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La suppression de la taxe d’habitation pour les ménages aisés encore reportée d’un an

taxe d'habitationPour 80% des Français, la suppression de la taxe d’habitation interviendra toujours en 2020. Mais pour les 20% de ménages les plus aisés, ce ne sera pas 2022, comme annoncé précédemment, mais en 2023.

Petit changement de programme, dans son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a rappelé que la taxe d’habitation sur les résidences principales serait supprimée pour l’ensemble des Français, mais avec un nouveau calendrier. Pour 80% des « Français les plus modestes (…) leur taxe sera intégralement supprimée en 2020. Pour les 20% restants, la suppression se déploiera sur trois années », a indiqué le Premier ministre.

La suppression intégrale de la taxe d’habitation pour les 20% de ménages les plus aisés interviendra en 2023. Le gouvernement, après avoir un temps promis de supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des Français « au plus tard d’ici 2021 », évoquait depuis plusieurs mois comme date butoir la fin du quinquennat, soit 2022. Mais les contraintes pesant sur les finances publiques, en raison notamment des mesures annoncées face au mouvement des gilets jaunes, ont obligé l’exécutif à revoir sa copie, pour éviter une envolée du déficit public.

Ce jeudi 13 juin, Bruno Le Maire, ministre des Finances, s’est voulu rassurant au micro de Franceinfo : « La taxe d’habitation sera intégralement supprimée en 2023, et ce sera inscrit dans la loi. Nous faisons les choses progressivement ». Et il s’est justifié : « Qu’est ce qu’on n’aurait pas dit si on s’était précipité pour faire ça vite, avec un impact sur les finances publiques qui aurait été un impact très fort ».

Une mesure qui sera inscrite dans la loi
« L’engagement figurera dans le projet de loi de finances », a par ailleurs insisté le ministre, disant y voir une garantie pour le maintien de cette mesure en cas de changement de majorité présidentielle en 2022. Pour abandonner la suppression totale de la taxe d’habitation, il faudrait « défaire une loi ». « Ce n’est jamais très simple, vous savez, de revenir sur une baisse d’impôts qui a été accordée aux Français », a-t-il assuré.

Concrètement, la taxe d’habitation est déjà en cours de suppression pour 80% des ménages : 30% de la note a été effacée (même si c’est en réalité plus compliqué que cela) en 2018, 65% en 2019 et 100% en 2020. Pour les 20% les plus aisés, elle sera supprimée de la même manière en trois fois de 2021 à 2023. Pour un ménage appartenant aux 20% les plus aisés payant par exemple 1.200 euros de taxe d’habitation actuellement, si on prend l’hypothèse d’une suppression par tiers (et pour simplifier que le montant de la taxe ne bouge pas sur la période), cela signifie que ce foyer ne paiera plus que 800 euros en 2021, 400 euros en 2022 puis 0 euro en 2023.

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Quels sont les dispositif anti-fraude lors du baccalauréat ?

bacMalgré de la prévention, de nombreuses interdictions et moyens de surveillance, en 2018, 528 cas de fraude ont été sanctionnés lors du baccalauréat.

Quels moyens l’Éducation nationale met-elle en place pour lutter contre la fraude lors de cette épreuve notable ?

Parmi les 743.594 inscrits au baccalauréat 2019, certains ont certainement fait l’impasse sur des sujets ou matières, et préparé leurs anti-sèches afin d’éviter la copie blanche le jour J. Sur 753.148 candidats en 2018, 528 cas de fraude ont été recensés et sanctionnés (572 en 2017). Qu’a prévu le gouvernement pour palier les triches cette année ?

Pour prévenir toute fraude, les élèves sont informés dès le début de l’épreuve de ce qu’ils sont autorisés à faire, ou non. « Une notice d’information affichée à la porte de chaque salle d’examen est lue par les surveillants au début de chaque épreuve », explique le rapport 2019 du baccalauréat du ministère de l’Éducation nationale.

Quel est le rôle des surveillants ?
Les surveillants sont chargés de surveiller qu’aucun candidat ne communique avec un autre pendant l’épreuve, n’utilise aucune information, document ou matériel non autorisé par le sujet, et que personne ne s’est substitué à la personne inscrite. Les téléphones, mais également tous les appareils non autorisés, doivent être rangés dans les sacs des candidats.

Si le surveillant est témoin d’une tricherie, « il n’empêche pas le candidat de poursuivre l’épreuve mais saisit les pièces ou matériels qui permettront d’établir ultérieurement la réalité des faits (document papiers…) », explique le site Service-public.

Un procès-verbal est rédigé et « transmis au recteur qui saisit la commission de discipline du bac », qui prendra une décision sur ce cas. En attendant le délibéré de cette commission, l’élève n’aura pas ses résultats et ne pourra pas s’inscrire dans un établissement public d’enseignement supérieur.

Des détecteurs de téléphones depuis 2013
« Depuis 2013, toutes les académies sont équipées de détecteurs de téléphones portables dont le nombre et l’emplacement sont confidentiels », explique le rapport du ministère. « Ce dispositif a pour but de lutter préventivement contre l’utilisation frauduleuse des nouvelles technologies ».

Il ne s’agit pas de brouilleurs d’ondes, mais de moyens de détecter des échanges via un téléphone, alors que son utilisation est formellement interdite, quelle que soit l’épreuve. « Les recteurs sont chargés de répartir les appareils de façon aléatoire dans l’académie et veillent à les faire circuler entre les centres d’examen tout au long des épreuves », explique le ministère de l’Éducation.

Quelles sanctions sont prononcées pour fraude ?

Les sanctions administratives
Au menu des sanctions les moins graves : le blâme (rappel à l’ordre écrit et solennel), la privation de toute mention portée sur le diplôme finalement délivré au candidat admis. Puis viennent: l’interdiction de passer tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat ou du diplôme d’un établissement public post-baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans. Le fraudeur avéré peut également être interdit de s’inscrire dans un établissement public de l’enseignement supérieur pour une durée maximum de cinq ans.

Les sanctions pénales
Des sanctions plus lourdes, avec amende et prison, sont aussi possibles en cas de triches plus graves, selon la loi du 23 décembre 1901 réprimant les fraudes dans les examens et concours publics.

Les fraudeurs sont passibles de trois ans de prison et 9000 euros d’amende s’ils communiquent « avant l’examen ou le concours, à quelqu’une des parties intéressées, le texte ou le sujet de l’épreuve, ou bien en faisant usage de pièces fausses, telles que diplômes, certificats, extraits de naissance ou autres, ou bien en substituant une tierce personne au véritable candidat ». Les complices de la tricherie encourent les même peines.

Quelles fraudes sont les plus commises ?
En 2018, 170 interdictions de deux ans assorties de sursis ont été prononcées, d’après les chiffres du ministère de l’Éducation Nationale diffusés ce jeudi, une baisse de 8% par rapport à 2017. 165 interdictions d’un an assorties de sursis (+ 32%). Le nombre de blâmes avait, lui, diminué de 14%, avec 160 blâmes.

Malgré le dispositif des détecteurs de portables, l’utilisation de nouvelles technologies (téléphones portables, lecteur mp3) pour frauder au baccalauréat reste la tricherie numéro une, avec 43,75% des cas en 2018 (40,38% en 2017). Les classiques anti-sèches se placent en deuxième position (31,82% en 2018, 29,54% en 2017).

Plus complexes, les falsifications de dossiers d’épreuves pratiques représentent 11,55% des fraudes (17,66% en 2017). La falsification de copies, « plagiat de documents tel que copie du manuel, copie du cours ou d’Internet », représente 4,17% (1,73% en 2017). Enfin les cas de communication entre candidats restent mineurs : 2,84% des cas en 2018, 4,55% en 2017.

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Un jeune Français sur 20 illettré, un sur dix en difficulté de lecture

Un jeune Français sur 20 illettré, un sur dix en difficulté de lectureSelon une étude réalisée par le ministère de l’Éducation, 11,5% des 713.000 jeunes à avoir participé à la Journée Défense et citoyenneté en 2018 « sont en difficulté de lecture ».

C’est l’un des objectifs de la Journée Défense et citoyenneté (JDC) que les jeunes Français suivent à l’adolescence : faire un état des lieux des capacités de lecture et d’écriture parmi les plus de 16 ans.

D’après une étude du ministère de l’Éducation publiée ce jeudi, plus d’un jeune Français sur dix (11,25%) est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d’illettrisme. L’étude s’appuie sur les tests conduits auprès des 713.000 participants à la JDC en 2018, âgés de 16 à 25 ans.

Ceux qui rencontrent les difficultés les plus sévères et qui représentent 5,2% de l’ensemble « peuvent être considérés en situation d’illettrisme » caractérisé notamment par « un déficit important de vocabulaire ». Les jeunes du niveau au-dessus (6,3% de l’ensemble) ont, quant à eux, « un niveau lexical oral correct, mais ne parviennent pas à comprendre les textes écrits ».

Plus de trois quarts de « lecteurs efficaces »
On trouve ensuite, selon les données de l’enquête, 10,9% de jeunes « aux acquis limités », qui « parviennent à compenser leurs difficultés pour accéder à un certain niveau de compréhension ». Pour ces profils, la lecture « reste une activité laborieuse mais qu’ils savent mettre en œuvre pour en retirer les fruits ».

Selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), à l’origine de la note, quelque 77,6% de jeunes sont enfin des « lecteurs efficaces ». Les jeunes en difficulté de lecture sont « de moins en moins nombreux à mesure que le niveau d’études s’élève », souligne l’étude. Ils représentent 45,8% chez ceux qui n’ont pas dépassé le niveau collège et 4,7% chez ceux qui déclarent suivre ou avoir suivi une filière générale ou technologique au lycée.

Par ailleurs le pourcentage de jeunes en difficulté est très différent selon le sexe : 13,2% des garçons contre 9,6% des filles, poursuit l’enquête, qui est menée tous les ans depuis 2009.

La fréquence des difficultés de lecture est enfin plus prononcée dans les départements du Nord et certains en Île-de-France (17,2% de jeunes en difficulté de lecture dans l’Aisne, 15,4% dans la Somme, 12,3% en Seine-Saint-Denis).

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Que pèse vraiment le « made in France » dans les achats des Français ?

Que pèse vraiment le made in France dans les achats des FrançaisSelon l’Insee, 81% de la consommation des ménages est « made in France ». Un taux qui masque d’importantes disparités entre les types de produits.

Le « made in France » est toujours en vogue. En 2015, la consommation de produits intégralement fabriqués dans l’Hexagone représentait 81% de la consommation totale des ménages, selon les derniers chiffres de l’Insee.

Soit plus de 1295 milliards d’euros sur un total de 1576 milliards. Dit autrement, seuls 19% des biens et services consommés par les Français étaient importés ou produits à partir de composants étrangers.

Mais ce taux masque de fortes différences entre les différents types de produits. Par exemple, la consommation de textiles, de produits de l’industrie de l’habillement ou du cuir et de la chaussure est importé à hauteur de 87%. À l’inverse, la consommation de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac est « made in France » à 60% (et donc importée à 40%).

Étant consommés en même temps qu’ils sont produits, les services « émanent souvent d’une chaîne d’activités située sur le territoire français » et sont donc mis en œuvre localement (restauration, santé, éducation, etc.), rappelle l’Insee. Résultat, leur consommation affiche logiquement le taux de « made in France » le plus élevé : 90,6%. Les 9,4% restants représentent les composants étrangers qui peuvent être importés pour satisfaire la production du service. Par exemple, un restaurateur qui servirait du steak argentin, du jambon de Parme ou des mangues andalouses.
infographie conso

Plus étonnant, les biens et services achetés par les ménages sont davantage « made in France » que ceux exportés par les entreprises françaises. La France est en effet un pays de transit important de biens qui seront directement réexportés (7%) chez nos voisins ainsi que de biens produits sur son sol mais avec des composants étrangers (27%).

Les retraités et les cadres consomment plus « made in France »
Certains ménages ont plus tendance à consommer du « made in France » que d’autres. C’est le cas des retraités mais également des cadres qui achètent généralement plus de produits « made in France » qu’un consommateur moyen. Il faut dire que les retraités ont des dépenses en logement plus élevées tandis que les cadres consomment davantage de services (culture, loisirs, hôtels, restaurants, etc …). Des postes de dépenses essentiellement « made in France ».

À l’inverse, les ouvriers et les agriculteurs consacrent une part plus importante de leur budget aux denrées alimentaires et aux boissons, et donc à des produits qui relèvent globalement moins du « made in France ». Même chose pour les familles nombreuses qui dépensent davantage dans l’habillement et dont la part du budget alloué au logement est plus faible.

Moins de 8% du contenu des produits consommés par les Français vient de Chine
Pour satisfaire intégralement la consommation des ménages, la France compte sur son principal partenaire commercial, à savoir l’Allemagne, qui fournit directement ou indirectement 13% des produits consommés dans l’Hexagone. Les États-Unis sont deuxièmes (8%) devant la Chine (7,7%) et le Royaume-Uni (6,7%), l’Espagne (6,5%), l’Italie (6,2%) et la Belgique (5,4%).

Les importations en provenance d’Allemagne sont particulièrement variées alors que celles d’autres pays sont davantage ciblées sur des produits spécifiques tels que les produits informatiques et le textile pour la Chine, les véhicules automobiles pour l’Espagne, les équipements électroniques et optiques pour la Suisse …

Et ailleurs ?
Avec une méthode de calcul quelque peu différente de celle l’Insee, l’OCDE fixe le taux de « made in » à 80% en France. Un niveau intermédiaire proche de celui du Royaume-Uni (79,8%), de l’Espagne (80,9%) voire de l’Italie (81,4%),

L’Irlande (56%), Malte (59%) et le Luxembourg (61%) ont les plus faibles taux de « made in ». À l’inverse, le Brésil (89%), les États-Unis (89%) et le Japon (87%) enregistrent la proportion la plus élevée de produits consommés fabriqués entièrement sur leur sol.

En moyenne, les pays dont la consommation intérieure est supérieure à 500 milliards de dollars ont un taux de « made in » plus fort que les autres (85,5% contre 75,5%). « Cela s’explique par un effet taille, c’est-à-dire la capacité du marché intérieur à satisfaire la demande finale intérieure », explique l’Insee.

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Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfant ?

Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfantAvec Internet, les adolescents ont accès à la pornographie de plus en plus jeunes.

Cette banalisation des relations sexuelles se ressent dans leur comportement : en Gironde, une directrice de collège a tiré la sonnette d’alarme face à l’attitude « hypersexualisée » des élèves. BFMTV.com a interrogé un psychologue et un médiateur scolaire afin de savoir comment aborder la question de la pornographie avec les enfants.

Les adolescents visionnent des images pornographiques de plus en plus jeunes. Mardi, la principale d’un collège de Mios, en Gironde, a tiré la sonnette d’alarme concernant « l’hypersexualité » des élèves de 6e et de 5e dans son établissement. Elle évoque le « visionnage de films à caractère pornographique, l’exhibitionnisme, la masturbation dans la cour de récrée » ou encore la « réalisation de vidéos à caractère pornographique » par une quinzaine de collégiens. La directrice constate, effarée, que dès 10 ans et demi, les enfants de son établissement ont accès à ce type de contenu via leurs ordinateurs et téléphones portables.

8% des ados regardent du porno plusieurs fois par jour
Le phénomène ne se limite pas à l’enceinte du collège de Mios. D’après une étude réalisée en 2018 par la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds actions addictions et la fondation Gabriel-Péri, 8% des jeunes garçons de 14-15 ans affirment regarder du porno plusieurs fois par jour, et 21% en consomment au moins une fois par semaine.

« On peut estimer que ces chiffres sont en partie dus à la facilité d’accès des mineurs aux produits censés leur être prohibés; 92% des mineurs jugent qu’il est facile d’accéder à la pornographie », note l’étude.

Pourtant, l’article 227-24 du Code pénal français dispose que la diffusion d’un message à caractère pornographique « par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support […] est punie de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». Reste que, sur les sites de streaming, la loi est largement contournée.

« Les contenus pornographiques sont à la portée des enfants, ils n’ont même pas besoin de savoir lire pour y accéder. Il leur suffit de cliquer sur un onglet pour atterrir sur un site qui propose des vidéos en streaming », rappelle à BFMTV.com Christophe Butstraen, médiateur scolaire et auteur de Parlez du porno à vos enfants avant qu’Internet ne le fasse.

Limiter l’accès à Internet
« Avant, on découvrait la sexualité par les témoignages de nos copains qui nous racontaient leur premier baiser, leurs premières caresses. Désormais, notre référent c’est Google, sauf que le navigateur ouvre tous les champs des possibles et nous renvoie très rapidement vers la pornographie. Et les ados prennent ce qu’ils voient comme les pratiques à appliquer », nous détaille le psychologue Samuel Comblez.

Pour rétablir les standards de la sexualité, Christophe Butstraen recommande aux parents d’installer des logiciels de contrôle parental sur le matériel informatique qu’ils mettent à la disposition de leur enfant. « Dès qu’il a accès à Internet, il faut le limiter. Puis, petit à petit, on lâche un peu de lest. Comme quand on demande à un enfant de nous tenir la main pour traverser, au début on est strict puis on apprend à lui laisser plus de liberté », illustre-t-il.

Le médiateur scolaire souligne toutefois que tous les efforts mis en place dans le cadre familial pour limiter l’accès à la pornographie « seront anéantis par les copains qui eux ne sont pas bridés dans leur usage d’Internet. C’est pourquoi les parents doivent avant tout mettre l’accent sur le dialogue ».

Instaurer le dialogue le plus tôt possible
« Plus tôt on parle de sexualité avec son enfant, plus sa candeur lui permet d’entendre le message », affirme Christophe Butstraen. « C’est à l’adulte de faire le premier pas et de dédramatiser la situation car de toute façon l’adolescent finira par être confronté à la pornographie », abonde Samuel Comblez.

« Il faut lui expliquer qu’en allumant sa tablette ou son ordinateur il risque de tomber sur des photos de gens nus qui peuvent avoir des comportements qui le dégoûtent ou l’émoustillent mais que ce n’est pas grave », expose-t-il.

Une fois le tabou dépassé, il est nécessaire que les parents expliquent à leur enfant que l’univers pornographique ne correspond pas à la réalité. Christophe Butstraen note d’ailleurs que le porno d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les films érotiques des années 1970.

« Les pratiques qui y sont présentées sont de plus en plus violentes. Dans les titres des vidéos on retrouve souvent la notion de ‘viol’, d’’inceste’ et autres fantasmes des plus bizarres. Ces vidéos diffusent des images que les enfants ne sont pas prêts à digérer et véhiculent des stéréotypes dont il est difficile de se défaire », déplore-t-il. Le médiateur scolaire constate que le porno développe des complexes chez les garçons concernant la taille de leur sexe, leurs performances. Les filles, elles, ont tendance à avoir une idée distordue du corps de la femme.

Remettre l’ado en phase avec la réalité
« Chez les adolescentes âgées de 13 à 15 ans, les esthéticiens constatent une explosion des demandes d’épilation intégrale. Un standard établi par les images pornographiques », assure Christophe Butstraen.

Pire encore, selon le médiateur scolaire, les films pour adultes annihilent l’importance du consentement dans les relations sexuelles. « Le porno fait croire aux garçons que quand une fille dit non elle veut en réalité dire oui. L’absence de consentement est très utilisée dans le porno : on nous montre une femme qui ne souhaite pas avoir de relation sexuelle mais qui finit par y prendre du plaisir. »

Il incombe donc aux parents d’expliquer à leur enfant que les films pornographiques sont à regarder comme un spectacle, « une fiction et non comme un manuel », assurent le psychologue ainsi que le médiateur scolaire.

« Les adolescents doivent comprendre que dans le porno, des acteurs sont payés pour jouer un rôle. C’est de la mise en scène. Les séquences qui durent 15 minutes sont parfois tournées en plusieurs heures, avec des reprises, des montages. On ne nous montre pas la réalité comme les pannes, l’envie ou le respect de la femme », ajoute Samuel Comblez.

Vérifier l’identité des visiteurs des sites porno
Pour lutter contre cette banalisation du sexe que les adolescents consultent et reproduisent de plus en plus tôt, le dialogue semble donc primordial. « La sexualité, tout le monde y pense mais personne n’en parle. Or, les parents ne doivent pas avoir peur d’aborder le sujet », conclut Samuel Comblez.

En attendant qu’ils osent briser le tabou, le Royaume-Uni va tester un système de vérification de l’âge. A partir du 15 juillet prochain, les majeurs devront scanner leur carte d’identité pour accéder aux sites pornographiques.

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Les Français plus nombreux que jamais à souffrir de troubles de l’érection

troubles de l'érectionEn France, 61% des hommes ont déjà été victimes de troubles de l’érection, d’après une nouvelle étude de l’Ifop publiée ce mercredi. Un sujet encore majoritairement « tabou » chez la gente masculine, souligne l’étude.

Une étude de l’Ifop pour la plateforme de santé Charles.co, publiée ce mercredi, révèle que les Français n’ont jamais été aussi nombreux à souffrir de problèmes d’érection. Pas moins de 6 hommes sur 10 ont déjà rencontré des troubles érectiles au moins une fois au cours de leur vie : un chiffre en hausse continue ces 15 dernières années.

En 2005, ils n’étaient « que » 44% à en avoir déjà rencontré, contre 61% aujourd’hui. Et pour bon nombre de ces hommes, il ne s’agit pas d’un souvenir lointain ou d’une vague expérience de jeunesse, dans la mesure où ils sont plus d’un sur trois (38%) à admettre avoir connu une forme de troubles du désir ou de l’érection au cours des 12 derniers mois.

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Dépendance aux écrans et baisse de libido
Parmi les variables lourdes qui influent sur ce type de troubles, on trouve l’âge, le stress ainsi que le lieu de résidence. Les hommes habitants en agglomération parisienne (46%) y étant nettement plus sujets que les ruraux (36%).

Pour la toute première fois, cette étude montre aussi que la dépendance aux écrans peut avoir un impact sur la libido masculine. Chez les moins de 35 ans, le nombre d’individus victimes de troubles du désir est nettement supérieure à la moyenne chez les hommes visionnant quotidiennement « des vidéos pornographiques, les réseaux sociaux, les applis d’information ou les films et séries tels qu’en offrent des services comme Netflix ».

« Étant happés par le contenu hautement addictif figurant sur leurs écrans, les jeunes auraient moins d’intérêt physique pour leur partenaire au point de relayer le sexe au second plan », explique François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’Ifop.

Un sujet encore tabou
Or, même en 2019, ces troubles génèrent des complexes chez les hommes, qui ont « une vision très phallocentrée du plaisir sexuel ». D’après l’étude, les hommes concernés ne sont pas toujours disposés à parler de ces troubles, que ce soit à leur partenaire ou à un professionnel de santé.

Près de deux tiers d’entre eux (63%) ont déjà eu des complexes sur leur capacité à avoir une érection, et 62% sur le fait de garder leur sexe en érection pendant tout un rapport. Par conséquent, le nombre d’hommes n’ayant jamais consulté de médecin à ce sujet s’élève à 72%, et seul un quart des hommes concernés en ont déjà parlé à quelqu’un.

Un homme sur trois (33%) reconnaît avoir déjà donné à son conjoint une fausse excuse pour masquer un problème sexuel, la fatigue physique étant de loin l’argument le plus avancé. Par ailleurs, les chiffres montrent que les hommes ayant des troubles de l’érection sont deux fois plus nombreux à être complexés par la taille de leur sexe.

« Une conception pénétrative du plaisir sexuel »
Cette étude révèle que « la gent masculine a encore « une conception très pénétrative du plaisir sexuel masculin ». 56% des hommes, et 64% des hommes de moins de 30 ans, estiment qu' »un rapport sexuel doit impliquer une pénétration pour être pleinement satisfaisant ».

Pour retrouver du désir, la grande part des hommes concernés fait marcher la fabrique à fantasmes. 43% ont recours au porno, et 42% repensent à de précédents rapports sexuels. Mais dans l’ensemble, les Français restent réticents à recourir à des médicaments permettant d’améliorer les problèmes d’érection, même si 56% d’entre eux pourraient l’envisager.

Les jeunes hommes âgés de moins de 30 ans se distinguent de leurs aînés du fait qu’ils recourent davantage aux produits psycho-actifs tels que le Viagra, la forte quantité d’alcool, ou encore la drogue et les produits aphrodisiaques.

Étude IFOP pour Charles.co réalisée en ligne du 19 au 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1957 personnes, de la population masculine française âgée de 18 ans et plus, résident en France métropolitaine.

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Les Suisses approuvent un durcissement de leur législation sur les armes

législation sur les armesMalgré leur attachement traditionnel aux armes, les électeurs du pays ont voté à 63,7% en faveur de nouvelles mesures réglementant leur obtention et leur utilisation. De quoi se mettre en conformité avec des mesures antiterroristes de l’Union européenne.

Les Suisses ont approuvé dimanche par référendum une loi durcissant les conditions d’acquisition de certaines armes, destinée à mettre la confédération en conformité avec des mesures antiterroristes de l’Union européenne.

Près de deux tiers des électeurs de la Confédération (63,7%) ont approuvé la réforme (contre 36,3% en faveur du non), pour une participation de 43,34%, selon les chiffres définitifs donnés par l’agence de presse suisse Keystone-ATS. Sur les 26 cantons suisses, un seul, le canton italophone du Tessin (sud-est), a rejeté le texte à 54,5%.

Les lobbys et les populistes déçus
Avant le vote, le gouvernement suisse avait averti les électeurs qu’un rejet de cette nouvelle législation pourrait aboutir à une exclusion de la Confédération des accords européens de Schengen et de Dublin auxquels elle est associée tout en n’étant pas membre de l’UE.

Une telle exclusion aurait eu des conséquences dans les domaines de la sécurité et de l’asile, mais aussi en matière de tourisme, et coûterait « plusieurs milliards de francs suisses par an », avaient averti les autorités fédérales.

« Dommage que la population ait suivi l’argument de la peur avec Schengen. C’est un peu malheureux, mais nous acceptons le résultat », a réagi Olivia de Weck, vice-présidente de ProTell, le lobby pro-armes mobilisé contre la nouvelle législation.

« Aujourd’hui, je suis triste car nos libertés ont reculé », a affirmé le conseiller national (député) Jean-Luc Addor de l’UDC, parti de droite populiste qui recueille le plus de suffrages dans le pays et qui était le seul à soutenir les opposants à la nouvelle loi.

Estimant que le texte ne permet pas de lutter contre la menace terroriste, M. Addor, également président de ProTell, a jugé qu’il avait pour seul effet de « faire reculer les libertés et avancer l’État policier ».

Les défenseurs de la loi soulagés
Les partisans de la loi ont exprimé leur « soulagement » au vu des premiers résultats. « C’est un bon signal pour la sécurité de la Suisse », a salué Pascal Lüthi, commandant de la police de Neuchâtel, qui s’est félicité de pouvoir poursuivre les échanges d’informations avec les pays voisins au sein du système Schengen.

« Un refus aurait changé fondamentalement la donne », a-t-il jugé, estimant que « l’attachement traditionnel des Suisses aux armes ne sera pas touché ».  Pour Olivier Français, élu du Parti Libéral-radical au Conseil des Etats (chambre haute du Parlement suisse) et membre du comité inter-partis en faveur de la réforme de la loi sur les armes, c’est une victoire de « l’argument sécuritaire, avec un meilleur suivi du propriétaire de l’arme et des munitions ».

Trois armes pour 10 habitants
Les armes sont très répandues en Suisse, même si, en l’absence de registre fédéral, il est difficile de connaître leur nombre exact. Selon le centre de recherches genevois Small Arms Survey, en 2017, plus de 2,3 millions d’armes étaient aux mains de civils en Suisse. Ce nombre équivaut à près de trois pour 10 habitants, ce qui classe la Suisse au 16e rang mondial du nombre d’armes par habitant.

La nouvelle législation ne prévoit pas de registre central, mais impose le marquage de tous les éléments essentiels d’une arme. Elle classe les armes semi-automatiques munies d’un chargeur de grande capacité dans la catégorie des armes dites « interdites », mais collectionneurs et tireurs sportifs pourront encore les acquérir en demandant une « autorisation exceptionnelle ». Les tireurs devront démontrer après cinq ans puis dix ans qu’ils continuent à pratiquer régulièrement.

En Suisse, pays où les fusillades sont très rares, l’attachement pour les armes est ancré dans la tradition d’une armée de miliciens gardant leur fusil chez eux. Avec la nouvelle loi, le fusil de l’armée ne sera pas classé dans la catégorie des calibres dits « interdits » si son propriétaire le garde à la fin de son service militaire. Il le sera en revanche désormais s’il est transmis à un héritier ou vendu.