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Doctolib, un géant de la santé qui commence à inquiéter

DoctolibSuccès fulgurant pour la start-up de prise de rendez-vous médicaux : en cinq ans, la société affiche une valorisation de plus d’un milliard d’euros. Mais cette réussite pose la question de l’impact qu’un tel acteur devenu incontournable peut avoir sur le secteur de la santé.

C’est désormais un site de référence, utilisé par 34 millions de Français chaque mois. En quelques clics, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, Doctolib permet de trouver un créneau de consultation rapidement, sans attendre les horaires d’ouverture du secrétariat.

Du côté des médecins, l’application permet de soulager les secrétaires mais aussi d’éviter les annulations de dernière minute. Avec son système de rappel par SMS, la start-up affirme réduire de 75% le nombre de rendez-vous non honorés. Le credo de son PDG, Stanislas Niox-Château : créer les cabinets et les hôpitaux du futur. « Je les imagine avec du temps administratif réduit, plus de temps médical et une meilleure expérience pour les patients. »

Mais Doctolib, c’est aussi une plateforme offerte aux médecins pour faire de la téléconsultation : depuis septembre dernier, la sécurité sociale rembourse ces consultations vidéo menées à distance, sous certaines conditions.

Une stratégie commerciale offensive
Pour l’heure, 17 acteurs se partagent le marché florissant de la prise de rendez-vous en ligne. Dans les faits, et surtout depuis que Doctolib a racheté son principal concurrent l’été dernier, le site MonDocteur,  les 16 autres acteurs se partagent des miettes.

Pourtant, partie après les autres dans la course, la start-up n’a pas bénéficié de la prime au premier entrant. Elle a décroché son positionnement grâce à une stratégie pointue et efficace : au lieu de passer par le matraquage publicitaire, elle a constitué de solides équipes de développement technique d’un côté, et de commerciaux de l’autre. Et ça marche. En cinq ans, elle a embauché 800 salariés et levé des millions d’euros de fonds. Le dernier en date, d’un montant de 150 millions d’euros en mars dernier, lui a permis d’entrer dans le camp des « licornes » de l’économie, ces sociétés pas encore cotées en bourse, mais valorisées plus d’un milliard d’euros.

Pour monter en puissance, Doctolib ne s’est pas contentée de démarcher les médecins libéraux. La société conclut également des contrats avec des cliniques, des centres de santé municipaux, des hôpitaux publics.  En tout, 1 700 établissements de santé ont souscrit à son offre. Pour la start-up, c’est un moyen de toucher un grand nombre de médecins et d’attirer ceux qui exercent également en libéral.

« Quand les patients de mon cabinet en libéral cherchaient à prendre rendez-vous sur Doctolib, ils ne trouvaient aucun créneau puisqu’il y a presque un an d’attente avec moi en secteur hospitalier à Necker », raconte Luc Refabert, qui exerce en cabinet et à l’hôpital Necker à Paris. Il reconnaît avoir opté pour Doctolib par le biais d’un contrat passé avec l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) : « Ça a été un argument puissant pour me mettre sur Doctolib, pour que les patients trouvent des créneaux plus rapidement. »

AP-HP, le contrat qui fait grincer des dents
Ce contrat avec l’AP-HP a fait grincer des dents l’un des concurrents de Doctolib. »Quand un patient se rend sur le site de l’AP-HP pour prendre rendez-vous, le site va lui demander de créer un compte Doctolib. Et là, je ne comprends pas, fulmine Jean Bitton, l’ancien PDG de RDVmédicaux. Pourquoi un tel apport de patientèle d’inscription à un site privé via une instance publique ?  » David Bitton identifie un second effet pervers derrière cette alliance entre l’AP-HP et Doctolib. « Le fait d’apporter des praticiens rares et recherchés à une plateforme va automatiquement la favoriser pour le référencement Google, explique-t-il. Je considère que la bonne démarche aurait été de proposer plusieurs plateformes de prise de rendez-vous, pour que chaque patient puisse choisir. Là, on serait dans un esprit qui anime la concurrence. »

David Bitton a décidé, en décembre dernier, de porter l’affaire devant l’Autorité de la concurrence. Une enquête a été ouverte. Mais pour lui c’est trop tard : il a jeté l’éponge et revendu sa société à Cegedim, qui détient notamment la plateforme Docavenue.

Quand le ministère de la Santé fait la promo de Doctolib
La stratégie commerciale de Doctolib n’est pas uniquement tournée vers les clients. La start-up soigne tout particulièrement ses relations avec les syndicats, en sponsorisant des événements, en prêtant une oreille attentive aux remarques du Conseil national de l’Ordre des médecins.

Les politiques aussi sont l’objet de toutes ses attentions. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les secrétaires d’État en charge du numérique qui se sont succédé, Mounir Mahjoubi puis Cédric O, ont rendu visite à Doctolib.

En janvier dernier, un tweet faisant la promotion de Doctolib apparaît sur le compte de l’ASIP, un service du ministère de la Santé. C’est le tollé du côté des médecins. Le tweet est rapidement retiré, mais il fait craindre aux professionnels le manque de neutralité du ministère. Le fait que Doctolib ait débauché un ancien attaché de presse du ministère de la Santé, devenu son responsable communication et relations institutionnelles, n’est pas fait pour les rassurer.

Des risques pour le secteur de la santé
Ce succès fulgurant, qui a drainé 76 000 abonnés, dont la moitié gagnés en 2018, cache peut-être des dérèglements dans le secteur de la santé. Le premier d’entre-eux concerne le parcours de soins. « Le risque est que la santé devienne un marché comme les autres, s’inquiète Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes, MG France. Une réponse immédiate à un besoin de santé oublierait ce qui est probablement la prévention, la prise en compte des habitudes de vie, l’histoire du patient, dans sa demande de soins immédiate. » Des études montrent qu’un médecin qui connaît moins bien son patient a plus tendance à lui prescrire des antibiotiques, par exemple.

La position monopolistique qui se dessine préoccupe aussi certains professionnels. Car si pour le moment les tarifs sont très bas, de l’ordre de 109 euros par mois pour accéder à l’agenda de Doctolib et de 79 euros pour la plateforme de télémédecine, la donne pourrait changer une fois le marché arrivé à maturité, quand la plupart des autres concurrents auront jeté l’éponge.

Certains clients du site ont déjà subi une modification de l’offre, décidée unilatéralement par Doctolib. Marie, sexologue, a ainsi connu une baisse drastique et soudaine de ses consultations le jour où Doctolib lui a annoncé son déréférencement, autrement dit, l’impossibilité de la trouver avec des mots-clés dans la barre de recherche. La raison ?  Elle a poursuivi ses études en Belgique et elle n’exerce pas une profession réglementée. « Quand j’avais 80 consultations en novembre, après le déréférencement, j’en avais 40 en décembre et 30 en février » déplore-t-elle. De son côté, le PDG de Doctolib, Stanislas Niox-Château, déclare suivre les recommandations et listes fournies par l’Ordre des médecins et les syndicats.

Données de santé : l’incertitude
Enfin, la question des données de santé reste un sujet d’inquiétude. Doctolib collecte les données personnelles des patients, mais aussi le nom des médecins qu’ils consultent et parfois, le motif de consultation. Du côté des médecins, outre leur spécialité, des enquêtes de satisfaction sont menées auprès des patients après chaque rendez-vous. Par ailleurs, avec la télémédecine, la société réceptionne également les comptes-rendus de consultation.

En France, ces données sont très encadrées grâce au règlement général européen de la protection des données (RGPD). Et les données de santé le sont encore plus : chaque société qui en récolte est chargée de les chiffrer et de les stocker chez un hébergeur agréé. Leur exploitation est très surveillée. De son côté, Doctolib protège ces informations en les confiant à trois hébergeurs différents. « Toutes les données sont propriété des patients et des praticiens, et elles sont chiffrées sur tout leur parcours », assure Stanislas Niox-Château.

Reste que si un jour, la start-up venait à passer sous giron américain, le RGPD entrerait en conflit avec le CLOUD Act, une loi américaine beaucoup plus laxiste sur l’usage des données. « Nous sommes très vigilants sur les risques potentiels car le CLOUD Act peut annuler les dispositions du RGPD, explique Alexis Vervialle, chargé de mission au sein de l’association de patients France Assos Santé. Dans ce cas, les données ne bénéficieraient plus de la même protection.

La réussite de Doctolib est donc indéniable, mais c’est un acteur privé puissant qui vient s’interposer entre les patients et le monde médical. Il pourrait donc, à terme, modifier significativement le secteur de la santé publique.

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L’État américain de Washington légalise le « compost humain »

L'Etat américain de Washington légalise le compost humainA compter de mai 2020, les personnes qui le souhaitent pourront être transformées après leur mort en compost.

De quoi manger les pissenlits par la racine. L’État américain de Washington s’est doté d’une loi unique dans le pays qui permettra bientôt aux personnes qui le souhaitent d’être transformées après leur mort en « compost humain », une alternative écologique à l’inhumation classique ou la crémation.

La loi autorisant la « réduction organique naturelle », autrement dit la « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus », a été adoptée fin avril par le parlement local, une première aux États-Unis. La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020.

Elle a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet État très progressiste et qui est candidat à l’élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l’écologie. Cette technique « est naturelle, sûre, durable et permet des économies importantes en matière d’émissions de CO2 et d’utilisation des terres », plaide Katrina Spade, à la tête depuis dix ans de la société Recompose, qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser.

De la paille, des copeaux de bois et de la luzerne
Selon les détails communiqués par l’entreprise, il s’agit tout simplement d’accélérer le processus naturel de décomposition du corps en le plaçant avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne dans un conteneur, où sont créées les conditions idéales d’humidité et d’oxygénation pour que les bactéries fassent leur travail. « Tout est recomposé, y compris les dents et les os », écrit Recompose. Le conteneur est mélangé à plusieurs étapes afin de récupérer d’éventuels plombages dentaires, stimulateurs cardiaques et autres prothèses qui ne seraient pas biodégradables.

Au bout de trente jours environ, « le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière », assure la startup. Le procédé mis au point par Recompose est semblable à celui déjà en usage depuis des décennies dans l’agriculture pour transformer les carcasses d’animaux. Il a été testé scientifiquement en 2018 avec l’université de l’État de Washington à l’aide de six corps légués par des volontaires. Poussières, ils sont redevenus poussières.

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Doctolib devient l’une des rares « licornes » françaises

Doctolib ldevient l'une des rares licornes françaisesAu départ simple start-up, Doctolib est devenue une « licorne ».

La plateforme de rendez-vous médicaux en ligne et de téléconsultation a rejoint mardi le club très fermé des jeunes sociétés du numérique dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Une performance possible grâce à une nouvelle levée de fonds de 150 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, indique Les Échos ce mercredi.

Le fonds d’investissement américain General Atlantic est ainsi entré dans le capital de la société, et les actionnaires déjà présents (Bpifrance, Eurazeo, Kernel et Accel) ont remis de l’argent au pot.

Des critères exigeants
Doctolib compte désormais doubler ses effectifs en trois ans, s’étendre ailleurs qu’en France et en Allemagne, qui sont ses deux marchés actuels, et accélérer le déploiement de son service de téléconsultation.

À part Doctolib, seules trois sociétés françaises sont officiellement des « licornes » : la plateforme de streaming audio Deezer, le réseau de covoiturage Blablacar et le site de vente en ligne vente-privée.com. Pour accéder à ce statut, les entreprises doivent remplir trois critères : disposer d’une valorisation supérieure à un milliard de dollars, avoir été créées récemment et ne pas être cotées en Bourse. Les sociétés françaises Criteo, Talend ou OVH sont également souvent considérées comme des licornes, même si elles ne remplissent pas ces trois critères.

Les licornes sont rares en Europe en général, et en France en particulier. Selon un classement établi en juin 2018 par la banque d’affaires britannique GP Bullhound, l’Europe ne compterait que 16% des licornes dans le monde, contre 48% aux États-Unis et 36% en Asie. En Europe, le Royaume-Uni domine avec 25 licornes, loin devant l’Allemagne et la Suède. Pour justifier ces faiblesses, les experts évoquent en particulier le morcellement du marché européen qui perdure, malgré les efforts de l’UE.

« Le premier site d’e-santé en Europe »
Né en 2013, Doctolib a depuis connu une croissance accélérée mais solide. Environ 75 000 praticiens utilisent son outil d’agenda et de gestion des rendez-vous, dont 5 000 en Allemagne. Ce sont eux qui rémunèrent l’entreprise, puisqu’ils paient un forfait mensuel pour bénéficier du service.

« Nous cumulons 30 millions de visites chaque mois », indique aux Echos Stanislas Niox-Chateau, le fondateur de Doctolib. Cela fait de la plateforme « le premier site d’e-santé en Europe, et parmi les tout premiers au monde », rappelle-t-il.

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Vous pouvez maintenant faire de votre chat ou de votre chien un animal connecté

chien chatAprès avoir connecté des humains, l’industrie du mobile s’intéresse à leurs animaux de compagnie, en développant des objets connectés spécialement dédiés à leurs besoins.

Votre chien fait-il assez d’exercice ?  Qui s’occupera de la litière pendant vos vacances ?  Pas d’inquiétude. L’industrie mobile s’est emparée du sujet avec des objets connectés spécialement pensés pour les animaux de compagnie.

Dans les allées du Mobile World Congress de Barcelone, ils sont partout : de la litière pour chat qui se nettoie toute seule aux traqueurs d’activités en passant par des colliers bardés de capteurs en tout genre.

Ces appareils doivent permettre aux propriétaires de suivre en temps réel non seulement les déplacements de leurs animaux préférés mais également de s’assurer de leur santé, de vérifier qu’ils font suffisamment de sport ou si leur sommeil est bon. Le tout depuis leur smartphone.

Les ventes de smartphones déclinent
Certains vont même plus loin, en donnant la possibilité aux propriétaires de définir une zone de sécurité autour de leur habitation, afin d’être prévenus si leur compagnon à poils en sort. Le deuxième opérateur mondial Vodafone a ainsi présenté Kippy, qui sera disponible sur l’ensemble de ses marchés européens. Cet appareil résistant à l’eau, en métal et avec une autonomie de 10 jours, est équipé d’une carte SIM pour un abonnement mensuel de 4 à 6 euros. « L’objectif premier est d’améliorer encore la relation avec votre animal », souligne Steve Shepperson-Smith, un porte-parole de l’opérateur.

L’intérêt croissant pour ces appareils branchés pour les animaux intervient alors que les ventes de smartphones ont décliné de 4,1% dans le monde en 2018, selon le cabinet de conseil IDC. « Si l’on part du principe que la quasi totalité des humains souhaitant avoir un smartphone en a déjà un en Europe, Vodafone a raison de commencer à réfléchir à comment connecter les animaux », estime Ben Wood, analyste pour le cabinet de conseil spécialisé CCS Insight. « Le marché pour animaux est un segment incroyablement lucratif qui progresse d’année en année », assure-t-il.

Et cela devrait se poursuivre dans les prochaines années, Global Market Insight estimant que ce marché devrait passer de 1,85 milliard de dollars en 2017 à 8 milliards en 2024. « Quasiment tout ce qui bouge peut potentiellement être connecté. Les appareils connectés pour les humains sont très populaires et il est assez logique que les entreprises s’intéressent aussi aux produits pensés pour les animaux », selon Neil Mawston, directeur exécutif pour le cabinet de recherche Strategy Analytics.

Des millions de chiens et chats dans le monde
Selon lui, plus de 300 millions de chiens et chats sont présents dans les foyers dans le monde. « C’est une base de vente relativement large. Dans les faits ces entreprises ne font qu’adapter aux animaux la technologie utilisée pour les humains », ajoute Neil Mawston.

Pour ceux qui sont en manque de leur animal de compagnie lorsqu’ils sont loin, un certain nombre d’entreprises proposent désormais des caméras équipées d’une connexion wifi permettant de regarder son animal favori sur son smartphone.

L’un des modèles les plus populaires, Furbo, peut même contenir des friandises, que le propriétaire peut débloquer pour son animal en appuyant sur un bouton depuis son smartphone. L’appareil peut également vous envoyer un SMS si votre chien aboie et réalise une vidéo de 60 secondes des meilleurs moments de la journée de l’animal.

Plus besoin d’annuler un voyage
La start-up sud-coréenne PurrSong s’est, elle, concentrée sur les chats, avec sa LavvieBot, une litière automatique, capable de se nettoyer et se remplir seule. Lorsque le chat y a fait ses besoins, la machine met en mouvement, silencieusement, un petit râteau avant d’ajouter quelques poignées de litière, si besoin.

L’appareil peut, là encore, envoyer une notification sur le smartphone du propriétaire quand l’animal vient l’utiliser. Il surveille aussi son poids, le nombre et la durée de chaque passage afin de détecter d’éventuels problèmes de santé.

« S’il y a quoi que ce soit d’anormal, vous en serez informés sur votre smartphone », assure Heaven Nam, la directrice marketing de PurrSong, « les propriétaires n’ont plus besoin d’annuler un voyage et pourront désormais économiser sur la garde de leur animal en leur absence ».

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Le Lavoir Moderne lève 5 millions d’euros pour moderniser le pressing

lavoir moderneLe Lavoir Moderne veut dominer le marché du pressing, et vient de lever 5 millions d’euros auprès d’investisseurs privés. La startup souhaite étendre l’accès à ses services à d’autres départements d’Île-de-France et aux capitales européennes.

Le pressing fait aussi sa révolution numérique. Le Lavoir Moderne a récolté 5 millions d’euros pour sa deuxième levée de fonds. Des investisseurs privés et des bureaux de gestion de patrimoine misent sur la startup, qui ambitionne d’industrialiser le marché du pressing de proximité. Prochaines étapes : étendre son service en Île-de-France au-delà de Paris et sa proche banlieue, puis dans d’autres capitales européennes.

Le linge livré à domicile et à prix cassés
Une fois l’application gratuite de Le Lavoir Moderne téléchargée, il suffit de quelques clics pour qu’un opérateur bien-nommé « Lavandier » vienne chercher le linge en scooter. Les chemises, robes et pantalons doivent être lavés à la pièce  entre 4 et 10 euros chacun, tandis que les autres vêtements sont facturés entre 2,5 et 8 euros le kilo. Si l’addition reste salée, elle reste inférieure au coût d’un pressing traditionnelle, affirme la startup.

Les textiles seront ensuite lavés dans une usine du Val d’Oise, à Pontoise. Un nouveau bâtiment de 3.500 mètres carrés, financé par une première levée de fonds de 3 millions d’euros l’an dernier, devrait être opérationnel dès mars, et augmenter la capacité de production de l’entreprise. Après deux ou trois jours ouvrés, la startup livre le linge propre à domicile à la demande du client.

Miser sur la production de masse
Avec des prix relativement bas par rapport au marché, la startup mise sur les économies d’échelle. Ses fondateurs affirment traiter dix fois plus de chemises par agent que dans les pressing traditionnels, grâce à ses infrastructures. Mais dans cette course à la productivité, le Lavoir Moderne ne facture pas des auto-entrepreneurs pour ses livraisons comme peut le faire Uber, ou son concurrent direct, Zipjet. Il embauche des salariés, essentiellement des étudiants à temps partiel.

La startup essuie encore quelques ratés parmi les milliers de commandes mensuelles. Les plateformes comme Google Maps ou Trustpilot recueillent différentes histoires d’usagers furieux d’avoir perdu leur linge. Mais la startup développe ses technologies pour y remédier, et géolocalise désormais les sacs grâce à une puce RFID.

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Les « deep fake » sont encore plus dangereuses que les fake news

deep fakeLes trucages de vidéos sont de plus en plus aboutis. A tel point que différents pays craignent des manipulations en période de campagne électorale.

Les « deep fake » inquiètent autant qu’ils fascinent. Ces outils permettent de modifier le visage et/ou la voix d’une personne pour un résultat quasi parfait. La vidéo de l’actrice Jennifer Lawrence, dont les traits ont été remplacés par ceux de l’Américain Steve Buscemi, est la preuve des avancées technologiques en la matière. Ce faux très réussi a été repéré par Mikael Thalen, journaliste indépendant. Son auteur serait l’internaute « VillainGuy ».

Le « deep fake » sur Barack Obama
Le « deep fake » le plus célèbre concerne Barack Obama. Dans une vidéo publiée par Buzzfeed en avril, l’ancien président des États-Unis insulte Donald Trump « d’idiot absolu ». « Nous entrons dans une ère où nos ennemis peuvent faire croire que n’importe qui dit n’importe quoi à n’importe quel moment », peut-on entendre de la bouche de Barack Obama. Ce discours n’a évidemment jamais eu lieu. Le cinéaste Jordan Peele a modifié le mouvement des lèvres de Barack Obama pour lui faire dire ce qu’il souhaitait à l’aide d’une intelligence artificielle spécialisée. La vidéo comptabilise aujourd’hui 5,5 millions de vues.

Des craintes de manipulations
Aux États-Unis, plusieurs élus craignent l’utilisation de ces fausses vidéos pendant la campagne présidentielle de 2020. L’agence de recherche américaine de défense liée au Pentagone, la DARPA, a d’ailleurs dépensé 68 millions de dollars pour financer des outils capables de les repérer. En France, un rapport sur la désinformation publié en septembre tire la sonnette d’alarme : « Un plus grand danger encore, car plus subtil que la création d’un faux, est l’altération discrète d’une partie seulement d’un contenu audio ou vidéo, un discours par exemple ».

Les traits de plusieurs célébrités sont déjà utilisés pour produire des « deep fake », parfois à caractère pornographique. Début janvier, l’actrice Scarlett Johansson expliquait que lutter contre ces vidéos « était inutile et une cause perdue ». Pour l’instant, le trucage des vidéos n’est pas parfait. Mais les outils se perfectionnent. Des chercheurs travaillant pour l’entreprise Nvidia ont ainsi élaboré un programme informatique capable de créer des visages qui n’existent pas. Et la technologie développée par la start-up canadienne Lyrebird peut imiter n’importe quelle voix en se basant sur un enregistrement d’une minute à peine.

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Vers la création d’un passeport santé numérique international

pass careAlcatel-Lucent Enterprise et la start-up InnovHealth lancent une plateforme interactive de communication et de partage de l’information médicale (ordonnances, examens, comptes rendus médicaux …) entre patients et professionnels de santé qui s’appuie sur la technologie de la blockchain.

C’est une innovation qui pourrait changer le quotidien des patients atteints de maladies chroniques (15 millions en France) qui accumulent ordonnances, consultations chez des spécialistes et examens en tous genres. Elle devrait aussi faciliter la vie de ceux qui voyagent et sont amenés à être soignés partout dans le monde. Alcatel-Lucent Enterprise et la start-up InnovHealth lancent PassCare, une plateforme interactive de communication et de partage de l’information médicale (ordonnances, examens, comptes rendus médicaux …) entre patients et professionnels de santé.

L’innovation se matérialise par une carte associée à un QR code et à un mot de passe et fonctionne via une application. «Pass’Care a vocation à jouer le rôle de passeport numérique universel, accessible partout dans le monde à condition d’être connecté à Internet, explique Adnan El Bakri, chirurgien urologue, spécialiste du big data et de l’intelligence artificielle, qui a fondé InnovHealth en 2016. Nous sommes partis du constat suivant : il n’existe à ce jour aucune technologie permettant de lier les systèmes informatiques des établissements de santé et les logiciels des praticiens avec leurs patients. Ces derniers deviennent maîtres de leurs données de santé.»

En ayant une vision d’ensemble du dossier de leur patient, les médecins y voient un gain de 5 à 10 minutes par consultation. Grâce à l’intelligence artificielle, PassCare facilite prévention et dépistage via un système d’alertes personnalisées. La technologie de la blockchain permet de sécuriser les données qui sont immédiatement anonymisées.

L’acteur Christophe Lambert en ambassadeur
PassCare, dont la version pilote a couvert 250.000 patients, est officiellement lancé le 1er février. S’il est accessible aux particuliers (à partir de 2,99 euros par mois), son modèle économique repose avant tout sur les professionnels : les entreprises peuvent abonner leurs salariés. L’Oréal et d’Alcatel-Lucent figurent parmi les premiers clients. Les établissements de soin et professionnels de santé sont également prescripteurs. Le groupement de pharmaciens Totum, les hôpitaux universitaires de l’Est parisien Tenon, les mutuelles Hélium ou encore le courtier en assurance Servyr ont également sauté le pas. InnovHealth est par ailleurs en discussions «très avancées» avec un État africain qui pourrait lui confier la gestion de son système de santé.

En collaborant avec Alcatel-Lucent Enterprise (ALE), InnovHealth a enrichi son offre des fonctionnalités de chats, messageries instantanées, vidéos et téléconsultation. «Notre ambition est de contribuer à optimiser le parcours de soins en associant notre écosystème Rainbow, précise Nicole Hill, directrice santé d’Alcatel-Lucent Enterprise. Le système de santé dépasse aujourd’hui les murs de l’hôpital.» De son côté, ALE l’a inclus à la palette de services qu’il propose à ses clients. Sa force de frappe internationale devrait aider PassCare à grossir.

InnovHealth s’apprête à lancer une deuxième levée de fonds avec l’ambition de recueillir 5 millions d’euros pour accélérer son développement commercial et la R&D. Parmi sa vingtaine d’actionnaires, il compte l’acteur Christophe Lambert qui en est devenu l’un des premiers clients aux États-Unis et l’ambassadeur. L’entreprise conçoit son offre comme complémentaire aux dispositifs nationaux comme le dossier médical partagé (DMP) en France, une sorte de carnet de santé numérique. Avec PassCare, elle espère aussi apporter sa pierre à la recherche. «L’objectif est aussi de fournir des cohortes de patients grâce aux données collectées sur la plateforme», ajoute Adnan El Bakri. Un énorme marché en perspective. Il devrait passer d’ici cinq ans de 690 millions à 1,35 milliard de dollars, selon l’entreprise Iqvia (ex-IMS Health).