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Ce que vous humez quand la pluie tombe

pluis gifVous pensiez que l’eau tombée du ciel n’avait pas de senteur ?

Quand les premières grosses gouttes d’une  pluie d’été tombent sur le sol chaud et sec, n’avez-vous jamais reniflé une odeur particulière ?  Dans mes souvenirs d’enfance, des parents agriculteurs décrivaient comment ils pouvaient toujours «sentir la pluie» juste avant une tempête.

Bien sûr, la pluie en elle-même ne contient aucune odeur. Pourtant, juste au début d’une bonne averse, une senteur appelée pétrichor imprègne l’air. Issue du sol, elle semble agréable à celles et ceux qui la distinguent car musquée et fraîche.

Cette odeur résulte de l’humidité du sol. En 1964, des scientifiques australiens ont étudié pour la première fois ce phénomène. Ils l’ont baptisé pétrichor. Mais il a fallu attendre les années 2010 pour que son mécanisme soit décortiqué par des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

Décelable à des niveaux faibles
Le pétrichor est une combinaison de composés chimiques odorants issue d’huiles fabriquées par des plantes. Des micro-organismes, les actinobactéries, constituent la base du pétrichor. Ils prolifèrent dans les zones rurales et urbaines ainsi que dans les environnements marins. Minuscules, ils transforment la matière organique morte ou en décomposition en composés chimiques simples pour fabriquer les nutriments nécessaires au développement des plantes et d’autres organismes.

Sous-produit de cette activité, un composé organique appelé géosmine se combine au pétrichor et lui donne son odeur. Similaires à l’alcool dénaturé, ses molécules ont tendance à dégager une forte odeur. De plus, sa structure chimique complexe le rend particulièrement décelable à des niveaux extrêmement faibles: nos nez peuvent détecter quelques parties de géosmine par mille milliards de molécules d’air.

Pendant une période de sécheresse, le taux d’activité de décomposition des actinobactéries ralentit. Mais juste avant un événement pluvieux, l’air s’humidifie de même que le sol. L’activité des actinobactéries s’accélère et forme davantage de géosmine.

Ce qui fait que lorsque les gouttes de pluie tombent sur le sol en particulier sur des surfaces poreuses telles que des sols meubles ou du béton brut, elles éclaboussent et éjectent de minuscules particules appelées aérosols.

La géosmine et les autres composés d’un pétrichor présents sur le sol ou dissous dans la goutte de pluie sont libérés sous forme d’aérosol et transportés par le vent vers les zones environnantes. Si la pluviométrie est assez forte, l’odeur de pétrichor se diffuse rapidement grâce au vent et alerte ainsi les gens que la pluie est imminente.

L’orage passé, le parfum disparaît, et le sol commence à sécher. Les actinobactéries redeviennent inactives. Elles sont prêtes pour la prochaine perturbation, et à nous envoyer un nouveau signal odoriférant quand la pluie menacera.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.

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Les jeux de l’amour et du hasard

journal dun sexologueInspirant depuis des siècles les poètes, l’alchimie de l’amour pourrait bien se résumer à une simple formule arithmétique.

A des années lumières de la pièce de théâtre de Marivaux et des vers passionnés d’Aragon, des chercheurs de l’Université de Washington ont mis au point un modèle mathématique capable de prédire l’issue d’un mariage.

Contrairement à la physique ou aux mathématiques, les relations humaines n’obéissent pas à des lois générales scientifiques. Mais à défaut de théorème, des scientifiques ont tenté de modéliser certains aspects sociaux. Aujourd’hui, c’est au tour de l’alchimie amoureuse. Des chercheurs américains de l’Université de Washington affirment avoir mis au point un modèle mathématique capable de prédire la durée d’un couple.

Prédire l’avenir du couple avec 94 % de précision
Alors que Newton a permis à la physique de décoller en mettant en équation les phénomènes observés, John Gottman, directeur de l’Institut des Recherches sur les Relations, regrette que la psychologie sociale ait tendance à délaisser les mathématiques. Associé aux mathématiciens James D.Murray et Kristin Swanson, il entend bien rattraper ce « retard ».

Comme matière première, les chercheurs ont épluché 10 ans de recherches effectuées sur plus de 600 couples mariés. Au total, des centaines d’heures de conversation enregistrées dans le laboratoire du Pr. Gottman ont été passées au crible. Selon le psychologue, quelques minutes d’une discussion sur un sujet de désaccord difficilement abordable comme l’argent ou le sexe suffiraient à faire apparaître des problèmes sous-jacents. La gestion de ces accrocs permettrait de prévoir si les amoureux vont couler de longs jours heureux.

L’amour côté en bourse ?
Par exemple, si le mari lève les yeux au ciel pendant un entretien, des points sont enlevés au baromètre de l’amour. Si l’humour est au rendez-vous, des points sont ajoutés. L’évolution est ainsi portée sur un graphique surnommé « Dow Jones de la conversation ». Si la tendance est à l’inflation, c’est bon signe pour nos tourtereaux mais si la courbe chute, la météo amoureuse risque de virer au gris. Ajoutés à des questionnaires et à la prise du pouls, ces paramètres sont incorporés à un modèle mathématique capable d’interpréter et de prévoir.

« Les mathématiques utilisées sont d’un niveau trivial, alors que les résultats offrent une étonnante précision » ajoute le Pr. Murray. Testé sur 700 couples récemment mariés et revus quatre ans plus tard, cette machine infernale a permis d’identifier les futurs divorcés avec 94 % de précision. Des résultats supérieurs à bien des prédictions de thérapeutes.

Tiercé gagnant des couples qui durent
Les équations permettent de classer la relation autour de différents modèles de couples, dont trois sont jugés potentiellement stables sur une longue période :

Les peace and peace : Ces derniers évitent à tout prix les conflits et ne se disputeront jamais. Face à une divergence, l’écoute ne sera jamais suivie d’un effort de persuasion de l’autre.

L’amour vache : Comme des avocats dans un prétoire, ces couples peuvent se disputer pour un rien mais ont tendance à durer malgré des échanges passionnés.

Les casques bleus : Chacun écoute l’autre, respecte son opinion et le couple ne se dispute ainsi que très rarement.

Selon le Pr. Gottman, les problèmes surviennent chez les couples formés de personnalités ne pouvant s’accorder. Comme par exemple une femme prompte à se disputer et un mari qui fuit les conflits. Le psychologue estime que les graphes obtenus par ce modèle mathématique peuvent aider les couples à éviter le divorce, en s’appuyant la manière dont les courbes évoluent en fonction des attitudes des partenaires.

En disposant d’une représentation visuelle de l’origine du désaccord, le psychologue estime pouvoir amener les couples à plus d’harmonie : en conseillant à l’homme à répondre aux attaques et à la femme à modérer ses accès de colère par exemple. En mettant ainsi en évidence les faiblesses du couple, le thérapeute affirme avoir réussi à aider 65 % des couples qui ont ainsi abandonné l’idée de divorce.

Quand les mathématiques accréditent une vision simpliste
Mais cette modélisation de l’alchimie amoureuse ne rend pas sceptique que les poètes… Psychothérapeute, formateur et sexothérapeute, Alain Héril avoue être très sceptique sur ce genre d’approche qui a tendance à ne pas prendre en compte une dimension essentielle,  l’inconscient : « Qu’est-ce qui fait qu’une personne va en choisir une autre ? Outre quelques éléments quantifiables, beaucoup d’autres difficilement appréciables (l’envie, le besoin, etc.) font qu’il s’agira de ce partenaire et non d’un autre. De plus, ces modèles n’ont pas de valeur universelle et sont très ancrés dans un contexte culturel : occidental en l’occurrence. Quelle valeur accorder aux résultats de ce programme dans des sociétés orientales ? ».

Selon lui, cette approche mécanique selon laquelle telle attitude d’un partenaire entraîne telle réaction de l’autre est une simplification un peu sommaire de la réalité. Néanmoins, la possibilité de pouvoir disposer d’un support visuel dans la psychothérapie de couple pourrait avoir un effet « aidant », en levant certaines inhibitions. Mais il ne s’agit en aucun cas de la solution ultime.

Enfin, résumer la réussite d’un tel outil en avançant le pourcentage de couple ayant abandonné l’idée de divorce est pour le moins critiquable. « On entre alors dans des jugements moraux. Le divorce est considéré comme un échec, alors qu’en réalité une séparation est parfois le gage d’une vie personnelle plus heureuse. Une séparation n’est pas toujours une mauvaise chose et certains couples en sont parfaitement conscients » ajoute Alain Héril. Dans un contexte culturel et moral très puritain, cette approche mathématique des relations pourrait bien constituer une nouvelle exception culturelle.

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Les tortues marines se féminisent avec la hausse des températures

tortueMâle ou femelle ?   Pour nombre d’espèces, le sexe est déterminé par la température ambiante.

Entre autres bouleversements, les changements climatiques et la hausse prévues des températures ont et auront  donc un fort impact sur l’évolution de la biodiversité. Intéressons-nous ici à la situation de tortues marines confrontées à une planète qui se réchauffe, à l’occasion d’une récente publication sur le sujet dans le journal Global Change Biology.

Si, chez l’humain, le sexe est déterminé génétiquement, c’est loin d’être le cas pour l’ensemble des espèces. Chez certaines d’entre elles, la détermination du sexe se fonde sur la température que les jeunes subissent au cours de leur développement. Pour un certain nombre d’espèces de tortues, par exemple, un œuf incubé dans un environnement chaud donnera plutôt une femelle.

Ce facteur est source d’inquiétude : qu’arrivera-t-il à ces espèces avec les hausses de température prévues pour les années à venir ?   Le prédire n’est pas si simple. Plusieurs éléments doivent être pris en compte, ce qui rend toute conclusion délicate à formuler.

Prenons le cas des tortues marines vertes dont parle l’article scientifique . On y lit que le sex ratio des tortues est actuellement de 52 % en faveur des femelles. Et que, en suivant les prédictions climatiques du GIEC, la hausse de la part des femelles dans les naissances globales s’échelonnerait de 76 à 93 %.

Pour commencer, soulignons l’hétérogénéité des chiffres, très différents selon les sites de pontes, les lieux, l’âge des tortues étudiées (éclosion, jeunes adultes, adultes reproducteurs …). Mais globalement, il semble se dégager une tendance : le sex ratio serait biaisé en faveur des femelles, voire très fortement pour certaines populations aux stades les plus jeunes.

Est-ce là un effet du changement climatique déjà visible ?   A priori non : cela serait plutôt lié au comportement de reproduction et de ponte des tortues marines : une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles et vice-versa, et pondre plusieurs fois dans la même année. Si l’on s’interroge sur l’impact réel d’un fort taux de femelles au sein d’une population de tortues, une proportion plus importante n’est donc pas forcément une catastrophe, au contraire.

D’autres éléments du comportement de ponte sont à prendre en compte : choix des sites de ponte, profondeur des nids, température locale du nid due à l’ombrage ou le relief local, etc …   Dans un contexte global où les températures augmentent, les choix locaux et individuels des femelles lors de la ponte peuvent donc grandement modifier la température réellement subie par les œufs.

Un autre phénomène observé chez les tortues marines a une grande importance et doit aussi être prise en compte : la philopatrie. Là-encore, les recherches sont en cours, mais il est communément admis que les tortues ont plutôt tendance à pondre ou à s’accoupler avec des femelles qui pondent sur la plage où ils sont nés. Si nous simplifions un peu, un site produisant un sex ratio trop déséquilibré et qui ne permettrait plus une reproduction suffisante verrait donc le nombre de pontes qu’il accueille diminuer du fait de la philopatrie, jusqu’à l’abandon du site de ponte. Au contraire, un site dont les conditions locales conduiraient à un sex ratio plus équilibré verrait le nombre de pontes accueillies se maintenir ou augmenter.

Enfin, la température à partir de laquelle un œuf produit une femelle n’est pas la même selon les espèces, et au sein d’une espèce selon les populations et les individus. Cette température « pivot » peut donc elle aussi évoluer, par sélection naturelle, et permettre aux populations de s’adapter aux hausses de températures.  En somme, plusieurs éléments peuvent venir atténuer voire contrecarrer les effets a priori négatifs du réchauffement climatique. Mais si ces éléments d’atténuation disparaissaient ?  Ou s’ils devenaient inefficaces du fait de changements trop importants ?

Il y a lieu de s’inquiéter, selon certaines études. Ainsi, si un sex ratio déséquilibré en faveur des femelles n’avait pas forcément d’effet négatif sur la population de tortues marines, cela n’est évidemment plus vrai s’il devient beaucoup trop déséquilibré et pendant longtemps. De même, l’ensemble des comportements décrits ci-dessus peuvent être totalement remis en cause si le nombre potentiel de sites de ponte diminue.

Or, à cause de la hausse du niveau des mers ou encore de l’urbanisation des littoraux, les sites de ponte potentiels ont tendance à diminuer en nombre ou en qualité. Et pour finir, l’évolution des températures pivots que l’on pourrait imaginer n’est pas un phénomène rapide, et pourrait donc ne pas permettre une adaptation suffisante au regard de la vitesse du changement climatique.

La situation est complexe : il est bien difficile de prévoir ce qui peut se passer dans les prochaines années. Dans l’article cité, les chercheurs ont proposé un modèle prédictif concluant que les tortues marines se maintiendraient malgré le changement climatique jusqu’en 2100. Rien n’empêche cependant, et dès maintenant, de prendre des mesures en faveur des tortues marines : préservation des sites de ponte, lutte contre les causes de mortalité en mer (filets de pêche, déchets plastiques en mer …). Une action nécessaire si l’on veut protéger ces magnifiques reptiles marins vieux de millions d’années.

Publié dans Texte Santé

Ce que le manque de sommeil fait à votre corps

manque sommeilLe réveil sonne, vous êtes encore plus fatigué que la veille : encore cinq minutes, ça changera peut-être quelque chose. Dix minutes plus tard, aucune différence, mais il faut vraiment se lever.

Crevé, vous commencez votre rituel matinal avant de partir au boulot. Pourtant hier soir, vous avez tout tenté pour trouver le sommeil de bonne heure : tisane relaxante, méditation, ASMR. Trop tard, il faudra attendre dimanche matin pour dormir. Des scientifiques des universités d’Oxford, Cambridge, Harvard, Manchester et Surrey ont découvert que nous dormions deux heures de moins que dans les années 1960.

dr. neil stanley, auteur de how to sleep wellCar depuis, notre mode de vie a changé. Nous sommes stressés par le travail, avons les yeux rivés sur un écran toute la journée et consommons une importante quantité de café quotidiennement. Le Dr. Neil Stanley, auteur de How to sleep well, déclare au Telegraph : «Il n’y a pas une seule bonne chose à propos du manque de sommeil. Pourtant nous vivons dans une société qui au mieux ignore le repos et au pire, ne le considère pas comme un signe d’honneur.»

Un manque avec des répercussions
Estimer que le sommeil n’est qu’une option n’est pas sans conséquences sur notre santé. D’après le Dr. Stanley, un temps de sommeil insuffisant multiplierait par quatre les risques d’attraper un rhume. Il engendrerait aussi une diminution de l’empathie et de la motivation, une concentration médiocre et un temps de réaction plus lent.

À long terme, les risques de développer des pathologies graves comme le diabète, la maladie d’Alzheimer, l’obésité, le déclin cognitif, la dépression ou des maladies cardiaques augmenteraient. De plus, dormir peu donnerait faim, très faim. Des chercheurs et chercheuses de l’université de Pennsylvanie ont constaté que dormir moins de six heures par nuit diminuerait nos niveaux d’hormones liées au sentiment de faim (la ghréline) et de plénitude (la leptine).

En clair, difficile de se sentir rassasié quand on est fatigué. La Dre. Sara Gottfried, autrice de Youngerby, explique au média anglais que le cerveau est l’organe le plus touché par l’absence de sommeil. Pendant la nuit, il élimine les toxines de vieillissement en créant un espace entre les cellules 60% plus grand que pendant la journée. Mais bonne nouvelle, il est possible de rattraper ses nuits. Sara Gottfried indique que piquer un somme serait plus réparateur qu’une grasse matinée : une sieste de vingt minutes équivaudrait à une heure de sommeil nocturne.

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Pourquoi la science aime tant les jumeaux

jumeauxSœurs jumelles nées sous le signe des gémeaux aident et intriguent la science depuis 1875.

Francis Galton, un chercheur anglais, est le premier à avoir mis les jumeaux sous le microscope. Le phénomène de gémellité a particulièrement été utilisé pour répondre aux questions sur l’inné et l’acquis.

La dernière découverte scientifique en date sur le sujet a été révélée dans une étude publiée le 14 janvier 2019 dans la revue Nature Genetics. Elle montre que nos gènes joueraient davantage sur notre prédisposition aux maladies que les facteurs extérieurs. Les scientifiques ont analysé les fiches d’assurance-maladie de 56.000 jumeaux et jumelles aux États-Unis et ont décelé que 40% des 560 infirmités trouvées étaient dues à une composante génétique et 25% à l’environnement.

Les causes de certains troubles de santé sont identifiables dans notre séquence ADN,  les jumeaux partageant les mêmes gènes, ils offrent un point de comparaison bien utile. Lorsque ces sujets déclarent une maladie, il est ainsi plus aisé d’en identifier l’origine : héréditaire (les deux individus sont touchés), ce que la science appelle l’inné, ou au contraire environnementale (un seul individu tombe malade), ce que l’on nomme l’acquis.

Voir double pour y voir plus clair
Au cours des dernières années, les jumeaux ont permis de faire avancer la recherche sur les composantes génétiques de maladies mentales, de l’épilepsie ou encore de l’autisme. La Nasa a également mené ses propres expérimentations : elle a analysé la mutation des gènes de l’astronaute Scott Kelly après un an passé dans l’espace, en les comparant à ceux de son frère jumeau Mark resté sur Terre.

Mais la gémellité a aussi inspiré le secteur technologique. Le département de la police de Los Angeles a par exemple amélioré son système d’empreintes digitales en comparant celles de jumeaux, et des équipes de recherche en biométrique ont perfectionné leur technique de reconnaissance faciale et vocale grâce a eux.

Aux États-Unis, trente-trois femmes sur mille gémellent et quatre sur mille donnent naissance à des bébés véritablement identiques. Ces taux augmentent depuis quelques décennies en raison de facteurs sociétaux accentuant le risque de grossesse multiple : les femmes ont des enfants plus tard, prennent des médicaments pour la fertilité ou usent de fécondations in vitro, de quoi réjouir les scientifiques.

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Voici le régime « idéal » pour votre santé et celle de la planète

nutritionDes chercheurs disent avoir mis au point un « régime alimentaire idéal », qui consiste notamment à doubler la consommation de noix, de fruits, de légumes et de légumineuses, et à réduire de moitié celles de viande et de sucre.

Comment nourrir sainement 10 milliards d’humains d’ici 2050 tout en préservant la planète ?  En divisant par deux la consommation mondiale de viande rouge et de sucre et en doublant celle des fruits, des légumes et des noix, répondent jeudi 17 janvier des spécialistes dans un rapport (en anglais) coréalisé par la revue médicale The Lancet et l’ONG Fondation EAT.

Ce rapport, qui a mobilisé pendant trois ans 37 experts de 16 pays, établit un « régime de santé planétaire », dont le but est de garantir un « équilibre entre les besoins en matière de santé humaine et les impacts environnementaux ». « Les régimes alimentaires actuels poussent la Terre au-delà de ses limites et sont source de maladies : ils sont une menace à la fois pour les gens et pour la planète », écrivent les auteurs.

De quoi éviter « 11 millions de décès » par an
Pour protéger sa santé et l’environnement, il faudrait, selon eux, consommer chaque jour en moyenne 300 grammes de légumes, 200 grammes de fruits, 200 grammes de graines entières (riz, blé, maïs, etc.), 250 grammes de lait entier (ou équivalent), mais seulement, 14 grammes de viande rouge, soit dix fois moins qu’un steak de taille classique. A défaut de viande rouge, les protéines pourraient provenir de la consommation de volaille (29 g), de poisson (28 g), d’œufs (13 g) voire de noix en tout genre (50 g), préconisent ces experts.

Selon eux, un tel régime permettrait d’éviter environ « 11 millions de décès prématurés par an » dans le monde, soit un cinquième du nombre total de morts, alors que la population mondiale atteindra 10 milliards d’individus d’ici 2050. Il serait également bon pour la planète, puisque « la production alimentaire mondiale menace la stabilité de notre système climatique et [nos] écosystèmes ».

Un régime adaptable selon les régions du monde
Au niveau mondial, ce régime passe par « un doublement de la consommation d’aliments sains tels que les fruits, les légumes, les légumineuses et les noix ». A l’inverse, il faut « réduire de plus de 50% la consommation d’aliments moins sains, tels que les sucres ajoutés [par exemple dans les sodas] et la viande rouge », et éviter les aliments hautement transformés.

« Cela ne signifie pas que la population mondiale devrait manger exactement le même ensemble d’aliments », soulignent les spécialistes. Plutôt que définir un régime unique, ils ont fixé des « fourchettes d’ingestions recommandées par groupes d’aliments ». Ce « régime complet » pourra être adapté localement selon « la culture, la géographie et la démographie ».