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Savez-vous faire la différence entre insulte, harcèlement, critique, humour … ?

Insulte, harcèlement, critique, humourDes faits de différente nature sont évoqués dans l’affaire de la Ligue du LOL. Savez-vous ce qui est répréhensible ou non ?  Testez vos connaissances à partir de douze exemples.

La plupart des membres du groupe Facebook de la Ligue du LOL, à l’origine de plusieurs cas de harcèlement, ont utilisé le même argument de défense : il s’agissait d’humour. « On y faisait des blagues. (…) C’est d’un commun absolu », s’est justifié le journaliste de Libération Alexandre Hervaud, le 8 février, cité dans l’enquête de son propre journal – il a été mis à pied à titre conservatoire depuis.

Mais les victimes déclarées de la Ligue du LOL ne leur reconnaissent pas le bénéfice de l’humour : elles évoquent des insultes, des canulars téléphoniques, du harcèlement sur les réseaux sociaux ou sur leur messagerie privée.

Quelles nuances y a-t-il entre ces différents faits ?  Lesquels sont punis par la loi ?  Pour y voir plus clair, testez vos connaissances à partir des douze cas fictifs de notre quiz, réalisé avec l’aide d’Audrey Darsonville, professeure agrégée de droit privé et membre du collectif Les Surligneurs.

1) Se moquer d’une personne
La loi ne poursuit pas le fait de commettre un trait d’humour ponctuel ou un commentaire un peu vexant. Ce qui est puni, en revanche, c’est le fait de tenir des propos injurieux ou de harceler une personne. La différence entre les deux cas de figure fait parfois débat, mais lorsque la situation se limite aux faits que nous décrivons ci-dessus (c’est-à-dire un message ponctuel) elle ne déborde pas du cadre prévu par la loi.

2) Publier un photomontage
L’injure publique, y compris sur Internet (réseau social, blog, forum, etc …) est sanctionnée par la loi. Rappelons d’ailleurs que Facebook, quand les publications sont visibles de tous, est considéré comme un espace public. Les sanctions encourues vont de 12 000 euros pour le cas général à un an de prison et 45 000 euros d’amende pour les injures à caractère raciste, sexiste, homophobe ou handiphobe.

La gravité des faits s’évalue au cas par cas, mais les propos concernés sont sanctionnables même lorsqu’ils sont ponctuels. En 2018, deux médecins ont ainsi été condamnés pour avoir injurié une militante féministe avec des photomontages et qualificatifs comme « grosse pute ». En revanche, il faut porter plainte rapidement car les délais de prescription sont limités (de trois mois dans le cas général à un an pour les cas les plus graves).

3) Partager un message insultant
Se contenter de citer ou reproduire les propos de quelqu’un d’autre n’exonère pas de la responsabilité de ce discours, y compris sur les réseaux sociaux. En 2016, le ministre de la justice de l’époque, Jean-Jacques Urvoas, avait été interrogé sur ce point au Sénat. Dans sa réponse, le ministre avait rappelé que la loi prévoit bien que « la simple reproduction d’une allégation d’une imputation ou allégation diffamatoire constitue le délit ». Cela veut donc dire que partager ou retweeter est « punissable au même titre que la publication ou la diffusion directe », à partir du moment où ce partage est public. Le délai de prescription commence alors au moment du retweet et non pas du message d’origine.

4) Insulter en message privé
Le fait qu’un propos ne soit pas public ne veut pas dire qu’il échappe complètement à la loi. En réalité, les injures non publiques, par exemple celles qui ont été adressées par SMS ou par messagerie privée, sont également condamnables pénalement. Les peines encourues sont cependant plus modestes : une contravention de 38 euros maximum dans le cas général et de 1 500 euros au plus pour les injures racistes, sexistes, homophobes et handiphobes (avec également de possibles peines complémentaires, notamment des travaux d’intérêt général ou des stages de citoyenneté).

5) Exprimer des opinions controversées
Le fait d’exprimer ses opinions n’est pas puni par la loi. Qu’on approuve ou désapprouve le point de vue de l’internaute fictif que nous décrivons ci-dessus, il reste ici dans le cadre prévu par la loi puisqu’il ne profère aucune menace ou injure.

6) Le cas des vieux messages
L’injure, on l’a vu, est punie par la loi. Mais le délai de prescription est de trois mois (pour le cas général) à un an (pour les insultes racistes, sexistes, homophobes ou handiphobes). Toute procédure doit donc être engagée avant cette échéance. Si les injures sont répétées, on peut considérer qu’il s’agit de harcèlement : c’est alors un délit dont le délai de prescription est de six ans à partir des derniers faits constatés.

7) Envoyer des messages agressifs sur une longue période
La loi définit le harcèlement comme une répétition de propos ou comportements qui ont pour but ou pour effet de dégrader les conditions de vie de la victime. Tous types d’actes sont concernés : les insultes, les menaces, les propos obscènes, les appels téléphoniques, les visites au domicile … Par ailleurs, des dispositions spécifiques existent en ce qui concerne le harcèlement sexuel, le harcèlement en ligne et le harcèlement téléphonique. Chaque cas s’apprécie de manière individuelle, mais le type de faits décrits ci-dessus peut tout à fait correspondre à du harcèlement, comme la jurisprudence en regorge. Par exemple, un Strasbourgeois de 51 ans a été condamné le 18 janvier 2017 à deux mois de prison avec sursis et 1 000 euros de dommages et intérêts pour avoir envoyé de nombreux messages, pour partie menaçants, à son ancienne maîtresse.

8) Harceler en groupe
La loi sur le harcèlement a été complétée en 2018 pour mieux prendre en compte le cas du harcèlement en groupe ou « en meute ». Elle prévoit désormais de réprimer le fait que les comportements visés soient imposés à une même victime par plusieurs personnes « de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles », quand bien même chacun n’a pas agi de manière répétée. Le cas décrit ci-dessus a tout pour entrer dans ce cadre.

9) Critiquer une personne en ligne
La loi ne punit pas la critique en tant que telle. Ce ne sont pas les remarques dépourvues de violence mais bien les comportements qui ont pour objet ou pour effet « une dégradation [des] conditions de vie » de la victime. Encore une fois, chaque histoire est différente, mais des remarques qui restent mesurées et dépourvues de propos blessants n’entrent en principe pas dans le cadre du harcèlement.

10) Proférer des menaces
Il faut faire la distinction entre menaces et injures. Les menaces de commettre un crime ou un délit contre une ou des personnes sont punissables de six mois et de 7 500 euros d’amende dans le cas général. Les sanctions prévues sont alourdies s’il s’agit de menaces de mort, si les menaces sont associées à une discrimination ou si elles sont assorties de l’ordre de remplir une condition. Le cas décrit ci-dessus a, en principe, tout pour relever de faits punis par la loi.

11) Réaliser un canular téléphonique
Depuis 2011, la loi punit l’usurpation d’identité réalisée « en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui » d’un an de prison et 15 000 euros d’amende. Une personne qui s’estime victime peut donc porter plainte même si ce n’est pas sa propre identité qui est empruntée. Encore faut-il que les faits en question portent préjudice à leur victime au sens de la loi, par exemple lorsque l’usurpation d’identité a pour finalité d’escroquer la victime ou de percevoir des prestations à sa place. Or, ce n’est a priori pas le cas dans l’exemple ci-dessus, pris de manière isolée. En revanche, un tel acte peut contribuer à étayer un harcèlement plus large à l’encontre d’une personne.

Par ailleurs, les appels téléphoniques malveillants réitérés, ou l’envoi de messages électroniques de manière répétée font l’objet un délit spécifique puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Un autre type de canular téléphonique, le « swatting », consistant à faire intervenir inutilement la police ou les pompiers, est encore plus sévèrement réprimé (2 ans de prison et 30 000 euros d’amende).

12) Créer un faux profil de personnalité publique
L’usurpation d’identité « en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération », y compris en ligne, est un délit condamnable d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Il est aussi possible de signaler directement le problème aux réseaux sociaux concernés, comme le précise la Commission nationale de l’informatique et des libertés. S’il s’agit de « faire des blagues », l’internaute doit pouvoir plaider le droit à l’humour et à la caricature.

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Le parlement britannique publie un rapport au vitriol sur Facebook, «un gangster numérique»

facebookLes députés estiment que Facebook outrepasse allègrement la loi. Ils recommandent l’instauration d’un code de déontologie contraignant qui serait supervisé par une régulateur indépendant.

Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, doivent être davantage régulés afin de les empêcher d’agir comme des « gangsters numériques » et de publier des infox, ont conclu des parlementaires britanniques dans un rapport très critique publié lundi. « Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des gangsters numériques dans le monde en ligne, en se considérant au-dessus des lois », souligne la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS) dans ce document.

Durant plus d’un an, cette commission a enquêté sur le phénomène des « fake news » et son impact sur les récents scrutins au Royaume-Uni, dont le référendum sur le Brexit en juin 2016, s’attardant principalement sur les pratiques de Facebook. Le géant américain est empêtré dans plusieurs affaires, comme les accusations d’ingérence russe sur sa plateforme dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais aussi le scandale de l’exploitation par la firme Cambridge Analytica de données d’utilisateurs à leur insu à des fins politiques, de même qu’une faille de sécurité ayant conduit au piratage de millions de comptes.

Poursuites judiciaires et lourdes amendes
Pour lutter contre les « contenus préjudiciables » ou « illégaux » et protéger les données personnelles des utilisateurs, le rapport d’une centaine de pages recommande l’instauration d’un « code de déontologie contraignant », dont le respect serait assuré par un régulateur indépendant, habilité à déclencher des poursuites judiciaires et à infliger de lourdes amendes.

Le président de la commission, Damian Collins, a dit à l’AFP espérer que « d’ici la fin de l’année, il y ait une solide proposition de législation » établissant le fonctionnement de ce régulateur. « Ces entreprises ne sont pas juste des plateformes », « ne sont pas neutres » et ont une « responsabilité limitée pour le contenu posté » a souligné M. Collins.

Se disant « ouvert à une réglementation significative », Facebook a assuré ne pas avoir attendu la publication du rapport pour agir. « Nous avons déjà opéré des changements substantiels pour que toute annonce politique sur Facebook soit autorisée, mentionne son financement et soit ensuite classée dans des archives consultables durant sept ans », a détaillé Karim Palant, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Facebook ne fait pas assez d’efforts
Il a affirmé que l’entreprise avait « triplé la taille de l’équipe œuvrant à détecter et protéger les utilisateurs de mauvais contenus (en la portant) à 30.000 personnes et investi massivement dans l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et la technologie de vision par ordinateur pour aider à empêcher ce type d’abus ».

Mais les membres de la Commission britannique estiment que « Facebook ne fait pas assez pour lutter contre la désinformation et d’autres formes de contenu nuisibles, ni pour protéger la confidentialité des données et agit de manière agressive contre d’autres entreprises qui pourraient représenter une menace commerciale pour Facebook », a dit M. Collins à l’AFP.

Le rapport appelle également le gouvernement britannique à mener une « enquête indépendante » sur l’« influence étrangère », russe notamment, et la désinformation lors du référendum sur le Brexit, mais aussi les élections législatives anticipées de 2017 et le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014.

Mark Zuckerberg s’est montré méprisant
Le ministre de la Culture, Jeremy Wright, s’entretiendra cette semaine aux États-Unis avec des représentants des géants Google, Facebook, Twitter et Apple, a indiqué un porte-parole du gouvernement. L’exécutif devrait aussi publier un « livre blanc » dans le courant de cette année, énonçant des propositions pour sécuriser davantage les réseaux sociaux. Le patron du géant américain, Mark Zuckerberg, est également mis sur la sellette par les députés pour s’être dérobé à leurs convocations et avoir envoyé à sa place un de ses adjoints. « En choisissant de ne pas comparaître devant le Comité et en choisissant de ne répondre personnellement à aucune de nos invitations, Mark Zuckerberg a manifesté son mépris », souligne le rapport. Damian Collins l’a accusé d’avoir « manqué de leadership ».

Avant le Royaume-Uni, Facebook était déjà dans le viseur de la France et de l’Allemagne. Début février, le gendarme allemand de la concurrence a restreint l’exploitation par le groupe des données de ses utilisateurs en lui interdisant de piocher d’autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales, comme Instagram et WhatsApp. En novembre, le Parlement français avait adopté deux propositions de loi pour lutter contre « la manipulation de l’information » en période électorale.

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L’ombre d’un nouveau «shutdown» menace les États-Unis

President Trump Delivers State Of The Union Address To Joint Session Of CongressLa Maison-Blanche n’a pas écarté dimanche l’hypothèse d’une paralysie partielle des administrations américaines alors que les négociations entre républicains et démocrates se retrouvent dans l’impasse.

Les négociations entre démocrates et républicains sont dans l’impasse. La Maison-Blanche n’écarte pas l’éventualité d’un nouveau «shutdown» si aucun accord n’était trouvé d’ici le 15 février sur le financement du mur que le président républicain Donald Trump souhaite ériger à la frontière avec le Mexique. «Le “shutdown” du gouvernement est théoriquement toujours sur la table. Nous ne voulons pas en arriver là, mais cette option est toujours ouverte pour le président et le restera», a ainsi menacé dimanche le secrétaire général de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, interrogé sur Fox News.

Fin décembre, Donald Trump avait déjà refusé de signer une loi de finances qui n’inclurait pas un budget de 5,7 milliards de dollars pour le mur qu’il veut faire construire à la frontière avec le Mexique. Un accord avait finalement été trouvé le 25 janvier pour mettre fin à la paralysie partielle des administrations américaines au terme de 35 jours de blocage, un record dans l’histoire des États-Unis. Celui-ci prévoyait un financement des services fédéraux concernés pendant trois semaines, soit jusqu’au 15 février, date à laquelle un nouveau «shutdown» pourrait donc débuter, faute de consensus.

«L’horloge tourne»
Le groupe d’élus chargés de mener les négociations s’était dit optimiste vendredi sur les chances de parvenir à un compromis avant cette échéance. Mais l’un des principaux négociateurs républicains, le sénateur Richard Shelby, a avancé dimanche sur Fox News que «les discussions étaient au point mort». Et de prévenir : «J’espère que nous parviendrons à débloquer la situation (…) car l’horloge tourne». Les négociations butent en raison de désaccords sur la politique de détention des migrants à la frontière avec le Mexique. Les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent de financer autant de lits que le veulent les républicains dans les centres de détention pour migrants.

«Les démocrates ne proposent que très peu d’argent pour le mur dont nous avons désespérément besoin à la frontière», accuse Donald Trump sur Twitter. Son nouveau chef de cabinet par intérim, Mick Mulvaney, a par ailleurs brandi la menace d’un recours à une procédure d’urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires à la construction du mur. «Nous prendrons autant d’argent que l’on pourra nous donner, et nous irons ensuite chercher l’argent ailleurs légalement afin de sécuriser cette frontière sud, mais ce sera construit, avec ou sans le Congrès», a-t-il affirmé. Une telle manœuvre ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s’est gardé jusque-là de franchir le pas.

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La sortie de Donald Tusk enflamme le Royaume-Uni

donald tuskDonald Tusk a évoqué la « place spéciale en enfer » réservée à « ceux qui ont fait la promotion du Brexit sans même l’ébauche d’un plan pour le réaliser en toute sécurité ».

La sortie du président du Conseil européen, Donald Tusk, sur la « place spéciale en enfer » réservée pour certains Brexiters suscitait mercredi 6 février des réactions enflammées au Royaume-Uni, certains criant à l’outrage, d’autres remerciant le responsable européen de « dire la vérité ».

Donald Tusk a évoqué la « place spéciale en enfer » réservée à « ceux qui ont fait la promotion du Brexit sans même l’ébauche d’un plan pour le réaliser en toute sécurité », alors que le flou règne sur la forme qu’il va prendre le 29 mars., Il n’en fallait pas davantage pour déclencher une violente riposte de l’autre côté de la Manche.

« C’est plutôt le paradis pour moi »
« Donald Tusk montre une fois de plus son mépris pour les 17,4 millions de personnes qui ont voté pour échapper à la corruption de l’UE (lors du référendum de juin 2016) », a déclaré Sammy Wilson, un porte-parole du DUP, le parti ultra-conservateur nord-irlandais, qualifiant le président du Conseil d' »euro-maniaque démoniaque ».

Sur le même ton, le champion du Brexit Nigel Farage a estimé que la sortie de l’UE permettrait de libérer le Royaume-Uni de ces « tyrans arrogants et non élus ». « C’est plutôt le paradis pour moi », a ajouté l’ancien patron de l’Ukip, le parti europhobe et anti-immigration, sur Twitter.

Les déclarations de Donald Tusk figuraient sans surprise parmi les sujets les plus discutés sur le réseau social au Royaume-Uni. « L’oligarchie (UE) a tendance à rejeter tout ce qui ne correspond pas à son idéal. M. Tusk est symptomatique d’une telle élite déconnectée », a lancé Don Duncan, un utilisateur, un autre, Doug Chalk, répliquant au président du Conseil que l’enfer serait surtout « plein de crétins arrogants comme (lui) ».

« Une sorte de fleur délicate »
L’affaire est même remontée jusqu’au Parlement de Westminster où le député conservateur Peter Bone, un eurosceptique, a interpellé le président de la Chambre des Communes John Bercow.

« Je ne me souviens pas qu’un président ait insulté les membres de cette Assemblée, les membres du gouvernement et le peuple britannique de cette façon », s’est indigné le parlementaire, avant d’écouter la réponse un brin moqueuse de John Bercow.  « J’ignorais jusqu’à présent que (Peter Bone) était quelqu’un de si sensible, une sorte de fleur délicate », a taclé ce dernier.

Les opposants au Brexit n’ont pas manqué non plus de rebondir sur le sujet, et ont repris à leur compte l’accusation d’impréparation formulée par Donald Tusk. « Il n’y que la vérité qui blesse, n’est-ce pas? », a souligné la députée écossaise Joanna Cherry (SNP, europhile) à propos des réactions courroucées des Brexiters.

« Une place spéciale en enfer pour les Brexiters sans plan. Merci Donald Tusk d’avoir eu le courage de dire la vérité, contrairement à nos politiciens », pouvait-on également lire sur Twitter sur le fil de l’utilisateur Sian Damon.

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Les « deep fake » sont encore plus dangereuses que les fake news

deep fakeLes trucages de vidéos sont de plus en plus aboutis. A tel point que différents pays craignent des manipulations en période de campagne électorale.

Les « deep fake » inquiètent autant qu’ils fascinent. Ces outils permettent de modifier le visage et/ou la voix d’une personne pour un résultat quasi parfait. La vidéo de l’actrice Jennifer Lawrence, dont les traits ont été remplacés par ceux de l’Américain Steve Buscemi, est la preuve des avancées technologiques en la matière. Ce faux très réussi a été repéré par Mikael Thalen, journaliste indépendant. Son auteur serait l’internaute « VillainGuy ».

Le « deep fake » sur Barack Obama
Le « deep fake » le plus célèbre concerne Barack Obama. Dans une vidéo publiée par Buzzfeed en avril, l’ancien président des États-Unis insulte Donald Trump « d’idiot absolu ». « Nous entrons dans une ère où nos ennemis peuvent faire croire que n’importe qui dit n’importe quoi à n’importe quel moment », peut-on entendre de la bouche de Barack Obama. Ce discours n’a évidemment jamais eu lieu. Le cinéaste Jordan Peele a modifié le mouvement des lèvres de Barack Obama pour lui faire dire ce qu’il souhaitait à l’aide d’une intelligence artificielle spécialisée. La vidéo comptabilise aujourd’hui 5,5 millions de vues.

Des craintes de manipulations
Aux États-Unis, plusieurs élus craignent l’utilisation de ces fausses vidéos pendant la campagne présidentielle de 2020. L’agence de recherche américaine de défense liée au Pentagone, la DARPA, a d’ailleurs dépensé 68 millions de dollars pour financer des outils capables de les repérer. En France, un rapport sur la désinformation publié en septembre tire la sonnette d’alarme : « Un plus grand danger encore, car plus subtil que la création d’un faux, est l’altération discrète d’une partie seulement d’un contenu audio ou vidéo, un discours par exemple ».

Les traits de plusieurs célébrités sont déjà utilisés pour produire des « deep fake », parfois à caractère pornographique. Début janvier, l’actrice Scarlett Johansson expliquait que lutter contre ces vidéos « était inutile et une cause perdue ». Pour l’instant, le trucage des vidéos n’est pas parfait. Mais les outils se perfectionnent. Des chercheurs travaillant pour l’entreprise Nvidia ont ainsi élaboré un programme informatique capable de créer des visages qui n’existent pas. Et la technologie développée par la start-up canadienne Lyrebird peut imiter n’importe quelle voix en se basant sur un enregistrement d’une minute à peine.

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En 2050, votre garde-robe n’aura rien à voir avec celle d’aujourd’hui

neige.gifVos vêtements peuvent vous aider à saisir la différence entre climat et météo

Alors que le mois de janvier touche à sa fin, la neige a recouvert de larges étendues en Europe et aux États-Unis, où des avis de tempêtes hivernales ont été lancés dans plusieurs États. Le président nord-américain Donald Trump, qui affiche allègrement son climatoscepticisme, a suggéré sur Twitter qu’«une petite dose de ce bon vieux réchauffement climatique» serait bienvenue.

Donald Trump tombe ici dans le même piège que beaucoup d’entre nous : confondre «climat» et «météo». Les tempêtes de neige et la vague de froid qui s’abattent en ce moment sur les États-Unis relèvent de la météo, elles vont durer de quelques jours à quelques semaines au maximum, mais finiront par s’arrêter pour laisser le champ aux ciels bleus et plus tard à un été chaud.

Cette confusion est récurrente, où se situe donc la différence entre «météo» et «climat» ?
De manière très simple, la «météo» fait référence aux conditions quotidiennes de l’atmosphère, la température maximale, la quantité de couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations. Le «climat», quant à lui, décrit les conditions atmosphériques moyennes sur plusieurs années, la quantité annuelle moyenne de pluie, la direction du vent prédominante, ou la saison au cours de laquelle la pluie est susceptible de tomber. Calculer un record «climatique» requiert au minimum trente ans de données, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Cela signifie-t-il que la pluie, le soleil, le vent, les jours chauds et les nuits froides des vingt-neuf dernières années se réduisent à de la «météo» ?  Pas vraiment, notre garde-robe fournit une analogie utile pour bien comprendre cette distinction.

Comment vais-je m’habiller?
Dans cette comparaison, la météo peut être comparée aux vêtements que l’on choisit de porter un jour donné. J’écris cet article d’Afrique du Sud, où janvier et février constituent les mois de l’été les plus chauds de l’année. À cette période, les Sud-Africaines et Sud-Africains portent des shorts, des t-shirts, des robes d’été, des sandales, des tongs ou encore des chapeaux. Il apparaît très peu probable que je porte aujourd’hui un chaud manteau d’hiver, des bottes, une écharpe ou un bonnet.

De tels vêtements conviendront en revanche à l’hiver sud-africain, j’y ajouterai un pantalon chaud, un t-shirt à manches longues et peut-être même un Damart à la mi-juillet. Si le temps s’adoucit demain, avec un risque de pluie, je porterai des chaussures fermées et un léger chandail. S’il fait plus chaud, je pourrai aller à la plage ou à la piscine vêtue d’un maillot de bain et d’une serviette. Bref, ce que nous portons varie d’un jour à l’autre.

Le climat, pour sa part, peut être envisagé comme le contenu de notre garde-robe. Celle-ci est formée d’une multiplicité de vêtements, certains adaptés à l’été, d’autres à l’hiver. Elle représente ainsi l’ensemble des conditions météorologiques que l’on est susceptible de rencontrer dans l’année, et ce pour chaque année que nous vivons dans un lieu donné.

Ce lieu est de première importance: la garde-robe d’une personne vivant à Johannesburg, en Afrique du Sud, diffère considérablement de la collection de vêtements d’une autre habitant à Helsinki, en Finlande. Les Sud-Africains n’auront certainement pas besoin de vêtements thermiques pour des températures inférieures à -20°C, quand les Finlandaises n’auront que faire de robes d’été et de shorts si ce n’est pour partir en vacances. C’est la même chose pour la météo et le climat. Les conditions expérimentées à un endroit diffèrent nécessairement de celles expérimentées à une autre distance des pôles.

Prévisions et projections climatiques
Que cela implique-t-il pour notre compréhension des projections et prévisions climatiques ?  Une prévision correspond à ce que le bulletin météo nous raconte tous les soirs à la télévision ou sur notre application mobile. Elle donne les températures minimales et maximales probables, ainsi que les risques de précipitations et inclut également des alertes en cas d’événements extrêmes susceptibles de se produire dans les vingt-quatre à soixante-douze prochaines heures. La prévision météorologique nous aide ainsi à prévoir ce que nous allons porter le lendemain.

Les projections climatiques, qu’elles proviennent de modèles climatiques régionaux ou globaux ou encore d’une analyse de tendance statistique des fluctuations sur les dernières décennies, nous permettent d’anticiper le climat, des prochaines décennies aux cent prochaines années. Elles nous aident à déterminer bien à l’avance comment faire évoluer le contenu de notre garde-robe, pour aller peut-être vers moins de manteaux épais et davantage de shorts étant donné le contexte de réchauffement global en cours.

Selon l’endroit où nous vivons, certains auront besoin d’un parapluie plus robuste ou d’un vêtement de pluie plus résistant, tandis que d’autres installeront un réservoir d’eau dans leur jardin. Il ne s’agit pas de dépenser notre dernier salaire pour renouveler intégralement notre garde-robe et jeter du jour au lendemain tout ce que nous avons, mais progressivement, au cours des années, des décennies, de se préparer et s’adapter à un monde que les changements en cours risquent de transformer profondément.

Cet article est republié à partir de The Conversation
sous licence Creative Commons

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États-Unis : jusqu’à -50 °C attendus mercredi, un record

froid etat unisLes Américains subissent une vague de froid d’une rare intensité. Les températures vont chuter jusqu’à -50°C dans le Midwest.

Le bonnet, l’écharpe et la grosse doudoune ne suffiront pas. Ce mercredi, les États-Unis vont être traversés par une vague de froid d’une rare intensité. Selon Le Monde, qui relaie l’information, des records de froid devraient être battus.

Tom Skilling, le chef météorologue d’une chaîne de télévision de Chicago, WGN-TV, questionné par le New York Yimes, évoque même de « quarante-huit heures de températures si basses qu’on va entendre les bâtiments et le mobilier urbain craquer ». Rien à voir avec la tempête Gabriel qui frappe la France en ce début de semaine.

« Même certains chiens portaient des bottes »
Le Midwest américain se prépare à des conditions particulièrement dangereuses, voire « mortelles », selon les autorités. « On parle de problèmes d’engelure et d’hypothermies qui surviennent très vite, en quelques minutes, peut-être secondes », a expliqué à AP Brian Hurley, du Weather Prediction Center.

Dans l’État du Minnesota, les spécialistes s’attendent à enregistrer des -54 °C. À Chicago (Illinois), les écoles ont fermé pour plusieurs jours, tout comme le zoo. C’est seulement la quatrième fois que cela arrive en 85 ans d’existence. « Même certains chiens portaient des bottes », notait déjà le New York Times.

Donald Trump trouve le moyen de blaguer
Et ce climat, dû à un vortex polaire que l’on retrouve normalement au-dessus du pôle Nord, pourrait durer jusqu’à deux mois en tout. Donald Trump, pour sa part, y a vu un nouveau moyen de plaisanter sur le réchauffement climatique. Dans un tweet, il a ainsi demandé : « Mais qu’est-ce qui se passe avec le réchauffement climatique ?   S’il te plaît reviens vite, on a besoin de toi «