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Tout le mal que Donald Trump et Theresa May font à la démocratie

Donald Trump et Theresa MayLa célèbre déclaration de Winston Churchill selon laquelle «la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont déjà été essayées» est souvent citée comme une évidence dans de nombreux milieux.

Pourtant, cette idée se voit aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde. Désormais, le modèle économique autoritaire chinois est devenu une source d’inspiration majeure (ou comme l’a décrit le président Xi Jinping, une «nouvelle option») pour les autocrates en herbe qui ne croient plus aujourd’hui que le respect des droits et des libertés fondamentales soit une condition sine qua non à la prospérité, et encore moins à la longévité de leur pouvoir.

L’incroyable tempête qui a fait rage ces derniers temps à Washington (en raison du plus long shutdown gouvernemental de toute l’histoire américaine) et à Londres (à cause de l’impasse du Brexit) met à nu les fissures et les fragilités de deux des démocraties les plus stables et les plus encensées au monde. L’enjeu est de taille pour les États-Unis et encore plus pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne tout entière.

Naturellement, les experts et les électorats se polarisent sur le moment et la manière dont ces situations peu stables, presque incontrôlables, vont finalement se calmer. Mais le fait que ces deux événements chaotiques se produisent simultanément peut pousser à remettre en question l’affirmation (vue dans certains milieux comme de moins en moins vraisemblable) selon laquelle la démocratie est le système politique le plus fiable et le plus efficace de tous.

Si les populations américaine et britannique ont fini par s’habituer, ou presque, au chaos qui secoue leur capitale, le reste du monde assiste au désastre, abasourdi par les dysfonctionnements. Les autocrates séduisent depuis longtemps les électeurs et électrices en affirmant qu’ils vont «ramener l’ordre» après avoir mis fin au chaos, ce qui explique la légende persistante selon laquelle les trains étaient toujours à l’heure sous le règne de Benito Mussolini.

Du pain béni pour les critiques
Les crises simultanées de Washington et de Londres offrent des arguments rhétoriques aux gouvernements qui martèlent le discours sur la dégénérescence occidentale et le déclin de la démocratie. Les dirigeants chinois n’ont pas caché leur jubilation, persuadés que le monde verra d’un œil défavorable ce régime en comparaison avec leur style très structuré de gouvernance. Xinhua, l’agence de presse gérée par l’État chinois, l’a clairement énoncé dans un éditorial au sujet du shutdown, moins long, de l’année dernière : «Le système démocratique occidental est acclamé par tous les pays développés comme étant un régime politique presque parfait et le système qui convient le mieux pour diriger un pays. Toutefois, ce qui se produit actuellement aux États-Unis risque de faire réfléchir un certain nombre de gens à travers le monde quant à la viabilité et la légitimité d’un système politique aussi chaotique».

Cette année, les médias chinois se réjouissent des conséquences potentiellement catastrophiques sur l’économie américaine d’un shutdown qui s’est éternisé, et qui se traduit par une dégradation des cotes de crédits américaines et une hausse des coûts d’emprunt. Le titre de cet article, «Posséder des obligations du gouvernement américain revient à avoir une bombe à retardement entre les mains», est très représentatif de cette tendance.

La Russie tient un discours similaire. Un article d’opinion publié par RT, média financé par le Kremlin, a décrit la débâcle du Brexit comme l’effondrement inévitable d’un «État né dans le mercantilisme et soutenu par des siècles de domination et de colonialisme», concluant que «le Royaume-Uni tel que nous le connaissons a dépassé sa date limite de péremption».

Dans les autres démocraties, les observateurs se contentent d’assister au désastre, embarrassés. En Inde, un éditorial du Hindustan Times a affirmé : «Cela nous en dit beaucoup sur l’utilité d’organiser des référendums proposant des choix binaires pour traiter des problèmes d’une grande complexité. Le monde entier devrait tirer une leçon de ce que traverse le Royaume-Uni». À Hong Kong, où les défenseurs de la démocratie luttent pour repousser une Chine de plus en plus intrusive, Richard Harris, chroniqueur au South China Morning Post, a critiqué les «attaques personnelles agressives» contre les législateurs pris dans la bataille du Brexit, soutenant que «Churchill devait se retourner dans sa tombe».

Dans les pages du Daily Maverick, quotidien d’Afrique du Sud, l’expert en sécurité David Africa a observé qu’un «conflit entre la politique rationnelle, la politique fondée sur des “vérités alternatives”, et la nostalgie impériale ancrée dans le nationalisme blanc» était à l’œuvre à la fois en Grande-Bretagne et aux États-Unis, compromettant les perspectives d’alliance «à un moment où un partenariat euro-africain dans les domaines du commerce et de la sécurité» pour créer un contrepoids à l’intervention économique chinoise «serait non seulement une véritable nécessité, mais se révèlerait parfaitement possible».

Les impasses de la démocratie
Si les impasses que l’on rencontre de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas identiques, elles révèlent toutes deux les dessous de la démocratie contemporaine. Le shutdown américain est le résultat de profonds clivages politiques et sociaux qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’un président narcissique, dont les positions politiques sont motivées non par la raison, mais par les attentes d’une base politique endurcie et par les conseillers qui ont sa faveur. Alimenté par l’envie de se tenir informé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et par les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont une soif insatiable pour les polémiques qu’ils peuvent liker et partager, le débat privilégie la stratégie de la corde raide à la résolution individuelle des problèmes.

Si les shutdowns précédents, qui se sont produits périodiquement, ont toujours fini par être résolus, celui-ci se distingue des autres : non seulement il a été le plus long de l’histoire américaine, mais il s’est inscrit dans un contexte de désordre de l’administration Trump, qui fait fi des conventions, des problèmes juridiques croissants du président et des questions de plus en plus nombreuses sur la véritable nature de sa loyauté (autre que celle qu’il a envers lui-même). Conférence du 7 février 2019 donnée à l’École des hautes études en sciences sociales sur la crise de la démocratie

En Grande-Bretagne, les enjeux sont encore plus élevés. La décision fatidique de l’ancien Premier ministre David Cameron de risquer un référendum public pour déterminer l’avenir du pays a coïncidé avec une crise sans précédent révélant les frustrations quant au sort des classes moyenne et ouvrière dans un contexte d’immigration croissante, d’automatisation, d’inégalités des salaires et de stagnation salariale. Les organisateurs du référendum sur le Brexit ont fait profil bas dès que la mesure a été adoptée, laissant à la Première ministre Theresa May la mission impossible de convaincre à la fois l’Union européenne et le Parlement britannique de soutenir un accord qui, aussi astucieux soit-il, causerait un préjudice irréparable aux deux parties.

Guerre insidieuse
Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, la démocratie est ébranlée non seulement par son poids naturel, mais aussi par les efforts calculés de l’extérieur pour exploiter ses vulnérabilités et saper sa confiance. Les interférences russes dans l’élection américaine et dans le référendum sur le Brexit, ainsi que dans les élections d’autres pays, sont désormais prouvées. Tant que des technologies beaucoup plus sophistiquées ne seront pas mises au point, protéger les élections à venir contre ce genre de guerre insidieuse de l’information perpétrée par le Kremlin et ses mandataires nécessiterait des efforts actifs et intrusifs pour réglementer les réseaux sociaux et l’information en ligne, qui risquerait de remodeler les débats publics. À l’heure actuelle, ce genre de méthodes constitue une menace permanente pour la démocratie. Et elle ne peut être écartée sans un contrôle beaucoup plus rigoureux de ce qui circule sur Internet, une voie qui comporte des risques évidents et élevés.

Parmi les préoccupations actuelles, aucun des deux pays n’a trouvé comment se protéger, à l’avenir, contre d’autres intrusions du même type, et encore moins comment équilibrer les intérêts concurrents dans un monde où le numérique est en rapide évolution.

Tout cela soulève des questions fondamentales sur la viabilité et l’attrait de la démocratie. Francis Fukuyama a reconnu il y a longtemps que sa théorie de 1992 selon laquelle nous avions atteint la «fin de l’histoire», aboutissant au triomphe mondial de la démocratie libérale, était, au mieux, prématurée. Pourtant, la croyance selon laquelle, toutes choses étant égales par ailleurs, la démocratie est à la fois un système plus juste et plus fonctionnel que n’importe quel autre, reste très répandue. Ce qui signifie que si les pays et les peuples étaient en position de reprendre leur destin en main, la démocratie serait la voie la plus évidente.

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A Munich, le fossé se creuse entre États-Unis et Europe

Angela Merkel mike penceLa conférence internationale qui s’est achevée dimanche a mis en lumière les désaccords transatlantiques sur plusieurs dossiers cruciaux, sur fond de dislocation de l’ordre international.

Si certains avaient encore des illusions sur l’état de la relation transatlantique à l’ère Trump, la 55e conférence de Munich sur la sécurité, réunie du vendredi 15 au dimanche 17 février, devrait leur avoir ouvert les yeux pour de bon : tant les interventions publiques des dirigeants que les rencontres à huis clos entre délégations ont révélé au grand jour la dégradation spectaculaire des rapports entre l’Europe et les États-Unis sur plusieurs dossiers cruciaux, dans une atmosphère de plus en plus acrimonieuse et sur fond de dislocation de l’ordre international.

La fracture est allée en s’aggravant depuis que, en mai 2018, le président Trump a annoncé le retrait de Washington de l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien (JCPOA), malgré les efforts déployés par le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la première ministre britannique Theresa May pour l’en dissuader. Sans surprise, c’est à nouveau sur l’Iran que s’est cristallisée l’opposition entre les Européens et l’administration Trump ces derniers jours.

Discours moralisateur
A Varsovie, où les États-Unis avaient convoqué une réunion internationale, les 13 et 14 février, pour tenter de monter un front contre Téhéran, le vice-président américain Mike Pence a appelé les Européens à se retirer eux aussi du JCPOA, alors même que plusieurs pays de l’Union européenne (UE), dont la France et l’Allemagne, avaient ostensiblement refusé d’envoyer leur ministre des affaires étrangères à cette réunion.

M. Pence a ensuite fait le voyage à Munich, où devant un parterre de hauts-responsables européens, il a réitéré cette exigence, accompagnée de la demande à l’adresse des trois grands pays membres de l’UE (Allemagne, France, Royaume-Uni), de « cesser d’affaiblir les sanctions américaines contre l’Iran » allusion au mécanisme Instex récemment mis en place pour tenter de contourner l’extra-territorialité de ces sanctions en matière de commerce.

Le discours moralisateur débité par M. Pence à Munich, samedi 16 février, mêlant admonestations et reproches, sans même s’encombrer des habituelles fioritures transatlantiques sur la solidité des engagements des États-Unis à l’égard de leurs alliés ou au sein de l’OTAN, a reçu un accueil glacial.

Le vice-président a longuement évoqué la crise vénézuélienne, se félicitant cette fois-ci que « quelque 30 pays alliés en Europe » aient « suivi » les États-Unis pour reconnaître l’opposant Juan Guaido comme « seul président légitime » et priant l’UE d’en faire autant. Il a également mis en garde les Européens contre la société chinoise Huawei et les achats de gaz russe. « Sous Donald Trump, a-t-il conclu, les États-Unis sont de nouveau le leader du monde libre. »

Une partie du « monde libre », cependant, s’accommode visiblement assez mal des méthodes de ce leadership. Le ton n’est pas tout à fait nouveau pour les Européens, déjà secoués, en décembre 2018, par un discours très dur du secrétaire d’État Mike Pompeo à Bruxelles.

Mais au-delà du ton, les contentieux s’accumulent. Sur la Syrie, par exemple, les partenaires européens engagés militairement aux côtés des États-Unis sont furieux de la manière dont est organisé  ou plutôt n’est pas organisé,  le retrait de leurs troupes brusquement annoncé par M. Trump en décembre. Les alliés, selon un haut-responsable français, se trouvent « mis devant le fait accompli » par des dirigeants américains qui leur disent « on part, vous restez » et cherchent à leur faire porter la responsabilité d’une décision prise à la hâte. « J’ai abordé sans fard les questions que cela soulevait », a tweeté, vendredi, la ministre française de la défense, Florence Parly, à l’issue d’une réunion visiblement sans résultat de la coalition contre l’organisation État islamique (EI) avec les Américains.

Une critique en règle
Face à cet assaut, et en l’absence d’Emmanuel Macron qui, en raison de la situation tendue en France, avait renoncé à venir à Munich, c’est Angela Merkel qui s’est chargée de la riposte, dans un discours d’une fermeté sans précédent à l’égard des États-Unis. Que ce rôle soit revenu à la chancelière allemande, autrement dit à la dirigeante du pays qui, pendant plus d’un demi-siècle, fut le plus fidèle allié de Washington sur le continent européen, en dit long sur l’état délétère de la relation transatlantique.

Samedi matin, c’est à une critique en règle des positions de M. Trump que s’est livrée Mme Merkel. Sur le commerce, par exemple, où elle n’a pas hésité à se dire « choquée » par les récentes accusations de l’administration américaine qualifiant les importations d’automobiles européennes de menaces pour la sécurité nationale. « Si ces voitures deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors je trouve cela effrayant », s’est-elle indignée.

Sur les dossiers sécuritaires, Mme Merkel ne s’est pas davantage privée de faire la leçon au président américain, même si elle s’est gardée de prononcer une seule fois son nom. Si elle n’a pas manqué d’évoquer ses désaccords sur l’Iran et la Syrie, c’est surtout sur le retrait des États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI »), signé en 1987 par Washington et Moscou, qu’elle s’est attardée. A ses yeux, cette décision est « une très mauvaise nouvelle » car ce traité concerne au premier chef la « sécurité » des Européens, a-t-elle rappelé, avant d’inviter la Chine à se joindre aux Américains et aux Russes pour participer à des négociations sur le réarmement.

La proposition de Mme Merkel a cependant aussitôt été rejetée par le responsable des affaires internationales du parti communiste chinois, Yang Jiechi, également présent à Munich : « La Chine, a-t-il dit, développe ses capacités strictement en fonction de ce dont elle a besoin pour se défendre et ne pose aucune menace à qui que ce soit. Nous sommes donc opposés à la multi-latéralisation du traité FNI. »

« Se défait comme un puzzle »
De son côté, Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe, a voulu mettre à profit les « tensions » qu’il a constatées entre Américains et Européens pour appeler ces derniers à se rapprocher de la Russie et de la « communauté eurasiatique ». Malgré ses assurances sur la disponibilité de Moscou à discuter du renouvellement du traité New Start sur la limitation des armes nucléaires stratégiques, qui arrive à échéance en 2021, les experts se font peu d’illusions sur les chances de voir celui-ci aboutir.

Alors qu’elle s’apprête à quitter prochainement le pouvoir, au plus tard en 2021, Mme Merkel croit-elle encore possible, « dans ce monde qui se défait comme un puzzle », de « trouver des solutions partagées » ?  Si elle nourrit des doutes, elle ne les a, en tout cas, pas montrés, citant pour conclure une phrase prononcée, vendredi, par le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham : « Le multilatéralisme, c’est compliqué, mais c’est toujours plus simple que d’agir seul », avait-il déclaré. « J’ai été heureuse de l’entendre », s’est-elle félicitée avant de quitter la tribune sous une standing-ovation digne de celles qu’on réserve aux artistes que l’on croyait éternels et dont on s’aperçoit qu’ils font peut-être leur dernière tournée.

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Theresa May demande «du temps» pour revoir son accord avec l’Union européenne

thérésa mayTheresa May a indiqué qu’elle échangerait de nouveau avec certains dirigeants des 27 autres pays de l’UE ce mardi et tout au long de la semaine

Theresa May tente toujours de sauver le Brexit. La Première ministre britannique a souligné ce mardi devant les députés qu’elle avait « besoin de temps » pour discuter avec l’Union européenne de modifications à l’accord de Brexit conclu avec Bruxelles qui puissent satisfaire son parlement, prolongeant ainsi l’incertitude sur les modalités du divorce.

Le Brexit, prévu le 29 mars, se rapproche dangereusement. Depuis le rejet massif de l’accord de retrait par les députés en janvier, la dirigeante britannique tente de rouvrir les négociations avec Bruxelles pour élaborer une nouvelle version du texte, mais se heurte jusqu’ici au refus de ses homologues européens.

Les discussions bloquées autour du « backstop »
« Après nous être mis d’accord avec l’UE sur des discussions supplémentaires, nous avons à présent besoin de temps pour achever ce processus », a-t-elle affirmé devant la Chambre des Communes. « Dès que nous aurons réalisé les progrès nécessaires, nous proposerons un nouveau vote » sur l’accord de retrait à l’agenda, a-t-elle assuré, sans donner de date.

Theresa May a ajouté qu’elle échangerait de nouveau avec certains dirigeants des 27 autres pays de l’UE mardi et tout au long de la semaine. Les discussions entre Theresa May et les dirigeants européens butent jusqu’ici sur la question du filet de sécurité irlandais (« backstop » en anglais), prévu pour éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord britannique et la République d’Irlande. Ce dispositif prévoit, en dernier recours, de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, ainsi qu’un alignement réglementaire sur l’UE plus poussé pour l’Irlande du Nord.

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Theresa May reste « déterminée » à mettre en oeuvre le Brexit dans les temps

thérésa mayLe Sunday Times évoque un projet d’évacuer la reine Elizabeth II de Londres en cas d’émeutes provoquées par un « no deal »

La Première ministre britannique Theresa May a réaffirmé dimanche sa détermination à mettre en œuvre le Brexit à la date prévue du 29 mars et à obtenir des concessions de l’UE sur l’accord de divorce, malgré le refus de Bruxelles de le renégocier.

« Je suis déterminée à mettre en œuvre le Brexit, et déterminée à le mettre en œuvre dans les temps  le 29 mars 2019 », a écrit la dirigeante conservatrice dans une tribune publiée dimanche par « The Sunday Telegraph ».

Elle a ainsi écarté la possibilité d’un report du Brexit, comme l’ont suggéré plusieurs responsables politiques, dont le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt ou le ministre du Commerce extérieur Liam Fox, afin de permettre l’adoption de la législation nécessaire à son exécution. Theresa May a également dit vouloir trouver une issue sur le Brexit qui soit susceptible de rallier une majorité au Parlement, Brexiters comme europhiles.

« Je serai armée d’un nouveau mandat »
« Quand je retournerai à Bruxelles, je me battrai pour la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, je serai armée d’un nouveau mandat, d’idées nouvelles et d’une détermination renouvelée pour convenir d’une solution pragmatique qui mette en oeuvre le Brexit », a-t-elle insisté.

Après le rejet cinglant mi-janvier, de l’accord de divorce conclu avec l’UE, les députés ont adopté mardi un amendement demandant des « arrangements alternatifs » aux dispositions relatives au « filet de sécurité » (ou « backstop ») visant à éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Cette clause très controversée prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE, avec en sus, pour la province britannique d’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes. Les députés britanniques, en particulier les Brexiters, estiment qu’elle conduira à l’amarrage permanent de leur pays à l’UE.

Après le vote de cet amendement, Theresa May a dit vouloir rouvrir les négociations avec l’UE dans l’espoir d’éviter un « no deal », même si les Européens lui ont jusqu’ici adressé un refus ferme.

« C’est ce que le Parlement m’a chargée de faire », a-t-elle soulignée dans le Sunday Telegraph, affirmant que le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, y était également favorable. Un soutien du Labour pourrait lui permettre de faire avaliser son accord, espère-t-elle. « Si nous nous serrons les coudes et parlons d’une seule voix, je crois que nous pouvons trouver la juste voie », a insisté Mme May.

Elle a réfuté qu’une réouverture des négociations sur le « backstop » menacerait l’accord de paix de 1998 ayant mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord, comme l’a soutenu le ministre irlandais des Affaires étrangères dans le Sunday Times.

La cheffe de l’exécutif s’est engagée à faire voter un accord remanié « dès que possible ». Dans le cas où elle ne l’obtiendrait pas d’ici au 13 février, elle organisera un vote à la Chambre des communes le 14 février pour laisser les députés s’exprimer sur ce qu’ils veulent.

Évacuation de la reine ?
Downing Street a par ailleurs démenti dimanche des informations de presse selon lesquelles le gouvernement prévoyait d’organiser des élections anticipées le 6 juin, alors que le Parti travailliste apparaît en position de faiblesse.

Selon un sondage publié par l’hebdomadaire de gauche The Observer et réalisé auprès plus de 2.000 personnes, le Labour recueillait fin janvier-début février 34% d’intentions de vote, devancé de sept points par les conservateurs (41%). Il précise que des députés travaillistes envisagent de créer un nouveau parti, déçu notamment de la gestion du Brexit par Jeremy Corbyn.

Sans accord, le Royaume-Uni risque de quitter le bloc européen sans garde-fou fin mars, une hypothèse redoutée par les milieux économiques. « Nous serions capables de gérer un tel scénario mais il ne serait pas dans notre intérêt de s’engager sur cette voie », a déclaré Liam Fox sur Sky News, alors que les scénarios catastrophes se multiplient dans la presse.

Dimanche, le constructeur automobile japonais Nissan a annoncé qu’il renonçait à produire l’un de ses modèles, le crossover X-Trail, en Angleterre. « L’incertitude persistante autour des futures relations du Royaume-Uni avec l’UE n’aide pas des entreprises comme la nôtre à planifier l’avenir », justifie Gianluca de Ficchy, le président de Nissan Europe, dans un communiqué.

Le Sunday Times évoque lui un projet d’évacuer la reine Elizabeth II de Londres en cas d’émeutes provoquées par un « no deal ». Interrogé par l’AFP, le palais de Buckingham n’a pas fait de commentaire.

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Le Royaume-Uni se fâche contre l’UE, qui qualifie Gibraltar de « colonie »

thérésa mayLe gouvernement britannique a jugé « complètement inacceptable » la référence à Gibraltar comme une « colonie » du Royaume-Uni, dans un document publié vendredi par le Conseil européen.

C’est une note de bas de page qui, dans la situation déjà tendue entre l’UE et le Royaume-Uni, ne va pas arranger les choses. Le gouvernement de Theresa May s’est agacé contre la référence à Gibraltar comme une « colonie » britannique, dans un document publié vendredi par le Conseil européen. Cette mention « Gibraltar est une colonie de la couronne britannique »  apparaît discrètement dans ce document qui propose d’exempter de visa les Britanniques souhaitant entrer dans l’espace Schengen après le Brexit pour une courte durée (jusqu’à 90 jours). Est également précisé une « controverse » entre l’Espagne et le Royaume-Uni en ce qui concerne sa souveraineté.

« Il est complètement inacceptable de décrire Gibraltar de cette façon », a réagi le porte-parole de la Première ministre britannique auprès de journalistes. « Gibraltar fait partie à part entière de la famille britannique et cela ne changera pas du fait de notre sortie de l’UE », a-t-il ajouté. Ce territoire de 6,8 km2, à l’extrémité sud de la péninsule ibérique, a été cédé par Madrid en 1713 à la couronne britannique, mais l’Espagne en revendique depuis longtemps la souveraineté.

Gibraltar craint que cet épisode « alimente le conflit »
Les 33.000 habitants du « Rocher » avaient rejeté l’idée d’une souveraineté partagée lors d’un référendum en 2002. « Toutes les parties devraient respecter le souhait démocratique du peuple de Gibraltar d’être britannique », a souligné un autre porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué.

« Le recours à un tel langage (…) ne contribue pas à bâtir un climat de compréhension et de confiance entre Gibraltar et l’Espagne alors que nous nous préparons à quitter l’UE », a réagi de son côté le gouvernement de Gibraltar dans un communiqué. « Cela aura en fait l’effet totalement inverse, en alimentant le conflit plutôt que la coopération », a-t-il ajouté. « Cela n’a pas du tout sa place dans l’Europe moderne d’aujourd’hui ».

Lors du référendum britannique de 2016 sur le Brexit, 96% des habitants de Gibraltar s’étaient exprimés en faveur de l’appartenance au bloc européen, le score le plus élevé pour le maintien. L’accord de divorce conclu entre Londres et Bruxelles, mais rejeté mi-janvier par les députés britanniques, comprend plusieurs dispositions concernant Gibraltar. Ces dernières prévoient de mettre en place des mesures pour collaborer dans la lutte contre la contrebande de tabac, entre polices, ainsi qu’en matière de droits des travailleurs et d’environnement.

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Theresa May veut rouvrir l’accord de divorce avec l’UE

thérésa mayLa Première ministre britannique Theresa May veut « rouvrir » l’accord de divorce qu’elle a conclu fin novembre avec l’Union européenne, a déclaré son porte-parole mardi, peu avant l’examen par les députés britanniques d’amendements censés leur donner la main sur ce dossier.

« Le Royaume-Uni continue de croire qu’il est absolument dans son intérêt de partir avec un accord, mais nous devons avoir un accord ayant le soutien du Parlement et cela nécessitera quelques modifications à l’accord de retrait », a-t-il déclaré lors d’un point presse régulier.

Mme May a déclaré à son cabinet, réuni mardi matin, que « des changements juridiques au ‘backstop’ seront nécessaires pour obtenir le soutien de la Chambre des communes », a-t-il ajouté, en référence à la disposition prévue dans l’accord de divorce censée éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

« Cela signifie rouvrir l’accord de retrait », a-t-il ajouté, tout en affirmant que malgré l’heure qui tourne, le gouvernement restait « déterminé à quitter (l’UE) le 29 mars » comme prévu.

Une sortie avec accord, « dans l’intérêt de l’UE comme du Royaume-Uni »
Interrogé sur la réaction de Bruxelles, qui a exclu une réouverture des négociations sur l’accord, le porte-parole a estimé que « le message des dirigeants européens est clair, ils veulent une sortie avec accord et ils comprennent que c’est dans l’intérêt de l’UE comme du Royaume-Uni ».

Il a ajouté qu' »on pouvait s’attendre à ce que la Première ministre s’entretienne avec l’UE dans la journée ». L’accord de divorce signé par Mme May avec l’UE a été rejeté à une majorité écrasante par les députés britanniques.

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Theresa May dans l’incapacité de présenter un « plan B »

thérésa mayTenue de présenter son « plan B », la première ministre britannique a notamment promis d’être plus à l’écoute du Parlement.

« L’approche du gouvernement doit changer, et elle a changé. » Tenue de présenter un « plan B » sur le Brexit, lundi 21 janvier, la première ministre britannique, Theresa May, n’a finalement fait aucune proposition tangible pour sortir de l’impasse. Elle s’est contentée d’essayer de rassurer les députés tant sur sa méthode que sur ses efforts pour essayer d’éviter un « no deal ».

Près d’une semaine après le rejet massif de l’accord de divorce qu’elle avait âprement négocié avec l’Union européenne (UE), et à dix semaines seulement de la sortie prévue de l’UE (le 29 mars), la dirigeante conservatrice a cependant balayé les propositions de l’opposition.

Retour à Bruxelles pour rediscuter de la frontière irlandaise
La première ministre a annoncé aux députés qu’elle allait retourner à Bruxelles reparler de la question du « filet de sécurité » (backstop en anglais) censé éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes après le Brexit.

« Je vais continuer à m’entretenir avec mes collègues cette semaine  dont le DUP [Parti unioniste démocrate nord-irlandais]  pour voir comment remplir nos obligations », dont celle d’éviter le retour d’une frontière, « d’une manière qui aura le plus grand soutien de cette chambre », a déclaré Mme May. « Je présenterai les conclusions de ces discussions à l’UE », a-t-elle ajouté.

Ce « filet de sécurité », qui n’entrerait en vigueur qu’à défaut d’autre solution à l’issue d’une période de transition, prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE, avec, en sus, pour l’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et douanière. Mais plusieurs ministres des affaires étrangères européens, réunis lundi à Bruxelles, ont une nouvelle fois prévenu Theresa May que l’accord conclu n’était pas renégociable.

Pas de second référendum
Mme May a déclaré qu’elle espérait que le Parlement rejetterait les appels à un second référendum sur le Brexit, lancés par des députés de l’opposition. Selon elle, un second référendum « saperait » la confiance en la politique et la cohésion sociale.

Plus d’écoute au Parlement
Theresa May a promis d’être plus à l’écoute du Parlement lorsqu’il s’agira de négocier les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et de lever les inquiétudes des élus sur l’accord de retrait qu’elle a négocié avec l’UE.

Pas de frais pour les expatriés qui demanderont un statut de résident
La première ministre a annoncé que le gouvernement renonçait à faire payer les expatriés européens pour l’obtention d’un statut de résident permanent (settled status en anglais).

Près de 3,5 millions de citoyens européens vivent actuellement au Royaume-Uni. Ils devront demander le statut de résident permanent pour continuer à travailler ou toucher des prestations sociales lorsque le pays aura rompu ses liens avec l’UE. La procédure devait coûter 65 livres (74 euros), soit le prix d’un passeport.