Publié dans Texte Santé

L’Anses demande une information « plus claire » sur le choc toxique concernant les tampons et coupes menstruelles

tampons et coupes menstruellesUne vingtaine de cas du « syndrome de choc toxiques » sont recensés chaque année en France, un chiffre qui pourrait être sous-estimé.

Dans un rapport publié ce lundi, l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a appelé les fabricants de tampons et coupes menstruelles fabricants à fournir « une information plus claire » sur les règles d’hygiène à respecter. Selon elle, toutes ces protections intimes internes présentent en effet un risque rare mais grave de choc toxique.

L’agence, qui s’était déjà penchée à l’été 2018 sur la sécurité sanitaire des protections féminines (tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles, ou « cups »), réitère par ailleurs sa recommandation faite aux industriels « d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques » retrouvées dans ces produits, même si aucune, encore une fois, ne dépasse les seuils sanitaires.

« D’un point de vue sanitaire, le risque principal des protections féminines, c’est le risque de syndrome de choc toxique menstruel qui, bien que rare, peut avoir des conséquences dramatiques », insiste auprès de l’AFP Aurélie Mathieu, qui a coordonné cette expertise scientifique.

Une vingtaine de cas sont recensés chaque année en France mais ce nombre est sans doute sous estimé, la déclaration de cette maladie due à une infection bactérienne au staphylocoque doré n’étant pas obligatoire.

Seules 1% à 4% des femmes sont porteuses de la souche de staphylocoque impliquée dans le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, et donc potentiellement à risque.

Plusieurs exemples récents
Détecté tôt, le SCT se guérit par la prise d’antibiotiques, mais il peut aussi entraîner d’importantes atteintes digestives, musculaires, rénales, etc …  Les premiers symptômes (fièvre, éruptions cutanées, baisse de la tension) pouvant ressembler à un état grippal, le diagnostic est souvent difficile à établir.

Le 9 janvier, une adolescente de 17 ans d’abord traitée pour gastro-entérite est morte en Belgique d’une infection au staphylocoque doré, selon les autorités sanitaires fédérales. Son décès est dû « au choc septique de ses tampons », a rapporté sa famille dans les médias belges.

Le cas d’une mannequin américaine amputée des deux jambes suite à un SCT avait aussi été très médiatisé en 2015, entraînant le lancement en France d’une pétition demandant plus de transparence sur la composition des tampons.

Mais « dans l’état actuel des connaissances, le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections », estime l’Anses dans la mise à jour de son rapport d’expertise.

« Milieu de culture »
Par la suite, l’agence estime que « le risque de développer cette maladie (…) est lié aux conditions d’utilisation des protections intimes », observant que l’information sur ce risque est trop souvent absente, notamment sur les coupes menstruelles.

« Toutes les protections féminines internes bloquent l’écoulement du flux menstruel, qui se comporte alors comme une sorte de milieu de culture », explique Aurélie Mathieu.

Chez les femmes porteuses de cette souche particulière de staphylocoque, la bactérie peut alors parfois « se développer jusqu’à atteindre une charge bactérienne suffisante pour que la toxine » responsable du SCT « soit produite et passe au niveau sanguin. »

Aussi, l’anses « rappelle aux utilisatrices l’importance de respecter les règles d’hygiène liées à l’utilisation des protections », notamment la durée de port maximale et le lavage des mains avant un changement de protection.

Une enquête réalisée en 2017 par Opinion Way pour l’agence de sécurité sanitaire soulignait que ces règles étaient loin d’être généralisées : seules 61% des femmes interrogées disaient se laver les mains avant de changer de protection (24% à l’eau, 50% avec du savon et 7% avec un gel hydroalcoolique) et beaucoup déclaraient garder la même protection plus de 5 heures (22% des utilisatrices de tampons, 26% pour les serviettes et 75% pour les coupes menstruelles).

Contrairement aux États-Unis, où les protections périodiques sont considérées comme des dispositifs médicaux, dans l’Union européenne, « il n’existe pas de réglementation spécifique encadrant la composition, la fabrication ou l’utilisation des produits de protection intime », qui relèvent de la réglementation qui s’applique à l’ensemble des biens de consommation courante, rappelle l’Anses.

Publié dans Texte Actualité divers

Un verdict indépendant tombe mal pour Donald Trump, juste avant son procès

Donald TrumpUn organisme indépendant de contrôle du gouvernement estime effectivement que la Maison Blanche a « enfreint » la loi en gelant les fonds pour l’Ukraine.

La Maison Blanche a “enfreint” la loi américaine en suspendant une aide militaire destinée à l’Ukraine, a tranché ce jeudi 16 janvier un organisme indépendant de contrôle du gouvernement, touchant à une question au cœur de la procédure en destitution à l’encontre de Donald Trump.

Le rapport accablant est publié le jour même de la prestation de serment des sénateurs, prélude au procès en destitution du président américain au Congrès.

Donald Trump devra répondre de deux chefs d’accusation : abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès. Il est accusé d’avoir exercé des pressions pour convaincre l’Ukraine d’ouvrir une enquête sur Joe Biden, son potentiel rival à l’élection présidentielle de novembre.

Questions sur le gel de l’enveloppe
Ces pressions seraient notamment passées, selon les démocrates, par la suspension cet été d’une aide destinée à l’Ukraine, en conflit armé avec la Russie, qui avait pourtant été autorisée par le Congrès, ayant autorité sur ce type de dépenses.

Or un organisme d’audit public américain (le Government Accountability Office, GAO), semblable à la Cour des comptes en France, a conclu jeudi que les services chargés des questions budgétaires à la Maison Blanche avaient “enfreint la loi en retenant environ 214 millions de dollars assignés au ministère de la Défense pour une aide militaire destinée à l’Ukraine”. “Le président a un pouvoir étroit et limité pour suspendre” des fonds assignés par le Congrès, souligne le GAO dans un communiqué.

Les services budgétaires de la Maison Blanche (OMB) “ont indiqué au GAO qu’ils avaient retenu les fonds pour s’assurer qu’ils n’étaient pas dépensés d’une façon qui pourrait entrer en contradiction avec la politique étrangère du président” Donald Trump, poursuit l’auditeur.

“La loi ne permet pas à l’OMB de retenir des fonds pour des questions de politique”, conclut-il. Donald Trump et ses alliés républicains affirment qu’il n’a exercé aucune pression, citant pour preuve le fait qu’une grande partie de l’aide militaire avait finalement été débloquée.

Les démocrates répondent que les fonds ont été débloqués une fois que l’affaire commençait à faire du bruit en coulisses, et après que plusieurs parlementaires, y compris républicains, se sont inquiétés du gel de cette enveloppe qu’ils jugeaient importante pour aider Kiev face à Moscou.

Publié dans Texte Actualité divers

A Hayange, le maire rattrapé par le rapport de la Cour des comptes

HAYANGE (Moselle) est gérée depuis 2014 par un maire Rassemblement National (plus connu sous FN)

mairie hayange

Le passage de la Cour des comptes lui a notifié certains problèmes que Engelmann s’est efforcé de cacher à la population

Parmi les nombreuses anomalies constatées dans la gestion de la commune par F. ENGELMANN, un certain nombre d’éléments qui justifient que derrière les illusions et les affirmations en tous genres, se cachent des réalités, montrant, si besoin était, qu’il y a parfois un fossé entre ce que les gens voient et ce que le Maire fait ou dit.

Les magistrats ont mis en évidence

1) De nombreuses lacunes et anomalies dans le suivi et la tenue des états financiers.
2) Une situation financière qui demeure fragile et un endettement sensible en raison de ressources diminuées.
3) Le non-respect des règles afférentes au temps de travail des agents territoriaux.
4) Le non-respect des règles relatives au régime indemnitaire et aux avantages en nature de certains agents municipaux.
5) En suite de ces constatations, les magistrats de la Cour des comptes ont émis 19 recommandations et procédé à 9 rappels à la loi.

Parmi les nombreuses alertes et anomalies émises par les magistrats,
nous vous en proposons quelques-unes

Sur les indemnités de fonction
Lors de la campagne municipale de 2014, M. ENGELMANN avait promis que les indemnités du Maire et des adjoints seraient diminuées de 20 %.

Les magistrats de la chambre régionale de la Cour des comptes ont révélé qu’en réalité, non seulement les indemnités du maire et de la 1ère adjointe ont été maintenues au maximum que la loi autorise sans réduction des 20 % promis et, de surcroit, validés dans la délibération du Conseil municipal d’avril 2014, mais qu’en outre, leurs indemnités respectives ont été augmentées de 15 % supplémentaires sans en informer par une délibération les membres du Conseil, et, in fine, les citoyens de notre ville.

Pourquoi l’avoir caché aux Hayangeois ?

Sur la fourrière municipale
– Pendant plusieurs années, M. ENGELMANN a menti sur les coûts réels de la fourrière municipale
– Le Maire a toujours maintenu que les coûts annuels de la fourrière étaient équivalents (aux environs de 16 000 €) à la contribution que versait l’ancienne municipalité au syndicat intercommunal de Moineville, et ce, pour un meilleur service rendu.
– Les magistrats ont pourtant révélé que les coûts réels étaient équivalents à près de 50 000 € sur une année auxquels s’ajoute la contribution annuelle de 16 000 € que doit verser la ville de Hayange au syndicat intercommunal auquel la commune est encore adhérente.

Pourquoi l’avoir caché aux Hayangeois ?

Sur les frais de justice
Les magistrats ont relevé que les nombreux contentieux et le montant des frais de justice acquittés par la commune apparaissaient « singulièrement » élevés avec un pic à 82 000 € en 2016, pour un total 230.000 € à ce jour (rappelant que le maire a été condamné pour dénonciation calomnieuse, pour harcèlement(S) moral envers des employés communaux qui exerçaient en outre un mandat syndical, etc.)

Sur l’augmentation de 20 % des charges de fonctionnement à caractère général
Lors de sa présentation, le Maire a fait valoir que cette augmentation de 20 % concernait l’entretien des bâtiments publics que l’ancienne majorité aurait « délaissés »

Faux :
Le compte budgétaire relatif à l’entretien des bâtiments publics montre que :

– Entre 2008 et 2013 (ancienne majorité) : 550 000 € – (soit 92 000 € /an)
– Entre 2014 et 2018 (majorité actuelle) :   490 000 € – (soit 98 000 € / an)

Un coût supplémentaire tenant compte du vieillissement inévitable des infrastructures

Où sont les 20 % faussement annoncés ?

Sur la politique d’investissement
Les magistrats de la Cour relèvent que les investissements en équipement de la ville ont fortement baissé depuis 2015 ajoutant que depuis cette date, ils représentent moins de la moitié des investissements réalisés sous l’ancien mandat.

Sur la dette
Lors de la présentation, M. ENGELMANN indique que les magistrats ont relevé que la dette est passée de 18 M€ (en 2012, donc sous le mandat précédent) à 13 M€ en 2017, soit une baisse de 5 M€.

Faux :
Excédé par tant de mauvaise foi, Jean-Marc MARICHY s’est alors emporté indiquant que ces chiffres n’apparaissent à aucun moment dans le rapport de la Cour des comptes, mais uniquement dans le discours exclusivement politique de M. ENGELMANN.

Et poursuivant, révèle que, en page 33 du rapport, les magistrats confirment que la dette est passée de : 12 852 000 € au 31/12/2013 (dernière année du mandat de l’ancienne majorité) à 12 812 000 € au 31/12/2017 (dernière année contrôlée par les magistrats)

Soit une différence de 40 000 €
Où sont les 5 M€ faussement annoncés ?!

Publié dans Texte Actualité divers

L’Europe, un marché que rêveraient de conquérir les professionnels du cannabis légal

cannabisAlors que plusieurs acteurs ont émergé aux États-Unis et au Canada après la légalisation du cannabis, les professionnels du secteur tentent de séduire les autorités européennes. Le marché total sur le Vieux continent, y compris illégal, pèserait 55 milliards de dollars par an.

Après l’Amérique du Nord, les professionnels du cannabis rêvent de conquérir le marché européen, en particulier le Royaume-Uni, et misent sur un changement d’image de la plante psychoactive, malgré les freins réglementaires et les débats éthiques.

Santé, cosmétique, bien-être, alimentaire … Les multiples déclinaisons de la marijuana étaient au centre d’une journée dédiée à la promotion de ce secteur et organisée jeudi à Londres par la banque d’affaires Bryan Garnier. Pour l’heure, le marché du cannabis légal en Europe, où l’usage médicinal est autorisé dans la plupart des pays de l’UE et actuellement testé en France, tourne autour de 1 milliard de dollars, explique à l’AFP Nikolaas Faes, analyste pour la banque d’affaires. Par comparaison, le marché américain légal pèse 12 à 13 milliards de dollars.

« L’Europe est un marché très petit, notamment à cause de la diversité des problèmes légaux (…). Les responsables politiques ne sont pas encore complètement prêts, mais ça progresse », estime Nikolaas Faes. Selon lui, la légalisation pourrait rapporter gros, puisque le marché total en Europe, en incluant le trafic illégal, est estimé à 55 milliards de dollars.

Mouvement lancé au Canada et aux États-Unis
Les dirigeants du secteur s’appuient sur l’exemple nord-américain. Le Canada a légalisé le cannabis l’an dernier. Aux États-Unis, la loi fédérale le considère comme une drogue dure mais onze États ainsi que la capitale américaine ont légalisé son usage récréatif.

Au Royaume-Uni, le parti des libéraux-démocrates a proposé dans son programme pour les élections législatives du 12 décembre de légaliser la marijuana. Près de la moitié des Britanniques (48%) sont pour, selon un sondage publié en juillet par YouGov pour le compte d’un groupe de réflexion du parti conservateur. Le débat reste toutefois vif et le système de santé britannique, le NHS, ne manque pas de rappeler les effets néfastes de l’usage récréatif du cannabis, qui augmente notamment les risques de développer des maladies comme la schizophrénie.

Le Royaume-Uni a néanmoins légalisé en novembre 2018 l’usage thérapeutique, une décision intervenue à la suite de l’histoire de deux enfants britanniques épileptiques qui n’avaient pas pu faire venir dans le pays leur traitement à base de cannabis, ce qui avait créé une polémique. Si les médecins ont désormais la possibilité de prescrire des médicaments basés sur la plante controversée, il est dans les faits très difficile pour les patients d’en obtenir du fait du manque de traitements disponibles et des questions sur leur efficacité.

Des entreprises qui tentent de surfer sur les produits relaxants
« Il faut comprendre qu’un marché légal ne signifie pas un marché ouvert. Au Royaume-Uni nous avons des marchés légaux mais nous avons moins de 200 patients », souligne Stephen Murphy, à la tête de Noble, un cabinet de recherche sur le cannabis. Au-delà du domaine médical, une myriade d’entreprises tentent de surfer sur la mode des produits à base de CBD (cannabidiol), un des principes actifs du cannabis non psychoactif, contrairement au tetrahydrocannabinol (THC).

Le CBD est censé avoir des effets relaxants et anti-inflammatoires, et se vend sous forme d’extraits ou d’huile par exemple, mais son marché souffre de l’absence de règles claires. « Cela cause des problèmes parce que les gens ne savent pas ce qui est légal ou non », regrette Farzad Moshfeghi, directeur général de Winchester MD, société britannique qui vend des produits CBD. Et le produit ne rassure pas les autorités sanitaires, alors qu’en Belgique, début novembre, un jeune de 18 ans est mort des suites d’une insuffisance respiratoire attribuée par les autorités sanitaires au vapotage d’une e-cigarette contenant du cannabidiol.

Par ailleurs, la légalisation du cannabis ne permet pas nécessairement de tuer le marché noir, notamment à cause de problèmes de pénurie. Ainsi au Canada, qui a légalisé le cannabis en octobre 2018, selon la dernière enquête de Statistique Canada sur le sujet publiée fin octobre, 53% seulement des consommateurs déclaraient obtenir tout ou partie de leur cannabis de source légale au 2e et 3e trimestre de cette année (dont 28% uniquement auprès de distributeurs respectant la loi). Le nombre de consommateurs, à 5,2 millions de Canadiens, est quant à lui stable par rapport à il y a un an.

Déjà des géants du cannabis en Bourse
Quoi qu’il en soit, en l’absence d’une réglementation harmonisée et à cause d’une image encore sulfureuse, les start-up en Europe ont du mal à trouver des financements, alors que certaines entreprises nord-américaines sont déjà cotées en Bourse, même si, après avoir vu leurs actions flamber dans un premier temps, leur parcours sur les marchés est plutôt chaotique depuis.

Le plus gros acteur est sans conteste Canopy Growth, coté sur le Nyse, qui affiche une capitalisation boursière de 6,6 milliards de dollars, malgré une action en repli de 46% sur un an. Vient ensuite le canadien Aurora Cannabis, avec 2,6 milliards de dollars de capitalisation sur le Nyse (avec un titre en repli de 58% sur un an). Parmi les autres acteurs les plus importants outre-Atlantique, on pourra également citer les américains Cronos (qui pèse 2,4 milliards de dollars en Bourse sur le Nasdaq-GS, et dont le cours est en baisse de 26% sur un an) et Tilray (2 milliards de dollars de valorisation sur le Nasdaq-GS, dont l’action a chuté de 80% sur un an).

Malgré les différents freins au marché, les professionnels croient au potentiel du marché européen, quitte à patienter encore quelques années. « L’Europe deviendra le plus grand marché au monde d’ici dix ans. La demande est là », lance, confiant, Stephen Murphy.

Publié dans Texte Santé

Consommation d’antibiotiques : la France fait de timides progrès

antibiotiquesSelon un rapport officiel de l’agence Santé publique France, la consommation d’antibiotiques en France se stabilise, voire tend à baisser, mais reste quand même trop élevée.

Les Français consomment moins d’antibiotiques qu’avant, selon un rapport officiel publié ce lundi à l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage de ces médicaments tueurs de bactéries. Cette semaine a pour but d’attirer l’attention du public sur l’antibiorésistance, le fait que certaines bactéries finissent par devenir résistantes aux antibiotiques  considérée comme une menace majeure par les autorités sanitaires mondiales.

Pour établir ses conclusions, l’agence Santé publique France s’est basée sur le nombre de doses d’antibiotiques consommées et le nombre de prescriptions en ville (c’est-à-dire hors hôpital), qui représente 93% de la consommation totale. Si l’on prend en compte le premier indicateur, la consommation des antibiotiques en médecine de ville « se stabilise », après une hausse entre 2014 et 2016. Elle se monte à 22,5 doses pour 1000 habitants et par jour en 2018, contre 22,7 en 2009. Concernant le nombre de prescriptions, il montre que la consommation d’antibiotiques a baissé de 15% entre 2009 et 2018 (passant de 2,81 à 2,38 pour 1.000 habitants et par jour).

« Prise de conscience générationnelle »
« Je pense qu’il y a une prise de conscience générationnelle, commente à BFMTV Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la Fédération des médecins de France. Je le vois avec mes internes: de temps en temps je me dis que ce serait bien de prescrire des antibiotiques et eux me disent ‘non pas question’. »

Un constat que Bruno Coignard, directeur des maladies infectieuses à Santé publique France, juge « assez encourageant ». Pour autant, « il y a encore beaucoup de chemin à faire », ajoute-t-il. Car la France reste l’un des mauvais élèves de l’Europe : c’est le troisième pays européen le moins performant (derrière la Grèce et Chypre).

Si l’on additionne ville et hôpital, « la France est à 25,3 doses pour 1000 habitants et par jour. Or, la moyenne européenne est de 19,8. Les Pays-Bas sont à 9,7 : en gros, cela veut dire qu’on consomme trois fois plus d’antibiotiques en France », indique le Dr Coignard qui rappelle que « la consommation d’antibiotiques est l’un des principaux facteurs qui explique l’apparition et la diffusion de bactéries multirésistantes ». Selon le rapport, « l’Assurance Maladie pourrait économiser 400 millions d’euros si la consommation française était la même que celle des Pays-Bas ».

« Prescrire mieux »
Comment expliquer cette spécificité française, qui perdure malgré les recommandations ?  Par « des pratiques et un historique dans l’approche médicamenteuse qui varient selon les pays », répond le Dr Coignard. En France, « la prise en charge repose beaucoup sur un traitement: un patient attend une ordonnance à la sortie » d’une consultation, analyse-t-il. « Les habitudes sont difficiles à changer », renchérit le Dr Gabriel Birgand qui souligne les aspects « culturels et émotionnels » de la prescription d’antibiotiques.

Certains médecins vont vouloir « taper large et essayer de résoudre un problème par un traitement antibiotique d’emblée, plutôt que de dire au patient ‘revenez dans les jours qui viennent si c’est nécessaire' », estime-t-il. Selon le Dr Coignard, « l’enjeu n’est pas seulement de prescrire moins, mais mieux », en réfléchissant au choix du type d’antibiotiques ou à « la durée de traitement, qui peut être moins longue ».

Si la consommation diminue chez les moins de 14 ans, elle augmente chez les plus de 65 ans, population « fragile et plus sujette à des infections », selon le Dr Coignard. Par ailleurs, la consommation globale varie selon les régions. Elle dépasse la moyenne nationale en PACA et dans les Hauts-de-France, et est en dessous dans les Pays-de-la-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bretagne.

« Bon usage des antibiotiques »
Enfin, le rapport s’intéresse à la bactérie Escherichia Coli, très courante et responsable notamment des infections urinaires. Après une hausse entre 2012 et 2015, la résistance de cette bactérie aux antibiotiques appelés « céphalosporines de troisième génération » (C3G) baisse depuis 2016, en ville comme en Ehpad.

« Nous sommes contents de voir que ces résistances diminuent », commente la Dr Anne Berger-Carbonne, de Santé publique France. En effet, les C3G sont prescrites en cas d’infections urinaires graves (touchant par exemple les reins) et il est donc crucial qu’elles soient efficaces.

Même si cette baisse doit être confirmée, le Dr Birgand juge que « l’amélioration du bon usage des antibiotiques » peut être « un élément éventuel d’explication ».

Publié dans Texte Actualité divers

Les mesures de qualité du réseau mobile en 2019 de différent opérateur

arcepL’Arcep publie son rapport sur la qualité des services mobiles pour l’année 2019. Les quatre opérateurs ont été passés au crible dans l’Hexagone.

Depuis le début de l’année, 1,5 million de mesures ont été réalisées par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms. Le but : mesurer la qualité du réseau mobile en France métropolitaine, selon les opérateurs. Plusieurs types d’usages ont été évalués, à commencer par les appels et l’envoi de SMS. Mais c’est au niveau de l’internet mobile (essentiellement 3G et 4G) que ces données sont les plus attendues, en raison de disparités toujours importantes dans le pays.

Des débits en forte progression
Globalement, l’Arcep souligne une importante progression des débits, pour l’ensemble des opérateurs et des zones géographiques. En 2019, un smartphone peut télécharger des fichiers à une moyenne de 45 Mbit/s, contre 30 Mbit/s en 2018. Dans les grandes villes, cette moyenne grimpe à 62 Mbit/s. En zone rurale, elle atteint 28 Mbit/s. Un débit moindre, mais qui est suffisant pour télécharger de la musique ou regarder des vidéos sur YouTube ou Netflix.

“En internet mobile, Orange affiche les meilleurs résultats sur l’ensemble de la campagne de mesures. Bouygues Telecom conserve son avantage sur SFR. Enfin, Free Mobile reste derrière mais progresse et réduit l’écart par rapport aux trois autres opérateurs.” explique l’Arcep dans un communiqué de presse.

debit

Pour étudier les performances des opérateurs plus en détails, l’Arcep a mesuré le nombre de cas dans lesquels il est possible de lire une vidéo de deux minutes en haute définition. Orange, Bouygues Telecom et SFR (Groupe Altice, également propriétaire de BFMTV) oscillent en moyenne autour des 80% au niveau national, tandis que Free accuse un léger retard (68%).

operateur mobileDans les quinze plus grandes villes françaises, le taux de succès est de 89 et 90% pour SFR et Bouygues Telecom, contre 95% pour Orange. Free permet de lire une vidéo dans des conditions optimales dans 79% des cas.

Des disparités en zones rurales
Si des chiffres comparables sont constatés pour les agglomérations de taille intermédiaires, les disparités s’accentuent dans les communes de moins de 10.000 habitants. Ainsi, la lecture de vidéos dans de bonnes conditions est possible dans 68% des cas chez Orange et SFR, contre seulement 51% des cas chez Free. Bouygues Telecom est le plus performant en zone rurale, avec 72% de vidéos consultées dans des conditions optimales.

L’Arcep s’intéresse aussi à la qualité du réseau mobile dans les transports, en mesurant le nombre de pages Web chargées en moins de 10 secondes. Là encore, les disparités sont importantes entre Free et la concurrence.

Dans le TGV, la consultation de sites Web se fait correctement dans 87% des cas chez SFR, contre 77% des cas chez Orange, 71% des cas chez Bouygues Telecom et seulement 40% des cas chez Free. Free se révèle également moins performant dans les Intercités et TER avec 50% de pages Web chargées en moins de 10 secondes, contre 73% pour SFR et 78% pour Bouygues Telecom et Orange.

Le régulateur revient par ailleurs sur les usages élémentaires des téléphones, à commencer par les appels et SMS. Des usages qui fonctionnent de manière efficace et rapide (moins de 10 secondes pour recevoir un SMS) sur plus de 90% du territoire, chez tous les opérateurs. Mais là encore, les zones rurales restent pénalisées par une moindre couverture. Dans les communes de moins de 10.000 habitants, il reste difficile de passer des appels dans de bonnes conditions dans environ 30% des cas chez SFR, Orange et Bouygues Telecom, et dans près de 40% des cas chez Free.

france.jpg

Afin d’aider chaque français à choisir son opérateur, l’Arcep met en ligne l’intégralité des données sous forme d’une carte interactive, accessible sur le site Mon Réseau Mobile. Commune par commune, il est ainsi possible de déterminer la qualité de réseau de chaque opérateur, pour la voix, les SMS et l’internet mobile.

Publié dans Texte Actualité divers

Le gaspillage alimentaire risque encore d’augmenter dans les prochaines années

gaspillage alimentaireL’ONU s’efforce de mobiliser les pays pour réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici à 2030. Mais celui-ci semble bien parti pour suivre la tendance inverse.

Alors qu’un milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou jetées chaque année, peut-on réellement endiguer le gaspillage alimentaire ?  Cet incontestable gâchis,  820 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde peine à trouver ses remèdes.

Pire encore, le gaspillage alimentaire devrait augmenter durant les prochaines années, à en croire un rapport du Boston Consulting Group (BCG). La masse de nourriture gaspillée va même augmenter d’un tiers d’ici 2030. Chaque seconde, ce seraient actuellement 66 tonnes de nourriture qui finiraient à la poubelle, selon le BCG. 2030 correspond pourtant à une échéance importante pour l’ONU, qui souhaite voir le gaspillage diminuer de moitié au niveau mondial d’ici là.

Lutter contre les pertes et le gaspillage
Derrière les prévisions pessimistes du BCG, deux causes de gâchis sont à distinguer, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié lundi, à l’approche de la journée mondiale de la lutte contre le gaspillage alimentaire qui se tient ce mercredi 16 octobre : les pertes et le gaspillage alimentaires.

Les pertes alimentaires désignent tout ce qui est perdu entre la production et la vente au détail. Elles touchent en priorité les pays en développement qui ne disposent pas toujours des infrastructures ni des moyens de transport et de réfrigération qui permettent d’éviter que les aliments ne deviennent impropres à la consommation.

L’Inde produit, par exemple, 28% des bananes au niveau mondial mais ses exportations ne représentent que 0,3% de ce total. «Avec une chaîne du froid améliorée, le nombre de bananes exportées pourrait passer de 4000 à 190.000 conteneurs, fournir 95.000 emplois et bénéficier à 34.600 petites exploitations fermières», explique ainsi John Mandyck, auteur du «Lien caché entre gaspillage alimentaire, faim et changement climatique». Actuellement, 40% des pertes ont lieu au moment de l’après-récolte et de la distribution. Mais ces pertes alimentaires devraient être amenées à baisser à mesure que les pays se développent et renforcent leur chaîne de distribution.

Le gaspillage alimentaire désigne, lui, les denrées jetées à la poubelle lors de la vente aux particuliers, ou par les consommateurs eux-mêmes. Il devrait, selon le BCG, connaître une évolution inverse à celle des pertes alimentaires.  Puisqu’il augmente à mesure que les pays se développent. Plus un pays est développé, plus les particuliers vivent dans l’abondance alimentaire, plus ils tendent à gaspiller.

Ainsi, les consommateurs européens et d’Amérique du Nord gaspillent chaque année entre 95 et 115kg de nourriture par personne, là où les habitants d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud n’en gâchent que 6 à 11kg. L’Espagne a récemment formulé un aveu d’impuissance : malgré les dispositifs de sensibilisation du gouvernement, le gaspillage alimentaire a augmenté de près de 9% en 2018 par rapport à l’année précédente. Un problème que les pays en développement devraient eux aussi rencontrer sur le chemin de leur croissance, et qui explique en partie les difficultés qu’anticipe le BCG pour réduire la quantité d’aliments qui sont gâchés.

Des actions à prendre rapidement
Les pertes et le gaspillage alimentaire ont également été pointés du doigt dans un rapport du Giec consacré aux sols, cet été. Le groupement de scientifiques indique que ce gâchis alimentaire induit forcément un épuisement de sols «pour rien». Selon la FAO, pertes et gaspillage sont responsables de près de 8% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Face à ces effets en cascade, le Boston Consulting Group et l’ONU se rejoignent sur un point : il est nécessaire de prendre des actions rapides afin de limiter les dégâts. Le BCG préconise ainsi des actions de pédagogie, le développement de technologies pour mieux adapter l’offre et la demande, mais aussi la mise en place de contraintes législatives.

Au niveau européen, aucun texte n’oblige les États à lutter contre le gaspillage alimentaire. La lutte contre ce gâchis dépend donc des seules réglementations nationales, lesquelles n’évoluent pas à la même vitesse. La France se veut en pointe grâce notamment à une réglementation qui contraint les supermarchés à donner leurs invendus alimentaires. Beaucoup reste à faire malgré tout : si l’on prend en compte l’ensemble de la filière alimentaire, le gaspillage de nourriture s’élève à 155 kg par Français par an.