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La Chine veut bannir les PC et logiciels américains de son administration d’ici 2022

La Chine veut bannir les PC et logiciels américains de son administration d'ici 2022Une directive proposant de se passer de matériel informatique américain aurait été discrètement rédigée au printemps dernier par les autorités chinoises. HP, Dell et Microsoft sont en première ligne.

Alors que les États-Unis maintiennent la pression sur Huawei, banni du territoire, interdit de commercer avec les acteurs américains et accusé d’espionnage, la Chine aurait lancé une contre-mesure pénalisant les acteurs technologiques américains.

Selon le Financial Times, Pékin aurait décidé de bannir de nombreuses technologies américaines de son territoire à travers une directive rédigée au printemps dernier, jusque là restée secrète mais dont l’existence a été confirmée aux journalistes du quotidien britannique par des employés d’une entreprise privée de cybersécurité.

Cette directive prévoit en effet d’interdire à l’administration et aux institutions chinoises d’utiliser d’ici à 2022 du matériel et des logiciels étrangers et de privilégier des acteurs locaux. Les entreprises technologiques américaines ne sont pas nommément citées mais elles sont clairement visées. On peut ainsi évoquer HP et Dell dans le domaine des ordinateurs et Microsoft dans celui des systèmes d’exploitation (Windows).

Un marché global de 150 milliards de dollars par an pour les Américains
Concrètement, selon cette directive, 30% des technologies étrangères actuellement utilisées dans l’administration devront être remplacées en 2020. L’année suivante, une nouvelle tranche de 50% d’entre elles seront remplacées. Les 20% de matériels et de logiciels restant seront changés en 2022. D’où le nom de « 3,5,2 » de cette directive. Selon le courtier China Securities, 20 à 30 millions d’unités informatiques devront être remplacées à la suite de la directive chinoise.

S’il est effectivement appliqué, le texte pourrait faire mal à ces géants américains qui pour certains ont fait beaucoup d’efforts pour se plier aux exigences des autorités du pays. Microsoft a ainsi dû développer une version « spéciale » de Windows dénuée de certaines fonctions pour maintenir ses activités dans le pays. Il faut dire que le marché informatique chinois générerait 150 milliards de dollars par an de revenus pour les acteurs américains selon les analystes de Jefferies (un montant qui englobe la commande publique et privée).

Pas encore d’alternative à Windows
Pékin peut s’appuyer sur un puissant fabricant de PC, en l’occurrence Lenovo qui s’était offert en 2005 les PC d’IBM et qui est devenu le numéro deux mondial du secteur, mais ces machines sont truffées de composants non-chinois (processeurs, disques durs …). S’en passer nécessitera du temps. Bref, on peut émettre des doutes sur la capacité de la Chine à renouveler aussi vite matériel et logiciels de son parc administratif.

Et en matière de système d’exploitation, Windows règne en maître et il n’existe pas encore d’alternative locale même si des travaux de développement en ce sens seraient en cours sous la pression des autorités et des acteurs locaux de la cyber-sécurité, notamment pour la défense et l’armée.

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Les doubles capteurs d’empreintes digitales arrivent sur nos smartphones

empreinteL’Américain Qualcomm, qui fournit de nombreux composants aux fabricants de smartphones, a dévoilé de nouveaux capteurs d’empreintes digitales ayant vocation à être dissimulés sous l’écran.

Il faudra bientôt placer deux doigts sur l’écran pour déverrouiller certains smartphones. A l’occasion de sa conférence annuelle, Qualcomm a dévoilé ce mardi sa nouvelle génération de capteurs d’empreintes digitales, qui viendront équiper les téléphones haut de gamme de 2020.

Avec l’avènement des écrans bord à bord et la disparition des boutons physiques, ils ont désormais vocation à se loger sous la couche de verre de l’écran. Baptisé 3D Sonic Max, le capteur le plus évolué de la firme est capable de reconnaître deux empreintes digitales en simultané, pour une meilleure sécurisation. Une authentification à l’aide d’une unique empreinte restera possible, selon les préférences de l’utilisateur.

Chez Samsung, puis Apple ?
Cette nouvelle fonction est permise par l’agrandissement de la surface de reconnaissance, multipliée par 17 par rapport à celle de la génération précédente. Cette dernière équipe plusieurs smartphones haut de gamme sortis en 2019, à commencer par le Samsung Galaxy S10. Malgré les nombreuses qualités du mobile, ce nouveau type de reconnaissance d’empreintes digitales est régulièrement pénalisé par des erreurs et un temps de latence plus important que celui des capteurs logés dans les boutons physiques.

La petite taille du précédent capteur était mise en cause dans les difficultés des utilisateurs à poser le doigt au bon endroit afin de déverrouiller l’appareil. Qualcomm précise auprès du site CNET  (cliquez ici) que ces nouveaux capteurs devraient également se révéler plus performants lorsque l’écran du smartphone est recouvert d’un film de protection.

Selon le site MacRumors, Apple songe également à intégrer ces capteurs d’empreintes digitales dans ses futurs iPhone. Depuis 2017, la marque californienne opte pour la reconnaissance faciale pour la bonne sécurisation de ses mobiles. Désormais présente sur le seul iPhone 8, la technologie Touch ID pourrait ainsi faire son retour en septembre 2020.

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La localisation des smartphones utilisée pour recenser la population en Espagne

smartphoneDes millions de téléphones portables vont être géolocalisés pour étudier les mouvements de population qui seront utilisés pour le prochain recensement.

L’initiative est accueillie plutôt froidement par les défenseurs de la vie privée. Le gouvernement espagnol va utiliser la géolocalisation des smartphones pour préparer le prochain recensement de la population. Le projet repose sur la collaboration des trois principaux opérateurs téléphoniques nationaux : Movistar (propriété du groupe Telefónica), Orange et Vodafone. Ils représentent 78,7% des téléphones mobiles en service dans le pays.

Réalisée par l’Institut national des statistiques (INE), cette opération est menée au total durant huit jours: cinq jours en novembre, le jour de Noël et deux autres jours l’été prochain, les 20 juillet et 15 août. A chacune de ces dates, l’INE sera informé de la localisation des téléphones à différentes heures de la journée.

Des données anonymes
Ce suivi servira à l’élaboration du recensement de la population de 2021 et permettra de mieux connaître la mobilité quotidienne des Espagnols et le nombre de personnes présentes de jour comme de nuit dans les différentes zones du pays, explique l’INE dans un communiqué.

Selon l’institut, cette méthode de géolocalisation des mobiles permettra de mieux déterminer la population effective d’une municipalité en comblant les lacunes des méthodes traditionnelles de recensement reposant sur l’envoi de questionnaires. En effet, des personnes peuvent être officiellement résidentes dans une municipalité sans y habiter pour autant.

L’INE a versé près de 500.000 euros à ces opérateurs téléphoniques pour effectuer ce suivi, a indiqué un porte-parole à l’AFP. L’institut insiste sur le fait que le traitement de ces données se limitera à un décompte anonyme des téléphones, sous forme de tableaux de résultats agrégés.

« L’INE ne disposera à aucun moment d’informations individuelles d’aucune sorte » car les opérateurs ne transmettront ni les numéros ni les noms des titulaires des lignes, assure-t-il.

Malgré ces affirmations, répétées depuis la publication du projet fin octobre, celui-ci suscite des réticences. Ces derniers jours, de nombreux médias ont expliqué comment éviter le suivi de son mobile.

« Nous sommes absolument favorables aux usages statistiques, mais pas à l’utilisation des personnes comme des cobayes sans qu’ils le sachent, sans qu’ils sachent comment et sans qu’ils aient donné leur consentement, réellement informés », critique dans un communiqué Simona Levi, fondatrice de Xnet, plateforme d’activistes qui défend les droits dans le monde numérique.

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Tendances sexuelles : quelles pratiques auront la cote en 2020 ?

sexualitéLes tendances se dessinent aussi dans le domaine sexuel. Voici celles qui promettent de rythmer 2020  et la vie des couples.

Les nombreux bilans parus à la fin de 2019 montrent qu’il existe bien des grandes tendances, bien que l’on n’en ait pas toujours conscience. Cela n’est pas surprenant en matière de mode, de beauté ou même de séduction (on croit être original sur Tinder, quand en réalité on se ressemble beaucoup), mais il existe un domaine qui lui aussi évolue, et auquel on ne pense pas toujours : la sexualité.

Elle aussi a ses tendances, comme l’affirment des experts en la matière qui ont déjà déterminé quelles seraient les pratiques qui feraient fureur en 2020. Ce sont les équipes de chez Lelo, une marque suédoise de sextoys commercialisée dans toute l’Europe, qui les ont détaillées, et elles sont au nombre de 6, rapporte le site Metro.

L’intelligence artificielle
Vous vous souvenez du smart lipstick, le vibromasseur avec lequel il est possible de discuter (de choses plus ou moins coquines) ?   Plus généralement, la haute technologie a envahi l’industrie du sexe, et les objets révolutionnaires connectés commencent à apparaître, à l’instar des sextoys qui enregistrent vos données personnelles et s’adaptent à votre « profil » au lit pour vous donner un maximum de plaisir. On n’arrête pas le progrès.

Le polyamour et les relations libres
Peut-être n’avez vous jamais entendu parler de polyamour, mais le concept est loin d’être nouveau. Il désigne des personnes qui revendiquent la possibilité d’avoir des relations, amoureuses ou sexuelles (ou les deux) avec plusieurs partenaires, ouvertement et honnêtement. La relation libre, quant à elle, est le fait de former un couple dans lequel la fidélité n’est pas « obligatoire ». Grâce à des témoignages, à des études qui lèvent le voile sur ces pratiques qui remettent en question la toute-puissance de la monogamie, elles deviennent de plus en plus acceptées, voire adoptées.

Les poupées sexuelles
On ne parle pas des modèles gonflables infiniment kitsch, mais des dernières créées qui affichent une ressemblance troublante avec les êtres faits de chair et d’os. Faites de silicone et d’un (faux) squelette qui renforce leur apparence réaliste, elles sont de plus en plus prisées par des particuliers qui n’ont pas peur de mettre la main au portefeuille.

Rester célibataire
Lelo pense également que les femmes célibataires en 2020 feront le choix de le rester un petit bout de temps. Elles éviteront de s’engager dans des relations sérieuses et seront plutôt tournées vers le plaisir solitaire, dont elles se satisferont grâce à une panoplie de jouets en tous genres, Girl power.

Le plaisir masculin
Eh oui, les hommes ont tout à fait le droit de se donner un peu de plaisir par leurs propres moyens. Et ils peuvent optimiser l’expérience grâce à des sex toys. Pour 2020, les marques vont se concentrer sur le plaisir masculin, en sortant des jouets spécialement conçus pour ces messieurs, comme des masseurs de prostate ou des manches à masturbation, tout un programme.

Les nouvelles sensations
Enfin, les vibrations, c’est bien, mais d’autres options, c’est mieux. De nouvelles techniques feront leur apparition pour provoquer toujours plus de plaisir, comme les ondes sonores pour stimuler le clitoris et le reste du corps. Les sextoys utilisant les battements et les aspirations seront de plus en plus nombreux.

Vous l’aurez compris, 2020 risque bien d’être une année innovante au niveau du sexe. Alors ne faites pas les timides et ne boudez pas votre plaisir, suivez les tendances et vous passerez une année riche en plaisir et en sensations.

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Un tiers des Français seraient dépendants aux écrans

hyper connexionEn moyenne, les Français passeraient 4 heures et 6 minutes par jour, sans distinction entre cadre professionnel ou privé, sur leurs écrans.

Les conclusions de cette étude Elabe pour AXA Prévention et SOS Addictions sont on ne peut plus claires : les Français souffrent d’hyper connexion. Devenus une extension de la main, smartphones et autres tablettes sont ainsi désormais incontournables pour un tiers des Français, qui se disent dépendants aux écrans. Pour 60% des sondés, il serait même inconcevable de passer une journée sans son téléphone.

Interrogés par BFMTV, plusieurs occupants d’une terrasse parisienne tentent d’expliquer le pourquoi d’une telle dépendance. Pour Christophe, sans smartphone, « on se dit que comme avec les clés, on va être en galère si on ne l’a pas. » « Tu regardes l’heure, puis une notification, puis tu restes dessus », précise quant à lui Simon, qui assure occuper deux heures de ses journées sur ses applications.

Toujours selon cette étude, les habitudes du quotidien tendent confirmer cette idée de dépendance. Ainsi, pour 61% des Français, le premier réflexe au lever est de consulter son smartphone et près d’un Français sur 2 (48 %) consulte « au cas où » son mobile ou sa tablette toutes les 10 minutes.

Risques d’athazagoraphobie ?
Toujours à notre antenne, Laurent Karila, addictologie et porte-parole de SOS addictions, pointe du doigt les dangers insoupçonnés d’une utilisation continue du smartphone et d’autres appareils électroniques.

« C’est devenu un doudou, le smartphone, il y en a même qui développent ce qu’on appelle l’athazagoraphobie (peur d’être oublié ou ignoré, ndlr), ils attendent de manière anxieuse qu’on réponde à leur SMS, leurs emails, leurs statuts sur les réseaux sociaux etc … », explique-t-il.

Pourtant, parmi les interrogés, la prise de conscience de tels dangers semble réelle. Ainsi, ils sont 87% considérer comme néfaste la surexposition aux écrans, en particulier chez leurs enfants.

Afin d’éviter l’hyper connexion, il est ainsi conseillé de pratiquer une activité physique quotidienne et bannir les écrans lors des pauses repas. Si l’addiction ne peut se résoudre immédiatement, il convient également de réaliser une déconnexion progressive, en retirant quelques applications de son smartphone par exemple.

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Internet fera face à une pénurie d’adresses IP

pénurie d'adresses IPDès le début du mois de novembre, les réserves d’adresses IP « classiques » viendront à manquer. Un autre protocole, encore peu utilisé, devrait prendre le relais.

L’échéance se concrétise. À compter du 7 novembre, « Internet ne cessera pas de fonctionner mais cessera de grandir », relate l’Arcep. À cette date, toutes les combinaisons possibles d’adresses IP « classiques » (les IPv4), auront en effet été générées en Europe. Résultat : une pénurie de ces cartes d’identité du Web, qui permettent à chaque machine, de l’ordinateur domestique au serveur hébergé dans un data center, de disposer d’un identifiant unique.

Cette pénurie est loin de prendre Internet par surprise. À sa création, en 1983, le protocole IPv4 n’a pas été conçu pour embrasser l’ensemble des objets connectés aujourd’hui actifs. Toutes les adresses IPv4 sont en effet composées de 32 chiffres binaires, constitués de 0 ou 1. Le nombre de combinaisons à créer est donc limité et avoisine les 4 milliards. Une fois ce volume dépassé, début novembre, le RIPE, l’organisme européen qui alloue des adresses IP aux entreprises des télécoms, ne pourra plus en distribuer.

Petits arrangements et marché noir
Face à cette pénurie imminente, plusieurs acteurs ont pris les devants. Certains sites Internet se spécialisent d’ores et déjà dans la vente aux enchères d’adresses IP. Ainsi d’auctions.ipv4.global ou encore des bien nommés ipv4brokers et ipv4mall. L’Arcep, le gendarme des télécoms, estime que les prix de ces adresses devraient « s’envoler », pour « doubler d’ici à deux ans ». Le cap des 100 euros par adresse IP, contre 30 euros en moyenne actuellement, est lui aussi envisageable. De quoi susciter un fort appât du gain: mi-septembre, Heficed, une société spécialisée dans la gestion d’adresses IP et leur monétisation, révélait l’existence d’un détournement massif d’adresses IP, pour l’équivalent de 30 millions de dollars.

Internet fera face à une pénurie d'adresses IP

Les fournisseurs d’adresses IP se sont eux aussi préparés à leur façon. Orange, par exemple, possède 30 millions d’adresses en réserve, relate Challenges. Constat similaire pour les trois grands autres opérateurs, qui disposent de leurs propres stocks. « Les nouveaux entrants auront du mal à obtenir des adresses IPv4. Cela constituera une réelle barrière à l’entrée pour eux », analyse auprès de BFM Tech Pierre Beyssac, président de la société de stockage de fichiers Eriomem.

Une « nécessité vitale »
D’autres fournisseurs d’accès Internet ont, eux, depuis longtemps opté pour une parade: mutualiser ces maigres ressources, en ayant recours au Carrier-Grade NAT ou CGN, qui permet de fournir la même adresse IP à plusieurs internautes à la fois. La méthode n’est pas sans risques. Elle rime avec une connexion plus lente, l’impossibilité de jouer à certains jeux mais surtout à des problèmes de sécurité. Car comment être certain, dans le cadre d’une enquête, de mettre la main sur le bon suspect si l’adresse IP qu’il utilise est partagée par plusieurs personnes ?

Une fois toutes ces adresses allouées, tout ne sera néanmoins pas perdu. Un autre protocole, l’IPv6, qui existe depuis les années 90, devrait être amené à prendre le relais. Il repose sur un nouveau format d’adresses, quasi illimitées. Ce protocole viendrait en effet répondre aux besoins de 667 millions de milliards d’appareils connectés à Internet sur chaque millimètre de surface terrestre.

« La pénurie est anticipée depuis 1995 environ », rappelle Pierre Beyssac. « Elle a motivé le développement, dès cette époque, d’IPv6. Son adoption a été lente car son principal atout réside en l’approche de cette pénurie et beaucoup de sites et fournisseurs n’ont malheureusement pas jugé utile de s’y préparer tant qu’elle ne les frappait pas directement. » Le protocole est désormais vu d’un tout autre œil. L’Arcep voit en le fait de l’adopter au plus vite une « nécessité vitale ».

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Comment sera-t-on soigné dans 10 ans ?

Comment sera-t-on soigné dans 10 ansÀ l’horizon 2030, notre expérience de patients n’aura plus grand-chose à voir avec celle que l’on expérimente actuellement. Technologies, approches thérapeutiques, relations avec le corps médical … tout va changer.

Préparez-vous à regarder la médecine d’un autre œil. Car tout ce que vous connaissez déjà va évoluer : aussi bien d’un point de vue technique que d’un point de vue humain. Avec, à coup sûr, une vraie transformation de la relation soignant-patient.

L’hôpital s’installera à la maison
Qui se souvient du temps où une opération de la cataracte nous clouait une semaine au lit dans un service hospitalier ?  Aujourd’hui, on rentre à la maison le jour même, outre le boom de la chirurgie ambulatoire, de plus en plus de traitements sortent des couloirs de l’hôpital. « Demain, le domicile sera le lieu principal d’organisation des soins », prédit François Bourse, directeur d’études au think tank Futuribles, qui a publié avec le Leem (Les Entreprises du médicament) l’analyse prospective Santé 2030.

Aux hôpitaux, les urgences et les pathologies qui nécessitent des équipements de pointe, à la maison, la prise en charge des maladies chroniques. Question de pragmatisme, puisque nos établissements ne peuvent plus accueillir tout le monde et de confort aussi, puisque l’on se sent souvent mieux chez soi. D’ailleurs, 8 Français sur 10 se disent prêts à tenter l’expérience de l’hospitalisation à domicile. Un virage entamé il y a dix ans avec l’arrivée des premiers traitements oraux pour le cancer : on peut par exemple prendre certaines chimiothérapies à domicile, d’autant que leur toxicité est désormais mieux contrôlée, avec moins d’effets indésirables.

La dialyse chez soi pourrait également concerner 20 % des patients d’ici à 2 030 (contre 7 % aujourd’hui). Les intervenants de l’équipe médicale (aides-soignants, infirmiers …) se relaient auprès du patient, dans son cadre de vie, et des professionnels assurent une permanence téléphonique 24 heures/24 en cas de problème.

La voix des patients va compter
Bonne nouvelle, les patients auront (enfin) voix au chapitre  « Il y a un changement de paradigme : on passe d’une relation très hiérarchisée à un véritable partenariat. Dans les pathologies chroniques comme le diabète ou les maladies rhumatismales, les médecins possèdent le savoir théorique mais les patients vivent la maladie au quotidien : l’objectif est de mettre ces expériences en commun », explique la docteure Christelle Sordet, rhumatologue au CHU de Strasbourg.

Cela passe par la formation de « patients experts », qui accumulent des connaissances et des compétences, pas uniquement pour apporter leur témoignage mais aussi pour aider les autres patients à mieux prendre en charge leur maladie, par exemple en intervenant dans des ateliers d’éducation thérapeutique. Ces « nouveaux profils » côtoient désormais les soignants sur les bancs de la fac dans le cadre de diplômes universitaires ouverts aux patients à Paris (Université des patients de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie), Grenoble ou Aix-Marseille.

« À l’avenir, les patients experts seront de plus en plus nombreux à être intégrés dans les équipes médicales et pourront également intervenir dans la formation des étudiants en médecine », note le médecin.

Davantage de médicaments sur mesure
Il y a fort à parier que dans dix ans, si l’on souffre de la même maladie que celle qui affecte une amie aujourd’hui, notre prise en charge différera totalement de la sienne. On s’éloigne en effet du vieux principe « une pathologie, un traitement ». « Aujourd’hui, on ne traite plus “un” cancer du sein ou du poumon. Pour une bonne partie des médicaments anticancéreux, on teste des caractérisations génétiques ou cellulaires de la tumeur, très spécifiques au patient, et cet effort pour développer des thérapies ciblées va encore s’accentuer », assure Thomas Borel, directeur scientifique du Leem.

Plutôt que d’administrer ou d’injecter un seul produit, on développera des combinaisons de traitements uniques. Une évolution rendue possible grâce à l’intelligence artificielle qui affine les diagnostics, mais aussi aux marqueurs biologiques et génétiques que l’on décode de mieux en mieux. À partir d’une prise de sang ou d’une biopsie, on peut établir la carte d’identité de 20 % des tumeurs  d’ici à dix ans, ce sera plus de la moitié d’entre elles.

Même tendance avec les biothérapies (qui utilisent des anticorps spécifiques) dans la polyarthrite rhumatoïde, les maladies chroniques de l’intestin ou les maladies neurodégénératives du type Parkinson et sclérose en plaques. Bienvenue dans l’ère de la médecine ultra-personnalisée.

Un jumeau numérique en guise de cobaye
La prochaine mutation médicale se passe « in silico », autrement dit sur ordinateur. Imaginez une copie très fidèle de vous-même, avec les mêmes facteurs de risques, les mêmes problèmes de santé ou les mêmes artères tortueuses : c’est ce que l’on appelle un jumeau numérique. « Pour l’instant, il est encore trop compliqué de reproduire le corps entier d’un patient. Mais on sait copier un organe ou une petite partie, comme l’aorte, grâce aux scanners qu’il a passés.

On obtient une image en 3D avec la forme et le volume exacts, mais aussi les mêmes propriétés mécaniques, par exemple la rigidité de la paroi artérielle, la présence de calcifications.  Ce modèle nous permet de simuler le déploiement d’une endoprothèse pour traiter un anévrisme de l’aorte », détaille le Pr Jean-Noël Albertini, chirurgien cardio-vasculaire au CHU de Saint-Étienne, cofondateur de la start-up PrediSurge. Donc de fabriquer une prothèse parfaitement adaptée et d’anticiper d’éventuelles complications au moment de la pose.

« En permettant aux chirurgiens de s’entraîner virtuellement avant une chirurgie ou de visualiser l’organe pendant l’opération au lieu d’opérer à l’aveugle, cette technologie va rendre les interventions plus sûres », s’enthousiasme le Pr Albertini. D’autres start-up travaillent sur les jumeaux numériques avec des prothèses d’épaules ou de genoux parfaitement adaptées à la façon dont on bouge, ou encore un programme qui permet de simuler une opération de la cataracte. Il sera bien pratique de disposer d’un cobaye virtuel qui ne risque rien  pour mieux nous soigner en vrai.

Des mini-organes pour tester nos traitements
Révolution aussi dans les labos : sur une petite puce en plastique de la taille d’un ongle, les chercheurs font « pousser » un mini-cœur, un foie ou des poumons à partir de nos cellules souches (le plus souvent grâce à des cellules de peau). Développées dans un liquide de culture proche du sang, les cellules cardiaques battent en rythme, les cellules pulmonaires respirent … « Ces organes sur puce ont deux intérêts majeurs.

En premier lieu, la réduction du coût et de la durée des tests cliniques pour développer de nouveaux médicaments, en évitant notamment les expérimentations sur animaux. Des traitements contre Alzheimer pourront ainsi être testés sur puce afin d’évaluer leur effet réel sur les neurones des patients. En second lieu, ils permettent de pousser encore plus loin la médecine personnalisée : on pourra par exemple tester différentes chimiothérapies (en fabriquant des tumeurs et des organes sur puce avec les propres cellules du patient) pour trouver la molécule à laquelle le patient répond le mieux », détaille Guilhem Velve Casquillas, ancien chercheur en biologie cellulaire, président de la société Elvesys, laboratoire de recherche et « accélérateur d’entreprises innovantes ». «

Ces technologies vont commencer à être utilisées de façon courante d’ici une dizaine d’années », estime le spécialiste. Aucun doute, la révolution des blouses blanches est en marche.