Publié dans Texte Sexualité

L’éjaculation précoce, un trouble très répandu mais toujours tabou

lc3a9jaculation-prc3a9coce.jpgPeu d’hommes osent en parler et pourtant ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit à en souffrir. L’éjaculation prématurée concerne 20 à 30% de la gent masculine.

C’est le trouble sexuel masculin le plus fréquent. L’éjaculation prématurée, également appelée éjaculation précoce ou rapide, touche en moyenne un homme sur trois à un homme sur cinq. 71% de la gent masculine assure en avoir déjà souffert, indique une enquête réalisée par l’Ifop pour Charles, une plateforme de consultations médicales réservée aux troubles sexuels masculins.

« Peu d’hommes peuvent se vanter de ne jamais avoir rencontré ce problème », affirme à BFMTV.com François Kraus, directeur du pôle genre, sexualités et santé sexuelle à l’Ifop.

« Ce n’est pas une anomalie »
Selon l’Association française d’urologie, on parle d’éjaculation prématurée lorsque celle-ci survient de manière quasi systématique avant la pénétration, au moment de la pénétration ou juste après celle-ci, « avec inaptitude à retarder/contrôler ce réflexe lors de toutes ou presque toutes les pénétrations et comportant des conséquences personnelles négatives telles que peine, mal-être, frustration et/ou évitement de l’intimité sexuelle ».

Pourtant, il ne s’agit pas d’une maladie. « C’est tout le paradoxe de l’éjaculation prématurée, analyse pour BFMTV.com Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue à Lille ainsi que pour la plateforme Charles. Elle est tellement fréquente chez les hommes, hétérosexuels comme homosexuels, et dans toutes les tranches d’âge, qu’on ne la considère pas comme une anomalie, bien que l’on puisse la soigner. Il s’agit en réalité d’un réflexe. Les primates sont mêmes programmés pour éjaculer vite. Mais on peut apprendre à contrôler ce réflexe. »

Cette affection demeure sous-diagnostiquée et sous-médicalisée, même si tous les hommes qui éjaculent rapidement n’en souffrent pas. « L’éjaculation prématurée conserve un certain mystère », ajoute l’Association française d’urologie pour expliquer cette sous-médicalisation. En effet, ses causes et ses origines restent débattues. « Les croyances, les freins, les tabous font que les patients craignent d’en parler. »

Honte et tabou
À peine plus d’un tiers des hommes touchés l’ont déjà évoqué auprès de leur partenaire, selon l’étude de l’Ifop. Et ils sont encore moins nombreux à avoir consulté un professionnel de santé : seuls 16% d’entre eux ont osé se confier.

« Ils ont honte, note Gilbert Bou Jaoudé. Ils pensent qu’il n’y a pas de solution ou qu’ils vont la trouver par eux-mêmes, avec des techniques grappillées sur Internet. Ça leur pourrit la vie et ça nuit à leur couple. Ils ont l’impression de ne pas être un bon amant, de ne pas pouvoir contenter leur partenaire et de ne pas être un homme à part entière. »

Pourtant, il existe des solutions pour traiter l’éjaculation prématurée. Les méthodes combinant traitements médicamenteux, sexologie, psychologie et exercices musculaires s’avèrent d’ailleurs particulièrement efficaces. Car sans cela, ce trouble impacte bien au-delà de la vie sexuelle des patients.

« L’éjaculation précoce a de réelles répercussions psychologiques, poursuit le médecin. Ces hommes sont plus anxieux, se sentent moins légitimes pour séduire, ils n’osent plus entamer de nouvelles relations et s’isolent. »

Il évoque le cas de l’un de ses patients qui draguait une femme depuis un an mais évitait systématiquement tout rapprochement physique. Et trouvait des excuses pour repousser le rendez-vous qui aurait pu aboutir à une relation sexuelle.

« 100% de chance pour que ça plante »
Cela a longtemps été le cas de Stéphane (le prénom a été modifié pour préserver son anonymat). Ce Parisien âgé de 32 ans souffre depuis le début de sa vie sexuelle d’éjaculation précoce, « avec des hauts et des bas », confie-t-il à BFMTV.com. Au point d’adopter des stratégies d’évitement.

« On adapte sa sexualité avec plus de préliminaires, car les rapports peuvent être courts, voire très très courts. On prend son temps avant la première relation sexuelle, on est très câlin. On censure les rencontres, c’est pesant. C’est un poids sur les épaules, ça tape sur la confiance en soi et c’est quelque chose qui vous échappe complètement. »

Le jeune homme dénonce une « omerta » et assure avoir longtemps eu l’impression d’être seul. Jamais il ne s’est senti à l’aise pour en parler, même à son meilleur ami. « On prend l’éjaculation précoce à la rigolade, notamment avec le film Mary à tout prix. Mais beaucoup confondent ne pas se maîtriser une ou deux fois et quelque chose qui est systématique, récurrent. Si vous devez avoir un rapport sexuel, vous savez que vous avez 100% de chance pour que ça plante. »

En couple depuis peu, Stéphane a décidé de consulter un sexologue pour ne pas mettre en péril sa relation. Depuis, les choses s’améliorent progressivement. « Il y a des exercices pratiques, mais rien que d’avoir libéré la parole, je me sens mieux. »

« Un culte de la performance sexuelle masculine »
L’enquête montre également une méconnaissance des hommes quant à ce qui relève de l’éjaculation précoce ou non. Alors qu’ils souhaitent en grande majorité que leurs rapports sexuels durent plus longtemps, la moitié des hommes interrogés considère qu’en-dessous de cinq minutes de coït, on peut parler d’éjaculation précoce. Or, ce seuil est bien inférieur.

Il n’y a pas de consensus quant à la définition de l’éjaculation précoce, qui peut survenir dès le début de la vie sexuelle ou plus tardivement. Selon les sociétés savantes, on parle d’éjaculation prématurée lorsqu’elle survient moins d’une minute après le début de la pénétration, deux minutes pour d’autres ou encore en une quinzaine de poussées pelviennes. Pour François Kraus, de l’Ifop, la problématique autour de l’éjaculation prématurée est avant tout le reflet de changements sociétaux.

« Si l’importance accordée aux problèmes d’éjaculation précoce reflète une prise de conscience du plaisir féminin, elle est aussi le révélateur d’une survalorisation de la sexualité coïtale. Cela s’accompagne d’un culte de la performance sexuelle masculine associée à la taille du sexe, l’érection et la durée du rapport, notamment véhiculé par la pornographie. »

Complexant ainsi ces hommes qui ont l’impression de ne pas correspondre au modèle de mâle alpha. Sans compter que les aspirations en matière de durée de pénétration sont, selon François Kraus, « largement au-delà des normes biologiques. »

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Pourquoi le drame de la fausse couche est-il encore tabou ?

Pourquoi le drame de la fausse couche est-il encore tabouAlors qu’une femme sur quatre vit une fausse couche au cours de sa vie, le sujet reste peu, voire pas abordé en France, au niveau du grand public. Ce manque entraîne une méconnaissance autour de la perte précoce de la grossesse, mais surtout un tabou, qui freine le besoin de parler des personnes vivant cette perte.

Dans un long témoignage posté dimanche sur la plateforme Medium, la députée LaREM Paula Forteza raconte sa fausse couche, à quatre mois de grossesse, et pointe du doigt le manque d’informations et le tabou autour de ce sujet. « Pourquoi n’en avais-je jamais entendu parler avant ?  Pourquoi en avoir fait collectivement un tabou, une expérience à passer sous silence sous prétexte qu’elle serait glauque et choquante ?« , écrit l’élue.

Si des témoignages sur le sujet sont partagés en ligne, rares sont les collègues, cousines, amies voire même frères, soeurs ou parents qui osent raconter ce difficile moment de leur vie. « J’ai eu l’impression d’échouer », déclarait Michelle Obama, ex-première dame américaine, en novembre 2018, alors qu’elle se confiait sur sa fausse couche, « parce que je ne savais pas à quel point les fausses couches étaient courantes, parce que nous n’en parlons pas. Nous restons dans notre douleur en pensant que nous sommes brisés ».

Une femme sur quatre vit une fausse couche
La fausse couche c’est « un arrêt spontané de la grossesse avant la 22ème semaine d’aménorrhée (soit environ 5 mois), date de viabilité du fœtus », explique le site de l’assurance maladie.

Il rappelle que la fausse couche isolée (une expérience de fausse couche unique) est une « situation fréquente » qui touche au moins 15% des grossesses. Le site de l’assurance maladie précise que le risque de fausse couche spontanée augmente avec l’âge : à 25 ans, il est de 12% par cycle à 42 ans, de 50%. En tout, c’est à peu près une femme sur quatre qui sera confrontée à une fausse couche au cours de sa vie. Malaise, pudeur ou peur de la réaction de l’autre, pourquoi ce sujet reste-t-il si peu abordé ?

« Le deuil d’un enfant qui n’a pas vécu »
La difficulté de parler d’une fausse couche est intrinsèque au drame que la mort d’un enfant provoque au sein d’un couple, ou chez la femme qui portait l’enfant. « C’est le deuil d’un enfant qui n’est pas né, c’est aussi le deuil d’un projet, le deuil de tout un désir de conception, de famille qu’il faut faire », explique une responsable de l’association Petite Émilie, qui regroupe des familles concernées par le deuil périnatal.

Face à ses proches, mais aussi à la société, c’est un deuil qui peut être compliqué à faire, mais aussi à faire comprendre, car « il est difficilement admis qu’on fasse le deuil de quelqu’un qui n’a pas existé. Il n’y a pas de vécu, de souvenirs » à évoquer pour les proches, continue la responsable.

La majorité des fausses couches intervient au cours du premier trimestre, avant la 14ème semaine d’aménorrhée, à trois mois de gestation. Alors que l’annonce de la grossesse à son entourage intervient généralement à la fin de cette période, quand les risques de perte du foetus sont amoindries.

Dans un long témoignage sur sa propre fausse couche, mais aussi l’appréhension du sujet en France, Marie-Hélène Lahaye fustige dans un post de son blog « Marie accouche là » ce silence au début de la grossesse, qui maintient le tabou selon elle et « a pour seul but d’empêcher les futurs parents d’annoncer par la suite une éventuelle fausse couche ».

« Parfois la grossesse n’a même pas été annoncée à ses proches, donc on doit tout dire d’un coup », raconte une responsable d’Agapa, association qui accompagne les personnes touchées par une grossesse interrompue. Cela rajoute à « la brutalité et l’inattendu de cette situation », déjà difficile à vivre.

La cause d’une fausse couche « rarement recherchée »
Cette difficulté d’évoquer le sujet se couple parfois à une culpabilisation de la mère qui pense avoir mal fait, ou être responsable de la perte du fœtus, notamment parce que les causes d’une fausse couche sont rarement connues. « Elle est due le plus souvent à une anomalie de développement du fœtus », explique l’assurance maladie, qui souligne que la « cause d’une fausse couche spontanée et isolée est rarement recherchée ».

« Il n’y a quasiment jamais d’explication, ce qui rajoute évidemment à la difficulté » de faire son deuil et à pouvoir en parler, explique-t-on à l’association Agapa. Certains « ont plus de mal à relancer une autre grossesse, ils ont peur que cela se reproduise ».

« C’est rare que l’on trouve les raisons d’une fausse couche », explique une sage-femme du réseau périnatal Naître dans l’Est francilien, « notamment parce qu’avant 15 semaines, on ne peut pas faire d’autopsie du fœtus », et donc identifier une anomalie précise. Les enquêtes sur les causes d’une fausse couche sont surtout menées en cas d’interruption spontanée de grossesse à répétition, ou lorsque le fœtus est plus développé.

L’impression de manque d’informations médicales vient également du fait que la fausse couche peut survenir très tôt dans la grossesse, alors même qu’aucun rendez-vous médical n’a eu lieu. « Ces femmes ne sont pas préparées à quelque chose, étant donné qu’elles n’ont encore vu aucun professionnel », explique la sage-femme.

« I had a miscarriage »
Pour pallier ce tabou sociétal, des initiatives éparses existent. Les cafés-rencontres proposés par l’association Agapa  pour échanger entre personnes ayant traversé une même épreuve  ou encore les professionnels de santé dans certains réseaux périnatals sont là pour permettre aux personnes en difficulté à la suite de ce drame de pouvoir s’exprimer, raconter.

Faute d’une oreille attentive, ou par besoin de parler à découvert de son expérience, certains publient leur histoire sur des forums, blogs ou réseaux sociaux. Comme sur le compte Instagram « I had a miscarriage » (En français : « J’ai fait une fausse couche »), créé en 2015 par une psychologue américaine, qui a vécu cette expérience. Il a pour but de délier les langues, de parler ouvertement de ce sujet encore trop difficile à aborder.

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Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfant ?

Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfantAvec Internet, les adolescents ont accès à la pornographie de plus en plus jeunes.

Cette banalisation des relations sexuelles se ressent dans leur comportement : en Gironde, une directrice de collège a tiré la sonnette d’alarme face à l’attitude « hypersexualisée » des élèves. BFMTV.com a interrogé un psychologue et un médiateur scolaire afin de savoir comment aborder la question de la pornographie avec les enfants.

Les adolescents visionnent des images pornographiques de plus en plus jeunes. Mardi, la principale d’un collège de Mios, en Gironde, a tiré la sonnette d’alarme concernant « l’hypersexualité » des élèves de 6e et de 5e dans son établissement. Elle évoque le « visionnage de films à caractère pornographique, l’exhibitionnisme, la masturbation dans la cour de récrée » ou encore la « réalisation de vidéos à caractère pornographique » par une quinzaine de collégiens. La directrice constate, effarée, que dès 10 ans et demi, les enfants de son établissement ont accès à ce type de contenu via leurs ordinateurs et téléphones portables.

8% des ados regardent du porno plusieurs fois par jour
Le phénomène ne se limite pas à l’enceinte du collège de Mios. D’après une étude réalisée en 2018 par la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds actions addictions et la fondation Gabriel-Péri, 8% des jeunes garçons de 14-15 ans affirment regarder du porno plusieurs fois par jour, et 21% en consomment au moins une fois par semaine.

« On peut estimer que ces chiffres sont en partie dus à la facilité d’accès des mineurs aux produits censés leur être prohibés; 92% des mineurs jugent qu’il est facile d’accéder à la pornographie », note l’étude.

Pourtant, l’article 227-24 du Code pénal français dispose que la diffusion d’un message à caractère pornographique « par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support […] est punie de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». Reste que, sur les sites de streaming, la loi est largement contournée.

« Les contenus pornographiques sont à la portée des enfants, ils n’ont même pas besoin de savoir lire pour y accéder. Il leur suffit de cliquer sur un onglet pour atterrir sur un site qui propose des vidéos en streaming », rappelle à BFMTV.com Christophe Butstraen, médiateur scolaire et auteur de Parlez du porno à vos enfants avant qu’Internet ne le fasse.

Limiter l’accès à Internet
« Avant, on découvrait la sexualité par les témoignages de nos copains qui nous racontaient leur premier baiser, leurs premières caresses. Désormais, notre référent c’est Google, sauf que le navigateur ouvre tous les champs des possibles et nous renvoie très rapidement vers la pornographie. Et les ados prennent ce qu’ils voient comme les pratiques à appliquer », nous détaille le psychologue Samuel Comblez.

Pour rétablir les standards de la sexualité, Christophe Butstraen recommande aux parents d’installer des logiciels de contrôle parental sur le matériel informatique qu’ils mettent à la disposition de leur enfant. « Dès qu’il a accès à Internet, il faut le limiter. Puis, petit à petit, on lâche un peu de lest. Comme quand on demande à un enfant de nous tenir la main pour traverser, au début on est strict puis on apprend à lui laisser plus de liberté », illustre-t-il.

Le médiateur scolaire souligne toutefois que tous les efforts mis en place dans le cadre familial pour limiter l’accès à la pornographie « seront anéantis par les copains qui eux ne sont pas bridés dans leur usage d’Internet. C’est pourquoi les parents doivent avant tout mettre l’accent sur le dialogue ».

Instaurer le dialogue le plus tôt possible
« Plus tôt on parle de sexualité avec son enfant, plus sa candeur lui permet d’entendre le message », affirme Christophe Butstraen. « C’est à l’adulte de faire le premier pas et de dédramatiser la situation car de toute façon l’adolescent finira par être confronté à la pornographie », abonde Samuel Comblez.

« Il faut lui expliquer qu’en allumant sa tablette ou son ordinateur il risque de tomber sur des photos de gens nus qui peuvent avoir des comportements qui le dégoûtent ou l’émoustillent mais que ce n’est pas grave », expose-t-il.

Une fois le tabou dépassé, il est nécessaire que les parents expliquent à leur enfant que l’univers pornographique ne correspond pas à la réalité. Christophe Butstraen note d’ailleurs que le porno d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les films érotiques des années 1970.

« Les pratiques qui y sont présentées sont de plus en plus violentes. Dans les titres des vidéos on retrouve souvent la notion de ‘viol’, d’’inceste’ et autres fantasmes des plus bizarres. Ces vidéos diffusent des images que les enfants ne sont pas prêts à digérer et véhiculent des stéréotypes dont il est difficile de se défaire », déplore-t-il. Le médiateur scolaire constate que le porno développe des complexes chez les garçons concernant la taille de leur sexe, leurs performances. Les filles, elles, ont tendance à avoir une idée distordue du corps de la femme.

Remettre l’ado en phase avec la réalité
« Chez les adolescentes âgées de 13 à 15 ans, les esthéticiens constatent une explosion des demandes d’épilation intégrale. Un standard établi par les images pornographiques », assure Christophe Butstraen.

Pire encore, selon le médiateur scolaire, les films pour adultes annihilent l’importance du consentement dans les relations sexuelles. « Le porno fait croire aux garçons que quand une fille dit non elle veut en réalité dire oui. L’absence de consentement est très utilisée dans le porno : on nous montre une femme qui ne souhaite pas avoir de relation sexuelle mais qui finit par y prendre du plaisir. »

Il incombe donc aux parents d’expliquer à leur enfant que les films pornographiques sont à regarder comme un spectacle, « une fiction et non comme un manuel », assurent le psychologue ainsi que le médiateur scolaire.

« Les adolescents doivent comprendre que dans le porno, des acteurs sont payés pour jouer un rôle. C’est de la mise en scène. Les séquences qui durent 15 minutes sont parfois tournées en plusieurs heures, avec des reprises, des montages. On ne nous montre pas la réalité comme les pannes, l’envie ou le respect de la femme », ajoute Samuel Comblez.

Vérifier l’identité des visiteurs des sites porno
Pour lutter contre cette banalisation du sexe que les adolescents consultent et reproduisent de plus en plus tôt, le dialogue semble donc primordial. « La sexualité, tout le monde y pense mais personne n’en parle. Or, les parents ne doivent pas avoir peur d’aborder le sujet », conclut Samuel Comblez.

En attendant qu’ils osent briser le tabou, le Royaume-Uni va tester un système de vérification de l’âge. A partir du 15 juillet prochain, les majeurs devront scanner leur carte d’identité pour accéder aux sites pornographiques.

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4 idées reçues sur le cycle menstruel

roudoudou« Avoir ses ragnagnas », « les Anglais ont débarqué », « être indisposée »…

Il existe à peu près autant d’expressions pour dire qu’on a ses règles que d’idées fausses sur le sujet. Toujours tabou et méconnu, le cycle menstruel, que les femmes expérimenteront environ 450 fois dans leur vie, mérite que l’on rétablisse quelques vérités.

Il aura fallu attendre 2018 pour qu’une une marque de protections hygiéniques utilise enfin dans ses publicités du liquide rouge pour représenter le sang des menstruations. Jusque-là un fluide bleu avait toujours été employé. C’est dire si le sujet met mal à l’aise.

La preuve avec quelques chiffres récoltés par l’association Plan International qui montrent que 52 % des parents préfèrent parler de sexe avec leur fille plutôt que des règles. Plus inquiétant encore : 48% des filles en Iran, 10 % en Inde et 7 % en Afghanistan croient encore que les règles sont une maladie. Il est temps de tordre le cou à quelques idées reçues concernant cette fonction naturelle.

Le sang des règles est sale : FAUX
Et pourquoi serait-il plus dégoûtant que celui qui coule quand on se coupe ?   Il suffit de connaître sa composition pour s’en rendre compte. Le sang des règles est constitué d’eau, de lymphe, de globules rouges et de cellules d’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui s’épaissit pendant la première moitié de chaque cycle menstruel et qui desquame quand il n’y a pas eu de fécondation.

Qu’est-ce qui n’est pas propre là-dedans ?   Et la couleur marron qu’il peut arborer parfois au début ou à la fin des menstruations s’explique par le fait que le sang a pris davantage de temps pour quitter l’utérus. Plus il reste dans le corps, plus la muqueuse utérine le brunit.

800-questions-au-gynecologue.jpgLes femmes perdent beaucoup de sang chaque mois : FAUX
Chacune a son propre cycle, qui est loin d’obéir à un calendrier de 28 jours. Il peut varier de 21 à 36 jours selon les femmes. Et toutes ne perdent pas non plus la même quantité de sang selon la durée de leurs règles et l’intensité de leur flux.

D’après les données du livre 800 questions au gynécologue du Dr Alain Tamborini (édition Marabout), il faut compter, en moyenne, entre 50 à 150 ml de sang sur 3 à 6 jours de règles. Pour vous donner une idée 100 ml c’est la contenance d’un demi-verre à eau et 150 ml équivalent à une mini-canette de soda.

On ne peut pas tomber enceinte quand on a ses règles : FAUX
A en juger le nombre de réponses (plus de 7 millions) sur lesquelles on tombe quand on pose la question sur un moteur de recherches, on peut estimer que l’information est mal passée. Même si la probabilité est rare, elle existe.

Notamment chez les femmes qui ont des cycles courts, comme l’explique l’organisation American Pregnancy. Celles qui ont des cycles de 21 à 24 jours ovulent donc plus tôt au cours de leur cycle et peuvent avoir du mal à calculer ce moment.

Sachant aussi que les spermatozoïdes conservent leur aptitude à féconder pendant 2 à 5 jours après un rapport sexuel non-protégé, il est possible « qu’après un rapport ayant eu lieu vers la fin de vos menstruations vous puissiez tomber enceinte 4 ou 5 jours plus tard ».

On ne doit pas avoir de rapports sexuels pendant ses règles : FAUX
La vie ne s’arrête pas quelques jours par mois parce qu’on a ses règles et heureusement. Quant à faire des galipettes à cette période-là, tout est une question de choix personnel. Quand certaines ne veulent pas être approchées à moins de 150 mètres d’autres, au contraire, remarquent une libido qui monte en flèche à ce moment précis.

Si les deux partenaires sont à l’aise avec l’idée, rien n’empêche d’avoir des rapports sexuels pendant ses règles. D’autant plus que le cerveau va libérer des endorphines, les hormones du bien-être, qui peuvent aussi agir ponctuellement comme des antalgiques naturels. Un bon moyen pour calmer les éventuelles douleurs que certaines peuvent connaître pendant leurs menstruations. Sans oublier qu’il existe désormais un tampon spécifique qui permet de faire l’amour pendant ses règles.

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Adolescence, sexualité et homosexualité

generationNotre orientation sexuelle se révèle le plus souvent au moment de l’adolescence

Durant cette période d’extrême fragilité psychologique et affective, il apparaît parfois difficile de faire face à une orientation affective et sexuelle différente de la norme hétérosexuelle. État des lieux d’une période clé avec de nombreux témoignages.

Aujourd’hui, le milieu associatif conscient de ces difficultés, vient en aide aux jeunes et à leur famille, proposant écoute, dialogue et soutien aux personnes concernées.

homosexualité et suicidePas toujours facile de trouver à qui parler
A l’adolescence, au début de l’âge adulte, bon nombre de garçons et de filles, d’hommes et de femmes, s’interrogent sur les sentiments qu’ils ressentent et qu’ils découvrent. « Ça fait longtemps que je sais que je suis attiré par les garçons. Je croyais que ça passerait, mais plus je grandis et plus je me rends compte que non. Je ne peux en parler à personne. Mon père réagit très violemment aux émissions sur le sujet. Mes copains et mes copines sont tous hétéros. Ils ont l’air tolérants comme ça mais je ne sais pas comment ils réagiraient. J’aimerais rencontrer un garçon de mon âge. Vous croyez que c’est naturel ? » Pierre, 15 ans, a, comme beaucoup d’autres jeunes de son âge, appelé la ligne Azur pour discuter d’attirance, de désir, de sexualité et d’homosexualité.

Depuis trois ans, les équipes de cette ligne d’écoute et d’information reçoivent les appels de jeunes garçons et filles qui cherchent un interlocuteur à qui se confier.

La valse des étiquettes
« J’ai 16 ans et je ne sais pas si je suis homo ou hétéro. Je trouve les filles lourdes. Mais ce sont peut-être des préjugés.  Je ne parle pas ouvertement de ce questionnement autour de moi, seulement par allusions parfois » déclare Mathieu.

La sexualité reste encore un sujet tabou. Elle fascine, elle intrigue et celle des autres renvoie souvent à ses propres pratiques et à ses propres doutes. Cela s’accompagne d’une pression sociale obligeant chacun à se définir par rapport son comportement sexuel.

Quand on est adolescent, cette pression est souvent difficile à vivre et beaucoup de jeunes cherchent à savoir à quelle catégorie ils appartiennent. Homo ou hétéro, on a souvent le sentiment qu’il faut choisir son camp et on recherche alors en soi les signes, les preuves qui démontreraient que l’on appartient à tel ou tel groupe.

Mais la sexualité ne se résume pas à des catégories. Chaque individu la vit différemment et aucune règle n’existe en la matière. Il faut se donner du temps pour apprendre à se connaître, à identifier ses propres désirs. Toute expérience n’est pas forcément définitive, ni un engagement pour l’avenir. Éprouver une affection particulière pour sa meilleure amie quand on est une fille ne signifie pas obligatoirement que l’on est lesbienne. Se masturber entre copains en regardant des films pornos n’est pas une pratique réservée exclusivement aux homosexuels.

Découvrir son corps et chercher à connaître celui des autres, sont des étapes nécessaires pour trouver son équilibre. Et il est important de prendre son temps. Entre homosexualité exclusive et hétérosexualité exclusive, toute une gamme existe et c’est à chacun de faire son chemin pour savoir où il se positionne. A l’inverse, on peut se savoir homosexuel(le) sans avoir jamais couché avec une personne de son sexe.

Le regard des autres
« Je me sens homo mais je ne peux pas le vivre. Je suis très isolé, c’est difficile d’en parler en famille. Je suis toujours renvoyé à une image très négative de l’homosexualité. Au lycée, c’est terrible, je me fais insulter. Ça doit se voir que je suis homo. J’ai l’impression d’être un cas unique » regrette Laurent, 16 ans.

La faible représentation des homosexuels ou des bisexuels dans les médias, l’absence au collège ou au lycée d’espaces de discussion et d’information autour de la sexualité, donnent souvent l’impression d’être seul(e) au monde. Cette impression est renforcée lorsque l’entourage montre des signes d’hostilité à l’égard de toutes relations entre personnes de même sexe.

Dans certains milieux en province ou en banlieue, l’homophobie quotidienne et lancinante est une pression sociale qui tend à cacher toute expression d’une attirance ou d’un désir à caractère homosexuel. Même si elle est invisible, il ne faut pas oublier que l’homosexualité est présente dans tous les milieux, dans toutes les régions, dans toutes les classes d’âge. Au lycée, un autre garçon ou une autre fille partage peut-être les mêmes angoisses, les mêmes doutes ou interrogations. Vous la côtoyez tous les jours, vous croyez la connaître et pourtant …

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Les 10 fantasmes des femmes

7bf7dd09Les fantasmes ne sont pas réservés à ces messieurs, les femmes aussi les utilisent pour alimenter leur désir et intensifier leur plaisir. Des fantasmes souvent secrets, voire tabous.

Faire l’amour avec plusieurs hommes
Plus on est de fous, plus on jouit ?  C’est en tout cas ce que semblent penser de nombreuses femmes, puisqu’elles se plaisent à s’imaginer dans les bras non pas d’un seul homme, mais de plusieurs.  Deux Apollons dans un même lit, qui vous font atteindre le nirvana, avouez que c’est tentant.

Être dominée
Si la violence elle-même n’est jamais justifiée, la plupart des femmes avouent qu’elles rêvent d’être dominées et de se soumettre au bon vouloir de leur amant. Cette relation dominant/dominée peut donner lieu à divers scénarios érotiques. Attachée, menottée, yeux bandés, malmenée : jusqu’où serez-vous prête à aller ?

S’offrir à une femme
Goûter au fruit défendu, vous y avez déjà pensé. Ce fantasme lesbien est assez répandu. Pourquoi ?  Parce qu’il évoque la sensualité, l’osmose sexuelle avec une femme qui saura vous donner du plaisir, mais aussi l’interdit. Et rassurez-vous, la plupart des hommes n’ont rien contre, bien au contraire, votre partenaire prendra lui aussi du plaisir en vous regardant.

S’acoquiner avec un homme plus âgé
Pas toujours facile à assumer, mais les hommes mûrs vous font fantasmer ?  Vous n’êtes pas la seule, il ne s’agit ni de perversion ni d’une attirance malsaine. Juste le désir de s’offrir à un homme expérimenté, qui a vécu et pourrait vous apprendre une chose ou deux sur l’érotisme et le plaisir.

L’amour en public
Le danger, la peur d’être vue, prise en flagrant délit, voilà ce qui vous fait vibrer. Vous avez toujours rêvé de vous exhiber, de faire l’amour dans un lieu public ?  De nombreuses femmes partagent ce fantasme. Salle de cinéma, transports en commun, ruelle déserte : laissez libre-court à votre imagination.

Les hommes en uniforme
C’est un peu cliché, mais il faut l’avouer, vous imaginer dans les bras d’un beau pompier, d’un militaire ou d’un simple ouvrier en bleu de travail, cela vous fait saliver. Un quelconque uniforme et le tour est joué : votre homme « lambda » se transforme en un irrésistible objet sexuel.

Tester l’échangisme
Au quotidien, vous n’êtes pas franchement partageuse. Votre homme vous appartient, gare à celle qui oserait s’en approcher. Pourtant, l’échangisme vous attire, vous intrigue, ne vous laisse pas indifférente. Vous imaginer au milieu de tous ces couples qui se prêtent pour l’occasion, cela vous fait envie. Mais si fantasmer est une chose, passer à l’acte en est une autre.

Faire l’amour avec un inconnu
Vous croisez son regard, la tension sexuelle est à son comble, vous ressentez immédiatement son désir et peu à peu, le vôtre. Dans vos fantasmes les plus fous, un mystérieux inconnu vous fait monter au septième ciel. Pas besoin de parler, de faire les présentations, vous passez directement aux choses sérieuses et reprenez votre chemin une fois que cette rencontre sauvage est consommée.

Se faire appeler « Maîtresse »
Si certaines femmes fantasment à l’idée d’être l’esclave sexuelle de leur partenaire, d’autres rêvent de mener les ébats, de dominer, d’entendre « oui maîtresse » et de sévir lorsque leurs souhaits ne sont pas respectés. Perchée sur les hauts talons de vos bottes en cuir (ou en latex), cravache à la main, vos désirs sont des ordres.

S’abandonner en pleine nature
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Hygiène intime et fuites urinaires

fuite urinaireAprès un accouchement ou lors de la ménopause, les fuites urinaires sont fréquentes. Trois millions de femmes seraient concernées en France.

Handicapant la vie au quotidien, ces troubles souvent tabous peuvent être traités. Le point sur les règles d’hygiène intime et les solutions adaptées.

Trois millions de femmes souffriraient d’incontinence en France. Les conséquences psychosociales sont lourdes. Une bonne hygiène intime et des protections adaptées peuvent améliorer le quotidien de ces femmes. Mais la rééducation périnéale ou la chirurgie sont parfois nécessaires.

Hygiène intime et fuites urinaires
Après un accouchement ou lors de la ménopause, les muscles du périnée peuvent être affaiblis. Les femmes sont alors victimes d’incontinence urinaire, lors d’un effort (sport, rire, éternuement) ou en permanence. Plusieurs attitudes sont à suivre en matière d’hygiène intime. Les odeurs liées à l’incontinence amènent souvent les femmes à renouveler les toilettes intimes.

L’usage d’un savon ou gel approprié est recommandé une à deux fois par jour. Si la fréquence de la toilette doit être augmentée, il faut la pratiquer à l’eau claire, sans savon. En effet, un « excès » de propreté diminue les défenses naturelles et créé des conditions favorables au développement de germes. Les douches vaginales sont vivement déconseillées pour les mêmes raisons.

L’usage de protections adaptées à l’incontinence est vivement conseillé. Plusieurs modèles existent en fonction de l’importance des fuites. La fréquence de changement de ces protections peut aller d’une à plusieurs fois par jour. Les produits proposés aujourd’hui possèdent généralement un système de « contrôle » d’odeur efficace. Mais lorsque les fuites urinaires handicapent la femme au quotidien, d’autres solutions existent.

La rééducation et la chirurgie
Contraignant, le port de protection n’est pas la panacée des fuites urinaires. La rééducation périnéale suffit parfois. Elle consiste à re-muscler le périnée pour qu’il retrouve sa fonction de contrôle. Des exercices simples peuvent être pratiqués à la maison. On peut s’entraîner à retenir le jet lors de la miction. Si ces exercices ne suffisent pas, un kinésithérapeute peut proposer des séances à l’aide de sondes introduites dans le vagin.

La première technique, appelée l’électro-stimulation, consiste à stimuler électriquement les muscles du périnée. L’autre technique est le biofeedback. Toujours à l’aide d’une sonde, la femme peut évaluer l’efficacité de ses contractions via un écran ou un signal sonore. Elle peut ainsi s’entraîner à contracter les « bon » muscles. Ces deux méthodes sont sans douleur et suffisent parfois à enrayer les problèmes de fuites urinaires.

En cas d’échec, la chirurgie est alors le seul moyen de traiter l’incontinence. Elle s’avère efficace chez 90 % des patientes. Pour les fuites liées à l’effort, l’urologue proposera la pose de bandelettes synthétiques visant à comprimer l’urètre lors des efforts. Cette intervention se fait sous anesthésie locale et la femme ressort de l’hôpital le soir même. Concernant autres types de fuites, si certains traitements médicamenteux ne suffisent pas, la pose d’un sphincter artificiel est très efficace.