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Comment la cigarette est devenue indésirable à la plage

PST1.jpgDe plus en plus de municipalités prennent des arrêtés interdisant le tabac sur leurs plages. Le bannissement dépasse même les frontières des bords de mer. Car les enjeux sont considérables pour la santé humaine mais aussi l’environnement.

Le tabac tabou à la plage ?   Alors que la France compte près de 16 millions de fumeurs, selon Tabac-info-service, la cigarette est en passe de devenir persona non grata en bord de mer. Aujourd’hui, il existe quelque 60 plages qui bannissent la cigarette sur tout le littoral français, selon la Ligue nationale contre le cancer qui a créé le label « plage sans tabac ». On peut ainsi citer La Rochelle, Royan, Biarritz, Mimizan, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le Grau-du-Roi, Saint-Malo, Ouistreham ou encore Propriano et Ajaccio.

Un enjeu de santé publique
La toute première plage non-fumeur a vu le jour en 2011 à La Ciotat, suivant l’exemple de New York qui interdisait à la même époque le tabac dans les lieux de plein air notamment ses 1700 parcs, 22 kilomètres de plages et quartiers piétonniers comme Times Square. L’année suivante, c’était la plage du Centenaire à Nice, sur la Promenade des Anglais, qui faisait de même.

« Près de 80% des fumeurs veulent arrêter, ils ont conscience de leur dépendance et de la difficulté que cela représente, pointe Emmanuel Ricard, délégué à la prévention au sein de la Ligue nationale contre le cancer, pour BFMTV.com. Chez un ancien fumeur, la simple vision d’un autre fumeur peut donner envie d’allumer une cigarette. Ils doivent pouvoir trouver des espaces sans sollicitation. »

L’association rappelle que le tabac est la première cause évitable de mortalité en France et responsable de plus de 78.000 morts par an. Si l’ambition est ainsi de donner un coup de pouce aux futurs repentis du tabac, le but est aussi d’éliminer l’exposition au tabagisme passif et de réduire l’initiation. Car l’urgence, selon Emmanuel Ricard, est de protéger les enfants alors qu’un jeune de 15 à 19 ans sur trois fume.

« Au début, il y avait de fortes réticences aux plages sans tabac, mais elles sont tombées en axant l’argumentaire sur les enfants. On leur doit une exemplarité. Sans compter qu’un enfant dont l’entourage fume a une probabilité supplémentaire à lui-même fumer plus tard. Il y a une vraie contamination sociale. »

Un déchet dangereux
En plus des questions de santé publique, l’interdiction de la cigarette répond à des enjeux environnementaux. Début juin, trois plages de Marseille ont ainsi banni le tabac. L’arrêté municipal précise que l’objectif est de « protéger les non-fumeurs des dangers du tabagisme passif » mais aussi « préserver le littoral des déchets ».

Chaque année, 20 à 25.000 tonnes de mégots sont jetés dans la nature en France, indique le ministère de la Transition écologique. « Le filtre contient plusieurs milliers de substances chimiques (acide cyanhydrique, naphtalène, nicotine, ammoniac, cadmium, arsenic, mercure, plomb) dont certaines sont toxiques pour les écosystèmes, un mégot jeté par terre et emporté par les eaux aura toutes les chances de rejoindre les mers et les océans ». C’est le déchet plastique le plus retrouvé sur les plages juste après les bouteilles en plastiques.

Une problématique à laquelle Thierry Lerévérend, directeur de l’association Teragir, qui accompagne des projets de développement durable, est régulièrement confrontée.

« Jeter son mégot, c’est un geste culturellement installé, regrette-t-il pour BFMTV.com. On s’imagine qu’emporté dans le caniveau, il sera récupéré en station d’épuration. Mais c’est faux. Si certains égouts unitaires emportent les eaux pluviales avec les eaux usées vers les stations d’épuration, d’autres égouts séparatifs ne traitent pas les eaux de pluie et les rejettent directement vers les cours d’eau. »

« Jeter un mégot par terre, ce n’est ni un geste normal ni anodin »
L’association Surfrider, qui œuvre en faveur de la protection de l’océan, organise régulièrement des « initiatives océanes », des opérations de ramassage des déchets. Le mégot arrive systématiquement en tête. L’année dernière à Paris, aux abords du bassin de La Villette, 23.000 mégots ont été ramassés en seulement une heure et demie.

Pour Diane Beaumenay, chargée de mission européenne pour Surfrider, la première solution reste la sensibilisation. « On peut aussi mettre à disposition des cendriers de poche, ou encore interdire de fumer sur les plages, explique-t-elle pour BFMTV.com. Mais il faut avant tout expliquer que jeter un mégot de cigarette par terre, ce n’est ni un geste normal ni anodin. Sans sensibilisation, il est difficile de changer les comportements. »

Un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et être ingéré par les animaux marins. Pour qu’il se dégrade dans la nature, il faut compter plusieurs années, selon le milieu. « En réalité, un mégot se fragmente, se décompose et dissémine sa pollution impactant la faune, la flore et les eaux, ce qui provoque une pollution chimique, poursuit Diane Beaumenay. Ses microparticules de plastique ne disparaissent en réalité jamais. »

Thierry Lerévérend, de Teragir, en appelle quant à lui à la responsabilité de chacun. « Les Français ne sont pas de mauvaises personnes mais il y a une vraie prise de conscience à avoir », déclare-t-il. « On ne peut pas mettre un cendrier derrière chaque fumeur. La seule solution est que chacun rapporte son mégot. »

1570 « espaces sans tabac »
Il n’y a pas que les plages qui interdisent la cigarette. Début juin, 52 espaces verts parisiens ont ainsi banni le tabac, soit 10% des parcs et jardins de la capitale. L’année dernière, Strasbourg a été la première ville à interdire la cigarette dans tous ses parcs et jardins publics.

Au total, la Ligue nationale contre le cancer comptabilise 1570 « espaces sans tabac » dans 41 départements, des parcs aux parcours de santé en passant par les entrées d’établissements scolaires ou les espaces extérieurs d’hôpitaux. Le bannissement du tabac est bel et bien en hausse, assure Emmanuel Ricard, « avec un effet boule de neige ». Son objectif : « dénormaliser » le tabagisme dans les espaces publics et rompre le lien entre les loisirs et le tabac. La Ligue nationale contre le cancer vise la mise en place de 3000 de ces espaces d’ici la fin 2020.

Pour Gérard Audureau, président de l’association Les Droits des non-fumeurs, le bannissement de la cigarette répond à une tendance de fond. « Cela concerne tous les espaces extérieurs où l’on a vocation à cohabiter, que ce soit les terrasses de café, les abribus ou les gradins dans les stades, remarque-t-il pour BFMTV.com. Et puis l’intolérance à la fumée de cigarette est de plus en plus grande. Et l’on commence à se rendre compte que c’est agréable de pouvoir respirer tranquillement. »

Son association est actuellement en train de réactualiser le site et l’application « Ma terrasse sans tabac », lancés en 2017 par Marisol Touraine à l’époque ministre des Solidarités et de la santé. Ces plateformes listent bars et restaurants proposant un espace extérieur entièrement non-fumeur.

Changer le regard sur la cigarette
« Il suffit d’un seul fumeur pour que toute une terrasse fermée, notamment l’hiver, devienne irrespirable. De plus en plus de restaurateurs prennent ainsi conscience du problème, assure Gérard Audureau. En proposant des terrasses non-fumeurs, ils ne vont pas perdre de clientèle, c’est une idée préconçue. Ils vont même en gagner. La convivialité ne naît pas du tabac. »

Il accuse les industriels du tabac d’avoir instillé des décennies durant l’idée selon laquelle la norme, c’est de fumer. « Il faudra des générations pour démonter cette construction ». Emmanuel Ricard, de la Ligue contre le cancer, partage la même analyse.

« L’image du tabac est associée au plaisir, dénonce-t-il. Pourtant, les toutes premières cigarettes sont rarement agréables, il faut même se forcer. Fumer serait synonyme de liberté, de moment de détente, de pause. Mais ce ne sont que des arcs-réflexes qui ont été historiquement imposés. Nous ne voulons pas stigmatiser le fumeur, mais changer le regard. »

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Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.

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La justice française interdit le Roundup Pro 360 de Monsanto

roundup pro 360 de monsantoLe tribunal administratif de Lyon a annulé ce mardi l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un désherbant contenant du glyphosate commercialisé par Monsanto.

Le Roundup Pro 360 doit « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé ». Autrement dit, il peut causer le cancer. Pour arriver à cette conclusion, les juges du tribunal administratif de Lyon se sont appuyés sur les études du Centre international de recherche sur le cancer.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait pourtant autorisé ce produit en mars 2017. Mais les juges estiment qu’elle avait commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution.

C’est le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) qui avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant. Pour son avocate, Maître Corinne Lepage, la décision des juges est « absolument majeure », puisque « elle devrait concerner tous les Roundup ». Le tribunal considère en effet que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes.

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Les recettes de la Suède pour soigner mieux et pas plus cher

suéde soin medicauxUrgences saturées, pénurie de médecins : ces contraintes ont poussé l’Etat providence à innover pour mieux soigner, avec des moyens identiques.

Renvoyer les patients chez eux au plus vite. Maria Taranger, qui dirige les urgences gériatriques de l’immense hôpital de Sahlgrenska, à Göteborg, deuxième ville de Suède, en a fait son cheval de bataille. Cette blonde pétulante a lancé une vaste réorganisation visant à réduire la durée des hospitalisations, coûteuses et, surtout, dangereuses.

A l’hôpital, les patients âgés risquent des infections et perdent en mobilité et en autonomie. « Médicalement, je me sens plus rassurée lorsqu’un patient quitte l’hôpital », admet-elle. Maria Taranger préfère les bichonner à domicile grâce aux économies réalisées : « Un séjour de huit jours à l’hôpital permet de financer 106 visites par une infirmière, trente-huit jours dans une maison de repos et 56 visites chez un généraliste », relève-t-elle.

Son service des urgences a même créé, en 2016, des « équipes mobiles » formées d’un infirmier et d’un médecin, qui se rendent au domicile des patients jugés fragiles dans les jours suivant l’hospitalisation. Son coéquipier, Max, infirmier, embraie : « On se rend compte de l’état du patient dans sa vie réelle. Sur leur lit, tous les patients se ressemblent. Chez eux, certains se révèlent plus actifs qu’on imaginait ou, à l’inverse, plus fragiles ». Ces équipes mixtes ont aussi plus de temps qu’un généraliste à consacrer à ces malades délicats : « Nous voyons cinq patients par jour, un généraliste en voit 20. »

Comme en France, L’État providence suédois offre à sa population une couverture santé généreuse. Les deux pays font d’ailleurs partie des plus dépensiers, avec un bon accès aux soins. Mais, comme dans l’Hexagone, le système suédois est sous pression. « Nous avons une population qui vieillit, des urgences saturées, un taux d’occupation des lits de 105 %, des ressources financières limitées et une pénurie de médecins », résume Maria Taranger.

Ces contraintes ont un côté salutaire : elles ont poussé les Suédois à multiplier les innovations afin de mieux soigner avec des ressources financières identiques et face à des besoins qui explosent. En appliquant la méthode nordique du consensus : « Les huit partis politiques ont soutenu notre stratégie, votée au Parlement régional », explique Tobias Nilsson, directeur de la stratégie santé de la région de Göteborg.

Rentable télémédecine
Avec ses régions du Nord faiblement peuplées et ensevelies sous la neige pendant les longs mois d’hiver, la Suède s’est lancée notamment dans la télémédecine. A Göteborg, le dermatologue John Paoli a ainsi développé une application permettant aux généralistes d’obtenir, par une simple photo faite sur smartphone, le diagnostic du dermatologue hospitalier sur la dangerosité d’un vilain grain de beauté.

Son invention, qui a reçu le prix de l’innovation suédoise en 2013, a déjà été adoptée par 20 centres de santé régionaux. Testée sur deux groupes de quelque 800 patients, elle a permis une prise en charge bien plus rapide des cas de mélanomes (neuf jours au lieu de trente-cinq), évitant 20 % de visites inutiles à l’hôpital. Un gain de 10 millions d’euros pour la collectivité.

Contrat patient-hôpital
Autre recette dont pourrait s’inspirer la médecine française : le Person Centered Care, le soin centré sur la personne. « J’étais très sceptique quand les chercheurs de l’Université de Göteborg m’ont proposé d’adopter cette méthode », admet le docteur Jerzy Kaszyncki, le chef du département gastro-entérologie.

En 2011, il accepte le projet. « Le principe général est de voir dans un patient non pas un malade mais une personne, qui devient acteur de santé », dit-il. Après deux jours de remue-méninges, un groupe de six médecins et neuf infirmières a élaboré une nouvelle façon d’accueillir les malades. « Dans les 24 heures suivant son arrivée, chaque patient passe un entretien. Nous lui demandons pourquoi il se trouve là et quelles sont ses attentes. »

Un document, court et intelligible, formalise le « contrat » passé entre l’hôpital et le malade, et indique le jour de sa sortie. « Les patients sont invités à participer à la planification de leur traitement, quand les symptômes baissent un peu », précise le professeur Mats Gustafsson, du département psychiatrie.

L’amélioration, qualitative et financière, est évidente : taux de satisfaction en nette hausse et durée d’hospitalisation réduite de 25 % en six ans. Avec d’importantes économies à la clé. Un sujet dont les médecins suédois parlent sans complexe : « Ne pas être attentif aux coûts revient à priver la collectivité de ressources pour une autre branche de la médecine, souligne Maria Taranger. Pour nous, il est tout à fait éthique de parler d’argent. »

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Grippe : le stade épidémique atteint dans une première région de France

vaccin grippeLe virus de la grippe gagne du terrain. Depuis la semaine dernière, l’épidémie a débuté en Occitanie. Dix régions métropolitaines sont en phase pré-épidémique.

La saison de la grippe est lancée. Le virus est particulièrement présent en Occitanie, première région à être classée en épidémie cet hiver, comme le détaille Santé publique France dans un communiqué. Toutes les autres régions de métropole sont en phase pré-épidémique, exceptées la Corse et les Pays de la Loire.

La grippe, qui se manifeste par une forte fièvre, de la toux ou des difficultés à respirer, des courbatures et des frissons, a déjà entraîné plus de 2500 passages aux urgences en France. Parmi ceux-ci, 89 cas graves admis en réanimation, dont 3 décès.

infographie pré epidemie grippe

Le stade épidémique est, cet hiver, atteint plus tardivement que lors des deux dernières années. L’an passé, le pic du virus avait été atteint lors de la semaine de Noël, alors que la grippe commençait à peine à émerger cette année à la même période. Mais « rien d’exceptionnel », explique Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste à Santé publique France.

« Un début de circulation avec une première région en épidémie début janvier n’a rien d’exceptionnel quand on regarde les épidémies des 10 dernières années. Toutes les épidémies arrivent entre novembre et mars »

pic epidemie grippe

Un vaccin très demandé
Quant au contenu de ces microbes, « ce sont des virus de type A ((H1N1) et (H3N2)) qui circulent très majoritairement cette année. Il est encore tôt pour avoir des données sur l’efficacité du vaccin. Mais ce qui est certain, c’est que l’augmentation de la couverture vaccinale est une bonne nouvelle », poursuit la spécialiste.

Les autorités sanitaires estiment à plus de 540.000 le nombre de personnes à risque (plus de 65 ans, malades chroniques, femmes enceintes) vaccinées supplémentaires, rien qu’au 30 novembre, par rapport à l’an dernier.

Si le vaccin met 15 jours à être efficace, il n’est pourtant pas trop tard. Même si le quasi-épuisement des réserves complique la tâche des candidats à l’immunité.  « Il est encore temps de se faire vacciner pour les personnes à risque, à condition qu’elles trouvent des vaccins disponibles » explique Sibylle Bernard-Stoecklin.

Certes, les autorités sanitaires ont prévu 10% de doses supplémentaires par rapport à l’an dernier, soit plus de 11 millions de doses sur le marché. Mais début décembre, plus de 80% étaient déjà écoulées, soit 2 millions de vaccins de plus que sur tout l’hiver dernier.

Le carton de la vaccination en pharmacie
Parmi les explications, le carton de la vaccination en pharmacie dans les 4 régions expérimentatrices : Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France et Occitanie. Selon l’Ordre des pharmaciens contacté par BFMTV, à ce jour, plus de 690.000 personnes ont été vaccinées dans les 6700 pharmacies participantes.

« Au lieu de multiplier par deux, avec deux fois plus de régions expérimentatrices, on a largement multiplié par quatre », se réjouit Gilles Bonnefond, président de l’USPO (Union des syndicats de pharmaciens d’officine).

Autre facteur : pour la première fois cette année, les pharmaciens des régions tests et les infirmiers ont la possibilité de vacciner les Français à risque qui ne l’ont jamais été.