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En France, 5,4 millions de patients étaient sans médecin traitant en 2019

medecinMalgré une recherche active pour plus de la moitié d’entre eux, 5,4 millions de patients en France n’avaient pas de médecin traitant en 2019.

En France, 5,4 millions de patients n’avaient pas de médecin traitant en 2019, et ce malgré une recherche active pour plus de la moitié d’entre eux, souligne le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, dans un entretien au magazine spécialisé Le Généraliste  paru  vendredi, se disant « très attentif » à la situation.

« Il y a toujours eu, au cours des dernières années, environ 10% de patients sans médecin traitant », rappelle Nicolas Revel, reconduit à son poste début novembre pour un deuxième mandat de cinq ans. « En 2019, c’était le cas de 5,4 millions de patients », ajoute-t-il.

« Parmi eux, une part de patients plutôt jeunes et bien portants n’ont pas cherché à en trouver un », mais « plus de la moitié de nos concitoyens sans médecin traitant sont en recherche réelle d’un praticien attitré, faute souvent d’avoir pu en retrouver un au moment du départ à la retraite de leur généraliste », explique-t-il.

« Nous sommes très attentifs à cette situation. D’autant que parmi les personnes concernées figure un nombre significatif de patients en ALD (affection longue durée), de plus de 70 ans ou souffrant d’une pathologie chronique », souligne-t-il.

« Si nous ne faisons rien, cette tendance va s’accroître inéluctablement dans les prochaines années », prévient-il, appelant à une organisation collective.

Près d’un généraliste sur deux refuse de nouveaux de nouveaux patients
Selon une enquête de l’association UFC-Que Choisir publiée en novembre 2019, près d’un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients.

Mais pas question de revoir ce dispositif, indispensable à un meilleur remboursement, estime Nicolas Revel, jugeant au contraire qu’il faut le « conforter » pour « améliorer la prévention » et « le suivi des pathologies chroniques ».

Mieux vaut selon lui permettre aux médecins d’accroître leur patientèle, la médiane pour les généralistes traitants est actuellement de 850 patients , notamment grâce au déploiement des assistant médicaux, nouveau métier pour lesquels, « depuis septembre, un peu plus de 500 contrats ont été signés ou sont en passe de l’être (238 signés et 271 sont en cours) ».

Pour autant, l’Assurance maladie n’entend pas appliquer une « double peine » aux patients qui ne trouvent pas de médecin traitant en les pénalisant financièrement, souligne Nicolas Revel. Chaque caisse « a donc identifié les patients dans cette situation et pris les mesures pour qu’ils ne soient pas impactés », assure-t-il.

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L’industrie et le bâtiment, métiers les plus à risque

L'industrie et le bâtiment, métiers les plus à risqueDe 2011 à 2018, les secteurs de l’industrie et le bâtiment ont été les plus touchés par les maladies professionnelles, selon des chiffres publiés ce lundi matin.

De 2011 à 2018, seules 35,9% des maladies professionnelles déclarées ont été reconnues, soit 1 332 cas reconnus sur 3 711 déclarés, selon des chiffres fournis ce lundi matin par le ministre LSAP de la Sécurité sociale, Romain Schneider, en réponse à une question parlementaire du député socialiste Mars Di Bartolomeo.

Et, si le nombre de maladies déclarées fluctue de manière irrégulière entre 399 et 570 sur la période, le nombre de maladies reconnues diminue, lui, régulièrement, passant de 203 en 2014 à 115 en 2018. Ce qui donne une proportion de maladies reconnues qui s’effondre de 41,7% en 2014 à 26,38% en 2018, avec une baisse plus marquée pour cette dernière année, selon le ministre, qui ne donne pas d’explications sur ce phénomène.

En revanche, il détaille les secteurs les plus touchés par les maladies reconnues et, sans surprise, les activités professionnelles nécessitant un important effort physique arrivent largement en tête de ce triste palmarès. Ainsi, les activités industrielles sont les plus touchées, avec 268 cas reconnus de 2011 à 2018.

Juste derrière arrivent des secteurs liés au bâtiment, avec d’abord les salariés de «l’aménagement et le parachèvement, équipements techniques du bâtiment», avec 267 cas, puis le secteur «bâtiment, gros œuvre, travaux de toiture, industries extractives» avec 206 cas. Les salariés travaillant les métaux, le bois et faisant de la maintenance de machines et de voitures suivent avec 136 cas, devant ceux de la production alimentaire (115) et du commerce (72).

Quant aux maladies impliquées, elles répondent à une liste bien précise validée par la Sécurité sociale (le burn out n’en fait toujours pas partie, aucune maladie n’ayant été ajoutée depuis 2016). Le problème de santé le plus fréquent concerne une paralysie des nerfs, avec 353 cas de 2011 à 2018.

Les maladies des tendons suivent, avec 290 cas, devant les affections provoquées par les vibrations des outils pneumatiques (148) et les lésions du genou (98). La poussière d’amiante est, elle, à l’origine de 96 infections de la plèvre. En outre, 68 maladies du dos ont été reconnues comme des cas de maladies professionnelles, ainsi que 30 cancers du poumon, du larynx ou encore de la peau.

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Smic, impôts, tabac, objets en plastique … tout ce qui change ce 1er janvier 2020

changement janvier 2020Baisse du gaz et de l’impôt sur le revenu, revalorisation du smic, soins optiques et dentaires pris en charge à 100 % font partie des bonnes nouvelles de ce début d’année. Côté environnement, de nouvelles normes entrent en application.

Comme à chaque nouvelle année, de nombreuses réformes et mesures entrent en vigueur au 1er janvier. Voici les changements qui impacteront le quotidien des Français.

Baisse du prix du gaz : Les tarifs réglementés du gaz baissent de 0,9 % à compter du 1 er janvier après un recul de près de 12 % en 2019. 4,2 millions de clients, soit 39 % des foyers équipés, sont concernés mais de manière variable selon les usages. La baisse sera plus perceptible pour ceux se chauffant au gaz (-1 %) que pour ceux qui l’utilisent pour la cuisson (-0,2 %). Pour ceux qui l’utilisent dans les deux cas, son tarif diminuera de 0,5 %. Quant aux tarifs réglementés d’électricité, ils restent inchangés en janvier mais pourraient bien augmenter ces prochains mois.

Hausse du smic de 15 € par mois : 2,3 millions de Français vont bénéficier d’une revalorisation du smic de 1,2 % (contre + 1,5 % en 2019), ce qui correspond à un gain de 15 € par mois (+173 € sur l’année). Il atteint 10,15 euros brut par heure, soit par mois 1 539,42 € brut (1 219 € nets) sur la base des 35 heures. Pas de coup de pouce du gouvernement cette année mais une augmentation liée à l’indice des prix.

Côté retraités : les pensions de base n’excédant pas 2 000 € brut par mois sont revalorisées à hauteur de 1 % en janvier. Pour les pensions de plus de 2 000 € par mois, la hausse reste cantonnée à 0,3 %.

Baisse de l’impôt sur le revenu et exonération de la taxe d’habitation : Avec la nouvelle année entre en vigueur un nouveau barème pour l’impôt sur le revenu. Le taux de la première tranche (revenus entre 9 964 et 25 405 €) passe de 14 % à 11 %, soit un gain de 350 € pour près de 12 millions de ménages selon Bercy. Les 4,7 millions de foyers situés dans la tranche à 30 % (soit des revenus de 25 405 € à 72 643 €) profiteront d’une ristourne de 125 € par an en moyenne. Un effort fiscal estimé à 5 Mds€ par le gouvernement.

En ce qui concerne la taxe d’habitation : 80 % des Français en seront exonérés cette année. Pour les autres, la suppression sera étalée jusqu’en 2023.

La réforme du « 100 % santé » se poursuit :  Tous les opticiens sont désormais tenus de proposer une gamme de montures avec verres correcteurs avec zéro reste à charge pour le patient. Même chose pour les soins dentaires : un certain nombre de couronnes sont prises en charge intégralement sous réserve de respecter certaines règles. Enfin, les audioprothèses sont mieux remboursées, en attendant 2021 ou sera créée une offre avec zéro reste à charge.

Condition pour bénéficier de la réforme : avoir souscrit un contrat de complémentaire santé dit responsable ou le nouveau contrat complémentaire santé solidaire (CSS).

Coup d’envoi du prélèvement à la source pour les particuliers employeurs : Jardiniers, nourrices ou employés de ménage, les salariés à domicile vont être prélevés de leur impôt directement sur leur salaire. Il revient donc au particulier qui les emploie de déduire lui-même le montant de l’impôt de son salarié à retenir à la source. Ce montant lui sera fourni lors de sa déclaration en ligne Cesu ou Pajemploi à chaque fin de mois et automatiquement prélevé. Attention, ce nouveau dispositif ne permet plus de verser le salaire de façon anticipée.

Assurances auto et habitation en légère hausse : Les automobilistes devraient voir leur cotisation d’assurance grimper de 0,5 % en 2020 tandis que les primes d’assurance habitation devraient, elles, augmenter de 1 % en moyenne selon les grilles de tarifaires publiées par les professionnels.

La prime Macron reconduite : 400 000 entreprises l’ont attribuée en 2019. La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat dite « prime Macron » est reconduite en 2020. Exonérée (dans la limite de 1 000 €) d’impôt sur le revenu, de cotisations et de contributions sociales, elle est désormais conditionnée à la mise en place d’un accord sur l’intéressement avant le 30 juin 2020.

L’homéopathie moins bien remboursée :  Jusqu’ici remboursés à 30 % par la Sécurité Sociale, les granulés homéopathiques ne le seront plus qu’à hauteur de 15 % à partir de demain, avant d’être totalement déremboursés au 1er janvier 2021.

Le prix du tabac grimpe encore :  Le prix de certains paquets de cigarettes, du tabac à rouler et de cigarillos vont être revus à la hausse. Les Winfield rouge vont par exemple passer à 9,10 € et les Lucky Strike Original rouge 100 % Tabac Selec à 9,20 €. Les marques phares comme les Marlboro ne sont pas touchées cette fois-ci. Mais deux autres augmentations du tabac sont déjà prévues en mars (+ 50 centimes) et en novembre (+ 40 centimes) pour que le prix moyen d’un paquet atteigne les 10 € avant la fin de l’année.

Les timbres plus chers :  Après s’être déjà envolé de près de 10 % au début de l’année 2019, le tarif du timbre va à nouveau bondir de 10 % dès le 1er janvier. Le timbre vert, distribué sous 48 heures en France métropolitaine, va passer de 0,88 à 0,97 €. Celui de la lettre prioritaire sous 24 heures (timbre rouge) augmentera de 11 centimes à 1,16 €.

Le malus auto renforcé : Le malus pour l’achat d’une voiture émettant plus de 184 g de CO2 au kilomètre atteindra 20 000 € contre 12 500 € jusqu’ici ( lire en page Argent ). La mesure doit rapporter 50 M€ et financer deux fonds pour les sous-traitants de la filière automobile. Le bonus pour l’achat d’un véhicule électrique est par ailleurs réduit de moitié (3 000 €) pour les modèles coûtant plus de 45 000 € et est supprimé au-dessus de 60 000 €.

Moins d’objets polluants en 2020
Cotons-tiges en bambou, bonbons sans colorants … beaucoup de nouvelles normes environnementales entrent en application au 1er janvier. Les polluants devraient reculer dans différents points de notre vie quotidienne, à la suite de modifications de la réglementation.

Des bonbons sans dioxyde de titane : On ne trouvera plus de dioxyde de titane dans nos produits alimentaires à partir du 1er janvier. Ce composé, présent sous forme de nanoparticules, communément appelé E171, permet de rehausser les goûts et la couleur de certaines confiseries, entre autres. Seulement, il n’est pas le meilleur atout santé puisqu’il aurait un effet potentiellement cancérigène, ce qui a poussé le gouvernement à l’interdire. Largement utilisé par les confiseurs, ces derniers ont anticipé sa proscription depuis 2017 : aujourd’hui, 90 % des membres du syndicat des Confiseurs de France indiquent avoir déjà éliminé le E171 de leurs produits. Premier pas positif mais jugé « insuffisant » par Stéphen Kerckhove, délégué général de l’ONG Agir pour l’environnement. Il regrette que l’interdiction ne s’applique qu’au secteur alimentaire, alors que le dioxyde de titane est pourtant utilisé dans les cosmétiques, les médicaments ou encore la peinture. « Si on considère que l’ingestion du dioxyde de titane est dangereuse pour la santé dans le domaine alimentaire, elle l’est aussi pour les autres domaines ».

Les cotons-tiges en bambou à la rescousse :  Il est désormais de plus en plus difficile de mettre la main sur les traditionnels cotons-tiges en plastique dans les commerces. Suivant les dispositions de la loi Egalim de 2018, ils sont en effet interdits de vente à compter du 1er janvier, avec toutefois six mois de délai le temps d’écouler les stocks, dans l’objectif de se débarrasser définitivement du plastique à usage unique en 2040. Pouvant apparaître comme inoffensifs à premier abord, de par leur petite taille, les tiges en plastique qui composent ces derniers sont en fait un désastre écologique. Nouvelle qui devrait soulager la planète, mais comment s’en passer ?  Il existe différentes alternatives à ces derniers comme les cotons-tiges en bambou ou encore l’oriculi japonais. Biodégradables et réutilisables, ils sont tout aussi efficaces que les cotons-tiges en plastique tout en étant inoffensifs pour l’environnement.

Fini, les gobelets en plastique :  Exit les gobelets, assiettes, verres entièrement en plastique à partir de 2020. Toujours dans le cadre de la loi Egalim, le gouvernement interdit officiellement la mise à disposition de ces contenants utilisés quotidiennement par de nombreuses chaînes de fast-food, toujours avec six mois de délai pour écouler les stocks. Selon Esther Kalonji déléguée générale du SNARR (Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide), les enseignes « travaillent déjà depuis plusieurs années sur un plan zéro plastique ». Des initiatives concrètes ont été prises par certaines chaînes pour anticiper cette interdiction dès le deuxième semestre de 2019 avec « la suppression des pailles, gobelets et couvercles en plastique ainsi que l’introduction de couverts en bois ». Antidia Citores, porte-parole de l’ONG Surfrider se réjouit de cette mesure : « on va enfin passer de l’ère du jetable à l’ère du réutilisable, c’est une avancée dans l’offre qui va être proposée au consommateur ». Il faudra cependant attendre 2021 pour l’interdiction des pailles en plastique.

Un pas de côté pour les pesticides :  Une nouvelle réglementation sur les pesticides va entrer en vigueur. Les agriculteurs ne pourront plus épandre de pesticides à moins de 20 m des habitations, pour les produits « les plus dangereux », contre 10 ou 5 m pour les autres « produits phytopharmaceutiques », selon l’arrêté. Avancée certaine en termes de protection de la santé des riverains pour certains, elle est jugée encore insuffisante par les associations de défense de l’environnement, qui militaient pour que des distances de 100 voire de 150 m soient instaurées, en témoigne la déclaration de François Veillerette directeur de l’ONG Générations Futures qui dénonce « le manque total d’ambition de ces textes qui ne changeront rien sur le terrain et ne protégeront nullement les riverains des zones d’utilisation de pesticides ».

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Alcool au volant : refuser de souffler, la mauvaise idée

automobiliste alcoolAvec les fêtes, les contrôles routiers sont traditionnellement renforcés.

Attention : outre le danger encouru, essayer de feinter l’éthylomètre pour dissimuler un verre de trop est un très mauvais calcul. C’est ce qu’explique Maître Jean-Baptiste le Dall, avocat en droit automobile.

Même la nuit de la Saint-Sylvestre, il est clairement interdit, en France, de conduire avec un taux d’alcool dans le sang supérieur ou égal à 0,5 g/l de sang (ou 0,2 g/l pour les conducteurs novices soumis au régime du permis probatoire). Mais refuser de souffler dans un éthylotest lors d’un contrôle de police est-il vraiment un délit ?

Pour être tout à fait précis, une jurisprudence ancienne rappelle que le délit de refus de se soumettre au simple dépistage n’est pas prévu par les textes. C’est le refus de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’état l’alcoolique qui l’est. Mais la différence est ténue et les forces de l’ordre peuvent se passer de l’étape dépistage.

Le refus de se soumettre à ces vérifications concerne ainsi la mesure par éthylomètre et l’analyse de sang. On rappellera que ce n’est pas au conducteur de choisir la méthode de contrôle : ce choix n’appartient qu’aux agents des forces de l’ordre.

Le conducteur qui refusera de souffler dans l’éthylomètre en expliquant aux agents que, par contre, il est tout à fait d’accord pour un prélèvement et une analyse sanguine, ne pourra pas se défendre devant le tribunal en avançant qu’il a été surpris de ne pas avoir été emmené à l’hôpital pour que lui soit prélevé un échantillon sanguin. Le tribunal le condamnera en effet pour refus de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’état alcoolique.

Alcool ou refus de souffler : des sanctions identiques
Les conducteurs ignorent trop souvent que la sanction sera identique. Le refus de se soumettre aux vérifications entraînera la prise immédiate du permis de conduire dans le cadre d’un avis de rétention. Cet avis laissera la place à un arrêté de suspension provisoire du permis de conduire pris par le Préfet.

Et l’infraction sera portée à la connaissance d’un juge, puisqu’il ne faut pas l’oublier, ce refus est un délit. Le conducteur condamné ressortira ainsi du tribunal avec une suspension de permis de conduire de quelques mois, une amende de quelques centaines d’euros et se verra retirer six points sur son permis de conduire.

Attention au souffle court
Pour esquiver le contrôle, certains conducteurs vont feindre une incapacité physique ne leur permettant pas un souffle suffisant pour l’affichage d’un résultat. D’autres sont tentés de couper leur souffle pour faire croire à une panne de l’appareil (même s’il est vrai que les éthylomètres souvent sollicités ne sont pas exempts de dysfonctionnements).

De telles ruses auront du mal à prospérer. Les tribunaux considéreront qu’il y a bien refus de la part du conducteur. C’est encore ce qu’a rappelé récemment, le 26 novembre 2019, la Cour de cassation (chambre criminelle, n°19-82017) en présence d’un « procès-verbal de constatation [ayant] décrit de façon précise et circonstanciée le refus délibéré de M. D. de se soumettre aux vérifications de l’imprégnation alcoolique […], en coupant volontairement à huit reprises son souffle au bout de deux secondes ».

Dans cette affaire, la mauvaise foi du conducteur était plus qu’évidente, les agents des forces de l’ordre l’avaient également conduit à l’hôpital pour un prélèvement sanguin en vue d’une analyse. Mais « moins de deux heures plus tard, M. D. a quitté l’hôpital en fuyant et en prenant préalablement le soin de dérober ses prélèvements sanguins avec le kit de prélèvement destinés à mesurer son alcoolémie ».

Deux délits pour le prix d’un
Le refus de souffler peut s’avérer un très mauvais calcul. Il ne sera pas inutile, tout d’abord, de souligner que parfois, le résultat qui s’affiche à l’éthylomètre n’est pas aussi important que ne pouvait le redouter le conducteur. Le conducteur contrôlé peut certes avoir bu, mais le taux retenu à son encontre peut ne correspondre qu’à une contravention pour laquelle la procédure de l’amende forfaitaire sera appliquée sans mesure de suspension du permis de conduire.

Et dans le meilleur des cas, l’éthylomètre peut afficher un résultat certes positif mais en deçà du seuil contraventionnel : à partir de 0,25 mg/l d’air expiré, et 0,10 mg/l pour le régime probatoire (ce qui correspond respectivement à 0,5 g/l de sang et 0,2 g/l). Mais la plus mauvaise surprise pour celui qui tenterait d’éluder le contrôle d’alcoolémie pourrait être de se voir poursuivre non pas pour un délit mais pour deux : le refus de se soumettre aux vérifications et le délit de conduite en état d’ivresse manifeste.

Pour ce second délit, le juge ne s’appuiera pas sur le résultat d’un éthylomètre mais sur les constatations des agents pour condamner. La sanction pourra donc s’avérer plus lourde avec une condamnation pour deux délits que pour une condamnation pour un délit de conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Et du point de vue des points, l’addition sera plus élevée : avec deux délits commis concomitamment, le conducteur se verra retirer huit points sur son permis de conduire.

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Don du sang : la période d’abstinence des homosexuels réduite à partir d’avril

Don du sangLa réduction de cette période d’abstinence avait été annoncée en juillet par le ministère de la Santé, pour une entrée en vigueur initialement prévue le 1er février 2020.

La période d’abstinence d’un an que doivent respecter les homosexuels pour donner leur sang sera réduite à 4 mois à partir du 2 avril, selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel.

La réduction de cette période d’abstinence avait été annoncée en juillet par le ministère de la Santé, pour une entrée en vigueur initialement prévue le 1er février 2020.

Elle a finalement été décalée au 2 avril, notamment en raison du délai nécessaire pour imprimer la nouvelle version du questionnaire que doivent remplir tous les les candidats au don, a expliqué la Direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère. C’est dans ce questionnaire que figurent les critères sur l’activité et l’orientation sexuelles.

« La date de fin de consultation des parties prenantes sur les projets définitifs d’arrêté et de questionnaire pré-don était mi-décembre, ce qui explique la publication de l’arrêté ce jour », selon la DGS.

« Une première étape »
Lors de son officialisation en juillet, le ministère de la Santé avait présenté la réduction de cette période d’abstinence comme « une première étape » vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé « à l’horizon 2022 ».

But de cette phase intermédiaire : s’assurer que la levée des conditions spécifiques appliquées aux donneurs homosexuels n’augmentera pas le risque de contamination pour les receveurs lors des transfusions sanguines.

De 1983 à 2016, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ne pouvaient pas du tout donner leur sang, en raison des risques de transmission du virus du sida. Ces conditions ont été assouplies en 2016 avec l’instauration d’un délai d’abstinence d’un an. Il avait toutefois suscité les critiques d’associations homosexuelles qui y voyaient une discrimination à leur égard.

Chaque année, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Et chaque année, il faut en moyenne recruter 170.000 nouveaux donneurs pour avoir les 10.000 dons par jour nécessaires pour répondre aux besoins des malades. Un million de patients par an sont soignés chaque année avec des produits sanguins. Depuis 2016, les homosexuels peuvent donner leur plasma selon les mêmes critères que les autres donneurs.

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L’Europe, un marché que rêveraient de conquérir les professionnels du cannabis légal

cannabisAlors que plusieurs acteurs ont émergé aux États-Unis et au Canada après la légalisation du cannabis, les professionnels du secteur tentent de séduire les autorités européennes. Le marché total sur le Vieux continent, y compris illégal, pèserait 55 milliards de dollars par an.

Après l’Amérique du Nord, les professionnels du cannabis rêvent de conquérir le marché européen, en particulier le Royaume-Uni, et misent sur un changement d’image de la plante psychoactive, malgré les freins réglementaires et les débats éthiques.

Santé, cosmétique, bien-être, alimentaire … Les multiples déclinaisons de la marijuana étaient au centre d’une journée dédiée à la promotion de ce secteur et organisée jeudi à Londres par la banque d’affaires Bryan Garnier. Pour l’heure, le marché du cannabis légal en Europe, où l’usage médicinal est autorisé dans la plupart des pays de l’UE et actuellement testé en France, tourne autour de 1 milliard de dollars, explique à l’AFP Nikolaas Faes, analyste pour la banque d’affaires. Par comparaison, le marché américain légal pèse 12 à 13 milliards de dollars.

« L’Europe est un marché très petit, notamment à cause de la diversité des problèmes légaux (…). Les responsables politiques ne sont pas encore complètement prêts, mais ça progresse », estime Nikolaas Faes. Selon lui, la légalisation pourrait rapporter gros, puisque le marché total en Europe, en incluant le trafic illégal, est estimé à 55 milliards de dollars.

Mouvement lancé au Canada et aux États-Unis
Les dirigeants du secteur s’appuient sur l’exemple nord-américain. Le Canada a légalisé le cannabis l’an dernier. Aux États-Unis, la loi fédérale le considère comme une drogue dure mais onze États ainsi que la capitale américaine ont légalisé son usage récréatif.

Au Royaume-Uni, le parti des libéraux-démocrates a proposé dans son programme pour les élections législatives du 12 décembre de légaliser la marijuana. Près de la moitié des Britanniques (48%) sont pour, selon un sondage publié en juillet par YouGov pour le compte d’un groupe de réflexion du parti conservateur. Le débat reste toutefois vif et le système de santé britannique, le NHS, ne manque pas de rappeler les effets néfastes de l’usage récréatif du cannabis, qui augmente notamment les risques de développer des maladies comme la schizophrénie.

Le Royaume-Uni a néanmoins légalisé en novembre 2018 l’usage thérapeutique, une décision intervenue à la suite de l’histoire de deux enfants britanniques épileptiques qui n’avaient pas pu faire venir dans le pays leur traitement à base de cannabis, ce qui avait créé une polémique. Si les médecins ont désormais la possibilité de prescrire des médicaments basés sur la plante controversée, il est dans les faits très difficile pour les patients d’en obtenir du fait du manque de traitements disponibles et des questions sur leur efficacité.

Des entreprises qui tentent de surfer sur les produits relaxants
« Il faut comprendre qu’un marché légal ne signifie pas un marché ouvert. Au Royaume-Uni nous avons des marchés légaux mais nous avons moins de 200 patients », souligne Stephen Murphy, à la tête de Noble, un cabinet de recherche sur le cannabis. Au-delà du domaine médical, une myriade d’entreprises tentent de surfer sur la mode des produits à base de CBD (cannabidiol), un des principes actifs du cannabis non psychoactif, contrairement au tetrahydrocannabinol (THC).

Le CBD est censé avoir des effets relaxants et anti-inflammatoires, et se vend sous forme d’extraits ou d’huile par exemple, mais son marché souffre de l’absence de règles claires. « Cela cause des problèmes parce que les gens ne savent pas ce qui est légal ou non », regrette Farzad Moshfeghi, directeur général de Winchester MD, société britannique qui vend des produits CBD. Et le produit ne rassure pas les autorités sanitaires, alors qu’en Belgique, début novembre, un jeune de 18 ans est mort des suites d’une insuffisance respiratoire attribuée par les autorités sanitaires au vapotage d’une e-cigarette contenant du cannabidiol.

Par ailleurs, la légalisation du cannabis ne permet pas nécessairement de tuer le marché noir, notamment à cause de problèmes de pénurie. Ainsi au Canada, qui a légalisé le cannabis en octobre 2018, selon la dernière enquête de Statistique Canada sur le sujet publiée fin octobre, 53% seulement des consommateurs déclaraient obtenir tout ou partie de leur cannabis de source légale au 2e et 3e trimestre de cette année (dont 28% uniquement auprès de distributeurs respectant la loi). Le nombre de consommateurs, à 5,2 millions de Canadiens, est quant à lui stable par rapport à il y a un an.

Déjà des géants du cannabis en Bourse
Quoi qu’il en soit, en l’absence d’une réglementation harmonisée et à cause d’une image encore sulfureuse, les start-up en Europe ont du mal à trouver des financements, alors que certaines entreprises nord-américaines sont déjà cotées en Bourse, même si, après avoir vu leurs actions flamber dans un premier temps, leur parcours sur les marchés est plutôt chaotique depuis.

Le plus gros acteur est sans conteste Canopy Growth, coté sur le Nyse, qui affiche une capitalisation boursière de 6,6 milliards de dollars, malgré une action en repli de 46% sur un an. Vient ensuite le canadien Aurora Cannabis, avec 2,6 milliards de dollars de capitalisation sur le Nyse (avec un titre en repli de 58% sur un an). Parmi les autres acteurs les plus importants outre-Atlantique, on pourra également citer les américains Cronos (qui pèse 2,4 milliards de dollars en Bourse sur le Nasdaq-GS, et dont le cours est en baisse de 26% sur un an) et Tilray (2 milliards de dollars de valorisation sur le Nasdaq-GS, dont l’action a chuté de 80% sur un an).

Malgré les différents freins au marché, les professionnels croient au potentiel du marché européen, quitte à patienter encore quelques années. « L’Europe deviendra le plus grand marché au monde d’ici dix ans. La demande est là », lance, confiant, Stephen Murphy.

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Mois sans alcool : même sans le gouvernement, des associations vont lancer leur « Dry January »

mois sans alcoolLa Fédération française d’addictologie dénonce une pression des lobbys et entend encourager les gens à relever ce défi malgré l’abandon du projet par le ministère de la Santé.

L’opération « Janvier sans alcool », campagne portée par le ministère de la Santé et l’agence nationale Santé Publique France qui devait être lancée en janvier 2020, a finalement été abandonnée par le gouvernement. La raison officielle : le « Dry January » (ou « Janvier sec ») n’avait « pas été validé », selon Agnès Buzyn.

Mais face à ce qu’elles considèrent plutôt comme une reculade du gouvernement devant le lobby de l’alcool, des associations ont tout de même décidé de lancer leur propre « Mois sans alcool », même sans la participation du ministère de la Santé.

« La Fédération Française d’Addictologie (FFA) et l’ensemble des associations sur le champ de l’addictologie (…) ont décidé de se mettre en mouvement pour que l’opération de mobilisation sociale sur le risque d’alcool initialement prévue par le Ministère de la Santé et Santé publique France, ait bien lieu en janvier 2020, malgré l’annulation du soutien de l’État par l’Élysée sous la pression des milieux viticoles », peut-on lire dans un communiqué de la FFA datant du 22 novembre.

Sur la base du volontariat, la FFA qui regroupe de nombreuses associations intervenant dans le champ des addictions  propose aux personnes de tenter l’expérience d’une pause dans leur consommation d’alcool durant tout le mois de janvier, de manière à évaluer leur rapport aux boissons alcoolisées.

Pour aider les participants à relever ce défi, les organisateurs mettront en place « une page Facebook et un slogan ». « On travaille aussi à la création d’un site », ajoute Amine Benyamina. Il sera également possible de suivre le compte Twitter « Dry January FRANCE » ou le hashtag #LeDéfiDeJanvier pour obtenir des informations sur l’opération et être soutenu pour ce défi par toute une communauté de participants.

La FFA explique qu’elle entend « réussir cette mobilisation citoyenne et de la société civile pour intervenir sur la deuxième cause de mortalité évitable à l’échelle nationale », qui fait 42.000 morts par ans dans l’Hexagone.