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Dès octobre, épargner pour sa retraite deviendra plus facile et fiscalement avantageux

Dès octobre, épargner pour sa retraite deviendra plus facile et fiscalement avantageuxDans le sillage de la loi PACTE adoptée en mai dernier, le gouvernement vient de publier l’ordonnance concernant la réforme de l’épargne retraite, aujourd’hui articulée notamment autour du Perco.

L’objectif ambitieux est de faire des nouveaux dispositifs, plus souples, des produits phares d’épargne pour les Français. Mais face à l’immense popularité de l’assurance vie, la tâche est colossale.

La possibilité d’épargner volontairement pour améliorer ses revenus à la retraite représente un complément utile aux régimes obligatoires de plus en plus menacés par le déséquilibre démographique, mais l’épargne retraite demeure très peu développée en France. Les produits d’épargne facultatifs représente environ 230 milliards d’euros d’encours, contre plus de 1.700 milliards d’euros pour l’assurance vie (un placement non affecté à un usage précis, même si de facto une partie des montants bénéficient à des personnes retraitées).

Même le livret A et le LDDS, les deux principales enveloppes réglementées, regroupent davantage d’épargne (400 milliards d’euros à eux deux) en dépit d’un rendement insignifiant ! À l’heure où les Français épargnent davantage, l’objectif du gouvernement est donc de faire de l’épargne retraite un produit phare de l’épargne des Français.

Aux yeux du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, l’épargne retraite « est un complément utile de la retraite des Français ». « Nous avons simplifié tous les dispositifs et nous permettons à chaque salarié de garder le même produit durant toute sa vie professionnelle, quels que soient ses changements de carrière. Nous lui laissons une liberté totale de sortir en rente ou en capital au moment de sa retraite. Cette simplicité et cette liberté doivent permettre de faire décoller l’épargne retraite en France », a indiqué le ministre.

Cette réforme, qui vient accompagner la réforme des retraites en cours de préparation, crée des produits d’épargne retraite plus attractifs pour les épargnants, car voulus « plus simples, plus flexibles et plus avantageux fiscalement ».

Concrètement, l’ordonnance créé trois nouveaux dispositifs : un produit collectif ouvert à l’ensemble des salariés, remplaçant le Perco (Plan d’épargne pour la retraite collectif), un produit réservé à certaines catégories de salariés remplaçant les contrats du régime « article 83 » et enfin un produit d’épargne retraite individuel tout simplement appelé PER (Plan épargne retraite) remplaçant les actuels Perp et contrats Madelin.

Ces produits seront ouverts à la commercialisation dès octobre 2019, tandis que les anciens contrats seront fermés à la commercialisation un an plus tard. Les versements sur les contrats déjà ouverts resteront bien sûr possibles si l’épargnant tient à les conserver, mais l’ambition est d’inciter une majorité à les abandonner puisque les transferts depuis les PERP, Madelin, PERCO et contrats 1983 vers les nouveaux produits seront gratuits.

Par ailleurs, le gouvernement a prévu une grosse carotte fiscale pour les personnes souhaitant transférer des fonds aujourd’hui détenus en assurance vie, en doublant l’abattement fiscal consenti.

Fiscalement, le principe est simple: tous les versements sur ces nouvelles enveloppes seront déductibles de l’assiette des revenus déclarés, ce pour tous les produits (dans la limite des plafonds existants).

Par ailleurs les épargnants bénéficieront d’une liberté accrue dans l’utilisation de leur épargne : au moment du départ en retraite, les retraits pourront être effectués librement en rente ou en capital, en une fois ou de manière fractionnée. De plus au-delà des cas de déblocage liés à des accidents de la vie déjà prévus dans certains contrats actuels, le retrait sera systématiquement possible pour l’achat de la résidence principale.

L’épargne accumulée sera en outre intégralement portable d’un produit à l’autre. « L’épargne retraite sera ainsi mieux adaptée aux parcours professionnels et il sera plus facile de faire jouer la concurrence entre les prestataires », espère Bercy. Le transfert sera même gratuit si le produit a été détenu pendant au moins cinq ans (en-deçà des frais de transfert d’un maximum de 1% pourront être pratiqués).

« L’épargne retraite, c’est avant tout une épargne vertueuse qui permet de préparer l’avenir,  elle est bonne pour les entreprises car elle favorise des investissements de long terme, permettant de financer l’investissement et l’innovation », a détaillé Bruno Le Maire. « C’est une excellente nouvelle pour tous les Français, et pour les entreprises qui bénéficieront ainsi d’une source de financement stable ».

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Réforme des retraites : le voile se lève sur les premières propositions

retraiteAlors que son rapport sera dévoilé vers la mi-juillet, le Haut commissaire à la réforme des retraites a distillé des indices sur plusieurs recommandations qu’il contiendra.

Elles concernent les droits familiaux (liés au nombre d’enfants élevés), les pensions de réversion et la création d’une cotisation « déplafonnée » pour les hauts revenus.

Jean-Paul Delevoye, qui répète depuis des semaines que son rapport sera présenté « vers le 14 juillet », a révélé plusieurs pistes de réforme des retraites cette semaine lors d’un colloque à l’Institut des politiques publiques.

Ainsi, sur la délicate question des pensions de réversion, il a indiqué travailler « avec la Garde des Sceaux » à « un divorce pour solde de tout compte, qui permettrait de réattribuer des points » aux anciennes épouses. Une option privilégiée à la « garantie des ressources » pour la veuve du « dernier couple », à laquelle « nous pourrions envisager de réfléchir » dans un second temps, a-t-il ajouté.

Autre décision sur les « droits familiaux » : s’il était acté depuis octobre que les pensions seraient majorées « dès le premier enfant » et non plus à partir du troisième, restait à préciser comment. « Nous réfléchissons à une bonification proportionnelle », a déclaré Jean-Paul Delevoye. Un pourcentage plutôt qu’un nombre de points forfaitaire par enfant, ce qui profitera mathématiquement plus aux riches qu’aux pauvres.

Cotisation déplafonnée au-delà de 10.000 euros/mois ?
Les très hauts revenus seront cependant mis à contribution : au-delà de 10.000 euros brut par mois, ils devront s’acquitter d’une « cotisation déplafonnée non créatrice de droits », selon un document de travail projeté durant l’intervention publique du Haut commissaire, mais que son équipe n’a pas souhaité diffuser.

Ce prélèvement supplémentaire serait une entorse au projet du chef de l’État, fondé sur la promesse qu' »un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous ». Quant aux fonctionnaires des « catégories actives », autorisés à partir en retraite à 57 ans, voire 52 ans, ils devront se plier au « principe de base à métier identique, retraite identique ». Un credo qui permet de conserver les « spécificités de départ anticipé » des « régaliens » (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires), a-t-il souligné.

L’âge d’équilibre du système de retraites vers 64 ans
Pour les autres fonctionnaires, notamment les infirmières et aides-soignantes des hôpitaux publics, la règle du secteur privé s’appliquera, avec un départ à 62 ans. Lot de consolation, la réforme « ré embarquera le compte pénibilité dans les services publics », permettant à certains agents de partir au mieux à 60 ans.

Mais avec quel niveau de pension ?   « L’âge légal doit être le garant d’un plancher », tandis que « l’âge d’équilibre qui consolide le système c’est plutôt 64 ans », a justifié le Haut commissaire.

Un mécanisme de bonus-malus pourrait ainsi être intégré au système « universel » censé voir le jour en 2025. À moins que le gouvernement ne soit tenté de l’instaurer dès le budget 2020, pour combler un déficit qui pourrait atteindre 10 milliards d’euros en 2022.

Le scénario d’un allongement de la durée de cotisation à 43 ans dès 2025, au lieu de l’échéance actuelle fixée à 2035, est aussi évoqué. Plus enclin à retenir la deuxième option, Jean-Paul Delevoye a averti : « Nous devons être en cohérence entre la philosophie du projet, les valeurs qu’il porte et les mesures de court terme ».

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Les allocations chômage seront légèrement revalorisées le 1er juillet

allocations-chc3b4mage-e1561583081676.jpgL’Unédic annonce ce mercredi une hausse de 0.7% des allocations chômage au 1er juillet. L’allocation minimale passe ainsi à 29,26 euros par jour contre 29,06 actuellement.

Les allocations chômage seront revalorisées de 0,7% au 1er juillet vient d’indiquer l’Unédic. Les syndicats se sont abstenus car ils réclamaient plus. Dans un communiqué, la CFDT précise avoir demandé une augmentation de +1.5%.

L’allocation minimale passe ainsi à 29,26 euros par jour contre 29,06 actuellement. En 2018, la hausse avait été aussi de 0,7%, après une hausse de 0,65% en 2017 et une non revalorisation en 2016.

« Au vu de la reprise économique, des annonces sur un retour à l’équilibre des comptes de l’Unédic, et alors qu’avec la future réforme annoncée par le gouvernement des économies drastiques sont prévues par la diminution de leurs droits, les demandeurs d’emploi indemnisés ont aussi le droit de voir leur allocation chômage augmenter », a indiqué la CFDT.

Les syndicats contre la réforme
Cette revalorisation concerne près de 94% des demandeurs d’emplois indemnisés par l’assurance chômage au 1er juillet 2019, soit environ 2,6 millions de personnes, selon l’Unédic. Le coût pour l’Assurance chômage pour le deuxième semestre 2019 et l’année 2020 est d’environ 190 millions d’euros, a ajouté le gestionnaire de l’assurance chômage.

L’allocation minimale (29,26 euros par jour) et la partie fixe des allocations (12 euros par jour, auxquels s’ajoutent 40,4% de l’ancien salaire brut) sont traditionnellement revalorisées au 1er juillet.

La réforme de l’assurance chômage présentée la semaine dernière prévoit notamment de durcir les règles d’accès et d’indemnisation. A l’occasion de ce conseil d’administration, une centaine de personnes s’est réunie devant le siège de l’Unédic dans la matinée, à l’appel de la CGT.

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Le gouvernement veut vous inciter à travailler jusqu’à 64 ans avant de prendre votre retraite

Pension reform in FranceLe gouvernement souhaite fixer un « âge pivot » à 64 ans à partir duquel un retraité pourra profiter de sa retraite à taux plein. L’âge légal de départ de 62 ans est néanmoins maintenu.

L’exécutif a tranché, dans le cadre de la réforme des retraites, le gouvernement a décidé d’inscrire un nouvel « âge pivot » de 64 ans, rapporte Challenges. Autrement dit, il faudra au moins travailler jusqu’à 64 ans pour profiter de sa retraite à taux plein.

Chacun aura la possibilité de partir avant s’il le souhaite, l’âge légal de départ restant fixé à 62 ans. Mais un système de bonus-malus réduira mécaniquement le montant de la pension. À l’inverse, une personne qui partira après 64 ans bénéficiera d’une pension plus élevée.

« L’idée était dans l’air depuis plusieurs mois, mais cette fois Matignon l’a actée avec l’aval de l’Élysée. Cela permet d’équilibrer financièrement le système et d’éviter les déficits prévus dans les décennies à venir », explique un connaisseur du dossier à Challenges.

Allonger la durée de cotisation sans toucher à l’âge légal
Cette piste d’inscrire un nouvel « âge pivot » était dans les tuyaux depuis un certain temps. « On part aujourd’hui à la retraite à peu près au même âge qu’en 1980 », avait déclaré Emmanuel Macron lors d’un déplacement en Bretagne début avril. Quelques jours plus tard, lors de la restitution du grand débat, le chef de l’État s’était opposé au recul de l’âge légal de départ en retraite, estimant que « travailler plus, ça peut se faire d’une autre manière. C’est d’allonger la durée de cotisation et de laisser le libre choix ».

L’âge pivot de 64 ans entrerait en vigueur le 1er janvier 2025, date à laquelle le nouveau système de retraites doit voir le jour. Il devrait en outre augmenter d’un mois par génération et atteindre les 65 ans en 2037. Reste à convaincre les syndicats qui se montrent déjà particulièrement hostiles à cette idée. Selon la Drees, l’âge de départ en retraite était de 62 ans et un mois en moyenne en 2017.

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A quel âge les Européens partent-ils en retraite ?

retraiteDepuis quelques jours, la question de l’âge de départ en retraite est de nouveau au centre du débat politique, suite à des propos tenus par la ministre Agnès Buzyn. L’occasion de comparer la France à ses voisins européens.

Le 17 mars, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn expliquait ne « pas » être « hostile » à l’idée de retarder l’âge de départ en retraite, n’excluant pas de « proposer un allongement de la durée de travail ». Elle a été, entre temps, démentie par le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

Et a elle-même retropédalé affirmant qu' »aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée ». Au final, cette cacophonie aura probablement conduit les Français à en conclure que la future réforme, même si elle maintient l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans, visera à les faire travailler au-delà en rendant financièrement attractif leur maintien dans la vie active.

Il est vrai que, sur le seul plan de l’âge légal, la France fait partie des pays les plus généreux de l’Union Européenne. Elle fait quasiment jeu égal avec Malte (entre 62 et 63 ans) et la Slovaquie (62 ans et 4 mois). Et n’est devancée que par la Suède, où l’âge légal a été maintenu à 61 ans.

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Sauf que le cas de la Suède illustre bien la façon dont l’incitation à travailler plus longtemps peut conduire les salariés à faire valoir leurs droits à la retraite bien après l’âge légal. Quand on regarde l’âge effectif moyen de départ à la retraite des hommes (qui représentent la majorité des travailleurs) au sein de l’Union Européenne, les Suédois apparaissent comme ceux qui jouent le plus les prolongations. En moyenne, ils prennent leur retraite à 66 ans, cinq années donc après l’âge légal. Ce qui les classent aussi parmi les trois pays européens où les salariés prennent leur retraite le plus tard. Ils arrivent juste derrière les Roumains (68 ans) et les Portugais (69 ans).

La France, l’un des pays où l’on part le plus tôt en retraite ?
Même si l’âge légal de départ à la retraite est à 62 ans, la France n’est pas le pays où les salariés terminent le plus tôt leur carrière professionnelle. En 2018, selon les données de la CNAV, l’âge moyen de départ effectif est passé à 62 et 8 mois. Plus tardivement donc qu’en Espagne (62 ans) ou qu’en Grèce (61 ans). Le record étant détenu par le Luxembourg (un peu moins de 60 ans).

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A l’échelle mondiale, l’Europe est loin d’être le continent où l’ont part le plus tard en retraite..

La Corée du Sud, championne des retraites tardives
Voici le top 5 des pays où les hommes travaillent le plus longtemps dans le monde :
– Corée du Sud : 72,9 ans
– Colombie : 72,5 ans
– Mexique : 71,8 ans
– Japon : 70,6 ans
– Chili : 70,4 ans

Bien que minoritaires dans la population actives, les femmes coréennes travaillent encore plus que les hommes : elles prennent en moyenne leur retraite à 73,1 ans, bien plus tard que les Japonaises (69,3 ans) et les Roumaines (67,4 ans).

Ces données se basent sur celles fournies par le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS), datant de juillet 2018.

Ces données se basent sur celles de l’OCDE, datant de 2017 et portant sur la moyenne observée depuis 2011.

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Dictionnaires, correcteurs orthographiques : pourquoi l’influence de l’Académie est sur le déclin

Académie est sur le déclinL’Académie française a adopté ce jeudi un rapport sur la féminisation des noms de métiers. Un texte qui arrive tard, après des décennies de critiques, et pose la question du crédit des Immortels face aux évolutions de la société.

Auteure, autoresse, authoresse, autrice ?  Après des décennies à freiner des quatre fers face au vent de la féminisation des noms de métiers, l’Académie française s’est résolue à se pencher sur la question. Ce jeudi, elle a adopté « à une large majorité » un rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions qui, s’il ne tranche pas sur les mots à adopter, fait état des différentes manières de féminiser une profession et des incertitudes qui subsistent.

Après plusieurs décennies de critiques et sorties de ces Immortels contre la féminisation des noms de métiers, la prise de parole de l’Académie est marquante. Mais quelle est aujourd’hui son influence ?  Ce rapport va-t-il seulement changer quelque chose ?

« Elle est très précurseure dans l’invention du ‘masculin qui l’emporte' »
L’Académie se garde bien d’imposer une alternative à qui que ce soit. Elle se veut garante du « bon usage » et affirme ne faire qu’inscrire les évolutions naturelles de la langue pour la postérité.

Ce que nuance toutefois Eliane Viennot, professeuse émérite de littérature française : « Il y a toujours deux discours de l’Académie : le discours ‘De toute façon nous on arrive, on est la ‘voiture-balai’, on signale ce qui s’est imposé’, celui qu’on a dans ce rapport ». Puis, poursuit-elle : « L’autre discours qui est complètement contradictoire, c’est ‘Il ne faut pas dire ça, il faut dire ça’, le discours prescriptif ».

L'Académie contre la langue françaiseNotamment, au XVIIe siècle, lorsqu’elle s’est penchée sur les accords. »Elle est très précurseure dans l’invention du ‘masculin qui l’emporte’. Ça date du XVIIe siècle », rappelle à BFMTV.com Eliane Viennot, par ailleurs co-autrice de L’Académie contre la langue française : le dossier « féminisation ».

Plus tard, « ils ont été extrêmement opposés à la féminisation », martèle Bernard Cerquiglini, auteur, entre autres, de Le ministre est enceinte ou La grande querelle de la féminisation des noms. « D’une façon extrêmement hautaine, arrogante », ajoute l’éminent linguiste, qui cite notamment les propos de Maurice Druon.

En 1997, l’écrivain, alors secrétaire perpétuel de l’Académie, déclarait: « Libre à nos amies québécoises, qui n’en sont pas à une naïveté près en ce domaine, de vouloir se dire ‘une auteure’, ‘une professeure’ ou ‘une écrivaine’, on ne voit pas que ces vocables aient une grande chance d’acclimatation en France et dans le monde francophone ».

« Ils défendaient un usage du XIXe siècle »
« Ils défendaient un usage qui était au fond celui du XIXe siècle, l’usage de l’époque où les femmes n’avaient pas accès aux professions éminentes », résume Bernard Cerquiglini à BFMTV.com.

L’administration n’a pas attendu les Immortels pour harmoniser les noms de métiers à la présence des femmes dans leurs rangs. En 1984, dans les traces du Québec, est créée en France une « Commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes ». Une première circulaire de Laurent Fabius, alors Premier ministre, est court-circuitée, avant que Lionel Jospin n’en fasse une nouvelle en 1998.

Les dictionnaires d’usage courant comme le Larousse ou le Petit Robert ont intégré les professionnelles dans leurs lignes bien avant que l’Académie ne se décide.

Non, le masculin ne l'emporte pas sur le fémininNéanmoins, le rapport des Immortels reste une étape significative. « Il n’apporte rien, mais pour moi il est important dans le sens où il donne le feu vert. Donc toutes les personnes qui s’accrochaient à l’avis de l’Académie pour pouvoir refuser les évolutions de la langue n’ont plus de rempart », salue Eliane Viennot, par ailleurs autrice de Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin. Petite histoire des résistances de la langue française.

Aujourd’hui, les chartes typographiques des médias et les auto-correcteurs de téléphones ont bien plus d’influence sur la perception et l’acceptation des mots que l’avis d’éminentes figures de la littérature francophone.

« A la prochaine réforme de l’orthographe, c’est facile: on réunit les fabricants de correcteurs orthographiques »
« Un jour, je disais, à la prochaine réforme de l’orthographe, c’est facile : on réunit les fabricants de correcteurs orthographiques, on tombe d’accord avec eux et puis voilà, c’est facile. C’est ça la vraie prescription », plaisante auprès de BFMTV.com Bernard Cerquiglini.

« Les faiseurs et diffuseurs de normes ont une énorme influence », confirme Eliane Viennot. « C’est eux qu’il faut convaincre aujourd’hui et c’est d’ailleurs grâce à eux que depuis dix ans, on entend autrice et que tous les ans il s’impose plus », salue-t-elle.

« Au plan du droit, c’est elle qui décide de l’orthographe »
Qu’est-ce que va changer ce rapport ? « Dans les faits, rien, puisque tout le monde féminise. Mais dans le symbole, tout », affirme Bernard Cerquiglini. « Au plan du droit, les statuts de l’Académie de 1635 sont toujours valables. (…) L’Académie doit donner des règles simples aux Français. Au plan du droit, c’est elle qui décide de l’orthographe », rappelle-t-il.

« Il faut bien dans un pays qu’il y ait une instance qui définisse le bon usage », estime le linguiste. « Et l’homme de la rue a une certaine révérence vis-à-vis d’elle. »  « C’est un symbole qui en ce moment est en train d’évoluer correctement, et on ne peut que s’en réjouir », poursuit-il. « Et Maurice Druon, ce sont ses propres confrères qui sont en train de l’enterrer. »

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Des retraites indexées sur les salaires ?

Jean-Paul DelevoyeJean-Paul Delevoye, le Haut commissaire à la réforme des retraites, se montre favorable à une indexation des retraites sur les salaires et non sur l’inflation, selon un document de travail soumis aux organisations patronales et syndicales dont l’AFP a obtenu copie samedi, confirmant une information des «Echos».

Dans ce document d’une vingtaine de pages intitulé «Vers un système universel de retraite», il évoque également la possibilité de mettre en place une «règle d’or» pour ajuster les comptes du système des retraites de manière à garantir leur équilibre «sur un horizon pluriannuel», et estime qu’il faut prendre en compte les évolutions démographiques (espérance de vie, fécondité, migration).

Le système actuel d’indexation sur l’inflation présente «l’avantage de ne pas dévaloriser les droits acquis par rapport à l’évolution générale des prix et permet en outre d’octroyer un taux de remplacement à la liquidation plus élevé», souligne Jean-Paul Delevoye dans ce document. Toutefois, cette indexation peut être un facteur «d’inéquité», en ne valorisant pas «de la même façon les droits acquis en début, au milieu ou en fin de carrière».

Une indexation tenant compte de l’évolution des salaires «permettrait de maintenir constant le rythme d’acquisition des droits au cours de la carrière pour un individu moyen», entre autres. Elle permettrait «de faire profiter aux assurés ayant des carrières plates ou heurtées d’une revalorisation des droits tenant compte de l’évolution globale des salaires» et serait «également favorable à une moindre dépendance du système à la croissance».

Il s’était déjà prononcé sur le sujet en octobre, estimant qu’il serait «cohérent» d’indexer les retraites sur les salaires. Une telle réforme ouvre deux questions, selon le Haut commissaire : les retraites doivent-elles être indexées sur le salaire moyen par tête ou sur la masse salariale ?  Que faire pendant la période de transition entre les deux systèmes ?

Une « règle d’or » pour le système de retraites
En outre, les variations du cycle économique doivent être prises en compte dans le cadre de la réforme, selon lui. Il faut donc se demander si une «règle d’or de retour à l’équilibre» pour encadrer le pilotage financier du système est nécessaire, et s’il faut prévoir un «fonds de lissage des évolutions économiques».

En ce qui concerne la prise en compte de l’espérance de vie, elle «pourrait se présenter comme le fait d’indiquer que, pour atteindre un taux de remplacement équivalent, il est nécessaire pour chaque génération de partir un peu plus tardivement».

Enfin, le document de travail pose aussi la question de ce qu’il convient de faire des réserves de la quinzaine de régimes (Agirc-Arrco, MSA complémentaire…) : quel niveau elles doivent atteindre, pour quel objectif et avec quelle stratégie d’utilisation.

En 2016, les réserves accumulées par l’ensemble des régimes complémentaires français de retraite obligatoire représentent un montant de 118 milliards d’euros, soit 5,3% du PIB, rappelle le document.