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L’application de la retraite à points retardée à la génération née en 1975 ?

retraitePrévue pour s’appliquer à partir de la génération 1963, la future réforme pourrait concerner en premier la génération née en 1975.

Une période de transition encore plus longue est envisagée pour les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraite RATP et SNCF, selon Les Echos.

Alors que le Premier ministre doit présenter demain mercredi 11 décembre en détail son projet de réforme des retraites, parmi les éléments clés qui restent à trancher figure la date d’entrée en vigueur du futur système à points pour les générations déjà engagées dans la vie active.

L’application de la réforme à partir de la génération 1963 (celle qui aura 62 ans en 2025) a déjà été remise en cause. Le décalage dans le temps de la première génération à laquelle la réforme s’appliquerait est d’ores et déjà entériné par l’exécutif gouvernemental. Mais quelle serait la première classe d’âge à basculer dans le futur système de retraite à points ?

Quelle date de bascule pour ceux déjà engagés dans la vie active ?
Hier, lundi 9 décembre, le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye a esquissé un scénario en deux temps : « les jeunes générations pourraient commencer à s’affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu’une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l’intégration progressive » dans ce nouveau régime.

Selon Les Echos, après avoir étudié l’hypothèse d’un décalage de dix ans par rapport à la génération 1963 initialement envisagée, ce serait finalement la génération née en 1975 qui serait la première concernée par la bascule dans le futur système à points.

Une transition plus longue pour les régimes spéciaux ?
Concernant les régimes spéciaux dont bénéficient les salariés de la RATP et la SNCF, les cheminots de l’Unsa et de la CFDT demandent quant à eux une mise en oeuvre réservée aux seuls nouveaux entrants à la SNCF. Une « clause du grand-père » jugée « impossible » par Jean-Paul Delevoye par souci d' »équité » envers les autres professions.

Ferme sur la « disparition des régimes spéciaux », Édouard Philippe se montre toutefois ouvert à des « transitions progressives » pour éviter de « changer les règles en cours de partie ». Un décalage de 10 ans supplémentaire (par rapport l’hypothèse de la génération 1975 à l’étude) pourrait leur être appliquée. « À la SNCF, la génération 1985 et quinze ans d’ancienneté a été testée. Ce qui réduirait le nombre de cheminots concernés par la réforme à un peu plus de 30.000 » explique le quotidien Les Echos.

Mais les syndicats à la SNCF, en ce qui concerne les cheminots, reste très attachés notamment à leur droit à partir avant 62 ans, « cela semble acté, il va y avoir une clause du grand-père », croit savoir une source parlementaire LREM. Les détails du projet de réforme dévoilé demain mercredi 11 décembre, permettront de savoir où l’exécutif a placé le curseur en matière de concessions accordées aux défenseurs des régimes spéciaux de retraite.

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Ce qui change au 1er novembre

ChangementNovembre, c’est le mois pour arrêter de fumer, se laisser pousser la moustache, et jeter un oeil aux nouvelles règles du chômage.

Les tarifs réglementés de vente du gaz augmentent de 3%
Appliqués par Engie à environ quatre millions de foyers français, ces tarifs réglementés vont augmenter de 3% au 1er novembre. L’augmentation est de 0,8% pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 1,8% pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 3,2% pour les foyers qui se chauffent au gaz.

Cigarettes
Voilà un changement qui motivera plus d’une personne à participer à l’action « Mois sans tabac ». Dès le 1er novembre, le prix du paquet de cigarettes augmentera d’environ 50 centimes, du fait d’une hausse des taxes prévue par le gouvernement. Par exemple, les Marlboro Red passent de 8,80 euros à 9,30 euros. C’est la deuxième fois que le gouvernement augmente les prix des paquets cette année. Son objectif est d’atteindre 10 euros pour 20 cigarettes d’ici à novembre 2020 pour réduire la consommation.

Chômage
Plusieurs mesures de la réforme de l’assurance chômage prennent effet à compter du 1er novembre.

Droit aux indemnisations :  Pour avoir accès au chômage, il faudra désormais avoir travaillé 130 jours, soit 6 mois, sur les 24 derniers mois. Auparavant, la durée minimale s’élevait à 4 mois sur les 28 derniers mois. Le seuil minimum pour le rechargement des droits est aussi porté à 6 mois, contre seulement 1 mois avant la réforme.

Réduction des indemnités :  Cette réforme touche seulement les salariés aux revenus supérieurs à 4500 euros bruts. Leurs indemnités seront réduites de 30 % à partir du 7ème mois de chômage, avec un plancher fixé à 2261 euros nets par mois.

Indépendants : En cas de liquidation judiciaire, les travailleurs indépendants pourront toucher une somme de 800 euros par mois pendant six mois. L’activité doit avoir généré des revenus d’au moins 10 000 € par an sur les deux années précédentes.

Démission :  Les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise pourront bénéficier de l’assurance chômage en cas de démission pour réaliser un projet professionnel. Une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) devra attester du caractère « réel et sérieux » du projet.

Test du suivi numérique :  Les deux régions Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val-de-Loire vont expérimenter la mise en place du « journal de la recherche d’emploi ». Ce « journal de bord » numérique est destiné à mieux suivre les personnes en recherche d’emploi qui devront renseigner chaque mois les démarches effectuées pour retrouver un travail.

Allocations aux adultes handicapés
Les AAH seront désormais attribuées à hauteur maximale de 900 euros par mois sans limitation de durée. Avant le 1er novembre, l’indemnisé pouvait percevoir jusqu’à 860 euros sur une durée maximale de 20 ans. Pour les recevoir, il faut présenter un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80 % dont les limitations d’activités « ne sont pas susceptibles d’évolution favorable », selon les termes du gouvernement. Pour les autres situations, la durée d’attribution peut aller jusqu’à 10 ans au lieu de 5 ans. Les ressources perçues pendant l’année de référence (soit l’année 2017 pour l’AAH versée en 2019), ne doivent pas dépasser un plafond annuel fixé à 10 320 euros pour une personne seule et 19 504,80 euros pour un couple.

Complémentaire santé
La couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’aide pour une complémentaire santé (ACS) fusionnent pour laisser place à la « complémentaire santé solidaire ». Rien ne change pour les assurés de l’ancienne CMU-C. En revanche, pour la population éligible à l’ACS (moins de 1007 euros pour un célibataire, 1813 euros pour un couple avec enfant), cette mesure est présentée comme une « simplification »: les garanties seront alignées sur celles de la CMU-C, moyennant une « participation financière » croissante avec l’âge.

Selon le gouvernement, 200 000 personnes supplémentaires bénéficieront de la nouvelle complémentaire. Selon leurs ressources, elle pourra être gratuite ou coûter moins de 1€ part jour.

Retraite du privé
La pension des retraites complémentaires du privé Agirc-Arrco seront revalorisées de 1 % au premier du mois. « La valeur de service du point de retraite a été définie à 1,2714 € et celle d’achat du point à 17,3982 € », détaille l’État.

Trêve hivernale
A partir du 1er novembre, il ne sera plus possible d’expulser les locataires qui n’auraient pas payé leurs loyers. Cet interdit est valable jusqu’au 31 mars. La trêve concerne aussi les fournisseurs d’énergie et de gaz qui ne peuvent pas couper leurs services pendant cette période. Toutefois, l’expulsion reste possible si le locataire bénéficie d’une solution de relogement adaptée, si l’habitation est reconnue comme dangereuse ou si des squatteurs sont entrés illégalement dans le lieu.

Au moins un menu végétarien par semaine
Une des mesures de la loi EGalim du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation sera mise en application ce mois-ci pour les élèves. Les cantines scolaires devront servir au moins un menu végétarien par semaine. La mesure concerne un menu unique (ou un menu alternatif dans le cas ou plusieurs menus sont proposés) sans viande ni poisson, crustacés et fruits de mer. Il pourra néanmoins comporter des œufs ou des produits laitiers. Cette expérimentation aura lieu pendant deux ans au sein d’un secteur qui sert 3,5 milliards de repas par an.

Ile-de-France : le carnet de 10 tickets de métro et bus augmente de 2 euros
Que vous soyez Francilien ou de passage à Paris, sachez que le carnet de 10 tickets augmente de 2 euros le 1er novembre. Il sera vendu 16,90 euros au lieu de 14,90 euros à partir de vendredi. La région veut inciter les voyageurs à utiliser des cartes Navigo ou son smartphone: sur ces supports dématérialisés le prix du ticket ne changera pas.

Un geste contre le cancer
Novembre, c’est aussi l’occasion de se laisser pousser la moustache. Depuis 2003, l’association Movember se bat contre le cancer de la prostate et pour la santé masculine. Elle fait de la moustache un symbole de la mobilisation : « utilisez votre moustache comme un prétexte pour engager des conversations et récolter des fonds pour la santé masculine », encourage Movember.

Les pneus hiver ne seront pas obligatoires cette année
Contrairement à ce que pouvaient annoncer les réseaux sociaux, le décret d’application qui doit imposer la pose d’équipements hiver sur les voitures n’a pas encore été signé. Le décret d’application semble cependant bien en cours de rédaction. France 3 Auvergne Rhône-Alpes renvoie vers le site du député des Deux-Alpes Joël Giraud. Il y publie une lettre envoyée aux préfets, dans le cadre de l’écriture du futur décret. Les préfets devront en effet définir les communes concernées par la future obligation dans chaque département, comme ces modalités. Et dans ce projet, ce ne sont pas forcément toujours les pneus hiver qui sont rendus obligatoires. Les chaînes à neige sont proposées comme alternative. Cependant, les délais sont désormais trop courts pour appliquer la réglementation cet hiver.

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La Cour des comptes épingle l’inflation des départs anticipés à la retraite

retraiteLe dispositif des carrières longues, réformé en 2012, a accéléré le nombre des départs anticipés, soit 400.000 en 2017, soit près d’un départ à la retraite sur deux.

En 2016, tous ces départs anticipés ont induit 14 milliards d’euros de dépenses en plus, selon la Cour des comptes.

« Chaque réforme depuis 2003 visant à augmenter l’âge effectif de départ à la retraite s’est accompagnée de la création ou de l’extension de dispositifs de départ anticipé » résume la Cour des comptes dans son rapport 2019 sur la Sécurité sociale. Parmi ces derniers, les assouplissements apportés au dispositif des carrières longues par le décret du 2 juillet 2012 pris sous François Hollande (notamment la réduction de deux années de la durée d’assurance) ont accéléré le nombre des départs anticipés à la retraite (cf infographie ci-dessous). Résultat : une multiplication par six de ces départs anticipés entre 2009 et 2017, passés au régime général de moins de 30.000 en 2009 à près de 180.000 en 2017.

Outre les carrières longues, l’inaptitude substituée ou non à une pension d’invalidité, les « catégories actives » de la fonction publique (police, gardien de prison, …), l’incapacité permanente, la retraite anticipée pour les travailleurs handicapés, le compte professionnel de prévention (pénibilité) et la retraite progressive, alimentent « les départs à la retraite dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance ».

Un pic à 400.000 départs anticipés en 2017
En 2017, ces sept dispositifs ont été à l’origine de près de 400.000 départs à la retraite. Résultat : les départs à la retraite à taux plein avant l’âge légal d’ouverture des droits ou sans que la condition de durée d’assurance soit remplie ont représenté près d’un départ à la retraite sur deux en 2017. L’autre conséquence de ces dispositifs est d’avoir fortement minoré les effets de l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite décidée dans le cadre de la réforme de 2010 (sous Sarkozy).

infographie retraite

« Fin 2010, une personne sur cinq était retraitée un an avant l’âge d’ouverture des droits alors fixé à 60 ans. Fin 2017, sous le double effet de l’augmentation de l’âge d’ouverture des droits et de l’extension des carrières longues, c’est une personne sur trois qui était retraitée un an avant ce même âge, porté à 62 ans » constate la Cour des comptes.

À elles seules, les carrières longues ont représenté 16,9 % de l’augmentation des dépenses de prestations de droit propre du régime général intervenue entre 2012 et 2017 (soit 2,2 milliards sur 12,8 milliards d’euros).

Des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis »
En creux, les magistrats égratignent des dispositifs de départs anticipés généreux mais qui, sauf exception, ont « un financement qui n’est pas identifié » avec des bénéficiaires et des coûts « insuffisamment suivis. »

De par leur dynamique, l’ensemble des départs anticipés à la retraite ont logiquement induit un important montant de dépenses supplémentaires, près de 14 milliards d’euros en 2016, « pesant sur la soutenabilité du système de retraite. » Ce montant s’élève à 5,2 % du total des dépenses de prestations de droit propre dans les régimes de base et complémentaires de retraite, contre 3 % environ en 2012. La Cour des comptes note toutefois « qu’en 2018, le flux des départs pour carrière longue s’est inversé au régime général, sous l’effet de l’augmentation progressive de la durée d’assurance requise pour le taux plein en application de la réforme des retraites de 2014 ».

Le dispositif de la retraite progressive reste méconnu
« Cette hausse de la part des départs à la retraite à taux plein dans des conditions dérogatoires d’âge ou de durée d’assurance contribue à la faiblesse en France du taux d’activité des 55-64 ans (55 % en 2017 contre 61 % en moyenne dans l’Union européenne) » déplore le rapport.

Pour infléchir cette tendance, dans le cadre de la future évolution du système français de retraites vers un système universel à points, le rapport suggère « des modalités de transition progressive vers la retraite qui devraient être privilégiées par rapport à l’interruption complète de l’activité professionnelle. »

Avec moins de 10.000 départs à la retraite en 2017, le dispositif de la retraite progressive demeure modeste. « Il est probablement encore peu connu des salariés et des employeurs même si le dispositif français de retraite progressive est le seul à imposer une durée de travail maximale » conclut la Cour des comptes.

Les départs anticipés des « catégories actives » de fonctionnaires en question
L’avantage des catégories actives (31.000 départs et 3,3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires) permet à une partie des agents des trois fonctions publiques (État, hospitalière, territoriale) un départ anticipé de cinq, voire de dix ans (pour les catégories « super-actives »), au motif d’une dangerosité des fonctions exercées ou d’une sinistralité accrue de certains emplois.

« Depuis le début des années 2000, des modifications statutaires ont réduit le champ des catégories actives de la fonction publique. Les plus significatives ont concerné les instituteurs, les infirmiers et diverses professions paramédicales ainsi que les agents de La Poste. Néanmoins, le nombre de fonctionnaires classés en catégorie active diminue lentement » constate la Cour des comptes. C’est seulement à partir de 2030 qu’ils connaîtraient une baisse sensible.

Le rapport relève qu’il existe aussi une incertitude quant au nombre de fonctionnaires relevant d’une catégorie active (estimé à 700.000 environ) et des facteurs d’iniquité entre des fonctionnaires et des salariés exerçant des fonctions identiques dans le privé. Les aides-soignantes des établissements de santé privés ne bénéficient pas de possibilités de départ anticipé au titre d’une « catégorie active ».

Dans ces conditions, « il conviendrait de poursuivre le réexamen du périmètre des métiers relevant des catégories actives et, au sein de ces métiers, des fonctions exercées justifiant le bénéfice de ces avantages. »

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Taxe d’habitation : le fisc va rembourser un trop-perçu à 6,3 millions de contribuables

taxe habitationAvec la nouvelle baisse de la taxe d’habitation en 2019, les provisions versées au cours de l’année par certains contribuables n’ayant pas suffisamment modulé leurs mensualités seront plus élevées que le montant total à payer. Le fisc devra donc leur rembourser le trop-perçu.

Bonne nouvelle pour une majorité de Français. Alors que les avis de taxe d’habitation arrivent dans les boîtes aux lettres et boîtes mails, 80% des contribuables vont constater une nouvelle baisse du montant à régler au fisc, conformément à la réforme qui prévoit la suppression totale de cet impôt en 2020, puis en 2023 pour les 20% restants.

6,3 millions d’entre eux éligibles à la réforme en 2020 et ayant opté pour le paiement mensualisé vont même être remboursés par l’administration fiscale pour un montant total de 1,14 milliard d’euros.

Remboursement automatique
En effet, le dégrèvement de la taxe d’habitation était de 30% l’an passé et de 65% cette année. Si les contribuables mensualisés n’ont pas suffisamment modulé à la baisse leurs versements, alors le fisc -qui se base sur le montant de la taxe d’habitation de l’an passé pour fixer les mensualités- aura reçu un trop-perçu qu’il devra rembourser pour régulariser la situation de ces contribuables.

Les remboursements se font de manière automatique, sans avoir besoin de prévenir l’administration fiscale. Ils interviennent systématiquement par virement sur le compte bancaire ayant servi aux prélèvements mensuels.

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Retraite complémentaire Agirc-Arrco : ce régime à points qui applique déjà un âge d’équilibre

Agirc-ArrcoDepuis le 1er janvier 2019, le régime de retraite complémentaire à points Agirc-Arrco, applique un bonus-malus.

Le but : inciter les salariés à travailler au-delà de 62 ans, âge légal de départ à la retraite. CFDT, CFE-CGC et CFTC ont validé cet accord en 2015, mais certains syndicats souhaitent revenir sur ce dispositif.

Alors que plusieurs syndicats (CGT, FO, Sud-Rail) appellent à protester les 21 et 24 septembre contre le projet gouvernemental de régime universel de retraite par points assorti d’un âge d’équilibre ou âge-pivot à 64 ans, un système cumule déjà ces deux caractéristiques. Il s’agit du régime des retraites complémentaires Agirc-Arrco qui concerne tous les salariés du secteur privé.

Depuis le 1er janvier 2019, ce régime de retraite à points applique un système de bonus-malus, afin d’inciter les salariés à travailler au-delà de 62 ans, l’âge légal de départ à la retraite. Si un(e) assuré(e) né(e) à partir de 1957 et remplissant les conditions d’âge (62 ans) et de durée (166 trimestres) décide de liquider sa pension à la date à laquelle il bénéficie de retraite de base à taux plein, le montant de sa retraite complémentaire est minoré de 10%. Ce malus s’applique pendant trois ans et au plus tard jusqu’à 67 ans, âge automatique du taux plein.

Décote de 10% durant 3 années pour le nouveau retraité
Au terme de ces trois années de décote (appelée coefficient de minoration ou « de solidarité »), l’assuré récupérera 100% de ses droits au titre de sa retraite complémentaire. L’accord exonère de ce système de malus les assurés ayant liquidé leur pension de retraite de base au taux plein et qui sont exonérés de CSG sur leur pension de retraite complémentaire.

Comme l’âge d’équilibre de 64 ans prévu par le rapport de Jean-Paul Delevoye, ce système (cf infographie ci-dessous) a pour but de modifier les comportements des salariés proches de la retraite. Avec la réforme adoptée, s’ils souhaitent échapper à la décote, ceux-ci doivent se maintenir en activité après 62 ans (jusqu’à un âge qui varie selon les cas).

retraite

Dans ce cas, le système prévoit des bonus pour les salariés qui retardent leur retraite d’au moins deux ans (à partir du moment où ils remplissent les conditions du taux plein, toujours). Ceux-ci verront leur pension complémentaire bonifiée de 10% durant un an, coefficient de majoration qui passe à 20% pour trois ans de report et 30% pour quatre ans ou plus de décalage dans la date du départ à la retraite.

Cette réforme découle d’un accord signé le 30 octobre 2015 (cf document ci-dessous) par les organisations patronales et par trois confédérations syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC). À l’époque, le contexte était celui de comptes lourdement déficitaires mettant en péril l’équilibre financier des caisses de retraites complémentaires Agirc-Arrco. À l’époque, la CGT et FO avaient refuser de signer l’accord, jugeant qu’il remettait en cause l’âge légal de départ à la retraite.

egibilité

Depuis, les résultats d’Agirc-Arrco pour l’exercice 2018, ont été, selon ce régime complémentaire, « en amélioration constante et en avance par rapport à la trajectoire prévue lors de la signature de l’accord de 2015 » ajoutant que « le régime prévoit un retour à l’équilibre en 2020 ».

Geoffroy Roux de Bézieux veut s’inspirer de la réforme Agirc-Arrco
Devant l’amélioration effective de ces comptes, les positions de plusieurs syndicats ayant signé la réforme ont un peu changé. Lors de la nouvelle négociation ouverte, fin janvier 2019, autour des orientations stratégiques de l’Agirc-Arrco de 2019 à 2022, la CFDT a souhaité remettre en cause le malus qui s’appliquait depuis le début de l’année.

En mai 2019, la CFDT a obtenu des concessions du Medef (inflexible sur le principe de bonus-malus). Les deux parties ont signé un nouvel accord Agirc-Arrco ajoutant de nouveaux cas d’exonération de la décote appliquée au titre de la solidarité. Les bénéficiaires sont les chômeurs ayant bénéficié, à la veille de leur retraite à taux plein, de l’allocation de solidarité spécifique de solidarité (ASS) ou les personnes qui se se sont vues reconnaître une incapacité permanente partielle de 20% ou plus à la suite d’un accident du travail (ou de trajet) ou d’une maladie professionnelle.

De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux, bien décidé à soutenir l’instauration d’un âge-pivot dans le cadre du futur système universel de retraites à points, associé à un bonus-malus, a évoqué récemment une possible décote pendant seulement trois ans, en prenant l’exemple de la réforme de l’Agirc-Arrco. Cette suggestion pourrait-elle être une arme de négociation dans la discussion qui s’ouvre cet automne, les syndicats de salariés étant farouchement opposés à toute décote définitive sur la pension de retraite ?

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Ce qui change en cette rentrée scolaire 2019 au lycée

lycéeLa rentrée, qui repeuple les classes ce lundi, se double cette année d’une réforme majeure du lycée. L’importance et le nombre des changements font craindre une déstabilisation des établissements à certains membres du personnel de l’Éducation nationale.

C’est un sacré virage, ce lundi, tandis que 12,4 millions de jeunes Français accomplissent leur rentrée scolaire, les regards se braquent sur les lycéens, notamment ceux qui intègrent la classe de première première. Car, alors que la réforme des lycées débarque dans les cours en ce début d’édition 2019, ce sont eux qui vont devoir fournir le plus gros effort.

C’est la fin des filières L, S, ES
Le chambardement redessine toute la structure de leur année. En effet, les filières L, S, ES etc … qui encadraient la dernière montée des études secondaires depuis les années 90 disparaissent. Les lycéens devront dès cette année se couler dans le schéma d’un tronc commun de 16 heures, auxquelles s’ajouteront le suivi de trois enseignements de spécialité, puis 1h30 (là aussi hebdomadaire) d’orientation et un enseignement d’option.

Le tronc commun des classes de première se décompose comme suit: 4 heures de français, 3 heures d’histoire-géographie, 0h30 d’enseignement moral et civique, 4h30 de langues vivantes, 2 heures d’éducation physique et sportive, 2 heures d’humanités scientifiques et économiques. Ce tronc commun verra une nouvelle branche pousser en terminale avec l’arrivée de la philosophie, elle aussi déclinée en 4 heures hebdomadaires.

De nouvelles matières apparaissent
Autour de ce tronc commun gravitent les disciplines de spécialité. On en compte 10, les élèves qui entrent en première ce lundi ont dû en retenir 3 à la fin de leur seconde et devront en abandonner une en poursuivant leurs études en terminale. Chacune de ces matières représente 4 heures d’apprentissage en première, et 6 heures en terminale.

Ces dix disciplines, en gardant à l’esprit que toutes ne sont pas présentes dans l’intégralité des établissements, sont : les arts, l’histoire-géographie et sciences politiques,  les humanités, littérature et philosophie, langues et littératures étrangères, mathématiques,  numérique et sciences informatiques, science de la vie et de la terre, sciences économiques et sociales,  physique-chimie.

Le cours permettant de pratiquer le latin et le grec, dont l’intitulé est « littérature, langues et cultures de l’antiquité », a rang d’option. Les élèves de première ont en effet pu prendre une option, facultative, et ceux de terminale pourront lui en adjoindre une supplémentaire.

Les élèves risquent d’avoir des « emplois du temps à trous »
Une nouvelle organisation entraîne nécessairement un nouvel emploi du temps. Or, la part prise par les disciplines de spécialité et la refonte des classes mêlant dorénavant des lycéens au cursus très dissemblables interrogent proviseurs et professeurs. La perspective de plannings « à trous » inquiète particulièrement.

Le syndicat SNES-FSU, qui cumule le plus grand nombre d’adhérents, a ainsi dénoncé : « La mise en place de ‘triplettes librement’ choisies va obliger les lycées à aligner les horaires de nombreuses disciplines, pour permettre des combinaisons diverses. Le résultat ?  Des contraintes très fortes sur l’ensemble des horaires. A la clé, des emplois du temps à trous, sur l’ensemble de la semaine, avec très peu de possibilité de demi-journées libérées ».

Le bac se réforme, avec de nouvelles épreuves dès la première
Au début de l’été 2021, le bac présentera un visage complètement revu et corrigé. Mais dès cette année 2020, les élèves de première essuieront les plâtres. C’est là l’autre grand chantier de la réforme. Le nouveau barème ménageant 40% de contrôle continu en plus des 60% dévolus aux épreuves de français, philosophie, à deux disciplines de spécialité et un grand oral, ils devront se tenir prêts dès cette année.

Mais sur ces 40% de contrôle continu, seuls 10% relèveront de leurs bulletins de première et de terminale. Les 30% restant seront liés à deux sessions d' »épreuves communes », mises en place par les établissements eux-mêmes, c’est-à-dire d’examens portant sur l’histoire-géographie, les langues, les mathématiques et l’enseignement scientifique. Ils testeront les connaissances tirées de l’enseignement de leur troisième spécialité via une troisième session.

La profusion de ces épreuves communes sème là aussi le trouble. « Nous ne voulons pas que nos lycées se transforment en mini-centres d’examens trois fois dans l’année, ce qui nous empêcherait de maintenir les cours pour les classes non concernées par les épreuves », a ainsi posé Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale, auprès de 20Minutes.fr.

De surcroît, l’obligation de faire viser les copies par d’autres professeurs que ceux ayant habituellement la charge des élèves concernés, sans quoi l’anonymat de l’exercice serait en péril, fait craindre des problèmes d’effectifs.

Un comité de suivi est mis en place
Jean-Michel Blanquer a multiplié les rencontres avec les syndicats enseignants ces dernières semaines afin d’assurer le service après-vente de sa réforme du lycée et d’apaiser les tensions avec des professeurs qui ont déposé plusieurs préavis tout au long du mois de septembre. Il a également mis sur pied un « comité de suivi » pour penser d’éventuels aménagements de la réforme.

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Le Medef soutient l’âge pivot qui ne serait pas encore enterré selon le gouvernement

Medef.jpgLe patron du Medef souhaite que la réforme des retraites se concentre sur l’âge de départ (ce que prévoit le rapport Delevoye) alors qu’Emmanuel Macron a émis cette semaine des réserves sur ce point.

La future réforme des retraites ne pourra faire l’économie d’un relèvement de l’âge de départ à la retraite, a déclaré mercredi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux à la suite de la prise de position d’Emmanuel Macron en faveur d’une évolution de la durée de cotisation.

Le président de la République a surpris en marquant lundi soir sa préférence pour un accord sur la durée de cotisation avec les partenaires sociaux plutôt que sur l’âge, alors que le Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, préconise l’instauration d’un âge pivot à 64 ans sous peine de décote.

Mais le chef de l’État n’a nullement enterré l’idée d’un « âge pivot », a assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye en précisant que « ces deux options (étaient) sur la table ». « Le rapport Delevoye a exposé deux options pour calculer le futur âge du taux plein, d’une part un âge du taux plein en fonction de la durée de ce que chacun aurait cotisé, et d’autre part un âge de taux plein qui soit le même pour tous et qui serait fixé à 64 ans », a rappelé la secrétaire d’État lors de la conférence de presse de sortie du conseil des ministres.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, « il est indispensable de bouger le paramètre de l’âge ». « C’est seulement à ces conditions que le Medef soutiendra cette réforme ambitieuse et nécessaire », a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture de LaREF (« La Rencontre des entrepreneurs de France », ex-université d’été du Medef), à l’hippodrome de Longchamp, à Paris.

« Des injonctions contradictoires » d’Emmanuel Macron
Selon lui, le fait qu’Emmanuel Macron fasse part de « sa préférence pour augmenter la durée de cotisation plutôt que de repousser l’âge de la retraite à travers un âge pivot » tout en réaffirmant « l’objectif d’équilibrer les régimes en 2025 » revient à avancer « deux injonctions totalement contradictoires ».

Tout en reconnaissant la nécessité de prendre en compte les carrières longues, le président du Medef estime que « la seule solution c’est de trouver le bon compromis entre l’âge et la durée de cotisation car sinon nous serons dans une impasse financière ». Il a également prévenu que le Medef resterait « attentif à l’équité de la réforme en particulier dans l’utilisation des réserves » afin d’éviter que « les réserves des salariés du privé financent les retraites des fonctionnaires ».