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La Chine crée une application pour reconnaître les pandas

pandaL’application permettra aux chercheurs de collecter des informations plus précises sur la population de pandas, à la fois en captivité et à l’état sauvage.

La Chine a développé une application qui permet aux scientifiques d’identifier les pandas individuellement grâce à la technologie de reconnaissance faciale, a annoncé vendredi l’agence étatique Chine nouvelle.

Les chercheurs ont également mis au point une base de données contenant plus de 120.000 photos et 10.000 vidéos de pandas géants pour leur permettre de mieux identifier les animaux, en captivité et à l’état sauvage.

« L’application et la base de données vont nous permettre de collecter des informations plus précises et plus complètes sur la population, sa répartition, son âge, la proportion par genre, les naissances et les décès des pandas sauvages, qui vivent dans des montagnes reculées et sont difficiles à suivre », a expliqué à Chine nouvelle Chen Peng, un chercheur du Centre chinois pour la conservation et l’étude des pandas géants.

L’année dernière, la Chine avait annoncé vouloir créer une réserve pour les pandas géants faisant trois fois la taille du Parc national américain de Yellowstone, pour rapprocher les animaux et encourager les croisements entre les populations de pandas sauvages, notoirement lents à se reproduire.

Moins de 2000 pandas à l’état sauvage
Un budget de plus de 10 milliards de yuans (1,3 milliard d’euros) est prévu pour le Parc national du panda géant, situé dans le sud-ouest montagneux de la Chine dont l’animal est un emblème national, selon le quotidien étatique China Daily.

Les pandas géants ont un taux de fécondité très bas, un facteur clé avec la disparition de leur habitat naturel de leur raréfaction, au point qu’ils sont classés comme espèce menacée.

Plus de 80% des pandas sauvages de la planète vivent dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), le reste se répartissant entre le Shanxi (centre) et le Gansu (nord-ouest). En novembre, 548 pandas géants étaient en captivité, tandis que la population sauvage est passée sous la barre des 2000 individus, selon Chine nouvelle.

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Publié dans Texte Santé

Le jeûne thérapeutique, « intuition prometteuse » ou pratique à risque ?

Le jeûne thérapeutiqueLa « détox » et le jeûne sur plusieurs jours ont le vent en poupe, même chez les personnes atteintes d’un cancer souhaitant alléger les effets de la chimiothérapie. Pourtant, la recherche reste très balbutiante sur le sujet et les professionnels de santé rappellent les risques.

« Médicalement, le jeûne aujourd’hui, c’est ‘Circulez, il n’y a rien à voir' » constate auprès de BFMTV.com Bruno Falissard, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à l’Inserm. En termes de jeûne, le professeur s’y connaît : il est l’un des auteurs du rapport Évaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique, mené par l’institut de recherche médicale en 2014.

Au regard du nombre de personnes qui le pratiquent chaque année (4000-5000 selon l’Institut national du cancer), les conclusions scientifiques manquent cruellement sur les effets de cette privation de nourriture.

Du jeûne sec sans eau aux stages « jeûne et randonnée » à boire bouillons clairs et tisanes, en passant par le saut de repas ou la consommation d’aliments uniquement crus, les diètes ont le vent en poupe. Le corps aurait besoin de se « détoxifier », de se purifier, le foie d’être nettoyé, le côlon débarrassé de ses impuretés.

A l’origine, la démarche est plutôt saine : s’interroger sur son alimentation, son mode de vie et ce qu’on peut améliorer. Sauf qu’une multitude de pratiques prolifèrent aujourd’hui sans de réel contrôle médical ou législatif.

« Les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez »
« Dans notre société, les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez, pour être honnête », appuie Bruno Falissard à BFMTV.com. « Il y a de la marge. Que des gens partent dans le Larzac faire de la méditation en jeûnant, je n’ai rien contre. Ils font ce qu’ils veulent, a priori ça ne va pas leur faire du mal », souligne le chercheur.

Néanmoins, il confirme que dans « quelques cas », certaines structures « ressemblent à des sectes, avec des gourous, et le jeûne devient une conduite chronique, extrême et avec à la clé des possibilités de carences et de problèmes de santé ».

La mission gouvernementale de surveillance des sectes, la Miviludes, constate « une explosion de thérapeutes qui se prétendent avoir une science médicale ». Ce qui laisse la porte ouverte à un certain nombre de dérives : stages très onéreux, incitation à l’achat de produits dérivés, mise en danger de personnes fragiles (physiquement ou psychologiquement), voire la mort de certains sujets.

A l’exemple des parents de Kérywan, 16 mois, qui avaient été condamnés en 2005 pour avoir laissé leur fils mourir de malnutrition. En plus de ce couple se revendiquant « kinésiologues », trois médecins que Libération présentait alors comme « homéopathes » avaient été condamnés pour « non-assistance à personne en danger ».

Seules deux études exploitables
Au-delà de l’inquiétude sectaire, le jeûne inquiète, voire agace certains professionnels de santé. En août 2017, l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) a tenu à mettre les points sur les i sur la « détox ». « Le jeûne est dangereux pour l’organisme, qui a besoin de toute l’énergie et de tous les nutriments fournis par l’alimentation », martèle-t-elle.

Diminution de la masse musculaire, déficit du système immunitaire, déficiences en énergie, vitamines et minéraux, déséquilibre électrolytique voire décès. Dans son communiqué, l’AFDN liste les dangers du jeûne, a fortiori pour les personnes fragiles : enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes, etc …

Dans la littérature médicale et scientifique, l’Inserm n’a repéré que quatre études menées avec une population-témoin, dont une seule « méthodologiquement bien menée » qui concluait à des effets positifs sur un petit échantillon.

L’Institut national du cancer confirme de son côté à BFMTV.com que les études cliniques menées sur l’Homme sont « peu nombreuses » et de « faible qualité », « pas suffisamment robustes pour conclure à l’intérêt du jeûne au cours des traitements de cancers, ni même en prévention ».

Jeûner avec un cancer, une « pratique pas sans risque »
Attention donc aux modifications drastiques de son régime alimentaire, à plus forte raison quand on est atteint d’un cancer.

« La pratique du jeûne pour les personnes ayant un cancer n’est pas sans risque », appuie l’Institut national du cancer auprès de BFMTV.com. « Du fait de leur maladie et de leurs traitements, ils présentent déjà un risque de dénutrition qui peut être aggravé par la pratique du jeûne », voire nuire à leur pronostic vital.

Pourtant, « on trouve des choses qui vont plutôt dans le sens positif », remarque Bruno Falissard, qui cite une étude publiée en avril 2018. Dans cet essai clinique avec population-témoin, mené sur 34 personnes, le jeûne à court-terme semble « être bien toléré, améliorer la qualité de vie et réduire la fatigue » durant la chimiothérapie. C’est néanmoins une petite cohorte, « et les petits essais on leur fait dire un peu tout ce qu’on veut », songe le professeur.

Un article publié dans la revue BMC Cancer un mois avant l’étude citée plus haut résume bien l’état des recherches sur l’effet du jeûne pendant la chimio : s’il y a une « intuition prometteuse », elle requiert du temps et des efforts pour être validée par des essais cliniques dignes de ce nom.

Une « intuition prometteuse » qui demande confirmation
L’Institut national du cancer recommande pour le moment aux médecins dont les patients jeûnent de leur rappeler que la pratique est à risque, mais de leur proposer une surveillance adaptée par un nutritionniste s’ils persistent. Quant aux jeûneurs en bonne santé, l’AFDN maintient que « la véritable détox, c’est une vie saine et une alimentation équilibrée ».

Et sa commission scientifique de conclure : « Une semaine de randonnée, de baignade, de vélo, en mangeant trois repas équilibrés par jour, exerce tout autant la volonté, procure autant de plaisir voire plus, et est donc beaucoup plus efficace qu’un jeûne ou une cure détox sur la même durée. Et dans ce cas, les bénéfices sont démontrés : perte durable de poids, amélioration de la respiration et du sommeil et, globalement, meilleur équilibre physiologique et psychologique ».

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Les risques liés à l’exposition aux lumières LED

ledCe sont les premières recommandations sanitaires sur l’exposition aux LED depuis 2010. Dans son expertise publiée ce mardi, l’Anses confirme la toxicité des LED sur la rétine, notamment à cause de la lumière bleue qu’elles émettent.

L’agence met aussi en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques. Ces dangers sont encore plus présents chez l’enfant et l’adolescent.

C’est un document de 420 pages, que nous avons pu consulter dès lundi, dans lequel l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) retrace l’état des connaissances scientifiques sur l’exposition aux LED de 2010 à 2017 pour les mettre à jour.

Lampes ou spots à la maison, affichage ou signalisation dans la rue ou dans les transports, jouets ou objets de décoration, sans parler des téléviseurs, téléphones mobiles ou tablettes : les éclairages à LED ont envahi notre quotidien ces dernières années.

Des risques à court et long terme
Les LED, de l’anglais « light-emitting diode », diodes électroluminescentes en français, ont la particularité d’émettre un éclairage intense, avec une lumière riche en longueur d’onde courtes: c’est ce qu’on appelle la lumière bleue. Or notre exposition à cette source lumineuse n’est pas sans conséquence.

La lumière bleue trop puissante peut d’abord conduire à une baisse de la vue, à cause d’un effet toxique sur la rétine. Les données scientifiques recueillies depuis 2010 ont confirmé à la fois des risques à court et long terme. Une exposition chronique pendant plusieurs années à une lumière riche en bleu peut ainsi augmenter les risques d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Bon à savoir, les éclairages à LED de type « blanc chaud »; qui tire vers le jaune (température de couleur inférieure à 3 000 K) présents dans nos habitats présentent un faible risque de toxicité car ils ne se différencient pas trop des éclairages traditionnels. « Reste à savoir ce qu’il se passe sur l’éclairage à long terme. Cela n’a pas été encore bien étudié », estime le professeur Francine Behar-Cohen, ophtalmologue et présidente du groupe de travail sur les LED.

En revanche, les lumières des lampes torches, les phares automobiles, les décorations comme les guirlandes de noël et les jouets peuvent être particulièrement riches en bleu. Et elles ne sont pas pas encadrées par la même réglementation que les lampes domestiques.

« Il faut au moins éviter de les regarder de manière trop proche. L’Agence appelle à réglementer ces objets pour éviter d’avoir sur le marché des objets avec une luminosité trop intense », explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’ANSES.

Perturbation du rythme biologique et du sommeil
Deuxième risque pointé par l’Anses, celui d’une perturbation de notre rythme biologique, et donc de notre sommeil. Concrètement, la lumière reçue par la rétine va envoyer des messages vers l’hypothalamus, dans notre cerveau, pour lui donner une indication du moment de la journée. C’est cette zone qui va déterminer la production de la mélatonine, l’hormone du sommeil, dont la sécrétion débute environ 2 heures avant le coucher, à condition d’avoir une intensité de lumière importante pendant la journée et une obscurité totale pendant la nuit.

Avec une exposition à la lumière bleue le soir ou la nuit, aussi faible soit-elle, à travers les écrans (télévision, ordinateur, tablette, téléphones mobiles…), notre rythme biologique est perdu. Notre sommeil dégradé.

« Les effets sanitaires associés à la perturbation de l’horloge biologique peuvent être des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète, des pathologies cardio-vasculaires ou des cancers », précise Dina Attia, chef de projet dans l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’Anses.

Des risques accrus chez les plus jeunes
L’Agence recommande donc de limiter l’usage des dispositifs à LED les plus riches en lumière bleue, surtout chez les enfants. Les deux risques, à savoir la toxicité pour la rétine et la perturbation de notre horloge biologique, sont en effet encore plus vérifiés chez les jeunes: les enfants naissent avec un cristallin clair, qui ne remplit pas son rôle de filtre de lumière bleue. Globalement, les plus de 60 ans filtrent deux fois mieux cette source lumineuse qu’une personne de 20 ans.

Maux de tête, fatigue visuelle… Le troisième risque est celui de la variation de la lumière induite par les LED, très sensibles aux fluctuations du courant électrique. Il en ressort que les enfants, les adolescents, et les professionnels exposés constamment à des LED pourraient être plus sensibles à ces effets.

Des dispositifs de protection à l’efficacité inégale
L’Anses s’intéresse enfin aux moyens de protection contre la lumière bleue : filtres sur écrans d’ordinateurs, verres de lunettes… L’agence note « une efficacité très variable en fonction des dispositifs » pour prévenir les dommages sur la rétine.  « Ce n’est pas forcément une mauvaise idée », estime Olivier Merckel. « Mais l’efficacité est très variable. Nous demandons des référentiels pour que les consommateurs soient informés du taux de réduction de la quantité de lumière bleue, et de l’efficacité avec une exposition à long terme », ajoute l’expert.

Les experts notent en revanche l’utilité de diminuer la température de couleur (vers un blanc chaud) et la luminosité des écrans pour réduire la quantité de bleu.

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Vous avez joué à Pokémon dans votre jeunesse ? Votre cerveau a sûrement été modifié

pokemonLes personnes qui ont joué à Pokémon pendant leur enfance ont une zone de leur cerveau dédiée aux petites créatures, ont découvert des chercheurs. De la même manière que pour les personnalités célèbres.

Pokémon a marqué les esprits de centaines de millions de personnes et leur cerveau. Selon des chercheurs de l’université de Stanford, l’activité cérébrale des amoureux de Pokémon est différente de celle des non-initiés, rapporte le média américain Ars Technica. Les fans du jeu lui auraient même consacré une partie de leur cerveau.

Pour le prouver, les scientifiques ont soumis à des aficionados et à des non-initiés des images de petits Pokémon. Pour les premiers, une zone spécifique du cerveau a immédiatement réagi. Tandis que les personnes n’ayant jamais joué ou regardé Pokémon n’ont pas eu de réaction particulière.

Il s’agit du même phénomène que pour le « neurone Jennifer Aniston ». Il y a quelques années, des chercheurs américains avaient découvert que les cerveaux de différents patients familiarisés avec l’actrice réagissaient de la même manière quand on leur montrait une photo d’elle. Une zone, souvent située au même endroit, s’activait. Des résultats similaires avaient été obtenus avec des images du célèbre basketteur Kobe Bryant ou de l’ancien président des États-Unis, Bill Clinton.

Les chercheurs de l’université de Stanford ont cherché à comprendre comment se formaient ces zones, situées dans le lobe temporal médial impliqué dans le processus de mémorisation. Le choix d’étudier des joueurs ou anciens joueurs de Pokémon n’est pas anodin. Une étude de l’université de médecine de Harvard avait suggéré que plus une personne était confrontée jeune à un sujet, plus elle avait de chance de lui dédier une zone de son cerveau.

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Espèces menacées : pourquoi la cause du panda fédère-t-elle plus que le ver de terre?

pandaDu majestueux lion à l’insignifiant ver de terre, les représentations des animaux dans l’imaginaire collectif influencent programmes de conservation, levées de fonds, jusqu’au nombre d’études scientifiques qui leur sont consacrées.

« Ce ne sont pas juste les grands animaux charismatiques qui comptent, mais bien le coléoptère, le ver de terre, la chauve-souris  qui sont la clé de voûte des écosystèmes », rappelle auprès de l’AFP Robert Watson, président de la plateforme scientifique sur la biodiversité (IPBES) qui se réunit à partir de ce lundi à Paris.

Est-ce parce qu’une chenille est moche qu’elle ne mérite pas d’être protégée ?  Absolument pas, mais elle est moins susceptible de s’attirer l’affection du grand public quand il s’agit d’évoquer sa survie; certains sont d’ailleurs prompts à simplement l’écraser s’ils croisent son chemin. L’image des animaux n’est pas neutre dans l’intérêt qu’ils suscitent, au détriment parfois de l’impact bénéfique qu’ils ont sur leur environnement.

Taille, rareté, ressemblance avec l’être humain ou forme étrange, intelligence, comportement, danger.  De multiples facteurs influencent notre réaction face un animal.

« Ils nous rappellent un bébé humain »
« Mais l’un des plus importants, c’est s’il est mignon : des caractéristiques physiques comme des grands yeux et des traits doux éveillent nos instincts parentaux parce qu’ils nous rappellent un bébé humain », explique à l’AFP Hal Herzog, professeur de psychologie à l’université américaine West Carolina.

Exemple : le panda avec son masque noir, ses roulades et son air un peu perdu. Mais comparez-le avec une autre espèce asiatique encore plus en danger: la salamandre géante de Chine, suggère le spécialiste des relations hommes-animaux : « Elle ressemble à un gros sac de 65 kilos de bave brune avec de petits yeux perçants ».

Quant aux vers de terre sans yeux ni jambes, « ils ressemblent plus à une vie extraterrestre primitive qu’à un animal avec lequel un humain peut s’identifier », poursuit-il.

Tout de suite, ça fait moins envie. Ils sont pourtant essentiels à la vie des sols, mais comme les asticots, rats ou serpents, ils inspirent souvent le dégoût. Au contraire du tigre, du lion ou de l’éléphant, jugés comme les animaux sauvages les plus charismatiques dans une étude publiée dans PLOS One en juillet 2018.

Un animal n’est pas jugé « charismatique » forcément parce qu’il est « beau », « mignon » ou « majestueux », relevait d’ailleurs le travail universitaire. Le tigre, le lion et l’éléphant apparaissent plus facilement « dangereux » ou « impressionnantes ».

La culture populaire est aussi à l’œuvre : entre Sauvez Willy et Les Dents de la Mer, il y a un monde de représentations conscientes et inconscientes, susceptibles de susciter instinctivement le dégoût ou la sympathie pour un animal.

Et le grand public n’est pas le seul concerné: une étude de Scientific Reports a montré en 2017 une corrélation entre les préférences sociétales et les espèces les plus étudiées par les scientifiques. Une étude publiée en mars 2016 dans Mammal Review faisait le même constat.

Plus l’animal est mignon, plus il récolte des fonds
« Peut-être parce qu’il est plus facile d’obtenir de l’argent » pour ces travaux, avance auprès de l’AFP l’un des auteurs de la première étude Frédéric Legendre, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle en France. Plus facile aussi pour lever des fonds, assure Christo Fabricius, de l’ONG WWF, qui affiche depuis un demi siècle un panda comme logo. « Les reptiles par exemple ne sont pas très vendables. »

« Les programmes de conservation pour les espèces en danger fonctionnent mieux quand ils sont soutenus par le grand public (de même que les ONG et gouvernements) en termes de financement, de réglementation ou de programmes participatifs », rappelaient en 2018 les auteurs de l’étude sur les animaux charismatiques.

Et si certains peuvent parfois s’agacer de voir l’argent et l’attention se focaliser sur ces fameux pandas et d’autres grands mammifères charismatiques, les favoriser n’est pas absurde.

Les espèces emblématiques aident les moins populaires
« Quand on protège les espèces emblématiques, on protège leur habitat et tous les organismes qui sont dedans en bénéficient », souligne ainsi Frédéric Legendre.

« Personne ne va s’intéresser à mon très bel âne de Somalie, qui est pourtant en danger critique d’extinction », confiait en août 2018 à BFMTV.com Delphine Delord, directrice de la communication du zoo de Beauval. Mais, tempérait-elle, leur bébé panda Yuan Meng fait office d’ambassadeur pour les espèces moins charismatiques : l‘argent récolté via parrainages et autres va à la conservation de toutes les espèces.

De plus, œuvrer à la survie d’une espèce consiste aussi à sauver son environnement, ce dont peuvent à leur tour bénéficier d’autres animaux.

Mais être un éléphant ou un tigre n’est pas non plus une garantie de survie. Selon une étude publiée en avril dans PLOS Biology, la présence « virtuelle » massive de ces espèces charismatiques sur nos écrans, dans les livres pour enfants, sur les T-shirts ou les boîtes de céréales fait croire à la population qu’ils sont tout aussi répandus dans la nature.

Or, la plupart sont en danger. Et plus elles sont rares, « plus leur valeur est accrue pour la médecine traditionnelle, pour la chasse aux trophées, et donc elles sont d’autant plus chassées, comme le rhinocéros », commente auprès de l’AFP l’auteur principal Franck Courchamp, écologue au CNRS.

Publié dans Texte Santé

Vous avez été piqué par une tique ? Des scientifiques ont besoin de vous

Tique (Ixodes ricinus) au stade de nymphe (1 à 2,5 mm) observée au micrscope.

L’Inra, l’institut Pasteur et quatre hôpitaux sont à la recherche de volontaires pour participer à une étude sur les maladies transmises par les tiques.

Le printemps est de retour et avec lui, les tiques, ces petits acariens qui transmettent de nombreuses bactéries et sont responsables des cas de maladie de Lyme. En 2016, l’agence nationale Santé publique France a recensé 84 cas pour 100.000 habitants en France alors qu’elle n’en comptait que 55 en 2009.

Outre l’apparition d’une plaque rouge appelée érythème migrant, les victimes de la Borrélia Burgdorferi,  nom de la bactérie transmise par les tiques,  souffrent principalement de manifestations neurologiques, d’arthrites, de complications ou de manifestations oculaires. Entre 2009 et 2016, 799 personnes ont été admises chaque année à l’hôpital pour soigner ces symptômes.

Identifier les agents microbiens
Mais certaines affections, résistantes aux antibiotiques, apparaissent parfois chez les personnes piquées par une tique. Il est donc possible que d’autres microbes soient transmis lors de la piqûre. C’est ce que des scientifiques du projet Oh! Ticks!, développé par l’institut Pasteur et l’Inra dans les centres hospitaliers de Paris, Garches, Besançon et Saint-Etienne, tentent de découvrir.

Pour cela, ils sont à la recherche de personnes ayant été piquées par l’acarien dans les six derniers mois et « présentant différents symptômes, soit un érythème migrant, soit des symptômes cliniques ou biologiques inexpliqués sans érythème migrant », peut-on lire sur le site du projet Oh! Ticks .  (cliquez ici)

« L’objectif est de rechercher les agents microbiens responsables de ces symptômes », est-il précisé. Pour participer à la recherche, il faut avoir plus de 18 ans, avoir signalé sa piqûre et une photo de la tique aux laboratoires concernés.

Plan national de lutte contre ces maladies
Les tiques sont également le premier vecteur de maladies animales dans le monde, en particulier chez les animaux d’élevage (bovins, ovins, caprins, équidés) et les animaux de compagnie (le chien en particulier). En France, certaines régions sont plus prisées des tiques que d’autres comme l’Auvergne et l’Alsace-Lorraine, la Bretagne ou encore la Savoie.

Pour tenter d’endiguer ce fléau, le gouvernement a mis au point en 2016 un plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les autres maladies transmissibles par les tiques, dont le projet Oh! Ticks! fait partie. Le but est de renforcer la surveillance et la prévention autour des maladies transmissibles par les tiques et d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients.

Publié dans Texte Santé

Le Sidaction 2019 enregistre 4,5 millions d’euros de promesses de dons

SidactionUn quart de siècle après la première édition, le Sidaction 2019 s’est achevé dimanche soir avec 4,5 millions d’euros de promesses de dons. Un chiffre en hausse par rapport à l’an dernier.

« Dans un contexte économique parfois tendu pour la population et de baisse des dons aux associations, le public a été particulièrement engagé à l’occasion des 25 ans » du Sidaction, s’est félicitée Florence Thune, directrice générale de l’événement caritatif, évoquant un « succès populaire ». Le nombre de dons par SMS a par ailleurs atteint un record, a-t-elle relevé.

« Cette édition a de nouveau été marquée par un don exceptionnel d’un grand donateur », a indiqué l’association de lutte contre le sida, sans en préciser le montant. En 2018, le Sidaction avait récolté 4,4 millions de promesses de dons, notamment grâce à « un don exceptionnel d’un grand donateur ».

« Le virus est toujours là »
Le nombre de porteurs du virus du sida en France est évalué à environ 173 000. Selon les derniers chiffres officiels, publiés fin mars, 6400 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2017, un nombre qui ne baisse plus depuis plusieurs années.

« Nous voulons rappeler que le virus du sida est toujours là et qu’il concerne les jeunes et les moins jeunes. Vingt-deux pour cent des nouveaux diagnostics de séropositivité concernent les plus de 50 ans », selon Florence Thune. « Même cette génération qui a vécu cette période terrible des années 1980-1990 où les gens mourraient en nombre à cause du sida, a oublié que le VIH était toujours là », s’étonne-t-elle.

L’association « met l’accent sur les jeunes car s’ils sont contaminés à 20 ans, ils devront prendre des traitements à vie », en l’état actuel de la médecine, relève-t-elle. Si les traitements par trithérapie permettent aujourd’hui de rendre le virus indétectable et d’empêcher sa transmission, on ne sait toujours pas l’éliminer de l’organisme.

« Si on veut mettre fin à l’épidémie, il faut financer la recherche », insistait Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, juste avant le week-end. « Beaucoup de personnes encore ne se font pas dépister et continuent à transmettre le virus aux autres », a-t-elle souligné samedi sur Europe 1. « En France on estime à 24 000 le nombre de personnes porteuses du virus et qui ne le savent pas », a ajouté la scientifique, co-découvreuse du virus au début des années 1980 et prix Nobel de médecine 2008.

Recherche et prise en charge
Il y a 25 ans, le premier Sidaction, le 7 avril 1994, avait permis d’engranger 45 millions d’euros, récoltés pendant 9 heures de direct à la télévision. En 1996, les dons avaient été de 9,8 millions d’euros. Mais ils avaient plongé ensuite, avec l’apparition des trithérapies et n’étaient plus que de 1,5 million en 1998, retrace l’association Sidaction.

Ensuite, les dons lors de cet événement s’étaient redressés, pour atteindre les 6 millions d’euros. Mais ils avaient à nouveau baissé à partir de 2007. Depuis 2012, il y a une « stabilité globale de la collecte aux environs de 4 millions d’euros », précise l’association. Depuis près de 15 ans, le week-end du Sidaction représente environ 30% de la collecte de l’association éponyme qui recueille des dons toute l’année.

Les fonds collectés ce week-end seront reversés à des programmes de recherche et de soins et à des programmes associatifs de prise en charge et d’aide aux malades, en France et à l’international. Le numéro d’appel 110, gratuit, destiné à recueillir les dons du public reste ouvert jusqu’au 14 avril. Les dons sont possibles toute l’année par internet (www.sidaction.org) ou par courrier.