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L’Anses demande une information « plus claire » sur le choc toxique concernant les tampons et coupes menstruelles

tampons et coupes menstruellesUne vingtaine de cas du « syndrome de choc toxiques » sont recensés chaque année en France, un chiffre qui pourrait être sous-estimé.

Dans un rapport publié ce lundi, l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a appelé les fabricants de tampons et coupes menstruelles fabricants à fournir « une information plus claire » sur les règles d’hygiène à respecter. Selon elle, toutes ces protections intimes internes présentent en effet un risque rare mais grave de choc toxique.

L’agence, qui s’était déjà penchée à l’été 2018 sur la sécurité sanitaire des protections féminines (tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles, ou « cups »), réitère par ailleurs sa recommandation faite aux industriels « d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques » retrouvées dans ces produits, même si aucune, encore une fois, ne dépasse les seuils sanitaires.

« D’un point de vue sanitaire, le risque principal des protections féminines, c’est le risque de syndrome de choc toxique menstruel qui, bien que rare, peut avoir des conséquences dramatiques », insiste auprès de l’AFP Aurélie Mathieu, qui a coordonné cette expertise scientifique.

Une vingtaine de cas sont recensés chaque année en France mais ce nombre est sans doute sous estimé, la déclaration de cette maladie due à une infection bactérienne au staphylocoque doré n’étant pas obligatoire.

Seules 1% à 4% des femmes sont porteuses de la souche de staphylocoque impliquée dans le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, et donc potentiellement à risque.

Plusieurs exemples récents
Détecté tôt, le SCT se guérit par la prise d’antibiotiques, mais il peut aussi entraîner d’importantes atteintes digestives, musculaires, rénales, etc …  Les premiers symptômes (fièvre, éruptions cutanées, baisse de la tension) pouvant ressembler à un état grippal, le diagnostic est souvent difficile à établir.

Le 9 janvier, une adolescente de 17 ans d’abord traitée pour gastro-entérite est morte en Belgique d’une infection au staphylocoque doré, selon les autorités sanitaires fédérales. Son décès est dû « au choc septique de ses tampons », a rapporté sa famille dans les médias belges.

Le cas d’une mannequin américaine amputée des deux jambes suite à un SCT avait aussi été très médiatisé en 2015, entraînant le lancement en France d’une pétition demandant plus de transparence sur la composition des tampons.

Mais « dans l’état actuel des connaissances, le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections », estime l’Anses dans la mise à jour de son rapport d’expertise.

« Milieu de culture »
Par la suite, l’agence estime que « le risque de développer cette maladie (…) est lié aux conditions d’utilisation des protections intimes », observant que l’information sur ce risque est trop souvent absente, notamment sur les coupes menstruelles.

« Toutes les protections féminines internes bloquent l’écoulement du flux menstruel, qui se comporte alors comme une sorte de milieu de culture », explique Aurélie Mathieu.

Chez les femmes porteuses de cette souche particulière de staphylocoque, la bactérie peut alors parfois « se développer jusqu’à atteindre une charge bactérienne suffisante pour que la toxine » responsable du SCT « soit produite et passe au niveau sanguin. »

Aussi, l’anses « rappelle aux utilisatrices l’importance de respecter les règles d’hygiène liées à l’utilisation des protections », notamment la durée de port maximale et le lavage des mains avant un changement de protection.

Une enquête réalisée en 2017 par Opinion Way pour l’agence de sécurité sanitaire soulignait que ces règles étaient loin d’être généralisées : seules 61% des femmes interrogées disaient se laver les mains avant de changer de protection (24% à l’eau, 50% avec du savon et 7% avec un gel hydroalcoolique) et beaucoup déclaraient garder la même protection plus de 5 heures (22% des utilisatrices de tampons, 26% pour les serviettes et 75% pour les coupes menstruelles).

Contrairement aux États-Unis, où les protections périodiques sont considérées comme des dispositifs médicaux, dans l’Union européenne, « il n’existe pas de réglementation spécifique encadrant la composition, la fabrication ou l’utilisation des produits de protection intime », qui relèvent de la réglementation qui s’applique à l’ensemble des biens de consommation courante, rappelle l’Anses.

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L’industrie et le bâtiment, métiers les plus à risque

L'industrie et le bâtiment, métiers les plus à risqueDe 2011 à 2018, les secteurs de l’industrie et le bâtiment ont été les plus touchés par les maladies professionnelles, selon des chiffres publiés ce lundi matin.

De 2011 à 2018, seules 35,9% des maladies professionnelles déclarées ont été reconnues, soit 1 332 cas reconnus sur 3 711 déclarés, selon des chiffres fournis ce lundi matin par le ministre LSAP de la Sécurité sociale, Romain Schneider, en réponse à une question parlementaire du député socialiste Mars Di Bartolomeo.

Et, si le nombre de maladies déclarées fluctue de manière irrégulière entre 399 et 570 sur la période, le nombre de maladies reconnues diminue, lui, régulièrement, passant de 203 en 2014 à 115 en 2018. Ce qui donne une proportion de maladies reconnues qui s’effondre de 41,7% en 2014 à 26,38% en 2018, avec une baisse plus marquée pour cette dernière année, selon le ministre, qui ne donne pas d’explications sur ce phénomène.

En revanche, il détaille les secteurs les plus touchés par les maladies reconnues et, sans surprise, les activités professionnelles nécessitant un important effort physique arrivent largement en tête de ce triste palmarès. Ainsi, les activités industrielles sont les plus touchées, avec 268 cas reconnus de 2011 à 2018.

Juste derrière arrivent des secteurs liés au bâtiment, avec d’abord les salariés de «l’aménagement et le parachèvement, équipements techniques du bâtiment», avec 267 cas, puis le secteur «bâtiment, gros œuvre, travaux de toiture, industries extractives» avec 206 cas. Les salariés travaillant les métaux, le bois et faisant de la maintenance de machines et de voitures suivent avec 136 cas, devant ceux de la production alimentaire (115) et du commerce (72).

Quant aux maladies impliquées, elles répondent à une liste bien précise validée par la Sécurité sociale (le burn out n’en fait toujours pas partie, aucune maladie n’ayant été ajoutée depuis 2016). Le problème de santé le plus fréquent concerne une paralysie des nerfs, avec 353 cas de 2011 à 2018.

Les maladies des tendons suivent, avec 290 cas, devant les affections provoquées par les vibrations des outils pneumatiques (148) et les lésions du genou (98). La poussière d’amiante est, elle, à l’origine de 96 infections de la plèvre. En outre, 68 maladies du dos ont été reconnues comme des cas de maladies professionnelles, ainsi que 30 cancers du poumon, du larynx ou encore de la peau.

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Et le pire mot de passe de 2019 est …

mot de passeComme chaque année, le site Splashdata livre son classement des pires mots de passe, c’est-à-dire les plus faciles à pirater. Et comme chaque année, le Top 10 est trusté par les combinaisons les plus faciles à deviner…

Boîte mail, codes de session, identifiants de sites marchands, de services, de banques, de sécurité …

L’internaute français doit gérer en moyenne plus de 150 comptes divers et variés. Comment être original et retenir ses mots de passe ?  Certains ont trouvé la solution en utilisant  le même mot de passe pour plusieurs sites (à ne pas faire ), ou en optant pour des mots de passe simplissimes (encore moins ). Et là, ce sont les pirates qui s’en donnent à cœur joie.

Comme chaque année, le site spécialisé en cybersécurité SplashData (cliquez ici) a publié la liste des pires mots de passe des utilisateurs, ceux qui sont les plus faciles à trouver pour vous dérober vos informations. Et pour la 7e année consécutive, le grand vainqueur est « 123456 », qui a fini par avoir raison de « azerty » et surtout « password » (mot de passe en anglais), longtemps leader du classement.

Au total, un Top 100 où l’on retrouve les séquences de chiffres ou de lettres du clavier, des prénoms (la palme à « Michael », 29e, qui devance Donald 34e et Charlie 37e), des références aux séries (« Dragon » pointe en 23e position), des années de naissance (félicitations aux gens nés en 1989 – 84e -, qui ont de plus un mot de passe trop court).

Pour mémoire, un bon mot de passe doit compter au moins 12 caractères, mélange de minuscules, majuscules, chiffres et caractères spéciaux.

– Pour savoir si votre mot de passe est sécurisé, vous pouvez le tester sur https://howsecureismypassword.net/

– Pour savoir si votre mail et votre mot de passe ont déjà été piratés, vous pouvez renseigner votre mail sur https://haveibeenpwned.com/

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Entre modération et polémiques, le « Dry january » débute ce mercredi en France

dry januaryInitialement porté par l’État, ce défi, qui consiste à réduire sa consommation d’alcool, est désormais organisé par une trentaine d’associations.

Lancée en 2013 en Angleterre, l’opération « Dry january », (comprendre « Janvier sec »), est sur le point d’être lancée en France, alors qu’approche la nouvelle année. À partir de ce mercredi, une trentaine d’associations proposent en effet d’arrêter, ou du moins réduire, sa consommation d’alcool pour le mois à venir.

« C’est une campagne mobilisatrice, ludique, pour s’essayer individuellement et collectivement à une pause pendant un mois, après la période des fêtes », expliquait Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l’une des associations organisatrices.

Initialement, le projet, inédit en France, aurait dû être porté par l’État. Mais, selon les associations organisatrices, elles l’accusent d’avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne.

De virulents opposants
De fait, l’idée même du « Dry january » rencontre de nombreux opposants. Début décembre, une tribune publiée dans Le Figaro, et signée par plusieurs célébrités dont Cyril Lignac, Guy Savoy ou Pierre Arditi demandait d’arrêter « de culpabiliser les amateurs de vin ».

« Cette initiative me (Philippe Claudel, auteur de la tribune, NDLR) consterne. Et je ne sais si la placer de plus en janvier, mois de Saint-Vincent, patron des vignerons, relève de la simple bêtise ou de la provocation », peut-on par exemple lire.

Bernard Farges, président de la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées) y voit quant à lui une volonté « d’arriver à l’interdiction de consommation, c’est ça qui est derrière ».

Une accusation balayée par Nathalie Latour, qui de son côté assure qu’il n’existe « aucune volonté de prohibition ni d’abstinence totale, ce n’est pas du tout une campagne moralisatrice ni hygiéniste ».

« Ces produits ont une place importante dans la culture française. Mais il faut équilibrer les enjeux économiques, sociaux et de santé », explique-t-elle encore.

Des bienfaits réels
Reste que, selon le site de l’événement, les bénéfices d’une telle pause sont réels. En vrac, 71% des participants dormiraient mieux, 86% réaliseraient des économies d’argent, et 67% ont amélioré leur capacité de concentration.

« Les résultats sont intéressants, à court et moyen/long terme : les personnes qui ont participé arrivent ensuite à mieux réguler leur consommation d’alcool », assure Nathalie Latour.

Afin de leur venir en aide, le « Défi de janvier » s’appuie sur un site détaillé, où l’on peut s’inscrire et trouver des dépliants et des posters. « Les restaurants, les collectivités qui le souhaitent peuvent les imprimer et les afficher », complète-t-elle.

On peut également y télécharger une application en anglais baptisée Try Dry. Créée par l’association Alcohol Change, à l’origine du « Dry january » anglais, elle permet d’aider à atteindre ses objectifs lorsqu’on diminue ou arrête sa consommation d’alcool.

La consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et est responsable dans l’Hexagone de 41.000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l’agence sanitaire Santé publique France.

En outre, selon les addictologues, 80% de l’alcool vendu en France est consommé par seulement 20% de la population.

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Alcool au volant : refuser de souffler, la mauvaise idée

automobiliste alcoolAvec les fêtes, les contrôles routiers sont traditionnellement renforcés.

Attention : outre le danger encouru, essayer de feinter l’éthylomètre pour dissimuler un verre de trop est un très mauvais calcul. C’est ce qu’explique Maître Jean-Baptiste le Dall, avocat en droit automobile.

Même la nuit de la Saint-Sylvestre, il est clairement interdit, en France, de conduire avec un taux d’alcool dans le sang supérieur ou égal à 0,5 g/l de sang (ou 0,2 g/l pour les conducteurs novices soumis au régime du permis probatoire). Mais refuser de souffler dans un éthylotest lors d’un contrôle de police est-il vraiment un délit ?

Pour être tout à fait précis, une jurisprudence ancienne rappelle que le délit de refus de se soumettre au simple dépistage n’est pas prévu par les textes. C’est le refus de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’état l’alcoolique qui l’est. Mais la différence est ténue et les forces de l’ordre peuvent se passer de l’étape dépistage.

Le refus de se soumettre à ces vérifications concerne ainsi la mesure par éthylomètre et l’analyse de sang. On rappellera que ce n’est pas au conducteur de choisir la méthode de contrôle : ce choix n’appartient qu’aux agents des forces de l’ordre.

Le conducteur qui refusera de souffler dans l’éthylomètre en expliquant aux agents que, par contre, il est tout à fait d’accord pour un prélèvement et une analyse sanguine, ne pourra pas se défendre devant le tribunal en avançant qu’il a été surpris de ne pas avoir été emmené à l’hôpital pour que lui soit prélevé un échantillon sanguin. Le tribunal le condamnera en effet pour refus de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’état alcoolique.

Alcool ou refus de souffler : des sanctions identiques
Les conducteurs ignorent trop souvent que la sanction sera identique. Le refus de se soumettre aux vérifications entraînera la prise immédiate du permis de conduire dans le cadre d’un avis de rétention. Cet avis laissera la place à un arrêté de suspension provisoire du permis de conduire pris par le Préfet.

Et l’infraction sera portée à la connaissance d’un juge, puisqu’il ne faut pas l’oublier, ce refus est un délit. Le conducteur condamné ressortira ainsi du tribunal avec une suspension de permis de conduire de quelques mois, une amende de quelques centaines d’euros et se verra retirer six points sur son permis de conduire.

Attention au souffle court
Pour esquiver le contrôle, certains conducteurs vont feindre une incapacité physique ne leur permettant pas un souffle suffisant pour l’affichage d’un résultat. D’autres sont tentés de couper leur souffle pour faire croire à une panne de l’appareil (même s’il est vrai que les éthylomètres souvent sollicités ne sont pas exempts de dysfonctionnements).

De telles ruses auront du mal à prospérer. Les tribunaux considéreront qu’il y a bien refus de la part du conducteur. C’est encore ce qu’a rappelé récemment, le 26 novembre 2019, la Cour de cassation (chambre criminelle, n°19-82017) en présence d’un « procès-verbal de constatation [ayant] décrit de façon précise et circonstanciée le refus délibéré de M. D. de se soumettre aux vérifications de l’imprégnation alcoolique […], en coupant volontairement à huit reprises son souffle au bout de deux secondes ».

Dans cette affaire, la mauvaise foi du conducteur était plus qu’évidente, les agents des forces de l’ordre l’avaient également conduit à l’hôpital pour un prélèvement sanguin en vue d’une analyse. Mais « moins de deux heures plus tard, M. D. a quitté l’hôpital en fuyant et en prenant préalablement le soin de dérober ses prélèvements sanguins avec le kit de prélèvement destinés à mesurer son alcoolémie ».

Deux délits pour le prix d’un
Le refus de souffler peut s’avérer un très mauvais calcul. Il ne sera pas inutile, tout d’abord, de souligner que parfois, le résultat qui s’affiche à l’éthylomètre n’est pas aussi important que ne pouvait le redouter le conducteur. Le conducteur contrôlé peut certes avoir bu, mais le taux retenu à son encontre peut ne correspondre qu’à une contravention pour laquelle la procédure de l’amende forfaitaire sera appliquée sans mesure de suspension du permis de conduire.

Et dans le meilleur des cas, l’éthylomètre peut afficher un résultat certes positif mais en deçà du seuil contraventionnel : à partir de 0,25 mg/l d’air expiré, et 0,10 mg/l pour le régime probatoire (ce qui correspond respectivement à 0,5 g/l de sang et 0,2 g/l). Mais la plus mauvaise surprise pour celui qui tenterait d’éluder le contrôle d’alcoolémie pourrait être de se voir poursuivre non pas pour un délit mais pour deux : le refus de se soumettre aux vérifications et le délit de conduite en état d’ivresse manifeste.

Pour ce second délit, le juge ne s’appuiera pas sur le résultat d’un éthylomètre mais sur les constatations des agents pour condamner. La sanction pourra donc s’avérer plus lourde avec une condamnation pour deux délits que pour une condamnation pour un délit de conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Et du point de vue des points, l’addition sera plus élevée : avec deux délits commis concomitamment, le conducteur se verra retirer huit points sur son permis de conduire.

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Face aux faux pompiers ou faux policiers, les bons réflexes pour éviter les « arnaques aux étrennes »

etrenne.jpgFacteur, pompier, policier ou éboueur …

Si certaines professions en ont le droit, il peut arriver que des malfaiteurs se fassent passer pour ce qu’ils ne sont pas afin de vous soutirer de l’argent sous prétexte de vous vendre un calendrier. Voici quelques conseils de prudence.

Ils se présentent comme des éboueurs, ramoneurs, plombiers, policiers, gendarmes, pompiers, agents EDF, ou de La Poste, et viennent vous solliciter sur le pas de votre porte pour vous vendre leur calendrier. Attention, il s’agit peut-être d’une arnaque. Chaque année à l’occasion des étrennes, les vols par ruse font des victimes.

Les personnes âgées, cible numéro 1
Comme l’a recensé la préfecture de police de Paris, qui a mis en place un plan de prévention à l’intention des seniors, 95% des victimes de ces vols sont des personnes âgées. Dans seulement 4% des cas, elles ont moins de 60 ans. Les victimes sont souvent des habitants des beaux quartiers, où les auteurs savent que « l’état d’esprit est favorable à la générosité », constate auprès de BFMTV.com Damien Vallot, commissaire du 15ème arrondissement de Paris, qui ajoute que les particuliers ne sont pas les seules victimes, « les commerçants également ».

Un mode opératoire se dessine: un groupe « d’opportunistes » se partagent les résidences d’un quartier à l’intérieur desquelles ils démarchent, de porte-à-porte, pour vendre « des calendriers parfois de très mauvaises factures », indique le commissaire. Des cas d’arnaques aux étrennes sont répertoriés dès novembre et jusqu’en mars dans la capitale. Damien Vallot précise que certains groupes de malfaiteurs accèdent aux immeubles en se procurant les badges d’accès par le biais de leur profession.

Concernant le profil des auteurs, il s’agit « d’individus partageant la même origine géographique, notamment l’Europe de l’Est, fréquentant les mêmes foyers et résidant parfois sur le territoire de façon illégale. »

Pas d’infraction caractérisée
Le nombre d’auteurs qui a « une tendance haussière » selon le fonctionnaire est toutefois « difficile à quantifier »: « C’est une part grise de la délinquance », explique-t-il. D’abord, de nombreuses victimes renoncent à porter plainte « parce qu’elles ne se rendent pas compte qu’elles sont victimes, elles n’ont pas le sentiment de se faire voler », analyse Damien Vallot.

Et même en cas de signalement, il n’existe pas d’infraction caractérisée pour les arnaques aux fausses étrennes, ce qui empêche de chiffrer véritablement le phénomène. Ces dernières ne sont pas répertoriées en tant que telles, confirme la Police nationale à BFMTV.com, il peut s’agir de vol à la fausse qualité ou bien d’abus de faiblesse.

Vrais facteurs et pompiers autorisés
Très peu de professions ont l’autorisation de procéder aux étrennes de fin d’année. La vente de calendriers est particulièrement encadrée: seuls les facteurs et les pompiers sous réserve qu’une circulaire du préfet le permette pour ces derniers  y sont autorisés.

Pour les premiers, la vente est à leur initiative individuelle : ce sont les facteurs qui achètent les almanachs auprès d’un imprimeur, les bénéfices leur servent d’étrennes. Les ventes doivent cependant se faire en dehors de leur temps de travail et non au cours de la tournée. Le mieux est de ne faire confiance qu’à son facteur habituel ou de demander l’avis de son gardien d’immeuble. Certains facteurs affichent parfois leur photo afin de prévenir les résidents de leur prochain passage.

Quant aux seconds, qui doivent obligatoirement se présenter en uniforme, les bénéfices sont reversés à des œuvres. À Paris, les fonds sont reversés à l’Association pour le développement des œuvres sociales des sapeurs-pompiers de la capitale. Par ailleurs, ce don,  car il s’agit bien là d’un don à une association et non à proprement parler d’étrennes  permet une réduction fiscale à hauteur de 66% du montant. Les pompiers doivent ainsi être en mesure de délivrer un reçu fiscal.

Les éboueurs interdits de démarchage à Paris et Lyon
Le préfet des Hautes-Pyrénées a récemment appelé à la vigilance après le vol de vingt vestes de feu de pompiers dans le département. Dans le Bas-Rhin, des malfaiteurs se sont fait passer pour des policiers afin de vendre des calendriers, comme le rapporte L’Alsace. Or la Police nationale ne vend pas de calendrier. Si à Paris  comme le rappelle la mairie ou à Lyon, les agents municipaux comme les éboueurs ont l’interdiction formelle de solliciter les riverains lors des étrennes sous peine de sanction, c’est au cas par cas selon les communes.

Certaines villes publient régulièrement des mises en garde sur leur site internet, comme Ury, en Seine-et-Marne. La préfecture de ce département francilien a noté en 2019 « une augmentation sensible » des faits d’escroquerie, d’abus de confiance et de vols par ruse et a formulé des recommandations à destination des personnes vulnérables, notamment de ne pas ouvrir la porte à un inconnu. Certaines organisations chargées de l’enlèvement et du traitement des ordures ménagères ont ainsi décidé de ne plus autoriser leurs agents à vendre des calendriers face à la multiplication des initiatives frauduleuses, comme le Smetom de la vallée du Loing.

« Certains simulent des malaises »
Afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une escroquerie, il est préférable, avant tout échange, de faire attendre le démarcheur sur le pas de la porte : « Il ne faut surtout pas laisser entrer quelqu’un à son domicile », alerte le commissaire du 15ème arrondissement de Paris. Et si jamais vous l’accueillez chez vous, il convient de ne pas le laisser seul : « Certains simulent des malaises ou demandent un verre d’eau et profite de l’absence du particulier pour voler des objets de valeur », prévient Damien Vallot.

Vous pouvez aussi exiger du démarcheur qu’il présente sa carte professionnelle. Ne craignez pas d’être trop prudent, vous en avez le droit. Il est également possible de lui demander le document de la mairie ou de la préfecture l’autorisant à vendre ses almanachs. Dans tous les cas, les étrennes sont des dons, le prix ne peut donc pas être imposé. C’est vous qui décidez du montant. En général, entre 5 et 10 euros. Dans le doute, le mieux est de contacter votre mairie pour savoir quelle profession est autorisée à démarcher ou l’organisme pour lequel le démarcheur se présente. Dans ce cas précis, n’appelez pas le numéro que le démarcheur vous communique, il peut s’agir de celui d’un complice.

Si vous pensez avoir été victime d’une arnaque aux fausses étrennes, la police invite à porter plainte. « Cela permettra de ficher l’auteur, de dresser un portrait-robot et de corréler le mode opératoire », ajoute-t-on. Bien qu’il ne soit pas certain de pouvoir arrêter le malfaiteur, « faire un signalement est le seul moyen d’éviter que les arnaqueurs fassent de nouvelles victimes », conclut le commissaire.

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Attention à certaines courges, à ne pas manger sous peine d’intoxication

courgesL’agence sanitaire Anses met en garde les consommateurs des risques de la consommation de certains cucurbitacées.

Attention aux courges amères qui ne sont pas comestibles et peuvent être à l’origine d’intoxications graves, avertit l’agence sanitaire Anses,  alors qu’Halloween arrive en pleine saison des citrouilles, potirons, potimarrons, pâtissons et autres cucurbitacées.

La confusion est fréquente : les Centres antipoison (CAP) sont régulièrement appelés pour des intoxications liées à la consommation de « courges » non comestibles.

Certaines « sont toxiques et contiennent des cucurbitacines, substances très irritantes et amères qui peuvent être responsables rapidement après l’ingestion de douleurs digestives, de nausées, de vomissements, d’une diarrhée parfois sanglante, voire de déshydratation sévère nécessitant une hospitalisation », détaille jeudi l’Anses.

Ces substances, persistantes à la cuisson, sont naturellement fabriquées par les courges sauvages pour repousser les insectes prédateurs (chenilles …).

Les coloquintes, réservées à la décoration
Ainsi les courges ornementales comme les coloquintes, sont toutes considérées comme toxiques. Elles sont vendues dans le commerce, parfois au rayon fruits et légumes  pour un usage strictement décoratif.

Mais les courges du potager familial peuvent aussi devenir impropres à la consommation à la suite d’hybridation sauvage. Un phénomène qui se produit lorsque cohabitent des variétés amères, décoratives ou « sauvages », et des variétés comestibles dans le même potager ou dans le voisinage et que les graines sont récoltées d’année en année.

Indice : elles ont un goût amer au lieu du goût habituel neutre ou légèrement sucré des formes comestibles, et sont à jeter. Par précaution, l’Anses conseille d’acheter de nouvelles graines à chaque fois que l’on veut semer.

Des symptômes principalement digestifs
D’après une étude sur les intoxications par des courges amères enregistrées par les CAP de 2012 à 2016, 353 personnes ont présenté des symptômes, principalement digestifs, ou a minima une amertume buccale.

Il n’y a eu aucun décès, mais dans 4% des cas, les symptômes étaient prononcés ou prolongés (de gravité modérée) : diarrhée sanglante, douleurs gastriques intenses, déshydratation et/ou hypotension. Certains ont nécessité une hospitalisation.

Parmi les cas dont l’origine de la courge amère était connue, c’était le potager familial pour 54% d’entre eux et un achat dans le commerce pour les 46% restant.

Photographier la courge et conserver des restes
Selon une autre étude, sur 1159 confusions entre plantes toxiques et comestibles recensées par les CAP de 2012 à 2018, celles entre courges amères (ou coloquintes) et courges comestibles représentaient la 3e confusion la plus fréquente (8,5% du total), après celles entre plantes à bulbes toxiques et plantes à bulbes comestibles, comme les oignons, l’ail ou l’échalote (12%) et les confusions entre marron d’Inde et châtaignes (11%).

En cas de saignements digestifs abondants ou de perte de connaissance appelez le 15. Avec d’autres signes d’intoxications (troubles digestifs …) appelez le centre antipoison ou consultez un médecin.

L’agence sanitaire conseille également de photographier la courge avant consommation et de conserver des restes de repas qui serviront éventuellement à rechercher des toxiques.