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Sept signes qui doivent vous alerter sur le burn out parental

Burn-outD’après une étude menée par l’UCLouvain, 5 à 8 % des parents belges seraient en situation de burn out parental. C’est la première étude sur la prise en charge de cet épuisement, encore trop méconnu.

Les trajets maison-école, les repas à préparer, la bataille du coucher, les lessives et le ménage, les activités périscolaires … La routine d’une vie de famille peut vite se transformer en machine infernale. À tel point que certains parents n’arrivent plus à supporter leurs enfants, épuisés rien qu’à l’idée de passer une journée avec eux.

Un phénomène qui porte un nom : le burn out parental. Ce syndrome, qui touche les parents exposés à un stress chronique, sans parvenir à en compenser les effets, a fait l’objet d’une étude menée par la Mutualité chrétienne et l’UCLouvain. Environ 20 % des parents seraient « en difficulté dans leur parentalité » à un moment de leur vie de parents. Franceinfo a listé sept signes qui peuvent précéder un burn out parental et qui doivent vous alerter.

1) L’épuisement physique
L’arrivée d’un enfant apporte évidemment de la fatigue, liée aux nuits raccourcies et à la multiplication des tâches. En juin dernier, une étude britannique (en anglais) pour une marque de literie, a relevé que les jeunes parents dorment en moyenne 4h44 par nuit, pendant l’année qui suit l’arrivée de l’enfant. Soit 59 % de temps de sommeil en moins que les 8 heures préconisées par les spécialistes.

Dès 2013, une enquête du réseau de mères actives soulignait que 63 % d’entre elles se disaient « épuisées ». Un épuisement qui survient quand les parents ne parviennent plus à se libérer du temps pour récupérer : « Tous les parents vivent des périodes de grande fatigue, comme lorsqu’un enfant tombe malade pendant 15 jours », estime Stéphanie Allenou, maman de quatre enfants qui a raconté son burn out parental dans Mère épuisée.

mere epuiséeLa différence avec l’épuisement parental, c’est que ça dure des mois ou des années. Stéphanie Allenou, auteure de « Mère épuisée »

Quand la fatigue cloue au lit dès le réveil, qu’elle limite l’attention accordée à ses enfants, ce sont les premiers symptômes de l’épuisement parental. Ce vide émotionnel et physique empêche de réfléchir. « Si on se sent très fatigué depuis deux semaines et qu’on commence à être fortement irritable, c’est un signal d’alarme », alerte la docteure Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn out parental à l’UCLouvain.

2) Le désir de vouloir tout contrôler
Les experts interrogés par franceinfo sont unanimes : les parents touchés par l’épuisement parental sont souvent ceux qui se sont faits une haute estime de leur rôle, avant la naissance de leur enfant. En clair, ils veulent être parfaits et se mettent la pression : « C’est ce qui les épuise en fait, pointe la docteure Mikolajczak. Et c’est ce qui est paradoxal : car en voulant être parfaits, ils se retournent contre leurs enfants. »

Burn-out parentaleMême au bord de l’épuisement, les mères continuent de s’agiter et de vouloir tout gérer comme des chefs d’entreprise du CAC40 mais un jour, le corps dit ‘stop’ et elles ne peuvent plus se lever, elles ne peuvent plus rien faire.  « Depuis les années 1980-1990, la place de l’enfant a profondément changé, elle est devenue primordiale », estime la docteure Liliane Holstein, psychanalyste et auteure de Burn out parental.

Il est au centre de toutes les préoccupations de la famille : il ne doit manquer de rien pour bien grandir et le parent doit être aimant, disponible, attentif à tous les instants. « Les parents sont dans une course à la perfection pour être aimés par leurs enfants, souligne Liliane Holstein. Ce qui fait qu’il n’y a jamais de détente du matin jusqu’au soir, que les parents sont épuisés. »

3) Une tendance à l’isolement
Cette volonté de toujours faire mieux peut également entraîner un repli sur soi jusqu’à l’isolement. Les parents en proie à l’épuisement ont l’impression que leurs amis et leur famille font mieux qu’eux. Que leur enfant est le plus difficile, qu’ils sont les plus débordés, les plus en retard.  La docteure Moïra Mikolajczak donne l’exemple de l’attente à la sortie de l’école quand les parents s’observent : « On est tous des mini-juges, on se juge les uns les autres en permanence ».

Face aux autres parents qui leur semblent parfaits, les parents en burn out ont l’impression de ne plus savoir gérer le quotidien et souffrent de la comparaison, ce qui est un autre facteur de stress. « Quand on arrive à dire qu’on leur donne des fessées, qu’on ne les supporte plus, soit on nous juge, soit on nous dit ‘c’est pas grave, toutes les mères passent par là et ça ira mieux ensuite' », raconte Stéphanie Allenou.

Claire, maman à 39 ans d’une petite fille d’un an, a pourtant essayé d’en parler avec ses collègues : « Tous les matins, on arrive à la machine à café avec des cernes, en n’ayant pas dormi de la nuit, tout le monde nous dit ‘ça ira mieux’, ‘c’est normal’ et nous taquine, mais non, ça n’a ira pas mieux demain. » L’incompréhension que les parents en burn out ressentent les pousse ainsi à ne plus parler de leur mal-être et à s’enfermer.

4) Le sentiment de culpabilité
Les parents épuisés ont souvent l’impression de ne plus contrôler leur vie, qui ne ressemble en rien à ce qu’ils avaient imaginé, avant la naissance de leur enfant. Un contraste qui peut donner le sentiment d’être de « mauvais » parents et/ou d’avoir de « mauvais » enfants.

Selon Stéphanie Allenou, désormais à la tête d’une association de soutien à la parentalité, l’Îlôt Familles, et d’un lieu d’accueil parents-enfants à Nantes, c’est « une histoire de reconnaissance qui est le troisième pilier de l’épuisement. » Les mères actives qu’elle rencontre lui font part de leur culpabilité permanente : elles culpabilisent devant leurs collègues quand elles quittent le travail trop tôt et font de même quand elles viennent chercher leur enfant trop tard à la crèche. De quoi faire naître une « impression qu’ils n’en font jamais assez », ou jamais assez bien, qui entraîne une dévalorisation personnelle et une perte de confiance en soi.

5) Des troubles du sommeil, de l’appétit et du désir
Des heures à tourner dans le lit, à compter les moutons et à regarder les minutes défiler sur le réveil. Pourtant épuisés, les parents à bout parviennent difficilement, voire pas du tout, à trouver le sommeil, le soir venu.

Enfin au lit, ils égrènent dans leur tête la liste des tâches qu’ils vont devoir accomplir dès le réveil et angoissent d’avance. L’accumulation d’autres symptômes peut être un signal d’alarme comme un amaigrissement ou une prise de poids importante et l’éloignement avec le conjoint.

6) Un épuisement émotionnel intense
L’épuisement s’accumule face à la répétition quotidienne des mêmes crises : pour se laver, pour manger, pour s’habiller …  Pour que la colère n’éclate pas à la moindre bêtise, les parents prennent sur eux et refoulent leurs propres émotions. « J’essaie de faire des activités avec les enfants, qu’ils soient propres et bien habillés, que la maison soit tenue correctement, le frigo rempli, souffle une mère qui préfère rester anonyme. Mais dans tout ça, je me suis abandonnée. »

Cet épuisement émotionnel doit être un signal d’alarme avant le burn out parental. Les parents qui en sont victimes ne sont plus en mesure de réguler leurs émotions. « Ils peuvent dire qu’ils adorent leurs enfants et en même temps, dire juste après, pourquoi je les ai faits ?   Si je pouvais les tuer, je le ferais », assure la docteure Liliane Holstein. Ils gèrent les tâches de la vie quotidienne de manière automatique, presque robotisée.

7) Une distanciation affective avec les enfants
Les parents contactés décrivent une absence d’émotions qui génère une véritable distance avec leurs enfants. Marie, 27 ans et maman d’un petit garçon d’un an et demi, a vécu cette situation au moins d’août. « J’ai expliqué à mon médecin que je ne supportais plus mon fils, que j’avais envie de le taper. Des fois, je le regardais et je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras. Je le regrette, c’est quelque chose d’horrible. »

Selon la docteure Mikolajczak, cette distanciation affective, synonyme de burn out parental, multiplie par vingt le risque de violenter ses enfants : « Dès qu’on a une parole ou un geste qui tranche totalement avec ce qu’on fait habituellement, c’est un signe qu’il faut aller consulter : si je suis une personne attentive et que d’un coup, je dis à mon enfant : ‘ma vie était tellement plus belle quand tu n’étais pas là’, je dois absolument aller consulter. » C’est l’accumulation de ces symptômes au quotidien qui doit vous alerter.

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L es consommateurs pas assez informés sur les allergènes « émergents »

allergie alimentaireL’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation recommande de rendre obligatoire l’information sur la présence de certains allergènes émergents dans les aliments.

Actuellement, seuls 14 allergènes doivent être signalés sur l’emballage des produits.

Moins connus que les allergènes « classiques », certains aliments comme le kiwi, le sarrasin ou le lait de chèvre sont à l’origine d’allergies graves chaque année en France, pointe l’Anses, hier vendredi. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation recommande de rendre obligatoire l’information sur leur présence dans les aliments.

Allergènes émergents
Actuellement, seuls 14 allergènes inscrits sur une liste établie par l’Union européenne doivent obligatoirement être signalés sur l’emballage des produits. C’est notamment le cas des fruits à coque comme les noisettes, les noix ou les amandes, mais aussi de l’arachide, des crustacés ou du lait et des œufs.

Or, depuis 2002, le sarrasin et les laits de chèvre ou de brebis ont causé, à eux deux, au moins autant d’allergies graves que les mollusques et le soja, selon l’Anses, qui se fonde sur le recensement opéré par le Réseau d’allergo vigilance (RAV). Ceux-ci ont donné lieu à une soixantaine de signalements en seize ans.

Quant au kiwi, au pignon de pin et à l’alpha-galactose,  un glucide présent dans la viande de mammifères, ils sont tous à l’origine de plus d’1% des cas d’allergie graves recensés. Une fréquence plus importante que la moutarde et les sulfites, dont la déclaration est pourtant obligatoire.

« Mieux prévenir le risque d’allergie grave »
Ces chiffres restent partiels, car ils ne recensent que les cas les plus graves – anaphylaxie alimentaire sévère -, et leur déclaration n’est pas obligatoire.

Ils sont cependant suffisamment importants pour inciter l’agence sanitaire à recommander « la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires qui doivent être signalés afin de mieux prévenir le risque d’allergie grave ».

L’Agence, mandatée par le ministère de la Santé en 2015 pour mettre à jour les connaissances sur les allergies alimentaires en France, souligne également le « manque de données » disponibles sur le sujet, « notamment en raison des limites méthodologiques et de la diversité des méthodes utilisées ».

Données insuffisantes
Résultat, impossible de mesurer la fréquence du phénomène et de dire si les allergies alimentaires sont plus fréquentes qu’il y a une vingtaine d’années ou pas.

« A partir de ce constat, l’Anses recommande aux pouvoirs publics d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches sur les allergies alimentaires ».

Elle préconise également d’évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place pour informer les personnes allergiques dans la restauration collective et commerciale.

Dans une étude menée par l’agence en 2014 et 2015, 3,9% des adultes interrogés déclaraient souffrir d’intolérances ou d’allergies alimentaires. Celles-ci avaient été confirmées par un médecin dans un peu moins de la moitié des cas (45%).

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Certaines bactéries dans l’intestin pourraient jouer un rôle dans la dépression

bacterieSi les chercheurs restent prudents, notamment sur la causalité, une étude de grande ampleur a révélé un lien statistique entre la dépression et un taux réduit de certaines bactéries dans l’intestin.

Des bactéries présentes dans notre intestin pourraient avoir un impact sur notre équilibre mental, et notamment sur la probabilité de souffrir de dépression, selon une étude de grande ampleur publiée ce lundi dans la revue Nature Microbiology.

Une équipe de chercheurs belges a analysé les échantillons de selles de plus de 1000 personnes volontaires et observé que deux familles de bactéries étaient systématiquement moins nombreuses chez les personnes dépressives, y compris celles sous traitement par antidépresseurs.

L’étude d’une population témoin de 1000 Néerlandais a validé ces conclusions d’un lien statistique entre le nombre de certaines bactéries et le niveau de bien-être et de santé mentale, explique l’article.

La causalité reste à prouver
L’étude ne démontre pas de lien de cause à effet, souligne toutefois Jeroen Raes, l’un des auteurs principaux, ajoutant que la compréhension des liens entre intestin et cerveau en est à ses balbutiements. Le lien pourrait être inverse, relève le Guardian : que la santé mentale ait un impact sur ces bactéries.

« Nous avons tenté de savoir si les bactéries dans les intestins avaient un moyen de communiquer avec le système nerveux, en étudiant leur ADN », a expliqué le chercheur au quotidien britannique. « Nous avons découvert que nombre d’entre elles peuvent produire des neuro-transmetteurs ou des précurseurs à des substances comme la dopamine et la sérotonine », a-t-il poursuivi.

Les familles de bactéries concernées, Coprococcus et Dialister  sont connues pour avoir des propriétés anti-inflammatoires. Or « on sait par ailleurs que l’inflammation des tissus nerveux joue un rôle important dans la dépression. Donc notre hypothèse c’est que les deux sont liés d’une façon ou d’une autre », a expliqué à l’AFP le professeur de microbiologie à l’université KU de Louvain.

« Jusqu’à présent, les résultats étaient mitigés et contradictoires »
« L’idée que des substances issues du métabolisme de microbes puissent interagir avec notre cerveau et donc avec notre comportement et nos sentiments  est intrigante », reconnaît Jeroen Raes.

« Jusqu’à présent, la plupart des études portaient sur les souris ou sur un petit nombre de personnes, et les résultats étaient mitigés et contradictoires », a-t-il expliqué à l’AFP.

Plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parfois qualifiée d' »épidémie silencieuse », cette pathologie est l’une des principales causes des quelques 800.000 suicides recensés chaque année.

Les antidépresseurs font actuellement partie des médicaments les plus prescrits dans de nombreux pays, même si « moins de la moitié des personnes affectées dans le monde bénéficient de tels traitements », estime l’OMS, faute de ressources, de soignants qualifiés ou à cause de la stigmatisation sociale liées aux troubles mentaux ou à leur traitement.

Ces recherches pourraient ouvrir la voie à de nouveaux types de traitements pour cette maladie, soulève Jeroen Raes. « Je pense vraiment que c’est une voie d’avenir: utiliser des mélanges issus de bactéries en guise de traitement ».

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Implants mammaires texturés : Une interdiction généralisée n’est pas justifiée

LIFESTYLE-FRANCE-HEALTH-WOMEN-IMPLANTS

Après avoir réuni un comité d’experts, l’Agence du médicament prendra sa décision dans les prochaines semaines.

Une interdiction généralisée de tous les implants mammaires texturés, type de prothèses soupçonné de favoriser une forme rare de cancer, ne se justifie pas, a estimé vendredi le comité d’experts mis sur pied par l’Agence du médicament (ANSM).

Ce comité demande en revanche l’interdiction du principal modèle mis en cause dans la survenue de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC), les Biocell de la société Allergan. « Sur la base de cet avis, l’ANSM prendra une décision dans les prochaines semaines », a indiqué l’agence du médicament.

56 cas de LAGC, trois décès
Depuis 2011, cinquante-six cas de LAGC ont été recensés chez des femmes porteuses d’implants mammaires. Trois en sont décédées. La quasi-totalité des patientes touchées par ce lymphome rare et agressif étaient porteuses d’implants à surface texturée (la pellicule entourant le silicone est rugueuse, par opposition aux implants lisses).

C’est pourquoi l’ANSM a mis en place ce comité pour entendre toutes les parties prenantes jeudi et vendredi. Dans les faits, les Biocell d’Allergan ne sont déjà plus disponibles. Le fabricant américain a dû les retirer du marché mi-décembre après avoir perdu le marquage CE qui permet de les vendre en Europe. Le laboratoire n’avait pas présenté les données additionnelles demandées par l’organisme certificateur dans les délais impartis.

Mercredi et jeudi, trois femmes portant des implants Allergan, l’un des principaux acteurs de ce segment de marché, ont déposé plainte contre X, à Paris et Marseille, pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

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Certains compléments alimentaires sont dangereux et devraient être interdits

complémént alimentaireL’Académie de pharmacie alerte sur les dangers de produits à base de plantes laxatives. Leur utilisation devrait être réservée à un usage pharmaceutique.

Des allergies, ou des lésions au foie, des interactions avec des médicaments pris pour des pathologies graves. Des contre-indications mal connues. Des erreurs d’identification, ou la présence de contaminants dangereux.  Les compléments alimentaires à base de plantes ont beau être vus comme des produits «naturels», ils sont loin d’être sans danger.

Et pourtant, ils sont soumis à une réglementation bien plus légère que les médicaments, et qui a «étonné et interpellé l’Académie nationale de pharmacie», explique-t-elle dans un rapport rendu public ce jeudi. Dans le collimateur des sages : un arrêté du 20 juin 2014, qui transpose une réglementation européenne en listant un demi-millier de plantes (autres que les champignons) autorisés dans les compléments alimentaires. Il y a là des risques pour la santé publique, estiment les académiciens, et des incohérences tant juridiques que scientifiques.

Alerte sur des plantes laxatives
Les sages alertent sur une catégorie de plantes particulières, qui n’ont selon eux rien à faire au rayon des compléments alimentaires : il s’agit des plantes contenant des «hétérosides hydroxyanthracéniques» (suc d’aloès, écorce de bourdaine et cascara, racines de rhubarbe de Chine, séné, cassier, nerprun), et qui ont des propriétés laxatives stimulantes très puissantes. Elles irritent le tube digestif et sont responsables d’une perte de sels minéraux.

Ces plantes ont «jusqu’alors été utilisées comme médicaments compte tenu de leur activité pharmacologique marquée», note le rapport, et n’ont (et pour cause) jamais fait partie de l’alimentation. «L’approche des principales agences de santé au niveau international est unanime», notent les académiciens : ces plantes sont des médicaments, et doivent être réglementées comme telles.

La France est un marché de choix pour ces produits faciles d’accès et pas toujours accompagnés des conseils et informations nécessaires, notamment parce que vendus en grande surface avec un étiquetage aux exigences limitées. Or, alertent les académiciens, «les accidents les plus sévères sont liés au mésusage», d’autant plus fréquent que ces produits «sont considérés comme des produits “naturels”, passant aux yeux des utilisateurs, mais également de certains dispensateurs, pour moins dangereux que des médicaments.» Depuis 2010, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) dispose d’un «dispositif de nutri-vigilance sur les nouveaux aliments, les aliments enrichis, les compléments alimentaires et les denrées destinées à une alimentation particulière».

Plus de 2600 effets indésirables ont été notifiés jusqu’à fin 2016, note l’Académie de pharmacie, avec chaque année 37 à 52% des cas jugés «graves».

En France, 1 adulte sur 5 et 1 enfant sur 10 prendraient des compléments alimentaires, dont respectivement 23 et 12% le font tout au long de l’année. Les malades en usent volontiers, sans toujours prévenir leur médecin : en 2015, une étude française auprès de 1081 survivants du cancer membres de la cohorte Nutrinet-Santé montrait que 62% des femmes et 29% des hommes consommaient ce type de produits, un tiers d’entre eux n’en ayant pas avisé leur médecin. Or, 18% des utilisateurs avaient une consommation potentiellement à risques.

Les Académiciens demandent donc que la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires soit plus restreinte, en excluant celles présentant un danger pour les utilisateurs, mais aussi celles n’ayant pas d’effet nutritionnel connu, ou pour la sécurité desquelles la littérature scientifique manque de données. Les sages exigent, aussi, un renforcement des contrôles et de l’information des consommateurs, et un meilleur enseignement en faculté de pharmacie.

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Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.

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4 idées reçues sur le cycle menstruel

roudoudou« Avoir ses ragnagnas », « les Anglais ont débarqué », « être indisposée »…

Il existe à peu près autant d’expressions pour dire qu’on a ses règles que d’idées fausses sur le sujet. Toujours tabou et méconnu, le cycle menstruel, que les femmes expérimenteront environ 450 fois dans leur vie, mérite que l’on rétablisse quelques vérités.

Il aura fallu attendre 2018 pour qu’une une marque de protections hygiéniques utilise enfin dans ses publicités du liquide rouge pour représenter le sang des menstruations. Jusque-là un fluide bleu avait toujours été employé. C’est dire si le sujet met mal à l’aise.

La preuve avec quelques chiffres récoltés par l’association Plan International qui montrent que 52 % des parents préfèrent parler de sexe avec leur fille plutôt que des règles. Plus inquiétant encore : 48% des filles en Iran, 10 % en Inde et 7 % en Afghanistan croient encore que les règles sont une maladie. Il est temps de tordre le cou à quelques idées reçues concernant cette fonction naturelle.

Le sang des règles est sale : FAUX
Et pourquoi serait-il plus dégoûtant que celui qui coule quand on se coupe ?   Il suffit de connaître sa composition pour s’en rendre compte. Le sang des règles est constitué d’eau, de lymphe, de globules rouges et de cellules d’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui s’épaissit pendant la première moitié de chaque cycle menstruel et qui desquame quand il n’y a pas eu de fécondation.

Qu’est-ce qui n’est pas propre là-dedans ?   Et la couleur marron qu’il peut arborer parfois au début ou à la fin des menstruations s’explique par le fait que le sang a pris davantage de temps pour quitter l’utérus. Plus il reste dans le corps, plus la muqueuse utérine le brunit.

800-questions-au-gynecologue.jpgLes femmes perdent beaucoup de sang chaque mois : FAUX
Chacune a son propre cycle, qui est loin d’obéir à un calendrier de 28 jours. Il peut varier de 21 à 36 jours selon les femmes. Et toutes ne perdent pas non plus la même quantité de sang selon la durée de leurs règles et l’intensité de leur flux.

D’après les données du livre 800 questions au gynécologue du Dr Alain Tamborini (édition Marabout), il faut compter, en moyenne, entre 50 à 150 ml de sang sur 3 à 6 jours de règles. Pour vous donner une idée 100 ml c’est la contenance d’un demi-verre à eau et 150 ml équivalent à une mini-canette de soda.

On ne peut pas tomber enceinte quand on a ses règles : FAUX
A en juger le nombre de réponses (plus de 7 millions) sur lesquelles on tombe quand on pose la question sur un moteur de recherches, on peut estimer que l’information est mal passée. Même si la probabilité est rare, elle existe.

Notamment chez les femmes qui ont des cycles courts, comme l’explique l’organisation American Pregnancy. Celles qui ont des cycles de 21 à 24 jours ovulent donc plus tôt au cours de leur cycle et peuvent avoir du mal à calculer ce moment.

Sachant aussi que les spermatozoïdes conservent leur aptitude à féconder pendant 2 à 5 jours après un rapport sexuel non-protégé, il est possible « qu’après un rapport ayant eu lieu vers la fin de vos menstruations vous puissiez tomber enceinte 4 ou 5 jours plus tard ».

On ne doit pas avoir de rapports sexuels pendant ses règles : FAUX
La vie ne s’arrête pas quelques jours par mois parce qu’on a ses règles et heureusement. Quant à faire des galipettes à cette période-là, tout est une question de choix personnel. Quand certaines ne veulent pas être approchées à moins de 150 mètres d’autres, au contraire, remarquent une libido qui monte en flèche à ce moment précis.

Si les deux partenaires sont à l’aise avec l’idée, rien n’empêche d’avoir des rapports sexuels pendant ses règles. D’autant plus que le cerveau va libérer des endorphines, les hormones du bien-être, qui peuvent aussi agir ponctuellement comme des antalgiques naturels. Un bon moyen pour calmer les éventuelles douleurs que certaines peuvent connaître pendant leurs menstruations. Sans oublier qu’il existe désormais un tampon spécifique qui permet de faire l’amour pendant ses règles.