Publié dans Texte Actualité divers

Paris, Rome et Berlin préparent une riposte pour interdire la cryptomonnaie de Facebook

cryptomonnaie de FacebookEn marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington, Bruno Le Maire a déclaré qu’un ensemble de mesures était à l’étude pour interdire le déploiement du Libra, la cryptomonnaie de Facebook, sur le sol européen.

Après les paroles, les actes. La France, l’Italie et l’Allemagne préparent ensemble des mesures pour interdire la cryptomonnaie de Facebook, la Libra, sur le sol européen, a annoncé ce vendredi Bruno Le Maire en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Mi-septembre, le ministre français de l’Économie avait déclarée que cette cryptomonnaie ne serait pas la bienvenue en Europe, en raison des menaces qu’elle représente pour la souveraineté numérique des pays de l’UE.

Dans une interview parue dans La Croix le 6 septembre, et avant de prendre position pleinement contre le projet de Facebook, Bruno Le Maire avait esquissé une première riposte au Libra. Il avançait alors la possibilité de lancer une cryptomonnaie « publique », émise par les banques centrales.

« La Libra n’est pas la bienvenue sur le territoire européen », a cette fois-ci renchéri Bruno Le Maire. « Nous prendrons des mesures avec les Italiens et les Allemands parce que c’est notre souveraineté qui est en jeu », a-t-il poursuivi, sans toutefois détailler ces mesures.

Pour rappel, Facebook envisage de lancer son Libra dès 2020. Le projet est néanmoins de plus en plus décrié. Tout récemment, plusieurs partenaires majeurs de l’entreprise, dont Visa, Mastercard et PayPal ont annoncé quitter le navire. Ils étaient pourtant gage de grande crédibilité pour Libra.

Publicités
Publié dans Texte Actualité divers

Brexit : ce que contient le nouvel accord conclu entre Européens et Britanniques

FILES-BRITAIN-EU-POLITICS-BREXITLondres et Bruxelles sont parvenus à trouver un nouvel accord sur le Brexit. Il prévoit un statut particulier pour l’Irlande du Nord qui devra respecter certaines règles du marché unique tout en appartenant à une union douanière avec la Grande-Bretagne.

Soulagement à Bruxelles. Après cinq jours d’intenses négociations et à deux semaines de la date butoir du 31 octobre, Européens et Britanniques sont parvenus à s’entendre ce jeudi sur un nouvel accord de Brexit.

Alors que les bases de ce traité de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne étaient « prêtes » depuis au moins mercredi, comme l’avait fait savoir le président du Conseil européen Donald Tusk, les dernières discussions techniques ont permis de trouver un compromis sur le principal point d’achoppement entre les deux camps depuis trois ans : le statut de l’Irlande du Nord.

Le nouveau traité conclu ce jeudi modifie en effet le protocole sur la République d’Irlande (qui restera dans l’UE) et l’Irlande du Nord (qui appartient au Royaume-Uni) inclus dans l’accord de retrait négocié précédemment. Une partie du texte que l’UE était pourtant réticente à changer. Toujours est-il que l’objectif principal restait le même : éviter le retour d’une frontière dure entre les deux pays (pour ne pas menacer la paix obtenue grâce à l’accord du Vendredi saint de 1998) sans pour autant créer une « brèche » dans le marché unique.

L’Irlande du Nord alignée sur les règles du marché unique
Pour résoudre cette équation, le nouvel accord prévoit que l’Irlande du Nord reste alignée « sur un ensemble limité de règles du marché unique » (législation sur les marchandises, règles sanitaires, contrôles vétérinaires, règles de production et de commercialisation agricoles, TVA …) tout en faisant partie du territoire douanier du Royaume-Uni, et non plus celui de l’Union européenne.

Cela signifie concrètement que les produits en provenance du Royaume-Uni entrant en Irlande du Nord devront faire l’objet de contrôles (sanitaires, vétérinaires…) pour respecter les règles du marché unique et protéger ce dernier. Toutes ces vérifications seront effectuées par les autorités britanniques à la frontière entre la Grande-Bretagne et l’île d’Irlande.

Distinguer la destination finale des produits
Parallèlement, l’Irlande du Nord restera dans le territoire douanier du Royaume-Uni, ce qui lui permettra de profiter des futurs accords de libre-échange conclus par Londres avec des pays tiers. Pour autant, elle continuera d’appliquer les droits de douane de l’UE pour les produits amenés à entrer sur le marché unique, ce qui doit permettre, là-encore, d’éviter le retour d’une frontière douanière sur l’île d’Irlande. À l’inverse, aucun droit de douane ne sera évidemment perçu si les marchandises en provenance du Royaume-Uni qui entrent en Irlande du Nord ne risquent pas de pénétrer sur le marché unique.

Il s’agira donc de distinguer chaque produit en fonction de sa destination finale (Irlande du Nord ou UE) pour que les autorités britanniques puissent appliquer les taxes qui conviennent. Un nouveau dispositif particulièrement complexe à mettre en œuvre qui nécessitera la mise en place d’un comité mixte chargé d’en fixer les règles.

Ces nouvelles règles permettent de contourner le backstop (filet de sécurité) inscrit dans l’accord conclu entre Theresa May et l’Union européenne mais dont Boris Johnson ne voulait pas entendre parler. Ce dispositif prévoyait initialement d’éviter le retour d’une frontière physique sur l’île d’Irlande en maintenant l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’à ce qu’un nouvel accord de libre-échange soit conclu entre les deux camps. Inacceptable pour les Brexiters qui craignaient de rester arrimer indéfiniment à l’Union européenne.

Les mêmes règles de TVA qu’en UE
C’était le dernier point qui bloquait la conclusion d’un accord. Il concernait le taux à appliquer aux produits de première nécessité afin qu’il n’y ait pas de différences entre les taux appliqués dans la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, a expliqué Michel Barnier. « Nous avons trouvé un mécanisme » pour permettre une cohérence des taux, a ajouté le négociateur de l’UE.

Pour éviter une frontière dure entre les deux Irlandes et protéger l’intégrité du marché unique européen, les règles de l’UE concernant la TVA sur les marchandises continueront de s’appliquer en Irlande du Nord. Le service des douanes britanniques sera chargé de l’application et de la collecte de cette TVA.

Période de transition et accord de libre-échange
Le nouvel accord de Brexit conclu ce jeudi fixe une période de transition. Elle durera jusque fin 2020, le temps de définir les relations commerciales futures entre les deux parties, et pourra être prolongée d’un ou deux ans si Bruxelles et Londres le désirent.

Le traité de sortie s’accompagne justement d’une déclaration politique qui tente de décrire ces futures relations commerciales. Il s’agira tout simplement d’un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sans droits de douane ni quotas.

En contrepartie, Bruxelles exige des « garanties » de la part de Londres en vue de conditions de concurrence équitables. Le but est d’empêcher le Royaume-Uni de créer une sorte de « Singapour » aux portes de l’Union qui ne respecteraient pas les normes de l’UE en matière sociale, fiscale et environnementale.

Mécanisme de consentement
Le compromis trouvé ce jeudi établit enfin un mécanisme de « consentement » des autorités nord-irlandaises. À cet égard, l’assemblée d’Irlande du Nord pourra se prononcer quatre ans après la fin de la période de transition sur la poursuite de l’application de certaines règles de l’UE dans la province britannique.

Rien n’est joué pour autant. Si la signature de l’accord par le Conseil européen ne devrait pas poser de problème ce jeudi, une incertitude demeure quant à sa ratification par le Parlement britannique samedi. D’autant que les travaillistes comme le parti nord-irlandais DUP, soutien du Parti conservateur de Boris Jonhson, ont déjà indiqué qu’ils ne soutiendraient pas ce nouveau traité. De quoi s’attendre à de nouveaux rebondissements dans l’interminable feuilleton du Brexit.

Publié dans Texte Actualité divers

Londres et Bruxelles s’appellent à des compromis sur le Brexit

FILES-BRITAIN-EU-POLITICS-BREXITBoris Johnson a invité les européens à « la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération ».

De son côté, Bruxelles demande au gouvernement britannique de revenir avec de nouvelles propositions.

Londres et Bruxelles se sont mutuellement exhortés au « compromis » avant le début de négociations sur le Brexit lundi, le gouvernement britannique laissant entendre qu’il pourrait assouplir sa position sur les points « problématiques » du plan de Boris Johnson.

Le projet du Premier ministre, présenté mercredi, vise à mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, en évitant le retour de contrôles après le Brexit entre la république d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord, qui quittera l’UE comme le reste du Royaume-Uni. Mais les Européens ont accueilli ce projet avec scepticisme, estimant qu’il comportait des points « problématiques » et devait être retravaillé. Boris Johnson a de son côté estimé avoir fait sa part du chemin.

« un Brexit qui fonctionne pour les deux parties »
Dans une lettre publiée par le Sunday Express et le Sun on Sunday, deux journaux pro Brexit, le dirigeant conservateur affirme avoir fait des « compromis » et appelle l’UE à faire de même. « Je dis à nos amis européens : saisissez l’opportunité offerte par nos nouvelles propositions. Rejoignez nous à la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération. Et réalisons un Brexit qui fonctionne pour les deux parties » écrit Boris Johnson.

De son côté, Bruxelles renvoie la balle à Londres, l’appelant à de nouvelles propositions. Le négociateur en chef du Brexit pour l’UE Michel Barnier a déclaré au Monde qu’un accord était « très difficile » mais restait « possible ». Il a souligné que si le gouvernement britannique ne « revient pas avec de nouvelles propositions sur deux problèmes graves que nous leur avons signalés, je ne vois pas comment nous pourrions avancer ».

Ces problèmes sont le retour de contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, et le droit de veto que Londres souhaite accorder au parlement nord-irlandais. Le ministre chargé du Brexit Steve Barclay s’est montré dimanche ouvert au compromis sur la question du consentement requis de l’Irlande du Nord : « nous pouvons regarder cela et discuter cela », a-t-il déclaré.

Trouver une solution d’ici une semaine
Quant au deuxième problème identifié par les Européens, la complexité des propositions britanniques pour éviter le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, « nous pouvons bien sûr entrer dans les détails de leur fonctionnement opérationnel », a affirmé M. Barclay, mais il a appelé l’UE à montrer de son côté « flexibilité » et « créativité ».

La conclusion d’un accord de Brexit « dépend entièrement de la volonté de Mr Johnson car du côté européen, nous sommes toujours ouverts », a déclaré dimanche le Premier ministre letton Krisjanis Karins à la BBC.

A 25 jours de la date prévue du Brexit, Boris Johnson a répété qu’il n’y aura « plus de report » du Brexit, déjà retardé deux fois. Une loi récemment adoptée par le Parlement britannique le contraint pourtant à repousser la date de divorce faute d’accord lors du prochain sommet européen les 17 et 18 octobre, afin d’éviter un « no deal » aux conséquences économiques et sociales potentiellement désastreuses. Mais, déterminé à faire sortir son pays « coûte que coûte » de l’UE le 31 octobre, Boris Johnson pourrait ignorer cette loi et s’accrocher à son poste, mettant alors la reine Elizabeth au défi de le limoger, affirme le Sunday Times, citant des sources au sein du gouvernement.

Autre carte qu’il pourrait jouer: le véto d’un pays de l’UE à la demande de délai. Un report doit en effet être approuvé à l’unanimité des États membres, et une seule défection suffirait à bloquer cette demande.

Le Telegraph a évoqué samedi la possibilité que la Hongrie de Viktor Orban vienne au secours de Boris Johnson. « Jusqu’à présent, il n’y a pas de demande de report, aussi il n’y pas matière à spéculations », a déclaré à l’AFP une source au ministère hongrois des Affaires étrangères.

S’il était finalement forcé de demander un nouveau délai, Boris Johnson pourrait se montrer le plus difficile possible, en « sabotant » les projets de l’Union européenne, par exemple en mettant son véto au budget de l’UE, selon le Sunday Telegraph, qui s’appuie sur des sources gouvernementales.

En attendant la reprise des négociations lundi, Boris Johnson s’entretient avec des dirigeants européens. L’un de ses interlocuteurs, le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, a déclaré avoir dit à M. Johnson qu’il était « important de trouver une solution d’ici une semaine ». « Johnson a dit qu’il était d’accord avec ce calendrier », a-t-il ajouté.

Publié dans Texte Actualité divers

Vivre en France et avoir un compte au Luxembourg

Vivre en France et avoir un compte au LuxembourgTout Européen peut ouvrir un compte dans l’établissement bancaire de son choix, même dans un autre pays de l’UE, et effectuer des opérations sans qu’elles soient refusées.

Les consommateurs français peuvent effectuer des virements ou prélèvements en euros «sans que le créancier ne puisse exiger que le compte bancaire utilisé à cet effet soit domicilié en France», rappellent mardi la Répression des fraudes et un réseau européen d’assistance aux consommateurs.

La mise en place d’un espace unique de paiement en euros, appelé «SEPA» pour «single euro payments area», est effective depuis le 5 août 2014, explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui cosigne un communiqué avec le Centre Européen des Consommateurs (CEC) France.

Le SEPA couvre l’ensemble des 28 pays de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse, Monaco et Saint-Marin, indique le centre de documentation du ministère de l’Économie et des Finances sur son site Internet. En outre, tout Européen peut ouvrir un compte dans l’établissement bancaire de son choix, même dans un autre pays de l’UE, depuis le 23 juillet 2014, et l’Union européenne «interdit toute discrimination fondée sur la domiciliation bancaire».

Obligation de déclarer les comptes à l’étranger
Les deux organisations expliquent pourtant recevoir régulièrement des plaintes de consommateurs concernant le non-respect de ces obligations par certains professionnels, qui avancent des arguments divers : «Système informatique ne permettant pas l’enregistrement de coordonnées bancaires étrangères» ou «conditions générales de vente exigeant une domiciliation bancaire en France» par exemple. Or, «toutes ces raisons sont irrecevables», explique Bianca Schulz, du CEC France, citée dans le communiqué.

La DGCCRF a mené des contrôles pour s’assurer du respect des règles et en réalisera de nouveaux, «afin de s’assurer de l’effectivité des mesures de mise en conformité prises», précise le communiqué. Les particuliers restent tenus de déclarer leurs comptes à l’étranger, ouverts, utilisés et clos au cours de l’année, une obligation visant à lutter contre la fraude fiscale.

Publié dans Texte Actualité divers

Ce qui attend le Royaume-Uni après un premier vote contre un « no deal » avec l’UE

brexitMercredi, les députés britanniques ont un report supplémentaire du Brexit de 3 mois après le 31 octobre, date butoir actuelle, en cas d’absence d’accord avec l’UE d’ici là.

Ils ont dans le même temps rejeté la proposition du Premier ministre de convoquer des élections anticipées. La chambre des Lords apparaît désormais comme un rendez-vous crucial.

A tout seigneur, tout honneur. C’est à présent au tour des Lords britanniques d’entrer dans la danse infernale que sont devenues les tractations politiques autour du Brexit. Mercredi soir, la chambre des Communes a infligé à Boris Johnson deux défaites, plus prévisibles que le désaveu de la veille lors duquel le gouvernement avait perdu le contrôle de l’ordre du jour.

Les anti-« no deal » doivent encore convaincre l’Europe
Les députés ont rejeté le projet du Premier ministre de convoquer des élections générales anticipées pour se tirer enfin de l’ornière. L’ensemble de l’opposition, grossie des « rebelles tories », les conservateurs qui ont fait défection, a également voté par 327 voix contre 299 une motion repoussant du 31 octobre au 31 janvier la date butoir du Brexit sauf si un accord était trouvé avec l’UE d’ici aux derniers jours d’octobre.

Quoi qu’il arrive, il faudra déjà convaincre les 27 autres Etats-membres d’accepter un tel report. A en juger par la réaction française, il n’est pas dit que l’idée d’un nouveau délai suscite leur enthousiasme. Sur Radio Classique ce jeudi, Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a posé que ça ne « changerait rien au problème », ajoutant: « Il faut que les Britanniques sachent nous dire ce qu’ils veulent ».

Les Lords ont promis d’examiner le texte dans les temps
Sur la scène intérieure non plus, le texte anti-No Deal n’est pas encore gravé dans le marbre. Pour ce faire, il a besoin d’être adopté également par l’autre chambre de Westminster, la basse, celle des Lords, où les détracteurs de la ligne portée par Boris Johnson ont là aussi remporté un premier succès.

Certains d’entre eux craignaient que les aristocrates jouent la montre et délayent leurs discussions sans approuver définitivement le texte avant la suspension des travaux parlementaires, qui doit débuter la semaine prochaine et prendre fin au 14 octobre. Mais les Lords ont d’ores et déjà signifié qu’ils rendront leur décision dans les temps, à l’issue d’un débat qui les a mobilisés jusqu’à 1h30 ce jeudi matin, relaté ici par le Guardian.

Lord Thomas Henry Ashton baron de Hyden, le whip en chef conservateur (la personne en charge de la discipline de parti au sein du Parlement) a déclaré que l’examen du texte serait mené ce jeudi et achevé d’ici vendredi 17 heures. Il reviendra alors à la chambre des Communes pour une ultime lecture. Celle-ci devrait avoir lieu lundi et la motion définitive présentée dans la foulée à la « Sanction royale », qui la transformera stricto sensu en loi.

En attendant, Johnson cible son rival Corbyn
Si cette perspective fait peu de doute, dans la mesure où l’opposition domine à la chambre des Lords, Boris Johnson se retrouve encore le bec dans l’eau d’un autre marigot parlementaire. Son désir de renvoyer les députés devant les électeurs pour qu’ils tentent d’être reconduits dans leur mandat ou laissent au contraire leur siège à d’autres personnalités plus en phase avec la volonté générale a été retoqué par les Communes. Il lui fallait réunir deux tiers des représentants, un seuil qui s’est révélé inaccessible à ses forces du moment.

Sans le soutien des travaillistes à cette version britannique de la dissolution, la tentative était vouée à rester lettre morte. D’où l’agacement et la frustration qui ont percé dans la parole publique de Boris Johnson dès mercredi à la chambre des Communes. Durant cette séance mouvementée, il a notamment qualifié Jeremy Corbyn, chef de file des travaillistes, de « poule au chlore ». Depuis lors d’ailleurs, le Premier ministre ne cesse de s’en prendre à la lâcheté supposée de son opposant.

Le Parti conservateur a ainsi présenté l’alternative suivante sur Twitter: « La motion de capitulation de Jeremy Corbyn, c’est plus de discussion, plus de retard, plus d’indécision. Boris Johnson va obtenir le Brexit le 31 octobre pour remettre le pays sur les rails d’un avenir plus radieux ».

Le Premier ministre doit s’exprimer dans l’après-midi
Le porte-parole du 10 Downing Street a également signalé que Boris Johnson s’adresserait à la population dans l’après-midi, dans le Yorkshire, résumant même le contenu du discours:

« Il défendra l’idée que la motion de capitulation de Jeremy Corbyn forcera le Premier ministre à aller à Bruxelles et à accepter toutes leurs exigences. Et ça privera de sa substance le vote le plus démocratique de notre histoire, le référendum de 2016. Le Premier ministre ne fera pas ça. Il est évident que la seule action possible est de se tourner à nouveau vers le peuple pour lui donner l’occasion de dire ce qu’il veut: que Boris aille à Bruxelles et en revienne avec un accord ou que nous nous quittions l’Union européenne le 31 octobre, ou bien que Jeremy Corbyn vienne à Bruxelles avec sa motion de capitulation mendier un délai supplémentaire, un supplément de crise et accepter tous les termes que Bruxelles imposerait à notre nation. Que Jeremy Corbyn continue d’éviter l’élection serait une lâche insulte à la démocratie ».

Le temps presse pour organiser de nouvelles élections
L’exécutif fait pression sur Jeremy Corbyn mais celui-ci n’est pas rétif par principe à l’organisation de nouvelles élections. Bien au contraire, il devrait, selon The Independent, soutenir lundi une seconde tentative de mettre sur pied un scrutin. Il est, en effet, sur le point d’obtenir ce qu’il cherchait, l’adoption du texte avant la suspension.

Ne manque plus que la « Sanction royale », censée empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre, pour pousser plus ouvertement à la tenue d’élections. Le temps presse. Boris Johnson a signalé qu’il comptait peupler les isoloirs le 15 octobre. Or, passé lundi, le délai sera trop bref pour maintenir cette date.

Publié dans Texte Actualité divers

La reine aspirée dans le tourbillon du Brexit

reine Elisabeth IILa reine Elisabeth II se retrouve aspirée dans le tourbillon du Brexit, après avoir dû approuver la suspension du Parlement, un acte éminemment politique pour son rôle.

La monarque de 93 ans a approuvé la décision du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement de la deuxième semaine de septembre jusqu’au 14 octobre, soit peu avant la date de sortie de l’Union européenne de son royaume, le 31 octobre.

Cette décision a déclenché une tempête politique, puisqu’elle laisse très peu de temps aux nombreux députés opposés à un Brexit dur pour l’arrêter, si Boris Johnson ne conclut pas un accord de retrait avec Bruxelles. Le Premier ministre assure que le pays quittera l’UE avec ou sans accord.

«La plus vieille règle de la constitution»
Pour les experts en droit constitutionnel, la souveraine n’avait d’autre choix que d’approuver la demande. Le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle, donc la reine peut être consultée, mettre en garde ou encourager, mais elle ne peut agir qu’en suivant le conseil de ses ministres.

«C’est la plus vieille règle de la constitution», souligne Robert Craig, de l’université de Durham, auprès de l’AFP. Autrement dit: la reine règne, mais le Premier ministre gouverne.

«Eaux dangereuses»
Elisabeth II risque toutefois de se trouver sous peu dans des eaux dangereuses, relève Mike Gordon, professeur de droit constitutionnel à l’université de Liverpool. «Elle est dans une situation compliquée parce qu’elle est entraînée dans le débat politique le plus clivant et le plus confrontationnel du pays», souligne-t-il.

Les opposants de Boris Johnson tentent de légiférer pour arrêter une sortie de l’UE sans accord. S’ils réussissent, «il se peut que le gouvernement lui demande de ne pas donner son approbation et là, nous serons en territoire constitutionnel délicat», explique Mike Gordon. «La convention qui veut qu’elle donne son approbation au Parlement entrera en conflit avec celle qui veut qu’elle suive l’avis de ses ministres», ajoute-t-il.

Sans nul doute celle qui connaît le mieux ses devoirs
La constitution britannique n’est pas écrite et se base sur des précédents et conventions. La dernière souveraine ayant refusé d’approuver une loi était la reine Anne, en 1708. Sur le trône depuis 1952, Elisabeth II détient le record de longévité des monarques et elle est sans nul doute celle qui connaît le mieux ses devoirs.

Mais son rôle de chef d’État, contrairement aux pays où ils jouent un rôle actif dans la formation du gouvernement, se borne à entériner le choix des responsables politiques. Sa neutralité est si parfaite que nul ne sait ce qu’elle pense des grandes questions politiques qui agitent le pays.

Ses chapeaux pro-europe ?
Seul exception récente: le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, en 2014. En déclarant : «J’espère que les gens réfléchiront très soigneusement à l’avenir», elle a exprimé une inquiétude immédiatement interprétée par les oracles comme de l’hostilité à l’indépendance.

Sur le Brexit, autre enjeu historique, elle reste bouche cousue. Les observateurs en sont réduits à commenter la couleur de son chapeau pour y voir une prise de position quand elle arbore les couleurs du drapeau européen.

Et le tabloïd europhobe The Sun s’est fait rappeler à l’ordre par le régulateur des médias pour avoir affirmé peu avant le référendum de juin 2016 qu’Elisabeth II soutenait le Brexit.

Publié dans Texte Actualité divers

De l’argent versé gratuitement aux ménages : la « monnaie hélicoptère » peut-elle relancer l’économie ?

argentAlors que l’inflation et la croissance demeurent modestes, de plus en plus d’économistes suggèrent aux banques centrales de financer directement l’économie sans passer par les circuits économiques traditionnels pour relancer la demande.

Il s’agirait en clair de donner de l’argent aux ménages et aux entreprises pour les inciter à consommer et investir.

Le concept n’est pas nouveau mais il continue de gagner du terrain. Alors que les banquiers centraux se sont retrouvés à Jackson Hole vendredi pour leur réunion annuelle, la société multinationale de gestion d’actifs BlackRock s’est particulièrement fait remarquer en suggérant aux banques centrales de « mettre de l’argent directement dans les mains des consommateurs des secteurs privés et publics » afin de relancer la croissance et l’inflation, rapportent Les Échos.

Cette proposition reprend le concept de « monnaie hélicoptère » défini pour la première fois par Milton Friedman en 1969. À travers cette expression, l’économiste américain décrit de manière imagée l’idée selon laquelle les autorités monétaires largueraient par hélicoptère au-dessus de la population les billets qu’elles impriment.

Créer de l’inflation
En clair, il s’agirait pour la BCE par exemple de verser directement l’argent créé dans les poches des citoyens européens, sans passer par le circuit traditionnel des banques commerciales qui peinent parfois à convertir les liquidités qu’elles reçoivent des banques centrales en argent « réel », via des crédits. Ce dispositif n’implique aucune contrepartie, à l’inverse de ce qui se pratique lorsque la banque centrale fait tourner la « planche à billets » pour financer le déficit public.

En Europe, l’objectif final de cette proposition, qui n’a jamais dépassé le stade de la théorie, serait de stimuler la demande des ménages (consommation) et des entreprises (investissement) pour créer de l’inflation et se rapprocher des fameux 2% souhaités par Bruxelles. Dans la même optique, les économistes de BlackRock proposent d’offrir des prêts à taux zéro perpétuels à tous les citoyens adultes de la zone euro.

Une alternative à la politique monétaire conventionnelle
Dans la pratique, les économistes de BlackRock préconisent de confier aux banques centrales la gestion d’un compte spécial de dépenses. Mais pour éviter qu’une quantité excessive de liquidités inonde les ménages et les entreprises, le gestionnaire d’actifs conseille d’en limiter la taille de sorte que le compte puisse être clos une fois l’objectif d’inflation atteint.

Deux raisons justifient la mise en pratique de la « monnaie hélicoptère », selon BlackRock. D’abord, les taux d’intérêt sont déjà à des niveaux historiquement bas, voire négatifs. Autrement dit, la BCE n’a plus beaucoup de marge de manœuvre dans sa politique monétaire conventionnelle qui consiste à baisser ses taux pour encourager les emprunts et donc la demande. D’autant que l’efficacité de cette mesure semble limitée, l’inflation et la croissance demeurant encore aujourd’hui particulièrement faibles.

De leur côté, les États, qui se serrent déjà la ceinture, ne semblent pas prêts à utiliser les instruments budgétaires à leur disposition (dépenses publiques, endettement public …) pour relancer la croissance et l’inflation. Alors, autant confier directement aux banques centrales la mission de stimuler le pouvoir d’achat des ménages, selon BlackRock.

Risque de thésaurisation
De plus en plus d’économistes estiment que l’idée de « l’hélicoptère monétaire » permettra de relancer l’économie mondiale. Mais les banques centrales rechignent. En Europe, le président de la BCE Mario Draghi avait jugé en 2016 la proposition intéressante tout en ajoutant qu’elle n’avait pas encore été étudiée par la BCE.

Il faut dire que cette pratique comporte un risque majeur : la thésaurisation. Rien ne dit en effet que les ménages joueront le jeu. Ils peuvent très bien épargner leurs gains supplémentaires, auquel cas la mesure perdrait en efficacité. L’autre risque serait de voir le surplus de consommation profiter avant tout aux produits importés hors UE.