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Le gaspillage alimentaire risque encore d’augmenter dans les prochaines années

gaspillage alimentaireL’ONU s’efforce de mobiliser les pays pour réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici à 2030. Mais celui-ci semble bien parti pour suivre la tendance inverse.

Alors qu’un milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou jetées chaque année, peut-on réellement endiguer le gaspillage alimentaire ?  Cet incontestable gâchis,  820 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde peine à trouver ses remèdes.

Pire encore, le gaspillage alimentaire devrait augmenter durant les prochaines années, à en croire un rapport du Boston Consulting Group (BCG). La masse de nourriture gaspillée va même augmenter d’un tiers d’ici 2030. Chaque seconde, ce seraient actuellement 66 tonnes de nourriture qui finiraient à la poubelle, selon le BCG. 2030 correspond pourtant à une échéance importante pour l’ONU, qui souhaite voir le gaspillage diminuer de moitié au niveau mondial d’ici là.

Lutter contre les pertes et le gaspillage
Derrière les prévisions pessimistes du BCG, deux causes de gâchis sont à distinguer, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié lundi, à l’approche de la journée mondiale de la lutte contre le gaspillage alimentaire qui se tient ce mercredi 16 octobre : les pertes et le gaspillage alimentaires.

Les pertes alimentaires désignent tout ce qui est perdu entre la production et la vente au détail. Elles touchent en priorité les pays en développement qui ne disposent pas toujours des infrastructures ni des moyens de transport et de réfrigération qui permettent d’éviter que les aliments ne deviennent impropres à la consommation.

L’Inde produit, par exemple, 28% des bananes au niveau mondial mais ses exportations ne représentent que 0,3% de ce total. «Avec une chaîne du froid améliorée, le nombre de bananes exportées pourrait passer de 4000 à 190.000 conteneurs, fournir 95.000 emplois et bénéficier à 34.600 petites exploitations fermières», explique ainsi John Mandyck, auteur du «Lien caché entre gaspillage alimentaire, faim et changement climatique». Actuellement, 40% des pertes ont lieu au moment de l’après-récolte et de la distribution. Mais ces pertes alimentaires devraient être amenées à baisser à mesure que les pays se développent et renforcent leur chaîne de distribution.

Le gaspillage alimentaire désigne, lui, les denrées jetées à la poubelle lors de la vente aux particuliers, ou par les consommateurs eux-mêmes. Il devrait, selon le BCG, connaître une évolution inverse à celle des pertes alimentaires.  Puisqu’il augmente à mesure que les pays se développent. Plus un pays est développé, plus les particuliers vivent dans l’abondance alimentaire, plus ils tendent à gaspiller.

Ainsi, les consommateurs européens et d’Amérique du Nord gaspillent chaque année entre 95 et 115kg de nourriture par personne, là où les habitants d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud n’en gâchent que 6 à 11kg. L’Espagne a récemment formulé un aveu d’impuissance : malgré les dispositifs de sensibilisation du gouvernement, le gaspillage alimentaire a augmenté de près de 9% en 2018 par rapport à l’année précédente. Un problème que les pays en développement devraient eux aussi rencontrer sur le chemin de leur croissance, et qui explique en partie les difficultés qu’anticipe le BCG pour réduire la quantité d’aliments qui sont gâchés.

Des actions à prendre rapidement
Les pertes et le gaspillage alimentaire ont également été pointés du doigt dans un rapport du Giec consacré aux sols, cet été. Le groupement de scientifiques indique que ce gâchis alimentaire induit forcément un épuisement de sols «pour rien». Selon la FAO, pertes et gaspillage sont responsables de près de 8% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Face à ces effets en cascade, le Boston Consulting Group et l’ONU se rejoignent sur un point : il est nécessaire de prendre des actions rapides afin de limiter les dégâts. Le BCG préconise ainsi des actions de pédagogie, le développement de technologies pour mieux adapter l’offre et la demande, mais aussi la mise en place de contraintes législatives.

Au niveau européen, aucun texte n’oblige les États à lutter contre le gaspillage alimentaire. La lutte contre ce gâchis dépend donc des seules réglementations nationales, lesquelles n’évoluent pas à la même vitesse. La France se veut en pointe grâce notamment à une réglementation qui contraint les supermarchés à donner leurs invendus alimentaires. Beaucoup reste à faire malgré tout : si l’on prend en compte l’ensemble de la filière alimentaire, le gaspillage de nourriture s’élève à 155 kg par Français par an.

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La Cour des comptes épingle l’inflation des départs anticipés à la retraite

retraiteLe dispositif des carrières longues, réformé en 2012, a accéléré le nombre des départs anticipés, soit 400.000 en 2017, soit près d’un départ à la retraite sur deux.

En 2016, tous ces départs anticipés ont induit 14 milliards d’euros de dépenses en plus, selon la Cour des comptes.

« Chaque réforme depuis 2003 visant à augmenter l’âge effectif de départ à la retraite s’est accompagnée de la création ou de l’extension de dispositifs de départ anticipé » résume la Cour des comptes dans son rapport 2019 sur la Sécurité sociale. Parmi ces derniers, les assouplissements apportés au dispositif des carrières longues par le décret du 2 juillet 2012 pris sous François Hollande (notamment la réduction de deux années de la durée d’assurance) ont accéléré le nombre des départs anticipés à la retraite (cf infographie ci-dessous). Résultat : une multiplication par six de ces départs anticipés entre 2009 et 2017, passés au régime général de moins de 30.000 en 2009 à près de 180.000 en 2017.

Outre les carrières longues, l’inaptitude substituée ou non à une pension d’invalidité, les « catégories actives » de la fonction publique (police, gardien de prison, …), l’incapacité permanente, la retraite anticipée pour les travailleurs handicapés, le compte professionnel de prévention (pénibilité) et la retraite progressive, alimentent « les départs à la retraite dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance ».

Un pic à 400.000 départs anticipés en 2017
En 2017, ces sept dispositifs ont été à l’origine de près de 400.000 départs à la retraite. Résultat : les départs à la retraite à taux plein avant l’âge légal d’ouverture des droits ou sans que la condition de durée d’assurance soit remplie ont représenté près d’un départ à la retraite sur deux en 2017. L’autre conséquence de ces dispositifs est d’avoir fortement minoré les effets de l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite décidée dans le cadre de la réforme de 2010 (sous Sarkozy).

infographie retraite

« Fin 2010, une personne sur cinq était retraitée un an avant l’âge d’ouverture des droits alors fixé à 60 ans. Fin 2017, sous le double effet de l’augmentation de l’âge d’ouverture des droits et de l’extension des carrières longues, c’est une personne sur trois qui était retraitée un an avant ce même âge, porté à 62 ans » constate la Cour des comptes.

À elles seules, les carrières longues ont représenté 16,9 % de l’augmentation des dépenses de prestations de droit propre du régime général intervenue entre 2012 et 2017 (soit 2,2 milliards sur 12,8 milliards d’euros).

Des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis »
En creux, les magistrats égratignent des dispositifs de départs anticipés généreux mais qui, sauf exception, ont « un financement qui n’est pas identifié » avec des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis. »

De par leur dynamique, l’ensemble des départs anticipés à la retraite ont logiquement induit un important montant de dépenses supplémentaires, près de 14 milliards d’euros en 2016, « pesant sur la soutenabilité du système de retraite. » Ce montant s’élève à 5,2 % du total des dépenses de prestations de droit propre dans les régimes de base et complémentaires de retraite, contre 3 % environ en 2012. La Cour des comptes note toutefois « qu’en 2018, le flux des départs pour carrière longue s’est inversé au régime général, sous l’effet de l’augmentation progressive de la durée d’assurance requise pour le taux plein en application de la réforme des retraites de 2014 ».

Le dispositif de la retraite progressive reste méconnu
« Cette hausse de la part des départs à la retraite à taux plein dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance contribue à la faiblesse en France du taux d’activité des 55-64 ans (55 % en 2017 contre 61 % en moyenne dans l’Union européenne) » déplore le rapport.

Pour infléchir cette tendance, dans le cadre de la future évolution du système français de retraites vers un système universel à points, le rapport suggère « des modalités de transition progressive vers la retraite qui devraient être privilégiées par rapport à l’interruption complète de l’activité professionnelle. »

Avec moins de 10.000 départs à la retraite en 2017, le dispositif de la retraite progressive demeure modeste. « Il est probablement encore peu connu des salariés et des employeurs même si le dispositif français de retraite progressive est le seul à imposer une durée de travail maximale » conclut la Cour des comptes.

Les départs anticipés des « catégories actives » de fonctionnaires en question
L’avantage des catégories actives (31.000 départs et 3,3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires) permet à une partie des agents des trois fonctions publiques (État, hospitalière, territoriale) un départ anticipé de cinq, voire de dix ans (pour les catégories « super-actives »), au motif d’une dangerosité des fonctions exercées ou d’une sinistralité accrue de certains emplois.

« Depuis le début des années 2000, des modifications statutaires ont réduit le champ des catégories actives de la fonction publique. Les plus significatives ont concerné les instituteurs, les infirmiers et diverses professions paramédicales ainsi que les agents de La Poste. Néanmoins, le nombre de fonctionnaires classés en catégorie active diminue lentement » constate la Cour des comptes. C’est seulement à partir de 2030 qu’ils connaîtraient une baisse sensible.

Le rapport relève qu’il existe aussi une incertitude quant au nombre de fonctionnaires relevant d’une catégorie active (estimé à 700.000 environ) et des facteurs d’iniquité entre des fonctionnaires et des salariés exerçant des fonctions identiques dans le privé. Les aides-soignantes des établissements de santé privés ne bénéficient pas de possibilités de départ anticipé au titre d’une « catégorie active ».

Dans ces conditions, « il conviendrait de poursuivre le réexamen du périmètre des métiers relevant des catégories actives et, au sein de ces métiers, des fonctions exercées justifiant le bénéfice de ces avantages. »

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18 nouvelles taxes vont disparaître en 2020

18 nouvelles taxes vont disparaître en 2020Taxe sur les commerçants ambulants ou sur les permis de conduire, redevance sur la géothermie : 18 petites taxes à faible rendement fiscal, totalisant 256 millions d’euros de recettes, seront supprimées par le ministre de l’Action et des Comptes publics, selon le projet de budget 2020.

La chasse aux petites taxes dont le code des impôts français et celui des douanes regorgent, va continuer en 2020. Après en avoir supprimé une bonne vingtaine en 2019, Gérald Darmanin a inscrit 18 suppressions supplémentaires dans un article du projet de budget 2020 divulgué par Le Figaro. « Le tout devrait coûter 256 millions d’euros en moindres recettes en 2020 (en comptant également les suppressions actées pour 2020 dans le budget 2019) et 199 millions d’euros en 2021 » explique le quotidien.

Parmi les taxes dans le viseur du ministre de l’Action et des Comptes publics, figure une taxe sur la géothermie (créée en 2017 mais jamais appliquée faute de décret), la taxe sur les permis de conduire (en vigueur dans certaines régions : Corse, La Réunion, Guyane, Martinique, Mayotte) ou, plus anecdotique, une cotisation de solidarité à la charge des producteurs de blé et d’orge (créée en 1969).

Toutes ces taxes et redevances ont pour point commun de rapporter peu à l’État. Elles font partie de ces « petites taxes » générant moins de 150 millions d’euros de recette chacune, selon un critère établi par un rapport de l’inspection générale des finances en 2014 qui en avait recensé 192 au total (au rendement cumulé de 5,2 milliards d’euros à l’époque).

L’an prochain, d’autres disparitions de « petites » taxes seront prévues, ce qui devrait porter sur la période (de 2019 à 2021) le total des allègements fiscaux à 587 millions d’euros en trois ans.

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Le Medef soutient l’âge pivot qui ne serait pas encore enterré selon le gouvernement

Medef.jpgLe patron du Medef souhaite que la réforme des retraites se concentre sur l’âge de départ (ce que prévoit le rapport Delevoye) alors qu’Emmanuel Macron a émis cette semaine des réserves sur ce point.

La future réforme des retraites ne pourra faire l’économie d’un relèvement de l’âge de départ à la retraite, a déclaré mercredi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux à la suite de la prise de position d’Emmanuel Macron en faveur d’une évolution de la durée de cotisation.

Le président de la République a surpris en marquant lundi soir sa préférence pour un accord sur la durée de cotisation avec les partenaires sociaux plutôt que sur l’âge, alors que le Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, préconise l’instauration d’un âge pivot à 64 ans sous peine de décote.

Mais le chef de l’État n’a nullement enterré l’idée d’un « âge pivot », a assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye en précisant que « ces deux options (étaient) sur la table ». « Le rapport Delevoye a exposé deux options pour calculer le futur âge du taux plein, d’une part un âge du taux plein en fonction de la durée de ce que chacun aurait cotisé, et d’autre part un âge de taux plein qui soit le même pour tous et qui serait fixé à 64 ans », a rappelé la secrétaire d’État lors de la conférence de presse de sortie du conseil des ministres.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, « il est indispensable de bouger le paramètre de l’âge ». « C’est seulement à ces conditions que le Medef soutiendra cette réforme ambitieuse et nécessaire », a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture de LaREF (« La Rencontre des entrepreneurs de France », ex-université d’été du Medef), à l’hippodrome de Longchamp, à Paris.

« Des injonctions contradictoires » d’Emmanuel Macron
Selon lui, le fait qu’Emmanuel Macron fasse part de « sa préférence pour augmenter la durée de cotisation plutôt que de repousser l’âge de la retraite à travers un âge pivot » tout en réaffirmant « l’objectif d’équilibrer les régimes en 2025 » revient à avancer « deux injonctions totalement contradictoires ».

Tout en reconnaissant la nécessité de prendre en compte les carrières longues, le président du Medef estime que « la seule solution c’est de trouver le bon compromis entre l’âge et la durée de cotisation car sinon nous serons dans une impasse financière ». Il a également prévenu que le Medef resterait « attentif à l’équité de la réforme en particulier dans l’utilisation des réserves » afin d’éviter que « les réserves des salariés du privé financent les retraites des fonctionnaires ».

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Micro plastiques dans l’eau : l’OMS constate « un risque faible » pour la santé mais demande plus d’études

Micro plastiques dans l'eauL’Organisation mondiale de la santé appelle les chercheurs à mener une évaluation plus approfondie, avec des méthodes standardisées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les niveaux actuels de micro plastiques présents dans l’eau potable ne présentent pas encore de danger pour la santé, mais les experts restent prudents pour l’avenir.

Dans un rapport publié , l’OMS présente la synthèse des dernières connaissances sur les micro plastiques dans l’eau du robinet et l’eau en bouteille et sur ses effets sur la santé humaine.

« Le message clé vise à rassurer les consommateurs d’eau potable du monde entier : d’après cette évaluation, nous estimons que le risque est faible », a déclaré le coordonnateur de l’Unité Eau, assainissement, hygiène et santé de l’OMS, Bruce Gordon, lors d’une conférence de presse.

Il a précisé que l’analyse des risques pour la santé liés aux micro plastiques portait essentiellement sur trois aspects: le risque d’ingestion, les risques chimiques et les risques liées à la présence de bactéries agglomérées (biofilm).

L’OMS pour une évaluation approfondie
L’OMS insiste sur le fait que les données sur la présence de micro plastiques dans l’eau potable sont pour l’instant limitées, avec peu d’études fiables, et que ces dernières sont difficilement comparables, ce qui rend plus difficile l’analyse des résultats.

L’OMS appelle en conséquence les chercheurs à mener une évaluation plus approfondie, avec des méthodes standardisées. Dans un communiqué, l’agence spécialisée de l’ONU indique que les micro plastiques d’une taille supérieure à 150 microns ne sont en principe pas absorbés par l’organisme humain, et l’absorption des particules plus petites « devrait être limitée ».

Elle estime en revanche que l’absorption de très petites particules micro plastiques, notamment de nanoparticules, « devrait être plus élevée, même si les données à ce sujet sont très limitées ».

« Les micro plastiques présents dans l’eau de boisson ne semblent pas présenter de risques pour la santé, du moins aux niveaux actuels. Mais nous devons approfondir la question », a relevé la directrice du Département Santé Publique, à l’OMS, Maria Neira, citée dans le communiqué.

L’importance du traitement des eaux usées
Le rapport alerte sur les dangers à venir : si les émissions de plastique dans l’environnement se poursuivent au rythme actuel, les micro plastiques pourraient présenter des risques généralisés pour les écosystèmes aquatiques d’ici un siècle, ce qui ne devrait pas être sans conséquence sur la santé humaine.

« Nous devons enrayer l’augmentation de la pollution plastique partout dans le monde », a souligné Maria Neira. Les experts soulignent aussi l’importance du traitement des eaux usées (matières fécales et chimiques) qui permet de retirer plus de 90% des microplastiques présents dans ces eaux. Actuellement, une grande part de la population mondiale ne bénéficie pas encore de systèmes adaptés de traitement des eaux usées, selon l’OMS.

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Ondes électromagnétiques : pourquoi tant de haine ?

Ondes électromagnétiquesInhérentes au fonctionnement de nos smartphones ou au transport de l’électricité, les ondes électromagnétiques font régulièrement office de suspectes en raison de leur impact sur notre santé. L’évolution technologique ne fait que renforcer ces inquiétudes.

Elles sont insaisissables, invisibles, et suscitent des craintes grandissantes auprès du grand public. Utilisées depuis des décennies, les ondes électromagnétiques font régulièrement irruption dans le débat citoyen, à mesure du déploiement de nouvelles technologies telles que la 4G, la 5G, ou encore les compteurs Linky.

Entre fantasmes et impact réel sur la santé, il est souvent difficile de faire le tri. La mise en cause des ondes électromagnétiques est renforcée par l’absence de consensus de la communauté scientifique, malgré des études rassurantes et d’importantes contraintes réglementaires.

Basses fréquences et radiofréquences
Si les ondes électromagnétiques de très haute fréquence sont utilisées dans l’industrie médicale ou nucléaire, le grand public est principalement exposé à deux types d’ondes : les ondes d’extrêmement basse fréquence et les radiofréquences. Les premières sont celles qui sont utilisées pour acheminer de l’électricité le long des lignes à haute tension. Les secondes sont utilisées entre autres  par nos smartphones pour envoyer et recevoir des données.

Les ondes d’extrêmement basse fréquences font partie du paysage français depuis de très longues années, suscitant également des inquiétudes de la part des habitants. Et pour cause, ces champs électromagnétiques ont des effets avérés sur nos cellules. Le cas extrême de cette exposition étant l’électrocution.

Mais ce sont les conséquences d’une exposition permanente et bien plus modérée qui attisent le plus de craintes, notamment suite à plusieurs études scientifiques épidémiologiques. Comme le rappelle le ministère des Affaires sociales et de la Santé, une association statistique existe entre une exposition régulière à ce type de champs magnétiques et la leucémie chez l’enfant.

L’arrivée déterminante du mobile
Une étude de de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a constaté un plus grand risque de leucémie chez l’enfant de moins de 15 ans, vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension (225-400 kV). Les conséquences en termes de santé publique restent cependant limitées: d’après l’étude, qui dénombre 30.000 enfants vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension, l’excès de risque correspond à moins d’un cas de leucémie aiguë chez l’enfant chaque année.

Avec l’arrivée du téléphone mobile dans les années 90, les radiofréquences ont régulièrement été pointées du doigt pour leur impact potentiel sur la santé humaine. Pour l’heure, les études épidémiologiques sont rassurantes. L’une des principales études internationales, menée en 2012, n’a pas établi d’augmentation de risque de gliome et méningiome (deux cancers cérébraux) avec l’utilisation de téléphones portables.

Un rapport de l’ANSES publié en 2013, basé sur 309 articles scientifiques publiés entre avril 2009 et décembre 2012  évoque cependant la possibilité d’augmentation du nombre de gliomes chez les utilisateurs “intensifs” du téléphone mobile, ayant cumulé plus de 1.640 heures d’exposition.

Afin de respecter le principe de précaution, des limites d’exposition sont imposées aux fabricants de smartphones, ainsi qu’aux opérateurs en charge des antennes-relais. Lors d’une enquête réalisée en 2014 et basée sur près de 3000 mesures, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a constaté que les valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques étaient respectées dans l’intégralité des cas.

Du côté des smartphones, certains fabricants ont néanmoins été épinglés pour avoir dépassé la limite réglementaire. Ils ont alors dû procéder à des mises à jour pour s’y conformer.

Des débats cycliques
Toutefois, la majorité de l’exposition aux radiofréquences est liée à la téléphonie mobile. Ce qui implique des débats réguliers, avec la multiplication des appareils en circulation et l’évolution des technologies de transmission des données. Après l’essor de la 4G, la 5G, qui sera déployée au cours des années 2020, suscite de nouvelles craintes quant à l’exposition du public aux ondes.

Pourtant, elle s’appuiera en grande partie sur les infrastructures utilisées pour la 4G, explique Gilles Brégant, directeur de l’ANFR, à BFM Tech. “C’est comme un système de poupées russes. Les fréquences de la 2G ont été réutilisées pour la 3G . La 4G réutilise des fréquences de la 2G et de la 3G. La 5G va réutiliser toutes ces fréquences en complément de ses propres fréquences” détaille-t-il.

Ce sont ces fréquences supplémentaires, bien plus larges et pouvant faire transiter bien plus de données, qui sont visées par les opposants au déploiement de la 5G. Handicapées par une moindre portée, ces dernières devront s’appuyer sur un réseau bien plus dense d’antennes, qui ne seront plus placées sur les toits mais sur les lampadaires ou abribus.

Pour limiter le niveau d’émission, ces dernières ne seront sollicitées qu’en cas de besoin de la part d’un utilisateur à proximité  par exemple pour télécharger un fichier volumineux.

A la différence des antennes-relais déjà installées, elles cibleront chaque smartphone avec précision, préservant les utilisateurs se trouvant à proximité. Ces dispositifs doivent subir des études d’impact avant d’être mis en place et devront se conformer aux limites d’exposition déjà existantes.

La crainte des ondes électromagnétiques a récemment pénétré nos foyers, à l’occasion du déploiement du compteur intelligent Linky par Enedis. Malgré des mesures montrant un impact comparable à celui d’une télévision ou d’un chargeur d’ordinateur portable, Linky a été ciblé par plusieurs associations, y compris devant la justice. Comme le montre un rapport de l’ANSES datant de juin 2017, les associations Priartem électrosensibles de France et Robin des Toits ont été particulièrement actives dans le combat face à Enedis.

“Alors que la controverse sur les antennes-relais a été soulevée par l’installation de sources d’exposition dans l’espace public, la polémique sur les compteurs communicants mobilise d’autres processus psychosociaux dès lors que la source est imposée et implantée dans l’espace privé. Elle est interprétée comme une source de menace venant de l’intérieur du chez-soi, ce qui est difficilement acceptable” complète le rapport, repris par nos confrères de Libération.

Un business florissant
A ces nombreuses craintes s’ajoutent les témoignages d’individus s’estimant électrosensibles. Une maladie qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique, et qui se distingue par la multitude des symptômes associés. Dans son rapport de 2013, l’ANSES mentionnait des études mettant en évidence “une association entre les symptômes perçus et la distance à l’antenne relais estimée par les riverains, plutôt que le niveau d’exposition réel”, laissant présager un effet avant tout psychologique.

En mars 2018, l’agence évoque une absence de preuve de causalité entre exposition aux ondes et électrosensibilité, tout en insistant sur la réalité des souffrances exprimées par les patients et sur la nécessité de poursuivre les travaux de recherche sur le sujet. Pour les scientifiques comme pour les régulateurs, le risque ou l’innocuité des ondes électromagnétiques est d’autant plus difficile à établir que ces dernières se multiplient et se cumulent.

Certaines entreprises ont choisi de jouer sur ces peurs pour vendre des produits “anti-ondes”. Leur promesse : préserver l’utilisateur des méfaits des ondes électromagnétiques, quand bien même ces derniers restent hypothétiques. Parfois coûteux, de tels produits  comme des patchs à coller sur son smartphone ou des vêtements spécifiques  se révèlent souvent inutiles. Récemment la marque Petit Bateau a également fait le choix de surfer sur la tendance en proposant à la vente un bonnet anti-ondes pour bébé.

Dans les prochaines années, l’absence de consensus sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé,  notamment à long-terme pourrait laisser une place grandissante aux débats sur le sujet. Face à ces incertitudes, les solutions les plus simples sont aussi les meilleures pour quiconque désire appliquer un principe de précaution supplémentaire : éloigner son smartphone de son oreille, téléphoner lorsque le réseau est bon, ce qui peut réduire de plus de 99% le niveau d’exposition, et limiter la durée des appels. En cas de doute sur le niveau d’exposition de son environnement quotidien, par exemple à proximité d’une antenne-relais, l’ANFR proposer de venir réaliser une mesure gratuitement.

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La nouvelle génération attend plus des sociétés

jobs luxembourgLe rapport de force des générations Y et Z (nées après 1980) avec les entreprises est en train de changer. Elles sont priées de sauver la planète.

Le groupe Deloitte vient de publier cette semaine la 8e édition de son «Millenial Survey» (à traduire par enquête sur les générations millenial). Elle concerne les attentes des dernières générations Y et Z nées après 1980 par rapport au monde de l’entreprise et au marché du travail.

41% des étudiants interrogés se disent attirés par le secteur des nouvelles technologies. Un domaine qui séduit aussi bien les ingénieurs que les profils universitaires classiques. Le luxe (32%), les activités de conseil (26%), l’énergie (25%) et l’industrie (23%) sont les autres secteurs d’activités les plus plébiscités.

Petits boulots, oui mais bien payés
Les entreprises sont jugées sur leur capacité à générer un impact sociétal positif à travers la nature des produits et des services qu’elles conçoivent. Cette recherche de sens passe également par les emplois alternatifs. 80% des générations Z envisagent de rejoindre la «gig economy», l’économie des petits boulots en français.

Petits boulots, certes, mais encore faut-il être bien payé. 82% des jeunes Y et Z sondés l’érigent comme une condition sine qua non devant «travailler sur des sujets intéressants».