Publié dans Texte Santé

Les bons gestes pour éviter la gastro-entérite

gastro-entériteAlors que le virus gagne du terrain, notamment dans le Nord et dans l’Est, nous avons interrogé des spécialistes pour connaître les meilleures « mesures barrière » pour éviter diarrhées et vomissements.

Ce sont des règles toutes simples. Elles sont pourtant les plus efficaces pour combattre le virus de la gastro-entérite. Ces microbes tenaces peuvent rester vivants sur une surface inerte pendant 24 heures environ, parfois davantage.

Alors que maladie de saison commence à arriver doucement par le nord, l’est et le sud-est, pour la combattre, la priorité est donnée au lavage de mains, car nos doigts sont les premiers vecteurs de transmission des microbes. « Un lavage avec de l’eau et du savon, ou avec un solution hydroalcoolique, à renouveler aussi souvent que possible, surtout après être allé aux toilettes et avant la préparation d’un repas », nous conseille Marion Debin, épidémiologiste du réseau Sentinelles.

Il ne faut négliger aucune zone (paumes, ongles, dos de la main, jusqu’aux poignets) et frotter ses mains pendant trente secondes avant de les rincer et sécher avec un tissu propre. Ce conseil est « encore plus valable pour les parents qui changent leurs enfants en bas âge », rappelle la spécialiste.

« La plupart du temps, la gastro-entérite est virale, elle est plus rarement bactérienne. Dans les deux cas, c’est un germe qui se transmet par contact. Lorsque l’on va aux toilettes, les selles contiennent des microbes. Si l’on n’a pas une hygiène impeccable, on risque de les retrouver dans ses mains », nous explique le médecin Serge Smadja

Au moment du lavage de main, il ne faut négliger aucune zone (paumes, ongles, dos de la main, jusqu’aux poignets) et frotter ses mains pendant trente secondes avant de les rincer et sécher avec un tissu propre. « Le mieux est un savon liquide et une serviette jetable », estime le docteur Smadja.

Bien nettoyer son frigo
Dans les cuisines, et réfrigérateurs notamment, l’idéal est de bien nettoyer les surfaces où il pourrait y avoir un risque de transmission entre le virus et les aliments, comme les plans de travail. « Cette consigne est encore plus essentielle dans les hôpitaux », note Marion Debin.

Enfin, il faut penser à aérer régulièrement chaque pièce de son logement, dix minutes chaque jour a minima.Si, malgré toutes ces consignes, vous contractez ce virus, « l’important est de veiller à la réhydratation, surtout pour les nourrissons », rappelle le médecin.

Publicités
Publié dans Texte Santé

Comment le cerveau accroît ou diminue la perception de la douleur

cerveauLa perception de la douleur est essentielle pour la survie, mais l’intensité de la douleur ressentie peut être amplifiée ou diminuée : par exemple, des soldats blessés au combat se rappellent souvent ne rien avoir ressenti sur le moment.

Une nouvelle étude publiée mardi dans la revue scientifique américaine Cell Reports s’intéresse au circuit cérébral responsable de l’accroissement ou de la diminution des signaux de douleur. Elle compare ce mécanisme à la manière dont un thermostat contrôle la température dans la pièce d’une maison.

Yarimar Carasquillo, principal auteur de l’étude et chercheuse au National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), a déclaré à l’AFP que la région responsable de ce mécanisme était l’amygdale centrale, structure cérébrale essentielle dans le décodage des émotions.

Selon l’étude, elle semble jouer un double rôle
En effectuant des recherches sur des souris, Yarimar Carasquillo et ses collègues ont découvert que l’activité dans les neurones qui expriment la protéine kinase C-delta amplifient la douleur, alors que les neurones qui expriment la somatostatine inhibent la chaîne de transmission dans les nerfs utilisés pour communiquer la douleur.

L’amygdale centrale n’est pas complètement responsable de la gestion de la douleur. Son rôle est par exemple de réagir au stress ou à l’anxiété qui amplifient la douleur, ou bien la concentration sur une tâche qui détourne l’attention de la personne et réduit sa perception de la douleur.

Ressentir la douleur peut être un avertissement essentiel signalant à la personne qu’elle a besoin d’aide, par exemple pour les personnes qui ont une appendicite ou une crise cardiaque.

Les personnes qui naissent avec une insensibilité à la douleur ne réalisent souvent pas la gravité des blessures qu’elles subissent et sont par conséquent en plus grand danger d’en mourir. Cependant, toute douleur n’est pas utile. D’après un sondage datant de 2012, environ 11% des adultes américains ressentent de la douleur physique chaque jour.

Cela conduit souvent à la dépendance envers de puissants antalgiques comme les opiacés, ou bien à des tentatives d’automédication au moyen de médicaments contrefaits ou illégaux qui contiennent de plus en plus souvent du fentanyl, un opiacé de synthèse extrêmement puissant et dangereux.

En s’efforçant de mieux de comprendre les mécanismes cérébraux responsables de la modulation de la douleur, les chercheurs espèrent découvrir de meilleurs traitements, des traitements qui viseraient uniquement les formes de douleur qui sont « mauvaises » et inutiles.

« La réaction saine, c’est : vous ressentez une douleur, elle vous dit que quelque chose ne va pas, vous êtes soigné, et la douleur s’en va », a expliqué Yarimar Carasquillo. « Dans le cas de la douleur chronique, cela ne se produit pas, le système est bloqué. Si nous pouvons identifier ce qui bloque le système, nous pouvons inverser le phénomène », a-t-elle dit.

Publié dans Texte Sexualité

L’éjaculation précoce, un trouble très répandu mais toujours tabou

lc3a9jaculation-prc3a9coce.jpgPeu d’hommes osent en parler et pourtant ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit à en souffrir. L’éjaculation prématurée concerne 20 à 30% de la gent masculine.

C’est le trouble sexuel masculin le plus fréquent. L’éjaculation prématurée, également appelée éjaculation précoce ou rapide, touche en moyenne un homme sur trois à un homme sur cinq. 71% de la gent masculine assure en avoir déjà souffert, indique une enquête réalisée par l’Ifop pour Charles, une plateforme de consultations médicales réservée aux troubles sexuels masculins.

« Peu d’hommes peuvent se vanter de ne jamais avoir rencontré ce problème », affirme à BFMTV.com François Kraus, directeur du pôle genre, sexualités et santé sexuelle à l’Ifop.

« Ce n’est pas une anomalie »
Selon l’Association française d’urologie, on parle d’éjaculation prématurée lorsque celle-ci survient de manière quasi systématique avant la pénétration, au moment de la pénétration ou juste après celle-ci, « avec inaptitude à retarder/contrôler ce réflexe lors de toutes ou presque toutes les pénétrations et comportant des conséquences personnelles négatives telles que peine, mal-être, frustration et/ou évitement de l’intimité sexuelle ».

Pourtant, il ne s’agit pas d’une maladie. « C’est tout le paradoxe de l’éjaculation prématurée, analyse pour BFMTV.com Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue à Lille ainsi que pour la plateforme Charles. Elle est tellement fréquente chez les hommes, hétérosexuels comme homosexuels, et dans toutes les tranches d’âge, qu’on ne la considère pas comme une anomalie, bien que l’on puisse la soigner. Il s’agit en réalité d’un réflexe. Les primates sont mêmes programmés pour éjaculer vite. Mais on peut apprendre à contrôler ce réflexe. »

Cette affection demeure sous-diagnostiquée et sous-médicalisée, même si tous les hommes qui éjaculent rapidement n’en souffrent pas. « L’éjaculation prématurée conserve un certain mystère », ajoute l’Association française d’urologie pour expliquer cette sous-médicalisation. En effet, ses causes et ses origines restent débattues. « Les croyances, les freins, les tabous font que les patients craignent d’en parler. »

Honte et tabou
À peine plus d’un tiers des hommes touchés l’ont déjà évoqué auprès de leur partenaire, selon l’étude de l’Ifop. Et ils sont encore moins nombreux à avoir consulté un professionnel de santé : seuls 16% d’entre eux ont osé se confier.

« Ils ont honte, note Gilbert Bou Jaoudé. Ils pensent qu’il n’y a pas de solution ou qu’ils vont la trouver par eux-mêmes, avec des techniques grappillées sur Internet. Ça leur pourrit la vie et ça nuit à leur couple. Ils ont l’impression de ne pas être un bon amant, de ne pas pouvoir contenter leur partenaire et de ne pas être un homme à part entière. »

Pourtant, il existe des solutions pour traiter l’éjaculation prématurée. Les méthodes combinant traitements médicamenteux, sexologie, psychologie et exercices musculaires s’avèrent d’ailleurs particulièrement efficaces. Car sans cela, ce trouble impacte bien au-delà de la vie sexuelle des patients.

« L’éjaculation précoce a de réelles répercussions psychologiques, poursuit le médecin. Ces hommes sont plus anxieux, se sentent moins légitimes pour séduire, ils n’osent plus entamer de nouvelles relations et s’isolent. »

Il évoque le cas de l’un de ses patients qui draguait une femme depuis un an mais évitait systématiquement tout rapprochement physique. Et trouvait des excuses pour repousser le rendez-vous qui aurait pu aboutir à une relation sexuelle.

« 100% de chance pour que ça plante »
Cela a longtemps été le cas de Stéphane (le prénom a été modifié pour préserver son anonymat). Ce Parisien âgé de 32 ans souffre depuis le début de sa vie sexuelle d’éjaculation précoce, « avec des hauts et des bas », confie-t-il à BFMTV.com. Au point d’adopter des stratégies d’évitement.

« On adapte sa sexualité avec plus de préliminaires, car les rapports peuvent être courts, voire très très courts. On prend son temps avant la première relation sexuelle, on est très câlin. On censure les rencontres, c’est pesant. C’est un poids sur les épaules, ça tape sur la confiance en soi et c’est quelque chose qui vous échappe complètement. »

Le jeune homme dénonce une « omerta » et assure avoir longtemps eu l’impression d’être seul. Jamais il ne s’est senti à l’aise pour en parler, même à son meilleur ami. « On prend l’éjaculation précoce à la rigolade, notamment avec le film Mary à tout prix. Mais beaucoup confondent ne pas se maîtriser une ou deux fois et quelque chose qui est systématique, récurrent. Si vous devez avoir un rapport sexuel, vous savez que vous avez 100% de chance pour que ça plante. »

En couple depuis peu, Stéphane a décidé de consulter un sexologue pour ne pas mettre en péril sa relation. Depuis, les choses s’améliorent progressivement. « Il y a des exercices pratiques, mais rien que d’avoir libéré la parole, je me sens mieux. »

« Un culte de la performance sexuelle masculine »
L’enquête montre également une méconnaissance des hommes quant à ce qui relève de l’éjaculation précoce ou non. Alors qu’ils souhaitent en grande majorité que leurs rapports sexuels durent plus longtemps, la moitié des hommes interrogés considère qu’en-dessous de cinq minutes de coït, on peut parler d’éjaculation précoce. Or, ce seuil est bien inférieur.

Il n’y a pas de consensus quant à la définition de l’éjaculation précoce, qui peut survenir dès le début de la vie sexuelle ou plus tardivement. Selon les sociétés savantes, on parle d’éjaculation prématurée lorsqu’elle survient moins d’une minute après le début de la pénétration, deux minutes pour d’autres ou encore en une quinzaine de poussées pelviennes. Pour François Kraus, de l’Ifop, la problématique autour de l’éjaculation prématurée est avant tout le reflet de changements sociétaux.

« Si l’importance accordée aux problèmes d’éjaculation précoce reflète une prise de conscience du plaisir féminin, elle est aussi le révélateur d’une survalorisation de la sexualité coïtale. Cela s’accompagne d’un culte de la performance sexuelle masculine associée à la taille du sexe, l’érection et la durée du rapport, notamment véhiculé par la pornographie. »

Complexant ainsi ces hommes qui ont l’impression de ne pas correspondre au modèle de mâle alpha. Sans compter que les aspirations en matière de durée de pénétration sont, selon François Kraus, « largement au-delà des normes biologiques. »

Publié dans Texte Santé

La contraception gratuite bientôt étendue aux mineures de moins de 15 ans

contraceptionCette mesure devrait permettre de réduire le recours à la contraception d’urgence ou à l’interruption volontaire de grossesse.

Le gouvernement veut étendre la prise en charge « intégrale » des frais liés à la contraception aux jeunes filles de moins de 15 ans, selon l’avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, dont l’AFP a obtenu une copie.

Cette mesure étend le dispositif créé en 2013 pour les mineures de 15 à 17 ans, qui « bénéficient de la gratuité de la contraception prescrite par un médecin ou une sage-femme et de la dispense d’avance de frais sur ces soins », ainsi que de « la confidentialité de ces actes lorsqu’elles le souhaitent », rappelle le gouvernement dans ce texte.

Actuellement, les jeunes filles de moins de 15 ans doivent « supporter financièrement » le coût des contraceptifs, des consultations médicales et des éventuels examens biologiques, « ce qui peut constituer un frein (…) pour des publics souvent en situation de fragilité ».

1000 jeunes filles de 12 à 14 ans enceintes par an
Cela se traduit par un recours fréquent à la contraception d’urgence, voire à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). De fait, « chaque année, près de 1000 jeunes filles de 12 à 14 ans sont enceintes en France » et « parmi ces grossesses, 770 se concluent par une IVG », est-il précisé dans l’avant-projet de loi.

Pour leurs aînées de 15 à 17 ans, le taux de recours à l’IVG a nettement baissé ces dernières années, passant de 9,5 à 6 pour 1000 entre 2012 et 2018, alors qu’il est resté stable pour l’ensemble des femmes de 15 à 49 ans, autour de 14,5 pour 1000, selon la Drees, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques des Ministères Sociaux

Publié dans Texte Santé

Les méthodes pour prévenir l’arthrose

arthroseL’arthrose est une maladie chronique qui se manifeste généralement après 40 ans, se caractérisant par des douleurs et des difficultés à effectuer des mouvements articulaires.

Il faut savoir qu’une articulation est entourée par le liquide synovial aidant les surfaces osseuses à glisser les unes sur les autres, tout en limitant les frottements. Faute de mouvement, le cartilage, qui recouvre les os, absorbe ce liquide synovial qui ne peut plus jouer son rôle de lubrifiant. Ainsi, les cartilages frottent entre eux et s’abîment. C’est là qu’apparaît l’arthrose.

Bouger pour entretenir le cartilage
Limiter ses mouvements à cause de la douleur n’est pas une bonne solution pour lutter contre l’arthrose. Au contraire, parce que le cartilage s’use uniquement lorsqu’on ne le sollicite pas, il est indispensable qu’il subisse des variations de pression provoquées par les mouvements. Bouger est donc indispensable pour chouchouter son cartilage.

Perdre du poids pour soulager
L’obésité et le surpoids sont les principaux facteurs de risque d’arthrose puisque cela augmente les contraintes mécaniques et favorise la dégradation du cartilage. Ainsi, en perdant quelques kilos superflus, on diminue la pression sur les articulations qui sont alors soulagés, limitant ainsi leur usure.

Une alimentation saine pour des articulations saines
Réduire la sévérité de l’arthrose est possible avec une alimentation équilibrée, notamment composée de fruits, de légumes et d’épices, riches en phytoflavonoïdes, polyphénols et bioflavonoïdes qui réduisent les symptômes d’arthrose et diminuent la dégradation du cartilage. Il faut aussi miser sur la vitamine C stimulant la régénération du collagène, qui compose le cartilage.

Publié dans Texte Santé

Comment sera-t-on soigné dans 10 ans ?

Comment sera-t-on soigné dans 10 ansÀ l’horizon 2030, notre expérience de patients n’aura plus grand-chose à voir avec celle que l’on expérimente actuellement. Technologies, approches thérapeutiques, relations avec le corps médical … tout va changer.

Préparez-vous à regarder la médecine d’un autre œil. Car tout ce que vous connaissez déjà va évoluer : aussi bien d’un point de vue technique que d’un point de vue humain. Avec, à coup sûr, une vraie transformation de la relation soignant-patient.

L’hôpital s’installera à la maison
Qui se souvient du temps où une opération de la cataracte nous clouait une semaine au lit dans un service hospitalier ?  Aujourd’hui, on rentre à la maison le jour même, outre le boom de la chirurgie ambulatoire, de plus en plus de traitements sortent des couloirs de l’hôpital. « Demain, le domicile sera le lieu principal d’organisation des soins », prédit François Bourse, directeur d’études au think tank Futuribles, qui a publié avec le Leem (Les Entreprises du médicament) l’analyse prospective Santé 2030.

Aux hôpitaux, les urgences et les pathologies qui nécessitent des équipements de pointe, à la maison, la prise en charge des maladies chroniques. Question de pragmatisme, puisque nos établissements ne peuvent plus accueillir tout le monde et de confort aussi, puisque l’on se sent souvent mieux chez soi. D’ailleurs, 8 Français sur 10 se disent prêts à tenter l’expérience de l’hospitalisation à domicile. Un virage entamé il y a dix ans avec l’arrivée des premiers traitements oraux pour le cancer : on peut par exemple prendre certaines chimiothérapies à domicile, d’autant que leur toxicité est désormais mieux contrôlée, avec moins d’effets indésirables.

La dialyse chez soi pourrait également concerner 20 % des patients d’ici à 2 030 (contre 7 % aujourd’hui). Les intervenants de l’équipe médicale (aides-soignants, infirmiers …) se relaient auprès du patient, dans son cadre de vie, et des professionnels assurent une permanence téléphonique 24 heures/24 en cas de problème.

La voix des patients va compter
Bonne nouvelle, les patients auront (enfin) voix au chapitre  « Il y a un changement de paradigme : on passe d’une relation très hiérarchisée à un véritable partenariat. Dans les pathologies chroniques comme le diabète ou les maladies rhumatismales, les médecins possèdent le savoir théorique mais les patients vivent la maladie au quotidien : l’objectif est de mettre ces expériences en commun », explique la docteure Christelle Sordet, rhumatologue au CHU de Strasbourg.

Cela passe par la formation de « patients experts », qui accumulent des connaissances et des compétences, pas uniquement pour apporter leur témoignage mais aussi pour aider les autres patients à mieux prendre en charge leur maladie, par exemple en intervenant dans des ateliers d’éducation thérapeutique. Ces « nouveaux profils » côtoient désormais les soignants sur les bancs de la fac dans le cadre de diplômes universitaires ouverts aux patients à Paris (Université des patients de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie), Grenoble ou Aix-Marseille.

« À l’avenir, les patients experts seront de plus en plus nombreux à être intégrés dans les équipes médicales et pourront également intervenir dans la formation des étudiants en médecine », note le médecin.

Davantage de médicaments sur mesure
Il y a fort à parier que dans dix ans, si l’on souffre de la même maladie que celle qui affecte une amie aujourd’hui, notre prise en charge différera totalement de la sienne. On s’éloigne en effet du vieux principe « une pathologie, un traitement ». « Aujourd’hui, on ne traite plus “un” cancer du sein ou du poumon. Pour une bonne partie des médicaments anticancéreux, on teste des caractérisations génétiques ou cellulaires de la tumeur, très spécifiques au patient, et cet effort pour développer des thérapies ciblées va encore s’accentuer », assure Thomas Borel, directeur scientifique du Leem.

Plutôt que d’administrer ou d’injecter un seul produit, on développera des combinaisons de traitements uniques. Une évolution rendue possible grâce à l’intelligence artificielle qui affine les diagnostics, mais aussi aux marqueurs biologiques et génétiques que l’on décode de mieux en mieux. À partir d’une prise de sang ou d’une biopsie, on peut établir la carte d’identité de 20 % des tumeurs  d’ici à dix ans, ce sera plus de la moitié d’entre elles.

Même tendance avec les biothérapies (qui utilisent des anticorps spécifiques) dans la polyarthrite rhumatoïde, les maladies chroniques de l’intestin ou les maladies neurodégénératives du type Parkinson et sclérose en plaques. Bienvenue dans l’ère de la médecine ultra-personnalisée.

Un jumeau numérique en guise de cobaye
La prochaine mutation médicale se passe « in silico », autrement dit sur ordinateur. Imaginez une copie très fidèle de vous-même, avec les mêmes facteurs de risques, les mêmes problèmes de santé ou les mêmes artères tortueuses : c’est ce que l’on appelle un jumeau numérique. « Pour l’instant, il est encore trop compliqué de reproduire le corps entier d’un patient. Mais on sait copier un organe ou une petite partie, comme l’aorte, grâce aux scanners qu’il a passés.

On obtient une image en 3D avec la forme et le volume exacts, mais aussi les mêmes propriétés mécaniques, par exemple la rigidité de la paroi artérielle, la présence de calcifications.  Ce modèle nous permet de simuler le déploiement d’une endoprothèse pour traiter un anévrisme de l’aorte », détaille le Pr Jean-Noël Albertini, chirurgien cardio-vasculaire au CHU de Saint-Étienne, cofondateur de la start-up PrediSurge. Donc de fabriquer une prothèse parfaitement adaptée et d’anticiper d’éventuelles complications au moment de la pose.

« En permettant aux chirurgiens de s’entraîner virtuellement avant une chirurgie ou de visualiser l’organe pendant l’opération au lieu d’opérer à l’aveugle, cette technologie va rendre les interventions plus sûres », s’enthousiasme le Pr Albertini. D’autres start-up travaillent sur les jumeaux numériques avec des prothèses d’épaules ou de genoux parfaitement adaptées à la façon dont on bouge, ou encore un programme qui permet de simuler une opération de la cataracte. Il sera bien pratique de disposer d’un cobaye virtuel qui ne risque rien  pour mieux nous soigner en vrai.

Des mini-organes pour tester nos traitements
Révolution aussi dans les labos : sur une petite puce en plastique de la taille d’un ongle, les chercheurs font « pousser » un mini-cœur, un foie ou des poumons à partir de nos cellules souches (le plus souvent grâce à des cellules de peau). Développées dans un liquide de culture proche du sang, les cellules cardiaques battent en rythme, les cellules pulmonaires respirent … « Ces organes sur puce ont deux intérêts majeurs.

En premier lieu, la réduction du coût et de la durée des tests cliniques pour développer de nouveaux médicaments, en évitant notamment les expérimentations sur animaux. Des traitements contre Alzheimer pourront ainsi être testés sur puce afin d’évaluer leur effet réel sur les neurones des patients. En second lieu, ils permettent de pousser encore plus loin la médecine personnalisée : on pourra par exemple tester différentes chimiothérapies (en fabriquant des tumeurs et des organes sur puce avec les propres cellules du patient) pour trouver la molécule à laquelle le patient répond le mieux », détaille Guilhem Velve Casquillas, ancien chercheur en biologie cellulaire, président de la société Elvesys, laboratoire de recherche et « accélérateur d’entreprises innovantes ». «

Ces technologies vont commencer à être utilisées de façon courante d’ici une dizaine d’années », estime le spécialiste. Aucun doute, la révolution des blouses blanches est en marche.

Publié dans Texte Actualité divers

Les végétariens ou vegans auraient plus de risque d’avoir un AVC

végétariens ou vegansCe risque ne concerne en revanche pas les personnes qui mangent uniquement du poisson. 48.188 personnes sans antécédents cardiaques, tous régimes alimentaires confondus, ont participé à l’étude parvenant à ces conclusions.

Ne pas manger de viande pour préserver sa santé est un argument souvent mis en valeur par les personnes adoptant les régimes vegans et végétariens. Pourtant, selon une étude publiée par le British Medical Journal le 4 septembre, et repérée par CNN, il se pourrait que cet argument ne soit pas entièrement vrai.

Pour parvenir à ces conclusions, des chercheurs britanniques ont analysé les données de santé de 48.188 participants, tous régimes alimentaires confondus.

Selon cette étude, les personnes mangeant du poisson et les végétariens  y compris les vegans qui ont été suivis par les chercheurs présentaient des taux des cardiopathie ischémique (les maladies des artères coronaires) inférieurs de 13% par rapport aux personnes mangeant de la viande. De précédents travaux avaient déjà affiché des résultats allant en ce sens.

Des AVC plus fréquents chez les végétariens et vegans
Néanmoins, la tendance n’est pas la même pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC) : les taux d’AVC seraient 20% plus élevés chez les végétariens et vegans que chez les personnes consommant de la viande, selon les conclusions de cette étude.

Un risque qui ne concernerait pas les personnes consommant seulement du poisson. Ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les personnes mangeant du poisson « n’auraient pas des niveaux de cholestérol aussi faibles que ceux des végétariens », analyse l’une des chercheuses auprès de CNN, Tammy Tong.

« Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour vérifier ces résultats au sein d’autres populations et identifier les éléments susceptibles de contribuer aux associations observées », notent toutefois les auteurs de l’étude.