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Bientôt une solution aux querelles pour le Wi-Fi à la maison ?

Wi-FiUne équipe de chercheurs a mis au point un programme capable de déterminer quel contenu nécessite plus de bande passante qu’un autre. Améliorant ainsi l’expérience des uns, sans détériorer celle des autres.

Quand un réseau Wi-Fi est partagé entre plusieurs utilisateurs, il peut devenir difficile de profiter de contenus vidéo en bonne qualité. Pixellisation de l’image, ralentissements … De quoi gâcher l’expérience d’un bon film ou d’un match de football. Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pense avoir trouvé la solution pour venir à bout de ce problème, a repéré le média américain spécialisé Engadget.

Le groupe du Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory a mis au point un programme appelé Minerva, capable d’analyser les vidéos avant de les lire pour déterminer dans quelle mesure l’expérience utilisateur serait affectée si elles étaient lues en qualité inférieure.

Répartir la bande passante selon le contenu
Un match nécessite une meilleure qualité d’image qu’un banal dessin animé. Actuellement, quand deux personnes sont connectées à un même réseau Wi-Fi, que l’une regarde du football sur son ordinateur et que l’autre choisit de voir La Reine des neiges sur sa tablette, elles se partagent équitablement la bande passante. Si ce n’est pas dérangeant quand il s’agit d’un dessin-animé, ça l’est nettement plus pour un match en haute définition.

Avec Minerva, le problème n’existera plus : le programme déterminera que le contenu sportif nécessite plus de bande passante que l’autre. Mais le champ d’application de ce programme informatique ne se limitera pas au Wi-Fi familial. Il pourrait fonctionner sur les connexions internet de régions entières et rendrait ainsi très heureux les amateurs de plateformes de streaming comme Netflix.

Mieux encore, le système pourrait être introduit par les fournisseurs vidéo sans avoir besoin de changer de matériel, assure l’équipe. Mais il faudra se montrer patient, le projet est encore au stade expérimental.

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Le premier téléphérique transfrontière au monde reliera la Russie à la Chine

téléphériqueUn projet inédit de téléphérique transfrontière est enclenché dans l’Extrême-Orient russe.

Ses télécabines relieront en 7 minutes la Russie à la Chine en enjambant le grand fleuve Amour qui sépare les deux nations en ce lieu. Un cabinet d’architecte néerlandais a été retenu pour concevoir la future gare côté russe.

Alors que les téléphériques urbains fleurissent dans le monde, c’est un projet totalement inédit qui prend corps en Asie, dans l’Extrême-Orient russe. Le premier téléphérique transnational au monde reliera bientôt la Chine et la Russie, enjambant le fleuve Amour, vraie frontière naturelle dans cette zone.

Longue de 970 mètres, la future liaison acheminera dès 2022, en moins de 7 minutes, des passagers entre les villes de Heihe en Chine et de Blagoveshchensk en Russie, situées sur chaque rive du fleuve. D’une capacité de 457 passagers par heure et de 6000 à 7000 passagers au quotidien, ce projet impliquera un investissement, côté russe, de plus de 3,5 milliards de roubles (49,68 millions d’euros).

Le début des travaux fut lancé symboliquement en juillet
« Dans le monde, il n’existe pas d’États reliés par un téléphérique au-dessus d’une rivière. Ce projet créera un effet multiplicatif par le développement des infrastructures touristiques » a expliqué Vassili Orlov, gouverneur de la région côté russe, rapporte le site d’information francophone chine-magazine.com.

Un événement solennel marquant le début des travaux de construction devait se tenir le 18 juillet dernier, le départ symbolique du projet étant donné depuis une barge flottant au milieu du fleuve Amour.

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C’est côté russe que le projet paraît cependant le plus avancé. Il est géré par Strelka KB, un cabinet-conseil en urbanisme et en stratégie basé en Russie. Le cabinet d’architectes néerlandais UNStudio a déjà été retenu pour la conception de la future gare de Blagoveshchensk en Russie d’où partiront et arriveront les cabines du téléphérique survolant le fleuve.

Les architectes néerlandais ont prévu un bâtiment comportant quatre niveaux et offrant une plate-forme d’observation surélevée au-dessus de l’Amour faisant face à la cité chinoise de Heihe de l’autre côté du fleuve. En revanche, l’architecte qui concevra, côté chinois, la future station accueillant les cabines à Heihe n’a pas encore été annoncé publiquement.

L’Amour, qui est souvent totalement gelé en hiver, constitue depuis toujours un lien entre les deux villes de Heihe et Blagoveshchensk. Les deux cités ont de ce fait multiplié les échanges commerciaux et les transports entre elles. L’arrivée d’un téléphérique devrait y ajouter la dimension des flux touristiques circulant entre ces deux cultures si proches géographiquement en cet endroit, mais si différentes.

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Les fabricants et distributeurs de boissons veulent une mise en place de consignes

plastiqueDans une tribune, les industriels de la boisson prônent la mise en place de la consigne des bouteilles plastique et canettes. « La consigne pour le recyclage des emballages de boissons est nécessaire à une économie vraiment circulaire », affirment-ils.

Les représentants des fabricants et distributeurs de boissons se déclarent favorables à la mise en place de la consigne des bouteilles plastique et canettes aux fins de recyclage, dans une tribune parue samedi 6 juillet sur le jdd.

Le projet de loi contre le gaspillage et pour l’économie circulaire doit être présenté mercredi au conseil des ministres par la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson, qui soutient un système de consigne. « La consigne pour le recyclage des emballages de boissons est nécessaire à une économie vraiment circulaire », estiment les signataires de la tribune.

« Le dispositif actuel ne permet pas de faire progresser assez vite le tri et le recyclage de nos déchets ménagers. Il ne permet pas d’atteindre les objectifs nationaux et européens de 90% de collecte pour recyclage des bouteilles en plastique et de 30% d’intégration de matière recyclée », écrivent-ils.

Les signataires représentent Boissons énergisantes France (BEF), Boissons rafraîchissantes de France (BRF), la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), la Fédération nationale des boissons (FNB), la Confédération nationale du commerce de gros et international (CGI), le Syndicat des eaux de sources (SES), le Syndicat national du lait de consommation, l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruit, et enfin Citeo.

« Seuls les pays ayant adopté un système de consigne pour recyclage atteignent, voire dépassent, l’objectif de 90% de collecte. En Finlande, 91% des bouteilles en plastique PET consignées sont retournées , 90% au Danemark et 97% en Allemagne. Cette réalité oblige à étudier sérieusement cette solution pour la France », expliquent-ils.

Des réserves quant aux consignes
« La mise en place de la consigne pour recyclage s’inscrirait dans un contexte plus large d’évolutions du modèle de collecte sélective et de tri », disent-ils, évoquant la généralisation de la collecte des biodéchets d’ici à 2025, « l’harmonisation nationale des couleurs des bacs ou la généralisation d’un tri séparé du papier-carton ». Ce « saut de performance » cependant « ne sera possible que si tous les acteurs engagent des discussions ».

Des fédérations professionnelles du recyclage ont de fait exprimé des réserves sur la consigne. La Fnade, la fédération des entreprises du recyclage et du traitement des déchets, se préoccupe du « coût associé » à sa mise en place. La fédération Federec préconise plutôt un nouveau mode de tri « clarifié et simplifié ». À propos de la consigne, « je ne crois pas à une solution à la va-vite », a déclaré Mme Poirson au JDD. « Le principe est arrêté car c’est le seul qui garantit des niveaux de collecte très élevés, mais il reste à déterminer le comment. Est-ce qu’il faut une consigne pour le recyclage, pour le réemploi, uniquement pour les emballages plastiques ou aussi pour le verre ?« .

Pour elle, « cette loi marquera un vrai tournant écologique » et constituera « une réponse au débat stérile entre croissance et décroissance ». Le projet de loi veut notamment renforcer le principe du pollueur-payeur. « Des pans entiers de notre économie ne prennent pas en charge le traitement de leurs déchets, supporté par les collectivités, donc par les impôts locaux : les articles de bricolage, de jardinage, de sport, les jouets, les mégots… Ça va changer », dit-elle. « On produit l’équivalent de 5 T de déchets par an et par personne (…) Un des secteurs qui doivent réagir, c’est la construction », ajoute-t-elle, relevant que « 600 kilos sont des déchets ménagers, 700 kilos des déchets d’entreprise. Tout le reste vient du BTP. »

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Comment l’Occitanie veut devenir « la première région à énergie positive d’Europe » grâce à l’hydrogène

eolienneL’Occitanie a adopté un plan « hydrogène » de 150 millions d’euros inédit en France.

Ce dernier s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production « d’hydrogène décarboné ». La région prévoit notamment le lancement d’un train à hydrogène dès 2022.

Premier train à hydrogène français dès 2022, première unité de production d’hydrogène sur un aéroport dès l’an prochain: dans la compétition entre régions autour du développement de ce carburant propre, l’Occitanie veut être pionnière.

La présidente de la Région, Carole Delga (PS), qui ambitionne de créer « la première région à énergie positive d’Europe », a soumis au vote des élus régionaux le 27 juin un vaste plan « hydrogène vert » adopté à l’unanimité de 150 millions d’euros. Un projet « inédit en France à l’échelle d’une collectivité », affirme l’élue.

Un milliard d’euros d’investissements attendu d’ici 2030
Ce plan qui s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production « d’hydrogène décarboné », propose une « stratégie intégrée » de recherche, d’investissements et d’accompagnement des projets. Carole Delga espère ainsi entraîner d’ici 2030 un milliard d’euros d’investissements dans la région qui deviendrait « leader sur l’hydrogène vert ». « L’hydrogène ne fera sens que si il est produit de façon ‘verte' », relève Christophe Turpin, spécialiste de l’hydrogène au sein du laboratoire Laplace (CNRS Toulouse).

Si aujourd’hui, 95% de l’hydrogène est produit à partir des énergies fossiles, l’Occitanie veut développer une filière propre à partir de l’électrolyse de l’eau. Une technique qui consiste à décomposer les molécules d’eau (H20) à l’aide d’un courant électrique.

Stocker les énergies vertes
Pour produire cet hydrogène décarboné, la région compte exploiter ses ressources en énergies renouvelables. Un secteur où elle ne manque pas d’atouts : elle est la deuxième région de France en capacité de production d’énergie hydraulique avec ses barrages pyrénéens et d’énergie photovoltaïque, la troisième pour l’énergie éolienne.

« Le vent, le soleil sont des énergies intermittentes, donc il faut pouvoir stocker l’électricité pour l’adapter à la consommation. Et, la seule solution pour un stockage à long terme c’est l’hydrogène », affirme Laurent Selle, un autre chercheur qui travaille sur le sujet au sein de l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse.

Pour Christophe Turpin, le plan « hydrogène vert » est ambitieux : « 150 millions d’euros, à l’échelle d’une région c’est beaucoup », estime-t-il, comparant l’enveloppe « aux 100 millions que Nicolas Hulot proposait pour un plan similaire au niveau national ». « Ce que nous faisons est exceptionnel en termes de budget consacré mais aussi de vision d’objectifs recherchés. Notre stratégie repose sur une vision intégrée de la filière, de la production, à la distribution, aux usages … », assume Carole Delga

Trains et avions du futur
La région est à l’initiative de deux expériences qui doivent lancer la filière : le projet HyPort sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes début 2020, et un train à hydrogène en 2022 dans les Pyrénées centrales. Pour ce dernier projet, l’Occitanie a signé un protocole de commande de trois rames « Régiolis à hydrogène » représentant un investissement de 33 millions d’euros avec le groupe Alstom.

Elle emboîte ainsi le pas à la région de Francfort (Allemagne), qui vient de commander au groupe français 27 trains à hydrogène dont le « moteur » est fabriquée dans le site tarbais du groupe. Cette usine est devenue une spécialiste de la pile à combustible pour le ferroviaire. Ces nouvelles rames propres doivent permettre la réouverture de la ligne de Montréjeau,  Luchon, une liaison fermée en 2014 en raison de la vétusté du caténaire.

Autre projet phare, HyPort, créé en partenariat avec l’énergéticien Engie pour développer des infrastructures de production et de distribution d’hydrogène sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes. L’enjeu : que les avions du futur, les navettes ou les engins de pistes puissent bénéficier d’énergie verte.

Si la feuille de route régionale pour la transition énergétique se concrétise, l’Occitanie pourrait compter d’ici 2030, deux usines de production d’hydrogène, une cinquantaine de station de production et de distribution de plus petites dimensions, une dizaine d’électrolyseurs et plus de 3.000 véhicules à hydrogène.

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L’intégralité de la tribune d’Emmanuel Macron

emmanuel macron« Pour une renaissance européenne », la tribune d’Emmanuel Macron, président de la République.

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence.

Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne, ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire.

Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ?  Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ?  Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ?  Le repli nationaliste ne propose rien,  c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe.

C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ?   Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ?   Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?

L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises.

Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ?  Que fait l’Europe ?  ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent.

Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe, car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties.

Nous sommes à un moment décisif pour notre continent,  un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté
Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes.

Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.

Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent
Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus).

Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’ un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume Uni pour préparer nos décisions collectives.

Assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.  Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ?  Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l’esprit de progrès
L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. L’Union européenne doit fixer son ambition, 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025  et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique,  force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments,  contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé …

Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe ,toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes …), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles …

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action.

Mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique sans tabou, pas même la révision des traités. Partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des États, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités.

Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’UE traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?  Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

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Vers la fin de la vitesse illimitée en Allemagne ?

automobiliste allemand vitesseLes 20 membres indépendants de la « Plate-forme nationale pour l’avenir de la mobilité » recommandent une limitation de la vitesse à 130 km/h sur les autoroutes allemandes.

Leurs recommandations ont été mandatées par le ministère des Transports et elles pourraient changer les habitudes des automobilistes allemands.

Les automobilistes allemands risquent de devoir mettre le pied sur la pédale de frein. C’est en tout cas ce que recommande une commission indépendante mandatée par le ministère des Transports pour que l’Allemagne puisse atteindre ses objectifs de réduction de CO2 d’ici 2030. Alors que la plupart des autoroutes n’ont pas de limitation de vitesse outre-Rhin, les automobilistes pourraient rapidement devoir changer leurs habitudes pour le climat. Les Échos rapportent que l’une des mesures préconisées par les 20 membres indépendants de la « Plate-forme nationale pour l’avenir de la mobilité » est la limitation à 130 km/heure sur les portions d’autoroute.

C’est Andreas Scheuer, le ministre des Transports allemand, qui a mandaté cette commission d’une vingtaine d’experts représentant les syndicats, les constructeurs et les organisations environnementales afin qu’elle remette un rapport définitif fin mars. Comme le précisent Les Échos, bien qu’indicatif, il servira de base de travail pour le projet de loi sur le climat que le ministre présentera dans le courant de l’année. En plus de cette limitation de vitesse, les membres de la commission planifient d’augmenter le prix de l’essence à partir de 2021 de 21 centimes.

Une hausse de 52 centimes par litre d’essence ou de gazole devrait ensuite être étalée jusqu’en 2030 si le gouvernement suit les recommandations de cette commission. L’ensemble des mesures proposées par les experts permettrait selon eux de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 en induisant une « diminution du kilométrage » des voitures et un transfert vers le rail, le vélo et le trafic piétonnier ». Reste à savoir quelle sera la réaction des automobilistes outre-Rhin dans un pays où la vitesse est érigée comme un droit fondamental. Réponse au printemps du ministre des Transports qui annoncera ce qu’il entend conserver de ce rapport pour son projet de loi sur le climat.

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Alstom et Siemens entament le deuil de leur projet de fusion

alstom et siemensLes constructeurs ferroviaires Alstom et Siemens ont commencé jeudi à douter publiquement du succès de leur projet de créer un « Airbus du rail », refroidis par les concessions exigées par la Commission européenne pour autoriser leur fusion.

Ces réserves formulées ouvertement, très inhabituelles pour un tel projet, interviennent au moment où le gouvernement français avertit la Commission que refuser cette opération serait « une erreur économique et une faute politique », alors que l’Europe peine à faire émerger ses champions industriels face à la Chine.

« Il n’y aura plus de concessions (…). Nous sommes devant un mur trop haut », a déclaré jeudi une source au sein de Siemens, très pessimiste sur les chances de voir aboutir les noces annoncées en fanfare en septembre 2017.

« Nous continuons à nous battre. (…) La décision de la Commission européenne est attendue d’ici le 18 février, mais aujourd’hui il n’y a pas de certitude que le contenu de cette proposition sera suffisante », a estimé de son côté le patron d’Alstom Henri Poupart-Lafarge, en marge de ses résultats trimestriels.

Ligne rouge chez Siemens
Après des semaines de spéculations, Alstom et Siemens ont rendu publics les désinvestissements proposés à la Commission européenne, qui correspondent à 4% du chiffre d’affaires de l’entité combinée.

Bruxelles, chargée de veiller à ce que le redécoupage du secteur du train en Europe n’écrase pas les plus petits groupes ou ne menace les prix, s’inquiète de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Côté signalisation, les deux fiancés ont proposé de céder des activités embarquées pour Siemens (historiquement françaises, héritées de Matra) et sur voie pour Alstom (non françaises). Dans la grande vitesse, le TGV d’Alstom été écarté du deal car trop franco-français, mais Siemens refuse de nouvelles concessions.

Le groupe allemand n’a aucune objection à se séparer de ses trains à grande vitesse déjà anciens Valero et de même de sa future deuxième génération, Valero Novo. En revanche, elle ne veut pas céder son joyau stratégique, l’ensemble de brevets et licences technologiques permettant de développer les trains rapides du futur, regroupé dans une entité appelée Velaro3G System.

« D’un côté, il y a la crainte de la concurrence de Chine, de l’autre côté, il faudrait accorder à un concurrent une exclusivité de dix ans ?« , fait valoir une source chez Siemens, ajoutant qu’en ce cas Siemens-Alstom serait « totalement exclu du développement de trains à grande vitesse en Europe pendant dix ans ».

 « Mauvais signal » pour l’Europe
Interrogé sur les propos d’Alstom, un porte-parole de la Commission, contacté jeudi par l’AFP, a déclaré : « Nous n’avons pas de commentaire, notre investigation est toujours en cours ». La Commission doit annoncer sa décision le 18 février. Plusieurs autorités nationales de la concurrence de pays européens, dont l’autorité allemande, ont également fait part de leurs réserves sur la faisabilité du projet.

Combattue notamment par l’intersyndicale d’Alstom, la fusion est soutenue avec vigueur par Paris et plus discrètement par Berlin : ils veulent créer un groupe capable de rivaliser avec le géant chinois CRRC. Ce dernier a réalisé l’an dernier près de 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires quand les « trois grands » occidentaux, Bombardier Transport, Siemens Mobility et Alstom, sont autour des 8 milliards.

Mais la réalité de la « menace chinoise » fait débat. Bombardier, le grand rival canadien d’Alstom et Siemens dont les activités ferroviaires sont basées à Berlin soutient notamment que la concurrence de CRRC n’est pas si terrible.

Quant à la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, elle a publiquement exprimé ses doutes à plusieurs reprises. Si elle a exhorté mardi les autres commissaires européens à faire des efforts pour « affronter les risques évidents de la concurrence chinoise », elle a aussi défendu « le droit de la concurrence de l’UE qui encourage les bons champions européens ».

« Pour être compétitif à l’étranger, il faut que la concurrence règne à domicile », a-t-elle martelé. Mercredi, le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux avait averti qu’un rejet de cette fusion par Bruxelles serait « une erreur économique et une faute politique » aussi bien qu’un « mauvais signal envoyé aux peuples européens » sur la force de résistance européenne face à la puissance industrielle chinoise.