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L’euthanasie devient légale dans l’État de Victoria

euthanasie devient légale dans l'Etat de VictoriaLes patients âgés de plus de 18 ans et n’ayant plus que six mois à vivre pourront désormais avoir recours à l’euthanasie dans cet État australien.

Les patients en phase terminale dans l’État australien de Victoria peuvent désormais demander l’euthanasie, après l’entrée en vigueur dans cet État d’une loi sur le suicide assisté qui constitue une première dans le pays.

Le suicide assisté est illégal dans la plupart des pays du monde. Il a été interdit en Australie jusqu’en 2017, date à laquelle le Victoria, le deuxième État le plus peuplé du pays  a adopté une loi controversée permettant aux patients en fin de vie d’abréger leurs jours.

Le Premier ministre de l’État, Daniel Andrews, partisan du projet de loi depuis la mort de son père en 2016, a déclaré à la chaîne Channel Nine que la législation visait à donner aux malades un « choix digne, à la fin de leur vie ».

« Il s’agit d’un changement audacieux. Aucun autre État ne l’a fait, mais nous pensons que c’est la bonne mesure à prendre », a-t-il ajouté. « Nous avons adopté une approche pleine de compassion ».

Douze personnes pourraient bénéficier de cette loi en 2019
L’euthanasie ne sera possible que pour les patients en phase terminale âgés de plus de 18 ans vivant dans l’État de Victoria et ayant moins de six mois à vivre, ou moins d’un an pour des personnes souffrant de sclérose en plaque ou d’affections neuro-motrices.

La loi prévoit des garanties, parmi lesquelles un comité d’examen indépendant et l’intervention d’un médecin légiste qui contrôlera les circonstances des décès. Daniel Andrews a affirmé qu’environ 12 personnes pourraient bénéficier de cette loi cette année, et jusqu’à 150 par an ensuite.

D’autres États australiens y réfléchiraient
D’autres États australiens ont par le passé débattu du suicide assisté. Mais les propositions de légalisation ont toujours été rejetées. Les experts estiment que ces États auront le regard tourné vers Melbourne, la capitale de l’État de Victoria, pour voir comment la nouvelle loi est mise en œuvre.

« Une quarantaine de tentatives de modifier la loi ont échoué ces dernières années, mais il semble que les derniers projets approchent du but », a déclaré Ben White, chercheur à l’Université de technologie du Queensland. « L’Australie-Occidentale, le Queensland et l’Australie-Méridionale ont tous des projets de loi à l’étude » a-t-il ajouté.

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Des députés prônent une « légalisation contrôlée » du cannabis

cannabisUne quinzaine de députés de différents bords politiques vont déposer une proposition de loi favorable à la dépénalisation du cannabis à usage récréatif. Ils réclament une légalisation « contrôlée ».

Le débat sur la dépénalisation du cannabis va-t-il être relancé par l’Assemblée nationale ?  Paris Match révèle ce mardi qu’une quinzaine de députés s’apprêtent à déposer une proposition de loi relative à « une légalisation régulée du cannabis par la mise en place d’un monopole public de production et de distribution ».

D’après le magazine, les députés plaident pour le passage à « une politique d’encadrement régulé » de l’usage du cannabis, et estiment notamment que « la France doit sortir de ses postures répressives, hypocrites et morales pour en débattre avec sérénité et détermination ».

La politique de répression, « un échec complet »
Pour eux, il est nécessaire de mettre sur pied une société nationale afin d’avoir le monopole sur la production et la vente au détail du cannabis. Cette entreprise publique, qui serait baptisée « Société d’exploitation du cannabis », aurait ainsi pour but de fournir les semences aux agriculteurs et de « fixer les prix planchers aux débitants ».

Enfin, assurent ces élus, la fiscalité du cannabis serait alignée sur celle du tabac, « avec la création d’une taxe additionnelle ». Ce qui, selon les députés, permettrait de dégager une manne de « 1,8 milliard d’euros de recettes fiscales ».

La vente, par les buralistes, serait interdite aux mineurs. Un arrêté du ministre de la Santé fixerait le taux autorisé de THC, principale substance psychoactive de la plante. Et le produit des taxes sur le cannabis pourrait être pour partie « consacré aux politiques de prévention et de réduction des risques, notamment en direction des jeunes et des populations vulnérables ».

Soutien d’élus LaREM, Insoumis et PS
Paris Match indique que le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert, du groupe Libertés et territoires, est à l’initiative de cette proposition de loi. Il considère que « la politique de forte répression est un échec complet ».

Mais d’autres élus, de quatre bords politiques différents, comptent soutenir cette proposition de loi, parmi lesquels des élus LaREM (Delphine Bagarry, Annie Chapelier, Hubert Julien-Laferrière, Pierre-Alain Raphan et Cécile Rilhac), deux Insoumis (Eric Coquerel, Loic Prud’homme), un socialiste (Régis Juanico) et plusieurs autres membres du groupe Libertés et territoire (Sylvia Pinel, Paul Molac, Jean-Michel Clément, Jeanine Dubié, Frédérique Dumas, François Pupponi).

« La politique française de lutte contre le cannabis, essentiellement répressive, n’a pas permis de juguler les trafics et de faire diminuer la consommation. Pire, la demande est en augmentation constante », font valoir ces élus.

Début avril, le Premier ministre Édouard Philippe avait estimé qu’il serait « absurde » de s’interdire d’étudier les possibilités du cannabis thérapeutique. Mais « il ne s’agit en aucun cas d’une légalisation de la vente de cannabis », avait précisé Matignon.

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La suppression de la taxe d’habitation pour les ménages aisés encore reportée d’un an

taxe d'habitationPour 80% des Français, la suppression de la taxe d’habitation interviendra toujours en 2020. Mais pour les 20% de ménages les plus aisés, ce ne sera pas 2022, comme annoncé précédemment, mais en 2023.

Petit changement de programme, dans son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a rappelé que la taxe d’habitation sur les résidences principales serait supprimée pour l’ensemble des Français, mais avec un nouveau calendrier. Pour 80% des « Français les plus modestes (…) leur taxe sera intégralement supprimée en 2020. Pour les 20% restants, la suppression se déploiera sur trois années », a indiqué le Premier ministre.

La suppression intégrale de la taxe d’habitation pour les 20% de ménages les plus aisés interviendra en 2023. Le gouvernement, après avoir un temps promis de supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des Français « au plus tard d’ici 2021 », évoquait depuis plusieurs mois comme date butoir la fin du quinquennat, soit 2022. Mais les contraintes pesant sur les finances publiques, en raison notamment des mesures annoncées face au mouvement des gilets jaunes, ont obligé l’exécutif à revoir sa copie, pour éviter une envolée du déficit public.

Ce jeudi 13 juin, Bruno Le Maire, ministre des Finances, s’est voulu rassurant au micro de Franceinfo : « La taxe d’habitation sera intégralement supprimée en 2023, et ce sera inscrit dans la loi. Nous faisons les choses progressivement ». Et il s’est justifié : « Qu’est ce qu’on n’aurait pas dit si on s’était précipité pour faire ça vite, avec un impact sur les finances publiques qui aurait été un impact très fort ».

Une mesure qui sera inscrite dans la loi
« L’engagement figurera dans le projet de loi de finances », a par ailleurs insisté le ministre, disant y voir une garantie pour le maintien de cette mesure en cas de changement de majorité présidentielle en 2022. Pour abandonner la suppression totale de la taxe d’habitation, il faudrait « défaire une loi ». « Ce n’est jamais très simple, vous savez, de revenir sur une baisse d’impôts qui a été accordée aux Français », a-t-il assuré.

Concrètement, la taxe d’habitation est déjà en cours de suppression pour 80% des ménages : 30% de la note a été effacée (même si c’est en réalité plus compliqué que cela) en 2018, 65% en 2019 et 100% en 2020. Pour les 20% les plus aisés, elle sera supprimée de la même manière en trois fois de 2021 à 2023. Pour un ménage appartenant aux 20% les plus aisés payant par exemple 1.200 euros de taxe d’habitation actuellement, si on prend l’hypothèse d’une suppression par tiers (et pour simplifier que le montant de la taxe ne bouge pas sur la période), cela signifie que ce foyer ne paiera plus que 800 euros en 2021, 400 euros en 2022 puis 0 euro en 2023.

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Donald Trump en visite d’Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin

donald trumpDonald Trump va se rendre au Royaume-Uni du 3 au 5 juin prochain pour une visite d’État, a annoncé hier mardi Buckingham Palace.

Le président des États-Unis sera l’invité de la reine Elizabeth II, il rencontrera également la Première ministre Theresa May.

« Cette visite d’État est l’opportunité de renforcer notre relation déjà étroite dans des domaines comme le commerce, l’investissement, la sécurité et la défense, et de discuter de comment nous pouvons bâtir ces liens dans les années à venir », a souligné dans un communiqué Mme May, qui compte sur son allié américain pour l’après-Brexit.

De son côté, la Maison blanche a déclaré que cette visite d’État « réaffirmera la relation durable et privilégiée qui unit les États-Unis et le Royaume-Uni ».

Une première visite d’État annulée
Le dirigeant américain avait été invité à se rendre en Angleterre dès son arrivée au pouvoir en janvier 2017. Ce qu’il a fait en juillet 2018, mais sous forme d’une visite de travail et non d’État. Il s’agit donc bel et bien de sa première visite d’État au Royaume-Uni.

Si la forme de cette première visite avait changé de manière imprévu c’était à cause des nombreuses manifestations annoncées. A l’époque, Downing Street avait souligné que la visite d’État restait cependant d’actualité. Un nombre important de manifestations sont déjà attendues.

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Nouveau coup dur pour Justin Trudeau après la démission d’une ministre

justin trudeauUne nouvelle ministre canadienne a démissionné, après les accusations d’ingérence de Justin Trudeau et de son entourage dans une procédure judiciaire.

La crise politique sans précédent qui secoue le gouvernement canadien de Justin Trudeau s’est encore aggravée lundi avec la démission surprise d’une ministre, dans la foulée des accusations d’ingérence du Premier ministre et de son entourage dans une procédure judiciaire.

« Je me suis penchée sur les événements qui ont secoué le gouvernement fédéral ces dernières semaines et après une sérieuse réflexion, j’en ai conclu que je devais démissionner », explique Jane Philpott dans une lettre au Premier ministre libéral. Ancienne ministre de la Santé puis des affaires autochtones, elle avait été promue présidente du Conseil du Trésor, responsable du budget, lors d’un remaniement mi-janvier.

Bien que cette décision le « déçoive », Justin Trudeau a dit qu’il la « respect(ait) ». Devant des militants libéraux lundi soir à Toronto, il a assuré « prendre très au sérieux (…) les inquiétudes » suscitées par cette affaire qui, selon lui, va générer « plus de questions et de réponses dans les jours et les semaines à venir ».

Le coup est rude pour M. Trudeau alors que des élections législatives sont prévues en octobre : il s’agit de la troisième démission dans son entourage depuis que son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a dit avoir subi des « pressions » inappropriées du Premier ministre et de son entourage pour qu’elle tente d’éviter un procès au géant du BTP SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould elle-même a quitté le gouvernement le 12 février, suivie quelques jours plus tard par le principal conseiller de M. Trudeau, Gerald Butts. Ce dernier, mis en cause par l’ancienne ministre de la Justice, doit livrer sa version des faits mercredi devant les députés.

Accusé depuis 2015 de corruption
Pour justifier sa démission, Mme Philpott, au gouvernement depuis 2015 et réputée proche de Mme Wilson-Raybould, explique n’avoir « plus confiance dans la façon dont le gouvernement a géré cette affaire et dans sa réponse à ces questions ».

Après sa démission, Mme Wilson-Raybould a accusé M. Trudeau et sa garde rapprochée d’avoir exercé sur elle des pressions assorties de « menaces voilées », pour qu’elle intervienne auprès du bureau des procureurs en faveur de SNC-Lavalin.

Le groupe québécois est accusé depuis 2015 de corruption pour avoir versé 48 millions de dollars canadiens de pots-de-vin (32 millions d’euros) à des responsables libyens du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, entre 2001 et 2011, pour décrocher d’importants contrats dans ce pays.

Un accord hors cour entre la justice et SNC-Lavalin aurait permis à cette société, qui emploie 50 000 personnes dans le monde dont 9000 au Canada, d’échapper à une condamnation pouvant compromettre son avenir. Mme Wilson-Raybould a finalement refusé d’intervenir et un procès est toujours prévu, à une date encore indéterminée.

Une crise diplomatique avec la Chine
Le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer a immédiatement fustigé « un gouvernement en plein chaos, dirigé par un Premier ministre en disgrâce ». En tête dans les derniers sondages, il a appelé les ministres du gouvernement à se poser les mêmes questions que Mme Philpott, et à en tirer les mêmes conséquences.

Lors du remaniement de la mi-janvier, Mme Wilson-Raybould avait été rétrogradée au poste de ministre des Anciens combattants. Elle s’est dite persuadée d’avoir été punie pour n’avoir pas cédé aux pressions.

« L’affaire SNC-Lavalin », comme l’a baptisée la presse canadienne, tombe d’autant plus mal pour le Premier ministre qu’il doit déjà affronter une crise diplomatique sans précédent avec la Chine depuis l’arrestation de la directrice financière du géant chinois Huawei début décembre à Vancouver.

Meng Wanzhou a été arrêtée à la demande des États-Unis, qui exigent son extradition pour violation présumée des sanctions américaines contre l’Iran. La Chine n’a cessé depuis d’appeler Ottawa à la remettre en liberté. Justin Trudeau, de son côté, n’a cessé d’invoquer l’indépendance du système judiciaire canadien, qui vient de donner son feu vert au processus d’extradition de Mme Meng.

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Du bénévolat en échange du RSA ?

muriel penicaudInterrogée ce mercredi matin sur la possibilité de «contreparties» au versement des aides sociales, la ministre du Travail a indiqué ne pas croire à des «contreparties punitives».

Faut-il instaurer des «contreparties» à l’obtention d’aides sociales ? Interrogée ce mercredi matin à ce sujet sur BFM TV et RMC, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué qu’elle ne croyait pas à des «contreparties punitives». Certains territoires, à l’instar du département du Haut-Rhin, ont instauré quelques heures de bénévolat par semaine pour les personnes touchant le RSA, mais seulement sur la base du volontariat.

«Faut-il généraliser cette pratique ?», a questionné Jean-Jacques Bourdin, citant l’exemple du Haut-Rhin. Le journaliste a d’ailleurs opéré une confusion en laissant entendre que cette pratique était obligatoire dans le département. Or, ce n’est pas le cas. «Je suis pour le proposer systématiquement à ceux qui le peuvent, mais pas l’imposer», a répondu Muriel Pénicaud, citant comme exemple le fait d’ «aider des associations».

«Une chose me préoccupe : quand une personne tombe au RSA, une sur cinq retrouve un emploi dans l’année», a poursuivi Muriel Pénicaud. Elle a ensuite expliqué qu’il fallait renforcer l’accompagnement, car «nous avons besoin de tout le monde, personne n’est inemployable», a-t-elle rappelé.

Une proposition défendue par Édouard Philippe
Depuis plusieurs jours, le débat concernant d’éventuelles «contreparties» aux aides sociales revient au premier plan. Vendredi, le premier ministre Édouard Philippe avait émis l’idée de demander des «contreparties» aux citoyens en échange du versement d’aides sociales, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un sujet «explosif». «Il faut qu’on regarde ce qu’on peut réfléchir (sic) avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire», avait notamment indiqué le premier ministre.

Une proposition qu’il a de nouveau défendue mardi, malgré des remous dans la majorité LREM et des attaques à gauche. Le chef du gouvernement a toutefois élargi la proposition formulée vendredi en soulignant qu’elle pouvait aussi valoir pour les aides «aux acteurs économiques». «Se poser la question des contreparties aux versements, soit liés à l’aide sociale, soit liés à la solidarité, soit liés à des politiques publiques qui permettent d’accompagner le développement de tel ou tel acteur, y compris économique est une bonne question», a affirmé Édouard Philippe devant les députés. «Il n’est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs», s’est-il défendu. Boris Vallaud, porte-parole du groupe PS, a de son côté estimé que «pour nous, les minima sociaux sont déjà une contrepartie aux injustices de la vie».

Emmanuel Macron reçoit les présidents de département ce jeudi : la question des contreparties  obligatoires ou seulement sur la base du volontariat, aux aides sociales pourrait notamment figurer au menu des discussions.

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80 km/h : ces incohérences qui décrédibilisent le gouvernement

vitesse 80Voulu indépendant, le comité d’experts formé pour évaluer l’efficacité des 80 km/h soulève des incohérences graves dans la communication du gouvernement. Après la bataille des chiffres, celle des méthodes statistiques.

Le premier Ministre Édouard Philippe l’a affirmé le 28 janvier, chiffres à l’appui : abaisser la limitation de vitesse sauve effectivement des vies. Ce n’est plus une affirmation en l’air, puisque des données officielles viennent étayer cette conviction.

Certains automobilistes attendaient des preuves pour le croire, d’autres n’en avaient jamais douté. Après tout, rouler moins vite est la garantie de freiner plus court (à conditions d’adhérences et à voiture égales). Et lorsque le choc s’avère inévitable, ses conséquences s’en trouvent amoindries.

D’ailleurs, depuis que la délégation à la Sécurité routière a fait savoir que l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h avait officiellement épargné cent seize vies en six mois (de juillet à décembre), les opposants à cette mesure trouvent chez leurs proches une oreille moins attentive à leurs récriminations.

Selon le CIE, le gouvernement se décrédibilise avec son interprétation des chiffres de la mortalité routière
Ce serait aller un peu vite en besogne, à en croire le président du “Comité indépendant d’Évaluation des 80 km/h” (CIE), dont les membres se rassemblèrent pour la première fois en septembre 2018. Jean-Luc Michaud ne conteste pas l’existence de ce chiffre. C’est son interprétation qui le chagrine, nuance.

“Nous touchons là au cœur du message que souhaite faire passer le CIE”, explique ce haut fonctionnaire en retraite. “La délégation à la Sécurité routière (DSR) prétend pouvoir affirmer “avec précision” qu’une baisse de 116 tués a été enregistrée, alors qu’elle ne dispose que des “remontées provisoires” des baromètres mensuels tenus par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Au moment de cette déclaration, faite le 28 janvier, le décompte ne pouvait être que partiel, au mieux, car il doit s’écouler 30 jours après la fin du mois considéré pour obtenir le baromètre mensuel de l’ONSIR.”

Le CIE reproche par conséquent à la délégation à la Sécurité routière d’avoir conclu un peu vite à l’efficacité des 80 km/h, sans attendre de connaître le décompte des victimes de la route pour le mois de décembre 2018.

En temps ordinaire, l’absence de cette donnée ne pèserait pas bien lourd dans le bilan annuel, même si, ainsi que le fait remarquer Pierre Chasseray, délégué général de 40 Millions d’Automobilistes, “c’est traditionnellement en décembre et durant les deux mois d’été que l’on déplore le plus de morts sur les routes”. Sauf que l’année 2018 sort de l’ordinaire, à deux égards. Non seulement, les 80 km/h sont entrés en vigueur au 1er juillet,  mais les radars sont tombés victimes d’une vague de destructions sans précédent. Les chiffres de la mortalité en décembre sont donc essentiels pour confirmer ou pour infirmer l’influence sur la mortalité de l’augmentation constatée des dépassements de vitesse.

Les causes de tous les accidents en 2018 ne sont pas encore connues
Là, n’est pas le seul reproche que formule le CIE à l’encontre de la DSR. Non seulement cette dernière ne dispose pas du baromètre de l’ONSIR pour le mois de décembre mais elle ne peut consulter le fichier des Bulletins d’accidents corporels de la circulation (BAAC). Or, ces documents remplis par les forces de l’ordre chaque fois qu’elles constatent un accident corporel sont indispensables pour examiner la mortalité sur la partie du réseau concerné par la limitation à 80 km/h.

“La base de données des BAAC est administrée par l’ONISR. Elle se compose de quatre fichiers, correspondant aux caractéristiques des accidents, aux lieux, aux véhicules et aux usagers”, précise Aurélie Trégouet, chargée d’études pour l’association 40 Millions d’Automobilistes qui milite pour le retour aux 90 km/h et soutient le CIE au risque d’alimenter les doutes quant à l’impartialité de ses membres. “Ces fichiers BAAC sont consultables en ligne, sur le portail du Ministère de l’Intérieur. Or, les délais de l’enquête retardent leur divulgation de ces fichiers.” Voilà pourquoi, à l’heure où nous écrivons, les fichiers BAAC de l’année 2018 ne sont pas encore disponibles sur le site internet data.gouv.fr.

Le CIE voit là un motif de douter de l’interprétation des chiffres que fait la DSR. “Le CIE voit mal comment la délégation à la Sécurité routière a pu affirmer le 28 janvier que 116 personnes en moins ont trouvé la mort au cours du second semestre 2018 par rapport à l’année 2017, puisque personne, pas même le Ministère de l’Intérieur ne connaît à ce jour le nombre de tués enregistrés au deuxième semestre sur les routes limitées à 80 km/h maxi”, martèle Jean-Luc Michaud.

L’économie de vies ne fait pas de doute, au contraire de son décompte précis
Le CIE relève d’autres incohérences dans le bilan d’étape présenté le 28 janvier par les pouvoirs publics. Son président Jean-Luc Michaud s’étonne ainsi de constater que le périmètre de l’étude ne s’est pas circonscrit aux seules routes passées sous l’empire de la règle des 80 km/h. Plus grave, le chiffre de 116 vies épargnées est obtenu en comparant la mortalité du second semestre 2018 aux douze mois des cinq années précédentes, et non pas au second semestre seulement. Voilà qui est contraire aux principes de la statistique.

“Une comparaison exacte des chiffres aurait montré qu’il y a une diminution du nombre de tués plus faible depuis l’entrée en vigueur des 80 km/h que sur la période précédant l’entrée en vigueur de la mesure”, estime Jean-Luc Michaud, qui déplore “l’approximation” dans laquelle se situe la communication du gouvernement. “On est passé de 6,6 % de baisse au premier semestre 2018 à une baisse de 4,5 % au second semestre, par rapport à la même période en 2017.” Et le président du CIE d’en conclure : “Ce ne sont pas les chiffres qui sont en cause, mais bien l’interprétation qui en est faite”.

Le CIE déplore l’approximation dans la mesure de la vitesse moyenne effective
Encore que le CIE remette parfois en cause la véracité même des chiffres. Son président souligne ainsi que le le nombre officiel de 116 vies sauvées sur le seul réseau secondaire est supérieur au total officiel des 81 vies épargnées sur l’ensemble des réseaux routiers. Ce qui fait dire à Jean-Luc Michaud, non sans malice : “Si la DSR conclue qu’une partie fait plus que le tout, il est permis de s’interroger sur sa maîtrise des règles de la mathématique.”

Ces contradictions font douter le CIE de la validité des méthodes employées par le gouvernement. Le rapporteur du CIE, l’économiste et ancien directeur adjoint de l’environnement à l’OCDE Rémy Prud’Homme ne peut s’empêcher de rappeler cette autre incohérence : “Dans sa communication, le gouvernement dit avoir constaté une baisse de la vitesse moyenne de 87 km/h à 83 km/h. Pourtant, l’observatoire de la vitesse moyenne la fixait à 82 km/h du temps de la limitation à 90 km/h (avec des variations de quelques kilomètres par heure). Et Jean-Luc Michaud d’enchaîner : “Le CIE ne conteste pas que le passage aux 80 km/h a probablement fait baisser la vitesse moyenne, mais le gouvernement ne peut pas nous dire que la vitesse moyenne est passée de 82 km/h avant le 1er juillet à 87 km/h après.” Il y a fort à parier, au contraire, que ce chiffre est à la baisse.

Le CIE fait de cette incohérence un point clé du courrier qu’il a adressé au gouvernement. Car ce dernier prétend que c’est bien la baisse de la vitesse moyenne des véhicules qui sauve des vies.

Le CIE réclame que soient pris en compte tous les facteurs de la mortalité routière
La dernière critique n’a rien de propre à ce bilan d’étape présenté le 28 janvier. Comme d’autres avant lui, le CIE reproche à la DSR de vouloir expliquer l’économie de vies par la seule action des radars. Ainsi que le rappelle Didier Renoux, chargé de communication à la Fédération française des Motards en Colère (FFMC) et membre du CIE, “c’est passer sous silence et méconnaître l’influence sur la baisse de la mortalité des progrès accomplis par les véhicules et par les pneumatiques  de la dégradation de l’état des routes ou, au contraire, de la suppression de certains points dangereux  de la généralisation du port de la ceinture ou, au contraire, du fléau que constitue l’usage du téléphone au volant.”

Il reste à voir combien de temps il faudra à la délégation à la Sécurité routière pour réagir à la liste des dix questions et incohérences soulevées par le CIE. Les membres de ce dernier répètent à qui veut bien les entendre qu’ils ne demandent rien mieux que de laisser de côté les questions de politique, pour se consacrer à établir des faits incontestables. Un premier geste de bonne volonté de la part du gouvernement consisterait à accorder au CIE (comme à tous ceux qui le réclament) l’accès plein et entier à la totalité des chiffres de la mortalité routière. Le CIE en a fait la demande officielle en septembre.