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Comment sera-t-on soigné dans 10 ans ?

Comment sera-t-on soigné dans 10 ansÀ l’horizon 2030, notre expérience de patients n’aura plus grand-chose à voir avec celle que l’on expérimente actuellement. Technologies, approches thérapeutiques, relations avec le corps médical … tout va changer.

Préparez-vous à regarder la médecine d’un autre œil. Car tout ce que vous connaissez déjà va évoluer : aussi bien d’un point de vue technique que d’un point de vue humain. Avec, à coup sûr, une vraie transformation de la relation soignant-patient.

L’hôpital s’installera à la maison
Qui se souvient du temps où une opération de la cataracte nous clouait une semaine au lit dans un service hospitalier ?  Aujourd’hui, on rentre à la maison le jour même, outre le boom de la chirurgie ambulatoire, de plus en plus de traitements sortent des couloirs de l’hôpital. « Demain, le domicile sera le lieu principal d’organisation des soins », prédit François Bourse, directeur d’études au think tank Futuribles, qui a publié avec le Leem (Les Entreprises du médicament) l’analyse prospective Santé 2030.

Aux hôpitaux, les urgences et les pathologies qui nécessitent des équipements de pointe, à la maison, la prise en charge des maladies chroniques. Question de pragmatisme, puisque nos établissements ne peuvent plus accueillir tout le monde et de confort aussi, puisque l’on se sent souvent mieux chez soi. D’ailleurs, 8 Français sur 10 se disent prêts à tenter l’expérience de l’hospitalisation à domicile. Un virage entamé il y a dix ans avec l’arrivée des premiers traitements oraux pour le cancer : on peut par exemple prendre certaines chimiothérapies à domicile, d’autant que leur toxicité est désormais mieux contrôlée, avec moins d’effets indésirables.

La dialyse chez soi pourrait également concerner 20 % des patients d’ici à 2 030 (contre 7 % aujourd’hui). Les intervenants de l’équipe médicale (aides-soignants, infirmiers …) se relaient auprès du patient, dans son cadre de vie, et des professionnels assurent une permanence téléphonique 24 heures/24 en cas de problème.

La voix des patients va compter
Bonne nouvelle, les patients auront (enfin) voix au chapitre  « Il y a un changement de paradigme : on passe d’une relation très hiérarchisée à un véritable partenariat. Dans les pathologies chroniques comme le diabète ou les maladies rhumatismales, les médecins possèdent le savoir théorique mais les patients vivent la maladie au quotidien : l’objectif est de mettre ces expériences en commun », explique la docteure Christelle Sordet, rhumatologue au CHU de Strasbourg.

Cela passe par la formation de « patients experts », qui accumulent des connaissances et des compétences, pas uniquement pour apporter leur témoignage mais aussi pour aider les autres patients à mieux prendre en charge leur maladie, par exemple en intervenant dans des ateliers d’éducation thérapeutique. Ces « nouveaux profils » côtoient désormais les soignants sur les bancs de la fac dans le cadre de diplômes universitaires ouverts aux patients à Paris (Université des patients de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie), Grenoble ou Aix-Marseille.

« À l’avenir, les patients experts seront de plus en plus nombreux à être intégrés dans les équipes médicales et pourront également intervenir dans la formation des étudiants en médecine », note le médecin.

Davantage de médicaments sur mesure
Il y a fort à parier que dans dix ans, si l’on souffre de la même maladie que celle qui affecte une amie aujourd’hui, notre prise en charge différera totalement de la sienne. On s’éloigne en effet du vieux principe « une pathologie, un traitement ». « Aujourd’hui, on ne traite plus “un” cancer du sein ou du poumon. Pour une bonne partie des médicaments anticancéreux, on teste des caractérisations génétiques ou cellulaires de la tumeur, très spécifiques au patient, et cet effort pour développer des thérapies ciblées va encore s’accentuer », assure Thomas Borel, directeur scientifique du Leem.

Plutôt que d’administrer ou d’injecter un seul produit, on développera des combinaisons de traitements uniques. Une évolution rendue possible grâce à l’intelligence artificielle qui affine les diagnostics, mais aussi aux marqueurs biologiques et génétiques que l’on décode de mieux en mieux. À partir d’une prise de sang ou d’une biopsie, on peut établir la carte d’identité de 20 % des tumeurs  d’ici à dix ans, ce sera plus de la moitié d’entre elles.

Même tendance avec les biothérapies (qui utilisent des anticorps spécifiques) dans la polyarthrite rhumatoïde, les maladies chroniques de l’intestin ou les maladies neurodégénératives du type Parkinson et sclérose en plaques. Bienvenue dans l’ère de la médecine ultra-personnalisée.

Un jumeau numérique en guise de cobaye
La prochaine mutation médicale se passe « in silico », autrement dit sur ordinateur. Imaginez une copie très fidèle de vous-même, avec les mêmes facteurs de risques, les mêmes problèmes de santé ou les mêmes artères tortueuses : c’est ce que l’on appelle un jumeau numérique. « Pour l’instant, il est encore trop compliqué de reproduire le corps entier d’un patient. Mais on sait copier un organe ou une petite partie, comme l’aorte, grâce aux scanners qu’il a passés.

On obtient une image en 3D avec la forme et le volume exacts, mais aussi les mêmes propriétés mécaniques, par exemple la rigidité de la paroi artérielle, la présence de calcifications.  Ce modèle nous permet de simuler le déploiement d’une endoprothèse pour traiter un anévrisme de l’aorte », détaille le Pr Jean-Noël Albertini, chirurgien cardio-vasculaire au CHU de Saint-Étienne, cofondateur de la start-up PrediSurge. Donc de fabriquer une prothèse parfaitement adaptée et d’anticiper d’éventuelles complications au moment de la pose.

« En permettant aux chirurgiens de s’entraîner virtuellement avant une chirurgie ou de visualiser l’organe pendant l’opération au lieu d’opérer à l’aveugle, cette technologie va rendre les interventions plus sûres », s’enthousiasme le Pr Albertini. D’autres start-up travaillent sur les jumeaux numériques avec des prothèses d’épaules ou de genoux parfaitement adaptées à la façon dont on bouge, ou encore un programme qui permet de simuler une opération de la cataracte. Il sera bien pratique de disposer d’un cobaye virtuel qui ne risque rien  pour mieux nous soigner en vrai.

Des mini-organes pour tester nos traitements
Révolution aussi dans les labos : sur une petite puce en plastique de la taille d’un ongle, les chercheurs font « pousser » un mini-cœur, un foie ou des poumons à partir de nos cellules souches (le plus souvent grâce à des cellules de peau). Développées dans un liquide de culture proche du sang, les cellules cardiaques battent en rythme, les cellules pulmonaires respirent … « Ces organes sur puce ont deux intérêts majeurs.

En premier lieu, la réduction du coût et de la durée des tests cliniques pour développer de nouveaux médicaments, en évitant notamment les expérimentations sur animaux. Des traitements contre Alzheimer pourront ainsi être testés sur puce afin d’évaluer leur effet réel sur les neurones des patients. En second lieu, ils permettent de pousser encore plus loin la médecine personnalisée : on pourra par exemple tester différentes chimiothérapies (en fabriquant des tumeurs et des organes sur puce avec les propres cellules du patient) pour trouver la molécule à laquelle le patient répond le mieux », détaille Guilhem Velve Casquillas, ancien chercheur en biologie cellulaire, président de la société Elvesys, laboratoire de recherche et « accélérateur d’entreprises innovantes ». «

Ces technologies vont commencer à être utilisées de façon courante d’ici une dizaine d’années », estime le spécialiste. Aucun doute, la révolution des blouses blanches est en marche.

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La nanocellulose aiguise les appétits de l’industrie

nanocelluloseExtraite de plantes ou de papier, la nanocellulose est biodégradable, renouvelable, compostable et très résistante.

Elle s’impose comme un matériau d’avenir en application de surface ou dans des mélanges pour fabriquer papiers, carton, panneaux de bois, cosmétiques …

La nanocellulose constitue un matériau prometteur aux applications industrielles variées, même si les recherches se poursuivent pour préciser ses débouchés et améliorer sa rentabilité, selon des spécialistes du secteur. « Un énorme potentiel : c’est le futur de l’emballage et de la cosmétique (…) Vous en aurez partout d’ici moins de dix ans », affirme Karim Missoum, PDG d’Inofib, une start-up issue du pôle de recherche Grenoble INP étudiant les applications possibles.

En avril, une étude du cabinet de conseil EY pour le ministère de l’Économie, menée avec les fédérations industrielles du papier et de la chimie, plaçait la nanocellulose parmi les solutions les plus encourageantes pour l’avenir de ces filières. Son atout clé : « La nanofibre de cellulose est cinq fois plus légère que l’acier et cinq fois plus résistante », indiquait ce rapport, publié par le pôle de prospective du ministère, vantant « l’ouverture vers de nouveaux marchés » pour les industriels du secteur. De fait, les recherches s’intensifient depuis plusieurs années sur ce matériau de taille nanométrique (milliardième de mètre).

Pour renforcer l’imperméabilité du carton
Ainsi, à Grenoble, le Centre technique du papier (CTP) et l’institut technologique FCBA travaillent depuis 2006 sur la production, puis sur les applications, en testant différentes matières de base (pâte à papier, poussières de découpe, résidus de l’industrie papetière), explique Michel Petit-Conil, qui dirige une équipe sur le sujet. Le processus consiste à libérer des fibrilles de cellulose de la paroi de la fibre papetière, qui s’agglomèrent sous forme de gel. « La nanocellulose, c’est de la cellulose pure, c’est biodégradable, renouvelable, compostable, durable », souligne Michel Petit-Conil.

Les débouchés potentiels sont nombreux, en application de surface ou dans des mélanges (papiers et carton, panneaux de bois, vernis, encres, cosmétiques). Le laboratoire du CTP a ainsi développé une application de « lamination humide » pour les emballages, avec « un film 100% nanocellulose qu’on dépose à la surface d’un papier ou d’un carton » pour en renforcer l’imperméabilité, explique Michel Petit-Conil.

Réduire la consommation énergétique lors de la fabrication
Mais l’objectif est maintenant de produire des nanocelluloses à très haute concentration, et de réduire la consommation énergétique liée à la fabrication, qui reste un enjeu majeur même si elle été « réduite de façon drastique », ajoute-t-il. La nanocellulose existe aussi sous une deuxième forme, les nanocristaux de cellulose, qui ont des propriétés différentes des fibrilles et se dispersent bien dans l’eau sans former de gel.

« Il y a des propriétés optiques qui ne sont possibles qu’avec les nanocristaux, qui forment des cristaux liquides » ou permettent d’obtenir « une couleur sans aucun colorant », explique Isabelle Capron, qui anime une équipe de recherche sur les nanostructures à l’Inra de Nantes.

Un marché estimé à 661 millions de dollars en 2023
Reste la difficulté liée aux autorisations pour les nanomatériaux, notamment en France. « Mais pour tous les pays asiatiques, qui n’ont jamais eu de réglementation sur les nanocelluloses (…) ça se fait très bien », observe Isabelle Capron. « Il y a un vrai boom, tant au niveau des brevets que des articles et de la production », ajoute-t-elle.

Le marché mondial de la nanocellulose est estimé à 285 millions de dollars et devrait plus que doubler pour atteindre 661 millions de dollars en 2023, selon le groupe canadien CelluForce, en pointe dans la production de cristaux de nanocellulose, qui se réfère à une étude indépendante.

« Le produit est vraiment encore récent », mais « il y a un vrai engouement », confirme Karim Missoum, le PDG d’Inofib. « En 2012, on était trois à vouloir essayer d’industrialiser ce produit. Fin 2018, ils étaient 63 producteurs à travers le monde, ça a pris un vrai essor », note-t-il. Pour lui, « il y a vraiment une filière à créer, à industrialiser, et les acteurs français ont encore leur place sur le marché s’ils se motivent. Il y a encore du marché à prendre ».

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Cette start-up a trouvé une solution pour en finir avec l’enfer du siège du milieu dans les avions

siege avionMolon Labe Seating, jeune pousse américaine de l’industrie aéronautique, propose une solution innovante pour résoudre le problème du siège du milieu dans les avions.

En avion, personne n’aime s’asseoir dans le siège du milieu, coincé entre deux autres passagers et devant partager ses deux accoudoirs.

Pour remédier à ce problème, la start-up américaine Molon Labe Seating a conçu un nouvel aménagement, où dans chaque rangée, le siège du milieu est positionné 5 centimètres plus bas et 8 centimètres en arrière.

« Ce petit décalage permet à chaque passager d’avoir un peu plus de place », souligne Hank Scott, le directeur général de l’entreprise, interrogé par CNN. « Prendre l’avion va continuer d’être pénible mais cela le sera un peu moins », se félicite-t-il.

Accoudoir à deux étages
Présenté début 2017, le concept vient tout juste d’être approuvé par la FAA, la direction de l’aviation civile aux États-Unis. Selon Molon Labe, une première compagnie aérienne américaine, commencera à installer ces nouveaux sièges dans plus de 50 avions à partir du printemps 2020.

Reculer le siège de quelques centimètres présente un autre avantage pour le passager du milieu : le passager pourra y disposer de plus de place. La largeur de l’assise et du dossier atteint 53 centimètres, soit 8 centimètres de plus que les sièges côté hublot et coté couloir. En outre, l’intégration d’un accoudoir spécial, à deux étages, permet de ne léser aucun des passagers.

Pas d’écran
La première version de ce concept, baptisé S1, est adaptée aux vols intérieurs. Les sièges ne peuvent en effet pas être inclinés. Et ils ne sont pas dotés d’écrans. Molon Labe travaille déjà sur un deuxième modèle, le S2. Plus confortable et mieux équipé, il est destiné aux vols long-courrier.

Pour séduire les compagnies aériennes, la start-up ne compte pas uniquement sur une plus grande satisfaction des passagers. Elle promet un siège plus léger, qui pourrait permettre de réaliser des économies de carburant. A terme, son patron rêve de devenir une fournisseur direct de Boeing et d’Airbus.

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Doctolib, un géant de la santé qui commence à inquiéter

DoctolibSuccès fulgurant pour la start-up de prise de rendez-vous médicaux : en cinq ans, la société affiche une valorisation de plus d’un milliard d’euros. Mais cette réussite pose la question de l’impact qu’un tel acteur devenu incontournable peut avoir sur le secteur de la santé.

C’est désormais un site de référence, utilisé par 34 millions de Français chaque mois. En quelques clics, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, Doctolib permet de trouver un créneau de consultation rapidement, sans attendre les horaires d’ouverture du secrétariat.

Du côté des médecins, l’application permet de soulager les secrétaires mais aussi d’éviter les annulations de dernière minute. Avec son système de rappel par SMS, la start-up affirme réduire de 75% le nombre de rendez-vous non honorés. Le credo de son PDG, Stanislas Niox-Château : créer les cabinets et les hôpitaux du futur. « Je les imagine avec du temps administratif réduit, plus de temps médical et une meilleure expérience pour les patients. »

Mais Doctolib, c’est aussi une plateforme offerte aux médecins pour faire de la téléconsultation : depuis septembre dernier, la sécurité sociale rembourse ces consultations vidéo menées à distance, sous certaines conditions.

Une stratégie commerciale offensive
Pour l’heure, 17 acteurs se partagent le marché florissant de la prise de rendez-vous en ligne. Dans les faits, et surtout depuis que Doctolib a racheté son principal concurrent l’été dernier, le site MonDocteur,  les 16 autres acteurs se partagent des miettes.

Pourtant, partie après les autres dans la course, la start-up n’a pas bénéficié de la prime au premier entrant. Elle a décroché son positionnement grâce à une stratégie pointue et efficace : au lieu de passer par le matraquage publicitaire, elle a constitué de solides équipes de développement technique d’un côté, et de commerciaux de l’autre. Et ça marche. En cinq ans, elle a embauché 800 salariés et levé des millions d’euros de fonds. Le dernier en date, d’un montant de 150 millions d’euros en mars dernier, lui a permis d’entrer dans le camp des « licornes » de l’économie, ces sociétés pas encore cotées en bourse, mais valorisées plus d’un milliard d’euros.

Pour monter en puissance, Doctolib ne s’est pas contentée de démarcher les médecins libéraux. La société conclut également des contrats avec des cliniques, des centres de santé municipaux, des hôpitaux publics.  En tout, 1 700 établissements de santé ont souscrit à son offre. Pour la start-up, c’est un moyen de toucher un grand nombre de médecins et d’attirer ceux qui exercent également en libéral.

« Quand les patients de mon cabinet en libéral cherchaient à prendre rendez-vous sur Doctolib, ils ne trouvaient aucun créneau puisqu’il y a presque un an d’attente avec moi en secteur hospitalier à Necker », raconte Luc Refabert, qui exerce en cabinet et à l’hôpital Necker à Paris. Il reconnaît avoir opté pour Doctolib par le biais d’un contrat passé avec l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) : « Ça a été un argument puissant pour me mettre sur Doctolib, pour que les patients trouvent des créneaux plus rapidement. »

AP-HP, le contrat qui fait grincer des dents
Ce contrat avec l’AP-HP a fait grincer des dents l’un des concurrents de Doctolib. »Quand un patient se rend sur le site de l’AP-HP pour prendre rendez-vous, le site va lui demander de créer un compte Doctolib. Et là, je ne comprends pas, fulmine Jean Bitton, l’ancien PDG de RDVmédicaux. Pourquoi un tel apport de patientèle d’inscription à un site privé via une instance publique ?  » David Bitton identifie un second effet pervers derrière cette alliance entre l’AP-HP et Doctolib. « Le fait d’apporter des praticiens rares et recherchés à une plateforme va automatiquement la favoriser pour le référencement Google, explique-t-il. Je considère que la bonne démarche aurait été de proposer plusieurs plateformes de prise de rendez-vous, pour que chaque patient puisse choisir. Là, on serait dans un esprit qui anime la concurrence. »

David Bitton a décidé, en décembre dernier, de porter l’affaire devant l’Autorité de la concurrence. Une enquête a été ouverte. Mais pour lui c’est trop tard : il a jeté l’éponge et revendu sa société à Cegedim, qui détient notamment la plateforme Docavenue.

Quand le ministère de la Santé fait la promo de Doctolib
La stratégie commerciale de Doctolib n’est pas uniquement tournée vers les clients. La start-up soigne tout particulièrement ses relations avec les syndicats, en sponsorisant des événements, en prêtant une oreille attentive aux remarques du Conseil national de l’Ordre des médecins.

Les politiques aussi sont l’objet de toutes ses attentions. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les secrétaires d’État en charge du numérique qui se sont succédé, Mounir Mahjoubi puis Cédric O, ont rendu visite à Doctolib.

En janvier dernier, un tweet faisant la promotion de Doctolib apparaît sur le compte de l’ASIP, un service du ministère de la Santé. C’est le tollé du côté des médecins. Le tweet est rapidement retiré, mais il fait craindre aux professionnels le manque de neutralité du ministère. Le fait que Doctolib ait débauché un ancien attaché de presse du ministère de la Santé, devenu son responsable communication et relations institutionnelles, n’est pas fait pour les rassurer.

Des risques pour le secteur de la santé
Ce succès fulgurant, qui a drainé 76 000 abonnés, dont la moitié gagnés en 2018, cache peut-être des dérèglements dans le secteur de la santé. Le premier d’entre-eux concerne le parcours de soins. « Le risque est que la santé devienne un marché comme les autres, s’inquiète Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes, MG France. Une réponse immédiate à un besoin de santé oublierait ce qui est probablement la prévention, la prise en compte des habitudes de vie, l’histoire du patient, dans sa demande de soins immédiate. » Des études montrent qu’un médecin qui connaît moins bien son patient a plus tendance à lui prescrire des antibiotiques, par exemple.

La position monopolistique qui se dessine préoccupe aussi certains professionnels. Car si pour le moment les tarifs sont très bas, de l’ordre de 109 euros par mois pour accéder à l’agenda de Doctolib et de 79 euros pour la plateforme de télémédecine, la donne pourrait changer une fois le marché arrivé à maturité, quand la plupart des autres concurrents auront jeté l’éponge.

Certains clients du site ont déjà subi une modification de l’offre, décidée unilatéralement par Doctolib. Marie, sexologue, a ainsi connu une baisse drastique et soudaine de ses consultations le jour où Doctolib lui a annoncé son déréférencement, autrement dit, l’impossibilité de la trouver avec des mots-clés dans la barre de recherche. La raison ?  Elle a poursuivi ses études en Belgique et elle n’exerce pas une profession réglementée. « Quand j’avais 80 consultations en novembre, après le déréférencement, j’en avais 40 en décembre et 30 en février » déplore-t-elle. De son côté, le PDG de Doctolib, Stanislas Niox-Château, déclare suivre les recommandations et listes fournies par l’Ordre des médecins et les syndicats.

Données de santé : l’incertitude
Enfin, la question des données de santé reste un sujet d’inquiétude. Doctolib collecte les données personnelles des patients, mais aussi le nom des médecins qu’ils consultent et parfois, le motif de consultation. Du côté des médecins, outre leur spécialité, des enquêtes de satisfaction sont menées auprès des patients après chaque rendez-vous. Par ailleurs, avec la télémédecine, la société réceptionne également les comptes-rendus de consultation.

En France, ces données sont très encadrées grâce au règlement général européen de la protection des données (RGPD). Et les données de santé le sont encore plus : chaque société qui en récolte est chargée de les chiffrer et de les stocker chez un hébergeur agréé. Leur exploitation est très surveillée. De son côté, Doctolib protège ces informations en les confiant à trois hébergeurs différents. « Toutes les données sont propriété des patients et des praticiens, et elles sont chiffrées sur tout leur parcours », assure Stanislas Niox-Château.

Reste que si un jour, la start-up venait à passer sous giron américain, le RGPD entrerait en conflit avec le CLOUD Act, une loi américaine beaucoup plus laxiste sur l’usage des données. « Nous sommes très vigilants sur les risques potentiels car le CLOUD Act peut annuler les dispositions du RGPD, explique Alexis Vervialle, chargé de mission au sein de l’association de patients France Assos Santé. Dans ce cas, les données ne bénéficieraient plus de la même protection.

La réussite de Doctolib est donc indéniable, mais c’est un acteur privé puissant qui vient s’interposer entre les patients et le monde médical. Il pourrait donc, à terme, modifier significativement le secteur de la santé publique.

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L’État américain de Washington légalise le « compost humain »

L'Etat américain de Washington légalise le compost humainA compter de mai 2020, les personnes qui le souhaitent pourront être transformées après leur mort en compost.

De quoi manger les pissenlits par la racine. L’État américain de Washington s’est doté d’une loi unique dans le pays qui permettra bientôt aux personnes qui le souhaitent d’être transformées après leur mort en « compost humain », une alternative écologique à l’inhumation classique ou la crémation.

La loi autorisant la « réduction organique naturelle », autrement dit la « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus », a été adoptée fin avril par le parlement local, une première aux États-Unis. La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020.

Elle a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet État très progressiste et qui est candidat à l’élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l’écologie. Cette technique « est naturelle, sûre, durable et permet des économies importantes en matière d’émissions de CO2 et d’utilisation des terres », plaide Katrina Spade, à la tête depuis dix ans de la société Recompose, qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser.

De la paille, des copeaux de bois et de la luzerne
Selon les détails communiqués par l’entreprise, il s’agit tout simplement d’accélérer le processus naturel de décomposition du corps en le plaçant avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne dans un conteneur, où sont créées les conditions idéales d’humidité et d’oxygénation pour que les bactéries fassent leur travail. « Tout est recomposé, y compris les dents et les os », écrit Recompose. Le conteneur est mélangé à plusieurs étapes afin de récupérer d’éventuels plombages dentaires, stimulateurs cardiaques et autres prothèses qui ne seraient pas biodégradables.

Au bout de trente jours environ, « le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière », assure la startup. Le procédé mis au point par Recompose est semblable à celui déjà en usage depuis des décennies dans l’agriculture pour transformer les carcasses d’animaux. Il a été testé scientifiquement en 2018 avec l’université de l’État de Washington à l’aide de six corps légués par des volontaires. Poussières, ils sont redevenus poussières.

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Doctolib devient l’une des rares « licornes » françaises

Doctolib ldevient l'une des rares licornes françaisesAu départ simple start-up, Doctolib est devenue une « licorne ».

La plateforme de rendez-vous médicaux en ligne et de téléconsultation a rejoint mardi le club très fermé des jeunes sociétés du numérique dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Une performance possible grâce à une nouvelle levée de fonds de 150 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, indique Les Échos ce mercredi.

Le fonds d’investissement américain General Atlantic est ainsi entré dans le capital de la société, et les actionnaires déjà présents (Bpifrance, Eurazeo, Kernel et Accel) ont remis de l’argent au pot.

Des critères exigeants
Doctolib compte désormais doubler ses effectifs en trois ans, s’étendre ailleurs qu’en France et en Allemagne, qui sont ses deux marchés actuels, et accélérer le déploiement de son service de téléconsultation.

À part Doctolib, seules trois sociétés françaises sont officiellement des « licornes » : la plateforme de streaming audio Deezer, le réseau de covoiturage Blablacar et le site de vente en ligne vente-privée.com. Pour accéder à ce statut, les entreprises doivent remplir trois critères : disposer d’une valorisation supérieure à un milliard de dollars, avoir été créées récemment et ne pas être cotées en Bourse. Les sociétés françaises Criteo, Talend ou OVH sont également souvent considérées comme des licornes, même si elles ne remplissent pas ces trois critères.

Les licornes sont rares en Europe en général, et en France en particulier. Selon un classement établi en juin 2018 par la banque d’affaires britannique GP Bullhound, l’Europe ne compterait que 16% des licornes dans le monde, contre 48% aux États-Unis et 36% en Asie. En Europe, le Royaume-Uni domine avec 25 licornes, loin devant l’Allemagne et la Suède. Pour justifier ces faiblesses, les experts évoquent en particulier le morcellement du marché européen qui perdure, malgré les efforts de l’UE.

« Le premier site d’e-santé en Europe »
Né en 2013, Doctolib a depuis connu une croissance accélérée mais solide. Environ 75 000 praticiens utilisent son outil d’agenda et de gestion des rendez-vous, dont 5 000 en Allemagne. Ce sont eux qui rémunèrent l’entreprise, puisqu’ils paient un forfait mensuel pour bénéficier du service.

« Nous cumulons 30 millions de visites chaque mois », indique aux Echos Stanislas Niox-Chateau, le fondateur de Doctolib. Cela fait de la plateforme « le premier site d’e-santé en Europe, et parmi les tout premiers au monde », rappelle-t-il.

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Vous pouvez maintenant faire de votre chat ou de votre chien un animal connecté

chien chatAprès avoir connecté des humains, l’industrie du mobile s’intéresse à leurs animaux de compagnie, en développant des objets connectés spécialement dédiés à leurs besoins.

Votre chien fait-il assez d’exercice ?  Qui s’occupera de la litière pendant vos vacances ?  Pas d’inquiétude. L’industrie mobile s’est emparée du sujet avec des objets connectés spécialement pensés pour les animaux de compagnie.

Dans les allées du Mobile World Congress de Barcelone, ils sont partout : de la litière pour chat qui se nettoie toute seule aux traqueurs d’activités en passant par des colliers bardés de capteurs en tout genre.

Ces appareils doivent permettre aux propriétaires de suivre en temps réel non seulement les déplacements de leurs animaux préférés mais également de s’assurer de leur santé, de vérifier qu’ils font suffisamment de sport ou si leur sommeil est bon. Le tout depuis leur smartphone.

Les ventes de smartphones déclinent
Certains vont même plus loin, en donnant la possibilité aux propriétaires de définir une zone de sécurité autour de leur habitation, afin d’être prévenus si leur compagnon à poils en sort. Le deuxième opérateur mondial Vodafone a ainsi présenté Kippy, qui sera disponible sur l’ensemble de ses marchés européens. Cet appareil résistant à l’eau, en métal et avec une autonomie de 10 jours, est équipé d’une carte SIM pour un abonnement mensuel de 4 à 6 euros. « L’objectif premier est d’améliorer encore la relation avec votre animal », souligne Steve Shepperson-Smith, un porte-parole de l’opérateur.

L’intérêt croissant pour ces appareils branchés pour les animaux intervient alors que les ventes de smartphones ont décliné de 4,1% dans le monde en 2018, selon le cabinet de conseil IDC. « Si l’on part du principe que la quasi totalité des humains souhaitant avoir un smartphone en a déjà un en Europe, Vodafone a raison de commencer à réfléchir à comment connecter les animaux », estime Ben Wood, analyste pour le cabinet de conseil spécialisé CCS Insight. « Le marché pour animaux est un segment incroyablement lucratif qui progresse d’année en année », assure-t-il.

Et cela devrait se poursuivre dans les prochaines années, Global Market Insight estimant que ce marché devrait passer de 1,85 milliard de dollars en 2017 à 8 milliards en 2024. « Quasiment tout ce qui bouge peut potentiellement être connecté. Les appareils connectés pour les humains sont très populaires et il est assez logique que les entreprises s’intéressent aussi aux produits pensés pour les animaux », selon Neil Mawston, directeur exécutif pour le cabinet de recherche Strategy Analytics.

Des millions de chiens et chats dans le monde
Selon lui, plus de 300 millions de chiens et chats sont présents dans les foyers dans le monde. « C’est une base de vente relativement large. Dans les faits ces entreprises ne font qu’adapter aux animaux la technologie utilisée pour les humains », ajoute Neil Mawston.

Pour ceux qui sont en manque de leur animal de compagnie lorsqu’ils sont loin, un certain nombre d’entreprises proposent désormais des caméras équipées d’une connexion wifi permettant de regarder son animal favori sur son smartphone.

L’un des modèles les plus populaires, Furbo, peut même contenir des friandises, que le propriétaire peut débloquer pour son animal en appuyant sur un bouton depuis son smartphone. L’appareil peut également vous envoyer un SMS si votre chien aboie et réalise une vidéo de 60 secondes des meilleurs moments de la journée de l’animal.

Plus besoin d’annuler un voyage
La start-up sud-coréenne PurrSong s’est, elle, concentrée sur les chats, avec sa LavvieBot, une litière automatique, capable de se nettoyer et se remplir seule. Lorsque le chat y a fait ses besoins, la machine met en mouvement, silencieusement, un petit râteau avant d’ajouter quelques poignées de litière, si besoin.

L’appareil peut, là encore, envoyer une notification sur le smartphone du propriétaire quand l’animal vient l’utiliser. Il surveille aussi son poids, le nombre et la durée de chaque passage afin de détecter d’éventuels problèmes de santé.

« S’il y a quoi que ce soit d’anormal, vous en serez informés sur votre smartphone », assure Heaven Nam, la directrice marketing de PurrSong, « les propriétaires n’ont plus besoin d’annuler un voyage et pourront désormais économiser sur la garde de leur animal en leur absence ».