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Cannabis, cocaïne, alcool

consommationL’Observatoire français des drogues et des toxicomanies s’inquiète particulièrement de la consommation des trentenaires et des quadragénaires.

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (ODFT) vient de publier son rapport annuel sur les drogues et addictions en France. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas les plus jeunes qui sont mis en avant, mais plutôt les personnes âgées de 26 à 54 ans.

Cette tranche d’âge a vu sa consommation de cannabis augmenter lors de la dernière décennie. Un constat qui s’explique par le « vieillissement des générations fortement expérimentatrices des années 1990 et 2000 » et le développement de l’auto-culture, selon l’OFDT.

infographie canabis

La cocaïne s’enracine chez les 26-34 ans
L’OFDT pointe également du doigt la consommation de cocaïne qui recule chez les plus jeunes mais « s’enracine chez les adultes », notamment ceux âgés de 26 à 34 ans.

Le marché se développe plus que jamais et le nombre de saisies en 2017 a atteint des records.

infographie cocaine

Les jeunes de moins en moins attirés par les drogues
Si l’adolescence reste la « principale période d’initiation aux produits psychoactifs », la consommation de drogue y recule nettement. Le constat vaut pour la France mais aussi pour le reste de l’Europe et les États-Unis.

En 15 ans, la part des adolescents de 17 ans qui n’ont jamais bu de leur vie a presque triplé, passant de 4 à 14%.

infographie consommation

Pour l’OFDT, « l’ensemble de ces évolutions montre que les politiques menées pour prévenir les conduites addictives et lutter contre les drogues produisent des effets ».

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L’AFMPS n’autorise plus l’utilisation du Motilium chez les enfants

motiliumL’AFMPS n’autorise plus l’utilisation du Motilium chez les enfants, pas assez efficace

L’utilisation de dompéridone, qui compose notamment le médicament Motilium et qui soulage les symptômes de type nausées et vomissements, n’est plus approuvée au niveau européen chez les nouveau-nés, les nourrissons, les enfants (moins de 12 ans) et les adolescents pesant moins de 35 kilos, avertit l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) sur son site. Une nouvelle étude clinique a démontré un manque d’efficacité du médicament, explique-t-elle.

La dompéridone, un antagoniste de la dopamine, a fait l’objet, en 2013 et 2014, d’une procédure européenne d’arbitrage au sujet du risque cardiaque associé à son utilisation, rappelle l’AFMPS.

Il en est notamment ressorti la réduction de la dose recommandée pour les nouveau-nés, nourrissons, enfants et adolescents pesant moins de 35 kilos pour limiter le risque cardiaque : 0,25 mg/kg maximum trois fois par jour, contre de 0,25 à 0,5 mg/kg trois à quatre fois par jour auparavant.

Une étude clinique chez les enfants a également été demandée pour évaluer l’efficacité du médicament. Cette étude a été arrêtée prématurément, indique l’AFMPS: les résultats n’ont pas démontré un « bénéfice significatif par rapport à un traitement par placebo ».

Motilium, médicament de référence et titulaire de l’autorisation de mise sur le marché, a dès lors proposé de supprimer l’indication de dompéridone chez ce public juvénile. Ce qu’a accepté l’AFMPS et les autres États membres européens concernés. En conséquence, à partir du 15 septembre prochain, le « Motilium 1 mg/ml suspension buvable ‘pédiatrie’ avec pipette doseuse, la seule spécialité qui ciblait la population pédiatrique de moins de 12 ans, est retirée du marché », précise l’Agence.

Pour les adultes et les adolescents (à partir de 12 ans pesant 35 kilos ou plus), la dose est de 10 mg jusqu’à trois fois par jour, avec 30 mg comme dose quotidienne maximale.

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Pourquoi les pompiers sont-ils contraints de se raser la barbe ?

pompierA partir de juin, les pompiers des Pyrénées-Atlantiques n’auront plus le droit de porter la barbe. Une précaution, prise pour des raisons de sécurité, qui est déjà appliquée dans plusieurs départements français.

La barbe est à la mode depuis plusieurs années mais pas la bienvenue chez les pompiers. D’ici quelques semaines, les soldats du feu des Pyrénées-Atlantique seront priés de se raser, a appris BFMTV.com confirmant une information de France Bleu Béarn. Une mesure déjà appliquée par les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) de l’Oise, dès octobre 2017 de Seine-et-Marne, en mai 2018 et du Rhône. Le Vaucluse prendra le pas à l’été prochain. Loin d’en faire une polémique, cette règle répond à une exigence de sécurité.

Une mesure qui se généralise
La mesure n’est pas nouvelle mais son application s’accélère avant d’être généralisée face au retour du port de la barbe ces dernières années. En cause, le fait que la barbe, notamment fournie, empêche une adhérence parfaite à la peau du masque respiratoire isolant que portent les pompiers lors des interventions.

Or les fabricants le précisent dans leurs recommandations: pour une étanchéité parfaite, et donc pour éviter que des fumées passent sous le masque et soient inhalées, il ne faut aucun obstacle entre le visage et les contours du masque. Outre la barbe, les lunettes sont également bannies.

« Chez les pompiers, ce sont d’abord les fumées qui tuent avant les flammes », rappelle le lieutenant-colonel de la sécurité civile Michaël Bernier.

Arrêté ministériel
Dans le cadre d’une réflexion plus globale sur la mortalité des sapeurs-pompiers menée depuis plusieurs années, la profession s’était interrogée sur les risques liés aux inhalations de fumées. Une étude menée entre 2009 et 2011 n’avait pas pu établir scientifiquement une surmortalité des pompiers.

Mais face aux conclusions livrées par des enquêtes menées dans d’autres pays, l’IGAS, l’Inspection générale des affaires sociales, s’est vue confiée par Beauvau et le ministère de la Santé en 2015 une étude épidémiologique sur les risques liés à la profession et leurs impacts sur la santé des sapeurs-pompiers. Les résultats seront bientôt connus.

Un arrêté du ministère de l’Intérieur datant du 8 avril 2015 sur les tenues, uniformes, équipements, insignes et attributs des sapeurs-pompiers a mis noir sur blanc cette consigne de non-port de la barbe. Tout comme les pompiers doivent avoir une longueur de cheveux « compatible avec le port d’une coiffe », pour des raisons d’hygiène et de sécurité « le rasage est impératif pour la prise de service, dans le cas particulier du port de la barbe ou de la moustache, celles-ci doivent être bien taillées et permettre une efficacité optimale du port des masques de protection ».

Responsabilité des directeurs départementaux
Cette règle est rappelée en novembre 2017 dans une note de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Le document s’adresse notamment aux directeurs des SDIS, qui ont pour responsabilité de faire respecter la consigne. Dans le Rhône, des hommes qui ne s’étaient pas rasés ont été renvoyés chez eux, précise à BFMTV.com un pompier. « Il y a beaucoup d’explication, de pédagogie, abonde Michaël Bernier. 95% des pompiers comprennent la mesure. »

« Certains trouvent que c’est intrusif, reconnait Michel Blanckaert, le directeur du SDIS 64. Personnellement je ne suis pas contre le port de la barbe, mais si la consigne répond à une question de sécurité, je suis contre. »

Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’application de cette mesure a été réfléchie pour qu’elle s’intègre à un plus large ensemble de précautions, intégré au budget voté récemment. Elles ont été validées à l’unanimité par le CHSCT, le comité hygiène sécurité. Les pompiers du département vont être dotés de tenue de rechange pour se changer sur le terrain.

Outre le rasage de la barbe, l’accent est en effet mis sur la décontamination des tenues, des matériels et des véhicules au retour des opérations pour prévenir l’inhalation des fumées froides. Une autre problématique doit être abordée prochainement: les mesures de protection sur les feux de forêt, là où il est impossible pour les pompiers de porter un masque de protection étanche.

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Près d’un Français sur quatre somnole la journée

sommelenceManque d’activité, écrans le soir, caféine, les causes des troubles du sommeil sont nombreuses, selon une étude de l’Institut national du sommeil et de la vigilance parue mardi.

Paupières lourdes, tête qui penche dangereusement vers le clavier, absence de quelques secondes.  Comme près d’un quart des Français, vous souffrez peut-être de somnolence la journée.

Selon un sondage OpinionWay de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INVS) publié ce mercredi, les risques de somnolences concernent 24% des Français, principalement des jeunes de 18 à 34 ans et des personnes sédentaires. Des risques auxquels l’INVS souhaite sensibiliser la population avec l’organisation de la 19e journée du sommeil le 22 mars prochain.

Sans surprise, les personnes somnolentes, voire très somnolentes, sont moins nombreuses à se déclarer satisfaites de leur sommeil, alors que quatre Français sur dix déclarent souffrir d’un trouble du sommeil. Par ailleurs, durant leur sommeil, trois quarts des Français affirment se réveiller une à deux fois la nuit et en moyenne 24 minutes.

Un mauvais sommeil peut pourtant avoir des conséquences graves sur la santé, avec le risque de développer « des maladies cardiovasculaires, des maladies métaboliques comme l’obésité, le cancer, des maladies inflammatoires, et puis des troubles psychiatriques d’anxiété et de dépression », rappelle Joëlle Adrien, présidente de l’INSV.

Écrans, caféine et activité physique
Pour éviter de piquer du nez en pleine réunion  et retrouver un sommeil de meilleure qualité, il existe néanmoins quelques bons comportements à adopter, souligne l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance. Notamment éviter les écrans le soir, une heure avant de se coucher.

« Vous avez de la lumière très proche des yeux », constate Sylvie Royant-Parola, psychiatre et spécialiste du sommeil, qui avertit sur le rôle de la lumière bleue, « lumière la plus active sur la rétine et qui va piéger en quelque sorte notre rétine pour lui faire croire qu’il fait encore jour ».

« La lumière artificielle utilisée au mauvais moment, le soir et la nuit, est un puissant perturbateur endocrinien », explique de son côté le neurobiologiste Claude Gronfier dans l’étude de l’INSV. « Cela explique peut-être qu’en un siècle, nous ayons perdu 1 à 2 heures de sommeil ».

Autre facteur à prendre en compte : se lever à une heure régulière, même le week-end, ne pas boire de boissons à base de caféine en fin de journée ou encore espacer le dîner et l’endormissement. Un délai de moins d’une heure entre le repas du soir et le coucher accentue la somnolence le lendemain, constate l’enquête.

30 minutes de sieste
Il faut également veiller à avoir une activité physique suffisante, au moins 30 minutes par jour. Ainsi, ceux qui n’ont aucune activité physique et qui ne sortent pas apparaissent parmi les moins satisfaits de leur sommeil, selon le sondage. A l’inverse, ceux qui pratiquent de façon intense le sport sont parmi les plus satisfaits et affichent une meilleure vigilance durant la journée.

Si l’envie de dormir se fait trop pressante, la sieste reste une excellente solution. Attention, elle ne doit cependant pas excéder plus de 30 minutes, au risque d’avoir un réveil difficile et de décaler son heure d’endormissement. Et de se retrouver encore plus fatigué le lendemain.

Enquête OpinionWay menée auprès de 1014 personnes âgées de 18 à 75 ans, du 3 au 12 décembre 2018. Au sein de cet échantillon national représentatif de la population française, 29% étaient âgés de 18 à 34 ans, 39% avaient 34-54 ans et 33% avaient 55-75 ans. Parmi eux, on trouve 30% de CSP+, 33% de CSP, 28% d’inactifs ou retraités, 7% d’étudiants.

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Alerte sur l’acrylamide, substance cancérogène présente dans les frites, les chips ou le café

Alerte sur l'acrylamide, substance cancérogène présente dans les frites, les chips ou le caféDix associations de consommateurs alertent sur la teneur en acrylamide trop élevée dans de nombreux aliments.

Face à cette substance potentiellement cancérogène pour l’homme, le Bureau européen des unions de consommateurs en appelle à une modification de la réglementation.

Des chips, des biscuits, des céréales …  Le bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) a analysé plus de 500 aliments contenant de l’acrylamide. Découvert dans les aliments en 2002, ce composé chimique se forme dans les denrées riches en amidon cuites, frites ou rôties à plus de 120 degrés.

C’est le cas par exemple des frites, des pommes de terre sautées, des pains grillés mais aussi du café et d’un certain nombre de produits transformés. Problème : cette substance est potentiellement cancérogène et génotoxique pour l’homme.

1/3 des biscuits dépasse les valeurs recommandées
Le constat de ces dix associations de consommateurs, dévoilé  mercredi, est peu rassurant. Le Beuc alerte particulièrement sur la teneur en acrylamide des biscuits car un tiers des produits analysés dépassent le seuil recommandé, affirme l’étude. Pis encore, ces friandises « sont souvent consommées par des enfants de moins de 3 ans alors qu’elles contiennent déjà plus d’acrylamide autorisé dans les produits pour bébés ».

Et d’ajouter : « Lorsqu’on leur applique les seuils plus stricts réservés aux produits pour bébés, ce sont près de deux biscuits ‘ordinaires’ sur trois qui ne conviennent pas aux jeunes enfants ».

En avril 2018, l’Union européenne a édicté un texte pour encadrer les teneurs en acrylamide dans les produits industriels, les fast-food et les restaurants. Mais cette initiative ne satisfait pas le Beuc qui sollicite une diminution des teneurs indicatives actuelles. Il réclame également que ces seuils soient contraignants pour les fabricants.

« Tant que certains fabricants ne prendront pas cette question au sérieux, les clients pourront toujours être exposés à des niveaux élevés de ce composé »  qui n’est pas indiqué sur les emballages, martèle Monique Goyens, la directrice générale du bureau européen des consommateurs.

Des conseils pour éviter les risques
Elle propose que la Commission diminue le seuil autorisé d’acrylamide dans les gâteaux classiques afin de se rapprocher du niveau des biscuits pour enfants, puisque « beaucoup de parents donnent à leurs bébés des biscuits pour adultes. (…) De cette manière on protégera davantage les plus petits qui sont les plus vulnérables à cette substance”, détaille Monique Goyens.

Et comme le composé ne concerne pas que les produits industriels mais peut aussi se former lorsque l’on fait trop cuire certains aliments, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) propose « quelques gestes simples » pour s’en protéger.

Elle recommande notamment de « surveiller l’huile de friture ou de cuisson pour ne pas la laisser surchauffer, de ne pas faire dorer à l’excès les produits et de ne pas consommer les zones les plus brunies lors de la cuisson, qui sont les plus riches en acrylamide ».

De quoi réduire l’exposition aux risques sanitaires le temps que le cri d’alerte du Beuc soit entendu par les autorités.

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Graines de pavot : « Quand vous mangez un sandwich, vous vous administrez 4 mg de morphine »

pain graine de pavotLes autorités sanitaires ont alerté sur la consommation des graines de pavot qui peuvent contenir de la morphine ou de la codéine. Jean-Claude Alvarez, chef de service du laboratoire pharmocologie-toxicologie, recommande de cesser de manger du pain au pavot.

Consommer des graines de pavot serait dangereux pour la santé, selon un rapport de la Direction Générale de la Santé et la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF) paru vendredi. Les autorités sanitaires alertent sur la présence en « quantités significatives » de morphine et de codéine.

Des effets de somnolence avec un simple sandwich. La consommation d’un simple sandwich aux graines de pavot peut suffire à déclencher les effets de ces opiacés. « Quand vous mangez un sandwich, vous vous administrez 4 milligrammes de morphine », explique Jean-Claude Alvarez, le chef de service du laboratoire pharmocologie-toxicologie du centre hospitalier Raymond Poincaré de Garches, au micro d’Europe 1.

« C’est une dose importante. Il peut donc y avoir des effets antalgiques. Vous n’avez plus mal mais il peut y avoir de la somnolence. Si vous êtes sur la route et que vous mangez un sandwich, ça peut être grave. J’ai fait le test avec cinq de mes collaborateurs qui ont mangé une baguette entière et deux ont fait un mini-malaise. »

Limiter la consommation de pain aux graines de pavot. Il y a aussi des risques de fatigue, de rougeur au visage mais surtout d’accoutumance à ces substances si l’on a l’habitude de consommer régulièrement du pain au pavot, par exemple. La DGCCRF recommande donc d’en limiter la consommation, surtout chez les populations à risque, comme les femmes enceintes ou les personnes ayant des problèmes respiratoires.

Une contamination lors de la cueillette. Pourtant, les graines de pavot sont inoffensives en elles-mêmes puisqu’elles ne contiennent pas, en théorie, de morphine ou de codéine. Le problème vient de la façon dont elles sont récoltées. « Quand vous faites la cueillette des graines de pavot, vous souillez les graines par du latex [la « sève » de la plante], le latex est de l’opium », explique Jean-Claude Alvarez.

« Donc vous pouvez retrouver des alcaloïdes et notamment de la morphine et de la codéine [dans les graines]. Donc la recommandation que je donne c’est d’arrêter les graines de pavot. Il faut savoir où on va, quels sont les fournisseurs contaminés. Et revenir dans quelques temps sur les graines de pavot qui, théoriquement, ne doivent pas contenir de l’opium. »

En cas de symptômes (somnolence, confusion, fatigue, rougeur du visage, démangeaisons, bouche sèche, nausées, vomissements, constipation, rétention d’urine) après avoir consommé ces produits, contactez un centre antipoison en précisant ce que vous avez mangé. Plus d’informations sur www.centres-antipoison.net.

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Comment éviter les piqûres de tiques

tiquesLe printemps approche, et avec les beaux jours, les tiques vont sortir de leur léthargie hivernale et chercher à se nourrir. Elles se sont même déjà remises à l’affût dans certaines régions, comme en Alsace, profitant des températures exceptionnellement douces pour la saison.

En France, les tiques les plus répandues sont les tiques dures appartenant au genre Ixodes. Avant d’atteindre l’âge adulte, ces petits acariens passent par plusieurs stades de développement : larves, nymphes et adultes. À chacune de ces trois étapes de leur vie, elles font un unique repas de sang. Problème : au cours de ces repas, elles risquent de transmettre divers agents infectieux. Parmi ceux-ci, la bactérie Borrelia burgdorferi sensu lato, responsable de la maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme). Cette affection, qui peut s’avérer invalidante si elle n’est pas correctement diagnostiquée et traitée, est en passe de devenir un important problème de santé publique.

Depuis quelques années, nos contacts avec les tiques sont en effet de plus en plus fréquents, en raison de divers changements d’origine socio-économiques ou climatiques (nouveaux types de loisirs, modifications paysagères, climat différent …). De ce fait, les tiques constituent une source croissante de problèmes en santé humaine, et s’en protéger efficacement devient indispensable. Pour y parvenir, certaines solutions sont fonctionnent mieux que d’autres.

Pour ne pas se faire piquer
Après avoir passé l’hiver en diapause, une sorte d’hibernation, cachée dans l’humus ou la litière de feuilles mortes des forêts tempérées, les tiques vont se remettre en mouvement dès le mois de mars (voire plus tôt si les températures sont élevées), escaladant la végétation pour chasser à l’affût. Ixodes peut piquer plus de 300 animaux différents, des lézards aux oiseaux, en passant par les rongeurs et les cervidés, entre autres. L’être humain, quant à lui, n’est qu’un hôte accidentel.

Le meilleur moyen d’éviter d’être piqué est bien entendu de ne pas se rendre dans les endroits infestés lorsque les tiques sont les plus actives, c’est-à-dire de mars à juin, puis de septembre à novembre en climat continental (les tiques sont sensibles à la dessiccation et au froid, ce qui explique ces deux ralentissements d’activité, en climat océanique, elles ne marquent aucune pause). On a coutume de penser spontanément aux sous-bois ou à la campagne, mais les tiques sévissent aussi en ville, notamment depuis que les espaces végétalisés y sont de plus en plus fréquents.

S’il n’est pas possible d’éviter les lieux où vivent les tiques, les mesures de prévention élémentaires consistent à porter de vêtements couvrants, de couleurs claires pour bien les repérer. Une protection efficace, mais malheureusement rarement pratiquée, consiste à enfiler les bas de pantalon dans les chaussettes, ce qui évite que les tiques ne puissent remonter à l’intérieur des vêtements. Pour les enfants, dont la tête est à hauteur de broussailles, le port d’une casquette permet d’éviter les piqûres du cuir chevelu. Rappelons que les tiques ne tombent pas des arbres.

Les répulsifs les plus efficaces
Pour ne pas se faire piquer, il est aussi possible d’utiliser des répulsifs cutanés. Ces produits, surtout employés en zone tropicale pour lutter contre les moustiques, font l’objet d’une actualisation des connaissances concernant leur efficacité contre les piqûres de tiques.

Comme leur nom l’indique, les répulsifs ne tuent pas les tiques, mais les repoussent, et les empêchent ainsi de piquer l’être humain (ou les animaux). Ceux qui sont actuellement commercialisés sont des molécules à application externe, cutanée ou vestimentaire. Actuellement, quatre molécules ont été officiellement identifiées comme efficaces contre les piqûres de tiques:
– le PMD (P-menthane-3, 8-diol) : ce composé naturel est extrait de l’eucalyptus Corymbia citriodora.
– le DEET (Diethyl toluamide) : c’est le répulsif de référence, le plus largement utilisé depuis plusieurs décennies. Il présente l’inconvénient d’altérer certains tissus synthétiques (rayonne, spandex, vinyl …) et matières plastiques (branches de lunettes, bracelets-montres …). On lui connaît peu d’effets secondaires, qui sont d’ordre cutané. Commercialisé depuis 1957 aux États-Unis, ses effets toxiques sont bien documentés (ils se manifestent suite à une exposition excessive sur de grandes surfaces corporelles ou une ingestion). Il est conseillé de l’utiliser sur des surfaces du corps restreintes, en quantité modérée.
– IR35/35 (N-butyl, N-acétyl-3 éthylaminopropionate) : synthétisé en Allemagne en 1969, ce produit a été commercialisé à partir de 1973. Incolore et pratiquement inodore, il altère aussi les matières plastiques.
– KBR 3023 ou picaridine (1-piperidine carboxylic acid) : l’efficacité de ce répulsif, introduit dans les années 1990, est similaire à celle du DEET, tout comme ses effets indésirables. Il a l’avantage d’être inodore, moins huileux, et de ne pas détériorer les objets en plastique.

Ces deux dernières molécules, plus récentes, ont fait l’objet de recherches approfondies de la part de l’Organisation mondiale de la Santé. Elles sont déjà largement recommandées et utilisées dans la lutte contre les vecteurs de maladies tels que les moustiques. Cependant, les données scientifiques manquent concernant les risques de ces molécules pour une utilisation répétée chez les personnes régulièrement exposées aux tiques, comme les forestiers.

Des alternatives à l’étude
D’autres produits d’origine naturelle sont en cours d’évaluation, comme le 2-undecanone (BioUD) issu de la tomate, l’acide décanoique (Contrazek) aussi appelé acide caprique
– un dérivé huileux issu des noix de coco ou de palme, le géraniol, l’extrait de Margosa ou margousier (Neem) et l’extrait de lavande.

Les autres huiles essentielles sont en général peu ou pas recommandées, car très volatiles. En conséquence, leur effet répulsif est limité, il dure de vingt minutes à 1 heure seulement. En outre, certains composés de ces huiles sont des irritants de la peau (citral, farnesol, trans-2-hexenal …), voire sont carcinogènes (eugenol). Il ne faut jamais oublier que ce n’est pas parce qu’un produit est d’origine naturelle qu’il est inoffensif.

Si l’on souhaite éviter d’appliquer des répulsifs directement sur sa peau, il est possible d’imprégner ses vêtements avec des produits spécialement destinés à cet usage, telle que la perméthrine. Cette molécule de synthèse appartient à la famille des pyréthrinoïdes, des composés présents dans les fleurs de chrysanthème. Elle peut être appliquée en pulvérisation sur la face externe de vêtements que l’on laissera sécher avant de les porter.

Ce produit doit néanmoins être utilisé avec précaution, car il est très toxique pour les organismes aquatiques et les animaux à sang froid, ainsi que pour les chats. Par ailleurs, les conséquences de son contact répété avec la peau de l’être humain n’ont pas été clairement étudiées. Il faut souligner ici que les bracelets anti-tiques ne sont pas efficaces.

Entretenir la végétation et gérer la faune sauvage
Des mesures collectives peuvent aussi être pratiquées pour assainir notre environnement. Le traitement des zones d’habitation à risque est possible, en éliminant notamment les feuilles mortes dans lesquelles peuvent se réfugier les tiques et en tondant les pelouses.

La mise en place de barrières efficaces autour des habitations, afin de garder à distance les cervidés, principaux porteurs de tiques adultes, permet aussi de limiter les risques de piqûre dans les zones rurales, tout comme le contrôle des populations de gibier. Les animaux domestiques doivent aussi être surveillés, car ils peuvent présenter un risque, s’ils ramènent des tiques non fixées sur leur pelage.

Les tiques n’ont pas véritablement de prédateurs, bien que certains oiseaux puissent en manger, que les spores de certains champignons puissent détruire leur cuticule ou que certains nématodes ou guêpes parasitoïdes puissent les parasiter et les tuer. Aucune méthode de lutte biologique n’a donc encore été développée, même si certaines sont étudiées en laboratoire.

Avec le vous partez en balade en dans les champs faites attention les tiques sont déjà là. Suivez les conseils de prévention contre la maladie de lyme transmise par un tique infecté. Clique ici : sante.gouv.fr

En cas de piqûre
Après être passé dans une zone infestée, l’inspection corporelle est essentielle. Il s’agit de vérifier toutes les zones chaudes et humides du corps, qui sont des sites privilégiés de piqûres: plis des membres, nombril, organes génitaux, oreilles et cuir chevelu.

Les piqûres de larve et de nymphe sont les plus difficiles à détecter. À ces stades de développement, elles passent en effet souvent inaperçues à cause de leur petite taille (une larve mesure environ 1 mm, une nymphe 2 à 3 mm). La majorité de leurs piqûres ont lieu sur les membres inférieurs.

Si une tique est repérée, l’extraction mécanique est la plus efficace. Elle doit être pratiquée le plus rapidement possible afin d’éviter la transmission éventuelle de pathogènes, qui passent généralement à l’être humain en douze à vingt-quatre heures dans le cas de bactéries et de parasites (la transmission est immédiate pour les virus). Les crochets tire-tique sont particulièrement appropriés mais à défaut il est possible d’utiliser une pince à épiler. L’application de substance pour «asphyxier» la tique est inutile, car aucune étude scientifique n’en a démontré l’efficacité.

Une fois la tique extraite, le plus simple est de la coller sur un morceau de ruban adhésif puis de la jeter. Si les pièces piqueuses sont restées dans la peau, ce n’est pas grave, le nodule cutané finira par disparaître. La dernière étape en revanche est importante: il s’agira de surveiller la zone de piqûre pendant un mois, afin de détecter le développement éventuel d’un érythème migrant. Cette lésion cutanée rouge, centrée sur la piqûre, qui s’élargit progressivement, constitue le premier signe clinique d’une borréliose de Lyme. S’il apparaît, ou si un autre signe clinique se manifeste, il faut alors consulter un médecin.