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Les députés reportent leur décision sur l’accord de Brexit

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Les députés britanniques ont adopté un amendement controversé qui impose à Boris Johnson de réclamer à l’Europe un nouveau délai pour le Brexit. Le Premier ministre va repousser son vote à la semaine prochaine.

Nouveau rebondissement dans le dossier du Brexit. Alors qu’une majorité favorable à Boris Johnson semblait se dessiner à la chambre des députés britannique, ce samedi, le vote de l’accord négocié entre Londres et Bruxelles a subi un nouveau coup dur.

Ce n’est pas le choix du gouvernement mais bien celui des députés qui ont adopté, à une faible majorité (332 voix contre 306), un amendement du conservateur Oliver Letwin. Celui-ci contraint le Parlement à ne pas adopter l’accord, tant que les procédures législatives complexes qui doivent aboutir à une sortie ordonnée n’ont pas abouti.

Vers un report à la semaine prochaine
Concrètement, il s’agissait de combler une faille juridique de la loi Benn, celle qui oblige Boris Johnson à réclamer un nouveau délai à l’Europe si aucun accord n’est voté. Or, une adoption de l’accord, ce samedi, aurait rendu cette loi caduque et Oliver Letwin craignait que la procédure puisse finalement dérailler la semaine prochaine, lors des procédures législatives. Et aboutir finalement à un « no deal » au 31 octobre.

Une subtilité juridique et technique qui impose donc, en théorie, à Boris Johnson de demander un nouveau délai, faute de temps pour faire adopter l’accord d’ici le 31 janvier. Ce dernier, qui subit un revers sévère, a néanmoins rappelé qu’il refuserait de demander un nouveau délai, juste après le vote de l’amendement.

Sortie encore possible au 31 octobre ?
Selon les médias britanniques, l’exécutif va reporter le vote à mardi prochain. Il aurait pu le maintenir à samedi soir mais son adoption n’aurait été que relative et le contenu aurait pu être largement amendé lors des prochaines séances. En reportant le vote, le Premier ministre espère ainsi faire monter la pression autour des indécis, et notamment des députés travaillistes, élus dans des circonscriptions où le Brexit est populaire.

Cette décision n’enterre pas forcément la possibilité d’une sortie au 31 octobre mais la rend très compliquée car le temps risque de manquer pour y aboutir.

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Londres et Bruxelles s’appellent à des compromis sur le Brexit

FILES-BRITAIN-EU-POLITICS-BREXITBoris Johnson a invité les européens à « la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération ».

De son côté, Bruxelles demande au gouvernement britannique de revenir avec de nouvelles propositions.

Londres et Bruxelles se sont mutuellement exhortés au « compromis » avant le début de négociations sur le Brexit lundi, le gouvernement britannique laissant entendre qu’il pourrait assouplir sa position sur les points « problématiques » du plan de Boris Johnson.

Le projet du Premier ministre, présenté mercredi, vise à mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, en évitant le retour de contrôles après le Brexit entre la république d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord, qui quittera l’UE comme le reste du Royaume-Uni. Mais les Européens ont accueilli ce projet avec scepticisme, estimant qu’il comportait des points « problématiques » et devait être retravaillé. Boris Johnson a de son côté estimé avoir fait sa part du chemin.

« un Brexit qui fonctionne pour les deux parties »
Dans une lettre publiée par le Sunday Express et le Sun on Sunday, deux journaux pro Brexit, le dirigeant conservateur affirme avoir fait des « compromis » et appelle l’UE à faire de même. « Je dis à nos amis européens : saisissez l’opportunité offerte par nos nouvelles propositions. Rejoignez nous à la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération. Et réalisons un Brexit qui fonctionne pour les deux parties » écrit Boris Johnson.

De son côté, Bruxelles renvoie la balle à Londres, l’appelant à de nouvelles propositions. Le négociateur en chef du Brexit pour l’UE Michel Barnier a déclaré au Monde qu’un accord était « très difficile » mais restait « possible ». Il a souligné que si le gouvernement britannique ne « revient pas avec de nouvelles propositions sur deux problèmes graves que nous leur avons signalés, je ne vois pas comment nous pourrions avancer ».

Ces problèmes sont le retour de contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, et le droit de veto que Londres souhaite accorder au parlement nord-irlandais. Le ministre chargé du Brexit Steve Barclay s’est montré dimanche ouvert au compromis sur la question du consentement requis de l’Irlande du Nord : « nous pouvons regarder cela et discuter cela », a-t-il déclaré.

Trouver une solution d’ici une semaine
Quant au deuxième problème identifié par les Européens, la complexité des propositions britanniques pour éviter le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, « nous pouvons bien sûr entrer dans les détails de leur fonctionnement opérationnel », a affirmé M. Barclay, mais il a appelé l’UE à montrer de son côté « flexibilité » et « créativité ».

La conclusion d’un accord de Brexit « dépend entièrement de la volonté de Mr Johnson car du côté européen, nous sommes toujours ouverts », a déclaré dimanche le Premier ministre letton Krisjanis Karins à la BBC.

A 25 jours de la date prévue du Brexit, Boris Johnson a répété qu’il n’y aura « plus de report » du Brexit, déjà retardé deux fois. Une loi récemment adoptée par le Parlement britannique le contraint pourtant à repousser la date de divorce faute d’accord lors du prochain sommet européen les 17 et 18 octobre, afin d’éviter un « no deal » aux conséquences économiques et sociales potentiellement désastreuses. Mais, déterminé à faire sortir son pays « coûte que coûte » de l’UE le 31 octobre, Boris Johnson pourrait ignorer cette loi et s’accrocher à son poste, mettant alors la reine Elizabeth au défi de le limoger, affirme le Sunday Times, citant des sources au sein du gouvernement.

Autre carte qu’il pourrait jouer: le véto d’un pays de l’UE à la demande de délai. Un report doit en effet être approuvé à l’unanimité des États membres, et une seule défection suffirait à bloquer cette demande.

Le Telegraph a évoqué samedi la possibilité que la Hongrie de Viktor Orban vienne au secours de Boris Johnson. « Jusqu’à présent, il n’y a pas de demande de report, aussi il n’y pas matière à spéculations », a déclaré à l’AFP une source au ministère hongrois des Affaires étrangères.

S’il était finalement forcé de demander un nouveau délai, Boris Johnson pourrait se montrer le plus difficile possible, en « sabotant » les projets de l’Union européenne, par exemple en mettant son véto au budget de l’UE, selon le Sunday Telegraph, qui s’appuie sur des sources gouvernementales.

En attendant la reprise des négociations lundi, Boris Johnson s’entretient avec des dirigeants européens. L’un de ses interlocuteurs, le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, a déclaré avoir dit à M. Johnson qu’il était « important de trouver une solution d’ici une semaine ». « Johnson a dit qu’il était d’accord avec ce calendrier », a-t-il ajouté.

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Brexit : la France veut accélérer les préparatifs à un retrait sans accord

Edouard PhilippeEn octobre, une plateforme d’enregistrement pour les ressortissants britanniques vivant en France doit être lancée.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a demandé lundi aux ministères « le renforcement des actions afin d’inciter les opérateurs économiques et les particuliers à intensifier leur préparation » à un Brexit sans accord, a annoncé Matignon à l’issue d’une réunion de préparation. Dimanche, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a exclu tout nouveau report du Brexit, prévu pour le 31 octobre, alors que la situation politique britannique demeure incertaine.

« Une sortie sans accord entraînerait nécessairement un certain niveau de perturbation dans les relations actuelles avec le Royaume-Uni », a fait valoir Matignon dans un communiqué. « Le Premier ministre a demandé aux ministères le renforcement des actions de communication et d’information à destination des citoyens et des entreprises, afin d’inciter les opérateurs économiques et les particuliers à intensifier leur préparation à un retrait sans accord », a indiqué Matignon.

Concernant les contrôles aux frontières, « le dispositif est donc désormais en place » et que « des tests en conditions réelles » seront organisés dans les prochaines semaines, ajoute Matignon, rappelant que des effectifs supplémentaires ont été affectés pour réaliser aux frontières les contrôles douaniers (600 douaniers), sanitaires et phytosanitaires (200 experts vétérinaires).

Ressortissants britanniques
Édouard Philippe a rappelé que le site brexit.gouv.fr,  (cliquez ici) opérationnel depuis le 1er décembre 2018, permettait de « répondre aux interrogations des citoyens français installés au Royaume-Uni, des ressortissants britanniques installés en France et des entreprises qui commercent avec le Royaume-Uni ».

« Le Premier ministre souhaite que les ministères se mettent en situation de répondre rapidement à toutes les questions posées par les entreprises et les particuliers », a ajouté Matignon, en précisant que « le ministère de l’Intérieur lancera dans le courant du mois d’octobre une plateforme d’enregistrement en ligne des demandes de titres pour les ressortissants britanniques vivant en France ».

Édouard Philippe a, en outre, demandé aux ministres concernés et aux services de l’État « d’assurer une concertation permanente et étroite avec les élus locaux et les acteurs économiques sur le terrain », et nommé le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, coordonnateur national pour la préparation locale à la sortie du Royaume-Uni.

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Ce qui attend le Royaume-Uni après un premier vote contre un « no deal » avec l’UE

brexitMercredi, les députés britanniques ont un report supplémentaire du Brexit de 3 mois après le 31 octobre, date butoir actuelle, en cas d’absence d’accord avec l’UE d’ici là.

Ils ont dans le même temps rejeté la proposition du Premier ministre de convoquer des élections anticipées. La chambre des Lords apparaît désormais comme un rendez-vous crucial.

A tout seigneur, tout honneur. C’est à présent au tour des Lords britanniques d’entrer dans la danse infernale que sont devenues les tractations politiques autour du Brexit. Mercredi soir, la chambre des Communes a infligé à Boris Johnson deux défaites, plus prévisibles que le désaveu de la veille lors duquel le gouvernement avait perdu le contrôle de l’ordre du jour.

Les anti-« no deal » doivent encore convaincre l’Europe
Les députés ont rejeté le projet du Premier ministre de convoquer des élections générales anticipées pour se tirer enfin de l’ornière. L’ensemble de l’opposition, grossie des « rebelles tories », les conservateurs qui ont fait défection, a également voté par 327 voix contre 299 une motion repoussant du 31 octobre au 31 janvier la date butoir du Brexit sauf si un accord était trouvé avec l’UE d’ici aux derniers jours d’octobre.

Quoi qu’il arrive, il faudra déjà convaincre les 27 autres Etats-membres d’accepter un tel report. A en juger par la réaction française, il n’est pas dit que l’idée d’un nouveau délai suscite leur enthousiasme. Sur Radio Classique ce jeudi, Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a posé que ça ne « changerait rien au problème », ajoutant: « Il faut que les Britanniques sachent nous dire ce qu’ils veulent ».

Les Lords ont promis d’examiner le texte dans les temps
Sur la scène intérieure non plus, le texte anti-No Deal n’est pas encore gravé dans le marbre. Pour ce faire, il a besoin d’être adopté également par l’autre chambre de Westminster, la basse, celle des Lords, où les détracteurs de la ligne portée par Boris Johnson ont là aussi remporté un premier succès.

Certains d’entre eux craignaient que les aristocrates jouent la montre et délayent leurs discussions sans approuver définitivement le texte avant la suspension des travaux parlementaires, qui doit débuter la semaine prochaine et prendre fin au 14 octobre. Mais les Lords ont d’ores et déjà signifié qu’ils rendront leur décision dans les temps, à l’issue d’un débat qui les a mobilisés jusqu’à 1h30 ce jeudi matin, relaté ici par le Guardian.

Lord Thomas Henry Ashton baron de Hyden, le whip en chef conservateur (la personne en charge de la discipline de parti au sein du Parlement) a déclaré que l’examen du texte serait mené ce jeudi et achevé d’ici vendredi 17 heures. Il reviendra alors à la chambre des Communes pour une ultime lecture. Celle-ci devrait avoir lieu lundi et la motion définitive présentée dans la foulée à la « Sanction royale », qui la transformera stricto sensu en loi.

En attendant, Johnson cible son rival Corbyn
Si cette perspective fait peu de doute, dans la mesure où l’opposition domine à la chambre des Lords, Boris Johnson se retrouve encore le bec dans l’eau d’un autre marigot parlementaire. Son désir de renvoyer les députés devant les électeurs pour qu’ils tentent d’être reconduits dans leur mandat ou laissent au contraire leur siège à d’autres personnalités plus en phase avec la volonté générale a été retoqué par les Communes. Il lui fallait réunir deux tiers des représentants, un seuil qui s’est révélé inaccessible à ses forces du moment.

Sans le soutien des travaillistes à cette version britannique de la dissolution, la tentative était vouée à rester lettre morte. D’où l’agacement et la frustration qui ont percé dans la parole publique de Boris Johnson dès mercredi à la chambre des Communes. Durant cette séance mouvementée, il a notamment qualifié Jeremy Corbyn, chef de file des travaillistes, de « poule au chlore ». Depuis lors d’ailleurs, le Premier ministre ne cesse de s’en prendre à la lâcheté supposée de son opposant.

Le Parti conservateur a ainsi présenté l’alternative suivante sur Twitter: « La motion de capitulation de Jeremy Corbyn, c’est plus de discussion, plus de retard, plus d’indécision. Boris Johnson va obtenir le Brexit le 31 octobre pour remettre le pays sur les rails d’un avenir plus radieux ».

Le Premier ministre doit s’exprimer dans l’après-midi
Le porte-parole du 10 Downing Street a également signalé que Boris Johnson s’adresserait à la population dans l’après-midi, dans le Yorkshire, résumant même le contenu du discours:

« Il défendra l’idée que la motion de capitulation de Jeremy Corbyn forcera le Premier ministre à aller à Bruxelles et à accepter toutes leurs exigences. Et ça privera de sa substance le vote le plus démocratique de notre histoire, le référendum de 2016. Le Premier ministre ne fera pas ça. Il est évident que la seule action possible est de se tourner à nouveau vers le peuple pour lui donner l’occasion de dire ce qu’il veut: que Boris aille à Bruxelles et en revienne avec un accord ou que nous nous quittions l’Union européenne le 31 octobre, ou bien que Jeremy Corbyn vienne à Bruxelles avec sa motion de capitulation mendier un délai supplémentaire, un supplément de crise et accepter tous les termes que Bruxelles imposerait à notre nation. Que Jeremy Corbyn continue d’éviter l’élection serait une lâche insulte à la démocratie ».

Le temps presse pour organiser de nouvelles élections
L’exécutif fait pression sur Jeremy Corbyn mais celui-ci n’est pas rétif par principe à l’organisation de nouvelles élections. Bien au contraire, il devrait, selon The Independent, soutenir lundi une seconde tentative de mettre sur pied un scrutin. Il est, en effet, sur le point d’obtenir ce qu’il cherchait, l’adoption du texte avant la suspension.

Ne manque plus que la « Sanction royale », censée empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre, pour pousser plus ouvertement à la tenue d’élections. Le temps presse. Boris Johnson a signalé qu’il comptait peupler les isoloirs le 15 octobre. Or, passé lundi, le délai sera trop bref pour maintenir cette date.

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La reine aspirée dans le tourbillon du Brexit

reine Elisabeth IILa reine Elisabeth II se retrouve aspirée dans le tourbillon du Brexit, après avoir dû approuver la suspension du Parlement, un acte éminemment politique pour son rôle.

La monarque de 93 ans a approuvé la décision du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement de la deuxième semaine de septembre jusqu’au 14 octobre, soit peu avant la date de sortie de l’Union européenne de son royaume, le 31 octobre.

Cette décision a déclenché une tempête politique, puisqu’elle laisse très peu de temps aux nombreux députés opposés à un Brexit dur pour l’arrêter, si Boris Johnson ne conclut pas un accord de retrait avec Bruxelles. Le Premier ministre assure que le pays quittera l’UE avec ou sans accord.

«La plus vieille règle de la constitution»
Pour les experts en droit constitutionnel, la souveraine n’avait d’autre choix que d’approuver la demande. Le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle, donc la reine peut être consultée, mettre en garde ou encourager, mais elle ne peut agir qu’en suivant le conseil de ses ministres.

«C’est la plus vieille règle de la constitution», souligne Robert Craig, de l’université de Durham, auprès de l’AFP. Autrement dit: la reine règne, mais le Premier ministre gouverne.

«Eaux dangereuses»
Elisabeth II risque toutefois de se trouver sous peu dans des eaux dangereuses, relève Mike Gordon, professeur de droit constitutionnel à l’université de Liverpool. «Elle est dans une situation compliquée parce qu’elle est entraînée dans le débat politique le plus clivant et le plus confrontationnel du pays», souligne-t-il.

Les opposants de Boris Johnson tentent de légiférer pour arrêter une sortie de l’UE sans accord. S’ils réussissent, «il se peut que le gouvernement lui demande de ne pas donner son approbation et là, nous serons en territoire constitutionnel délicat», explique Mike Gordon. «La convention qui veut qu’elle donne son approbation au Parlement entrera en conflit avec celle qui veut qu’elle suive l’avis de ses ministres», ajoute-t-il.

Sans nul doute celle qui connaît le mieux ses devoirs
La constitution britannique n’est pas écrite et se base sur des précédents et conventions. La dernière souveraine ayant refusé d’approuver une loi était la reine Anne, en 1708. Sur le trône depuis 1952, Elisabeth II détient le record de longévité des monarques et elle est sans nul doute celle qui connaît le mieux ses devoirs.

Mais son rôle de chef d’État, contrairement aux pays où ils jouent un rôle actif dans la formation du gouvernement, se borne à entériner le choix des responsables politiques. Sa neutralité est si parfaite que nul ne sait ce qu’elle pense des grandes questions politiques qui agitent le pays.

Ses chapeaux pro-europe ?
Seul exception récente: le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, en 2014. En déclarant : «J’espère que les gens réfléchiront très soigneusement à l’avenir», elle a exprimé une inquiétude immédiatement interprétée par les oracles comme de l’hostilité à l’indépendance.

Sur le Brexit, autre enjeu historique, elle reste bouche cousue. Les observateurs en sont réduits à commenter la couleur de son chapeau pour y voir une prise de position quand elle arbore les couleurs du drapeau européen.

Et le tabloïd europhobe The Sun s’est fait rappeler à l’ordre par le régulateur des médias pour avoir affirmé peu avant le référendum de juin 2016 qu’Elisabeth II soutenait le Brexit.

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Giuseppe Conte présentera son nouveau gouvernement d’ici mercredi

Giuseppe ConteGiuseppe Conte a été chargé par le président de la République de constituer le nouveau gouvernement après trois semaines de tempête politique. À l’origine, l’éclatement de la coalition de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles.

Le Premier ministre désigné Giuseppe Conte a déclaré ce dimanche qu’il avait l’intention de présenter son nouveau gouvernement de coalition d’ici mercredi, afin de mettre fin à la crise politique que connaît l’Italie.

« Au début de la semaine prochaine,  pas lundi mais mardi ou mercredi au plus tard, nous devons être en mesure de conclure » les négociations entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (PD, centre-gauche), a-t-il déclaré par vidéoconférence au quotidien Il Fatto Quotidiano.

A cette date, Giuseppe Conte présentera son cabinet et son programme gouvernemental au président Sergio Mattarella. Giuseppe Conte et sa nouvelle équipe devraient ensuite prêter serment jeudi avant de se présenter devant le parlement pour un vote de confiance vendredi.

Giuseppe Conte a été désigné jeudi par le président Sergio Mattarella pour essayer de construire une nouvelle équipe gouvernementale M5S-PD, après la chute le 8 août de la coalition populiste qui dirigeait l’Italie.

« Une bonne ambiance de travail »
Après quelques altercations publiques entre les deux partis,  autrefois ennemis mais qui ont décidé de gouverner ensemble pour éviter des élections anticipées, il y a désormais « une bonne ambiance de travail », a estimé Giuseppe Conte.

En ce qui concerne les postes gouvernementaux, il a indiqué qu’il demanderait au PD et au M5S de lui présenter des suggestions  plutôt que des exigences  « de façon à pouvoir composer la meilleure équipe ». La nouvelle coalition aura « un seul et même programme », a-t-il affirmé.

Giuseppe Conte a aussi nié être membre du Mouvement 5 Etoiles, insistant sur sa neutralité. « Je ne suis pas membre du Mouvement 5 Etoiles, je ne participe pas aux réunions de la direction (du Mouvement), je n’ai jamais rencontré les groupes parlementaires, donc m’appeler M5S est à mon sens déplacé ». Il a cependant reconnu « être proche d’eux ». « Je les connais depuis longtemps et je m’entends bien avec le M5S », a-t-il noté.

Le Parti démocrate insiste pour obtenir un poste de vice-Premier ministre en arguant de la proximité entre Conte et le M5S.  Dans la soirée, il s’est dit plus préoccupé par les mesures polmiotiques que par la distribution des maroquin, tandis que le PD suggérait de supprimer le poste de vice-Premier ministre afin que couper court au débat.

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A quoi s’attendre après la démission du chef du gouvernement en Italie ?

italieL’Italie se retrouve sans gouvernement et dans l’incertitude après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte, ce mardi. La coalition populiste de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles vole en éclat après 14 mois de cohabitation.

En annonçant son intention d’aller « voir le président de la République pour lui présenter sa démission ce mardi, Giuseppe Conte a fait éclater le 65e gouvernement de la République italienne, né en juin 2018. L’Italie se retrouve ainsi sans gouvernement, ce qui ouvre la voie à plusieurs jours de consultations afin de former un nouveau gouvernement.

Lors de cette annonce, Giuseppe Conte a lancé un virulent réquisitoire contre Matteo Salvini. Dans son discours à charge, Giuseppe Conte a qualifié le vice-président du conseil italien et ministre de l’Intérieur d' »irresponsable », et l’a accusé de faire « courir de graves risques au pays ». Conte a enfin dénoncé l’appel Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant le régime fasciste de Mussolini, se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Sergio Mattarella aux manettes
Plusieurs hypothèses se dessinent désormais. Des pourparlers vont devoir débuter entre les différentes positions politiques parmi lesquelles le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, en vue de former une nouvelle coalition.

Le président de la République, Sergio Mattarella, est désormais l’homme de la situation. C’est lui qui va devoir lancer des consultations pour explorer la possibilité d’une nouvelle majorité, puisqu’il est chargé de vérifier la viabilité de toute nouvelle coalition gouvernementale. S’il juge qu’aucune majorité solide n’existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives.

Vers un second gouvernement Conte ?
L’un des scénarios envisageables est que le chef de l’État demande à Giuseppe Conte de rester à la tête du pays pour piloter un gouvernement de transition. D’autant que dans la presse italienne, beaucoup d’observateurs estiment que le président du Conseil sort grandi de cette crise. Mardi, celui-ci a été accueilli au Sénat par une banderole : « Conte l’Italie t’aime ». Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, le chef du M5S Luigi di Maio, l’a même qualifié de « serviteur de la Nation dont l’Italie ne peut pas se passer ».

Si cela venait à se concrétiser, Giuseppe Conte pourrait mener un gouvernement « Conte bis », et ainsi avancer dans l’élaboration du budget pour 2020. Cela pourrait permettre d’éviter une hausse automatique de la TVA prévue l’an prochain si rien n’est fait avant pour combler un trou de 23 milliards dans les caisses de l’État. Cela donnerait le temps au Parti démocrate et au Mouvement 5 Étoiles (M5S) de s’entendre sur un pacte pour « un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme », selon les termes du chef du Parti Démocrate Nicola Zingaretti.

L’idée d’une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l’ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD, qui a proposé à ses anciens ennemis du M5S une réconciliation et un gouvernement « institutionnel ». Pour amadouer certains dirigeants Cinq Étoiles encore réticents, Matteo Renzi a assuré lors du débat parlementaire qu’il « ne ferait pas partie » d’une telle majorité, laissant entendre que le Parti Démocrate pourrait appuyer au parlement un gouvernement entièrement formé de ministres M5S, sans exiger de fauteuils.

L’avènement d’une coalition pro-européenne ?
L’autre piste que pourrait emprunter Sergio Mattarella lui a été soufflée par l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Celui-ci a proposé un gouvernement pro-européen baptisé « Ursula », du nom de la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Romano Prodi, toujours très écouté, imagine une alliance gauche-droite pour que l’Italie revienne au premier plan en Europe.