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Un nouveau test préoccupant alerte sur la composition des tampons et serviettes hygiéniques

Un nouveau test préoccupant alerte sur la composition des tampons et serviettes hygiéniquesL’alerte a de quoi inquiéter : des substances indésirables ont été détectées dans des tampons et serviettes hygiéniques.

Des molécules aux effets potentiellement délétères, et qui peuvent donc représenter un danger. Mais avant de s’affoler, mieux vaut se pencher sur la question du risque.

« Les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent », révèle le magazine 60 millions de consommateurs dans son dernier numéro, paru jeudi. Entre autres résidus détectés lors d’analyses menées sur différentes marques de protections périodiques : des phtalates, ou encore du glyphosate, herbicide controversé dont l’utilisation, en France, devrait encore se poursuivre pendant au moins trois ans.

Des concentrations inférieures aux seuils sanitaires
Comme l’indiquent les termes employés par le magazine, les substances détectées dans les protections intimes l’ont été à l’état de « résidus ». Autrement dit, des traces, présentes « à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires », comme le souligne dans un communiqué le syndicat des fabricants de protections hygiéniques Group’hygiène.

Les révélations du magazine 60 millions de consommateurs succèdent à celles effectuées par l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, qui en juillet dernier, publiait un rapport indiquant lui aussi la présence de substances indésirables dans certaines protections périodiques. Mais comme c’est le cas aujourd’hui, les molécules décelées il y a sept mois l’avaient été « en très faibles concentrations », si bien que l’Anses avait conclu à une absence de risque pour les utilisatrices, comme le rappelle le syndicat Group’hygiène dans son communiqué : « L’Anses a clairement conclu en juillet dernier à l’absence de risques pour l’utilisation de ces produits ».

L’immobilisme des fabricants dénoncé
Reste que l’Agence sanitaire française en avait alors appelé au principe de précaution, en demandant aux industriels « d’améliorer la qualité de [leurs] produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques ». Des recommandations visiblement non-suivies d’effets, au vu des résultats d’analyse que vient de dévoiler 60 millions de consommateurs.

Au-delà du risque sanitaire, c’est donc plutôt le manque de transparence des fabricants que les révélations du magazine permettent de mettre en lumière. « Encore trop de marques restent floues sur les ingrédients utilisés dans leurs protections périodiques », dénonce le mensuel, qui conclut que « Les marques mises en cause ne sont pas forcément les mêmes mais [que] le constat demeure ».

Un statu quo pour le moins regrettable, mais dont les conséquences en terme de risque sanitaire restent à considérer avec précaution. L’alerte sur le danger a de quoi inquiéter, mais le risque, lui, ne semble pas inviter à céder à la panique.

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Le parlement britannique publie un rapport au vitriol sur Facebook, «un gangster numérique»

facebookLes députés estiment que Facebook outrepasse allègrement la loi. Ils recommandent l’instauration d’un code de déontologie contraignant qui serait supervisé par une régulateur indépendant.

Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, doivent être davantage régulés afin de les empêcher d’agir comme des « gangsters numériques » et de publier des infox, ont conclu des parlementaires britanniques dans un rapport très critique publié lundi. « Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des gangsters numériques dans le monde en ligne, en se considérant au-dessus des lois », souligne la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS) dans ce document.

Durant plus d’un an, cette commission a enquêté sur le phénomène des « fake news » et son impact sur les récents scrutins au Royaume-Uni, dont le référendum sur le Brexit en juin 2016, s’attardant principalement sur les pratiques de Facebook. Le géant américain est empêtré dans plusieurs affaires, comme les accusations d’ingérence russe sur sa plateforme dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais aussi le scandale de l’exploitation par la firme Cambridge Analytica de données d’utilisateurs à leur insu à des fins politiques, de même qu’une faille de sécurité ayant conduit au piratage de millions de comptes.

Poursuites judiciaires et lourdes amendes
Pour lutter contre les « contenus préjudiciables » ou « illégaux » et protéger les données personnelles des utilisateurs, le rapport d’une centaine de pages recommande l’instauration d’un « code de déontologie contraignant », dont le respect serait assuré par un régulateur indépendant, habilité à déclencher des poursuites judiciaires et à infliger de lourdes amendes.

Le président de la commission, Damian Collins, a dit à l’AFP espérer que « d’ici la fin de l’année, il y ait une solide proposition de législation » établissant le fonctionnement de ce régulateur. « Ces entreprises ne sont pas juste des plateformes », « ne sont pas neutres » et ont une « responsabilité limitée pour le contenu posté » a souligné M. Collins.

Se disant « ouvert à une réglementation significative », Facebook a assuré ne pas avoir attendu la publication du rapport pour agir. « Nous avons déjà opéré des changements substantiels pour que toute annonce politique sur Facebook soit autorisée, mentionne son financement et soit ensuite classée dans des archives consultables durant sept ans », a détaillé Karim Palant, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Facebook ne fait pas assez d’efforts
Il a affirmé que l’entreprise avait « triplé la taille de l’équipe œuvrant à détecter et protéger les utilisateurs de mauvais contenus (en la portant) à 30.000 personnes et investi massivement dans l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et la technologie de vision par ordinateur pour aider à empêcher ce type d’abus ».

Mais les membres de la Commission britannique estiment que « Facebook ne fait pas assez pour lutter contre la désinformation et d’autres formes de contenu nuisibles, ni pour protéger la confidentialité des données et agit de manière agressive contre d’autres entreprises qui pourraient représenter une menace commerciale pour Facebook », a dit M. Collins à l’AFP.

Le rapport appelle également le gouvernement britannique à mener une « enquête indépendante » sur l’« influence étrangère », russe notamment, et la désinformation lors du référendum sur le Brexit, mais aussi les élections législatives anticipées de 2017 et le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014.

Mark Zuckerberg s’est montré méprisant
Le ministre de la Culture, Jeremy Wright, s’entretiendra cette semaine aux États-Unis avec des représentants des géants Google, Facebook, Twitter et Apple, a indiqué un porte-parole du gouvernement. L’exécutif devrait aussi publier un « livre blanc » dans le courant de cette année, énonçant des propositions pour sécuriser davantage les réseaux sociaux. Le patron du géant américain, Mark Zuckerberg, est également mis sur la sellette par les députés pour s’être dérobé à leurs convocations et avoir envoyé à sa place un de ses adjoints. « En choisissant de ne pas comparaître devant le Comité et en choisissant de ne répondre personnellement à aucune de nos invitations, Mark Zuckerberg a manifesté son mépris », souligne le rapport. Damian Collins l’a accusé d’avoir « manqué de leadership ».

Avant le Royaume-Uni, Facebook était déjà dans le viseur de la France et de l’Allemagne. Début février, le gendarme allemand de la concurrence a restreint l’exploitation par le groupe des données de ses utilisateurs en lui interdisant de piocher d’autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales, comme Instagram et WhatsApp. En novembre, le Parlement français avait adopté deux propositions de loi pour lutter contre « la manipulation de l’information » en période électorale.

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Le drame secret de Nordahl Lelandais

Nordahl LelandaisL’homme au passé énigmatique assure aux experts psy qu’un événement l’a fait basculer en 2017.

« Un regard noir, intense, soutenu, fixe, vide de sentiment ». Un regard qui met « au défi » celui qui lui fait face. C’est par ces mots qu’un expert psychologue décrit Nordahl Lelandais dans un rapport inédit, versé à ce dossier criminel labyrinthique, en décembre 2018. Un an après les premiers aveux de l’ancien militaire pour l’affaire Maëlys, la noirceur de ce regard dissimule encore son lot de secrets.

Quatre affaires mettent aujourd’hui en cause le maître-chien. D’abord le meurtre en avril 2017, vers Chambéry, du caporal Arthur Noyer, que Nordahl Lelandais aurait pris en stop avant de lui asséner un coup mortel lors d’une bagarre, selon ses propres aveux. Ensuite, en juillet, l’agression sexuelle, filmée, d’une petite-cousine âgée de quatre ans. Puis en août, l’agression d’une autre petite cousine âgée de six ans, selon un mode opératoire identique. Et enfin, une semaine plus tard, le meurtre de la petite Maëlys, enlevée au cours d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère).

Il y a plus d’un an, l’écho médiatique de l’affaire avait permis de relancer plusieurs dossiers de disparitions non élucidées dans sa région, en Rhône Alpes, avec une lancinante question en toile de fond : Nordahl Lelandais, combien de victimes ?  La gendarmerie a même mis en place une cellule spéciale baptisée Ariane pour, d’une part, retracer « le parcours de vie » du suspect, et, d’autre part tenter de rapprocher ou d’éliminer pas moins de 900 cas de disparitions, de cold case ou d’enterrés sous X au regard de ce parcours. Un an après, les conclusions de cette cellule sont toujours attendues.

« Un litre de rhum et un gramme de cocaïne par jour »
Une évidence s’impose pour l’instant : si l’on excepte l’incendie criminel d’un snack à Paladru (Isère) commis avec des complices en 2008, tous les faits pour lesquels il est mis en cause se concentrent sur l’année 2017. Deux hypothèses demeurent : soit le jeune homme n’avait pas basculé dans le crime avant cette année-là. Soit des victimes plus anciennes restent introuvables à ce stade.

Face aux différents experts psy qui l’ont interrogé à plusieurs reprises l’année dernière, Nordahl Lelandais a accrédité la première théorie. Il a même identifié un épisode précis, en février 2017, qui lui aurait fait perdre pied : l’avortement de son ex-compagne A. qui attendait un enfant de lui. « C’est très dur à vivre sans (…) Je pourrais avoir un bébé et j’ai ôté la vie d’un enfant », s’est-il lamenté face à l’expert psychologue. A le croire, cette paternité impossible l’aurait plongé dans une profonde dépression : « J’étais no limit, un litre de rhum et un gramme de cocaïne par jour » Il aurait aussi développé des troubles de la personnalité : par exemple, « l’impression que tout le monde savait tout sur moi ».

Dans le rapport d’un expert psychiatre daté de 2018, Nordahl Lelandais avait déjà décrit cette sensation étrange mais en la datant cette fois de son enfance : celle d’être le héros du film Truman Show, dans lequel l’acteur Jim Carrey incarne un homme dont la vie est retransmise 24 heures sur 24 à la télévision, sans qu’il ne le sache.

Quand Nordhal Lelandais se fait passer pour un policier
« Depuis février, mars, j’étais plus moi du tout » répète Nordhal Lelandais. De fait, plusieurs événements troublants surviennent dans son quotidien à cette période. En février 2017, il se retrouve au cœur d’une altercation avec une automobiliste. Pour mettre fin au conflit, il brandit un insigne de police qu’il conservait dans sa voiture. Il sera condamné à quatre mois de prison avec sursis pour cette détention illégale.

En mars, c’est-à-dire quelques semaines avant la mort d’Arthur Noyer, le jeune homme occupe un poste d’intérimaire dans une usine de sirop mais obtient un arrêt de travail. « J’ai fait un faux mouvement en portant des cartons », raconte-t-il. Un détail qui n’en est pas un : sa vie professionnelle est jalonnée de congés maladie (une vingtaine rien qu’entre septembre 2001 et décembre 2005). Comme si « la désorganisation mentale de Nordhal Lelandais s’exprim[ait] au travers de son corps », selon les mots d’un expert psychologue.

Il « a pu s’identifier à ses chiens »
Ce même expert dresse un portrait glaçant du personnage, dépeint en dissimulateur hors pair. Selon lui, la personnalité du trentenaire comporte des troubles « déjà retrouvés chez les criminels en série » avec « un triptyque psychopathique, pervers narcissique et psychotique ». Le rapport souligne également que le meurtre de Maëlys est un « crime soigné, méthodique et ce n’est que grâce au développement des techniques d’investigation criminelle qu’il sera démasqué. Nul doute qu’il ne l’aurait jamais été sinon ».

L’expert développe d’ailleurs une analogie surprenante entre le comportement de Nordahl Lelandais et celui d’un chien, dont le suspect apprécie tant la compagnie (il avait deux malinois avant son interpellation) :  » Il partage (…) avec ces animaux des points communs qui lui ont notamment permis de retrouver la trace puis les restes de Maëlys ». Le tueur présumé explique lui-même être doté d’un « très bon sens de l’orientation » et d’un « très très bon odorat » : « vous me mettez à un endroit et dix ans après, j’y retourne comme ça « . Le psy note une similitude entre le comportement de Nordahl Lelandais et celui d’un « animal qui ramène sa proie morte au domicile de ses maîtres « . Avant d’ajouter : « cet homme a pu s’identifier, au cours d’expériences de dissociations pathologiques, à ses chiens, incorporant leur animalité, leurs instincts, perdant ainsi une part de son humanité.  »

« Je peux pas en avouer d’autres « 
D’autres corps sont-ils cachés dans la nature ?  Nordhal Lelandais le nie : « Je peux pas en avouer d’autres, il n’y en a pas d’autres. » Pour mieux dissiper l’ombre d’un serial killer qui lui colle à la peau, il cite d’ailleurs plusieurs affaires médiatisées pour lesquelles il a été mis hors de cause : celle d’Estelle Mouzin disparue en 2003 à Guermantes (il se trouvait en Guyane), celle de Lucas Tronche évaporé dans le Gard en 2014 (selon l’exploitation de ses données téléphoniques, Nordahl Lelandais se trouvait ailleurs) et celle d’Antoine Zoia, également dans le Gard en 2016 (l’adolescent a depuis été retrouvé pendu dans un bois).

Selon une source proche du dossier, « c’est davantage le profil de prédateur sexuel de Nordahl Lelandais qui devrait être creusé plutôt que celui de tueur en série ». Cette même source s’interroge sur d’éventuelles autres agressions commises sur des enfants de son cercle familial, cercle très large puisque sa mère compte 11 frères et sœurs. Après avoir nié ses penchants pédophiles dans un premier temps, le mis en examen a finalement avoué, en décembre dernier face à la juge d’instruction les agressions de deux petites-cousines.

Des penchants qui ne seraient pas récents (« ça m’est déjà arrivé quand j’étais plus jeune » a-t-il expliqué lors ses aveux) mais qui se seraient transformés en passage à l’acte en 2017. Toujours sous l’effet de la drogue et de l’alcool, selon lui. Stratégie de défense ou aveux sincères ?  Pour les enquêteurs, le « défi » consiste désormais à trouver la vérité derrière son « regard noir ».

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Les frites britanniques ont vu leur taille se réduire

frites.gifSelon le rapport de The Climate Coalition, les frites britanniques ont perdu quelques centimètres en raison de la sécheresse qui a altéré la qualité des pommes de terre l’an passé.

La taille des frites britanniques victimes du réchauffement climatique ?   C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport publié par The Climate Coalition, qui regroupe 130 organisations dont WWF, National Trust, Women’s Institute ou encore Christian Aid. Repéré par le Guardian, le document affirme que les fortes chaleurs ont perturbé la récolte des légumes en 2018, et notamment celle des pommes de terre.

En effet, le Royaume-Uni a enregistré l’an passé sa quatrième plus faible récolte de pommes de terre au cours des 60 dernières années avec des rendements qui ont chuté de 20 à 25%. Il faut dire que certaines zones du pays n’ont pas eu de pluie pendant 58 jours l’été dernier.

Et la qualité des légumes a pâti de ce stress hydrique. « Nous avons eu des problèmes de qualité avec beaucoup de pommes de terre difformes et plus petites », explique Richard Thompson, producteur dans le Staffordhire. Or, « des pommes de terre plus petites signifient des frites plus petites », déplore Cedric Porter, analyste et rédacteur en chef de la World Potato Markets Review. Et le Royaume-Uni n’est pas le seul pays européen concerné, la Belgique s’est également alertée de la faible taille de ses tubercules.

3 cm en moyenne
Alors que 80% des pommes de terre cultivées au Royaume-Uni sont consommées sur place, les consommateurs britanniques sont directement touchés. Les frites auraient perdu trois centimètres en moyenne. D’autres légumes comme les oignons ou les carottes ont également subi la sécheresse de l’été.

Ces aliments sont « de plus en plus menacés par les conditions météorologiques extrêmes et par l’augmentation du nombre de maladies résultant du changement climatique », a prévenu Michael Gove, le secrétaire d’État britannique à l’Environnement.

Sans réponse forte des dirigeants, le changement climatique pourrait, selon le rapport, rendre les pommes de terres cultivées sur les trois quarts des terres du Royaume-Uni impropres à la consommation d’ici 2050.

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Certains compléments alimentaires sont dangereux et devraient être interdits

complémént alimentaireL’Académie de pharmacie alerte sur les dangers de produits à base de plantes laxatives. Leur utilisation devrait être réservée à un usage pharmaceutique.

Des allergies, ou des lésions au foie, des interactions avec des médicaments pris pour des pathologies graves. Des contre-indications mal connues. Des erreurs d’identification, ou la présence de contaminants dangereux.  Les compléments alimentaires à base de plantes ont beau être vus comme des produits «naturels», ils sont loin d’être sans danger.

Et pourtant, ils sont soumis à une réglementation bien plus légère que les médicaments, et qui a «étonné et interpellé l’Académie nationale de pharmacie», explique-t-elle dans un rapport rendu public ce jeudi. Dans le collimateur des sages : un arrêté du 20 juin 2014, qui transpose une réglementation européenne en listant un demi-millier de plantes (autres que les champignons) autorisés dans les compléments alimentaires. Il y a là des risques pour la santé publique, estiment les académiciens, et des incohérences tant juridiques que scientifiques.

Alerte sur des plantes laxatives
Les sages alertent sur une catégorie de plantes particulières, qui n’ont selon eux rien à faire au rayon des compléments alimentaires : il s’agit des plantes contenant des «hétérosides hydroxyanthracéniques» (suc d’aloès, écorce de bourdaine et cascara, racines de rhubarbe de Chine, séné, cassier, nerprun), et qui ont des propriétés laxatives stimulantes très puissantes. Elles irritent le tube digestif et sont responsables d’une perte de sels minéraux.

Ces plantes ont «jusqu’alors été utilisées comme médicaments compte tenu de leur activité pharmacologique marquée», note le rapport, et n’ont (et pour cause) jamais fait partie de l’alimentation. «L’approche des principales agences de santé au niveau international est unanime», notent les académiciens : ces plantes sont des médicaments, et doivent être réglementées comme telles.

La France est un marché de choix pour ces produits faciles d’accès et pas toujours accompagnés des conseils et informations nécessaires, notamment parce que vendus en grande surface avec un étiquetage aux exigences limitées. Or, alertent les académiciens, «les accidents les plus sévères sont liés au mésusage», d’autant plus fréquent que ces produits «sont considérés comme des produits “naturels”, passant aux yeux des utilisateurs, mais également de certains dispensateurs, pour moins dangereux que des médicaments.» Depuis 2010, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) dispose d’un «dispositif de nutri-vigilance sur les nouveaux aliments, les aliments enrichis, les compléments alimentaires et les denrées destinées à une alimentation particulière».

Plus de 2600 effets indésirables ont été notifiés jusqu’à fin 2016, note l’Académie de pharmacie, avec chaque année 37 à 52% des cas jugés «graves».

En France, 1 adulte sur 5 et 1 enfant sur 10 prendraient des compléments alimentaires, dont respectivement 23 et 12% le font tout au long de l’année. Les malades en usent volontiers, sans toujours prévenir leur médecin : en 2015, une étude française auprès de 1081 survivants du cancer membres de la cohorte Nutrinet-Santé montrait que 62% des femmes et 29% des hommes consommaient ce type de produits, un tiers d’entre eux n’en ayant pas avisé leur médecin. Or, 18% des utilisateurs avaient une consommation potentiellement à risques.

Les Académiciens demandent donc que la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires soit plus restreinte, en excluant celles présentant un danger pour les utilisateurs, mais aussi celles n’ayant pas d’effet nutritionnel connu, ou pour la sécurité desquelles la littérature scientifique manque de données. Les sages exigent, aussi, un renforcement des contrôles et de l’information des consommateurs, et un meilleur enseignement en faculté de pharmacie.

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L’État doit se désengager des trains Intercités préconise la Cour des comptes

train intercitéL’État devrait se désengager totalement de la gestion des « trains d’équilibre du territoire » (TET, Intercités et trains de nuit) dont il a encore la charge, car il « paraît mal armé pour ce rôle », selon le rapport annuel de la Cour des comptes publié mercredi.

L’État devrait-il confier la gestion aux régions des lignes SNCF « structurantes » comme Nantes-Lyon ou Paris-Orléans-Limoges-Toulouse ?   C’est ce que préconise le rapport 2019 de la Cour des comptes. Une fois achevé le transfert en cours de la plupart des anciennes lignes de trains Corail aux régions, Grand-Est, Centre-Val-de-Loire, Hauts-de-France, Normandie notamment, l’État garde la main sur un ensemble très « hétérogène », relève la Cour.

Le réseau résiduel sous sa responsabilité ne va plus concerner que les « lignes structurantes » Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), Paris-Clermont et Bordeaux-Toulouse-Marseille, les « lignes d’aménagement du territoire » Nantes-Lyon, Nantes-Bordeaux et Toulouse-Hendaye, ainsi que les trains de nuit Paris-Briançon et Paris-Rodez/La Tour-de-Carol/Cerbère.

L’État compense les déficits d’exploitation des Intercités
Ces liaisons représentaient en 2017 un déficit cumulé de 163 millions d’euros. L’État paie en outre plusieurs centaines de millions d’euros de péages et d’aides pour les autres lignes reprises par les régions.

« La charge financière du réseau Intercités comprend la redevance d’accès au réseau (528 millions d’euros en 2018) acquittée par l’État auprès du gestionnaire d’infrastructures ferroviaires. S’y ajoute la compensation du déficit d’exploitation Intercités, versée par l’État à SNCF Mobilités (286 millions prévus par la convention en 2020, une fois les transferts achevés, pour 400 millions en 2016 et 351 millions en 2017) et les compensations versées par l’État aux régions pour 189 millions prévues dans la convention 2016-2020. Elles ont été portées à 238 millions à la suite de la reprise anticipée des lignes par la région Centre-Val de Loire » explique le rapport.

réseaux intercité

La Cour des comptes estime en outre que l’État est « mal armé » pour bien remplir son rôle d’autorité organisatrice « en raison de la faiblesse des moyens qu’il peut y consacrer et des difficultés qu’il rencontre pour établir une relation contractuelle équilibrée » avec la SNCF. « Ces constats plaident pour une poursuite des évolutions engagées », selon la Cour, qui suggère un transfert des « lignes d’aménagement du territoire » aux régions concernées et une exploitation sans convention des « lignes structurantes » et des trains de nuit « par la SNCF ou ses futurs concurrents ».

Concernant les lignes structurantes et les lignes de nuit, le ministère des Transports estime dans sa réponse que « la mise en œuvre du déconventionnement conduirait à une baisse significative, voire un arrêt, de ces dessertes pourtant essentielles pour les territoires traversés ».

Pas de région pour reprendre les lignes d’aménagement du territoire
Quant aux trois lignes d’aménagement du territoire, « bien que l’État reste ouvert à la possibilité d’une reprise de ces lignes par une autorité organisatrice régionale, une telle hypothèse paraît peu probable à court terme », note le ministère qui promet « une réflexion sur le devenir de ces lignes dans le courant de l’année 2019 ».

Aucune région ne semble de toute façon intéressée, et le gouvernement a entamé le processus d’ouverture à la concurrence de Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, avec pour objectif de passer une convention avec un nouvel opérateur qui ferait rouler ses trains en 2022.

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Le fisc italien pourrait réclamer 1,4 milliard d’euros au groupe de luxe Kering

fisc italie.JPGLe fisc italien soupçonne le groupe de luxe d’avoir facturé pour le compte d’une de ses filiales en Suisse des activités réalisées en Italie pour bénéficier d’une fiscalité plus favorable.

Le groupe français de luxe Kering, avec son fleuron italien Gucci, risque un redressement fiscal d’environ 1,4 milliard d’euros en Italie.

Depuis fin 2017, le groupe de François-Henri Pinault fait l’objet d’une enquête fiscale du parquet de Milan. Le parquet de Milan soupçonne Kering d’avoir facturé pour le compte de LGI, sa plateforme logistique située en Suisse, des activités en fait réalisées en Italie pour bénéficier d’une fiscalité plus favorable.

En mars, le site d’information Mediapart avait affirmé que le géant français aurait soustrait environ 2,5 milliards d’euros d’impôts depuis 2002, « pour l’essentiel au préjudice du fisc italien, mais aussi de la France et du Royaume-Uni. »

Mediapart affirmait aussi qu’à la suite du rachat de Gucci en 2000, Kering avait « étendu le système conçu par le groupe italien à toutes ses marques de luxe (hors joaillerie), dont les françaises Balenciaga et Yves Saint Laurent. La maison Saint Laurent a éludé à elle seule le paiement d’environ 180 millions d’euros d’impôts en France », poursuivait le site.

Kering conteste
Vendredi, Kering a annoncé qu’« une équipe d’audit des autorités fiscales italiennes a finalisé un audit fiscal » selon lequel Luxury Goods International (LGI), une de ses filiales suisses, « aurait exercé en Italie des activités qui auraient dû donner lieu au paiement d’impôts sur les sociétés en Italie, ce que Kering conteste », affirme le groupe dans un communiqué.

L’audit porte sur les résultats des années 2011 à 2017,  celui-ci va désormais être examiné au sein du fisc italien « par le service chargé d’évaluer les conclusions du rapport, qui prendra alors sa décision finale » et notifiera un éventuel redressement.

Kering s’est dit « confiant quant à l’issue de la procédure en cours et continuera de collaborer pleinement, en toute transparence, avec l’administration fiscale pour faire valoir tous ses droits ».