Publié dans Texte Actualité divers

L’UE donne son feu vert pour négocier un accord commercial avec les USA

Brussels - EU USA flagsLes discussions, qui ont pour objectif d’éviter une guerre commerciale, commenceront dès que possible. Ce futur accord doit être limité aux biens industriels, et n’inclure ni l’agriculture, ni les services ou les marchés publics.

En dépit de l’opposition de la France, les États membres de l’Union européenne ont approuvé lundi l’ouverture de négociations commerciales avec les États-Unis, ont indiqué à l’AFP plusieurs sources européennes. Elles commenceront « dès que possible », a précisé Cecilia Malmström, Commissaire au commerce, lors d’une conférence de presse. Elle estime que cet accord était « une étape cruciale ».

Lors du vote organisé pour approuver le lancement de ces négociations, la France a voté contre et la Belgique s’est abstenue ont précisé ces sources. L’objectif est d’éviter une guerre commerciale avec les États-Unis.

L’opposition de Paris a été sans effet, car les décisions en matière commerciale se prennent dans l’UE à la majorité qualifiée. La voix française n’était donc pas indispensable. La France était sous la pression des autres États membres, en particulier de l’Allemagne. Ces discussions commerciales ont pour objectif de mettre fin aux tensions avec le président américain Donald Trump, qui menace de taxer les automobiles européennes, un secteur ultra sensible pour Berlin.

Un accord espéré avant le 31 octobre
Le futur accord UE/USA doit être limité aux biens industriels, c’est-à-dire qu’il n’inclura pas l’agriculture, les services ou les marchés publics. Washington veut cependant intégrer l’agriculture dans la négociation.

La Commission européenne compte commencer à discuter avec Washington dès que les États-Unis auront adopté leur mandat de négociation, dans l’espoir d’arriver à un accord avant la fin de son mandat, c’est-à-dire le 31 octobre.

Si les négociations vont à leur terme, Bruxelles anticipe une augmentation des échanges transatlantiques d’un peu moins de 10% d’ici à 2033 dans les secteurs concernés, ce qui correspond à 53 milliards d’euros.

Publicités
Publié dans Texte Actualité divers

Un scientifique perce le mystère des étranges icebergs verts

Un scientifique perce le mystère des étranges icebergs vertsLa question le taraudait depuis plus de trente ans. Mais le glaciologue Stephen Warren pourrait enfin avoir élucidé le mystère. Une énigme glaçante, ou plutôt « glacée » :  celle de l’étrange couleur arborée par certains icebergs en Antarctique, le vert.

La première rencontre entre le glaciologue de l’Université de Washington et l’une de ces étranges masses de glace verdâtre a eu lieu en 1988. Alors parti en expédition aux abords de la Barrière d’Amery,  un amas de glace couvrant une grande partie de la baie de Prydz,  à l’Est du continent austral, le scientifique a pu observer pour le première fois de sa carrière l’énigmatique phénomène.

Une première rencontre marquante
« Quand nous avons escaladé cet iceberg, la chose la plus extraordinaire n’était en fait pas la couleur mais plutôt la clarté. La glace n’avait pas de bulles. Il était évident qu’il ne s’agissait pas de glace ordinaire provenant d’un glacier », se remémore le glaciologue. Un premier élément troublant qui a fait naître chez le chercheur son intérêt pour ces mystérieux « icebergs verts ».

En analysant cette glace exempte de bulles, Stephen Warren et ses collègues ont découvert qu’il s’agissait effectivement d’une glace inhabituelle : de la glace de mer. Une glace qui se forme non-pas à partir de l’accumulation de neige, mais à partir de l’eau de l’océan  et qui n’emprisonne donc pas de bulles d’air, comme c’est le cas dans le reste des glaciers.

Cette origine marine de la glace composant les icebergs verts a d’emblée fait pencher le chercheur et ses collègues vers une hypothèse : celle de la présence d’une impureté provenant de l’eau de mer, et responsable de la coloration de la glace. Un premier pas vers une explication, mais la nature précise de cette impureté restait à déterminer.

Première option imaginée alors par les scientifiques : celle de la présence dans la glace de particules microscopiques provenant de la décomposition de végétaux ou d’animaux marins. Composées de carbone organique, ces microparticules revêtent en effet une teinte jaunâtre. Teinte qui, en s’additionnant à la coloration bleuté naturelle de la glace, aurait ainsi pu conférer aux icebergs verts leur couleur si surnaturelle.

Une hypothèse qui tombe à l’eau
Mais en 1996, pour Stephen Warren et ses collègues, c’est la douche froide. Non pas qu’ils aient par mégarde chuté dans l’eau glaciale de l’Océan Antarctique ; mais plutôt après qu’ils ont découvert que la teneur en matière organique de la glace verte était absolument la même que celle des icebergs bleutés. L’hypothèse des microparticules organiques tombait littéralement à l’eau.

Ça n’est que des années plus tard, que l’équipe a pu franchir une étape cruciale dans la résolution du mystère et ce grâce aux travaux d’une océanographe de l’Université de Tasmanie. La scientifique a en effet découvert, dans des carottes de glace prélevées dans la fameuse Barrière d’Amery,  lieu de la première rencontre entre Stephen Warren et les icebergs verts,  une concentration en fer 500 fois plus importante à l’extrémité inférieure de la carotte qu’à son sommet. Une différence de taille, qui pourrait ainsi expliquer la teinte verdâtre de la glace marine composant les icebergs qui préoccupent tant le chercheur.

Restait toutefois à déterminer l’origine de ces oxydes de fer. Des particules susceptibles de conférer à la glace des teintes allant du jaune au brun, en passant par le rouge et l’orange. Et qui, en s’additionnant au bleu naturel de la glace, sembleraient ainsi tout à fait appropriées pour expliquer sa coloration verdâtre.

Des particules tout droit venues du continent
L’hypothèse désormais avancée par Stephen Warren est celle d’une origine terrestre. En progressant lentement sur le continent, la glace de l’Antarctique agit en effet comme un « rabot » sur le sol rocheux  produisant ainsi une fine poudre minérale,  la « farine de roche »  très riche notamment en oxydes de fer. Lorsque cette poussière atteint l’océan, au fil de l’avancée de la glace, elle se mélange à l’eau et peut donc ensuite être piégée dans la fameuse glace de mer, formée à partir de l’eau de l’océan. Un processus qui pourrait alors permettre d’éclairer enfin le mystère des icebergs verts.

Au-delà de leur aspect troublant, ces masses gelées pourraient jouer un rôle crucial dans l’équilibre de l’écosystème antarctique. « Ces icebergs pourraient distribuer ce fer très loin dans l’océan, et fondre ensuite  le rendant disponible pour le phytoplancton qui peut l’utiliser comme nutriment », révèle Stephen Warren. De quoi servir de nourriture à une flore elle-même à la base de toute la chaîne alimentaire marine.

« On a toujours cru que les icebergs verts n’étaient qu’une curiosité exotique , mais nous pensons désormais qu’ils pourraient en fait se révéler importants », conclut le glaciologue. Trente ans que la question le taraudait  et voici que la réponse sur les origines des icebergs verts va sans doute bien au-delà de ses espérances.

Publié dans Texte Actualité divers

Donald Trump rejoint Kim Jong-un à Hanoï pour un sommet entouré de mystère

Donald Trump et Kim Jong-un.jpgDonald Trump est arrivé mardi soir au Vietnam pour une deuxième rencontre avec Kim Jong-un, censée donner de la substance à la déclaration largement symbolique sur la « dénucléarisation de la péninsule » coréenne issue de leur précédent sommet.

La capitale vietnamienne accueille ce mercredi et ce jeudi le nouveau rendez-vous entre le dirigeant nord-coréen et le président américain, dont le lieu exact et le déroulement ont été soigneusement tenus secrets. L’avion présidentiel Air Force One s’est posé dans la soirée de mardi à l’aéroport international Noi Bai après un voyage de plus de 20 heures.

Quelques heures plus tôt, portant son traditionnel costume de type Mao, Kim Jong-un était quant à lui descendu, après une odyssée ferroviaire de 4000 kilomètres, de son fameux train blindé vert olive en gare de Dong Dang, une localité vietnamienne frontalière d’ordinaire tranquille où des écoliers brandissant des drapeaux l’attendaient.

Avant son arrivée, Donald Trump s’est voulu optimiste, assurant sur Twitter attendre avec impatience « un sommet très productif ». Très peu de détails ont filtré sur la rencontre. Les deux dirigeants doivent dîner ensemble ce mercredi en compagnie de certains de leurs conseillers avant de se retrouver jeudi pour un tête-à-tête, a simplement fait savoir la Maison-Blanche.

Donald Trump « pas pressé »
En juin, à Singapour, Kim Jong-un s’était engagé à « travailler vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Mais, depuis, le manque d’avancées concrètes a rendu sceptiques nombre d’observateurs. Stephen Biegun, l’émissaire des États-Unis pour le Nord, a récemment reconnu que Pyongyang et Washington ne s’étaient « pas mis d’accord sur la signification » de la dénucléarisation.

Les États-Unis ont maintes fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de manière complète, « vérifiable et irréversible » de son arsenal nucléaire – qui lui a valu une une impressionnante série de sanctions de l’ONU au fil des ans. La Corée du Nord dénonce de son côté ce qu’elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Donald Trump répète qu’il n’est pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à son arsenal nucléaire, tant que celui-ci s’abstient, comme il le fait depuis plus d’un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires. « Je ne veux brusquer personne », a-t-il encore lancé avant son départ de Washington, semblant vouloir tempérer par avance les espoirs suscités par le sommet vietnamien.

« Dénucléarisation complète »
Depuis des mois, le président américain manie la carotte et le bâton dans ce dossier, faisant miroiter le potentiel économique de la Corée du Nord tout en refusant l’allègement des sanctions. « Avec une dénucléarisation complète, la Corée du Nord deviendra rapidement une puissance économique. Sans cela, on en reste juste au même point », a-t-il tweeté. « Le président Kim prendra une sage décision ». De son côté, Pyongyang martèle avoir déjà fait des gestes, avec le gel des essais militaires et en faisant sauter les accès à son site d’essais nucléaires.

À l’issue de cette rencontre, Washington pourrait promettre des garanties de sécurité sous la forme d’une déclaration officielle sur la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui s’est achevée sur un armistice ou ouvrir un bureau de liaison.

Publié dans Texte Actualité divers

Facebook : les leçons manquées de Cambridge Analytica

facebook utilisateurLe plus grand réseau social au monde est de nouveau critiqué pour son usage laxiste des données. Par le biais d’applications tierces, Facebook capterait en toute opacité une quantité de données sensibles, telles que la période des règles et d’ovulation des femmes, en passant par le poids et le rythme cardiaque.

Facebook de nouveau pris la main dans le sac. Il y a bientôt un an, le plus grand réseau social au monde voyait son image ternie par le retentissant scandale de Cambridge Analytica. Ce cabinet d’analyse britannique est parvenu à mettre la main de façon détournée sur 87 millions de données personnelles d’utilisateurs Facebook. Après une année de mea culpa,ponctuée de nouvelles fuites massives de données, le fleuron de la Silicon Valley est de nouveau dans le viseur des autorités pour son usage laxiste des données personnelles.

Une enquête du Wall Street Journal, publiée vendredi dernier, a révélé que Facebook, utilisé par 2,3 milliards d’utilisateurs dans le monde, récupérerait en toute opacité une quantité de données sensibles par le biais des applications tierces. Des données très intimes, allant de la période des règles et d’ovulation des femmes, en passant par le poids ou encore le rythme cardiaque. Selon le WSJ, « au moins 11 applications populaires, totalisant des dizaines de millions de téléchargements, ont partagé des données sensibles de leurs utilisateurs ». Parmi les applications, figurent notamment Instant Heart Rate : HR Monitor, l’application de mesure de fréquence cardiaque la plus populaire dans l’App Store , ou encore Flo Period & Ovulation Tracker  qui revendique plus de 25 millions d’utilisateurs actifs.

Capter les données des non-usagers de Facebook
Concrètement, certaines applications tierces recourent à un outil d’analyse, baptisé « App Events » et développé par Facebook. Conséquence : à partir de cet outil, le géant américain peut récolter une masse de données provenant d’applications indépendantes, et ce, sans que les utilisateurs ne soient nécessairement au courant. Le groupe de Mark Zuckerberg est en capacité de capter des données sans que l’usager ne soit connecté à son compte Facebook et même, plus ahurissant, sans qu’il ne possède de compte.

« Lorsque vous visitez un site ou une application qui utilise nos services, nous recevons des informations même si vous êtes déconnecté ou n’avez pas de compte Facebook », affirmait déjà en avril dernier David Baser, responsable produit du groupe, dans une note de blog publiée à la suite de Cambridge Analytica.

Facebook dispose de plusieurs cordes à son arc pour capter des données. Il peut utiliser l’un de ses nombreux « outils » marketing : il collecte ainsi les informations à partir des boutons « like » ou « partager » intégrés sur les sites, comme ceux que l’on peut voir accolés aux articles de presse en ligne. Le réseau social engrange aussi des données lorsqu’un internaute se connecte à un compte, comme Deezer ou Airbnb, avec son identifiant Facebook.

Le géant américain profite aussi de sa plateforme Facebook Analytics, qui permet aux sites ou aux applications de mesurer leur audience. Enfin, il amasse des données par le biais de sa régie publicitaire. Les annonceurs présents sur Facebook peuvent aussi diffuser leurs pubs en dehors du réseau social  sur un autre site ou application. Lorsqu’un internaute clique sur cette publicité d’un annonceur gravitant dans l’écosystème Facebook, alors ce dernier met la main sur certaines infos.

« Un système hors de contrôle »
Au cours du week-end, au moins 4 applications ont rompu leur relation avec Facebook, toujours selon le WSJ. De son côté, Facebook a déclaré par communiqué de presse : « Nous exigeons des développeurs d’applications qu’ils soient clairs avec leurs usagers quant aux informations qu’ils partagent avec nous, et nous interdisons les développeurs d’applications de nous envoyer des données sensibles. Nous souhaitons également détecter et supprimer les données qui ne sont pas censées nous être partagées. »

Car tout le monde se rejette la faute : est-ce à cause des développeurs d’applications que les données fuitent ou de Facebook, qui récolte généreusement les précieuses informations ?  Pour se faire une idée, le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a demandé vendredi à des agences fédérales une enquête. Il a également appelé les régulateurs à Washington à se pencher sur le sujet. Au Royaume-Uni, Damian Collins, membre du Parlement en charge du comité numérique, a écrit sur Twitter que cette affaire démontrait « à quel point le système est hors de contrôle ».

Publié dans Texte Actualité divers

Vladimir Poutine menace de déployer ses nouveaux missiles contre les Occidentaux

Vladimir PoutineLe président russe voit sa cote de confiance à domicile dégringoler à ses plus bas niveaux depuis l’annexion de la Crimée en 2014

En chute dans les sondages, Vladimir Poutine a assuré mercredi vouloir améliorer la qualité de vie de ses compatriotes mais aussi menacé de déployer les nouvelles armes de la Russie contre les pays occidentaux.

Moins d’un an après avoir été réélu pour un quatrième mandat avec un score sans précédent en près de 20 ans de pouvoir, le président russe voit sa cote de confiance dégringoler à ses plus bas niveaux depuis l’annexion de la Crimée en 2014, sous l’effet de la chute continue du niveau de vie depuis cinq ans, du relèvement de l’âge de la retraite et de la hausse de la TVA.

« La Russie sera contrainte de déployer des armements »
Après avoir assuré au début de son discours annuel au Parlement vouloir se concentrer sur la situation sociale, il s’est lancé, comme l’an dernier, dans une tirade très menaçante envers les États-Unis, leur reprochant le déploiement de nouveaux systèmes d’armement en Europe.

« S’ils sont déployés et livrés sur le continent européen, cela envenimera gravement la situation et créera de graves menaces pour la Russie », a déclaré le président russe, relevant que certains de ces engins pouvaient atteindre « Moscou en 10-12 minutes ». « Je vais le dire clairement et ouvertement : la Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’usage de missiles nous menaçant », a-t-il poursuivi.

L’Otan a qualifié d’« inacceptables » ces menaces de déployer de nouveaux missiles en mesure de frapper les territoires des Alliés, accusant le président russe de « tentative flagrante de détourner l’attention de sa violation du traité INF ».

Sa popularité au plus bas niveau depuis l’annexion de la Crimée
Washington a suspendu sa participation à ce traité de la Guerre froide interdisant les missiles sol-sol d’une portée de 500 à 5.500 km, accusant la Russie d’enfreindre les dispositions de ce document signé en 1987. En retour, Moscou a fait de même et, sauf coup de théâtre, le traité deviendra caduc en août.

Vladimir Poutine a accusé les États-Unis d’utiliser des « accusations imaginaires envers la Russie pour motiver leur sortie unilatérale », avertissant que si la Russie était « prête aux négociations », elle ne comptait pas « frapper à une porte close ». Listant les progrès des nouveaux missiles russes, présentés comme hypersoniques, invisibles ou invincibles, il a appelé les Américains à « calculer la portée et la vitesse de nouveaux armements à venir » avant de « prendre leurs décisions ».

Ces nouvelles armes avaient été présentées en détail l’an dernier dans son discours au Parlement, deux semaines avant sa réélection avec 76 % des voix. Moins d’un an après, la cote de popularité du chef de l’État, aujourd’hui âgé de 66 ans, était, selon le centre indépendant Levada, de 64 % en janvier, son plus bas niveau depuis l’annexion de la Crimée il y a tout juste cinq ans, contre encore 80 % au moment de sa réélection. Selon le même organisme, la proportion de Russes pessimistes sur la situation de leur pays (45 %) dépasse celle des optimistes pour la première fois depuis fin 2013.

Publié dans Texte Actualité divers

Tout le mal que Donald Trump et Theresa May font à la démocratie

Donald Trump et Theresa MayLa célèbre déclaration de Winston Churchill selon laquelle «la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont déjà été essayées» est souvent citée comme une évidence dans de nombreux milieux.

Pourtant, cette idée se voit aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde. Désormais, le modèle économique autoritaire chinois est devenu une source d’inspiration majeure (ou comme l’a décrit le président Xi Jinping, une «nouvelle option») pour les autocrates en herbe qui ne croient plus aujourd’hui que le respect des droits et des libertés fondamentales soit une condition sine qua non à la prospérité, et encore moins à la longévité de leur pouvoir.

L’incroyable tempête qui a fait rage ces derniers temps à Washington (en raison du plus long shutdown gouvernemental de toute l’histoire américaine) et à Londres (à cause de l’impasse du Brexit) met à nu les fissures et les fragilités de deux des démocraties les plus stables et les plus encensées au monde. L’enjeu est de taille pour les États-Unis et encore plus pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne tout entière.

Naturellement, les experts et les électorats se polarisent sur le moment et la manière dont ces situations peu stables, presque incontrôlables, vont finalement se calmer. Mais le fait que ces deux événements chaotiques se produisent simultanément peut pousser à remettre en question l’affirmation (vue dans certains milieux comme de moins en moins vraisemblable) selon laquelle la démocratie est le système politique le plus fiable et le plus efficace de tous.

Si les populations américaine et britannique ont fini par s’habituer, ou presque, au chaos qui secoue leur capitale, le reste du monde assiste au désastre, abasourdi par les dysfonctionnements. Les autocrates séduisent depuis longtemps les électeurs et électrices en affirmant qu’ils vont «ramener l’ordre» après avoir mis fin au chaos, ce qui explique la légende persistante selon laquelle les trains étaient toujours à l’heure sous le règne de Benito Mussolini.

Du pain béni pour les critiques
Les crises simultanées de Washington et de Londres offrent des arguments rhétoriques aux gouvernements qui martèlent le discours sur la dégénérescence occidentale et le déclin de la démocratie. Les dirigeants chinois n’ont pas caché leur jubilation, persuadés que le monde verra d’un œil défavorable ce régime en comparaison avec leur style très structuré de gouvernance. Xinhua, l’agence de presse gérée par l’État chinois, l’a clairement énoncé dans un éditorial au sujet du shutdown, moins long, de l’année dernière : «Le système démocratique occidental est acclamé par tous les pays développés comme étant un régime politique presque parfait et le système qui convient le mieux pour diriger un pays. Toutefois, ce qui se produit actuellement aux États-Unis risque de faire réfléchir un certain nombre de gens à travers le monde quant à la viabilité et la légitimité d’un système politique aussi chaotique».

Cette année, les médias chinois se réjouissent des conséquences potentiellement catastrophiques sur l’économie américaine d’un shutdown qui s’est éternisé, et qui se traduit par une dégradation des cotes de crédits américaines et une hausse des coûts d’emprunt. Le titre de cet article, «Posséder des obligations du gouvernement américain revient à avoir une bombe à retardement entre les mains», est très représentatif de cette tendance.

La Russie tient un discours similaire. Un article d’opinion publié par RT, média financé par le Kremlin, a décrit la débâcle du Brexit comme l’effondrement inévitable d’un «État né dans le mercantilisme et soutenu par des siècles de domination et de colonialisme», concluant que «le Royaume-Uni tel que nous le connaissons a dépassé sa date limite de péremption».

Dans les autres démocraties, les observateurs se contentent d’assister au désastre, embarrassés. En Inde, un éditorial du Hindustan Times a affirmé : «Cela nous en dit beaucoup sur l’utilité d’organiser des référendums proposant des choix binaires pour traiter des problèmes d’une grande complexité. Le monde entier devrait tirer une leçon de ce que traverse le Royaume-Uni». À Hong Kong, où les défenseurs de la démocratie luttent pour repousser une Chine de plus en plus intrusive, Richard Harris, chroniqueur au South China Morning Post, a critiqué les «attaques personnelles agressives» contre les législateurs pris dans la bataille du Brexit, soutenant que «Churchill devait se retourner dans sa tombe».

Dans les pages du Daily Maverick, quotidien d’Afrique du Sud, l’expert en sécurité David Africa a observé qu’un «conflit entre la politique rationnelle, la politique fondée sur des “vérités alternatives”, et la nostalgie impériale ancrée dans le nationalisme blanc» était à l’œuvre à la fois en Grande-Bretagne et aux États-Unis, compromettant les perspectives d’alliance «à un moment où un partenariat euro-africain dans les domaines du commerce et de la sécurité» pour créer un contrepoids à l’intervention économique chinoise «serait non seulement une véritable nécessité, mais se révèlerait parfaitement possible».

Les impasses de la démocratie
Si les impasses que l’on rencontre de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas identiques, elles révèlent toutes deux les dessous de la démocratie contemporaine. Le shutdown américain est le résultat de profonds clivages politiques et sociaux qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’un président narcissique, dont les positions politiques sont motivées non par la raison, mais par les attentes d’une base politique endurcie et par les conseillers qui ont sa faveur. Alimenté par l’envie de se tenir informé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et par les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont une soif insatiable pour les polémiques qu’ils peuvent liker et partager, le débat privilégie la stratégie de la corde raide à la résolution individuelle des problèmes.

Si les shutdowns précédents, qui se sont produits périodiquement, ont toujours fini par être résolus, celui-ci se distingue des autres : non seulement il a été le plus long de l’histoire américaine, mais il s’est inscrit dans un contexte de désordre de l’administration Trump, qui fait fi des conventions, des problèmes juridiques croissants du président et des questions de plus en plus nombreuses sur la véritable nature de sa loyauté (autre que celle qu’il a envers lui-même). Conférence du 7 février 2019 donnée à l’École des hautes études en sciences sociales sur la crise de la démocratie

En Grande-Bretagne, les enjeux sont encore plus élevés. La décision fatidique de l’ancien Premier ministre David Cameron de risquer un référendum public pour déterminer l’avenir du pays a coïncidé avec une crise sans précédent révélant les frustrations quant au sort des classes moyenne et ouvrière dans un contexte d’immigration croissante, d’automatisation, d’inégalités des salaires et de stagnation salariale. Les organisateurs du référendum sur le Brexit ont fait profil bas dès que la mesure a été adoptée, laissant à la Première ministre Theresa May la mission impossible de convaincre à la fois l’Union européenne et le Parlement britannique de soutenir un accord qui, aussi astucieux soit-il, causerait un préjudice irréparable aux deux parties.

Guerre insidieuse
Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, la démocratie est ébranlée non seulement par son poids naturel, mais aussi par les efforts calculés de l’extérieur pour exploiter ses vulnérabilités et saper sa confiance. Les interférences russes dans l’élection américaine et dans le référendum sur le Brexit, ainsi que dans les élections d’autres pays, sont désormais prouvées. Tant que des technologies beaucoup plus sophistiquées ne seront pas mises au point, protéger les élections à venir contre ce genre de guerre insidieuse de l’information perpétrée par le Kremlin et ses mandataires nécessiterait des efforts actifs et intrusifs pour réglementer les réseaux sociaux et l’information en ligne, qui risquerait de remodeler les débats publics. À l’heure actuelle, ce genre de méthodes constitue une menace permanente pour la démocratie. Et elle ne peut être écartée sans un contrôle beaucoup plus rigoureux de ce qui circule sur Internet, une voie qui comporte des risques évidents et élevés.

Parmi les préoccupations actuelles, aucun des deux pays n’a trouvé comment se protéger, à l’avenir, contre d’autres intrusions du même type, et encore moins comment équilibrer les intérêts concurrents dans un monde où le numérique est en rapide évolution.

Tout cela soulève des questions fondamentales sur la viabilité et l’attrait de la démocratie. Francis Fukuyama a reconnu il y a longtemps que sa théorie de 1992 selon laquelle nous avions atteint la «fin de l’histoire», aboutissant au triomphe mondial de la démocratie libérale, était, au mieux, prématurée. Pourtant, la croyance selon laquelle, toutes choses étant égales par ailleurs, la démocratie est à la fois un système plus juste et plus fonctionnel que n’importe quel autre, reste très répandue. Ce qui signifie que si les pays et les peuples étaient en position de reprendre leur destin en main, la démocratie serait la voie la plus évidente.

Publié dans Texte Actualité divers

Donald Trump engage un tournant contre le sida aux États-Unis

donald trumpTrente-sept ans après les premiers cas, les États-Unis de Donald Trump veulent se donner les moyens de précipiter la fin du sida dans la prochaine décennie, une épidémie qui a changé les comportements sexuels de générations entières et persiste malgré les avancées médicales.

« Les percées scientifiques ont placé un rêve autrefois distant à portée de main », a déclaré le président républicain mardi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, au Congrès. « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux États-Unis d’ici dix ans », a-t-il indiqué.

Le plan présidentiel prévoit de réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% en cinq ans et de 90% en dix ans, par rapport aux quelque 38.000 contaminations annuelles actuelles. L’annonce, pas encore chiffrée, a été accueillie positivement mais prudemment par les associations.

« Le but ne sera atteint qu’avec beaucoup de travail et d’investissements adéquats », a réagi un groupe d’organisations dont AIDS United qui notent que, jusqu’à présent, l’administration républicaine était plutôt allée dans le sens inverse en cherchant notamment à réduire les budgets de la lutte anti-sida.

Une diminution de 90% permettrait de « mettre fin au sida comme fléau de santé publique », selon l’ONU, qui a adopté le même objectif au niveau mondial. La France veut aussi « éradiquer » l’épidémie d’ici 2030.

La petite minute consacrée par Donald Trump au VIH, dans un discours d’une heure et demie, a été précédée par six mois de préparatifs par des hauts responsables fédéraux de santé publique. « Insérer cinq lignes dans le discours de l’état de l’Union est une tâche herculéenne », a expliqué mercredi Brett Giroir, ministre adjoint à la Santé, lors d’une conférence d’acteurs de santé publique à Washington.

Il l’a assuré : « Le président Trump le veut »…, « l’effort est sincère ». « Nous pouvons changer le cours du VIH aux États-Unis pour toujours », a-t-il dit.

Changement de modèle
« Théoriquement, on peut éradiquer l’épidémie », explique Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses. « Toute la question est la mise en place ». Le gouvernement Trump va donc demander au Congrès pour 2020 une hausse « substantielle » des crédits afin d’envoyer dans les foyers de l’épidémie des moyens et des personnels supplémentaires. « Il y aura de l’argent frais », a affimé Brett Giroir.

Les données sanitaires sont suffisamment précises pour cibler la réponse fédérale dans les régions qui concentrent la moitié des contaminations. « Quand j’ai vu la carte, j’ai été choqué de découvrir qu’il ne s’agissait que de 48 comtés sur 3.000 », a dit Robert Redfield, directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). « L’épidémie est très concentrée géographiquement ».

Ces foyers se trouvent beaucoup dans le sud, à Miami en Floride, Atlanta en Géorgie… ainsi que dans la capitale fédérale Washington et à Porto Rico. Il y aussi sept États où l’épidémie est surtout rurale, notamment dans l’Oklahoma et la Louisiane.

Depuis les années 1980, le préservatif est devenu omniprésent dans la sexualité de millions de personnes. Et un sujet de conflit sociétal aux États-Unis, où les conservateurs ont souvent refusé de le promouvoir au profit de campagnes d’abstinence.

Mercredi, lors d’un briefing d’une heure avec la presse, les plus hauts responsables sanitaires américains n’ont même pas prononcé ce mot. La réponse privilégiée est désormais médicale : le traitement devient le socle de la prévention.

Avec les médicaments anti-VIH actuels, très efficaces, les personnes séropositives peuvent ne plus transmettre le virus et les personnes saines peuvent ne plus l’attraper si elles prennent un comprimé quotidien de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais trop de gens ignorent encore qu’ils ont le VIH et la quasi-totalité des contaminations américaines leur sont attribuées.

L’administration compte doper les campagnes pour toucher les groupes les plus concernés : homosexuels (deux tiers des infections), minorités ethniques et notamment les Noirs, consommateurs de drogues et les transgenres, mentionnés plusieurs fois mercredi matin malgré la politique anti-trans menée par la Maison Blanche par ailleurs.

Brett Giroir veut aussi que les médecins prescrivent le test VIH plus systématiquement, les accusant quasiment de laisser-faire. Les autorités veulent rendre ces tests « routiniers ». Là encore, un changement de culture.