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Prélèvement à la source : les Français attribuent une bonne note à la réforme

impot sourceSelon une enquête de la société de conseil en ligne TacoTax, la réforme est plébiscitée par une grande majorité de contribuables. Seuls 14 % ont rencontré un problème, le plus souvent lié à une erreur de taux.

Le 1er janvier dernier, c’était le big bang fiscal : l’entrée en vigueur du prélèvement à la source (PAS). À Bercy, les fonctionnaires des impôts évoquent désormais une ère avant et après PAS. Quel est le bilan de la réforme neuf mois plus tard ?  Que pensent les contribuables français de cette révolution de l’impôt sur le revenu ?

TacoTax, une société de conseil en ligne pour déclarer ses revenus, a réalisé une enquête auprès de 1 050 des 300 000 contribuables inscrits sur sa plateforme. Le Parisien-Aujourd’hui en France en dévoile les résultats en exclusivité.

Près d’1 Français sur 2 met la note maximale
Cocorico, les Français donnent la note moyenne de 7,7 sur 10 au passage au prélèvement à la source. « Pour nos compatriotes, qui ont l’habitude d’être notés sur 20, c’est plus de 15 (15,4), c’est très bon », insiste Rodrigue Ménégaux, le directeur général de TacoTax.

Mieux : parmi les répondants, ils sont même 44 % à attribuer la note maximale de 10 (sur 10) à ce changement. Dans le détail, plus les contribuables sont jeunes, plus ils préfèrent ce système au précédent : ainsi, c’est le cas 72 % des 30-49 ans, contre 66 % des 65 ans et plus.

infographie impot a la source

Les Français applaudissent, et Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, se frotte les mains. L’impôt sur le revenu, désormais prélevé à la source par l’employeur, est plus simple à collecter. Dès la première année, le taux de recouvrement a ainsi atteint 98,5 % contre 97 % dans l’ancien système.

« Notre enquête démontre que le passage au prélèvement à la source a déjoué certains pronostics les plus sombres : complexité, impact sur le pouvoir d’achat, résume Aldric Émié, cofondateur et président de la société autoproclamée coach en ligne des particuliers pour déclarer leurs impôts. Pour autant, la réforme a également généré quelques difficultés pour une partie des contribuables. »

Tous les contribuables ne mettent pas à jour leurs revenus
En effet, 14 % des personnes interrogées ont rencontré un problème. L’erreur la plus souvent déplorée concerne le taux de prélèvement (61 %) et les contribuables concernés ont tiré le score général de la réforme vers le bas. En effet, ils donnent la note globale, très faible, de 2,7 sur 10 au PAS.

Dans les faits, pourtant, « l’erreur en question était souvent liée à une évolution à la hausse ou à la baisse des revenus, et il leur suffit de mettre à jour leurs informations sur le site des impôts », souligne Rodrigue Ménégaux. Dit autrement, il ne s’agit pas toujours d’une erreur réelle, plutôt « d’un sentiment d’erreur » …

Un besoin d’information renforcé
Tout irait bien dans le meilleur des mondes, alors, grâce au prélèvement à la source ?   Les syndicats de la Direction générale des finances publiques, eux, ne sont pas de cet avis. Car la révolution de l’impôt est aussi synonyme de suppressions de postes. Lundi dernier, les fonctionnaires du fisc étaient en grève, partout en France, pour exprimer leur « ras-le-bol ».

« Le PAS a peut-être simplifié la vie des Français, mais pas des agents, insiste Anne Guyot-Welke, la secrétaire générale de Solidaires Finances publiques. Par exemple, les durées d’explication sont beaucoup plus longues avec les contribuables que nous recevons ou que nous avons au téléphone. Le PAS ne doit pas donc s’accompagner d’une diminution des effectifs ».

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Prélèvement à la source : ce qui va changer dès 2020

preleveùent a ma sourceEn 2020, les Français pourront refuser l’avance de réduction d’impôt touchée en début d’année et 12 millions d’entre eux pourront se passer de faire une déclaration. Bercy note également que la mise en place du prélèvement à la source a amélioré le recouvrement de l’impôt.

Le gouvernement est satisfait du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Mis en place en place en début d’année, ce nouveau mode de prélèvement a été approprié par les Français puisque 2 millions d’entre eux ont modulé le taux que cela leur était permis. Le gouvernement se félicite par ailleurs de l’efficacité du dispositif avec un taux de recouvrement supérieur aux attentes. Il a ainsi atteint 98,5%, soit 1,5 point de plus que ce que Bercy avait anticipé, soit aux alentours d’un milliard d’euros de plus dans les caisses de L’État.

Un dispositif qui a n’a pas pour autant été exempt de critiques. Comme sur le remboursement des crédit d’impôt par exemple. Cette année les personnes qui avaient droit à des réductions et crédits d’impôts récurrents (dons, cotisations syndicales, service à la personne, frais de garde des jeunes enfants…) ont reçu 60% de la somme en janvier. Le problème c’est que les personnes qui ne bénéficiaient plus du crédit cette année devaient rembourser la somme huit mois plus tard. Ce système va changer pour les impôts de 2020. À compter de novembre 2019, il sera donné la possibilité aux usagers de renoncer à cette avance ou d’en diminuer le montant.

Autre évolution pour 2020 : la déclaration de revenu deviendra tacite pour les foyers fiscaux qui n’ont rien modifié à leur dernière déclaration pré-remplie. Cela devrait concerner 12 millions de foyers en France l’année prochaine.

Enfin sur les baisses d’impôt prévues pour 2020, les nouveaux entreront directement en application en janvier 2020 lors du premier prélèvement annuel. L’administration fiscale recalculera les taux de prélèvement de l’ensemble des foyers fiscaux et les transmettra aux collecteurs d’ici fin 2019 en vue d’une prise en compte par ces derniers dès janvier 2020. Mais Bercy précise que selon la célérité des collecteurs qui recevront les nouveaux taux de l’administration fiscale, certains pourront en bénéficier dès décembre 2019, d’autres peut-être plus tardivement en février 2020.

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Quels sont les métiers qui paient bien et qu’on peut exercer de chez soi ?

télétravailNe plus perdre du temps dans les trajets, gérer sa journée comme on veut, bénéficier d’une ambiance calme pour tous ces avantages, le télétravail séduit de plus en plus les Français.

Mais encore faut-il exercer un métier qui le permette. Glassdoor a listé les métiers concernés qui assurent par ailleurs des revenus d’au moins 3500 euros.

Près de trois salariés sur dix pratiquent le télétravail, selon une étude de Malakoff-Médéric Humanis parue en début d’année. Cette pratique a connu un bond ces derniers mois, notamment grâce à un assouplissement de la législation. Mais aussi parce que les Français y trouvent leur avantage : travailler de chez soi permet une plus grande flexibilité dans l’organisation de sa journée, et évite de perdre du temps dans les trajets.

Mais tout le monde ne peut pas prétendre au télétravail, certaines activités nécessitant d’utiliser du matériel spécifique ou d’être en contact avec une équipe, une clientèle … Pour ceux qui cherchent à s’orienter, Glassdoor a épluché les annonces publiées sur son site pour sélectionner les professions qui se pratiquent le plus en télétravail. Elles sont de plus en plus nombreuses avec le développement des nouvelles technologies. Mais Glassdor y a ajouté un autre critère : celui de la rémunération. Seules les professions assurant un salaire moyen confortable ont été retenues.

Voici la liste des métiers où le salaire moyen dépasse les 3500 euros

Directeur Artistique : c’est la personne en charge de la création de l’identité visuelle d’un projet. Il peut s’agir d’une marque, d’une campagne de publicité, d’un projet multimédia ou encore d’une production cinématographique ou audiovisuelle. Cette expertise recherchée se monnaye en moyenne 4300 euros par mois.

Actuaire : ce métier, au nom pas très évocateur, est de la plus haute importance. Il s’agit des expert-e-s en gestion des risques. Il utilise les probabilités et les statistiques pour identifier, modéliser et gérer les conséquences financières d’activités. Les actuaires peuvent évidemment travailler dans les compagnies assurance mais aussi dans le conseil ou la finance. Et ils gagnent en général 4200 euros par mois.

Consultant RH : ces experts sont appelés à conseiller et accompagner les entreprises sur le plan des relations sociales mais aussi à mettre en place des outils de management, à s’occuper des recrutements, de la formation. Pour toutes ces missions, le salaire moyen du consultant atteint 4100 euros par mois

Responsable Marketing Digital : c’est le chef d’orchestre de la stratégie digitale d’une entreprise ou d’une marque. Il doit donc savoir jongler sur tous les canaux digitaux, tels que le référencement naturel et payant, l’affiliation… Le salaire moyen proposé à ces professionnels est de 3900 euros par mois.

Designer : dans ce métier il faut savoir marier l’esthétique au fonctionnel tout en prenant en compte les coûts générés par ce que l’on crée. Les applications sont nombreuses, car il peut s’agir de design de produits, d’espace ou encore de graphisme. Les annonces mettent en avant un salaire moyen de 3900 euros.

Social Media Manager : c’est le spécialiste de la gestion de l’image de marque d’une entreprise sur les supports numériques et des stratégies à mettre en œuvre pour développer son e-réputation. Une expertise relativement rare qui permet d’obtenir en moyenne 3500 euros par mois.

La liste a été établie en fonction des annonces ayant reçu des informations de salaires correspondant à un salaire de base moyen supérieur à 38 000 € brut / an (soit 3 200 € brut / mois) sur Glassdoor avant le 3 juillet 2019. Seul les métiers ayant reçu au moins 20 informations de salaires ont été retenus.

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La nouvelle génération attend plus des sociétés

jobs luxembourgLe rapport de force des générations Y et Z (nées après 1980) avec les entreprises est en train de changer. Elles sont priées de sauver la planète.

Le groupe Deloitte vient de publier cette semaine la 8e édition de son «Millenial Survey» (à traduire par enquête sur les générations millenial). Elle concerne les attentes des dernières générations Y et Z nées après 1980 par rapport au monde de l’entreprise et au marché du travail.

41% des étudiants interrogés se disent attirés par le secteur des nouvelles technologies. Un domaine qui séduit aussi bien les ingénieurs que les profils universitaires classiques. Le luxe (32%), les activités de conseil (26%), l’énergie (25%) et l’industrie (23%) sont les autres secteurs d’activités les plus plébiscités.

Petits boulots, oui mais bien payés
Les entreprises sont jugées sur leur capacité à générer un impact sociétal positif à travers la nature des produits et des services qu’elles conçoivent. Cette recherche de sens passe également par les emplois alternatifs. 80% des générations Z envisagent de rejoindre la «gig economy», l’économie des petits boulots en français.

Petits boulots, certes, mais encore faut-il être bien payé. 82% des jeunes Y et Z sondés l’érigent comme une condition sine qua non devant «travailler sur des sujets intéressants».

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Les frontaliers, une manne pour le Luxembourg

Les frontaliers, une manne pour le LuxembourgL’État luxembourgeois a encaissé un bénéfice net de 211 millions d’euros grâce aux frontaliers, qui cotisent plus qu’ils ne «coûtent».

11,5 milliards d’euros, c’est la somme versée en salaires par le Luxembourg aux frontaliers français, allemands et belges en 2018. En Europe, seuls la Suisse (avec 24 milliards d’euros) et l’Allemagne (15 milliards d’euros) ont connu des dépenses en salaires versés aux frontaliers supérieurs en chiffre absolu, comme le rapporte le Statec, dans un récent rapport.

L’année dernière, les frontaliers ont également rapporté plus d’argent à l’État luxembourgeois qu’ils ne lui en ont coûté. En 2018, le montant des cotisations sociales versées s’élevait à 2,172 milliards d’euros, alors que les frontaliers n’ont «coûté» que 1,961 milliard d’euros, soit un bénéfice de 211 millions pour l’État. D’après le rapport du Statec, ce solde a toujours été en faveur du Grand-Duché au cours des quinze dernières années.

Peu de résidents travaillent dans les pays voisins
Le nombre de travailleurs frontaliers au Luxembourg a progressé de manière significative, ces dernières années. On est passé de 118 000 travailleurs frontaliers en 2005 à 192 000 en 2018, ce qui représente une augmentation annuelle moyenne de 3,7%. Plus de la moitié des frontaliers sont Français (52%), suivis par les Allemands (24%) et les Belges (24%). Le salaire annuel moyen des frontaliers allemands en 2018 s’élevait à 57 000 euros. Fin mai, on recensait près de 206 000 frontaliers actifs au Grand-Duché, selon des chiffres en possession de L’essentiel.

Avec un chiffre qui ne dépasse pas les 12 800, le nombre de résidents travaillant en dehors du Luxembourg est bien inférieur. Parmi eux, seuls 1 500 franchissent effectivement la frontière pour aller travailler en France, en Belgique ou en Allemagne, contre 88% qui travaillent du Luxembourg pour le compte d’organisations européennes ou internationales, d’après le rapport.

Selon le Statec, plus de 14 600 personnes travaillaient pour des organisations internationales au Luxembourg, en 2018. 11 300 d’entre elles étaient résidentes au Grand-Duché, alors que les autres avaient élu domicile dans un pays voisin. Parmi les institutions européennes présentes au Luxembourg, on compte notamment la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement.

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Les clubs français de football cherchent des solutions pour rivaliser au niveau européen

footballPour améliorer la compétitivité française, le syndicat de clubs Première Ligue cherche à réduire l’écart au niveau des charges sociales et de la fiscalité avec les autres championnats européens.

L’Italie a fait passer le 28 juin un décret étendant aux footballeurs les avantages fiscaux jusque-là réservés aux « cerveaux » pour éviter leur fuite et favoriser leur retour. En clair, un joueur étranger arrivant dans le championnat italien pour au moins deux ans peut soustraire 50% de son impôt sur le revenu.

Un avantage énorme dont peuvent aussi bénéficier les Italiens partis depuis plus de deux ans et qui souhaitent revenir. Cet avantage colossal vise à permettre à l’Italie de se repositionner comme une place forte sur le marché des transferts. Et surtout à redevenir compétitif par rapport aux championnats allemand, espagnol ou anglais, particulièrement attractifs sur le plan fiscal.

Angers paye treize fois plus de charges que le Real
La France du football, elle, regarde ça avec envie  Le championnat hexagonal est le plus chargé des cinq grands championnats, et très largement. Quelques exemples effarants, selon le syndicat des clubs Première Ligue : à lui seul, le PSG paye plus de charges sociales que la Bundesliga, la Série A et la Liga réunis, le SCO d’Angers paye treize fois plus de charges que le Real Madrid,  à taille et à budget équivalent, un club du top 10 français paye 10 millions d’euros de charges en plus par an qu’un club de Bundesliga … Dans ces conditions, comment rester concurrentiel en terme d’attractivité mais aussi sur le plan sportif  ?

Les ratios parlent d’eux-mêmes. L’équipe de France a participé à 45% des finales des compétitions internationales depuis 98. Sur la même période, les clubs français ont participé à moins de 10% des finales européennes (C1 et C3). La preuve que malgré un football qui se porte bien, les clubs français, eux, ne peuvent concurrencer leurs homologues européens.

Bernard Caiazzo :  « On ne peut pas parler d’alléger la fiscalité du football »
Dans un contexte social lourd, marqué par la mobilisation des Gilets Jaunes, le syndicat Première Ligue sait qu’il est impossible d’alléger la fiscalité dans le football, comme l’explique son président Bernard Caiazzo : « Le football et le footballeur ont une image liée à de grosse sommes d’argent, c’est pourtant souvent faux. Un joueur de Ligue 2 gagne en moyenne 15 à 20.000 euros, c’est une somme, mais faut-il rappeler qu’il ne gagnera cette somme que pendant 10 ou 15 ans au mieux. Aujourd’hui, il y a des gens en souffrance dans la rue et l’image du footballeur est celle de Neymar …  On ne peut pas parler d’alléger la fiscalité du football ».

Certains pays comme l’Espagne ou l’Allemagne ont un système de charges qui fait que si un joueur gagne 5.000 ou 800.000 euros, le plafond est atteint et les charges patronales n’augmentent pas en conséquence. De quoi permettre aux clubs de ces pays des promesses salariales sur lesquelles ne peuvent s’aligner les équipes hexagonales. Un tel plafond reste un vœu pieux pour le foot français, qui se heurte au droit commun français établi sur un autre modèle.

Alors pour tenter de rester concurrentiel, Première Ligue multiplie les rendez-vous en région avec les députés et avec les conseillers de l’Élysée qui leur prêtent une oreille attentive. L’un des objectifs affichés du président Emmanuel Macron est d’améliorer la compétitivité de la France et le football est un secteur concurrentiel comme un autre.

Un plan d’épargne pour les sportifs pros ?
Le dernier cheval de bataille en date pour le syndicat Première Ligue, qui regroupe 18 clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 (et le SC Bastia) : un plan d’épargne pour les sportifs professionnels. L’idée est simple : pousser les sportifs à percevoir et être imposé sur 50 % de leurs revenus, et épargner le reste, somme sur laquelle ils ne seront imposés qu’au déblocage de leur épargne.

En clair, c’est une façon comme une autre de lisser les émoluments d’un joueur qui aurait une carrière de 15 ans sur 30 ans. Cela permettrait aussi un taux d’imposition moindre sur l’ensemble de ces 30 années. Bernard Caïazzo y croit : « Cette option concerne nos footballeurs qui ne se mettent pas à l’abri pour la vie en 15 ans de carrière. Du coup, elle est particulièrement intéressante pour les basketteurs, les handballeurs, les champions olympiques en France qui, à ce jour, se retrouvent parfois dans un certain dénuement 10, 15, 20 ans après la fin de leur carrière. »

Ce dispositif permettrait aux clubs français de présenter eux aussi aux joueurs des avantages fiscaux à la signature en France. Et donc de contrecarrer partiellement les énormes avantages qu’ils ont à ce jour en signant en Espagne, en Angleterre ou en Allemagne.

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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).