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A quel âge les Européens partent-ils en retraite ?

retraiteDepuis quelques jours, la question de l’âge de départ en retraite est de nouveau au centre du débat politique, suite à des propos tenus par la ministre Agnès Buzyn. L’occasion de comparer la France à ses voisins européens.

Le 17 mars, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn expliquait ne « pas » être « hostile » à l’idée de retarder l’âge de départ en retraite, n’excluant pas de « proposer un allongement de la durée de travail ». Elle a été, entre temps, démentie par le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

Et a elle-même retropédalé affirmant qu' »aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée ». Au final, cette cacophonie aura probablement conduit les Français à en conclure que la future réforme, même si elle maintient l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans, visera à les faire travailler au-delà en rendant financièrement attractif leur maintien dans la vie active.

Il est vrai que, sur le seul plan de l’âge légal, la France fait partie des pays les plus généreux de l’Union Européenne. Elle fait quasiment jeu égal avec Malte (entre 62 et 63 ans) et la Slovaquie (62 ans et 4 mois). Et n’est devancée que par la Suède, où l’âge légal a été maintenu à 61 ans.

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Sauf que le cas de la Suède illustre bien la façon dont l’incitation à travailler plus longtemps peut conduire les salariés à faire valoir leurs droits à la retraite bien après l’âge légal. Quand on regarde l’âge effectif moyen de départ à la retraite des hommes (qui représentent la majorité des travailleurs) au sein de l’Union Européenne, les Suédois apparaissent comme ceux qui jouent le plus les prolongations. En moyenne, ils prennent leur retraite à 66 ans, cinq années donc après l’âge légal. Ce qui les classent aussi parmi les trois pays européens où les salariés prennent leur retraite le plus tard. Ils arrivent juste derrière les Roumains (68 ans) et les Portugais (69 ans).

La France, l’un des pays où l’on part le plus tôt en retraite ?
Même si l’âge légal de départ à la retraite est à 62 ans, la France n’est pas le pays où les salariés terminent le plus tôt leur carrière professionnelle. En 2018, selon les données de la CNAV, l’âge moyen de départ effectif est passé à 62 et 8 mois. Plus tardivement donc qu’en Espagne (62 ans) ou qu’en Grèce (61 ans). Le record étant détenu par le Luxembourg (un peu moins de 60 ans).

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A l’échelle mondiale, l’Europe est loin d’être le continent où l’ont part le plus tard en retraite..

La Corée du Sud, championne des retraites tardives
Voici le top 5 des pays où les hommes travaillent le plus longtemps dans le monde :
– Corée du Sud : 72,9 ans
– Colombie : 72,5 ans
– Mexique : 71,8 ans
– Japon : 70,6 ans
– Chili : 70,4 ans

Bien que minoritaires dans la population actives, les femmes coréennes travaillent encore plus que les hommes : elles prennent en moyenne leur retraite à 73,1 ans, bien plus tard que les Japonaises (69,3 ans) et les Roumaines (67,4 ans).

Ces données se basent sur celles fournies par le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS), datant de juillet 2018.

Ces données se basent sur celles de l’OCDE, datant de 2017 et portant sur la moyenne observée depuis 2011.

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Dictionnaires, correcteurs orthographiques : pourquoi l’influence de l’Académie est sur le déclin

Académie est sur le déclinL’Académie française a adopté ce jeudi un rapport sur la féminisation des noms de métiers. Un texte qui arrive tard, après des décennies de critiques, et pose la question du crédit des Immortels face aux évolutions de la société.

Auteure, autoresse, authoresse, autrice ?  Après des décennies à freiner des quatre fers face au vent de la féminisation des noms de métiers, l’Académie française s’est résolue à se pencher sur la question. Ce jeudi, elle a adopté « à une large majorité » un rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions qui, s’il ne tranche pas sur les mots à adopter, fait état des différentes manières de féminiser une profession et des incertitudes qui subsistent.

Après plusieurs décennies de critiques et sorties de ces Immortels contre la féminisation des noms de métiers, la prise de parole de l’Académie est marquante. Mais quelle est aujourd’hui son influence ?  Ce rapport va-t-il seulement changer quelque chose ?

« Elle est très précurseure dans l’invention du ‘masculin qui l’emporte' »
L’Académie se garde bien d’imposer une alternative à qui que ce soit. Elle se veut garante du « bon usage » et affirme ne faire qu’inscrire les évolutions naturelles de la langue pour la postérité.

Ce que nuance toutefois Eliane Viennot, professeuse émérite de littérature française : « Il y a toujours deux discours de l’Académie : le discours ‘De toute façon nous on arrive, on est la ‘voiture-balai’, on signale ce qui s’est imposé’, celui qu’on a dans ce rapport ». Puis, poursuit-elle : « L’autre discours qui est complètement contradictoire, c’est ‘Il ne faut pas dire ça, il faut dire ça’, le discours prescriptif ».

L'Académie contre la langue françaiseNotamment, au XVIIe siècle, lorsqu’elle s’est penchée sur les accords. »Elle est très précurseure dans l’invention du ‘masculin qui l’emporte’. Ça date du XVIIe siècle », rappelle à BFMTV.com Eliane Viennot, par ailleurs co-autrice de L’Académie contre la langue française : le dossier « féminisation ».

Plus tard, « ils ont été extrêmement opposés à la féminisation », martèle Bernard Cerquiglini, auteur, entre autres, de Le ministre est enceinte ou La grande querelle de la féminisation des noms. « D’une façon extrêmement hautaine, arrogante », ajoute l’éminent linguiste, qui cite notamment les propos de Maurice Druon.

En 1997, l’écrivain, alors secrétaire perpétuel de l’Académie, déclarait: « Libre à nos amies québécoises, qui n’en sont pas à une naïveté près en ce domaine, de vouloir se dire ‘une auteure’, ‘une professeure’ ou ‘une écrivaine’, on ne voit pas que ces vocables aient une grande chance d’acclimatation en France et dans le monde francophone ».

« Ils défendaient un usage du XIXe siècle »
« Ils défendaient un usage qui était au fond celui du XIXe siècle, l’usage de l’époque où les femmes n’avaient pas accès aux professions éminentes », résume Bernard Cerquiglini à BFMTV.com.

L’administration n’a pas attendu les Immortels pour harmoniser les noms de métiers à la présence des femmes dans leurs rangs. En 1984, dans les traces du Québec, est créée en France une « Commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes ». Une première circulaire de Laurent Fabius, alors Premier ministre, est court-circuitée, avant que Lionel Jospin n’en fasse une nouvelle en 1998.

Les dictionnaires d’usage courant comme le Larousse ou le Petit Robert ont intégré les professionnelles dans leurs lignes bien avant que l’Académie ne se décide.

Non, le masculin ne l'emporte pas sur le fémininNéanmoins, le rapport des Immortels reste une étape significative. « Il n’apporte rien, mais pour moi il est important dans le sens où il donne le feu vert. Donc toutes les personnes qui s’accrochaient à l’avis de l’Académie pour pouvoir refuser les évolutions de la langue n’ont plus de rempart », salue Eliane Viennot, par ailleurs autrice de Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin. Petite histoire des résistances de la langue française.

Aujourd’hui, les chartes typographiques des médias et les auto-correcteurs de téléphones ont bien plus d’influence sur la perception et l’acceptation des mots que l’avis d’éminentes figures de la littérature francophone.

« A la prochaine réforme de l’orthographe, c’est facile: on réunit les fabricants de correcteurs orthographiques »
« Un jour, je disais, à la prochaine réforme de l’orthographe, c’est facile : on réunit les fabricants de correcteurs orthographiques, on tombe d’accord avec eux et puis voilà, c’est facile. C’est ça la vraie prescription », plaisante auprès de BFMTV.com Bernard Cerquiglini.

« Les faiseurs et diffuseurs de normes ont une énorme influence », confirme Eliane Viennot. « C’est eux qu’il faut convaincre aujourd’hui et c’est d’ailleurs grâce à eux que depuis dix ans, on entend autrice et que tous les ans il s’impose plus », salue-t-elle.

« Au plan du droit, c’est elle qui décide de l’orthographe »
Qu’est-ce que va changer ce rapport ? « Dans les faits, rien, puisque tout le monde féminise. Mais dans le symbole, tout », affirme Bernard Cerquiglini. « Au plan du droit, les statuts de l’Académie de 1635 sont toujours valables. (…) L’Académie doit donner des règles simples aux Français. Au plan du droit, c’est elle qui décide de l’orthographe », rappelle-t-il.

« Il faut bien dans un pays qu’il y ait une instance qui définisse le bon usage », estime le linguiste. « Et l’homme de la rue a une certaine révérence vis-à-vis d’elle. »  « C’est un symbole qui en ce moment est en train d’évoluer correctement, et on ne peut que s’en réjouir », poursuit-il. « Et Maurice Druon, ce sont ses propres confrères qui sont en train de l’enterrer. »

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Des retraites indexées sur les salaires ?

Jean-Paul DelevoyeJean-Paul Delevoye, le Haut commissaire à la réforme des retraites, se montre favorable à une indexation des retraites sur les salaires et non sur l’inflation, selon un document de travail soumis aux organisations patronales et syndicales dont l’AFP a obtenu copie samedi, confirmant une information des «Echos».

Dans ce document d’une vingtaine de pages intitulé «Vers un système universel de retraite», il évoque également la possibilité de mettre en place une «règle d’or» pour ajuster les comptes du système des retraites de manière à garantir leur équilibre «sur un horizon pluriannuel», et estime qu’il faut prendre en compte les évolutions démographiques (espérance de vie, fécondité, migration).

Le système actuel d’indexation sur l’inflation présente «l’avantage de ne pas dévaloriser les droits acquis par rapport à l’évolution générale des prix et permet en outre d’octroyer un taux de remplacement à la liquidation plus élevé», souligne Jean-Paul Delevoye dans ce document. Toutefois, cette indexation peut être un facteur «d’inéquité», en ne valorisant pas «de la même façon les droits acquis en début, au milieu ou en fin de carrière».

Une indexation tenant compte de l’évolution des salaires «permettrait de maintenir constant le rythme d’acquisition des droits au cours de la carrière pour un individu moyen», entre autres. Elle permettrait «de faire profiter aux assurés ayant des carrières plates ou heurtées d’une revalorisation des droits tenant compte de l’évolution globale des salaires» et serait «également favorable à une moindre dépendance du système à la croissance».

Il s’était déjà prononcé sur le sujet en octobre, estimant qu’il serait «cohérent» d’indexer les retraites sur les salaires. Une telle réforme ouvre deux questions, selon le Haut commissaire : les retraites doivent-elles être indexées sur le salaire moyen par tête ou sur la masse salariale ?  Que faire pendant la période de transition entre les deux systèmes ?

Une « règle d’or » pour le système de retraites
En outre, les variations du cycle économique doivent être prises en compte dans le cadre de la réforme, selon lui. Il faut donc se demander si une «règle d’or de retour à l’équilibre» pour encadrer le pilotage financier du système est nécessaire, et s’il faut prévoir un «fonds de lissage des évolutions économiques».

En ce qui concerne la prise en compte de l’espérance de vie, elle «pourrait se présenter comme le fait d’indiquer que, pour atteindre un taux de remplacement équivalent, il est nécessaire pour chaque génération de partir un peu plus tardivement».

Enfin, le document de travail pose aussi la question de ce qu’il convient de faire des réserves de la quinzaine de régimes (Agirc-Arrco, MSA complémentaire…) : quel niveau elles doivent atteindre, pour quel objectif et avec quelle stratégie d’utilisation.

En 2016, les réserves accumulées par l’ensemble des régimes complémentaires français de retraite obligatoire représentent un montant de 118 milliards d’euros, soit 5,3% du PIB, rappelle le document.

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« Uberisation » ou route vers la gratuité : à quoi va ressembler le futur permis de conduire ?

auto ecoleLe gouvernement souhaite réformer le permis de conduire pour le rendre plus accessible, en l’intégrant au cursus scolaire ou en encourageant la dématérialisation. Les professionnels du secteur sont vent debout, pour défendre la proximité et la qualité.

Pour passer son permis de conduire, il en coûte actuellement 1.800 euros en moyenne, selon un calcul de l’UFC-Que choisir datant de 2016. Une sacrée somme, qui contraint parfois les aspirants à la conduite à renoncer. Partant de ce constat, le gouvernement a fait part, en novembre dernier, de sa volonté de réformer cette quête du permis pour faire baisser les coûts. Une volonté répétée le 7 février par Emmanuel Macron.

Mardi, la députée LREM Françoise Dumas va remettre un rapport parlementaire sur le sujet, mais de premières propositions ont fuité. Et elles ont provoqué la colère des professionnels du secteur, qui ont engagé une journée de mobilisation lundi, avec notamment des opérations escargot sur le périphérique parisien. Dans leur viseur : la crainte d’une uberisation de l’offre et au final, d’une baisse de la qualité du permis.

Quelles sont les pistes envisagées par le gouvernement ?
L’objectif, édicté par Emmanuel Macron le 9 novembre dernier, c’est une « baisse drastique » du coût du permis de conduire. Pour cela, plusieurs pistes ont été avancées ou ont déjà fuité, avant la présentation du rapport mardi.

Intégrer le permis au Service national universel. Pour le coup, cela pourrait rendre le premier totalement gratuit pour certains. Le gouvernement songe à intégrer le passage du permis de conduite au futur Service national universel (SNU), dont l’expérimentation doit débuter en juin prochain. C’est Emmanuel Macron qui l’a annoncé lui-même le 7 février face à des milliers de jeunes à Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire. Concrètement, la partie théorique serait passée lors de la phase obligatoire du SNU, décomposée en deux parties, 15 jours en internat et 15 jours dans une collectivité locale ou une association.

S’agissant de la partie pratique du permis de conduite, elle concernerait ceux qui choisissent de suivre la phase facultative du Service national, censée durer de 3 à 12 mois. Le ministère de l’Éducation avait toutefois précisé que l’hypothèse était « sur la table » mais « pas encore arbitrée ». La mesure est donc loin d’être officielle, mais si elle était adoptée, elle pourrait permettre à des milliers de jeunes, comme au temps de feu le service militaire, de passer le permis sans débourser un centime.

Intégrer le Code de la route au cursus scolaire. L’idée a été lancée par Emmanuel Macronen novembre. « Déjà, le code on va l’intégrer à la partie scolaire, de manière systématique », avait lancé le président de la République lors d’un déplacement à Lens. Les contours d’une telle mesure restent flous : quelles classes seraient concernées ?  Qui financeraient ces leçons ?  Et qui les dispenseraient ?  Réponse, si l’idée est retenue, dans les prochains jours.

Le développement des plateformes en ligne. Le gouvernement envisagerait également de favoriser l’essor des plateformes en ligne, qui mettent en relation élèves et moniteurs, telles que En voiture Simone ou Ornikar. Ces sites permettent aux élèves de réviser le code depuis leur ordinateur et d’organiser plus facilement leurs heures de cours, de choisir leurs moniteurs, notés par les utilisateurs.

Pour favoriser ce nouveau mode d’apprentissage, le gouvernement songe à lever deux freins. D’abord, l’obligation de disposer d’un local commercial pour dispenser des cours. Ensuite en délivrant un agrément au niveau national et non plus départemental. L’idée est de favoriser la concurrence, pour ainsi faire baisser les prix. C’est surtout ce point qui soulève la colère des professionnels.

Pourquoi les professionnels sont en colère
Dans la bouche des professionnels en colère, un mot revient souvent : « uberisation ». Ce néologisme né de l’application de VTC Uber est synonyme bien souvent de baisse des coûts pour les consommateurs, mais aussi de dégradations des conditions de travail et de rémunération pour les professionnels.

« Nous ne sommes pas des auto-écoles de l’ancien monde, comme on nous présente parfois, mais des auto-écoles de proximité. Et l’exécutif voudrait désormais créer un système hors-sol », s’indignait lundi matin Patrice Bessone, président du CNPA-Education routière, syndicat majoritaire parmi les 10.000 auto-écoles (40.000 salariés). « Tuer la proximité, c’est tuer la qualité. Et quand la qualité de l’enseignement du permis de conduire est bradée, ça devient un permis de tuer », prévient-il.

Pour financer un « permis à zéro euro », les syndicats suggèrent de leur côté « d’affecter la recette des radars au permis de conduire ». Ils proposent également une baisse de la TVA, le développement de cours collectifs et des simulateurs de conduite, ou une meilleure orientation vers les dispositifs d’aide existants, tels que le compte personnel de formation ou le permis à un euro.

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Réforme de l’assurance chômage : le patronat se retire des négociations

OMEA VISUELS POUR LE RAPPORT D'ACTIVITÉ 2011

Le Medef et la CPME ont annoncé ce lundi 28 janvier suspendre leur participation à la négociation sur l’assurance-chômage dans l’attente d’une clarification du gouvernement sur le bonus-malus sur les contrats courts.

Haro sur le bonus-malus : les deux principales organisations patronales ont suspendu ce lundi 28 janvier leur participation à la négociation sur l’assurance chômage, fâchées par la « détermination » d’Emmanuel Macron à mettre en place ce dispositif réclamé par les syndicats pour lutter contre la précarité.

Le 24 janvier, lors de sa rencontre avec des citoyens dans la Drôme, le chef de l’État avait réaffirmé sa volonté de réguler les contrats courts par le bonus-malus, passant notamment par des pénalités pour « ceux qui multiplient les intérimaires ».

« Dans ces conditions, le Medef constate qu’il n’est pas en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux », ajoute l’organisation patronale.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) annonce également la suspension de sa participation aux négociations, expliquant qu’elle « se refuse à cautionner une nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois ».

Un effet « dévastateur » pour l’emploi
En 20 ans, les CDD de moins d’un mois ont été multipliés par 2,5, une source de précarité et un surcoût de deux milliards d’euros pour l’Unedic qui gère l’assurance chômage.

Le système de bonus-malus consiste à moduler les cotisations chômage de l’employeur en fonction du taux de rupture de contrats de travail. L’idée est de faire varier la cotisation patronale à l’assurance chômage, actuellement de 4,05%, en fonction du taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi, promesse présidentielle soutenue par les syndicats.

Mais le patronat y est fermement opposé. En novembre, au tout début de la négociation sur l’assurance chômage, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, avait assuré qu’un tel système allait « détruire des CDD et des emplois intérim sans pour autant créer de CDI ». La CPME est contre toute « nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois ». Elle estime que ce serait « dévastateur » pour l’économie française et pour l’emploi.

Pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, « le patronat portera la responsabilité de l’échec » de la négociation sur la réforme de l’assurance chômage s’il persiste à refuser tout mécanisme de « bonus-malus ».

« Soit on a une séance de négociation, cette semaine, telle qu’elle est prévue (jeudi), et on discute, y compris de la façon dont on responsabilise les employeurs dans l’utilisation de ces contrats courts, soit le patronat portera la responsabilité de l’échec de ces négociations », a-t-il affirmé au micro de RMC/BFM TV.

« L’État doit reprendre la main » en cas d’échec des négociations
Démarrée en novembre, la négociation doit prendre fin le 20 février après avoir été prolongée de deux séances, syndicats et patronat échouant notamment à se mettre d’accord sur un mécanisme qui réduirait le recours excessif aux contrats courts.

Lors de ses vœux aux acteurs économiques, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a déclaré lundi qu’Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe avaient « indiqué à plusieurs reprises que nous laissons la main aux partenaires sociaux et si les partenaires sociaux n’arrivaient pas à trouver un accord, c’est l’État qui devrait prendre la main et prendre ses responsabilités ».

« Ce qui compte à mes yeux, en tant que ministre de l’Économie, c’est que cette réforme de l’assurance chômage ait lieu en 2019 (…) pour avoir plus de justice dans l’indemnisation du chômage et plus d’efficacité et inciter plus pour le retour a l’emploi ».

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Prélèvement à la source : Gérald Darmanin confirme qu’il n’y a « aucun bug »

gérald darmaninTout « se déroule comme prévu », a assuré ce lundi le ministre des Comptes publics

La mise en place du prélèvement à la source « se déroule comme prévu », « sans aucun bug », s’est félicité lundi Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics sur RTL. « C‘est une réforme de justice sociale, de simplification », a une nouvelle fois défendu le ministre.

« Ça se déroule comme prévu, il faut rester humble. D’une manière ou d’une autre, 19,5 millions de Français ont été prélevés à la source depuis le 2 janvier sur les 38 millions de foyers fiscaux, dont la moitié ne sont pas des contribuables à l’impôt sur le revenu ».

« 70.000 entreprises payent leurs salariés en décalé dont ils ont été prélevés sans aucun bug. Il y aura évidemment des questions, des interrogations. Nous envoyons au milieu du mois à chacun des collecteurs le nouveau taux. C’est fait de manière automatisée car votre vie change indépendamment de votre situation. Avant il fallait un an pour être remboursé, désormais ce sera sous deux mois », a-t-il ajouté. Après trois ans de préparation, d’inquiétudes et d’hésitations, le prélèvement à la source est devenu une réalité au 1er janvier.

L’ISF : « Une arme qui donne du chômage »
Le ministre a en revanche réitéré son refus de revenir à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « Il ne faut pas changer de cap tous les ans, quand on est à bord du navire France. L’ISF n’est pas une mesure de justice fiscale, c’est une mesure contre l’emploi. C’est une arme qui donne du chômage », a-t-il assuré.

« A Tourcoing, ma ville connaît toujours 20% de chômage ces 15 dernières années alors que manifestement en Belgique, la richesse s’est créée et le capital y est allé », a-t-il encore comparé à titre d’exemple.

En revanche, Gérald Darmanin s’est montré plutôt favorable à ce que les Français ayant « de gros revenus et de grosses habitations » continuent de s’acquitter du versement de la taxe d’habitation. « Peut-être qu’on pourrait effectivement imaginer que ce ne serait pas juste de les exclure », a-t-il conclu.

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Taxe d’habitation éventuellement maintenue pour les « riches » : à partir de quel revenu est-on concerné ?

taxe habitationPlusieurs membres du gouvernement n’exclut pas de ne pas étendre la suppression de la taxe d’habitation aux 20% des contribuables les plus aisés.

Mais ces Français sont-ils tous riches ?  Un couple sans enfant percevant chacun un revenu de 1925 euros sur treize mois continuerait par exemple à la payer.

C’est certainement « LA » mesure phare du quinquennat en faveur du pouvoir d’achat : la suppression de la taxe d’habitation. Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron l’avait promise aux 80% des ménages les plus modestes, avant d’annoncer six mois plus tard devant les maires de France sa suppression pour la totalité des foyers, même les plus riches. « Si cet impôt est mauvais pour 80% de nos concitoyens, il y a peu de chances qu’il soit bon pour 100% », avait lancé le chef de l’État.

Depuis, la date butoir de 2021 a été fixée par le gouvernement
Tel était le scénario avant la crise des gilets jaunes. Aujourd’hui, la promesse de campagne reste plus que jamais d’actualité. « Nous avons engagé cette suppression de la taxe d’habitation, il est essentiel qu’elle soit aboutie », a insisté dimanche le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, invité du Grand débat Europe1-Cnews-Les Echos.

En revanche, son extension aux plus aisés n’est plus garantie à en croire les propos du ministre. Lors du grand débat national, « on peut très bien demander aux Français : ‘est-ce que vous estimez que pour les 20% les plus riches il est légitime ou non de supprimer la taxe d’habitation ?‘ », a-t-il lancé. Cette éventualité « est sur la table », a renchéri ce lundi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur France Inter.

La suppression totale de la taxe d’habitation doit coûter 16 milliards d’euros à l’État, dont 7 milliards d’euros au titre de l’exonération des 20% les plus riches.

« Je ne pense pas qu’on soit riche à 2500 euros de revenu »
Si la taxe d’habitation venait à être supprimée uniquement pour les 80% les plus modestes, qui devra toujours la payer ?  Autrement dit, à partir de quel revenu est-on considéré comme faisant partie des 20% les plus riches ?

Le gouvernement a déjà publié un barème cet été, pour connaître à partir de quel montant de revenu il n’est plus possible de prétendre à la réduction de 30% de la taxe en 2018. En reprenant ce brème, un couple sans enfant dont les deux conjoints perçoivent chacun un revenu de 1925 euros net par mois, avec un salaire payé sur treize mois, fait partie des 20% des ménages les plus riches et pourrait toujours s’acquitter de la taxe d’habitation.

Ce barème évolue selon le quotient familial. En clair, plus on a d’enfants à charge, plus le plafond des revenus permettant d’être exonéré du paiement de la taxe d’habitation grimpe. Ainsi, pour un couple avec trois enfants, dont un seul conjoint travaille, il suffit que ce dernier touche moins de 5400 euros net sur treize mois pour se voir dispenser de tout paiement en 2020, quand les 80% des Français les plus modestes bénéficieront pleinement de la suppression de la taxe d’habitation.

Néanmoins, ce barème pourrait ne pas être retenu. « C’est compliqué parce que la suppression de la taxe d’habitation c’est jusqu’à 2500 euros de revenu si vous êtes célibataire, je ne pense pas qu’on soit riche à 2500 euros de revenu », a ainsi relevé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin ce lundi sur RTL. « En revanche, il y a des gens effectivement qui ont de gros revenus et qui ont de grosses habitations, peut-être qu’on pourrait effectivement imaginer que ce ne serait pas juste de les exclure », a-t-il souligné. Mais une remise en cause des plafonds des revenus selon la composition du foyer fiscal ne permettrait alors plus d’économiser 7 milliards d’euros.

Avant de présenter un nouveau dispositif, le gouvernement souhaite d’abord entendre l’avis des Français lors du grand débat promis par Emmanuel Macron le 10 décembre. Une réforme des finances locales est prévue pour le printemps.