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L’Europe, un marché que rêveraient de conquérir les professionnels du cannabis légal

cannabisAlors que plusieurs acteurs ont émergé aux États-Unis et au Canada après la légalisation du cannabis, les professionnels du secteur tentent de séduire les autorités européennes. Le marché total sur le Vieux continent, y compris illégal, pèserait 55 milliards de dollars par an.

Après l’Amérique du Nord, les professionnels du cannabis rêvent de conquérir le marché européen, en particulier le Royaume-Uni, et misent sur un changement d’image de la plante psychoactive, malgré les freins réglementaires et les débats éthiques.

Santé, cosmétique, bien-être, alimentaire … Les multiples déclinaisons de la marijuana étaient au centre d’une journée dédiée à la promotion de ce secteur et organisée jeudi à Londres par la banque d’affaires Bryan Garnier. Pour l’heure, le marché du cannabis légal en Europe, où l’usage médicinal est autorisé dans la plupart des pays de l’UE et actuellement testé en France, tourne autour de 1 milliard de dollars, explique à l’AFP Nikolaas Faes, analyste pour la banque d’affaires. Par comparaison, le marché américain légal pèse 12 à 13 milliards de dollars.

« L’Europe est un marché très petit, notamment à cause de la diversité des problèmes légaux (…). Les responsables politiques ne sont pas encore complètement prêts, mais ça progresse », estime Nikolaas Faes. Selon lui, la légalisation pourrait rapporter gros, puisque le marché total en Europe, en incluant le trafic illégal, est estimé à 55 milliards de dollars.

Mouvement lancé au Canada et aux États-Unis
Les dirigeants du secteur s’appuient sur l’exemple nord-américain. Le Canada a légalisé le cannabis l’an dernier. Aux États-Unis, la loi fédérale le considère comme une drogue dure mais onze États ainsi que la capitale américaine ont légalisé son usage récréatif.

Au Royaume-Uni, le parti des libéraux-démocrates a proposé dans son programme pour les élections législatives du 12 décembre de légaliser la marijuana. Près de la moitié des Britanniques (48%) sont pour, selon un sondage publié en juillet par YouGov pour le compte d’un groupe de réflexion du parti conservateur. Le débat reste toutefois vif et le système de santé britannique, le NHS, ne manque pas de rappeler les effets néfastes de l’usage récréatif du cannabis, qui augmente notamment les risques de développer des maladies comme la schizophrénie.

Le Royaume-Uni a néanmoins légalisé en novembre 2018 l’usage thérapeutique, une décision intervenue à la suite de l’histoire de deux enfants britanniques épileptiques qui n’avaient pas pu faire venir dans le pays leur traitement à base de cannabis, ce qui avait créé une polémique. Si les médecins ont désormais la possibilité de prescrire des médicaments basés sur la plante controversée, il est dans les faits très difficile pour les patients d’en obtenir du fait du manque de traitements disponibles et des questions sur leur efficacité.

Des entreprises qui tentent de surfer sur les produits relaxants
« Il faut comprendre qu’un marché légal ne signifie pas un marché ouvert. Au Royaume-Uni nous avons des marchés légaux mais nous avons moins de 200 patients », souligne Stephen Murphy, à la tête de Noble, un cabinet de recherche sur le cannabis. Au-delà du domaine médical, une myriade d’entreprises tentent de surfer sur la mode des produits à base de CBD (cannabidiol), un des principes actifs du cannabis non psychoactif, contrairement au tetrahydrocannabinol (THC).

Le CBD est censé avoir des effets relaxants et anti-inflammatoires, et se vend sous forme d’extraits ou d’huile par exemple, mais son marché souffre de l’absence de règles claires. « Cela cause des problèmes parce que les gens ne savent pas ce qui est légal ou non », regrette Farzad Moshfeghi, directeur général de Winchester MD, société britannique qui vend des produits CBD. Et le produit ne rassure pas les autorités sanitaires, alors qu’en Belgique, début novembre, un jeune de 18 ans est mort des suites d’une insuffisance respiratoire attribuée par les autorités sanitaires au vapotage d’une e-cigarette contenant du cannabidiol.

Par ailleurs, la légalisation du cannabis ne permet pas nécessairement de tuer le marché noir, notamment à cause de problèmes de pénurie. Ainsi au Canada, qui a légalisé le cannabis en octobre 2018, selon la dernière enquête de Statistique Canada sur le sujet publiée fin octobre, 53% seulement des consommateurs déclaraient obtenir tout ou partie de leur cannabis de source légale au 2e et 3e trimestre de cette année (dont 28% uniquement auprès de distributeurs respectant la loi). Le nombre de consommateurs, à 5,2 millions de Canadiens, est quant à lui stable par rapport à il y a un an.

Déjà des géants du cannabis en Bourse
Quoi qu’il en soit, en l’absence d’une réglementation harmonisée et à cause d’une image encore sulfureuse, les start-up en Europe ont du mal à trouver des financements, alors que certaines entreprises nord-américaines sont déjà cotées en Bourse, même si, après avoir vu leurs actions flamber dans un premier temps, leur parcours sur les marchés est plutôt chaotique depuis.

Le plus gros acteur est sans conteste Canopy Growth, coté sur le Nyse, qui affiche une capitalisation boursière de 6,6 milliards de dollars, malgré une action en repli de 46% sur un an. Vient ensuite le canadien Aurora Cannabis, avec 2,6 milliards de dollars de capitalisation sur le Nyse (avec un titre en repli de 58% sur un an). Parmi les autres acteurs les plus importants outre-Atlantique, on pourra également citer les américains Cronos (qui pèse 2,4 milliards de dollars en Bourse sur le Nasdaq-GS, et dont le cours est en baisse de 26% sur un an) et Tilray (2 milliards de dollars de valorisation sur le Nasdaq-GS, dont l’action a chuté de 80% sur un an).

Malgré les différents freins au marché, les professionnels croient au potentiel du marché européen, quitte à patienter encore quelques années. « L’Europe deviendra le plus grand marché au monde d’ici dix ans. La demande est là », lance, confiant, Stephen Murphy.

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Consommation d’antibiotiques : la France fait de timides progrès

antibiotiquesSelon un rapport officiel de l’agence Santé publique France, la consommation d’antibiotiques en France se stabilise, voire tend à baisser, mais reste quand même trop élevée.

Les Français consomment moins d’antibiotiques qu’avant, selon un rapport officiel publié ce lundi à l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage de ces médicaments tueurs de bactéries. Cette semaine a pour but d’attirer l’attention du public sur l’antibiorésistance, le fait que certaines bactéries finissent par devenir résistantes aux antibiotiques  considérée comme une menace majeure par les autorités sanitaires mondiales.

Pour établir ses conclusions, l’agence Santé publique France s’est basée sur le nombre de doses d’antibiotiques consommées et le nombre de prescriptions en ville (c’est-à-dire hors hôpital), qui représente 93% de la consommation totale. Si l’on prend en compte le premier indicateur, la consommation des antibiotiques en médecine de ville « se stabilise », après une hausse entre 2014 et 2016. Elle se monte à 22,5 doses pour 1000 habitants et par jour en 2018, contre 22,7 en 2009. Concernant le nombre de prescriptions, il montre que la consommation d’antibiotiques a baissé de 15% entre 2009 et 2018 (passant de 2,81 à 2,38 pour 1.000 habitants et par jour).

« Prise de conscience générationnelle »
« Je pense qu’il y a une prise de conscience générationnelle, commente à BFMTV Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la Fédération des médecins de France. Je le vois avec mes internes: de temps en temps je me dis que ce serait bien de prescrire des antibiotiques et eux me disent ‘non pas question’. »

Un constat que Bruno Coignard, directeur des maladies infectieuses à Santé publique France, juge « assez encourageant ». Pour autant, « il y a encore beaucoup de chemin à faire », ajoute-t-il. Car la France reste l’un des mauvais élèves de l’Europe : c’est le troisième pays européen le moins performant (derrière la Grèce et Chypre).

Si l’on additionne ville et hôpital, « la France est à 25,3 doses pour 1000 habitants et par jour. Or, la moyenne européenne est de 19,8. Les Pays-Bas sont à 9,7 : en gros, cela veut dire qu’on consomme trois fois plus d’antibiotiques en France », indique le Dr Coignard qui rappelle que « la consommation d’antibiotiques est l’un des principaux facteurs qui explique l’apparition et la diffusion de bactéries multirésistantes ». Selon le rapport, « l’Assurance Maladie pourrait économiser 400 millions d’euros si la consommation française était la même que celle des Pays-Bas ».

« Prescrire mieux »
Comment expliquer cette spécificité française, qui perdure malgré les recommandations ?  Par « des pratiques et un historique dans l’approche médicamenteuse qui varient selon les pays », répond le Dr Coignard. En France, « la prise en charge repose beaucoup sur un traitement: un patient attend une ordonnance à la sortie » d’une consultation, analyse-t-il. « Les habitudes sont difficiles à changer », renchérit le Dr Gabriel Birgand qui souligne les aspects « culturels et émotionnels » de la prescription d’antibiotiques.

Certains médecins vont vouloir « taper large et essayer de résoudre un problème par un traitement antibiotique d’emblée, plutôt que de dire au patient ‘revenez dans les jours qui viennent si c’est nécessaire' », estime-t-il. Selon le Dr Coignard, « l’enjeu n’est pas seulement de prescrire moins, mais mieux », en réfléchissant au choix du type d’antibiotiques ou à « la durée de traitement, qui peut être moins longue ».

Si la consommation diminue chez les moins de 14 ans, elle augmente chez les plus de 65 ans, population « fragile et plus sujette à des infections », selon le Dr Coignard. Par ailleurs, la consommation globale varie selon les régions. Elle dépasse la moyenne nationale en PACA et dans les Hauts-de-France, et est en dessous dans les Pays-de-la-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bretagne.

« Bon usage des antibiotiques »
Enfin, le rapport s’intéresse à la bactérie Escherichia Coli, très courante et responsable notamment des infections urinaires. Après une hausse entre 2012 et 2015, la résistance de cette bactérie aux antibiotiques appelés « céphalosporines de troisième génération » (C3G) baisse depuis 2016, en ville comme en Ehpad.

« Nous sommes contents de voir que ces résistances diminuent », commente la Dr Anne Berger-Carbonne, de Santé publique France. En effet, les C3G sont prescrites en cas d’infections urinaires graves (touchant par exemple les reins) et il est donc crucial qu’elles soient efficaces.

Même si cette baisse doit être confirmée, le Dr Birgand juge que « l’amélioration du bon usage des antibiotiques » peut être « un élément éventuel d’explication ».

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Les mesures de qualité du réseau mobile en 2019 de différent opérateur

arcepL’Arcep publie son rapport sur la qualité des services mobiles pour l’année 2019. Les quatre opérateurs ont été passés au crible dans l’Hexagone.

Depuis le début de l’année, 1,5 million de mesures ont été réalisées par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms. Le but : mesurer la qualité du réseau mobile en France métropolitaine, selon les opérateurs. Plusieurs types d’usages ont été évalués, à commencer par les appels et l’envoi de SMS. Mais c’est au niveau de l’internet mobile (essentiellement 3G et 4G) que ces données sont les plus attendues, en raison de disparités toujours importantes dans le pays.

Des débits en forte progression
Globalement, l’Arcep souligne une importante progression des débits, pour l’ensemble des opérateurs et des zones géographiques. En 2019, un smartphone peut télécharger des fichiers à une moyenne de 45 Mbit/s, contre 30 Mbit/s en 2018. Dans les grandes villes, cette moyenne grimpe à 62 Mbit/s. En zone rurale, elle atteint 28 Mbit/s. Un débit moindre, mais qui est suffisant pour télécharger de la musique ou regarder des vidéos sur YouTube ou Netflix.

“En internet mobile, Orange affiche les meilleurs résultats sur l’ensemble de la campagne de mesures. Bouygues Telecom conserve son avantage sur SFR. Enfin, Free Mobile reste derrière mais progresse et réduit l’écart par rapport aux trois autres opérateurs.” explique l’Arcep dans un communiqué de presse.

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Pour étudier les performances des opérateurs plus en détails, l’Arcep a mesuré le nombre de cas dans lesquels il est possible de lire une vidéo de deux minutes en haute définition. Orange, Bouygues Telecom et SFR (Groupe Altice, également propriétaire de BFMTV) oscillent en moyenne autour des 80% au niveau national, tandis que Free accuse un léger retard (68%).

operateur mobileDans les quinze plus grandes villes françaises, le taux de succès est de 89 et 90% pour SFR et Bouygues Telecom, contre 95% pour Orange. Free permet de lire une vidéo dans des conditions optimales dans 79% des cas.

Des disparités en zones rurales
Si des chiffres comparables sont constatés pour les agglomérations de taille intermédiaires, les disparités s’accentuent dans les communes de moins de 10.000 habitants. Ainsi, la lecture de vidéos dans de bonnes conditions est possible dans 68% des cas chez Orange et SFR, contre seulement 51% des cas chez Free. Bouygues Telecom est le plus performant en zone rurale, avec 72% de vidéos consultées dans des conditions optimales.

L’Arcep s’intéresse aussi à la qualité du réseau mobile dans les transports, en mesurant le nombre de pages Web chargées en moins de 10 secondes. Là encore, les disparités sont importantes entre Free et la concurrence.

Dans le TGV, la consultation de sites Web se fait correctement dans 87% des cas chez SFR, contre 77% des cas chez Orange, 71% des cas chez Bouygues Telecom et seulement 40% des cas chez Free. Free se révèle également moins performant dans les Intercités et TER avec 50% de pages Web chargées en moins de 10 secondes, contre 73% pour SFR et 78% pour Bouygues Telecom et Orange.

Le régulateur revient par ailleurs sur les usages élémentaires des téléphones, à commencer par les appels et SMS. Des usages qui fonctionnent de manière efficace et rapide (moins de 10 secondes pour recevoir un SMS) sur plus de 90% du territoire, chez tous les opérateurs. Mais là encore, les zones rurales restent pénalisées par une moindre couverture. Dans les communes de moins de 10.000 habitants, il reste difficile de passer des appels dans de bonnes conditions dans environ 30% des cas chez SFR, Orange et Bouygues Telecom, et dans près de 40% des cas chez Free.

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Afin d’aider chaque français à choisir son opérateur, l’Arcep met en ligne l’intégralité des données sous forme d’une carte interactive, accessible sur le site Mon Réseau Mobile. Commune par commune, il est ainsi possible de déterminer la qualité de réseau de chaque opérateur, pour la voix, les SMS et l’internet mobile.

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Le gaspillage alimentaire risque encore d’augmenter dans les prochaines années

gaspillage alimentaireL’ONU s’efforce de mobiliser les pays pour réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici à 2030. Mais celui-ci semble bien parti pour suivre la tendance inverse.

Alors qu’un milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou jetées chaque année, peut-on réellement endiguer le gaspillage alimentaire ?  Cet incontestable gâchis,  820 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde peine à trouver ses remèdes.

Pire encore, le gaspillage alimentaire devrait augmenter durant les prochaines années, à en croire un rapport du Boston Consulting Group (BCG). La masse de nourriture gaspillée va même augmenter d’un tiers d’ici 2030. Chaque seconde, ce seraient actuellement 66 tonnes de nourriture qui finiraient à la poubelle, selon le BCG. 2030 correspond pourtant à une échéance importante pour l’ONU, qui souhaite voir le gaspillage diminuer de moitié au niveau mondial d’ici là.

Lutter contre les pertes et le gaspillage
Derrière les prévisions pessimistes du BCG, deux causes de gâchis sont à distinguer, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié lundi, à l’approche de la journée mondiale de la lutte contre le gaspillage alimentaire qui se tient ce mercredi 16 octobre : les pertes et le gaspillage alimentaires.

Les pertes alimentaires désignent tout ce qui est perdu entre la production et la vente au détail. Elles touchent en priorité les pays en développement qui ne disposent pas toujours des infrastructures ni des moyens de transport et de réfrigération qui permettent d’éviter que les aliments ne deviennent impropres à la consommation.

L’Inde produit, par exemple, 28% des bananes au niveau mondial mais ses exportations ne représentent que 0,3% de ce total. «Avec une chaîne du froid améliorée, le nombre de bananes exportées pourrait passer de 4000 à 190.000 conteneurs, fournir 95.000 emplois et bénéficier à 34.600 petites exploitations fermières», explique ainsi John Mandyck, auteur du «Lien caché entre gaspillage alimentaire, faim et changement climatique». Actuellement, 40% des pertes ont lieu au moment de l’après-récolte et de la distribution. Mais ces pertes alimentaires devraient être amenées à baisser à mesure que les pays se développent et renforcent leur chaîne de distribution.

Le gaspillage alimentaire désigne, lui, les denrées jetées à la poubelle lors de la vente aux particuliers, ou par les consommateurs eux-mêmes. Il devrait, selon le BCG, connaître une évolution inverse à celle des pertes alimentaires.  Puisqu’il augmente à mesure que les pays se développent. Plus un pays est développé, plus les particuliers vivent dans l’abondance alimentaire, plus ils tendent à gaspiller.

Ainsi, les consommateurs européens et d’Amérique du Nord gaspillent chaque année entre 95 et 115kg de nourriture par personne, là où les habitants d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud n’en gâchent que 6 à 11kg. L’Espagne a récemment formulé un aveu d’impuissance : malgré les dispositifs de sensibilisation du gouvernement, le gaspillage alimentaire a augmenté de près de 9% en 2018 par rapport à l’année précédente. Un problème que les pays en développement devraient eux aussi rencontrer sur le chemin de leur croissance, et qui explique en partie les difficultés qu’anticipe le BCG pour réduire la quantité d’aliments qui sont gâchés.

Des actions à prendre rapidement
Les pertes et le gaspillage alimentaire ont également été pointés du doigt dans un rapport du Giec consacré aux sols, cet été. Le groupement de scientifiques indique que ce gâchis alimentaire induit forcément un épuisement de sols «pour rien». Selon la FAO, pertes et gaspillage sont responsables de près de 8% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Face à ces effets en cascade, le Boston Consulting Group et l’ONU se rejoignent sur un point : il est nécessaire de prendre des actions rapides afin de limiter les dégâts. Le BCG préconise ainsi des actions de pédagogie, le développement de technologies pour mieux adapter l’offre et la demande, mais aussi la mise en place de contraintes législatives.

Au niveau européen, aucun texte n’oblige les États à lutter contre le gaspillage alimentaire. La lutte contre ce gâchis dépend donc des seules réglementations nationales, lesquelles n’évoluent pas à la même vitesse. La France se veut en pointe grâce notamment à une réglementation qui contraint les supermarchés à donner leurs invendus alimentaires. Beaucoup reste à faire malgré tout : si l’on prend en compte l’ensemble de la filière alimentaire, le gaspillage de nourriture s’élève à 155 kg par Français par an.

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La Cour des comptes épingle l’inflation des départs anticipés à la retraite

retraiteLe dispositif des carrières longues, réformé en 2012, a accéléré le nombre des départs anticipés, soit 400.000 en 2017, soit près d’un départ à la retraite sur deux.

En 2016, tous ces départs anticipés ont induit 14 milliards d’euros de dépenses en plus, selon la Cour des comptes.

« Chaque réforme depuis 2003 visant à augmenter l’âge effectif de départ à la retraite s’est accompagnée de la création ou de l’extension de dispositifs de départ anticipé » résume la Cour des comptes dans son rapport 2019 sur la Sécurité sociale. Parmi ces derniers, les assouplissements apportés au dispositif des carrières longues par le décret du 2 juillet 2012 pris sous François Hollande (notamment la réduction de deux années de la durée d’assurance) ont accéléré le nombre des départs anticipés à la retraite (cf infographie ci-dessous). Résultat : une multiplication par six de ces départs anticipés entre 2009 et 2017, passés au régime général de moins de 30.000 en 2009 à près de 180.000 en 2017.

Outre les carrières longues, l’inaptitude substituée ou non à une pension d’invalidité, les « catégories actives » de la fonction publique (police, gardien de prison, …), l’incapacité permanente, la retraite anticipée pour les travailleurs handicapés, le compte professionnel de prévention (pénibilité) et la retraite progressive, alimentent « les départs à la retraite dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance ».

Un pic à 400.000 départs anticipés en 2017
En 2017, ces sept dispositifs ont été à l’origine de près de 400.000 départs à la retraite. Résultat : les départs à la retraite à taux plein avant l’âge légal d’ouverture des droits ou sans que la condition de durée d’assurance soit remplie ont représenté près d’un départ à la retraite sur deux en 2017. L’autre conséquence de ces dispositifs est d’avoir fortement minoré les effets de l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite décidée dans le cadre de la réforme de 2010 (sous Sarkozy).

infographie retraite

« Fin 2010, une personne sur cinq était retraitée un an avant l’âge d’ouverture des droits alors fixé à 60 ans. Fin 2017, sous le double effet de l’augmentation de l’âge d’ouverture des droits et de l’extension des carrières longues, c’est une personne sur trois qui était retraitée un an avant ce même âge, porté à 62 ans » constate la Cour des comptes.

À elles seules, les carrières longues ont représenté 16,9 % de l’augmentation des dépenses de prestations de droit propre du régime général intervenue entre 2012 et 2017 (soit 2,2 milliards sur 12,8 milliards d’euros).

Des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis »
En creux, les magistrats égratignent des dispositifs de départs anticipés généreux mais qui, sauf exception, ont « un financement qui n’est pas identifié » avec des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis. »

De par leur dynamique, l’ensemble des départs anticipés à la retraite ont logiquement induit un important montant de dépenses supplémentaires, près de 14 milliards d’euros en 2016, « pesant sur la soutenabilité du système de retraite. » Ce montant s’élève à 5,2 % du total des dépenses de prestations de droit propre dans les régimes de base et complémentaires de retraite, contre 3 % environ en 2012. La Cour des comptes note toutefois « qu’en 2018, le flux des départs pour carrière longue s’est inversé au régime général, sous l’effet de l’augmentation progressive de la durée d’assurance requise pour le taux plein en application de la réforme des retraites de 2014 ».

Le dispositif de la retraite progressive reste méconnu
« Cette hausse de la part des départs à la retraite à taux plein dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance contribue à la faiblesse en France du taux d’activité des 55-64 ans (55 % en 2017 contre 61 % en moyenne dans l’Union européenne) » déplore le rapport.

Pour infléchir cette tendance, dans le cadre de la future évolution du système français de retraites vers un système universel à points, le rapport suggère « des modalités de transition progressive vers la retraite qui devraient être privilégiées par rapport à l’interruption complète de l’activité professionnelle. »

Avec moins de 10.000 départs à la retraite en 2017, le dispositif de la retraite progressive demeure modeste. « Il est probablement encore peu connu des salariés et des employeurs même si le dispositif français de retraite progressive est le seul à imposer une durée de travail maximale » conclut la Cour des comptes.

Les départs anticipés des « catégories actives » de fonctionnaires en question
L’avantage des catégories actives (31.000 départs et 3,3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires) permet à une partie des agents des trois fonctions publiques (État, hospitalière, territoriale) un départ anticipé de cinq, voire de dix ans (pour les catégories « super-actives »), au motif d’une dangerosité des fonctions exercées ou d’une sinistralité accrue de certains emplois.

« Depuis le début des années 2000, des modifications statutaires ont réduit le champ des catégories actives de la fonction publique. Les plus significatives ont concerné les instituteurs, les infirmiers et diverses professions paramédicales ainsi que les agents de La Poste. Néanmoins, le nombre de fonctionnaires classés en catégorie active diminue lentement » constate la Cour des comptes. C’est seulement à partir de 2030 qu’ils connaîtraient une baisse sensible.

Le rapport relève qu’il existe aussi une incertitude quant au nombre de fonctionnaires relevant d’une catégorie active (estimé à 700.000 environ) et des facteurs d’iniquité entre des fonctionnaires et des salariés exerçant des fonctions identiques dans le privé. Les aides-soignantes des établissements de santé privés ne bénéficient pas de possibilités de départ anticipé au titre d’une « catégorie active ».

Dans ces conditions, « il conviendrait de poursuivre le réexamen du périmètre des métiers relevant des catégories actives et, au sein de ces métiers, des fonctions exercées justifiant le bénéfice de ces avantages. »

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18 nouvelles taxes vont disparaître en 2020

18 nouvelles taxes vont disparaître en 2020Taxe sur les commerçants ambulants ou sur les permis de conduire, redevance sur la géothermie : 18 petites taxes à faible rendement fiscal, totalisant 256 millions d’euros de recettes, seront supprimées par le ministre de l’Action et des Comptes publics, selon le projet de budget 2020.

La chasse aux petites taxes dont le code des impôts français et celui des douanes regorgent, va continuer en 2020. Après en avoir supprimé une bonne vingtaine en 2019, Gérald Darmanin a inscrit 18 suppressions supplémentaires dans un article du projet de budget 2020 divulgué par Le Figaro. « Le tout devrait coûter 256 millions d’euros en moindres recettes en 2020 (en comptant également les suppressions actées pour 2020 dans le budget 2019) et 199 millions d’euros en 2021 » explique le quotidien.

Parmi les taxes dans le viseur du ministre de l’Action et des Comptes publics, figure une taxe sur la géothermie (créée en 2017 mais jamais appliquée faute de décret), la taxe sur les permis de conduire (en vigueur dans certaines régions : Corse, La Réunion, Guyane, Martinique, Mayotte) ou, plus anecdotique, une cotisation de solidarité à la charge des producteurs de blé et d’orge (créée en 1969).

Toutes ces taxes et redevances ont pour point commun de rapporter peu à l’État. Elles font partie de ces « petites taxes » générant moins de 150 millions d’euros de recette chacune, selon un critère établi par un rapport de l’inspection générale des finances en 2014 qui en avait recensé 192 au total (au rendement cumulé de 5,2 milliards d’euros à l’époque).

L’an prochain, d’autres disparitions de « petites » taxes seront prévues, ce qui devrait porter sur la période (de 2019 à 2021) le total des allègements fiscaux à 587 millions d’euros en trois ans.

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Le Medef soutient l’âge pivot qui ne serait pas encore enterré selon le gouvernement

Medef.jpgLe patron du Medef souhaite que la réforme des retraites se concentre sur l’âge de départ (ce que prévoit le rapport Delevoye) alors qu’Emmanuel Macron a émis cette semaine des réserves sur ce point.

La future réforme des retraites ne pourra faire l’économie d’un relèvement de l’âge de départ à la retraite, a déclaré mercredi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux à la suite de la prise de position d’Emmanuel Macron en faveur d’une évolution de la durée de cotisation.

Le président de la République a surpris en marquant lundi soir sa préférence pour un accord sur la durée de cotisation avec les partenaires sociaux plutôt que sur l’âge, alors que le Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, préconise l’instauration d’un âge pivot à 64 ans sous peine de décote.

Mais le chef de l’État n’a nullement enterré l’idée d’un « âge pivot », a assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye en précisant que « ces deux options (étaient) sur la table ». « Le rapport Delevoye a exposé deux options pour calculer le futur âge du taux plein, d’une part un âge du taux plein en fonction de la durée de ce que chacun aurait cotisé, et d’autre part un âge de taux plein qui soit le même pour tous et qui serait fixé à 64 ans », a rappelé la secrétaire d’État lors de la conférence de presse de sortie du conseil des ministres.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, « il est indispensable de bouger le paramètre de l’âge ». « C’est seulement à ces conditions que le Medef soutiendra cette réforme ambitieuse et nécessaire », a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture de LaREF (« La Rencontre des entrepreneurs de France », ex-université d’été du Medef), à l’hippodrome de Longchamp, à Paris.

« Des injonctions contradictoires » d’Emmanuel Macron
Selon lui, le fait qu’Emmanuel Macron fasse part de « sa préférence pour augmenter la durée de cotisation plutôt que de repousser l’âge de la retraite à travers un âge pivot » tout en réaffirmant « l’objectif d’équilibrer les régimes en 2025 » revient à avancer « deux injonctions totalement contradictoires ».

Tout en reconnaissant la nécessité de prendre en compte les carrières longues, le président du Medef estime que « la seule solution c’est de trouver le bon compromis entre l’âge et la durée de cotisation car sinon nous serons dans une impasse financière ». Il a également prévenu que le Medef resterait « attentif à l’équité de la réforme en particulier dans l’utilisation des réserves » afin d’éviter que « les réserves des salariés du privé financent les retraites des fonctionnaires ».