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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).

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La déclaration d’impôts en ligne est désormais obligatoire : voici comment vous y prendre

déclaration de revenusCe printemps, tous les Français devront déclarer leurs revenus en ligne. Une nouveauté pour des millions de foyers fiscaux.

A partir de ce mercredi 10 avril, près de 40 millions de contribuables vont pouvoir effectuer leur déclaration d’impôts. Pour la première fois, tous devront la faire en ligne.

D’après le ministère de l’Économie et des Finances, 60% des foyers fiscaux sont passés par Internet pour effectuer leur déclaration d’impôts en 2018. Cette année, ce sont donc les 40% restants, soit 15 millions de personnes, qui devront s’y mettre. Voici comment utiliser le site Web officiel des finances publiques pour déclarer vos revenus.

Vous êtes à l’aise avec Internet
Sur le site Impots.gouv.fr, il faut tout d’abord créer un profil, au sein de l’espace “Particulier”. Il abritera par la suite les déclarations effectuées, mais également les avis d’impôts et l’ensemble des documents fiscaux. Pour s’y connecter pour la première fois, trois informations sont indispensables: votre numéro fiscal, votre numéro d’accès en ligne et votre revenu fiscal de référence. Heureusement, ces informations sont a priori rangées dans vos placards.

impot en ligne

Votre numéro fiscal (composé de 13 chiffres) est inscrit sur votre dernier avis d’impôts, au même titre que votre revenu fiscal de référence (logé quant à lui dans la case “Vos références”). Pour trouver votre numéro d’accès en ligne (composé de 7 chiffres), il faut consulter votre dernière déclaration de revenus. Il figure en haut de la première page. Une fois ces données renseignées, il suffira de d’indiquer votre adresse mail et de créer un mot de passe pour accéder à votre espace “Particulier”, où se fait la déclaration en ligne.

De nouvelles simplifications
Notons qu’une fois créé, ce compte permettra également de vous connecter à la plateforme FranceConnect. Il s’agit d’un portail officiel, qui est utilisé pour se connecter au site des impôts, mais qui pourra également être utilisé pour accéder à d’autres services publics en ligne, comme Ameli, le site de l’Assurance Maladie.

Par ailleurs, le gouvernement élargit cette année la “déclaration ultra-simplifiée”, qui ne présente que les zones du formulaire utilisées les années précédentes. Si votre situation fiscale est parfaitement identique à celle de 2018, vous pourrez cette année valider votre déclaration en une seule étape, par le biais de l’application Impot.gouv (disponible sur iOS et Android).

Vous n’êtes pas à l’aise avec Internet
Si vous ne désirez pas effectuer seul(e) votre première déclaration en ligne, il est possible de se faire conseiller dans un centre des finances publiques (voir ci-dessous). Mais d’autres prestataires proposent des solutions à domicile. Ainsi, La Poste commercialise désormais un service à domicile d’aide à la télédéclaration, facturé 29 euros. A ce prix, un agent de La Poste se rendra chez vous, pour vous aider à créer votre compte et effectuer votre déclaration.

Vous n’avez pas de connexion Internet
Bien que la déclaration en ligne soit obligatoire, des dérogations sont envisagées, notamment en cas d’absence de connexion Internet. Il est cependant possible d’effectuer une déclaration en ligne, à condition de se rendre dans un centre des finances publiques en charge des impôts des particuliers, où des postes informatiques sont mis à disposition du public.

Dans le cadre de son programme d’aide à la télédéclaration à domicile (voir plus haut), La Poste précise que son service est également proposé aux clients ne disposant pas de matériel connecté à Internet.

Vous avez fait une erreur
Depuis l’espace “Particulier” du site Impots.gouv.fr, il est possible de modifier sa déclaration, même si celle-ci a déjà été validée. Et ce jusqu’à la date limite de déclaration (différente selon les départements), par le biais de la fonction “corriger ma déclaration en ligne de 2019”.

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Salaire minimum : le grand écart européen

salaireNathalie Loiseau souhaite que les pays européens les plus pauvres augmentent leur salaire minimum. En 2017, le « smic » était six fois plus élevé au Luxembourg qu’en Roumanie selon l’OCDE.

La tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau, souhaite que le salaire minimum augmente dans l’Union Européenne, notamment dans les pays les plus pauvres.

Pour atteindre cet objectif, il faudrait déjà que le principe du salaire minimum soit appliqué dans les 28 États membres. Or ce n’est pas le cas actuellement pour six d’entre eux : Italie, Autriche, Danemark, Finlande, Suède et Chypre. Nous avons donc analysé l’écart entre les pays européens qui en possèdent un.

Selon l’OCDE, dans deux États sur trois, le salaire minimum était inférieur à 850 euros en 2017. Sur la carte ci-dessous, on remarque immédiatement un véritable clivage entre l’Europe du nord-ouest et le reste du continent.

salaire minimun ue

L’objectif de Nathalie Loiseau n’est cependant pas d’instaurer un Smic commun à tous les pays de l’UE. La tête de liste LREM pour les élections souhaite plutôt que le salaire minimum atteigne au moins la moitié du salaire médian dans tous les États membres. Et sur ce plan, les Français sont champions d’Europe.

Le salaire médian français très inférieur au belge
D’après l’OCDE, le salaire minimum équivalait à 62% du revenu médian national en 2017. Un score bien supérieur à celui affiché par nos voisins allemands (48%) ou belges (47%) mais qui n’est en fait pas très flatteur pour la France car il illustre avant tout la part importante des salariés français qui touchent de bas salaires.

En Belgique, plus de la moitié des salariés gagnent plus de 3276 euros par mois. En France, le salaire médian est seulement de 2396 euros,  un chiffre bien inférieur à nos voisins, mais trois fois plus important que celui des Hongrois (784 €).

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Dans ses données les plus récentes (2017), l’OCDE disposait d’informations sur uniquement 19 des 22 pays de l’UE ayant mis en place un salaire minimum.

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2.000 euros par mois à vie pour ne rien faire

financeAucune qualification particulière n’est requise pour le poste, qui sera basé en Suède.

Un salaire confortable pour un « emploi éternel ». C’est l’offre alléchante proposée par deux artistes suédois, Simon Goldin et Jakob Senneby. Les deux compères proposent un emploi sans réelle mission dans le cadre de l’ouverture de la gare de Korsvägen, à Goteborg (Suède), en 2026, comme l’explique le Washington Post. Contre un salaire de 2.060 euros par mois, le travailleur n’aura qu’une mission à accomplir : se présenter tous les matins et tous les soirs à la gare pour appuyer sur un bouton situé sous une horloge. Des lampes fluorescentes, en plus de l’éclairage traditionnel de la gare, seront allumées et signaleront sa présence aux voyageurs. En partant, l’homme ou la femme choisie devra éteindre les lumières.

Mise à part cette obligation, l’heureux élu pourra vaquer à ses occupations, même en dehors de la gare. « Le poste ne comporte aucune fonction ou responsabilité, tout ce que l’employé choisit de faire constitue son travail », explique-t-on dans la fiche de poste. Autre condition requise : l’employé ne doit pas exercer une autre activité professionnelle rémunérée. Comme dans un emploi « normal », la personne sélectionnée bénéficiera de congés, d’une retraite et d’une augmentation annuelle de salaire. Elle pourra aussi démissionner.

Les deux artistes peuvent se permettre de financer ce salaire éternel grâce au gain d’un concours visant à façonner « les espaces architecturaux », qui leur a rapporté 7 millions de couronnes suédoises, soit 660.000 euros, comme le rappelle le quotidien régional Ouest France. Avec cette offre, Simon Goldin et Jakob Senneby veulent questionner « les notions de croissance, de productivité et de progrès qui sont au cœur de la modernité ». Les candidatures seront ouvertes en 2025, un an avant l’inauguration de la gare. Aucune qualification n’est requise.

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Mark Zuckerberg a gagné 6,2 milliards de dollars en une journée

mark zuckerbergAvec 65,6 milliards de dollars, le patron de Facebook est devenu la 5ème fortune mondiale cette semaine grâce à un bond de 11% de l’action de Facebook qui continue d’enregistrer des résultats exceptionnels malgré les polémiques.

La crise chez Facebook, quelle crise ?   Le réseau social a beau être dans la tourmente des multiples affaires au sujet des données personnelles, Mark Zuckerberg lui peut garder le sourire.

Le patron et fondateur du site qui va fêter ses 15 ans dans quelques jours vient de devenir la cinquième fortune du monde. Avec désormais un patrimoine estimé à 65,6 milliards de dollars, il vient de dépasser au classement mondial des plus grandes fortunes de Bloomberg, l’Espagnol Amancio Ortega et le Mexicain Carlos Slim.

Sur la seule journée de ce jeudi 31 janvier, le patron de Facebook a engrangé pas moins de 6,18 milliards de dollars. Les actions du groupe de Menlo Park en Californie ont en effet fait un bond de 11% en une seule journée, une performance qu’il n’avait plus réalisé depuis trois ans. La capitalisation boursière de la société atteint maintenant 479 milliards de dollars.

C’est que malgré les crises et les nombreuses critiques, Facebook continue d’enregistrer des résultats exceptionnels. Le bénéfice net du quatrième trimestre a fait un bond de 61% à 6,88 milliards de dollars. Le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 30% à 16,9 milliards de dollars. Sur toute l’année 2018, le bénéfice net augmente de 39% à 22,1 milliards de dollars et le chiffre d’affaires (55,83 milliards, +37%) est aussi meilleur qu’anticipé. Et à 2,32 milliards, le nombre d’usagers mensuels actifs est d’ailleurs légèrement supérieur aux prévisions. Le nombre d’abonnés actifs quotidiens est, quant à lui pile conforme aux attentes, à 1,52 milliard.

Alors que les investisseurs s’inquiètent d’une crise de croissance de Facebook et de l’impact des crises à répétition, ces rythmes de croissance sont plus élevés qu’au trimestre précédent, signe que les annonceurs et les usagers n’ont pas massivement quitté le réseau.

Un écosystème à 2,7 milliards d’utilisateurs par jour
Des résultats exceptionnels qui ont de quoi surprendre. Facebook tente désespérément de surmonter l’impact de scandales à répétition, de la diffusion de données à l’insu des usagers, à la sous-estimation des manipulations politiques sur la plateforme par la Russie lors de la présidentielle américaine 2016, en passant par les attaques en règle contre ses critiques. Mercredi encore, il s’est vu accusé par Apple d’avoir violé les termes d’usage de ses applications, avec un programme de collecte de données personnelles sur smartphone en échange d’une petite rémunération mensuelle.

Le site spécialisé TechCrunch a révélé cette semaine que Facebook avait enrôlé y compris des ados de 13 ans pour mieux connaître leurs habitudes. Le groupe a affirmé avoir agi en toute transparence avec les volontaires. Mais Apple a vivement réagi en bloquant sur iPhone des applications internes à Facebook utilisées par les employés.

La plateforme semblait aussi pâtir d’un effet de saturation dans les pays occidentaux. Plus grave, les jeunes paraissent de plus en plus bouder la plateforme. Seul 51% des 13-17 ans affirment utiliser Facebook, contre 85% pour YouTube, 72% pour Instagram et 69% pour Snapchat. Mais Facebook détient dans son portefeuille deux pépites qui continuent à tirer le groupe: Instagram et WhatsApp.

Le premier continue de faire un carton avec 500 millions de stories (les petites vidéos postées par les utilisateurs) vues par jour (contre 400 millions en juin dernier). Et WhatsApp a doublé son nombre d’utilisateurs depuis son rachat par Facebook et le groupe compte accélérer la monétisation de la messagerie en déployant le service de paiement. Avec 2,7 milliards de personnes qui utilisent quotidiennement les services de Facebook (le réseau social, Instagram, WhatsApp et Messenger), Mark Zuckerberg peut être serein pour l’avenir de son cours de Bourse.

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Après le travail au noir, le phénomène du travail «au gris» de plus en plus répandu

oui care etudeD’après une étude de la société Oui Care, le travail en partie dissimulé, notamment dans le secteur des services à la personne, est en forte expansion en France.

Vous avez l’habitude de déclarer votre baby-sitter mais samedi dernier, il est resté deux heures de plus que d’ordinaire. Vous n’avez pas pris la peine de déclarer ce travail supplémentaire, d’ailleurs, vous l’avez payé en liquide. Cette pratique de plus en plus répandue, que ce soit du côté des particuliers employeurs comme des salariés, porte un nom : le travail au gris. Une activité professionnelle ni entièrement illégale comme le travail au noir, ni totalement déclarée, pour être dans les clous.

Ainsi 31 % des personnes qui font appel à une nounou à la sortie de l’école ne déclarent qu’une partie des heures réalisées, contre 18 % en 2013 et 3 % en 2008, d’après une étude de la société Oui Care. « En 2018, on constate que le travail au noir a plutôt tendance à baisser alors que le travail au gris augmente sur toutes les activités », souligne l’étude. Cette tendance est marquée dans les services à la personne, en particulier l’accompagnement des seniors à domicile : 41 % des employeurs ne déclarent pas toutes les heures (18 % n’en déclarent aucune).

Les Urssaf ne font pas la différence
Pour les caisses publiques, le manque à gagner, difficile à calculer, est estimé entre 3 et 6 milliards d’euros en 2016. Pourtant, les Urssaf (qui collectent les cotisations sociales) ne font pas la différence entre travail au gris et travail au noir. Parmi les 1500 inspecteurs répartis sur l’ensemble du territoire, 15 à 20 % sont spécialisés dans la lutte contre le travail illégal. « Les contrôles sont aléatoires, dans toute la France et ils touchent tous les secteurs : le gardiennage, le déménagement, les tâches ménagères … », explique Emmanuel Dellacherie, directeur réglementation et contrôle de l’Acoss, l’agence qui pilote le recouvrement des cotisations.

« Travailler au gris entraîne une prise de risque tant du côté de l’employeur que du salarié et ne permet pas au travailleur de cotiser et d’acquérir des droits sociaux comme la retraite ou la sécurité sociale », détaille Guillaume Richard, le PDG de Oui Care. D’ailleurs, « il est devenu moins intéressant de travailler au noir. Les employeurs peuvent aujourd’hui bénéficier d’exonérations fiscales intéressantes, mais ils ne le savent pas » explique le dirigeant.

D’autant que ces réductions ou crédits d’impôt peuvent s’accompagner de différentes aides. Finalement, le coût d’un service peut être inférieur quand il est déclaré par rapport au noir. Résultat, faute d’être informés, les particuliers employeurs prennent plus de risque et paient souvent plus cher.

Le rôle clé des plates-formes
« L’essor des plates-formes qui fonctionnent avec des autoentrepreneurs entraîne une modification du monde du travail et favorise la multiplication des fraudes », prétend Guillaume Richard. Grâce aux sites comme AlloVoisins, Hellocasa, NeedHelp ou encore Frizbiz, il est facile de savoir que son voisin peut bricoler une étagère et le payer au noir de la main à la main la fois prochaine.

Pourtant, les plates-formes pourraient être de bonnes alliées des percepteurs de cotisations. C’est en tout cas ce qu’assure Benjamin Suchar, le fondateur de Yoopies, un site pour trouver ou proposer un baby-sitting. « Sur notre plate-forme, tout est automatisé : nous déclarons pour vous les cotisations dues et nous pré-remplissons les demandes d’aides et de crédits d’impôts auxquelles les particuliers employeurs peuvent prétendre », explique-t-il.

Une démarche qui tend à être de plus en plus poussée. À la demande des plates-formes, un système informatique leur permettra l’année prochaine d’automatiser totalement les démarches administratives des particuliers-employeurs avec les différents services de l’État. « En clair, nous ferons directement et automatiquement les demandes de crédit d’impôts et d’aides. La déclaration sera non seulement plus rentable, mais plus sécurisante et automatique. » une petite révolution.

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L’épineux sujet du pactole de départ de Carlos Ghosn

carlos ghosnLe patron de Renault a donné jeudi sa démission. Ses indemnités de départ pourraient aller de 1 million à 30 millions d’euros. Un sujet explosif que l’État, actionnaire du groupe, surveille de près.

Attention, dossier explosif : Alors que Carlos Ghosn a annoncé sa démission à la tête de Renault ce jeudi, se pose désormais la question épineuse de ses indemnités de départ qui peuvent atteindre, selon les scénarios, plusieurs dizaines de millions d’euros.

Preuve de la sensibilité du dossier, moins d’une heure après l’officialisation à la tête du constructeur automobile du duo Jean-Dominique Senard comme président, et de Thierry Bolloré comme directeur général, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a prévenu : « Je peux vous dire que nous serons extrêmement vigilants, comme actionnaires de référence (NDLR : 15 % du capital), sur les conditions de départ qui seront fixées par le conseil d’administration ». Il faut dire qu’en plein mouvement des Gilets des jaunes, dont les principales doléances tournent autour du pouvoir d’achat et de la déconnexion des élites, le risque est grand, pour l’exécutif, de voir le dossier Ghosn prendre une tournure politique.

Interrogé, Bercy, qui dispose de 22 % des droits de vote en assemblée générale des actionnaires, prévient « on va mettre la pression ». Ainsi, pas question que celui qui était surnommé le « cost killer » (NDLR : tueur de coûts) de l’automobile perçoive le « versement d’une clause de non-concurrence » s’il prend sa retraite, prévient le ministère de l’Économie. « Celle-ci est d’environ 5 M €, précise Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest, un cabinet de conseil aux actionnaires.

Une retraite de 765 000 € par an
Mais plus globalement, ses indemnités de départ peuvent varier entre un million d’euros et environ 30 M€. Tout dépend des conditions juridiques, des éventuelles négociations qu’il a pu mener et de ce que décidera le conseil d’administration de Renault ». Dans la fourchette la plus basse, Carlos Ghosn ne toucherait que sa rémunération fixe de 2018 et du début 2019, soit un million d’euros complétée par sa retraite de 765 000 € par an.

Dans la fourchette la plus haute, il faut y ajouter, dans un premier temps, sa part variable, composée de 25 % de numéraire qu’il touche annuellement et de 75 % en actions qu’il perçoit de manière différée sur quatre ans. Soit 4 M€ au cours actuel. A cela, il faut également ajouter une rémunération à long terme par attributions d’actions de performance, soit 100 000 actions gratuites en 2015, 2016, 2017 et 80 000 en 2018. Un total de 380 000 actions, qui au cours actuel atteignent la somme de 21 M€.

« Il y aura une pression de la part des salariés et des syndicats pour qu’il obtienne le moins possible, avertit Franck Daoût, délégué central CFDT. S’il a vraiment commis des malversations, Carlos Ghosn ne devrait rien toucher ». Incarcéré au Japon depuis le 19 novembre, le PDG déchu, qui clame son innocence, est soupçonné d’abus de confiance.

La question de ses indemnités de départ sera tranchée par un comité des rémunérations avant le mois de juin, date de l’assemblée générale des actionnaires. Estimés à environ 15 M€ par an, les émoluments cumulés de Carlos Ghosn font régulièrement polémiques. « Il est souvent classé dans le top 3 des patrons du CAC 40 les mieux payés », rappelle Loïc Dessaint.