incertitudes qui règnent outre-Manche. Il suffit de voir l’évolution de la production industrielle qui a accusé un repli de 2,7% en avril. Ou encore du puissant secteur des services qui, lui, a stagné.

La baisse de la production industrielle s’explique par la décision des entreprises de faire une pause dans la constitution de stocks en prévision du Brexit qui était initialement prévu fin mars. C’est d’ailleurs cette augmentation des stocks qui avait en partie soutenu la croissance en début d’année, mais ce coup de pouce n’a été que temporaire. « Le soutien des commandes passées en anticipation de la date initiale de sortie de l’UE s’est estompé », relève Rob Kent-Smith, responsable du PIB pour l’ONS.

Le secteur automobile dégringole
C’est surtout le secteur automobile qui a le plus souffert en raison de fermetures temporaires d’usines, là-encore pour faire face aux incertitudes du Brexit. Selon les chiffres de l’Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT), la production a dégringolé de 24% sur un mois en avril et de 44,5% sur un an pour tomber à 70.971 unités. Déjà en 2018, les investissements dans ce même secteur avaient chuté de 46%.

Cette dégringolade reflète la décision prise par de nombreux constructeurs implantés au Royaume-Uni d’avancer à avril leur pause annuelle dans la production, traditionnellement prise pendant l’été. Il s’agissait pour eux de se préparer à toute perturbation liée au Brexit. Si la date de sortie de l’UE a finalement été repoussée à fin octobre compte tenu du blocage politique au Royaume-Uni, la décision a été prise trop tard pour que les industriels changent leur plan.

Ces fermetures d’usines interviennent une fois par an et ne pourront pas se répéter le 31 octobre, prévient la SMMT, observant qu’elles s’ajoutent à toute une série de mesures coûteuses, comme la constitution de stocks et la préparation à de nouvelles procédures douanières.

« Un no deal doit être écarté »
« Les chiffres du jour sont une preuve du coût énorme et du bouleversement liés aux incertitudes du Brexit qui affectent les entreprises et les travailleurs de l’industrie automobile britannique », a prévenu Mike Hawes, directeur général de la SMMT. « C’est la raison pour laquelle un ‘no deal’ doit être écarté immédiatement et de manière permanente », selon lui. La SMMT prévoit un recul de 10,5% de la production pour l’ensemble de 2019 mais estime que la baisse devrait être moindre en fin d’année si jamais le Royaume-Uni parvient à valider l’accord de Brexit.

Et le Royaume-Uni n’est pas épargné par les turbulences du commerce international. En avril, ses importations ont baissé de 14,4% sur un mois, le plus fort recul jamais enregistré depuis la création de cette statistique en 1998. De leur côté, les exportations ont chuté de 10,9%. Du jamais vu depuis 2006.

Reste à connaître les conditions dans lesquelles les Britanniques quitteront l’Union européenne. Une sortie avec accord permettra sûrement de limiter la casse tandis qu’un « no deal » risque fort de faire plonger un peu plus l’économie du Royaume-Uni.

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L’Union européenne lance un outil de lutte contre la fraude à la TVA

Union européenneL’Union européenne lance ce mercredi un outil permettant aux aux autorités fiscales des États membres de coopérer plus facilement afin de traquer les fraudeurs.

C’est l’une des ressources principales des États-membres de l’Union européenne. En 2015, la TVA leur a rapporté plus de 1000 milliards d’euros au total, soit 7% du PIB de l’UE. En France, cette taxe a généré 154,6 milliards d’euros de recettes l’an passé. La Commission européenne estime néanmoins que l’État français fait une croix sur 12% de ses recettes de TVA en raison de la fraude, soit environ 21 milliards chaque année.

Pour lutter contre cette pratique, l’Union européenne lance ce mercredi l’outil d’analyse des réseaux de transactions (TNA) qui doit permettre aux autorités fiscales des États-membres d’accéder rapidement et facilement aux informations sur les opérations transfrontières afin d’agir vite lorsqu’une fraude potentielle à la TVA sera repérée.

Coopération des experts antifraude
Le TNA doit par ailleurs renforcer la coopération entre les membres du réseau d’experts antifraude de l’UE (Eurofisc) lorsqu’il « s’agit d’analyser conjointement les informations de sorte que la fraude à la TVA de type ‘carrousel’ puisse être détectée et stoppée aussi rapidement et efficacement que possible », souligne la Commission européenne.

Le « carrousel » est une technique consistant pour les fraudeurs en la création d’entreprises dans plusieurs pays pour obtenir le remboursement, par un État membre de l’Union, d’une taxe qui n’a jamais été acquittée en amont, ou réduire le montant de la TVA à payer.

« Nécessité d’une réforme profonde »
Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières, « la fraude criminelle à la TVA est l’un des principaux problèmes auxquels nos finances publiques sont confrontées aujourd’hui, et son éradication devrait être une priorité absolue pour les gouvernements de l’UE. Ce nouvel outil augmentera la vitesse à laquelle les autorités peuvent détecter les activités suspectes et prendre des mesures pour les contrer ».

Il reconnaît toutefois que « ces progrès n’enlèvent rien à la nécessité d’une réforme plus profonde et plus fondamentale du système de TVA de l’UE, afin que celui-ci soit adapté au volume important des échanges transfrontières dans l’UE ».

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Microsoft passe la barre des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière

MicrosoftCet exploit du géant de l’informatique est la récompense de plusieurs années d’une transformation en profondeur menée par son PDG, Satya Nadella.

Le duo s’est transformé en trio, Jeudi, Microsoft a brièvement dépassé la barre symbolique des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière. L’exploit s’est déroulé lors de l’ouverture du Nasdaq, où est cotée l’entreprise, et fait suite à la publication, quelques heures plus tôt, des bons résultats financiers du géant de l’informatique pour les trois premiers mois de l’année 2019.

Microsoft est la troisième société américaine à dépasser ce fameux cap, après Apple et Amazon. Le fabricant de l’iPhone et le géant de l’e-commerce avaient respectivement atteint ce niveau en août et en septembre 2018. Ils sont depuis repassés en dessous. À titre de comparaison, le PIB de la France en 2017 était de 2582 milliards de dollars. Jeudi après-midi, l’addition des capitalisations boursières d’Apple, Amazon et Microsoft s’élevait à 2910 milliards de dollars.

Pour Microsoft, cet événement est la récompense de plusieurs années d’une transformation en profondeur menée par son PDG, Satya Nadella. Le géant de l’informatique, d’abord connu pour son système d’exploitation Windows et ses différents logiciels, a largement investi dans le cloud, proposant aux entreprises d’utiliser des versions dématérialisées de ses services et même d’héberger et d’analyser leurs données à leur place.

Microsoft est désormais un concurrent direct d’Amazon et de sa division cloud, la très lucrative Amazon Web Services. Ces différents investissements ont permis à Microsoft de répondre aux besoins des entreprises et de construire un nouveau modèle économique fondé sur l’abonnement, particulièrement apprécié des investisseurs.

En 2018, le chiffre d’affaires annuel de Microsoft s’est établi à 110,4 milliards de dollars, en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente.

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Salon de l’agriculture : quatre choses à savoir sur la « Ferme France »

Salon de l'agriculture.jpgHier samedi, toutes les filières agricoles sont représentées à Paris, pour le Salon international de l’agriculture. L’occasion de présenter les chiffres clés de ce secteur vital à l’économie française.

La « Ferme France » est à l’honneur pour une semaine lors du Salon international de l’agriculture. Si de nombreux curieux vont arpenter les allées du salon, attirés par les animaux et la dégustation de nombreuses spécialités régionales, peu de gens savent que la France est le leader européen du secteur. Un petit mémo pour connaître les infos clés de ce secteur.

73 milliards d’euros
En 2018, l’agriculture française a conserver son statut de leader européen: avec une production, tous secteurs confondus, estimée à 73 milliards d’euros, elle devance nettement l’Allemagne (56 milliards) et l’Italie (51 milliards) sur le podium européen. Elle a surtout stabilisé sa part de marché sur l’échiquier communautaire, de 16,8% en 2017 à 16,9% en 2018, alors qu’elle reculait dangereusement depuis quelques années, avec notamment une année 2016 catastrophique, encore dans tous les esprits.

30 millions d’hectares
En termes de surfaces agricoles, la France est également au premier rang avec près de 30 millions d’hectares. Les exportations de produits agricoles et produits agroalimentaires ont représenté 6,6 milliards d’euros d’excédent commercial, contre 5,8 milliards en 2017, inversant la courbe par rapport aux années précédentes plombées par de mauvaises récoltes de céréales.

6,7% du PIB
La contribution de la branche agricole au Produit intérieur brut français devrait être en hausse en 2018 pour la deuxième année consécutive après la crise de 2016, à 6,7% du PIB. La valeur de la production agricole, hors subventions sur les produits, continue d’augmenter (+4,7% après +3,2% l’année précédente). Cependant, après quatre années de baisse, les charges des agriculteurs repartent à la hausse (+1,7%) en raison de la remontée des prix de l’énergie, en particulier des carburants, souligne l’Insee.

448.500
Le nombre d’agriculteurs reste en baisse continue, de 1,5% à 2% par an. Ils étaient ainsi 448.500 en 2018, contre 514.000 dix ans auparavant, selon les chiffres de la mutualité sociale agricole (MSA) qui invoque l’extension de la taille moyenne des exploitations et le développement de l’urbanisation et des forêts.

Et le phénomène semble loin de devoir s’arrêter, entre les incertitudes économiques, avec des exploitations fragiles, des revenus chétifs, une trésorerie maigrelette, et un sentiment de dénigrement systématique: certains observateurs évoquent une montée des retraites anticipées chez les seniors et une chute des vocations chez les jeunes. Un phénomène inquiétant, alors que plus de 50% des agriculteurs ont aujourd’hui plus de 50 ans, et vont prochainement prendre leur retraite.