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L’empire Balkany : une histoire de politique, de famille et de gros sous

BalkanyLigne Rouge revient ce lundi sur les années fastes en politique de Patrick Balkany et ses déboires judiciaires.

Lors de son procès pour fraude fiscale et corruption qui s’est ouvert en mai, le parquet national financier a requis 7 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité à son encontre. Verdict le 13 septembre.

Un caractère éruptif, une personnalité truculente et le symbole d’un système très controversé. Patrick Balkany défraye la chronique depuis près de quatre décennies. Dernièrement, c’est à des accusations de fraude fiscale et de corruption que l’édile de Levallois-Perret doit faire face. La justice, qui doit rendre son verdict le 13 septembre, lui reproche notamment d’avoir dissimulé 13 millions d’euros au fisc.

Une affaire de politique, de famille et de gros sous qui ne semble pas pour autant déstabiliser celui qui règne en maître sur cette ville cossue des Hauts-de-Seine. C’est sous les applaudissements du public, acquis à sa cause, que Patrick Balkany a fait son entrée, le 1er juillet, au premier conseil municipal suivant son procès. Malgré les sept années de prison et dix d’inéligibilité requises contre lui, le maire n’imagine pas ne pas être candidat aux municipales en 2020. Car depuis 1978, il est rompu à la politique.

Premiers pas en politiques et premiers écarts
Cette année-là, celui qui n’avait encore jamais quitté le très chic ouest parisien se lance à la conquête de l’Yonne pour les élections législatives. Pour ce galop d’essai, Patrick Balkany est vaincu mais le jeune loup de la politique a beaucoup appris et sait mettre à profit son expérience. Il part à l’assaut de Levallois-Perret, une mairie tenue depuis près de 20 ans par les communistes. Avec son épouse Isabelle Balkany, il forme un tandem incontournable et remporte sa première élection municipale en 1983, dès le 1er tour.

Le nouvel élu se transforme alors en maire bâtisseur. Finies les anciennes zones industrielles et les friches, place aux nouveaux quartiers résidentiels et aux immeubles de bureaux. Mais les premiers écarts arrivent vite …  Pendant neuf ans, de 1986 à 1995, Patrick Balkany a utilisé trois salariés municipaux comme employés de maison. Ils faisaient office de gouvernante, de valet de chambre ou de jardinier dans son moulin de Giverny, une propriété cossue avec tennis et piscine, ou dans son duplex de 500 mètres carré à Levallois-Perret.

La justice le rattrape en 1996. Les époux sont condamnés à 15 mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts. La maison Balkany se fissure: aux élections municipales de 1995, Patrick Balkany est détrôné. Son successeur, Olivier de Chazeaux, est stupéfait à son arrivée à la mairie. Il découvre l’étonnante gestion de son prédécesseur : « C’était une vraie politique bling bling » avec un parc automobile municipal des plus luxueux, livre-t-il à BFMTV pour l’enquête de Ligne Rouge.

Accusations de clientélisme et corruption
Mis à l’écart, Patrick Balkany garde toutefois un œil sur Levallois. Dans l’ombre, il s’active et repart en campagne pour les municipales de 2001, qu’il remporte. Depuis, Patrick Balkany ne quitte plus son fauteuil de maire. A chaque mandat, la même méthode: deux fois par an, pour les fêtes de fin d’année et lors du 14 juillet, les Levalloisiens de plus de 60 ans sont invités à venir retirer un cadeau en mairie.

Mais là où Patrick Balkany assure prendre simplement soin de ses administrés, l’opposition municipale y voit une pratique clientéliste. Et peu à peu, les accusations de corruption se frayent un chemin.

Hervé Boulmier, l’ancien collaborateur de Patrick Balkany, aujourd’hui fâché avec lui, évoque notamment « le mardi des promoteurs », un jour où des hommes arrivaient dans le bureau du maire avec « un attaché case bien gonflé et quand ils en ressortaient, la pochette était moins bombée ». Des soupçons qui n’ont pas été démontrés et qui n’ont pas donné lieu à des poursuites.

Montages et dissimulations
En 2013, les suspicions se renforcent grâce notamment aux révélations fracassantes de son ancien ami, Didier Schuller, condamné à un an de prison ferme dans l’affaire de financement politique dite des HLM des Hauts-de-Seine alors que Patrick Balkany a, lui, été relaxé. L’ami déçu tient sa vengeance grâce à un tuyau sur une villa de Marrakech avec « des preuves transmises à la justice ».

Les enquêteurs se penchent sur cette villa qui ne figure pas dans la déclaration de patrimoine des époux Balkany. Ils découvrent aussi une autre demeure située à Saint-Martin, dans les Antilles françaises. Ces deux propriétés sont dissimulées derrière des sociétés écrans et de complexes montages offshore. Le couple Balkany dément en être propriétaire. Pourtant, lors d’une audition, Isabelle Balkany finit par craquer. Elle reconnaît être la propriétaire de la villa Pamplemousse, un patrimoine qu’elle n’a jamais déclaré au fisc.

En revanche, le couple Balkany affirme toujours ne pas posséder la Villa Dar Gyucy de Marrakech, malgré des indices intrigants : lors d’une perquisition, les enquêteurs découvrent notamment un peignoir aux initiales de Patrick Balkany mais aussi des caisses de grand vin de Bordeaux à son nom.

Baron omniprésent
Le cadre de l’enquête s’élargit encore un peu, jusqu’au train de vie du couple qui, au quotidien, paye beaucoup en liquide.

Une employée de maison des Balkany raconte à BFMTV avoir « compté une liasse de billets qui était sur le bureau de leur chambre. Il y avait 8000 euros. C’était son argent de poche. Il avait même régulièrement des espèces dans les poches de son peignoir ». Lors du procès qui s’est ouvert le 13 mai dernier, l’accusation a dénoncé l’opacité de l’origine des fonds.

Patrick Balkany, lui, affirme que l’argent provient d’un compte familial en Suisse qui n’a jamais été déclaré. Insaisissable, comme si rien ne l’atteignait, l’homme politique trouve toujours une parade et ses déboires judiciaires ne semblent pas entacher sa popularité à Levallois. A 71 ans, le baron de la ville est toujours omniprésent, et n’a aucune intention de quitter la scène.

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Le PNF enquête sur 15 parlementaires soupçonnés de détournement de fonds publics

Le PNF enquête sur 15 parlementaires soupçonnés de détournement de fonds publicsLe parquet national financier a décidé en novembre dernier l’ouverture d’enquêtes préliminaires, sur signalement de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, contre 15 parlementaires.

Le Monde livre le détail des faits ce jeudi et note que Jean-Christophe Cambadélis fait partie des concernés. Quinze parlementaires sont sous le coup de quinze enquêtes préliminaires distinctes lancées par le parquet national financier (PNF) car ils sont soupçonnés d’avoir utilisé leur indemnité représentative de frais de mandat pour des dépenses personnelles.

Ces procédures succèdent à un signalement opéré par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Ils sont plus précisément soupçonnés d’avoir fait un mauvais usage de leurs indemnités représentatives de frais de mandat (IRFM), rebaptisées « avance de frais de mandat » en janvier 2018.

De 20.000 à 80.000 euros chacun
Les sommes concernées vont de 20.000 euros à 80.000 euros par élus, selon des informations livrées ce jeudi par Le Monde. Depuis janvier, on savait que Thierry Solère, député élu dans les Hauts-de-Seine, intégrait ce petit peloton. Le quotidien du soir détaille sur son site la composition de l’effectif concerné, évoquant sept députés et huit sénateurs, déjà élus lors de la législature précédente, dont respectivement deux et cinq sont encore en poste aujourd’hui. Le sénateur centriste Yves Détraigne et l’ex-député PS élu à Paris Jean-Christophe Cambadélis font notamment partie des concernés.

Il faut d’ailleurs noter que pour l’un ou l’autre siège, on ne parle pas tout à fait des mêmes sommes. Un député perçoit ainsi 5840 euros net mensuels d’IRFM tandis qu’un sénateur touche 6109 euros net mensuels. Si les conditions d’emploi de ces montants ont longtemps parues floues, elles ont été strictement définies à compter d’octobre 2015. Elles ne peuvent satisfaire qu’au règlement des frais de permanence et d’hébergement, de transport, de représentation, de réception, de communication et de formation. Le Sénat y ajoute la participation au fonctionnement de son groupe parlementaire.

Deux versements en question
Avant l’entrée en vigueur de ce nouveau cadre, on reproche à Yves Détraigne d’avoir utilisé ces fonds pour s’acheter deux voitures. Il s’en est expliqué auprès du Monde : « Je m’en servais aussi pour mes déplacements professionnels, j’avais eu l’aval du groupe centriste ». Les enquêteurs s’intéressent encore à plusieurs faits remontant à la période qui s’est étendue après la promulgation de la nouvelle législation, comme l’emploi d’une part de son indemnité pour l’aménagement d’un bureau pour son assistante parlementaire dans sa maison où il avait lui-même dû réinstaller sa permanence.

Enfin, son dossier pourrait comporter une dernière mention : il n’a pas rendu les trop-perçus de son indemnité d’une année sur l’autre, virant ensuite par deux fois les sommes constituées du compte dédié à son IRFM vers des comptes personnels. Ces deux transferts portent sur plusieurs dizaines de milliers d’euros chacun mais sont tous deux antérieurs à octobre 2015. Le juge pénal devra donc examiner l’ajout ou non de ces faits à la procédure.

Jean-Christophe Cambadélis est quant à lui soupçonné d’avoir réalisé des paiements personnels, pour un montant total de près de 80.000 euros, dont ses cotisations au PS grâce à son IRFM. Il a contesté auprès du quotidien du soir et assuré les avoir réglées en prenant sur son salaire.

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Nordahl Lelandais : « Les époux Noyer n’attendent plus rien » estime leur avocat, en prévision de la reconstitution des faits

parents arthur noyerUne reconstitution des faits est prévue, ce mercredi, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’Arthur Noyer, en avril 2017. Les parents du défunt décideront ce soir « s’ils se rendront ou non sur les lieux » a expliqué leur avocat sur franceinfo.

« Les époux Noyer descendront sur Chambéry dans la journée », a confié mercredi 20 mars, à franceinfo, maître Bernard Boulloud, conseil de six familles de disparus dont celle des parents du caporal Arthur Noyer. « Nous déciderons ce soir, sur place, s’ils se rendront ou non sur les lieux de la reconstitution. »

Dans cette affaire, Nordahl Lelandais est mis en examen. De son côté, l’avocat assistera quoi qu’il arrive à la reconstitution. Il a également fait savoir que les parents d’Arthur Noyer « n’attendent plus rien de Nordahl Lelandais. »

Trois zones et un dispositif de sécurité renforcé
Une reconstitution des faits en présence de Nordahl Lelandais est organisée ce mercredi à Chambéry (Savoie) dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’Arthur Noyer en avril 2017, rapporte France Bleu Pays de Savoie.

Elle est organisée de nuit et devrait conduire les magistrats, les enquêteurs, les experts, les avocats et l’assassin présumé, mis en examen dans le dossier, dans trois zones de Chambéry : le quartier Curial dans le centre-ville, le quartier militaire et résidentiel de Roc Noir et à Cruet, commune au pied du massif des Bauges, là où les ossements du caporal ont été découverts.

La reconstitution retracera en fait le chemin fait par les deux hommes ce soir-là, d’après ce qu’ont révélé leur téléphone portable. Lors de son audition, lundi, Nordahl Lelandais aurait maintenu sa version des faits. Celle d’une rencontre, d’un trajet en stop et d’une bagarre mortelle. Un important dispositif de sécurité devrait être déployé. Lors de la même procédure, dans l’affaire Maëlys en septembre 2018, 200 gendarmes et CRS avaient été mobilisés pendant plus de 7h en pleine nuit.

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Nordahl Lelandais : le « coup de colère » des familles de disparus

Nordahl LelandaisDes familles de disparus ont poussé mercredi à Lyon un « coup de colère ». Elles déplorent de ne pas savoir si leur dossier fait partie ou non de la « quarantaine » pouvant avoir un lien avec Nordahl Lelandais, selon l’avocat Me Bernard Boulloud.

« L’intervention du général Lecouffe, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a fustigé à l’issue d’une conférence de presse Me Boulloud, conseil de six familles de disparus. Le sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie nationale, Jean-Philippe Lecouffe, avait annoncé le 18 février que la cellule « Ariane » avait dégagé une liste d’une « quarantaine » d’affaires dans lesquelles la piste de Nordahl Lelandais pouvait être envisagée.

« Déshumanisation » de la justice
Cette cellule spécialisée a été créée en janvier 2018 pour effectuer des recoupements entre le « parcours de vie » de Nordahl Lelandais et quelque 900 dossiers de disparitions ou de crimes non élucidés dans une vingtaine de départements.

Nordhal Lelandais est mis en cause notamment pour l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017 lors d’une fête de mariage, et pour la disparition et l’assassinat du caporal Arthur Noyer, en avril 2017 après une soirée dans le centre de Chambéry.

« On ne sait pas qui sont les quarante dossiers sélectionnés, les services judiciaires n’informent pas les familles », a regretté l’avocat, pointant du doigt la « déshumanisation » de la justice. « Si cette porte (Nordahl Lelandais) est fermée, on en prendra acte mais on ne sait rien, on est dans l’expectative, la douleur et moi, comme avocat, je fais le tampon », a estimé Me Boulloud, qui défend notamment les parents d’Arthur Noyer.

Prise en compte des familles
Selon les gendarmes, parmi la quarantaine de dossiers évoqués, une « majorité » sont des disparitions inquiétantes, « moins d’une dizaine » concernent des mineurs et beaucoup se situent « dans la région Rhône-Alpes, sans que cela soit exclusif ».

Pour le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l’association Assistance recherche de personnes disparues (ARPD), Philippe Folletet, cette absence d’information des proches « pose la question de la prise en compte des familles, qui ne sont pas considérées comme des victimes par les services de police et de gendarmerie ».

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Omar Raddad continue de se battre pour obtenir une révision de son procès

omard raddadDepuis des mois, la défense Omar Raddad, condamné en 1994 à 18 ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal, réclame les résultats de contre-expertises obtenues en juillet dernier auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Une association a lancé une pétition pour accélérer les choses.

« A ce jour, il ne se passe rien, on n’est au courant de rien. » Me Sylvie Noachovitch qualifie auprès de BFMTV.com la situation d' »insupportable« . L’avocate d’Omar Raddad, condamné à 18 ans de prison en 1994 pour le meurtre de sa patronne Ghislaine Marchal, réclame depuis plusieurs mois les résultats de contre-expertises ordonnées par le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence au mois de juillet dernier. Depuis, rien n’a été communiqué.

L’hypothèse d’une nouvelle piste dans cette célèbre affaire criminelle remonte à 2015. Grâce à une loi votée un an plus tôt pour faciliter la révision des procès, de nouvelles expertises ont permis de retrouver sur les deux portes où avait été écrit, en lettres de sang, « Omar m’a tuer », quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes, dont deux sont parfaitement exploitables et deux autres le sont partiellement. Des tests avaient exclu l’ADN d’Omar Raddad.

2.200 signatures sur une pétition
Une des empreintes exhumées dans ce dossier qui remonte à 1991, date de la mort de Ghislaine Marchal assassinée de 13 coups de couteau au thorax et 5 à la tête avec un chevron dans sa villa de Mougins dans les Alpes-Maritimes, a toutefois « matché » avec un ADN inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Les gendarmes avaient localisé ce nouveau suspect dans la Nièvre. Connu uniquement de la justice pour « des faits d’une relative banalité », de nouvelles comparaisons avaient écarté cette piste en février 2018.

Quelques jours plus tard, le procureur de Nice estimait que l’affaire était close, précisant qu’il n’était pas possible de faire plus pour la manifestation de la vérité. Un recours avait été déposé auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, les nouvelles contre-expertises avaient alors été ordonnées pour tenter d’innocenter définitivement Omar Raddad qui a obtenu une grâce partielle présidentielle en 1996. L’ancien jardinier de nationalité marocaine aujourd’hui âgé de 56 ans souhaite la tenue d’un procès en révision de sa condamnation.

En parallèle de cette bataille judiciaire, une association Dynamic Maroc, qui œuvre à l’amitié entre la France et le Maroc, a lancé une pétition en ligne pour alerter l’opinion publique sur la situation. « L’objectif de la pétition, c’est d’obtenir les résultats de ces nouvelles expertises dans un délai raisonnable à la fois pour Omar Raddad mais aussi pour trouver les véritables auteurs de ce crime », explique Najwa El Haïté, la présidente de l’association. « C’est une bonne piqûre de rappel », conclut Me Sylvie Noachovitch alors que la pétition a atteint un peu plus de 2.200 signatures.

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Nouveau coup dur pour Justin Trudeau après la démission d’une ministre

justin trudeauUne nouvelle ministre canadienne a démissionné, après les accusations d’ingérence de Justin Trudeau et de son entourage dans une procédure judiciaire.

La crise politique sans précédent qui secoue le gouvernement canadien de Justin Trudeau s’est encore aggravée lundi avec la démission surprise d’une ministre, dans la foulée des accusations d’ingérence du Premier ministre et de son entourage dans une procédure judiciaire.

« Je me suis penchée sur les événements qui ont secoué le gouvernement fédéral ces dernières semaines et après une sérieuse réflexion, j’en ai conclu que je devais démissionner », explique Jane Philpott dans une lettre au Premier ministre libéral. Ancienne ministre de la Santé puis des affaires autochtones, elle avait été promue présidente du Conseil du Trésor, responsable du budget, lors d’un remaniement mi-janvier.

Bien que cette décision le « déçoive », Justin Trudeau a dit qu’il la « respect(ait) ». Devant des militants libéraux lundi soir à Toronto, il a assuré « prendre très au sérieux (…) les inquiétudes » suscitées par cette affaire qui, selon lui, va générer « plus de questions et de réponses dans les jours et les semaines à venir ».

Le coup est rude pour M. Trudeau alors que des élections législatives sont prévues en octobre : il s’agit de la troisième démission dans son entourage depuis que son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a dit avoir subi des « pressions » inappropriées du Premier ministre et de son entourage pour qu’elle tente d’éviter un procès au géant du BTP SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould elle-même a quitté le gouvernement le 12 février, suivie quelques jours plus tard par le principal conseiller de M. Trudeau, Gerald Butts. Ce dernier, mis en cause par l’ancienne ministre de la Justice, doit livrer sa version des faits mercredi devant les députés.

Accusé depuis 2015 de corruption
Pour justifier sa démission, Mme Philpott, au gouvernement depuis 2015 et réputée proche de Mme Wilson-Raybould, explique n’avoir « plus confiance dans la façon dont le gouvernement a géré cette affaire et dans sa réponse à ces questions ».

Après sa démission, Mme Wilson-Raybould a accusé M. Trudeau et sa garde rapprochée d’avoir exercé sur elle des pressions assorties de « menaces voilées », pour qu’elle intervienne auprès du bureau des procureurs en faveur de SNC-Lavalin.

Le groupe québécois est accusé depuis 2015 de corruption pour avoir versé 48 millions de dollars canadiens de pots-de-vin (32 millions d’euros) à des responsables libyens du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, entre 2001 et 2011, pour décrocher d’importants contrats dans ce pays.

Un accord hors cour entre la justice et SNC-Lavalin aurait permis à cette société, qui emploie 50 000 personnes dans le monde dont 9000 au Canada, d’échapper à une condamnation pouvant compromettre son avenir. Mme Wilson-Raybould a finalement refusé d’intervenir et un procès est toujours prévu, à une date encore indéterminée.

Une crise diplomatique avec la Chine
Le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer a immédiatement fustigé « un gouvernement en plein chaos, dirigé par un Premier ministre en disgrâce ». En tête dans les derniers sondages, il a appelé les ministres du gouvernement à se poser les mêmes questions que Mme Philpott, et à en tirer les mêmes conséquences.

Lors du remaniement de la mi-janvier, Mme Wilson-Raybould avait été rétrogradée au poste de ministre des Anciens combattants. Elle s’est dite persuadée d’avoir été punie pour n’avoir pas cédé aux pressions.

« L’affaire SNC-Lavalin », comme l’a baptisée la presse canadienne, tombe d’autant plus mal pour le Premier ministre qu’il doit déjà affronter une crise diplomatique sans précédent avec la Chine depuis l’arrestation de la directrice financière du géant chinois Huawei début décembre à Vancouver.

Meng Wanzhou a été arrêtée à la demande des États-Unis, qui exigent son extradition pour violation présumée des sanctions américaines contre l’Iran. La Chine n’a cessé depuis d’appeler Ottawa à la remettre en liberté. Justin Trudeau, de son côté, n’a cessé d’invoquer l’indépendance du système judiciaire canadien, qui vient de donner son feu vert au processus d’extradition de Mme Meng.

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Alexandre Benalla sort de prison « heureux et soulagé »

alexandre benallaAlexandre Benalla a quitté mardi soir la prison parisienne de la Santé en se disant « heureux et soulagé », après la fin de sa détention provisoire décidée par la cour d’Appel de Paris.

L’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron était incarcéré depuis une semaine pour ne pas avoir respecté le contrôle judiciaire qui lui interdisait d’entrer en contact avec l’ex-salarié de la République en marche Vincent Crase dans l’enquête sur les violences du 1er mai 2018. M. Crase devait pour sa part quitter la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines) dans la soirée.

Devant une douzaine de journalistes, M. Benalla s’est déclaré « heureux et soulagé » et a remercié son avocate, Jacqueline Laffont, « de s’être battue jusqu’au bout », avant de s’engouffrer dans un taxi. La cour d’appel de Paris a infirmé mardi la décision prise le 19 février par un juge des libertés et de la détention (JLD) de placer en détention provisoire les deux hommes.

C’est une victoire pour les avocats des deux hommes qui contestaient le bien-fondé de cette incarcération, ordonnée sur la base d’enregistrements clandestins publiés par Mediapart le 31 janvier et dont l’origine reste inconnue.